Sites d’injection supervisée (SIS), un long débat

Depuis plus d’un quart de siècle, les travailleurs de rue sillonnent les rues pour échanger les seringues souillées des personnes toxicomanes et leur remettre du matériel propre et adéquat. Cela fait partie d’une intervention de réduction des méfaits, autant pour la personne toxicomane que pour la société en général.

Un texte de Raymond Viger – Dossier Toxicomanie

Les deux lieux autorisés par Santé Canada pour l’ouverture d’un SIS ne s’est pas fait par hasard. Cactus, et Dopamine sont des organismes qui font partie des pionniers dans ce genre d’intervention. En choisissant d’y ouvrir un SIS, on ne déplace pas les personnes toxicomanes dans un nouveau secteur. Elles y sont déjà présentes depuis très longtemps.

En 2003, Vancouver voit l’ouverture du premier SIS en Amérique du Nord: Insite. Les intervenants qui ont soutenu ce projet en ont arraché pour y arriver. Et ils doivent encore et toujours se battre pour conserver leurs acquis.

Être présent auprès d’une personne toxicomane lors de sa consommation permet de réagir rapidement lors d’une overdose.

En 2008, malgré l’opposition du gouvernement de la Colombie-Britannique, de son ministère de la Santé, de la municipalité de Vancouver et des corps policiers, le gouvernement de Stephen Harper tente de le fermer. Un débat juridique qui durera trois années et qui est passé par la Cour d’appel de la Colombie-Britannique et la Cour suprême du Canada.

En 2011, cette saga judiciaire avait fait reculer le ministre de la Santé du Québec, Yves Bolduc, ainsi que le Premier ministre Jean Charest, sur l’ouverture prévue de ces centres au Québec.

En 2017, six années après que les avocats de Stephen Harper aient mordu la poussière en Cour suprême, le gouvernement de Philippe Couillard autorise finalement l’ouverture de trois SIS au Québec.

Faut-il se satisfaire de cette avancée sociale? Bien sûr qu’un SIS répond à plusieurs besoins sociaux criants. Mais à Montréal, contrairement à Vancouver, nous avons oublié le principal.

Bienfaits d’un site d’injection

Être présent auprès d’une personne toxicomane lors de sa consommation permet de réagir rapidement lors d’une overdose. Cela peut faire une très grande différence, permettant de diminuer les risques de complications et parfois d’éviter le décès de la personne.

Il arrive trop souvent qu’un junkie utilise de l’eau malpropre ou des seringues souillées pour s’injecter. En fournissant du matériel adéquat, nous évitons la propagation de plusieurs maladies.

Certains diront pourquoi s’en inquiéter, ce ne sont que des junkies et tant pis pour ceux qui auront une relation sexuelle avec ce «genre» de personnes. Peut-être. Mais on sait que plusieurs de ces toxicomanes se prostituent. Et leurs clients peuvent se retrouver dans toutes les sphères de la société. Et une gentille jeune fille pourrait bien avoir une relation sexuelle avec un beau jeune homme qui aurait eu une relation avec une de ces personnes toxicomanes. Personne ne peut se sentir 100% à l’abri.

De plus, il ne faut pas oublier qu’en récupérant le matériel utilisé, les SIS permettent de diminuer le nombre de seringues souillées trouvées dans nos rues et dans nos parcs, protégeant ainsi nos enfants.

Quand un junkie se pique tout croche un peu partout dans les membres, il y a un risque majeur d’infections qui parfois nécessitent une amputation. On ne peut ignorer une aggravation des infections et des amputations qui signifient le recours au 911, des transports en ambulance, des admissions aux urgences ainsi que des soins médicaux coûteux. Cette stratégie de prévention permet de diminuer les taxes nécessaires à couvrir ces frais médicaux et légaux. De plus, toutes ces interventions faites auprès des toxicomanes directement dans un lieu de consommation réduisent le temps d’attente aux urgences.

Avec certaines drogues, quand le junkie vient tout juste de s’injecter, il peut perdre contact avec la réalité. Il peut sortir en courant d’une ruelle et se jeter involontairement devant un véhicule. Résultat, un mort et un conducteur et ses passagers traumatisés par un évènement évitable.

Dans un SIS, le toxicomane prend un instant de répit avant de retourner dans la tourmente de sa vie. Un instant pour décompresser, un instant pour prendre contact et peut-être établir une relation avec une personne qui lui offrira une alternative à son mode de vie.

Qu’a-t-on oublié à Montréal?

À l’Insite de Vancouver, au 2e étage, il y a un centre de désintoxication. Un lieu sécurisé permettant de ne pas avoir à retourner à la rue en attendant une place permanente dans un centre de thérapie. La personne toxicomane a juste à dire «oui, je le veux» et elle se retrouve immédiatement dans le centre de thérapie. Si elle devait retourner dans son milieu de vie, son revendeur ou son proxénète réduirait à néant sa volonté d’aller en thérapie et de changer de mode de vie.

L’arrêt de consommation fait partie intégrante du processus de réduction des méfaits. Même s’il ne pourrait exister sans les premières étapes, le 2e étage de l’Insite en est un élément clé très important. Montréal a-t-elle oublié d’inclure un 2e étage à ces SIS ?

Il est vrai que les SIS au Québec ont des ententes privilégiées avec des centres de réadaptation. Il y aurait un protocole de prise en charge et des ententes avec différents partenaires d’intervention. En moins d’une heure, un transport est censé venir chercher la personne intoxiquée pour l’amener dans un centre de thérapie temporaire en attendant une place à plus long terme.

Une heure d’attente dans la vie d’une personne toxicomane… Ça peut paraître une éternité. Même accompagné d’un intervenant, en sortant dehors pour se rendre au véhicule, risque-t-elle de croiser le regard des gens de son milieu de consommation? Un regard qui pourrait faire fondre toute intention de changer de mode de vie ?

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Prison et occupation double

Stephen Harper et sa vision des prisons

Où tout cela va nous mener?

Raymond Viger | Dossier Prison

Un fonctionnaire du système carcéral a osé dire à la radio:

Une double occupation en prison ce n’est pas pire que deux étudiants qui cohabitent ou des soldats en service qui logent ensemble.

prison-prisonnier-etablissement-carceral-systeme-penitencier-toleCependant, selon le recueil des règles et normes de l’Organisation des Nations Unies en matière de prévention du crime et de justice pénale, qui prévoit ce qui suit :

Les cellules ou chambres destinées à l’isolement nocturne ne doivent être occupées que par un seul détenu. Si pour des raisons spéciales, telles qu’un encombrement temporaire, il devient nécessaire pour l’administration pénitentiaire centrale de faire des exceptions à cette règle, on devra éviter de loger deux détenus par cellule ou chambre individuelle.

Selon les chercheurs Levy et Tartaro :

Les cellules ou chambres individuelles permettent aux détenus d’avoir leur intimité et leur offrent un lieu qui les protège contre les agressions d’autres détenus.

La position de Union of Canadian Correctional Officers – Syndicat des agents correctionnels du Canada – Confédération des syndicats nationaux (UCCO-SACC- CSN)

La double occupation est un moyen non sécuritaire et inefficace pour aborder la gestion de la population carcérale, et elle se révélera inévitablement problématique pour les agents correctionnels, le personnel correctionnel, les délinquants, le SCC et, finalement, la population en général.

Dans le Rapport annuel du Bureau de l’enquêteur correctionnel 2009-2010, l’enquêteur correctionnel Howard Sapers postule que:

Au fur et à mesure que la population à gérer augmente, il y aura probablement une recrudescence des incidents de violence en établissement. (Rapport annuel du Bureau de l’enquêteur correctionnel 2009-2010)

Selon les recherches de Lappin, 2009:

Le surpeuplement des prisons et la double occupation influent sur le taux d’agressions graves commises par les détenus. Le surpeuplement submerge les gardiens de prison et conduit à une augmentation du nombre d’incidents violents parmi les détenus.

Et pour répondre à ce fonctionnaire, non, une double occupation en prison, n’a rien de pareil à la vie d’un étudiant en colocation ou de séparer une chambre en tant que soldat. Parce qu’en prison, il y a une situation de permanence, une incapacité à sortir et fêter, une cohabitation subie, une perte d’intimité…

Imaginez-vous que vous vous retrouvez en prison et qu’on vous présente votre nouveau colocataire… Un criminel notoire. Une personne violente et contrôlante…

Êtes-vous d’accord avec ce fonctionnaire qui ose dire que la double occupation en prison est similaire à la cohabitation de deux étudiants pendant leurs études ou deux soldats pendant une mission?

Notre chroniqueur de la prison Cowansville, Colin McGregor avait déjà, dès 2011, traité de la problématique de la double occupation dans les prisons. Référence sur la double occupation et la violence dans les prisons.

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    L’amour en 3 dimensions

    l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement Roman de cheminement humoristique.

    Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

    L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

    Le livre est disponible au coût de 19,95$. Une co-écriture avec le journaliste Colin McGregor a permis de présenter une version anglophone LOVE in 3DPar téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet: Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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    L’enfant Royal et le lapsus de Sophie Thibault

    Les nouvelles qui créent la nouvelle

    D’un pays à l’autre avec Sophie Thibault

    Raymond Viger | Dossiers Médias, Politique

    sophie thibault journaliste nouvelles TVA journalismePour la naissance de l’enfant royal de la duchesse de Cambridge, Kate Middleton, et du Prince Williams, Stephen Harper a fait parvenir un communiqué de presse aux médias.

    Sophie Thibault, aux nouvelles de lundi soir, en a fait la lecture en y faisant une petite bourde.

    L’arrivée du plus récent membre de la famille royale, un futur souverain du Canada était un moment très attendu par les Canadiens…

    Sophie Thibault a remplacé les Canadiens par les Québécois.

    Les questions qui tuent

    Le fait de savoir que la famille royale a encore une autorité sur le Canada peut-il réjouir les Québécois? Peut-on espérer qu’avant que ce nouvel enfant royal accède au trône que nous en ayons terminé avec la famille royale  pour le Canada?

    Je voudrais souligner, avant que l’on ne me donne des intentions démesurées sur cette intervention. Je ne suis nullement choqué de ce que Sophie Thibault a dit. J’ai trouvé ça juste comique et j’ai voulu partager le tout avec la blogosphère.

    Mme Thibault fait un excellent travail de journalisme et je n’ai rien à lui reprocher.

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    show_imageQuand un homme accouche

    Roman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet: www.refletdesociete.com. Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

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    Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel            

    Des politiciens ivres à l’Assemblée Nationale

    Il est criminel de chauffer un véhicule en état d’ébriété

    Peut-on conduire un pays en étant ivre?

    Le 21 juin dernier, la session parlementaire fédérale a duré 24 heures. En plus du budget à faire accepter, Stephen Harper veut faire adopter en bloc 70 projets de loi.

    Raymond Viger | Dossiers Politique, Stephen Harper

    Sur le site de la Société d’assurances automobiles du Québec (SAAQ) on peut lire que:

    Cinq heures de moins de sommeil fait le même effet que si vous aviez bu deux ou trois verres de vin. Après 19 heures sans dormir notre temps de réaction serait jusqu’à 50 % plus lent : c’est pire que si vous aviez un taux d’alcool de 0,05. Et si nous répondons à ces deux conditions, nous sommes littéralement « ivre de fatigue ». Un danger public!

    Au même titre que l’alcool, l’accumulation de fatigue diminue la concentration, le jugement.

    Un marathon de 24 heures pour légiférer au gouvernement fédéral. 24 heures sans dormir c’est bien pire que les 19 heures dont nous parle la SAAQ.

    S’il est criminel de conduire un véhicule avec les facultés affaiblies. Si la fatigue au volant est comparable à la consommation d’alcool. Alors pourquoi accepte-on que des députés conduisent la destinée d’un pays avec des facultés affaiblies?

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    Manifestation des étudiants sur Internet

    Les réseaux sociaux au service des étudiants

    De nouveaux outils pour manifester

    Barrer des rues, briser des fenêtres, affronter la police… Des méthodes dépassées pour manifester. Il faut faire mal là où ça fait mal!

    Raymond Viger | Dossiers Éducation, Politique, Internet

    manifestation etudiante greve etudiant revolution politique educationJ’ai regardé plusieurs vidéos des manifestations étudiantes dans  leur lutte contre la hausse des frais de scolarité. Même si je soutiens les demandes des étudiants et que je suis en faveur d’une gratuité scolaire, je demeure perplexe envers les méthodes de revendication utilisées par les étudiants.

    Les manifestations et les grèves ont du sens dans la mesure où la personne en face de nous perd quelque chose dans cette manifestation. Quand les étudiants bloquent des rues ou se laissent infiltrer par des casseurs de vitres, est-ce que le premier ministre Jean Charest ou encore la ministre de l’Éducation Lyne Beauchesne perdent quelque chose. Non. Seul les étudiants mettent en péril leur session scolaire et se mettent l’opinion publique à dos.

    Prochaine manifestation à l’ère de l’Internet

    cyber manifestation etudiant greve jean charest lyne beauchesneSi j’avais été un étudiant faisant parti du comité de manifestation, qu’est-ce que j’aurais proposé pour souligner mon désaccord face à ce gouvernement qui fait la sourde oreille?

    J’aurais fait une cyber-manifestation. J’aurais fait un site Internet qui dénonce les actions du gouvernement. J’aurais équipé ce site Internet d’une armada de blogues, de compte Twitter, de pages Facebook… qui pointeraient tous vers ce site Internet.

    Kidnapper Jean Charest et Lyne Beauchesne

    Imaginez l’impact sur le référencement naturel d’un tel site Internet. Avec 150 000 petits amis qui viennent le visiter à quelques reprises par jour et qui f0nt des liens vers ce site, celui-ci aurait eu la force d’accaparer des premières positions dans les moteurs de recherches pour à peu près n’importe quel mot.

    Des mots tels que Jean Charest, Plan Nord, gouvernement libéral, parti libéral… Toute une série de mots qui deviendraient pris en otage par ce site et ces blogues affiliés. Une façon simple et facile de court-circuité les communications du gouvernement et d’en prendre le contrôle. Imaginez que vous cherchez des informations sur le Plan Nord du gouvernement Charest et que vous tombez sur la page Internet des manifestants de La Classe!

    Mobiliser les travailleurs d’Aveos, de Rio Tinto Alcan…

    manifestation étudiante internet grève jean charest lyne beauchesne la classeLe pouvoir de ce site aurait pu aussi permettre une affiliation avec les autres enjeux sociaux en cours. Exemple en prenant en otage des mots tels que Aveos, Air Canada et autres. Cela aurait pu être une belle occasion de kidnapper Stephen Harper!

    Les étudiants auraient pu nous démontrer que les manifestations ne sont plus une guerre de muscle, mais une guerre plus raffinée dans laquelle, le perdant est notre opposant. Une guerre de mots où le citoyen aurait pu s’amuser à lire les différentes farces et caricatures contre le gouvernement Charest. L’opinion public aurait pu soutenir ce genre de manifestation où ce n’est pas le citoyen qui devient la victime.

    Le financement d’une guerre Internet

    Imaginez que ce site rajoute de la publicité et des annonces Google. Une belle source de financement. Peut-être que les étudiants auraient pu s’en servir pour créer un fond d’aide et de soutien pour les étudiants.

    Un peu comme l’avait fait les journalistes de Rue Frontenac contre Pierre-Karl Péladeau mais avec la force de frappe de 150 000 fidèles. Une mobilisation qui aurait pu regrouper, non seulement les autres causes, mais aussi trouver des alliés à travers la blogosphère.

    En espérant que la cyber manifestation fera partie des tactiques de nos prochaines guerres sociales.

    L’utilisation de Tweeter pendant les manifestations des étudiants

    Mise à jour: Mon billet était déjà écrit pour une publication lundi matin. Cependant, les nouvelles de TVA viennent de mettre des chiffres sur l’utilisation de Tweeter sur les manifestations des étudiants. Ce qui motive ce rajout.

    TVA annoncent qu’il y aurait eu 170 000 tweet depuis le 14 avril dernier. Même si on nous le présente comme étant énorme, en rapport avec ce que je viens de présenter, ce n’est vraiment pas énorme. On parle de plus de 200 000 étudiants qui manifeste contre la hausse des frais de scolarité. 170 000 tweet en un mois ce n’est même pas un tweet par étudiant dans le mois!

    D’une part, c’est un minimum d’un tweet par jour par étudiant. Ça aurait dû tourner autour de 6 millions de tweet!

    D’autre part, chaque tweet aurait dû faire un lien vers des blogues ou des sites que l’on veut voir prendre la première position dans les moteurs de recherches. Pas juste du bruit pour du bruit sur Tweeter! Les médias sociaux pour être efficace nécessitent une stratégie, une vision.

    Il est vrai que les manifestants ont pris un espace sur Internet. Mais l’ont-ils pris adéquatement? Pas sûr!

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    Pierre-Hughes Boisvenu, le suicide et les prisonniers

    Pierre-Hughes Boisvenu fait parler de lui… dans les prisons

    Incitation au suicide ou peine de mort?

    Je pensais qu’on avait tout dit sur Pierre-Hughes Boisvenu et la corde qu’il veut fournir aux prisonniers… jusqu’à ce que des prisonniers commencent à m’appeler.

    Raymond Viger | Dossiers Politique, Suicide, Prison

    photos facebook pierre-hughes boisvenu peine de mort suicideJ’ai débuté un billet hier sur les propos du sénateur Pierre-Hughes Boisvenu qui veut fournir une corde aux prisonniers.

    Quand j’écris un billet, j’aime bien m’assurer que j’amène un angle nouveau au sujet, surtout quand ils sont d’actualité. Quelques recherches rapides sur l’Internet pour me rendre compte que ce que j’avais à dire avait déjà été dit par plusieurs journalistes dans les principaux médias. J’ai donc effacé mon billet et tenté d’oublier l’histoire de Pierre-Hughes Boisvenu.

    Stephen Harper et la peine de mort

    Sauf qu’aujourd’hui, plusieurs personnes m’en ont parlé, rajoutant des éléments intéressants au débat. Un collègue se demandait si ces propos étaient dirigés en coulisse par Stephen Harper pour tester la volonté de la population pour revenir à la peine de mort. Une façon de mobiliser les gens pour que les citoyens demandent la peine de mort, forçant Stephen Harper à rouvrir ce dossier en se justifiant qu’il n’a pas le choix… le peuple le demande.

    Ce qui me choque avec les propos de Pierre-Hughes Boisvenu est cette idée de faire par la bande ce que nous avons refusé de faire en tant société. Nous nous sommes opposé à la peine de mort. Pourquoi proposer le suicide comme moyen alternatif à la peine de mort.

    Si Pierre-Hughes Boisvenu est d’accord avec la remise de la peine de mort, qu’il milite directement en ce sens. Mais qu’il ne vienne pas mêler le suicide et tout le travail de prévention que nous faisons dans ce débat.

    Et la motivation de Pierre-Hughes Boisvenu m’attriste. Une raison économique dit-il. Pour sauver de l’argent. Difficile à croire venant de Pierre-Hughes Boisvenu.

    Les sondages sur la peine de mort

    Le déclencheur fatal qui me ramène devant mon ordinateur sont les sondages maisons de TVA. À la question: devrait-on rouvrir le débat sur la peine de mort? TVA Québec avec 3035 répondants donne comme résultats 64% en faveur. Les nouvelles de TVA nous présentaient un sondage avec 71% en faveur du rétablissement de la peine de mort.

    La Presse reprend un sondage Angus-Reid publié en 2010 dont 62% des Canadiens et 69% des Québécois sont en faveur de la peine de mort. À noter qu’il n’y avait que 1000 répondants à travers le Canada avec une marge d’erreur de 6,1%.

    Les sondages ont leurs limites. D’une part, quand survient un évènement dans l’actualité, cela vient influencer la réalité des sondages. D’autre part, les firmes de sondages tel que Crop et Léger et Léger, le disent eux-mêmes. Un sondage de 1000 personnes n’a aucune valeur s’il n’est pas repris régulièrement pour pouvoir s’assurer de leur validité.

    Réactions de prisonniers sur les propos de Boisvenu

    J’ai eu plusieurs téléphones de prisonniers incarcérés dans des prisons fédérales pour me dire que Pierre-Hughes Boisvenu est le sujet de l’heure dans les prisons. L’incitation au suicide étant criminel et passible d’emprisonnement, comment la cohabitation entre Pierre-Hughes Boisvenu et les prisonniers s’établirait si le sénateur se voyait imposer une peine de prison?

    Des prisonniers comme Colin McGregor et Jean-Pierre Bellemare m’ont demandé de publier à nouveau plusieurs de leurs textes. Une façon indirecte de donner la parole aux premiers concernés: les prisonniers dans nos prisons.

    Ressources sur le suicide

    • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
    • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
    • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
    • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
    • Suisse: Stop Suicide
    • Portugal: (+351) 225 50 60 70

    Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

    guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

    Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

    Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

    Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

    Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

    Autres textes sur le Suicide

    Survivre, un organisme d’intervention et de veuille en prévention du suicide et en promotion de la Santé mentale. Pour faire un don. Reçu de charité pour vos impôts. Merci de votre soutien.

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    Barrick Gold, Écosociété, Noir Canada : pillage, corruption et criminalité en Afrique

    Entente hors cours entre Barrick Gold et Noir Canada

    Une réflexion sur la liberté d’expression, le droit de dénoncer les abus des grandes entreprises et du monde politique. Est-ce que l’argent permet de tout acheter? Une commission d’enquête est demandée.

    Raymond Viger | Dossiers Justice , International

    barrick-gold-ecosociete-noir-canada-pillage-corruption-criminalite-afriqueLes auteurs Alain Deneault, Delphine Abadie et William Sacher publient aux Éditions Écosociété le livre Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique qui remporte le Prix Richard Arès en 2008. De plus, Noir Canada réclame une commission d’enquête indépendante qui ferait la lumière sur les nombreux cas d’abus qui auraient été commis en Afrique.

    Les abus de Barrick Gold et Banro

    Noir Canada dénonce des cas de déversements de produits toxiques dans les cours d’eau, de corruption politique, la présence des entreprises minières dans des zones de guerre créant des conséquences tragiques et d’autres cas d’abus impliquant les entreprises canadiennes et multinationales Barrick Gold et Banro.

    Noir Canada s’appuie sur des sources crédibles dont des experts mandatés par le Conseil de sécurité de l’ONU ainsi que des organisations telles que Human Rights Watch et Amnistie internationale. Quelques-unes des actions dénoncées dans Noir Canada: déversements de produits toxiques dans des cours d’eau, corruption politique, mobilisation d’armées nationales pour déloger les civils…

    Poursuite-bâillon

    Selon Wikipédia la définition d’une poursuite-bâillon:

    Une poursuite stratégique contre la mobilisation publique ou poursuite-bâillon est, en Amérique du Nord, une action en justice visant à entraver la participation politique et le militantisme. Il s’agit le plus souvent d’une poursuite civile pour raison diffamatoire, intentée contre un individu ou un organisme ayant pris parti dans le cadre d’un enjeu public. Le concept inclut également les menaces de poursuite, car le succès d’une telle opération ne découle pas tant d’une victoire devant les tribunaux que du processus lui-même, visant à intimider la partie défenderesse (celle attaquée) ou l’épuiser financièrement dans le but de la réduire au silence.

    En avril 2008, la compagnie minière Barrick Gold intente une poursuite en diffamation contre les auteurs Alain Deneault, Delphine Abadie, William Sacher et les Éditions Écosociété pour 6 millions. De son côté, Baron poursuit les auteurs et Écosociété pour 5 millions.

    Barrick Gold et Écosociété: entente hors cours

    Pour mettre fin à la poursuite de Barrick Gold les Éditions Écosociété viennent de conclure une entente hors cour. En plus d’un montant d’argent, les Éditions Écosociété cessent la publication du livre Noir Canada.

    Extraits du communiqué de presse émis par Écosociété:

    Ce retrait ne saurait en rien constituer un désaveu du travail des auteures, Delphine Abadie, Alain Deneault et William Sacher, ou de l’éditeur. Son analyse du rôle des sociétés canadiennes en Afrique aura permis d’ouvrir un débat nécessaire sur le paradis judiciaire qu’est le Canada pour les entreprises minières mondiales et aura fait réaliser aux Canadien que leur épargne se trouve investie dans ces activités controversées. Les Éditions Écosociété restent convaincues que l’ouvrage Noir Canada méritait d’être publié. Écosociété et les auteures de Noir Canada continuent de réclamer la tenue d’une telle enquête.

    Une nouvelle législation pour la liberté d’expression

    Les démarches des Éditions Écosociété auront notamment contribué à l’adoption de la Loi modifiant le Code de procédure civile pour prévenir l’utilisation abusive des tribunaux et favoriser le respect de la liberté d’expression et la participation des citoyens au débat public, seule législation du genre en vigueur au Canada.

    Les Éditions Écosociété entendent continuer leur travail d’éditeur critique, engagé et indépendant. Elles entendent continuer, malgré les menaces qui pèsent sur le livre et la pensée, à se prévaloir de leur liberté d’expression pour éclairer les citoyens sur un ensemble de questions d’intérêt public.

    La poursuite de Barrick Gold, apparence d’abus

    Avec ce règlement, les Éditions Écosociété et les auteures de Noir Canada comptent également se dégager d’un procès de 40 jours et de multiples procédures représentant en soi des coûts financiers, humains et moraux colossaux, malgré la provision pour frais de 143 000 $ que la juge Guylaine Beaugé a ordonné à Barrick Gold de leur verser le 12 août dernier. Elle concluait alors dans son jugement que la poursuite intentée présentait une apparence d’abus.

    Un nouveau livre Faire l’économie de la haine

    Les Éditions Écosociété entendent également continuer à publier l’auteur Alain Deneault, dont les écrits constituent une précieuse contribution à la pensée critique. D’ailleurs, elles annoncent d’ores et déjà la parution cet automne de son prochain ouvrage, Faire l’économie de la haine, un recueil de textes exposant les formes culturelles d’une « censure insidieuse » visant à empêcher des raisonnements critiques.

    La poursuite de Banro

    Les Éditions Écosociété et les auteures de Noir Canada font toujours face à une poursuite en diffamation de 5 millions de dollars, intentée par la multinationale Banro en Ontario. Ils sont toujours en attente d’une décision de la Cour suprême du Canada afin de rapatrier la poursuite au Québec, l’Ontario n’ayant pas encore adopté de loi contre les poursuites-bâillons. Un débat urgent doit avoir lieu sur l’accès à la justice et les coûts faramineux qu’elle implique.

    Pierre Noreau, « Le pouvoir…contre le savoir ? », Le Devoir, 10 décembre 2010

    Les auteurs de Noir Canada n’ont sans doute rien fait de plus que le travail auquel on s’attend des penseurs et des chercheurs au sein de chaque collectivité. Derrière la poursuite dont ils sont l’objet, demeure une question fondamentale: peut-on encore être critique dans notre société? Le pouvoir (et l’argent) doit-il toujours l’emporter sur le droit de savoir, ou du moins sur le droit de s’interroger publiquement? Au-delà de ce que recouvre la notion d’atteinte à la réputation, c’est donc l’avenir de la pensée qui se jouera ici.

    Combien de nos placements et de nos régimes de retraite sont investis dans Barrick Gold ou d’autres qui ont les mêmes comportements? Se faisant, sommes-nous complice de Barrick Gold?

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    Poésie urbaine. Je me raconte. Jean-Simon Brisebois.

    Depuis 1997 Jean-Simon s’est découvert un goût pour l’écriture. Après avoir publié une trilogie poétique aux Éditions TNT(Entité en 2008, L’âme de l’ange en 2007 et Renaissance en 2006), plusieurs de ses lecteurs étaient curieux de savoir lesquels de ces textes parlaient le plus de lui. Il revient donc en force avec Je me raconte, un court récit autobiographique. Laissez-vous guider dans le monde particulier de ce jeune auteur!

    Disponible par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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