Queer, une autre identité

Le nouveau Q à la mode

Queer : identité sociale et politique

Le mot «queer» a soulevé bien des interrogations dans les deux dernières années au Québec. Pourtant, la lettre «Q» pour «queer» figure depuis 1996 dans l’acronyme LGBTQ (lesbienne, gais, bisexuels, trans et queer). Ce n’est toutefois qu’en juin 2016, alors que Cœur de pirate faisait son coming out en tant que queer en réponse à la tuerie dans la boîte de nuit homosexuelle d’Orlando, que les journalistes québécois se sont intéressés au sujet.

Mélina Soucy    Dossiers   Quoi faire aujourd’hui Quoi voir ce week-end

gaetanLe mot «queer» a soulevé bien des interrogations dans les deux dernières années au Québec. Pourtant, la lettre «Q» pour «queer» figure depuis 1996 dans l’acronyme LGBTQ (lesbienne, gais, bisexuels, trans et queer). Ce n’est toutefois qu’en juin 2016, alors que Cœur de pirate faisait son coming out en tant que queer en réponse à la tuerie dans la boîte de nuit homosexuelle d’Orlando, que les journalistes québécois se sont intéressés au sujet.

À l’occasion de la deuxième édition du Queer Performance camp, un événement montréalais qui regroupe spectacles, ateliers, résidences et performances, Reflet de Société a rencontré deux artistes pour rendre plus accessible le terme queer.

Origine du terme

 Queer est un terme américain. «Ça signifie étrange ou peu commun, traduit Gaétan Paré, artiste multidisciplinaire montréalais. À l’origine, c’était utilisé comme une insulte contre les gens non hétérosexuels ou transsexuels».

C’est vers la fin des années 1980 que les gens ont commencé à s’approprier l’insulte et l’ont transformé en expression positive.  Le mot queer réunissait désormais les gens marginalisés par leur identité et orientation sexuelle sous une même bannière.

Le terme queer regroupe donc deux aspects : une identité personnelle d’une part, et un mouvement politique qui rejette l’existence des catégories d’identité de genre et d’identité sexuelle imposées par le système patriarcal. «Il est toutefois difficile de donner une définition claire à «queer», renchérit Tina Satter, artiste new-yorkaise œuvrant dans le milieu du théâtre.  Le mot revendique en lui-même l’absence de catégorisation. Il permet aux gens qui trouvent les mots “gay” ou “trans” trop limitatifs, entre autres, de se définir avec un mot qui n’a pas de frontières rigides».

Gaétan Paré : s’identifier comme queer

 À l’aube de ses 39 ans, Gaétan Paré s’identifie comme queer.

«Très jeune, quand j’avais 18 ans environ, je savais que j’étais différent, confie-t-il. Ce sont les écrits de Michel Foucault, un philosophe français homosexuel, qui m’ont d’abord ouvert les yeux sur les notions de genre, d’orientation et d’identité sexuelle».

À cette époque, Gaétan ne s’identifiait pas encore comme queer. «C’était déjà compliqué de dire que j’étais gai, je ne pouvais pas m’identifier comme queer en plus.  Même si j’avais une amie qui étudiait en sexologie qui m’a clairement expliqué que la façon dont je parlais de mon identité était queer», précise-t-il.

Ce n’est qu’il y a six mois, en même temps que le début de la conception de son spectacle Opera omnia- je suis venu te dire, que Gaétan a commencé à s’identifier clairement comme queer.

«J’ai contacté Jean-François Boisvenue, un bon ami que j’avais perdu de vue depuis longtemps, car j’avais vu son travail cinématographique et voulais travailler avec lui, raconte l’artiste. En parlant de mes idées pour ce projet, il a fini par m’arrêter et me dire : t’est complètement queer, il faut faire ce spectacle dans le cadre du Queer camp!» À partir de cet instant, Gaétan a commencé à se revendiquer queer. «C’est devenu une obligation, un geste politique», affirme-t-il.

Le spectacle coécrit et réalisé par les deux amis, est construit à partir du personnage de Médée de la tragédie grecque écrite par Pierre Corneille.  «Gaétan était obsédé par Médée, rapporte Jean-François. Médée, c’est un personnage issu de la mythologie grecque, connue pour avoir tué ses enfants pour punir son mari Jason de l’avoir répudié.  D’habitude les gens trouvent que Médée c’est une criss de folle. Gaétan, lui, l’admire».

Gaétan voit ce meurtre comme une métaphore. «Je le vois comme un attentat au patriarcat, explique-t-il. Elle retire à Jason son pouvoir parental, sa possibilité d’être père. C’est une castration. Dans le monde hétéronormatif dans lequel on vit, la reproduction fait partie du patriarcat. Lui enlever le fruit de cette reproduction est un attentat à ce pouvoir masculin.»

Le geste de Médée peut être perçu comme un attentat au patriarcat, car en tuant ses enfants, elle se débarrasse de son rôle traditionnel de mère.  Rappelons que pendant des siècles, les femmes n’avaient aucun droit et étaient considérées comme mineures toute leur vie. C’est par le mariage qu’elles donnaient un sens à leur existence. Elles accomplissaient leur destinée si elles engendraient des héritiers de sexe masculin pour perpétuer la lignée.

Tina Satter : intentions artistiques

 De son côté, Kristina Satter s’identifie comme queer depuis ses études universitaires. «Quand j’étudiais avec Jess Barbagallo, une actrice et scénariste lesbienne, j’ai vécu ma première expérience queer romantique et artistique, raconte-t-elle. C’était une étape charnière pour moi».

Depuis, Tina veut montrer des situations qui vont à l’encontre de l’hétéronormativité. «Enfant, j’écoutais beaucoup la télévision, relate-t-elle. On y montrait toujours les mêmes situations sociales. Un garçon rencontre une fille. Une fille rencontre un garçon. Je veux montrer des situations où il est difficile de déterminer le genre de l’acteur, où des personnages masculins comme un coach de football, sont joués par des lesbiennes, bref où on transgresse les normes.»

Son dernier spectacle, Ghost Rings Unplugged, met en vedette un groupe rock imaginaire composé exclusivement de femmes. «Ce show est basé sur la relation que j’avais avec ma sœur lorsque nous étions adolescentes, rapporte l’artiste. Les frontières entre amour et amitié sont parfois très proches l’une de l’autre. Je n’entends rien d’incestueux par là évidemment, mais cette imprécision, ce flou ressemble beaucoup au sentiment d’être queer.»

 Queer peut donc également traduire un sentiment d’étrangeté, de singularité par rapport au système. Il y a cependant moyen de ne pas s’isoler comme l’explique Tina. «Dans ma jeunesse j’avais beaucoup d’amis transgenres et j’assistais à leur lutte constante avec la société, se rappelle-t-elle. Pour éviter de tomber dans ce dur combat, j’ai fait le nécessaire : j’ai trouvé la communauté queer la plus près de moi, j’ai trouvé des mentors et j’ai lu beaucoup de littérature queer. J’ai trouvé des endroits de confiance pour m’exprimer ».

 

Termes utiles à la compréhension de l’idéologie queer

Patriarcat : Système social hétéronormatif dans lequel l’homme domine dans tous les domaines (politique, économique, familial et religieux) par rapport aux autres.

Hétéronormativité : Pensée qui pose l’hétérosexualité comme la seule orientation sexuelle possible ou comme supérieure aux autres.

Genre : Construction politique et sociale de la différence entre les sexes. Le genre se construit par les comportements sociaux adoptés par un individu. Ces comportements sont associés au masculin ou au féminin. Simone de Beauvoir disait d’ailleurs qu’«on ne naît pas femme, [mais] qu’on le devient», par nos interactions sociales.

 

Horaire des spectacles

Jeudi le 24 août à 20h au Théâtre Lachapelle : Gaétan Paré/Opera omnia-je suis venu te dire

Samedi le 26 août 22h au Théâtre Lachapelle : Tina Satter/Ghost Rings Unplugged

Bistro le Ste-Cath

Un restaurant, une chaleureuse terrasse. Pour une rencontre entre amis ou en famille, le Bistro le Ste-Cath sauront vous offrir une cuisine réinventée et originale à un prix abordable.

Situé en plein coeur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

Le Ste-Cath présente plus de 250 spectacles gratuits par année.

Pour informations et réservations: (514) 223-8116 ou bistro@le-ste-cath.com.

4264, rue Sainte-Catherine Est, Montréal, Québec, H1V 1X6.     www.stecath.com.

Diversité sexuelle; homosexualité, transgenre, bisexualité

Diversité et orientation sexuelle

Démystifier la diversité

Sophie Laisney Dossiers SexualitéHomosexualité

homosexualité bisexualité sexualité sexe homos bi trans transgenres transexuelL’identité et l’orientation sexuelle ont deux sens différents.

L’identité ramène à la question suivante : comment sommes-nous socialement reconnus? En tant qu’homme? En tant que femme? Et si nous sommes l’un ou l’autre, nous nous devons d’agir en accord avec notre sexe et genre. L’homme, la virilité? La femme, la délicatesse et le charme? Autrement dit, une identité qui nous colle à la peau et qui nous dicte un comportement de vie, bercé d’un homme qui doit aimer une femme et vice-versa.

L’orientation sexuelle est moins complexe, elle signifie vers qui nous sommes attirés sexuellement et pour construire un couple. Le plus socialement acceptable étant l’attirance envers le sexe opposé.

Comportement sexuel

homosexualité homosexuel homos bisexuel bisexualité sexualité transgenres transsexuel transsexualité queerCertaines personnes refusent ces clichés et ne veulent pas suivre une ligne de vie toute tracée. Par exemple, des hommes refusent leur corps masculin et se féminisent par le comportement social voire, par la chirurgie, tout en continuant à aimer les femmes. Ou encore des femmes n’acceptant pas d’être reléguées au rang de «femme-objet», fantasme caricatural des hommes. Elles aiment des hommes, des femmes, mais surtout, ne s’empêchent pas de vivre leurs relations amoureuses, n’en déplaise à certains et à certaines.

Sans remettre en question la «norme» identitaire ou l’orientation straight, on doit considérer d’autres identités et orientations sexuelles qui cherchent une reconnaissance sociale pour bénéficier des privilèges de la «norme». Certains avantages comme une reconnaissance juridique globale, par exemple. Si le mariage homosexuel est légal au Québec, ce n’est pas le cas dans de nombreux autres pays. De plus, les personnes trans sont encore loin derrière la cause homosexuelle; leurs structures et leur organisation négocient encore des clauses légales contre les barrières sociales comme les conditions pour le changement de sexe.

La diversité sexuelle

Ces identités et orientations sexuelles cherchent une tribune pour s’exprimer. Elles sont multiples et transmettent le message de la diversité sexuelle. Malgré les différentes revendications qui s’apparentent à un «combat», cette diversité identitaire et sexuelle désire avant tout une profonde tolérance dans nos sociétés envers la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans). 

Quelques définitions…

Les Transgenres sont des personnes dont le genre (conception personnelle de soi, généralement en tant qu’homme ou femme) dépasse les clichés sociétaux et parfois s’identifie au genre opposé. Par exemple, une personne avec des organes génitaux masculins peut s’identifier au genre féminin. Il s’agit de variance lors d’un léger développement de l’identité atypique (ex: un garçon aimant jouer aux princesses).

Les Transsexuels sont des personnes ayant un besoin d’être en accord physique avec leur identité de genre. Une personne transsexuelle souhaite être opérée pour la reconstruction de son appareil génital ou pour d’autres modifications physiques moins importantes (augmentation mammaire, prise d’hormones ou chirurgie plastique).

Les Queers veulent redéfinir la notion de l’identité de genre. Ce sont des personnes (homosexuelles, bisexuelles, transsexuelles ou hétérosexuelles) qui se ne reconnaissent pas dans les codes de genre sociaux et les comportements traditionnels d’homme et de femme. Ce sont des personnes qui ne veulent pas se définir par leur sexe biologique et leur comportement sexuel. Ils refusent l’ordre établi.

Les androgynes sont des personnes dont l’apparence physique ne permet pas d’identifier leur genre. Certains peuvent s’identifier en tant qu’homme et femme, et d’autres au contraire, à aucun de ces genres. 

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L’Amour en 3 Dimensions (français), Love in 3D (anglais).

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Two solitudes that never should have met. Two solitudes who put their minds to a common project. Two cultures collide.

Four hands, writing the story of a man on the brink. At the cliff’s edge, he pulls back. A study of struggle, and of hope.

colin-mcgregor-journaliste-prison-auteur-anglophoneRaymond Viger auteur journaliste rédacteur en chef média magazine revueEnjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness. Set in Montreal, this is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

              Colin                                                                                                                          Raymond

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Mais même si le temps passe vite, il reste encore quelques semaines à patienter avant la publication de Reflet de Société d’avril. Pour vous donner un aperçu, voici les grandes lignes de la prochaine édition.

Sophie Laisney Dossiers Sexualité, homosexualité

rainbow-flag-in-cap-545869-mLa communauté LGBT (lesbienne, gay, bisexuelle et trans) est au centre d’un dossier sur l’identité et l’orientation sexuelle. Nous dévoilerons différents portraits de cette communauté, exposerons les discriminations qu’elle peut rencontrer, sans oublier les nombreuses personnes et organismes de soutien qui œuvrent à défendre activement leurs droits.

Vous retrouverez également des témoignages poignants sur les combats et gains de la communauté LGBT.

L’occasion de vous offrir une nouvelle vision des choses et de mettre à jour vos connaissances.

Les fascinantes chroniques de Colin McGregor et de Jean-Pierre Bellemare seront toujours à l’honneur pour cette prochaine édition, et bien d’autres choses.

Mais on vous garde un peu de suspense!

D’ici la, gardez un œil sur le blogue!

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L’hypersexualisation vue par les élèves de l’école

Parole aux jeunes

L’hypersexualisation vue par les élèves de l’école secondaire de la Magdeleine à Laprairie.

Vol14-6 Dossier Hypersexualisation , Sexualité et Britney Spears .

sexualite-jeune-hypersexualite-jeunes-education-sexuelle-sexe Jessica et Stéphany

La majorité des filles vont trop loin dans l’hypersexualisation et en viennent à ne plus avoir de limite. Ce n’est pas seulement un manque de respect envers l’encadrement scolaire, mais aussi envers elles-mêmes. En imposant un uniforme, il y aurait moins de taxage et de rejet. Les gens ne pourraient plus être jugés pour ce qu’ils portent. L’an dernier, dans une école, un uniforme a été imposé pour contrer l’hypersexualisation. Certains n’étaient pas satisfaits. Pour la majorité, ça n’a rien changé. Certaines filles ont même apprécié. Le matin, c’était moins difficile de choisir ce qu’elles allaient porter durant la journée.

Les jeunes ne sont pas capables de s’accepter tels qu’ils sont. Ils mettent l’apparence en priorité. Ils en font une maladie, jusqu’à en devenir anorexique. On ne devrait pas juger les gens par leur apparence, mais pour ce qu’ils sont intérieurement. Les vedettes jouent un grand rôle dans la vie des jeunes. Devrions-nous boycotter le showbiz pour diminuer l’hypersexualisation?

Vincent Leroux, Mathieu Dumouchel et Valérie Robert

Vous ne parlez pratiquement que des femmes. Pourtant, les garçons subissent eux aussi l’influence des magazines qui font la promotion d’un look sportif et des corps d’Adonis. Les garçons sans allures sportives sont considérés comme marginaux. Certains ont recours aux drogues, aux cocktails de vitamines et de protéines. Additionnés à de longues séances d’entraînement, tous ces efforts pour bien paraître auront des répercussions sur leur vie adulte. L’école, les parents, les magazines de mode, ainsi que la société, tous et chacun peut s’unir pour aider à ralentir cette vague. L’école à elle seule n’y arriverait pas. Le point de départ de l’hypersexualisation commence à la maison, dès la petite enfance.

Catherine Dallaire, Eloise Lessard

Certains trouvent que le sexe est un sujet que l’on aborde trop à l’école. Au contraire! Les jeunes manquent d’informations sur le sexe. Oui, on nous parle de sexe à l’école, mais les cours sur la sexualité devraient être basés beaucoup plus sur les sentiments que sur la façon de se protéger.

Le sexe est partout: publicités, vidéoclips, films… C’est ça l’hypersexualisation. Les parents devraient être beaucoup plus vigilants à ce sujet. Les jeunes essayent de nouvelles expériences sexuelles de plus en plus tôt. Il n’y a plus d’engagement dans les couples. Tout se finit au lit dès le premier soir.

Pourquoi en sommes-nous rendus à ce stade? Les films et la télévision n’aident pas cette mode à se «démoder». Trop de sexe et trop de femmes à moitié nues. Un film attire les gens soit pour les scènes de violence, soit pour les scènes de nudité.

Ce n’est pas l’extérieur qui compte mais l’intérieur. S’habiller comme dans les films ne change pas la personnalité. Allez parler à vos parents. Vous verrez que leurs réactions peuvent être différentes de ce que vous pensiez.

Roxanne Gingras

Une fillette de 12 ans avec «la jupe au cul»! Bravo Britney! Quelle belle image d’hypersexualisation de notre société! Mais qui faut-il blâmer?hypersexualisation des jeunes, sexualité jeune, éducation sexuelle sexe Les parents ou les stylistes? À 12 ans, je les considère encore comme des enfants. Leur corps n’est même pas formé complètement, elles commencent à peine à prendre leurs propres décisions. Comment, à cet âge, certaines peuvent-elles penser avoir des relations sexuelles? Moi, je jouais encore aux poupées! Étais-je retardée ou c’est le monde à l’envers? Jusqu’où allons-nous nous rendre avant de réagir? Une mauvaise expérience à cet âge peut-être très pénible. Nos enfants devraient avoir la tête libre et non remplie de peurs et de craintes envers la sexualité! Ne pas presser les choses, faire confiance et aimer…

Valérie Bruneau et Jamie Lee Paquette

L’image que les films porno nous renvoie est totalement le contraire de la réalité. Malheureusement, de nombreux adolescents s’y réfèrent. Le sexe doit être un événement qui se passe entre deux personnes qui possèdent des sentiments puissants l’un envers l’autre. Rares sont les films porno qui nous montrent que le sexe est associé à l’amour. Loft Story, ne nous montre pas l’image réelle de la société. Les producteurs prennent des personnes musclées et en pleine forme physique. Personne n’a de boutons, de vergetures ou de cellulite. C’est ça la réalité?

Marie-Jo Duquette Tremblay

Les jeunes sont très influençables. Que ce soit à la télévision ou à la radio, le sexe est partout. C’est ainsi que les enfants trouvent leur identité. Ils veulent ressembler à la belle Jessica Simpson qui, en maillot de bain ou en minijupe, se «frotte» sur tous les objets qui l’entourent.

La petite fille veut s’approprier son style. Il n’est pas surprenant de voir une jeune fille se promener avec un décolleté qui ne cesse de descendre, une minijupe avec un joli petit string rose qu’on peut très bien apercevoir.

Le ministère de l’Éducation décide de mettre fin au cours de Formation personnelle et sociale (FPS) dans nos écoles. Les écoles sont là pour éduquer les jeunes. Ce n’est pas une heure par semaine d’apprentissage sur soi-même qui ferait du tort. Je me vois mal à 12 ans parler de sexe avec mes parents. Quand on est informé des risques, il y a moins de chance que ces enfants fassent des erreurs. En parler fait du bien. L’idée d’abolir ce cours me paraît bien étrange.

Stéphanie et Elsa

Les jeunes filles veulent plaire aux garçons. À dix ans, elles pensent qu’elles en ont quinze. Elles s’habillent et parlent comme elles. Mais elles sont juste des petites filles. Les garçons ne sont pas mieux. Ils veulent voir des filles de plus en plus dévêtues. Pour faire comme les gars le souhaitent, elles sont prêtes à faire une fellation à tous les gars qui le demandent. Les jeunes filles pensent trop à leur apparence et à plaire; elles deviennent superficielles.

Catherine Charron

La sexualité a déjà été un sujet tabou. Maintenant, on nous en parle ouvertement comme si tout était acceptable.

Mélissa

Autour de moi, je vois plein de jeunes s’habiller de façon provocante. Mes deux sœurs portent leurs chandails trop courts, avec leurs pantalons taille basse. Elles sont influencées par la publicité et la télé. Qu’est-ce qu’on voit quand nous regardons Musique Plus? Des vidéo-clips remplis de belles pitounes à moitié nues. Ma mère a aussi un rôle à jouer dans ce problème. Elle laisse bien mes sœurs sortir de la sorte. D’une certaine façon, elle les encourage. De plus, c’est elle qui achète le linge de mes sœurs. Dans le fond, elle est consentante.

Valérie R.Charbonneau

Nous devons parler de sexualité ouvertement. Nous remarquons une obsédante pensée à la sexualité qui ne cesse d’être banalisée. Les jeunes suivent le courant à tout ce dont nous les exposons. Le sexe est partout et pour tous, dans la rue, à l’école, à la télévision… C’est ça l’hypersexualisation.

On ne voit plus la différence entre les générations. Les enfants sont déjà mis dans du linge sexy, déjà stigmatisés comme des êtres sexuels. Je trouve inconcevable que le sexe soit si présent dans la vie des jeunes. Laissons les enfants être des enfants et les adultes être des adultes. Faisons appel aux relations amoureuses au lieu des relations sexuelles.

Alexandra Verville et Valérie Barland

Certaines filles croient que plus vite elles font l’amour, plus vite elles vont acquérir de la maturité. Pourtant, ce type d’activité devrait demander de la maturité, et non en faire acquérir. Il est très difficile de faire face au rejet. Les jeunes filles ont peur que leur chum aille voir ailleurs.

Au lieu d’expliquer comment faire l’amour, pourquoi ne pas expliquer qu’il est normal de ne pas se sentir prête à l’adolescence?

Marylou et Vanessa:

Les parents ont peu de contrôle sur les faits et gestes de leurs enfants. Ils veulent être «cool» avec eux. Ils doivent avoir le courage d’être plus sévères.

Stéphanie Bélanger

Je trouve ridicule que l’on enlève les cours de FPS. Comment les jeunes peuvent-ils être bien informés? Je ne crois pas qu’un enseignant de français ou de mathématique soit intéressé à parler de MTS. Les enseignants ne sont pas formés pour répondre à ce type de question.

Marie-Ève Berlinguette

Les Britney Spears et Christina Aguilera influencent la tenue vestimentaire des adolescents et leur donnent un mauvais exemple de ce qu’est l’attirance physique et sexuelle. Les écoles ne tiennent plus leur rôle vis-à-vis de la sexualité chez les jeunes. Il faut reprendre les cours de FPS.

Catherine Dion et Vanessa Tremblay-Courchesne

Nous marchons dans les rues, et on ne peut plus différencier une prostituée d’une cliente d’un bar.

Mais où va-t-on avec tous ces jeunes qui suivent l’exemple de leurs vedettes préférées, qui s’exhibent devant une caméra pour faire monter leur cote de popularité?

Michaël Roy

Même si les écoles imposaient l’uniforme, ça ne réglerait rien. Il y a une de mes tantes qui enseigne dans une école privée. Elle m’a dit que même avec l’uniforme, les filles trouvent le moyen de se dévêtir.

Amy Yeung

L’hypersexualisation, c’est les enfants apprennent en imitant. Ils ne savent pas ce qu’ils font. La société d’aujourd’hui ne leur montre pas comment devenir une bonne personne, elle leur montre comment devenir «sexy». L’uniforme n’empêchera pas les élèves à vouloir être plus «hot».

Guillaume Fleury et Eric Bisson

La mode, les médias, les stars, les films influencent les jeunes. Ils prennent exemple sur tout ce qu’ils voient. Britney Spears et Christina Aiguilera, dans leurs vidéoclips, s’habillent comme des stars de porno. Trop c’est trop! Les parents devraient parler de la sexualité avec leurs enfants pour qu’ils aient de bonnes valeurs et surtout, qu’ils soient bien informés.

Paméla Ranger et Jessica Jean-Rondeau

Allez les petites filles! Sortez vos strings et vos minijupes! C’est à la mode, à ce qu’il paraît! Les jeunes ne veulent plus s’engager, parce que le sexe «récréatif», c’est mieux. Chlamydia, condylomes, herpès sont des mots qui entourent l’environnement de vos jeunes. Comment réagir à cette situation? Imposer l’uniforme obligatoire? Ou peut-être négliger l’enseignement sexuel en espérant que les jeunes n’y feront pas allusion?

Notre société se tourne vers le superficiel. Tout tourne autour du sexe. Les gars achètent une auto pour la fille qui viendra avec. La fille achète la crème miraculeuse pour ressembler à la fille sur l’emballage. La petite se précipite dans une boutique pour acheter un string… parce que c’est à la mode! Maintenant que les enseignants évitent le sujet et que leurs parents ne sont plus à la maison pour répondre à leurs questions, vers qui nos jeunes peuvent-ils se tourner?

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