Des aînés dans la rue

Vivre dans la rue

L’itinérance chez les aînés

Lorsque nous observons notre société, c’est à se questionner qui peut vraiment être fier de la direction qu’elle prend. Je regrette de voir notre communauté dépérir en apercevant des personnes aînées déambuler dans nos rues, sans vraiment comprendre ce qu’il leur arrive.

Caroline Leblanc  Dossier Itinérance

itinérance-ainésL’hiver dernier, j’ai rencontré un homme au dos courbé qui avançait à pas de tortue avec de lourds sacs. Après discussion avec lui, il m’a raconté qu’il s’était fait expulser de son logement où il habitait depuis plus de 15 ans et qu’il n’avait pas réussi à en trouver un autre. Ce qui m’a marqué est lorsqu’il raconta: «Parfois, je n’arrive pas à me lever le matin, car j’ai mal et mon corps ne répond plus pendant des heures. Ce sont mes chats qui habitent dans la ruelle avec moi qui me tiennent compagnie.»

Cet homme de 84 ans n’est pas la seule personne dans cette situation. J’en croise chaque fois que je marche dans les rues de la métropole.

Vraisemblablement, notre système de santé laisse transparaître des failles lorsque l’on réalise que des personnes peuvent vivre dans un contexte d’itinérance contre leur gré, et ce à l’année, été comme hiver. Sachant que notre population fait face à un vieillissement, de nombreux scientifiques constatent, et la réalité du terrain le confirme, que notre société est loin d’être en mesure de relever les défis qui en découlent. Aujourd’hui, grâce au combat qu’a mené Québec Solidaire, la loi 492 a été votée pour protéger, en autres, les locataires aînés d’une éviction entre le 1er décembre et le 31 mars. Une modification législative qui apportera probablement des conditions de vie plus décentes à notre population vieillissante.

Par contre, c’est à se demander avec notre gouvernement actuel, comment la population vieillissante arrive-t-elle à survivre lorsqu’elle a basculé dans l’errance? Après avoir lu un article du Devoir de 2014 sur la réalité des femmes poussées à vivre dans l’itinérance après une hospitalisation, j’ai souhaité vérifier si la Maison Marguerite (refuge pour femmes itinérantes) arrivait maintenant à répondre à la demande. En dépit d’une réponse positive, on m’a précisé que 10 à 15 demandes d’admission par jour sont toujours refusées! Oui, par jour! Et uniquement dans ce refuge! Où s’en va-t-on? Cette réalité m’inquiète et les mesures mises en place ne sont pas pour me rassurer.

Sans que la population ait le temps de dire un mot, les instances sociales se fusionnent, se déshumanisent et se déconnectent de la population qu’elles servent. Les longues procédures institutionnelles, les démarches protocolaires et le nombre de paliers que les intervenants doivent passer pour prendre une décision d’urgence sont une réalité qui vient non seulement, complexifier l’accessibilité aux services, mais vient aussi brimer les droits des personnes vulnérables tels que des individus vieillissants.

C’est à croire que l’itinérance chez les personnes aînées ne reçoit pas l’attention nécessaire pour répondre à leurs besoins. Dans une communauté riche de connaissances et de possibilités, il est aberrant de voir dépérir les conditions de vie et de santé de ceux qui ont contribué toute leur vie à cette société. Il est important de comprendre qu’après avoir roulé leur bosse toute leur vie, les personnes aînées ne perdent pas seulement leur autonomie, mais aussi leurs repères en étant déracinées du peu qu’elles avaient. Autrefois, la communauté n’aurait jamais laissé vivre personne dans de telles conditions.

Alors, pendant que les services institutionnels sont complexifiés par le remaniement de leur structure et que les organismes communautaires sont pris dans un carcan de survie pour sortir la tête de l’eau, ne serait-il pas temps de promouvoir les valeurs d’entraide et de dénoncer les structures organisationnelles qui sont en carences humanistes. Actuellement, un déséquilibre social est palpable et c’est inconcevable de voir qu’avec toutes les initiatives qui sont disponibles, nous n’arrivons pas ensemble à mettre un frein à l’effritement social. Le manquement de notre gouvernement québécois actuel est inacceptable et nous devons être plus solidaires que lui, si nous ne voulons pas laisser ce reflet de notre société aux prochaines générations.

Autre texte de Caroline Leblanc :

Autres textes sur Itinérance

Après la pluie… Le beau temps

apres-la-pluie-le-beau-temps-recueil-de-textes-a-mediter-croissance-personnelleRecueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

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Internet, journalistes et organismes communautaires

Les impacts sociaux de l’Internet

Raymond Viger     Dossiers Internet, Formation Web

raymond Le Web a été initialement utilisé par des citoyens qui voulaient faire du journalisme. Aujourd’hui, une armada de journalistes se prépare à envahir l’Internet. Les blogues, au départ un passe-temps, deviennent pour certains des emplois.

Notre façon de vivre se transforme. Avec l’augmentation du prix du papier et la baisse des revenus publicitaires et des abonnés, plusieurs entreprises de presse cherchent à définir leur nouveau plan d’affaires Internet pour conserver leur marché et en conquérir de nouveaux. On ne pense plus marketing, on pense Webmarketing.

Les entreprises de presse veulent envahir le Web avec le contenu de leurs journalistes. Les journalistes veulent protéger leurs droits d’auteur. Le Journal de Montréal clame un lock-out? C’est par la bouche des canons du Web que réagissent les journalistes en lançant leur webzine, Rue Frontenac.

Pour les nouvelles internationales ou encore les archives des meilleurs documentaires, l’Internet devient de plus en plus crédible pour de plus en plus de citoyens. Pour les autres, il y a l’horoscope, les travaux scolaires, la météo ou les dernières recettes. On ne voit pas la fin des possibilités du Web. L’Internet va-t-il prendre toute la place?

Impacts de l’Internet sur les organismes communautaires

Des jeunes de la rue et des sans domicile fixe ont une adresse sur le Web. On peut maintenant les rejoindre plus facilement grâce au courriel ou apprendre à les connaître sur My Space. Certains ont même leur site Internet!

Les gens sont déprimés et suicidaires? Ils se retrouvent sur l’Internet. Ils y cherchent des moyens pour se suicider. Ils y trouveront peut-être des solutions à leur détresse, un lieu pour partager leur souffrance, une communauté. Nous n’en sommes plus à attendre leur appel: nous les rencontrons là où ils se trouvent, sur l’Internet.

Pour un organisme communautaire comme le nôtre qui s’aventure sur l’Internet, le terrain d’intervention s’élargit. La personne en crise vient peut-être du quartier, mais peut-être aussi de l’autre bout du monde. Doit-on s’empêcher d’aider un être humain qui souffre parce qu’il n’est pas Québécois?

Lorsque j’interviens dans un quartier, je prends des ententes de partenariat avec le CLSC du coin, la police de quartier, un hôpital et quelques organismes communautaires du secteur. Combien de protocoles devrons-nous maintenant préparer et planifier pour servir et soulager tout ce nouveau monde que l’Internet nous amène?

Comment devrons-nous négocier avec les bailleurs de fonds qui sont prêts à investir pour une intervention locale, mais qui ne voudraient pas soutenir une intervention internationale?

L’Internet offre des opportunités d’affaires et de nouveaux revenus pour l’entreprise privée. L’objectif de plusieurs compagnies est de croître au-delà des frontières pour grossir leur marché et diminuer leurs coûts.

Pour le communautaire, ça demande plus d’intervention, donc plus de moyens pour y parvenir. En résumé, des dépenses supplémentaires et encore plus d’argent à trouver.

L’Internet: nouveau terrain d’intervention

Reflet de Société a débuté son travail d’intervention sur L’Internet. Annuellement, c’est plus de 150 000 internautes suicidaires qui lisent un de nos textes sur le suicide. Parmi eux, plus de 10 000 vont être référés aux ressources pertinentes. C’est aussi plus de 3 000 témoignages de détresse que ces internautes nous laissent chaque année. Et ce n’est qu’un début.

Des églises et des partis politiques ont investi pour s’acheter un espace sur des sites comme Second Life. Jusqu’où les organismes communautaires devront-ils investir l’Internet?

Verrons-nous une nouvelle génération de travailleurs de rue du Web? Qui va financer ces interventions qui ne sont plus définies par un secteur géographique mais plutôt par une détresse commune? Un organisme communautaire qui a fait ses preuves devrait pouvoir étendre son aide partout où le besoin se fait sentir. Comme une entreprise peut vendre ses produits là où il y a une demande.

Notre monde se transforme, pas seulement notre économie. L’Internet en est le meilleur exemple.

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Formation sur l’art d’écrire un blogue pour être bien référencé

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Huffington Post arrive au Québec

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Le magazine des journalistes frappe un iceberg!

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