Graffiti illégal et Ville de Montréal

Plan d’intervention 2007 de la Ville de Montréal

Graffiti illégal à Montréal : Dialogue de sourds

Depuis les années 1990, la Ville de Montréal engloutit des millions de dollars pour effacer les graffitis. Sans l’aide des graffiteurs, elle réfléchit actuellement à une solution pour les laisser s’exprimer à leur guise, tout en diminuant le nombre de graffitis indésirables. D’après la Ville, ils insécuriseraient les citoyens et enlaidiraient la métropole.

Charles Messier   Dossiers : Graffiti, Hip-Hop, Culture

La Ville de Montréal est bien déterminée à trouver une solution à long terme aux graffitis illégaux. Elle est en ce moment en pourparlers avec le gouvernement du Québec pour obtenir de l’argent pour adopter un nouveau plan d’intervention d’ici la fin de l’année 2007.

Le responsable du dossier graffiti à la Ville, Raymond Carrier, discute également avec les écoles montréalaises, les organismes œuvrant auprès des jeunes et la police pour trouver une façon de contrôler la prolifération des graffitis indésirables.

Si chacun joue son rôle, on va finir par vaincre ce phénomène-là, juge le porte-parole en matière de graffiti au Service de police de la Ville de Montréal, le commandant Serge Boulerice.

Le graffiti sans graffiteurs

Pour mieux comprendre le graffiti illégal, les discussions réunissent plusieurs acteurs du milieu, sauf les graffiteurs.

J’ai déjà mentionné au gouvernement que nous pourrions les faire venir pour qu’ils s’expriment 35-40 minutes, dit Raymond Carrier. Mais, j’ai pas eu l’accord des ministères. C’est fort complexe. Chacun d’eux a ses particularités. C’est extrêmement long d’avoir l’avis de tous. Mais, moi, je n’y vois pas d’inconvénients.

Cette situation choque le fondateur d’Under Pressure — événement graffiti le plus important au Canada —, Sterling Downey. Pour lui, la complexité du mouvement demande d’étudier en profondeur toutes ses dimensions.

40 minutes pour connaître une culture qui existe depuis les années 1960? Y’a tellement de mentalités différentes de graffeurs, qu’ils n’auront jamais le temps, en 40 minutes, d’entendre tous les points de vue.

En juin, Sterling Downey a rencontré Raymond Carrier pendant plus de 3 heures. Le graffiteur est sorti satisfait de cette rencontre. Il a eu l’impression d’avoir été entendu. Trois semaines plus tard, il attendait cependant toujours l’annonce de changements concrets dans l’approche de la Ville.

La Ville dit préconiser une approche adaptée au mouvement graffiti montréalais, mais Sterling Downey en doute.

La plupart des fonctionnaires de la Ville ne savent pas ce qu’ils font. Je ne comprends pas pourquoi ce monde-là mérite un salaire… Ils n’ont aucune compréhension du problème. Pour eux, « nettoyer » veut dire que ça disparaît.

La communication pourrait être meilleure avec les graffiteurs:

Il devrait y avoir plus de discussions entre eux et la Ville pour trouver des solutions, admet Raymond Carrier.

Graffiti: sentiment d’insécurité?

On fait quoi quand les citoyens se sentent insécurisés par les graffitis sur les murs? se demande Raymond Carrier. La solution est dans la prévention, dans la sensibilisation et dans l’application de la réglementation.

Sterling Downey a perdu foi en ces bonnes intentions.

Ça fait longtemps que la Ville parle d’éducation et de prévention, mais elle ne le fait presque pas. Et, ce qu’elle fait, la plupart du temps, ce n’est pas la bonne approche.

Les graffitis insécuriseraient les résidents des quartiers prisés par les graffiteurs. Le conseiller craint que les citoyens finissent par régler eux-mêmes leur compte avec les graffiteurs si la Ville n’intervient pas efficacement.

Le résident n’a pas peur du graffiteur, croit Raymond Carrier, mais ça provoque en lui un sentiment d’insécurité, parce que ce n’est pas net. Jusqu’où les citoyens vont accepter tout ça? J’ai participé à des rencontres dernièrement où des citoyens disaient vouloir se faire justice eux-mêmes. Prendre un batte de baseball.

La possibilité d’un tel scénario est une raison suffisante aux yeux du commandant Serge Boulerice pour déployer tous les moyens afin d’apaiser les craintes des citoyens. « C’est un problème social, si ça dérange les gens d’un quartier. »

Pourtant, aucun graffiteur interrogé ne pratique cette activité avec l’intention de susciter ce sentiment. Leur démarche n’est pas violente, même si une infime minorité de graffitis expriment de la haine et de la colère.

J’aimerais que les gens voient ça d’une façon positive, qu’ils ne pensent pas que c’est une activité de gang, explique un graffiteur, Fred. Il faut se dire que les graffeurs ne sont pas dangereux.

Raymond Carrier tient à nuancer de tels propos. Les graffitis enlaidiraient la métropole, croit la Ville, ce qui est l’autre raison principale pour trouver une solution à la prolifération de graffitis.

Y’a d’autres motivations qui mènent le tagueur à faire des throw up (signature en lettres « ballounes ») et à passer des messages politiques ou haineux. C’est pas uniquement positif, le graffiti , dit-il, jugeant que les graffiteurs éprouvent du plaisir à endommager le bien public. Quelqu’un qui arrive de l’extérieur et qui voit toutes les autoroutes graffitées, quelle image que ça donne de la Ville? Du Québec? se demande Raymond Carrier.

Un vox pop mené par Reflet de Société, auprès d’une trentaine de personnes, montre que le sentiment d’insécurité n’est pas venu spontanément à l’esprit des répondants. La plupart voit plutôt le côté positif de cette pratique.

Graffiti: faire payer les parents ?

Raymond Carrier pense à la possibilité d’imposer aux parents des graffiteurs illégaux des amendes s’élevant jusqu’à 10 000 $, comme à Saskatoon. Raymond Carrier envisage même la possibilité que ce soit les parents qui fassent des travaux communautaires.

Mais, il faudrait voir si en pratique une telle réglementation a un impact positif.  Ce sont des dimensions qu’on regarde aussi avec le ministère de la Justice.

Pour lui, l’achat de bonbonnes de peinture est trop accessible. Il aime l’idée de la ville de London, en Ontario, qui a adopté un règlement interdisant leur vente aux moins de 18 ans.

Mais qu’est-ce qu’on fait de la vente sur Internet? se demande-t-il. Ça, ce n’est pas contrôlable… » ajoute-t-il, constatant la lutte sans fin qu’entraînerait une telle la réglementation.

Autres textes sur le Graffiti:

Arpi: Muraliste et designer d’intérieur

Inauguration de la fresque de Fluke avec RFF

Vidéo murale graffiti pour l’agence de communication ID3 (idées aux Cubes)

Murale graffiti, animation de foule, peinture en direct, T-shirt

Mural de Michael Jackson au Festival de Jazz avec les graffiteurs Fluke et Omen

Mural graffiti en direct par Fluke

Fluke pour Oxygen

Video clip graffiti hiphop et breakdance gratuit

Projet graffiti pour Oakley

Graffiti calligraphie El Seed

Le mural Jean Talon

Rencontre avec Nawlz: Graffeur du monde

Breakdance, hip hop, rap, graffiti: présentation des artistes

Pour rejoindre le Café-Graffiti (514) 259-6900

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

CD Rap music Hip Hop de la scène de Montréal

cd-rap-music-rappeur-musique-hip-hop-dj-mana-sp-manspino-dynastie-des-morniersCD de musique Ill Legal. Compilation de rappeur et rap music Hip Hop avec Chilly D, DJ Mana, L’intrus, Shades of culture, SP, Patrick Batemen, 01 Étranjj, Ninja P, Virus, Vulguerre, Chance Won, Erratum, Son 2 PT, Manspino, Dynastie des Morniers. 9,95$

Tél: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/musique-hiphop-rap.html

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

 

Pierre Karl Péladeau, vidéotron, la police et le suicide

Pierre Karl Péladeau, vidéotron, la police et le suicide

Raymond Viger, Dossier Santé, Pierre-Karl Péladeau,  Suicide

Lettre ouverte à Pierre Karl Péladeau

Je suis un intervenant de crise auprès de personnes suicidaires depuis près de 20 ans. Je l’ai enseigné à l’université McGill, j’ai fait de l’intervention au Québec en français, au Canada en anglais, avec les Inuits dans le Grand Nord Québécois. J’ai donné des formations à différents endroits, notamment en France.

Le but de cette lettre ouverte M. Péladeau n’est pas de vous fournir mon CV. Je veux vous parler d’une grande fierté et d’une grande déception qui m’habite aujourd’hui en regard avec l’intervention de crise auprès de personnes suicidaires.

Le Québec, les champions de l’intervention de crise

Je suis fier du travail d’intervention auprès de personnes suicidaires que nous réalisons au Québec. Je considère que les Québécois sont créatifs, passionnés et visionnaires. De ce que j’ai vu et entendu, de par le monde, c’est au Québec que nous avons les meilleurs organismes d’intervention, le meilleur filet social et les meilleurs intervenants pour prévenir et intervenir auprès des personnes en crise. Je dirais que nous sommes au suicide, ce que Céline Dion et le Cirque du Soleil sont pour les arts et la culture.

Le hasard m’a amené depuis l’an dernier à faire de l’intervention de crise sur l’Internet. En une année, ce sont 150 000 Internautes déprimés et suicidaires de par le monde qui ont passés par mon site. Cela m’a obligé à avoir des contacts avec tous les corps policiers pour pouvoir garantir une intervention rapide et efficace. Pour certains corps policiers, je suis le seul civil à pouvoir travailler directement avec eux.

Vidéotron et les corps policiers, le pire protocole

Lors d’une rencontre téléphonique avec des policiers pour améliorer notre protocole d’intervention, ceux-ci m’ont mentionné que le service de messagerie Hotmail est le plus coopératif pour soutenir leur travail dans l’aide qu’ils peuvent apporter pour soutenir les personnes suicidaires. Quelle ne fût pas ma surprise d’entendre ces policiers me dire que les plus grandes difficultés rencontrées proviennent du service de messagerie de Vidéotron.

Lorsqu’on m’a fait part de cette réalité, j’ai délégué un de mes journalistes, M. François Richard pour parler avec quelqu’un de Vidéotron de cette triste réalité. Chez Vidéotron, on nous assure qu’il collabore avec la police. Possiblement vrai. Cependant, les corps policiers ne semblent pas satisfaits de la diligence et de la facilité de cette collaboration.

Nous avons porté à l’attention des gens de Vidéotron cette réalité. Je ne suis pas convaincu cependant que notre information aille bien loin dans la hiérarchie de Vidéotron. Au cas où notre appel n’aurait pas été pris au sérieux, je me permets d’envoyer dans le cyber espace cette lettre ouverte. En espérant que cela puisse aider à réviser le protocole d’intervention entre Vidéotron et les corps policiers.

se suicider vouloir mourir moyens pour se tuer prévention suicide intervention crise suicidaire Ressources:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide

Autres textes sur le Suicide

Survivre, un organisme d’intervention et de veuille en prévention du suicide et en promotion de la Santé mentale. Pour faire un don. Reçu de charité pour vos impôts.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

show_image Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre, au coût de 4,95$, est disponible :
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet
Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6

Maintenant disponible en anglais: Suicide Prevention Handbook.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Autres livres pouvant vous intéresser:

%d blogueurs aiment cette page :