Site d’injections supervisées pour toxicomanes: Insite de Vancouver

Site d’injections supervisées pour toxicomanes: Insite de Vancouver

Raymond Viger   Dossiers Alcool et drogue, Site d’injections supervisées

Érik Desbois est coordonnateur du département de travail social de l’organisme La Boussole. Suite aux généreuses démarches qu’Érik a faites auprès de la Santé  publique de Colombie-Britannique, Reflet de Société est invité à visiter le seul site d’injections supervisées en Amérique du Nord. Nous rencontrons un des intervenants du Insite de Vancouver, M. Russ Maynard. Son accueil est chaleureux et très passionné.

Les règles d’intervention doivent s’adapter aux gens que l’on veut desservir, explique-t-il. «Avec 15 000 personnes alcooliques-toxicomanes concentrées dans le même quartier dont 50% sont psychiatrisées, les barrières doivent être le plus bas possible pour rendre l’intervention accessible.»

S’injecter sous supervision de la Santé publique

Les personnes toxicomanes qui veulent s’injecter doivent sonner à la porte sécurisée. Elles s’identifient à l’accueil par leur prénom et leur date de naissance. Notre guide se nomme maintenant Russ61. Cette identification permet de recueillir des données sur l’utilisation du service et de créer un dossier pour chaque utilisateur. Ce dossier recense les interventions médicales ou psycho-sociales et permet de justifier les résultats du travail réalisé à Insite.

Lorsqu’une des 12 cabines d’injection se libère, l’utilisateur suivant est appelé. Il s’installe dans la cabine qui a été stérilisée. Il fait face à un grand miroir. Des murs le séparent des autres usagers. «Les personnes toxicomanes, habituées à surveiller l’arrivée de la police, sont devenues paranoïaques, explique Russ61. Le grand miroir leur permet de savoir si quelqu’un se trouve derrière elles. Un des avantages secondaires est de permettre à la personne de se regarder. Cela peut l’aider à prendre conscience de sa situation et le motiver à changer son mode de vie»­­­.

Chaque personne toxicomane doit amener la drogue qu’elle veut consommer. Le centre d’injections supervisées n’a pas le mandat de vendre de la drogue. Les règlements sont stricts sur ce point. Aucun usager ne peut remettre quelque chose directement à un autre. Même une simple cigarette sera remise à son destinataire par un intervenant.

Insite site d'injection supervisé

Avantages d’un site d’injections

Russ61 nous fait la démonstration du mode de consommation dans la rue. L’utilisateur s’installe à même le sol, mélange le crack avec de l’eau et se l’injecte. S’ils sont pressés, 2 utilisateurs n’utiliseront qu’une seule seringue.

Les avantages du site d’injection sont multiples, nous explique Russ61. «Les vendeurs de crack cachent la drogue à l’intérieur d’un plastique. Ces petits sachets se camouflent dans la bouche en haut des gencives. Lorsque vous achetez votre dose, le vendeur la crache dans sa main pour vous la remettre. Sachant que 80 à 90% des gens vivant dans la rue sont porteurs de l’hépatite C et que la drogue est cachée dans la bouche du vendeur, cela représente un premier risque de contagion. L’échange de seringue en représente un deuxième à ne pas négliger. De plus, la drogue, souvent mal diluée dans l’eau, cause des problèmes aux veines et au cœur»­­­.

Site d’injections supervisées: épargner l’argent des contribuables

Hépatite C, VIH, infections des veines, crise cardiaque, détresse respiratoire, AVC… ne sont que quelques-unes des complications médicales liées à une consommation de rue. Russ61 nous rassure sur les coûts du site d’injection. «Le Insite coûte 3 millions par an. Nous sommes cependant convaincus que la diminution des coûts de traitement et d’hospitalisation permet d’économiser encore plus d’argent. Pour les overdoses seulement, dans 60% des cas, nous réussissons à traiter la personne avec une simple bouteille d’oxygène. Notre intervention directe permet d’épargner au système de santé un transport ambulancier et une hospitalisation.»

«Lorsque le traitement avec l’oxygène ne suffit pas, il faut faire une injection de Naxolone. Le Naxolone supprime les effets des opiacés tels que l’opium et l’héroïne. Cela permet d’éviter la dépression respiratoire en cas d’overdose. Nous sommes autorisés à faire des injections de 0,4 mg. Si cela n’est pas concluant, nous appelons les secouristes qui, eux, peuvent faire des injections allant jusqu’à 0,8 mg. La majorité des overdoses ne nécessiteront pas d’hospitalisation.»

Le taux de mortalité par overdose ne cessait d’augmenter avant l’arrivée du Insite, dépassant une overdose mortelle par jour dans Vancouver. Près de 400 morts par année. Le Canadian Journal of Public Health publiait en 2006, 3 ans après l’ouverture du Insite, ces résultats: «après les fortes hausses enregistrées, site-injection-supervise-vancouver-insite les taux de décès par surdose en Colombie-Britannique ont baissé, en raison d’importantes baisses des cas de surdose à Vancouver».

Moins d’hospitalisation

Outre ces économies importantes, on évite des complications plus sérieuses. «Les infections non traitées amènent souvent une amputation d’un bras ou d’une jambe. En fournissant du matériel stérile, en permettant à l’utilisateur de chauffer sa drogue pour mieux la diluer et en traitant rapidement les cas d’infections sur place, nous évitons plusieurs amputations aux coûts médicaux élevés.»

Il faut aussi tenir compte de la réalité des personnes touchées. «Pour une infection à un bras, il faut faire des injections d’antibiotiques, soir et matin, pendant 2 semaines. Nous réussissons à le faire au Insite, mais les utilisateurs décrocheraient vite s’ils devaient se présenter à l’hôpital.»

Le site d’injection supervisée compte 2 intervenants en santé mentale et 2 infirmières pour répondre aux différents besoins des utilisateurs. Des tests pour le VIH et des tests de grossesse sont aussi disponibles sur place.

Lorsque l’utilisateur a terminé, il traverse une dernière pièce pour prendre un café. «Les consommateurs qui ont leur high se retrouvent facilement en plein milieu de la rue, complètement désorientés. Nous avons remarqué qu’en leur offrant un café et en leur permettant de vivre le début de leur trip au site d’injections supervisées, cela diminue drastiquement le nombre d’utilisateurs frappés par une automobile.»

Prévu pour recevoir 600 personnes par jour, le centre d’injections supervisées en reçoit maintenant jusqu’à 1100.

Centre de désintoxication sur demande

Des intervenants profitent de la pause-café des utilisateurs pour offrir leur service et vérifier les besoins qu’ils peuvent combler: recherche d’un logement, d’un travail ou encore d’une cure de désintoxication, un téléphone peut être mis à leur disposition.

Les utilisateurs de drogue injectable sont des gens impatients. Quand ils veulent quelque chose, c’est tout de suite. Il s’agit d’une éternelle gestion de crise. Ils n’attendront pas 2 semaines qu’une place se libère dans un centre. C’est pourquoi un centre de désintoxication de 9 lits est disponible au 2e étage du Insite, nommé le Onsite. La personne toxicomane qui montre un intérêt pour arrêter de consommer peut être prise en charge rapidement en attendant de pouvoir être transférée dans un autre centre. Au 3e étage, 12 autres lits sont offerts pour ceux qui ont fait une démarche et sont en attente d’un logement supervisé ou d’un programme d’aide.

Avant de nous séparer, nous croisons Troy, un ex-consommateur connu d’Érik et de Russ. Troy demeure au 3e étage. Il a suivi une thérapie. Il veut maintenant travailler, ce qui l’obligera à retourner aux études. «Tout est une question d’attitude, de la façon dont on se regarde. Je souhaite qu’il y ait à l’avenir plus de programmes comme le site d’injections supervisées Insite.»

En continuant notre visite du quartier avec Érik, nous recroiserons Troy. Il revient du marché avec quelques fruits qu’il s’apprête à manger. Suivre une thérapie et vivre encore dans le même quartier, croiser ses anciens copains de consommation, n’est pas chose facile. Mais comme nous disait Troy, c’est une question d’attitude.

Survie du Insite, compromise?

Le gouvernement fédéral et la GRC, contre la volonté du gouvernement de la Colombie-Britannique, celle de la mairie de Vancouver, de la police municipale et des organismes communautaires ont été en cour afin de ne pas renouveller le permis exemptant le site d’injections supervisées de se conformer aux lois sur l’usage des drogues.

La cour a tranché en faveur du Insite. Le gouvernement fédéral de Stephen Harper a décidé d’aller en appel.

Reportage sur le quartier chaud de Vancouver Downtown Eastside

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

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Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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Pétition en faveur des sites d’injections supervisées

Pétition en faveur des sites d’injections supervisées659428_42488329

Dossier Site d’injections supervisé , Philippe Couillard

Nous venons de recevoir du GRIP, une pétition à signer pour sensibiliser le nouveau  ministre de la Santé, M. Yves Bolduc sur l’importance de créer un site d’injections supervisées.

Philippe Couillard avait débuté le travail dans ce dossier et devait annoncer l’ouverture d’un site d’injections supervisées à l’automne 2008. Il n’a pas terminé ce dossier avant de quitter et le nouveau ministre de la Santé, Yves Bolduc a décidé de mettre le projet sur la glace.

Cette pétition est réalisée par la coalition de réduction des méfaits pour des services d’injection sous supervision médicale. La nouvelle date limite est le 15 janvier 2009.  Lorsque les pétitions seront signées et remplies, s.v.p. les retourner au GRIP Montréal au 1212, St-Joseph Est, Montréal, Québec, H2J 1L6.

Reportage:  site d’injections supervisées Insite de Vancouver.

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Site d’injection supervisée: le ministre de la Santé du Québec Yves Bolduc main dans la main avec le gouvernement Harper

Site d’injection supervisée: le ministre de la Santé du Québec Yves Bolduc main dans la main avec le gouvernement Harper

Dossier Alcool et drogue.     Dossier Sida VIH MTS Aids , Site d’injections supervisé  , Itinérance

Scandalisé, choqué et outré. Voilà un bref résumé des émotions qui m’ont envahi en écoutant les nouvelles d’aujourd’hui. Le ministre de la Santé du Québec Yves Bolduc vient d’annoncer qu’il dit non aux centres d’injections supervisées.

659428_42488329 J’ai visité le 5 juillet dernier le seul site d’injection supervisé en Amérique du Nord, l’Insite de Vancouver. J’ai écrit un billet en attendant que mon reportage soit publié dans une dizaine de jours dans le magazine d’information et de sensibilisation, Reflet de Société.

Je ne peux attendre plus longtemps avant de faire un court résumé de mon reportage qui est amplement en faveur de la création d’un site d’injection supervisé. Les personnes toxicomanes y trouvent leur compte. Sur place nous y retrouvons des soins infirmiers, soins psychologiques, hébergement d’urgence, centre de thérapie… La population aussi en ayant moins de seringues qui traînent dans le quartier, moins de frais d’hospitalisation pour le traitement aux personnes toxicomanes, moins d’automobiles qui frappent des personnes toxicomanes qui ont perdu le nord, puisqu’ils vivent leur high dans le site d’injection supervisé…

Quand le ministre de la Santé fédérale a été devant la justice pour tenter de fermer l’Insite de Vancouver, la justice a été formelle. Pas question de fermer le centre d’injection supervisé, c’est un service essentiel. Même si les organismes communautaires, la police municipale, la municipalité et le gouvernement de la Colombie-Britannique ont fait front commun pour défendre le dossier, seul le gouvernement conservateur de Stephen Harper et la GRC étaient contre la continuité du site d’injection supervisé.

Pour une fois que le communautaire, la police, le municipal et le provincial font concensus dans une intervention sociale, de quoi se mêle le gouvernement fédéral?

Et pour revenir au ministre de la Santé du Québec Yves Bolduc, je ne peux pas comprendre pourquoi il a besoin de retarder un tel dossier!

Reportage sur le quartier chaud de Vancouver Downtown Eastside

Reportage sur le Site d’injections supervisé  de Vancouver

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Ex-travailleur de rue et le Insite de Vancouver, le site d’injection supervisé

Ex-travailleur de rue et le Insite de Vancouver, le site d’injection supervisé

Dossier La Presse – Cyberpresse, Vancouver, Site d’injections supervisées

Annie Mathieu a publié aujourd’hui un article dans La Presse sur le site d’injection supervisé de Vancouver, le Insite. Je suis cité dans l’article. Soit parce que j’arrive de Vancouver et que j’ai visité le Insite. Soit parce qu’il n’y avait pas personne d’autre 659428_42488329 disponible avant la tombée de l’article. Je suis présenté comme un ex-travailleur de rue. Ouf! Je viens de prendre un coup de vieux.

Annie Mathieu n’a pas menti. J’ai fait du travail de rue plein temps de 1992 à 1997. Avec l’ouverture du Café-Graffiti en 1997, tranquillement mes activités de travailleur de rue se sont transformées en travailleur de milieu. Aujourd’hui, je suis obligé de cumuler les fonctions de directeur de l’organisme, directeur clinique de l’intervention, rédacteur en chef, journaliste… je m’assure que les vidanges sont sorties ainsi que la récupération.

Avec les années, j’accompagne des jeunes qui ont des amis qui en connaissent d’autres… Mes présences en dehors du local pour du travail de rue puriste comme j’ai fait jusqu’en 1997 ne se font que lorsque j’ai des gens à rencontrer dans des conditions très spécifiques et très particulières.

Possiblement que cette trajectoire est la même pour plusieurs travailleurs de rue. Après un certain temps, ont tombe en charge de la formation des jeunes intervenants, on continue l’intervention auprès des jeunes que nous avons adoptés ainsi que de leur milieu de vie. Finalement, ça devient la chaise du directeur d’organisme. Un vieux meuble, mais encore bien utile. D’autres enseignent à l’université, ce que j’ai aussi fait pendant 5 ans avec McGill.

Donc, quand je croiserais Mme Annie Mathieu de La Presse, je lui demanderais de ne pas me présenter comme ex-travailleur de rue, mais plutôt comme le directeur de l’organisme. Un jeune directeur vaut mieux qu’un vieux travailleur de rue!

Billets sur le site d’injection supervisé, In Site. Article d’Annie Mathieu sur le site d’injection supervisé dans La Presse.

Crédit photo Rovaro

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