L’amour au temps du numérique

Une mauvaise image de notre jeunesse

Un documentaire à boycottter

Raymond Viger Dossier CinémaSexualité

l_amour_au_temps_du_numeriqueLes 30 novembre et 1er décembre dernier, Télé-Québec présente un documentaire réalisé par Sophie Lambert : L’amour au temps du numérique.

L’auteur y présente six jeunes de 18 à 24 ans et elle y traite de l’influence des réseaux sociaux sur les rapports amoureux.

Ayant écrit un roman sur la sexualité qui sera publié en 2016, j’étais curieux de voir ce documentaire. Mon livre ne traitant pas vraiment des réseaux sociaux mais plus de la relation entre les gens.

Moi qui pensait y découvrir une belle réflexion qui aurait pu m’amener à rajouter un chapitre ou deux dans mon livre. Grande déception. Plusieurs répétitions. Au lieu de le présenter en deux épisodes, on aurait pu facilement monter le tout pour n’en faire qu’une seule émission.

Est-ce que 6 jeunes qui sont prêts à être suivi par des caméras pour parler de leur vie sexuelle représente l’ensemble de nos jeunes? Est-ce qu’on peut facilement supposer que les jeunes qui acceptent ce projet ont un côté exhibitionniste qui ne peut correspondre à l’ensemble de nos jeunes. C’est donc une vision très stéréotypées que nous y découvrons.

Télé-Québec présente le documentaire avec d’intéressantes questions existentielles :

  • C’est quoi l’amour ?
  • Comprendre de quelle manière la conception de l’amour a changé.
  • Un fossé s’est créé entre les générations dans la vision des relations amoureuses

Cependant les prétentions de Télé-Québec ne se sont pas réalisées dans le documentaire. Est-ce que les six jeunes présentés dans ce documentaire ont été sélectionnés pour représenter l’ensemble des jeunes ? Vraiment pas.

On y présente une femme qui se dit nymphomane. Elle couche avec son chum pour se retrouver ensuite aux danseurs. Elle tombe enceinte. Il y aurait quatre hommes qui pourraient être le père.

Ensuite c’est le tour d’un barman. Salon de bronzage et entraînement au gym pour plaire à la gente féminine, un homme qui ne vit que pour ramener des conquêtes à la maison. Avant de dévoiler le nombre de victoires atteint, j’aurais imaginé plusieurs centaines. Il en déclare 17 ! Ce nombre étant un maximum, cela n’était pas cohérent avec son discours de tombeurs de ces dames et l’image .

En regardant le style de vie des jeunes présentés, la très grande majorité des jeunes n’ont ni l’argent ni le temps pour suivre le train de vie proposé.

Le documentaire présente peut-être la réalité de quelques jeunes mais ne peut prétendre à une étude sociologique de la question amoureuse chez les jeunes. Et quand Télé-Québec parle d’un fossé qui se créé entre les générations, en présentant ce genre de documentaire, Télé-Québec creuse lui-même ce fossé.

Le documentaire ne présente qu’une très mauvaise image de nos jeunes.

autres textes sur sexualité

L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

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Sexualité chez les jeunes du primaire

Hypersexualisation et porno pour les moins de 13 ans

Livres sexuellement explicite à l’école

Des jeunes élèves de 9 et 10 ans ont accès à des livres pour 13 ans et plus et des livres pornos.

Raymond Viger Dossiers Hypersexualisation, Sexualité

sexualité jeunes hypersexualisation jeune sexe porno 13 ans élèves école hypersexualitéAprès avoir coupé plusieurs cours qui permettaient de discuter et sensibiliser les jeunes sur des sujets tels que la sexualité, on demande maintenant aux professeurs de français de devenir des sexologues. Exemples de dérapages.

Des libraires réfèrent des livres 13 ans et plus à des jeunes de 9 ans. Le Ministère de l’Éducation soutiendrait cette démarche et cette réflexion.

Sexualité des jeunes: quoi dire, comment le dire?

sexualité jeune hypersexualisation jeunes sexe porno 13 ans élèves école hypersexualitéDes parents ont été scandalisés de ce qu’ils ont vu. Ils se sont rendu compte que plusieurs parents n’osaient pas questionné, de peur que leurs enfants subissent des représailles. Certains en auraient vécu de leurs professeurs.

Pour s’informer sur les livres traitant de sexualité pour les jeunes du primaire, deux mamans québécoises ont créé un site Internet. www.parent-alerte.com.sitew.com.

Un débat qui a déjà fait couler beaucoup d’encre et qui ne fait que commencer.

autres textes sur sexualité

1ere illustration dreamtwist’s. 2e illustration Ambrozjo’s.

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Le livre est disponible au coût de 19,95$. Une co-écriture avec le journaliste Colin McGregor a permis de présenter une version anglophone LOVE in 3D.

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Sexualité, jeunes et viols

Jeux interdits, ces adolescents accusés d’agression sexuelle

Viols et agressions sexuelles chez les jeunes

Marie-Claude Marsolais     Dossier Sexualité88736_9854

Les agressions sexuelles, ce n’est pas qu’une histoire d’adultes dépravés. Des  adolescents aussi s’en rendent coupables. Le quart de ces types d’abus est commis par des jeunes. C’est entre autres ce que nous révèle Bruno Sioui, dans son livre Jeux interdits.

Auteur de ce premier essai de la collection «Sexualités et sociétés» dirigée par Michel Dorais, chez VLB éditeur, Bruno Sioui est professeur en psychoéducation à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. Il a aussi passé 20 ans dans des Centres jeunesse en tant qu’éducateur. Les ados, il connaît. Il avoue toutefois que de tous les types de délinquance auxquels il a été confronté, les agressions sexuelles étaient loin d’être au premier plan. «Le phénomène a toujours existé, mais il n’était pas mis en évidence. Par contre, au début des années 1990, les tribunaux de la jeunesse ont commencé à nous envoyer de plus en plus d’ados qui avaient commis une ou plusieurs agressions sexuelles,» se rappelle M. Sioui.

Augmentation des agressions sexuelles chez les jeunes

Comment expliquer cette recrudescence? L’auteur a son hypothèse. Il l’associe au virage à droite qui a sévit au Canada dans les années 1980 et à l’entrée en vigueur en 1984 de la Loi sur les jeunes contrevenants. Cette nouvelle loi, par ses articles insistants sur la procédure criminelle, a marqué le début d’une époque dans le traitement des adolescents délinquants.

«On a arrêté de dire que les parents étaient les seuls responsables des actes de leurs enfants, les jeunes aussi l’étaient. Dès lors, la société est devenue plus intolérante par rapport aux délinquants et on a commencé à mettre l’accent sur les victimes», soutient-il.

Agressions sexuelles chez les jeunes: problématique méconnue

Il va sans dire, cette nouvelle vague de cas reliés aux abus sexuels a dévoilé une carence majeure en termes de ressources dans les Centres jeunesse. «Nous avions un sentiment d’impuissance quant à cette problématique, affirme M. Sioui. Il n’existait aucun programme relié à ce sujet. Ici, comme ailleurs, il n’y avait que très peu d’études auxquelles se référer. C’est ce qui m’a amené à m’intéresser au phénomène.»

Encore aujourd’hui, selon M. Sioui, les intervenants qui travaillent auprès des jeunes en difficulté ne sont pas formés pour ce type de situation. Sorti en août dernier, son livre, qui est en fait sa thèse de doctorat retravaillée, est un outil précieux qui en réjouit plus d’un. L’auteur s’en rend bien compte. «Je donne parfois des conférences. À chaque fois, les intervenants sont nombreux à venir me voir. Ils me remercient de leur donner des pistes concrètes. Ils sont démunis face au manque de ressources.»

La preuve indéniable de l’importance que l’on doit accorder au phénomène? Les études démontrent que le taux moyen de récidive est de 7 % lorsque les adolescents agresseurs sont traités. Cette donnée en surprend plusieurs, à commencer par M. Sioui. «À l’époque, on croyait tous que ces jeunes allaient récidiver à coup sûr», se rappelle-t-il.

Agression sexuelle: une perception faussée

Cette surprise sur le taux de récidive n’est pas la seule à avoir pris de court le chercheur. Parmi les 15 jeunes qu’il a interviewés dans le cadre de ses recherches, l’ancien éducateur avoue avoir été ébranlé par l’absence de regret de ceux-ci. «Je m’attendais à ce que ces jeunes se disent désolés du tort qu’ils ont causé. Ce n’est pas le cas. Ils ont un manque d’empathie flagrant pour leurs victimes. Ils sont conscients de leur geste, mais ils mettent l’accent sur les conséquences du geste pour eux-mêmes. Certains sont même allés jusqu’à dire que les victimes le méritaient.»

Cela dit, si les remords des jeunes agresseurs sont nuls, ils ne tentent pas de nier la gravité de leurs gestes pour autant. «Le manque de ressentiment contre les instances judiciaires m’a réellement surpris, raconte M. Sioui. En règle générale, les délinquants qui passent dans les Centres jeunesse ont une dent contre la justice. Mais ces jeunes-là, qui sont allés au poste de police, devant les tribunaux et dans des bureaux d’avocats, ont réalisé, à travers le processus judiciaire, qu’ils avaient commis une faute grave et ils ont accepté le fait de devoir payer une dette. Je crois qu’en acceptant la gravité de leurs actes, ils désirent oublier leur geste, tourner la page. Ils sont loin de se vanter de leurs comportements.»

Les jeunes agresseurs sexuels: des jeunes mal socialisés

Ainsi, cette problématique n’est aucunement liée à l’accessibilité sans borne de la pornographie sur le web, ni au phénomène de l’hypersexualisation. Ce type de délit en est un parmi tant d’autres que commettent ces jeunes, selon M. Sioui. Ils commencent avec des petits larcins, des vols à l’étalage et après ils commettent d’autres délits, plus graves. À l’instar de la plupart des jeunes délinquants, les adolescents agresseurs sexuels ont tous un point commun: ils sont mal socialisés.

«L’agression sexuelle commise par ces jeunes est,  plus souvent qu’autrement, un acte de pouvoir. Beaucoup de ces jeunes, pour plusieurs raisons, sont rejetés.  Ils ne savent pas comment se faire des amis, ils ont beaucoup de rage et ils s’en prennent à des plus jeunes», affirme l’auteur qui espère que son livre contribuera à humaniser le problème. «Nous ne sommes pas face à des agresseurs adultes dont la déviance sexuelle est cristallisée. Ce qu’il faut éviter, c’est de les marginaliser encore plus. Si on les isole, ils ne s’en sortiront pas.»

Jeux interdits, Ces adolescents accusés d’agression sexuelle de Bruno Sioui, VLB éditeur.

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Léa Clermont-Dion à Tout le monde en parle

Dossier Hypersexualisation et anorexie, Tout le monde en parle, Léa Clermont-Dion

Léa Clermont-Dion à Tout le monde en parle

Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée

lea-clermont-dion-feministe-hypersexualisation-des-jeunes La jeune journaliste de 18 ans, Léa Clermont-Dion sera l’invité de Guy A. Lepage à l’émission Tout le monde en parle.

Conférencière à 14 ans

Depuis plus de 3 ans, Léa Clermont-Dion fait parler d’elle et de la cause sociale qu’elle soutient. À 14 ans, Léa Clermont-Dion a déjà organisé des conférences sur l’hypersexualisation des jeunes à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Une féministe engagée et précoce.

L’émission Tout le monde en parle mérite de dimanche à 20:00 heures à Radio-Canada mérite votre attention sur un sujet parfois tabou mais qui mérite d’être débattu.

Textes sur l’anorexie, Léa Clermont-Dion et la Charte québécoise pour une image corporelle diversifiée. Exposition photos de Léa Clermont-Dion.

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croissance personnelle développement personnel cheminement guide recueilAprès la pluie… Le beau temps. Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Le livre, au coût de 9,95$ est disponible dans toutes bonnes librairies au Québec.

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Les filles dans les gangs de rue et la prostitution

Roman humoristique et éducatif sur la sexualité.

Les filles dans les gangs de rue et la prostitution

Marie-Hélène Proulx        Dossier Gang de rueProstitution et Sexualité.

jeunes-filles-sous-influence-gang-de-rue-prostitution-michel-dorais Pas facile de rencontrer une jeune fille qui a participé à la vie d’une gang de rue! Non seulement sont-elles rares mais les centres doivent respecter les lois sur la protection de la jeunesse qui visent à préserver leur anonymat jusqu’à l’âge de 18 ans. Malgré tout, j’ai la chance aujourd’hui de rencontrer Océane (nom fictif), qui m’impressionne par son calme. Dans ce lieu où l’on veille sur elle, Océane manifeste un grand besoin de confier son expérience et espère que cela permettra à d’autres jeunes filles de bien se protéger.

Les gens qui l’entourent semblent reconnaître ses forces. La directrice m’a même avoué l’admirer «pour le chemin qu’elle a fait». Malgré tout, on ne peut s’empêcher de remarquer l’épaisseur des murs qui la protègent. Mais pourquoi toutes ces lois et ces précautions? D’un côté, il faut éviter les représailles, de l’autre, éviter de dévoiler trop brutalement un passé de violence et de prostitution qui peut être difficile à assumer pour une jeune fille de 15 ans.

Marie-Hélène Proulx: Comment la gang de rue t’a approchée?

Océane: Lorsque j’avais treize ans, mon père est entré en prison. Ma mère s’est faitgang-investigations-gangs-de-rue-fille-prostitution un nouveau chum qui m’a fourni de la cocaïne. Ensuite, j’ai rencontré un garçon qui faisait partie d’une gang de rue. Il avait 17 ans, il prenait soin de moi et me fournissait de la drogue.

J’ai commencé à passer de la drogue pour lui et sa gang à l’école. Au début, c’était facile. Je me foutais des conséquences. Je pense que j’aimais ça le trouble. Je me suis mise à consommer toujours plus. Deux mois après avoir connu mon chum, j’ai dû quitter l’école parce que ça n’allait plus du tout.

MHP: Avec ta mère, comment cela se passait?

O: Avant, elle me voyait comme une petite fille modèle. Même si ce n’était pas facile pour nous, j’étudiais et je passais dans toutes les matières à l’école. Puis elle a trouvé de la drogue dans ma chambre. On a commencé à se chicaner. Un intervenant est venu pour nous réconcilier mais cela n’a pas marché. J’ai commencé à faire des fugues.

MHP: Comment la gang de rue t’a-elle accueillie?

O: Au début, j’étais la petite préférée. Il y avait beaucoup de garçons. J’avais besoin d’une présence masculine. Et puis, ces gars-là savent se donner un air intéressant. On n’exigeait rien en retour. J’ai su montrer que j’étais une dure.

J’allais battre les filles qui ne payaient pas leur drogue. Sur le coup, je considérais que ces filles-là le méritait. Pourtant j’haïs ça la violence. Je me battais parce qu’on me le demandait. Je me droguais pour en être capable.

Je me sentais obligée de le faire parce qu’on me le disait. Je savais que dans un gang de rue, c’est très important d’être fidèle au groupe, pour que les autres sachent que tu ne les trahis pas. Parfois, il y a même des gars qui sont obligés de tuer pour la gang.

MHP: De quoi vivais-tu avec la gang de rue?

O: Il y en a qui se contente de vendre de la drogue. Moi, je consommais trop pour cela. Mon chum m’a proposé de me prostituer. Il me répétait aussi qu’il m’aimait quand même. J’ai cru que cela pourrait être un travail comme un autre. Et puis, je ne faisais cela qu’avec des gars du gang de rue. Ils étaient jeunes. Cela me paraissait bien moins pire qu’avec des vieux.

MHP: Qu’est-ce qui t’a motivée à sortir du gang de rue?

O: Je me faisais de moins en moins respecter. Dans un gang de rue, c’est la règle. Au début, il ne faut pas toucher aux nouvelles blondes, que ce soit pour les battre ou pour coucher avec. Ils agissent comme cela le temps que la fille sente qu’elle doit rendre ce qu’elle a reçu.

Je devais parfois coucher avec trois ou quatre gars à la fois et ils ne faisaient pas toujours attention pour les maladies. Si je voulais arrêter, ils me battaient. Ils n’auraient pas dû me traiter comme ça. Après tout, j’étais une prostituée, pas une pute…

MHP: C’est quoi la différence entre une prostituée et une pute?

O: Une prostituée, c’est organisé, elle a un appartement et elle fait partie d’une gang de rue alors qu’une pute c’est dans la rue et ça le fait avec n’importe qui. Avec le temps j’ai réalisé que c’est peut-être la même chose, au fond…

MHP: Comment as-tu sortie du gang de rue?

O: Les Centres jeunesse m’ont pris en charge à cause de mes problèmes de drogue à 14 ans. Je crois que c’est la meilleure chose qui pouvait m’arriver, même si des amis de mon chum m’ont fait des menaces. Cela ne m’a pas empêchée de quitter le Centre pour aller les retrouver.

MHP: Comment s’est passé ton retour?

O: En revenant, j’ai commencé à m’occuper d’organiser la prostitution, dans un réseau de filles à part. Les garçons nous fournissaient encore des filles mais moi aussi, j’ai trouvé des fugueuses auxquelles j’ai proposé mon aide. Elles ne voulaient pas se retrouver toutes seules.

MHP: Lorsque les filles s’organisent entre elles pour la prostitution, est-ce que les choses se passent différemment?

O: Oui, on prend soin les unes des autres, on est moins violentes. Plutôt que de battre les filles, je leur donnais moins d’argent si elles ne travaillaient pas bien. Je crois que des gangs de rue composés de filles comme ça, il y en aura de plus en plus, parce qu’elles ont besoin de groupes où elles se sentent reconnues et où on fait attention à elles.

MHP: Et pourquoi as-tu décidé de sortir de la prostitution?

O: Au début, je pensais que j’étais entourée de gens qui m’aimaient, mais finalement ce n’était que des rencontres. Je crois que si mon chum m’avait vraiment aimée, il ne m’aurait pas demandé de me prostituer. Un jour, je me suis battue avec une fille de mon gang et je suis partie.

MHP: Quels sont maintenant tes projets?

O: J’ai repris l’école. J’aimerais devenir intervenante en toxicomanie et je voudrais avoir ma maison en Amérique du Sud. Il faudra que je travaille fort … Je trouve ça difficile parce qu’à l’école je suis seule avec mon secret. Autour de moi, il y a des jeunes qui font les durs avec leur look de gangster et qui ne savent même pas ce que ça signifie et où cela peut les mener. S’ils savaient…

Merci Océane, pour tous ces secrets que tu acceptes de nous offrir.  Il ne me reste plus qu’à te souhaiter que, le temps faisant son œuvre, tu pourras de nouveau te balader librement dans les rues de Montréal ou d’un pays lointain sans ne plus jamais craindre de représailles.

Introduction Histoire des gangs de rue

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Michel Dorais, sociologue a publié un livre sur les filles dans les gangs de rue avec l’Université McGill: Gangs and girls. Il avait déjà publié le livre: Jeunes filles sous influence: prostitution juvénile et gangs de rue.

Roman humoristique et éducatif sur la sexualité.

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Le sexe banalisé?

Spectacle du Bistro le Ste-Cath (l’ancien Bistro In Vivo) dans Hochelaga-Maisonneuve

Le sexe banalisé?

Dominic Desmarais

Dossier SexualitéHypersexualisation et Britney Spears .

Sexe récréatif, concours de fellations, gangbangs; des jeunes expérimentent leur sexualité dénuée de tous sens. À qui la faute?

sexe-jeune-fille-nue-britney-spears C’était au milieu des années 1990. Le SIDA terrorisait la population. Campagnes de sensibilisation par ci, publicités par là, le mot était donné: la fin justifiait les moyens pour résoudre ce fléau. Les gouvernements, les organisations non gouvernementales, les vedettes, tout était mis en place pour renseigner les gens sur les méfaits de cette maladie.

Sexualité des jeunes

Avec le recul, certains se demandent si cette campagne n’aurait pas créé un monstre. C’est du moins l’avis de Jocelyne Robert, sexologue, qui traite de ce problème dans son livre Le sexe en mal d’amour. «L’ampleur de la menace et l’obligation de se doter d’une protection efficace interdisaient que l’on s’embarrasse de pudeur… Pour obtenir des résultats palpables, on n’y allait plus par 4 chemins dans les approches préventives. Au diable les habituelles précautions liées à l’âge ou à la maturité des intéressés. Un chat s’appelait un chat, une sodomie une sodomie, une fellation une fellation. Toute cette crudité délibérée a engendré un nouveau discours sexuel: omniprésent, obsédant, froid…»

En ne parlant que de sexe, pour atteindre l’objectif louable de limiter l’étendue du sida, la société aurait mis ces images dans l’inconscient de tous. En parler ouvertement, abondamment, aurait-il eu un effet néfaste? Celui de nous faire penser au sexe continuellement?

Le sexe est partout

«Les jeunes apprennent ce qu’on leur montre. Et ce qu’on leur montre, c’est que le sexe est partout. Le sexe est très fort. Pour vendre un char, tu as une pitoune», se scandalise Franziska Baltzer, de la clinique pour adolescents de l’Hôpital de Montréal pour enfants. «Et on se demande comment ça les jeunes ont appris le sexe comme moyen de communication», dit-elle, les yeux vers le ciel.

Hypersexualisation

Les ados suivent le courant, celui d’une société où la différence entre les générations s’amenuise, gracieuseté de cette sexualité rassembleuse. «On ne sait plus c’est quoi, les générations. Les enfants, qui devraient être des enfants, sans sexe, sont déjà mis dans du linge sexy, déjà stigmatisés comme êtres sexuels», raconte le Dr Baltzer qui se dit surprise de voir ses jeunes patients les poils pubiens rasés. «Ils enlèvent les signes physiques de maturité pour ressembler plus à des enfants. C’est véhiculé par des adultes. Qui les emmènent se faire enlever les poils pubiens? Qui ne veut pas l’expliquer à sa fille?»

Mme Baltzer a constaté cette épilation généralisée il y a 3 à 5 ans. «Ils disent que c’est pas beau, pas propre, pas hygiénique. Ils ont appris ça je ne sais où.» Le mythe de l’éternelle jeunesse est tenace. L’image fait foi de tout.

Message sexuel: Musique Plus et les Spices Girls

Jocelyn Deguise, réalisateur-pigiste, a commencé son apprentissage à Musique Plus en 1989. Il y est demeuré 6 ans. Suffisamment pour sentir l’évolution de cette chaîne. Il a remarqué ce glissement vers le message sexuel. «Je pense que l’explosion, c’est les Spice Girls. Tu vendais pas juste une séduction, tu vendais l’image: tu vends pour que les filles les imitent. Tu ne fais plus rêver au prince charmant, tu dis regarde la princesse, c’est à ça qu’elle ressemble, c’est ça qu’il faut que tu sois. Comme ça, c’est toi qui vas choisir ton prince charmant. Grâce au girl power.»

Britney Spears et le sexe

«Ça commence toujours à partir de rien. Britney Spears, c’est cute, la fille se dit elle a 2 ans de plus que moi et elle chante, je m’associe à elle. Sauf que Britney a changé. Elle a vieilli… À l’époque, il n’y avait pas vraiment d’implication sexuelle dans les vidéos. Encore moins venant d’un groupe qui s’adressait aux ados. Aujourd’hui, on regarde ce qui se fait de controversé pour faire encore plus controversé. C’est un marketing orchestré pour mieux vendre.»

Le baiser de Madonna et Britney Spears

Un marketing centré sur le sexe. Le sein de Janet Jackson au Super Bowl de 2004, le baiser entre Madonna et Britney Spears dans un gala à heure de grande écoute, la bande-vidéo des ébats sexuels de Paris Hilton. Aujourd’hui, un élément rassemble toute la société: le sexe.

Du sexe pour tous

«T’as trouvé quelque chose qui va t’amener toutes les générations. Tout le monde, peu importe le sexe. Tant que ça va faire de l’argent, ça ne changera pas. Sauf si les jeunes réalisent qu’ils se font avoir, ils vont boycotter. Les ados n’ont pas cette maturité pour comprendre ça. Mais beaucoup d’adultes ne l’ont pas non plus», désespère Franziska Baltzer qui craint d’assister à une société divisée en deux extrêmes. Un bout de chemin en ce sens a été fait. «L’anorexie est extrêmement présente, de plus en plus jeune; de l’autre, l’obésité est de plus en plus grande. Même chose pour la religion. Athée ou fondamentaliste. Il va y avoir un clivage poussant les 2 aux extrêmes.» Le sexe, omniprésent, rassemble et divise. Nous en sommes là. Une sexualité qui s’expose partout et pour tout.

autres textes sur sexualité

autres textes sur l’hypersexualisation

Quand un homme accouche

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$. Disponible en anglais Love in 3 D.

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Hypersexualisation: Le Québec abandonne-t-il ses enfants?

Spectacle du Bistro le Ste-Cath (l’ancien Bistro In Vivo) dans Hochelaga-Maisonneuve

Hypersexualisation: Le Québec abandonne-t-il ses enfants?

DOMINIC DESMARAIS. Volume 14-1, octobre 2005

Dossiers Sexualité et Hypersexualisation
hypersexualisation-jeune-sexualite-sexe-education-sexuelle Veut-on vraiment régler le problème de l’hypersexualisation? Les différents acteurs concernés par la problématique se renvoient la balle.

Paul Trottier, vice-président de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), ne veut pas que l’hypersexualisation serve de prétexte à renforcer les lois. Il s’accommode de l’état actuel. «Je ne veux pas d’une société où tout est réglementé. En même temps, je suis très conscient qu’il y a un problème d’hypersexualisation du corps des jeunes filles.»

École, hypersexualisation et sexualité des jeunes

Que peut faire l’école? M. Trottier s’est battu contre l’homophobie à l’école en usant de son poste au Conseil de la commission, le fera-t-il pour aider les élèves? «Ce qu’on veut, c’est créer un environnement propice pour qu’ils apprennent la sexualité. En faisant de la restriction, on avance pas. Quand t’es jeune, souligne-t-il, t’aime outrepasser les règlements. Plus ils sont sévères, plus tu as envie de sauter ces barrières-là.»

Le vice-président a en horreur tout ce qui limite les libertés. Il ne sait toujours pas s’il va agir dans le dossier de l’hypersexualisation mais il est catégorique sur un point: «Si la plupart des établissements appliquaient un code de vie hyper restrictif, je m’en inquiéterais. Et peut-être, à ce moment-là, j’interviendrais.»

L’homme oscille entre le sexologue de formation qu’il est et l’ouverture d’esprit caractérisant sa personnalité. À ses yeux, tous les acteurs gravitant autour des jeunes filles doivent s’impliquer. «L’école a un rôle à jouer, reconnaît-il. Mais elle n’est pas la police.»

Cours d’éducation sexuelle

M. Trottier cherche une solution. «Les parents s’en foutent souvent, il n’y a pas de cours d’éducation sexuelle, les écoles ont peu de moyens… C’est une lourde responsabilité et personne ne peut prendre ce poids sur ses seules épaules.» Avec son nouveau programme, le Ministère abandonne le cours de Formation personnelle et sociale (FPS), cours dans lequel s’inséraient quelques heures de formation sur la sexualité. Au ministère de l’Éducation, on préfère prioriser l’essentiel comme la langue, les mathématiques et l’histoire.

Le Ministère se dit préoccupé par l’éducation de la sexualité. Mais sur ses 1506 fonctionnaires, personne ne s’est penché sérieusement sur la question de l’hypersexualisation. Paul Trottier le confirme: il ne sent pas cette préoccupation du ministère de l’Éducation.

«Pour outiller les intervenants afin d’ intégrer l’éducation à la sexualité dans leur action auprès des jeunes», le Ministère a demandé à Francine Duquet, sexologue, de rédiger un document. Il remplacera le cours de FPS. Le Ministère considère les cours de français, d’enseignement moral ou de science et technologie, comme des matières compatibles avec l’objectif de sensibiliser les jeunes à la sexualité. Le Ministère se donne comme défi de permettre aux jeunes d’avoir une réflexion juste, critique et sensible à propos de la sexualité et de son expansion.

Jeune et sexualité

Philippe, enseignant en 6ème année primaire, se demande bien comment il pourra permettre aux jeunes d’avoir une réflexion juste et critique à propos de la sexualité. «Faudrait vraiment qu’on soit formés sur quoi répondre aux enfants ,parce qu’on le sait pas. Alors, on aime mieux rien dire. L’enfant pense qu’on s’en fout, alors il prend ça pour acquis», dit-il en acceptant une partie du blâme. «C’est trop complexe. Comment j’arrive à gérer ma sexualité, c’est une chose. Gérer celle d’une autre personne, c’en est une autre. Moi, si une jeune effleure le sujet, je l’esquive parce que je ne suis pas capable de répondre.»

Le manque de formation masque un problème plus grave dans les écoles: le rapport enseignant masculin et élève féminin. «Depuis que j’ai commencé, il y a 8 ans, je n’ai jamais parlé de sexualité. Parce que je suis un gars. Je vais avoir des problèmes. Je vais me faire congédier. Jamais, jamais, je vais parler de ça. Quand tu apprends que des profs ont ruiné leur carrière parce qu’une petite fille a menti, as-tu le goût de prendre la chance? Je pense que je ne suis pas le seul», déplore Philippe. «Je ne sais pas c’est quoi, la solution. C’est vraiment un sujet tabou parce qu’on est au primaire: on parle de pédophilie.»

«Je me mets à la place d’un enseignant, pas sûr, moi non plus, que je leur répondrais, aux jeunes», avoue le vice-président de la CSDM. «Les plaintes de nature sexuelle non fondées, c’est un sujet très sérieux pour l’Alliance des enseignants.»

Un personnel masculin qui se défile, mais encore? Le manque de ressources ne faciliterait pas la tâche d’éduquer les élèves sur la sexualité. «Des professionnels dans les écoles, il y en a très peu. Quand l’école a un peu de moyens, elle va peut-être prioriser d’autres professionnels qu’un sexologue ou un psychologue», confirme M. Trottier.

L’école peut-elle répondre aux besoins des enfants sur la sexualité?

Paul Trottier répond par une question. «Est-ce que c’est le rôle de l’école? On peut faire porter bien des choses… Notre mission, c’est d’instruire, de socialiser et de qualifier. Dans ces trois mots-là, on peut mettre pas mal ce qu’on veut», explique M. Trottier qui ne sait pas s’il mettra sur pied un comité de la CSDM pour se pencher sur la question. Philippe en rajoute. «Si la société dit que c’est un problème criant, faites de quoi! Ne demandez pas à des profs de régler le problème», s’insurge le jeune enseignant.

Le ministère de l’Éducation semble peu préoccupé, la Commission scolaire ne sait si elle va agir et les enseignants ne peuvent répondre aux besoins des enfants. Et les principaux intéressés, les parents? «Les mères, les pères aussi, pourquoi ils acceptent si facilement ça? se demande le Dr Baltzer qui en voit de toutes les couleurs à sa clinique pour adolescents. «Parce qu’on est dans une époque où on essaie d’atteindre l’idéal de laisser décider nos enfants. On est plus capables de dire non», suggère-t-elle. Ce qui expliquerait, notamment, l’existence d’un marché pour les strings offerts aux fillettes. À 10 ans, on ne prend pas la décision d’acheter des sous-vêtements.

«Souvent, on me demande de donner un conseil aux parents d’ados… Tu peux pas changer ton discours du jour au lendemain. Si tu n’as jamais parlé et là, tu te décides… Ils ne t’écouteront pas si tu ne leur as jamais parlé. En communiquant dès le début, tu lui transmets des valeurs qui font qu’il a une estime de soi. C’est comme ça que tu préviens des dérapages», affirme la directrice de la clinique pour adolescents.

Sexualité et mouvement féministe

Le Dr Baltzer cible d’autres fautifs. Le mouvement féministe. «Il y a eu un temps où le corps féminin était utilisé partout. C’est disparu, mais là c’est revenu. Va-t-il y avoir un autre mouvement féministe qui va régler le problème? Mais le dernier mouvement, comment a-t-il pu laisser aller les choses?»

«Ce qu’on a probablement manqué, c’est de créer un homme fort. Un modèle épanoui. Parce que pour que ce soit si facile de faire retomber la femme dans un objet sexuel…» Mme Baltzer n’a pas besoin de terminer sa phrase. Tout est dit. La femme d’aujourd’hui est un objet sexuel. Ce que le médecin ne peut accepter. Échaudée par certains journalistes qui détournent la question au profit du sensationnalisme, Franziska Baltzer n’en poursuit pas moins son combat.

«Ne rien dire, c’est lâche. Peut-être que j’irai nulle part avec ma croisade…», explique-t-elle en haussant les épaules. «Mais rien faire… Ceux qui font les émissions de télé, ils sont capables de rejoindre la masse. Je suis optimiste.» Son sourire est sincère, ses yeux déterminés. Les réseaux de télé lui donneront-ils raison?

Hypersexualisation et féministe

Jocelyn Deguise ne le pense pas. 6 ans passés à Musique Plus, la chaîne des 12 – 24 ans, lui ont fait comprendre que la télévision, en 2005, a délaissé la notion de conscience. «Musique Plus n’est pas un parent. C’est un business. Aujourd’hui, ils diffusent n’importe quoi. Ils se disent que c’est possible de voir tout ça sur Internet. Oui, il y a une déresponsabilisation. C’est un peu comme donner des armes aux jeunes et dire que c’est aux parents de s’en occuper.»

Malheureusement, Pierre Marchand, président et fondateur de Musique Plus, n’a pu donner sa vision, son horaire ne lui laissant pas le temps de rencontrer Reflet de Société. Le ministère de l’Éducation, l’école, les parents, la télévision, Internet… Ceux qui, comme le Dr Baltzer, veulent s’attaquer au phénomène de l’hypersexualisation auront fort à faire.

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Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet:
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

 

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