Vers une nouvelle Politique jeunesse

Le Sommet des jeunes

Nouvelles stratégies

Retour sur le Sommet d’août 2013, où des jeunes ont poursuivi leur réflexion pour une nouvelle Politique jeunesse. Déceptions et nouvelles stratégies pour arriver à leur but.

Normand Charest Dossiers Valeurs de SociétéJeunesPolitique

Dans le numéro de septembre-octobre, nous avons couvert le Sommet des jeunes, tenu à Montréal. Et nous avons promis de suivre ce dossier, parce que nous croyons que cette implication mérite qu’on l’appuie. Les jeunes devaient présenter la synthèse de leur travail à la commission parlementaire annoncée pour l’automne.

Mais depuis, la commission a été remise à janvier ou février prochain, ce qui leur donne plus de temps pour peaufiner leur mémoire. De plus, le ROCAJQ (Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec) a offert aux jeunes un espace au sein de son Colloque tenu en octobre (le OFF Colloque).

Nous avons assisté à cet OFF Colloque en tant qu’observateur, afin de mieux comprendre leur démarche. Une dizaine de jeunes étaient présents, dont Maryann Gauthier, puis Judeisy de Léon et Ursy Ledrich du BCJ (Bureau de consultation jeunesse) que nous avons déjà interviewés en août dernier.

Retour sur le Sommet

Les jeunes se posent d’abord cette question: le Sommet de cet été a-t-il été une réussite? Ils ont la candeur de s’avouer qu’ils ont éprouvé de grandes difficultés à le réaliser. C’est clair, le projet était trop ambitieux.

Rappelons que l’événement s’est déployé sur cinq jours, avec de multiples ateliers simultanés, sans compter les soirées et le point de presse. De plus, ils apprennent deux semaines avant l’événement qu’ils doivent héberger 70 participants venus de France, alors qu’ils en attendaient au plus une vingtaine. Un énorme défi pour n’importe qui, peu importe son âge.

Donner une voix aux jeunes

Le BCJ a été fondé pour donner une voix aux jeunes. Son principe de base, comme l’explique Ursy, c’est que les jeunes dirigent et proposent des projets, tandis que les intervenants appuient leurs actions, en les aidant à obtenir du financement, par exemple. D’où le slogan «par et pour les jeunes». Si les adultes prennent trop de place dans ce processus, certains jeunes ne parlent pas. C’est pourquoi les jeunes font leurs rencontres sans les intervenants.

Récupération gouvernementale

Depuis des années, ce groupe de jeunes a connu plusieurs déceptions dans ses contacts avec le gouvernement. Des projets qu’ils avaient présentés ont été refusés pour être ensuite, selon eux, repris sans que le crédit leur en soit donné.

C’est le cas pour la tournée de consultation des régions. Même l’expression «En route pour le Sommet» leur aurait été prise. Les jeunes ont écouté ceux des régions, pour prendre note de leurs préoccupations.

Le refus de financement pour raison de «dédoublement» compromettait, pour eux, trois ans de travail. D’autant plus que leurs partenaires les avaient quittés pour se joindre à la tournée gouvernementale. Ils se sont alors sentis doublement floués.

Historique: un exposé brillant

Ursy nous présente d’ailleurs, de manière brillante, un historique de la Politique jeunesse au Québec, en partant de la création du BCJ en 1970 et en passant par les différentes étapes, dont celle du Conseil permanent de la jeunesse, aboli par Jean Charest en 2010, l’Année internationale de la jeunesse, et jusqu’à aujourd’hui. Une succession de belles paroles et de promesses dont la réalisation est continuellement reportée.

Écouter sans juger: deux tournées et deux approches différentes

En plus d’une perte personnelle, c’est la validité de la tournée gouvernementale que les jeunes remettent en question. Selon eux, il y a deux conditions pour comprendre vraiment les préoccupations de la jeunesse.

1. D’abord s’assurer que l’on rejoint les jeunes de tous les milieux, sans oublier les plus marginalisés, ce que la tournée gouvernementale n’aurait pas réussi à faire, disent-ils. «Nous, nous allons voir les jeunes de la rue. Eux s’adressent plus aux jeunes étudiants, déjà politisés.»

2. Il faut aussi recueillir les préoccupations de ces jeunes sans les juger. C’est ainsi que les jeunes du BCJ fonctionnent. À l’opposé, la consultation gouvernementale oriente le débat en sa faveur, en limitant l’expression des participants à des questions qu’elle leur impose.

Confidentialité

À partir des préoccupations recueillies lors de leur consultation, les jeunes vont maintenant élaborer leurs recommandations pour la Politique jeunesse.

Mais après avoir été déçus par la récupération gouvernementale, ils en ont tiré une bonne leçon. Dorénavant, tout leur travail demeurera confidentiel, jusqu’à ce que leur mémoire soit remis à la commission parlementaire.

Les jeunes du Sommet font partie du BCJ dont le rayon d’action ne couvre que la région de Montréal. Mais leur place au sein du ROCAJQ leur permet de s’associer à une cinquantaine d’autres organismes communautaires et à d’autres jeunes, étendant ainsi leur influence à tout le Québec.

Chacun de ces organismes pourra présenter son propre mémoire lors de la Commission parlementaire avec des recommandations similaires, ce qui ajoutera un poids politique à celles des jeunes.

«Les jeunes veulent s’approprier la Politique jeunesse, et pas seulement se la laisser imposer d’en haut par les politiciens. Si tu ne prends pas soin de la politique, c’est elle qui prendra soin de toi.» (Ursy)

On pourra dire que les jeunes manquent d’expérience, mais on ne peut ignorer leur bonne volonté et la pertinence de beaucoup de leurs idées. Si l’on promet de «donner une voix aux jeunes» comme on l’a fait, il faut bien les écouter par la suite.

Colloque sur l’action communautaire…

Lors du colloque organisé par le ROCAJQ, du 15 au 17 octobre, M. Nikolas Ducharme, secrétaire adjoint du Secrétariat à la jeunesse, est venu présenter la démarche gouvernementale de consultation qui comporte le dépôt, cet automne, d’un «Livre blanc sur la jeunesse» par le gouvernement du Québec.

Les membres d’Interjeunes et les jeunes du Sommet comptent étudier attentivement ce Livre blanc. Mme Sylvie Norris, directrice du ROCAJQ, déclare dans un communiqué de presse: «On veut s’assurer que la parole, les préoccupations, les besoins et les espoirs de tous les jeunes s’y retrouvent.» Ce qui résume bien la pensée de tous.

En fait, cette action va plus loin que le ROCAJQ parce qu’elle implique la Coalition Interjeunes qui représente 320 organismes fréquentés par 370 000 jeunes de partout au Québec. Les organismes membres de la Coalition Interjeunes sont:

  • Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec (ROCAJQ) ;
  • Regroupement des maisons de jeunes du Québec (RMJQ);
  • Regroupement des Auberges du cœur du Québec (RACQ);
  • Regroupement des organismes communautaires québécois de lutte au décrochage (ROCQLD).

Source des informations: Marie-Danielle Larocque, responsable des communications, ROCAJQ.

Autres textes sur les Jeunes

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Jeunes et société

Vers une nouvelle politique jeunesse

Le Sommet des jeunes

Après deux ans de préparation, le Bureau de consultation jeunesse (BCJ), dont l’action couvre la région de Montréal, tenait enfin son Sommet des jeunes au collège Ahuntsic, du lundi 12 août, Journée internationale de la jeunesse, au vendredi 16 août. Il s’agissait d’abord d’un lieu de réflexion pour les jeunes qui souhaitent s’impliquer positivement dans la société, sans se limiter à la critiquer.

Normand Charest       DOSSIER Valeurs de Société, Société, Jeunes, Politique.

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Un événement d’une semaine, cela demande une grande logistique. Et nous pouvons voir, dès 8 heures ce lundi matin, une armée de jeunes s’affairer un peu partout. Tout au long de cinq jours, il faudra choisir entre deux ou trois activités qui se tiennent en même temps, et d’abord entre un point de presse et une conférence.

Point de presse : les jeunes et leur enthousiasme

Le point de presse est donné par cinq jeunes assis à la même table. Au centre, la députée du NPD, Lysane Blanchette-Lamothe, qui nous dit que, selon son expérience du terrain, les jeunes s’intéressent beaucoup plus à la politique qu’on peut le croire, et que « si les jeunes sont l’avenir, comme on le dit souvent, ils sont aussi le présent », raison pour laquelle nous devons tenir compte d’eux et de leur implication dans la vie en société.

De chaque côté d’elle, se tiennent deux représentants des jeunes, une fille et un garçon : de la France, Fatima Diaby et Vincent Quintana ; du Québec : Judeisy de Léon et Ursy Ledrich (nous les rencontrerons plus tard pour une interview).  Probablement tous les quatre des jeunes « issus de l’immigration », comme dit l’expression. On est d’abord frappé par la bonne capacité d’expression de ces jeunes qui se sont, visiblement, bien préparés.

Soixante jeunes Français sont venus participer à ce Sommet, des jeunes d’origine africaine ou maghrébine pour la plupart, qui offrent des ateliers et qui participent avec beaucoup de joie aux divers ateliers de cette « Univers’Cité populaire d’été » (le terme « cité » renvoyant, en France, aux banlieues dites sensibles).  Ils viennent de Paris, Mulhouse, Lille, et sont accueillis par l’équipe québécoise du BCJ. Fatima Diaby nous dit : « Nous sommes venus parce que nous avons les mêmes problématiques en France : le racisme, les relations avec la police, etc. Nous avons fait des actions de financement pour venir à Montréal : des spectacles gala, des spectacles de rue. » Si la jeune députée du NPD nous parlait d’implication sociale, Vincent Quintana parle du travail sur soi dans des ateliers qui auront lieu en après-midi, où les participants racontent leur vécu, que l’on illustrera par du théâtre improvisé (le Playback Théâtre), par exemple.

Apprendre à penser pour changer le monde

En même temps que le point de presse, le philosophe et enseignant Éric Martin offre une conférence d’ouverture sur le thème « La jeunesse dans notre société » où il encourage la jeunesse à penser d’abord, à remettre en question la vision imposée des choses.

La philosophie, dit-il, c’est la jeunesse de l’esprit, puisqu’elle remet tout en question et qu’elle jette un regard neuf sur toute chose, comme la jeunesse le fait. La philosophie demande que l’on recherche le sens de la vie, de la souffrance et des valeurs. Et il s’agit en ce moment de trouver de meilleures façons d’habiter le monde et de reconnaître ses valeurs humaines.

Autres textes sur Politique et Médias

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Rencontre avec les jeunes représentants du Sommet

Un bain d’enthousiasme et de bonne volonté

Entrevue avec les quatre représentants du Sommet des jeunes, en août 2013: Fatima Diaby et Vincent Quintana de la France, ainsi que Judeisy de Léon et Ursy Ledrich du Québec.

Normand Charest et Ginette Cyr-Charest     DOSSIER Médias, Politique, Jeunes

À la question : « Pourquoi vous êtes-vous impliqués ? », Fatima répond : « Parce que nous avons réalisé que nous vivons la même chose au Québec et en France, en tant que jeunes, et que ce genre de réunion, de Sommet n’existe pas en France. » Judeisy ajoute : « Chaque jeune doit se trouver pour être bien dans sa peau. Et c’est en m’impliquant dans ce projet que j’ai découvert mon intérêt pour les implications sociales. J’ai compris que chaque petit geste compte, que les petites batailles font les grandes guerres. » Puis Vincent : « Ça prend quelqu’un pour commencer les changements, et cela entraîne les autres. C’est comme le berger à la tête du troupeau. » Ursy : « J’étais déjà impliqué dans un projet sur la place des Noirs. Et de là, j’ai réalisé que les jeunes des autres communautés, que tous les jeunes vivaient aussi des problèmes semblables. Les jeunes doivent s’investir dans des actions utiles à la société, et briser ainsi l’image de voyou qu’on nous renvoie trop souvent. »

À la question du racisme, Ursy répond : « On a un peu enterré le passé, à ce propos, on ne veut plus tellement parler de la discrimination, mais les vieilles frustrations demeurent. » Les vieux stéréotypes reviennent facilement, en cas d’incompréhension, et il faut favoriser la communication entre les communautés, sinon chacun se cantonne dans ses préjugés. En France, nous dit-on, le profilage dans les demandes d’emploi est encore bien présent. On vous juge encore selon votre nom et selon votre lieu de résidence. Si vous avez un nom étranger et que vous habitez dans une cité (une banlieue « sensible »), vos opportunités d’emploi sont minces.

Les jeunes voient-ils des solutions à ces problèmes ? 

Selon Fatima : « Les politiciens doivent laisser de la place aux jeunes pour qu’ils agissent dès maintenant dans la société. » Judeisy : « Il faut encadrer les jeunes et leur faire comprendre que “Tu peux devenir ce que tu veux”, mais que tu dois travailler pour y arriver. » Vincent : « Il faut souligner l’importance de l’éducation pour y arriver, pour eux, et pour leur propre avenir. Tout le travail à faire est là. » Ursy : « Dans la région de Montréal, nous avons des Tables de concertation jeunesse, mais ce sont des adultes qui y agissent et les jeunes n’y sont pas représentés. On a refusé du financement pour notre tournée auprès des jeunes de la province, sous prétexte de dédoublement, alors que la tournée gouvernementale reprenait nos idées à nous et qu’elle n’allait pas vers toutes les classes sociales. »

À la question « Comment voyez-vous votre relation avec les plus vieux ? », nous avons été surpris par le respect démontré dans les réponses. Ursy : « On doit le respect aux aînés. Mais ce respect doit être réciproque et sincère, il doit venir du cœur. Si c’est le cas, nous obéirons volontairement aux aînés, puisque ce sont eux qui ont l’expérience. » Judeisy : « Il faut que l’aîné ait de l’espoir en moi. »

Les jeunes et la politique

Notre admiration devant leur maturité et leurs ressources nous amène à leur demander s’ils ne souhaitent pas se lancer en politique. Ursy nous répond : « En tout cas, pas une politique de bas étage, une politique de magouilles (et tous acquiescent en même temps), et seulement si je peux y croire. » Vincent : « Dans mon cas, je ne crois à aucun parti existant. Ils sont tous les mêmes. Alors, je devrais former mon propre parti ! » Judeisy : « Je ne me vois pas dans un parti, mais en tout cas, je veux être militante à vie. »

On leur demande : « Comment voyez-vous votre avenir ? » Et Fatima répond : « Je veux avancer dans la liberté d’expression, dans la liberté d’action. » Vincent : « Je veux aider les jeunes, comme ils n’ont pas beaucoup été aidés, et leur donner ce que nous n’avons pas eu. » Judeisy : « Je m’oriente vers l’humanitaire. En tout cas, je ne veux pas contribuer au capitalisme et à la production. » Ursy : « Je rêve tout haut : je voudrais aider les jeunes Africains, pour qu’ils connaissent leur passé et qu’ils sentent qu’ils ont quelque chose de positif à contribuer. »

Que voulez-vous ajouter à des paroles aussi belles qu’authentiques ?

Ces quatre jeunes seront aussi interviewés par Le Devoir, 24 Heures, TVA, Radio-Canada ainsi que d’autres médias. Et leurs amis les taquineront, en leur disant qu’ils sont maintenant devenus des vedettes. « C’est émouvant ! » nous dira Fatima.

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La présence autochtone

Sommet des jeunes

Les femmes autochtones

Parmi les nombreux ateliers offerts durant la semaine du Sommet des jeunes à Montréal en août 2013, il s’en trouvait un qui abordait la question de la place des jeunes Autochtones dans la société actuelle. Cet atelier était animé par Widia Larivière, une jeune femme que l’on a pu voir dans les médias à propos du mouvement « Idle No More » dont elle a cofondé l’aile québécoise.

Normand Charest     Dossier Valeurs de Société, Autochtones

réflexions sociales débats de société social communauté

Widia Larivière est Algonquine par sa mère, tandis que son père est Canadien français. Cette double identité l’aide « à faire le pont entre les deux cultures », nous dit-elle. Elle est également coordonnatrice jeunesse pour l’association Femmes autochtones du Québec (FAQ-QNW), dont les bureaux sont situés à Kahnawake. Elle soulignera d’ailleurs l’importance des femmes dans la société autochtone et dans la transmission de la langue, des traditions, des savoirs et des valeurs.

La défense des droits des Autochtones

fanny-aishaa-murale-graffiti-muraliste-street-art-urbain-culture-hiphop1Ce sont les femmes qui manifestent pour la défense des droits des Autochtones. Dans les années 1970, par exemple, la campagne menée par Mary Two-Axe Earley, une femme mohawk de Kahnawake (près de Montréal), permettra aux femmes autochtones mariées à des non autochtones de retrouver leur statut d’Indienne, sans lequel elles ne peuvent vivre dans les réserves et jouir des droits réservés à ce statut.

Ce sont aussi quatre femmes qui fondèrent le mouvement Idle No More au Canada, et deux femmes encore pour l’aile québécoise (Widia Larivière, 28 ans, qui a grandi à Québec, et Mélissa Mullen-Dupuis, 34 ans, une Innue originaire de Mingan, vivant maintenant à Montréal). Le nom du mouvement « Idle No More » appelle à l’action, mais son beau slogan « Wake Your Spirit » (éveillez votre esprit) élève l’exhortation à un noble niveau.

Les femmes Autochtones et le système de bandes

fanny-aishaa-muraliste-graffiti-mural-street-art-urbain-culture-hiphopLes femmes « ne se reconnaissent pas dans le système de bandes » établi par le gouvernement fédéral au 19e siècle, un système basé sur la suprématie d’un chef, ce qui s’oppose aux traditions autochtones où la place de la femme était mieux respectée. Le conseil des Mères de clans a, par exemple, un grand rôle à jouer dans la vie communautaire de la société mohawk.

Il faut souligner, de plus, l’engagement de la jeunesse, qui a suivi l’initiative des femmes. On nous rappelle que « la jeunesse représente près de la moitié de la population autochtone au Québec et au Canada ». Si l’âge moyen de la population canadienne est de 37,7 ans, celle de la population autochtone n’est, par contre, que de 24,7 ans.

Les nombreuses questions posées et la durée limitée de l’atelier n’ont malheureusement pas permis d’aller plus en profondeur sur les problèmes des jeunes Autochtones vivant soit dans leurs communautés, soit en milieu urbain.

Mais c’était bien de voir le sérieux des participants, qui posaient des questions et prenaient des notes, des participants dont beaucoup étaient Français d’origine maghrébine ou africaine, des jeunes qui pouvaient se retrouver dans la marginalisation vécue par les Autochtones.

« Ne vous souciez pas seulement de vous-mêmes, ô chefs, ni même de votre propre génération. Pensez aux générations futures de nos familles. Pensez à nos petits-enfants, et pensez à ceux qui n’ont pas encore vu le jour et qui nous regardent de par delà l’éternité. » (Dekanawida, artisan de la paix et fondateur de la Confédération des Iroquois, vers le 12e siècle.)

Les toiles sont une gracieuseté de Fanny Aïshaa. Merci de visiter sa boutique.

Autres textes sur Autochtone

fanny aishaa muraliste peuple autochtone première nation Trois mots peuvent décrire le cheminement artistique de la muraliste Fanny Aïshaa: Unité, biodiversité et diversité des peuples.

Visitez la boutique de Fanny Aïshaa. Fanny y présente des reproductions de quelques-unes de ses oeuvres. Que ce soit avec une affiche 8.5 » X 11 » à 5$, une carte de voeux à 4$, un T-Shirt à 20$ ou encore un Sweat-Shirt à 40$, les reproductions de Fanny sont une façon originale de la soutenir dans ses différents projets de création avec les peuples autochtones tout en ayant une partie de son oeuvre chez vous.

Autres artistes de la boutique des Éditions TNT:

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Recommandations pour une politique jeunesse

Bureau de consultation jeunesse

Deux consultations jeunesse

Les jeunes sont-ils devenus une priorité pour tous?

Normand Charest Dossier Valeurs de Société, Jeunes, Politique

Le projet des jeunes de la BCJ, élaboré depuis deux ans, comportait une tournée des régions, suivie d’un Sommet à Montréal et de recommandations à soumettre au gouvernement québécois. Or, au printemps dernier, la première ministre Pauline Marois confiait la direction d’une vaste consultation jeunesse au jeune député Léo Bureau-Blouin, une consultation commencée par une tournée des régions.

Les jeunes de la BCJ se sont sentis trahis par cette décision, d’autant plus qu’ils se sont vu refuser leur demande de subvention de 110 000 $ pour le Sommet des jeunes : « On nous l’a refusé sous prétexte de dédoublement, alors qu’on nous a plus ou moins volé l’idée de la tournée des régions. De plus, leur tournée ne touche pas toutes les classes sociales, contrairement à la nôtre », nous disait Ursy Ledrich, un jeune représentant du BCJ en entrevue, au début du Sommet des jeunes à Montréal, le lundi 12 août 2013, un sommet qui dura toute une semaine.

Être inclusif

Le Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec (ROCAJQ), qui soutient le Sommet des jeunes au sein du comité consultatif, a d’ailleurs dénoncé ce refus, alors que le « Sommet est une autre preuve que tous les jeunes du Québec veulent participer à l’élaboration d’un projet de société qui soit inclusif » (Annie Gauvin, communiqué du 10 avril 2013).

Malgré tout, les jeunes ont travaillé intensément, jeudi et vendredi, en divers groupes de réflexion qui s’étaient penchés sur les thèmes suivants : emploi et chômage, logement, intimidation, racisme, éducation, politique, drogues, relations jeunes et policiers, homophobie, et ils présentaient leurs recommandations en plénière, vendredi après-midi.

Toutes ces recommandations seront regroupées en un document de synthèse, et un mémoire sera présenté en ce sens lors de la consultation sur la Politique jeunesse annoncée pour l’automne 2013 par le gouvernement québécois, nous dit M. Gilles Tardif, coordonnateur du BCJ. [Nous apprenons par la suite que la Commission parlementaire annoncée pour l’automne a été remise à janvier ou février 2014.]

Nous suivrons ce dossier de près pour voir son évolution, car il ne s’agit pas de minimiser la volonté d’implication positive de cette jeunesse, souvent issue de milieux difficiles, et qu’on pointe du doigt lorsqu’il y a des désordres sociaux. Au contraire, il nous faut encourager son action constructive et non violente, en nous débarrassant nous-mêmes, en premier lieu, de nos idées préconçues.

_____________________________

La Journée internationale de la jeunesse

La Journée internationale de la jeunesse a été instaurée en 1999 par les Nations unies et elle est célébrée dans le monde entier le 12 août. Le Programme d’action mondial pour la jeunesse de l’ONU touche dix domaines prioritaires :

  • L’éducation
  • L’emploi
  • La famine et la pauvreté
  • La santé
  • L’environnement
  • L’usage abusif des drogues et autres stupéfiants
  • La délinquance juvénile
  • Les loisirs sains
  • Les filles et jeunes femmes
  • La participation des jeunes dans la société et dans la prise de décision.

Le Bureau de consultation jeunesse

Le Sommet des jeunes d’août 2013 a été organisé par le Bureau de consultation jeunesse. Le BCJ est un organisme d’action communautaire autonome qui agit auprès des jeunes de 14 à 25 ans depuis 1970 («par et pour les jeunes»). Appuyé par Centraide du Grand-Montréal, il compte plusieurs points de services sur l’ensemble du territoire du Montréal métropolitain (Montréal, Laval et Longueuil). Le BCJ s’intéresse à la marginalité et aux conditions sociales des jeunes. Le BCJ fonctionne sur un mode de gestion collective en établissant un véritable partenariat avec ses membres, soit les jeunes. Son mandat principal est d’appuyer les jeunes dans leur cheminement vers une plus grande autonomie, et dans la recherche de solutions pour l’amélioration de leurs conditions de vie. (D’après le site Web du BCJ.)

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Écouter la jeunesse, pour nous autant que pour eux

Écouter la jeunesse, pour nous autant que pour eux

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossiers Communautaire, Famille

Le lundi 12 août dernier avait lieu la Journée internationale de la jeunesse, telle qu’établie par l’ONU. Nous en reparlerons dans un prochain numéro du magazine Reflet de Société, ainsi que du Sommet des jeunes tenu à Montréal du 12 au 16 août 2013 au collège Ahuntsic.

reflet de société débat reflexion socialeMais nous pouvons dès maintenant souligner l’importance d’être à l’écoute de la jeunesse d’ici et d’ailleurs. Ces « enfants » sont plus que l’avenir de notre société, ils en sont déjà partie prenante et ils représentent le prochain pas de notre aventure humaine.

Écoutons-les. Ne les mettons pas sur un piédestal, mais acceptons-les à part entière. Écoutons-les, écoutons leur enthousiasme sans l’éteindre et transmettons-leur les valeurs qui nous animent.

Mais c’est justement là où ils peuvent nous remettre en question : quelles sont les valeurs qui nous animent ? Avons-nous oubSommet des jeunes jeunesse onulié nos idéaux de jeunesse en cours de route, devant les difficultés de les réaliser, ou avons-nous conservé le courage de les implanter pas à pas, et par petites touches seulement, s’il n’y avait pas moyen de faire autrement ?

Voilà la question que nous devons nous poser, une question salutaire. Et si ce n’était que le seul avantage que pour pourrions retirer de notre écoute des jeunes, ce serait déjà pour nous une grande richesse : une sorte de fontaine de jouvence, pour nos idéaux et nos espoirs qui sont les moteurs de notre évolution, autant collective qu’individuelle.

Autres textes sur les Jeunes

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