Une vie en montagne russe

J’ai eu le meilleur papa au monde. Un aventurier qui m’a donné le goût du plein air. Petite fille, j’étais sa princesse qui parlait aux poissons et aux animaux de la forêt lorsque nous partions à la pêche. Avec mon frère, nous avons traversé en canot des rivières remplies d’obstacles à surmonter. Nous avons exploré les profondeurs des lacs québécois avec nos masques, nos tubas et nos palmes.

Un éditorial de Geneviève Raymond publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Santé mentale

« J’ai vu mon héros hyperactif sombrer dans la dépression. À 43 ans, mon papa dormait beaucoup trop, passait ses journées en robe de chambre et en pantoufles. Prendre une douche et se brosser les dents étaient des épreuves en soi. L’étincelle dans ses yeux avait disparu. Je ne comprenais pas son mal de vivre, ses ruminations anxiogènes et son incapacité à refaire surface. J’ai tenté par tous les moyens de trouver un remède à ses maux», souligne-t-elle dans son éditorial.

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Autres textes sur Santé mentale

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.


Autres livres pouvant vous intéresser

Suicide en période de pandémie

Le processus suicidaire est la somme de plusieurs facteurs qui augmentent le stress et le désespoir. Depuis les années 1990, le taux de suicide diminue d’année en année au Québec, étant passé de 22 décès pour 100 000 habitants, à 12.4 en 2017, soit près de deux fois moins de suicides par année.

Un éditorial de Raymond Viger publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Suicide

« À quoi peut-on s’attendre pour 2020, avec la pandémie que nous traversons? En réalité, malgré tous les modèles que les chercheurs peuvent échafauder, personne ne peut le savoir. Parce qu’il y a des facteurs aggravants et d’autres qui diminuent le risque », se questionne le directeur du magazine dans son éditorial.

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

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Covid : des vagues désastreuses pour la santé mentale

Un texte de Isabelle Burgun, Agence Science-Presse, dans le dossier Santé mentale

La deuxième vague ne fait que commencer, mais l’alerte est déjà lancée du côté des impacts psychologiques. Ils devront être traités avec la même vigilance que les impacts physiques des malades hospitalisés.

Les témoignages personnels et les reportages en parlaient depuis des mois, mais des chercheurs viennent de mettre des chiffres sur l’ampleur du problème en mai et juin, à travers huit pays, dont le Canada. Où le taux de dépression majeure aurait avoisiné les 25 %, une hausse de près de 7 %. « C’est énorme et il faudrait pouvoir dépister largement les adultes car nous constatons que les idées suicidaires ont également bondi avec près de 17 % qui affirment qu’ils se verraient mieux morts », s’alarme la médecin-conseil Mélissa Généreux, de la Direction de santé publique de l’Estrie / INSPQ. « C’est bien plus élevé que ce à quoi on s’attendait. »

L’étude qu’elle mène avec d’autres collègues vise à étudier les réactions psychologiques et comportementales à la pandémie dans ces huit pays — dont l’Angleterre et les États-Unis. L’enquête, à laquelle ont participé plus de 8800 personnes, dont 1500 Canadiens, s’intéresse aussi à l’incidence des nouvelles transmises par les médias traditionnels et les médias sociaux, parmi les autres facteurs de stress et de protection.

Une pandémie vient évidemment avec son lot de facteurs de stress. La menace pour le monde perçue comme élevée, l’auto-isolement ou la quarantaine, sans parler des pertes financières sont en tête des facteurs mentionnés par les participants. Pour y faire face, les Canadiens ont développé différentes stratégies, comme une activité physique élevée (64,3 % des répondants), une consommation d’alcool chez une personne sur trois (36,6 %), mais aussi la consommation de cannabis (15,6 %), plus élevée qu’ailleurs.

Pour l’ensemble du Canada, cela représente un taux de 19,6 % pour les troubles d’anxiété généralisée parmi les personnes interrogées et 19,2 % du côté du stress post-traumatique. C’est plus fort en Ontario : 23,4 % de troubles anxieux et 26,2 % de dépressions majeures.

Cette recherche entame sa seconde phase et les résultats complets seront publiés alors que le Québec sera peut-être au milieu ou à la fin de la 2e vague.

C’est aux États-Unis que la flambée des impacts fait le plus mal avec plus de 31 % d’anxiété et 31,6 % de dépressions majeures — une hausse estimée de 6,9 % par rapport à une étude américaine comparable, en 2011.

« Les États-Unis ont un président qui contredit les experts de la santé publique. C’est le pays qui va le moins bien du côté de l’anxiété et de la dépression majeure », note Mélissa Généreux.

L’étude pilote, dont les résultats avaient été publiés au printemps, avait déjà montré que les Québécois étaient légèrement moins susceptibles de souffrir d’anxiété et de stress post-traumatique liés à la pandémie que les Canadiens : un Québécois sur six contre un Canadien sur 4.

Si les Québécois sont moins anxieux — alors que c’est la province où l’on dénombre le plus de cas — ce serait en raison d’une plus faible exposition aux fausses nouvelles et théories du complot que le reste du Canada. Les chercheurs constatent également un plus haut niveau de confiance envers les autorités.

Cohérence et résilience

Traverser ce type d’épreuve de manière positive serait une opportunité, comme individu ou comme communauté : ça aide à développer un « sentiment de cohérence ». Il s’agit de la capacité à donner du sens aux événements et qui permet d’envisager des solutions pour sortir de la crise : elle serait le facteur majeur pour passer au travers des impacts psychosociaux. Ceux qui en sont dotés seraient trois fois moins susceptibles de présenter des troubles psychologiques.

« La perception qu’on a de l’événement et des risques va nous permettre de l’appréhender et de mobiliser des ressources et là, ce sont généralement les personnes plus âgées, avec plus d’expérience de vie, qui s’en sortent mieux », explique la chercheuse.

Pour un quart de la population, cela reste néanmoins une épreuve difficile à passer, qui pourrait avoir des impacts à long terme sur la santé mentale. C’est pourquoi il faut leur offrir du soutien, mais également créer des environnements favorables au bien-être de tous, en tenant compte notamment des inégalités sociales.

Pour stimuler la résilience communautaire, les autorités locales de santé publique peuvent prendre des actions identifiées par la recherche : favoriser une information juste et positive, susciter la participation, l’engagement citoyen et communautaire et encore, répondre aux besoins psychosociaux des membres de la communauté.

Mélissa Généreux a beaucoup appris de la tragédie de Lac-Mégantic sur l’importance et la manière de renforcer la résilience communautaire à la suite d’une catastrophe. « On voit beaucoup de colère et d’opposition en ce moment sur les réseaux sociaux. Ce dont on a besoin c’est de faire sens avec cette nouvelle réalité, de prendre soin des autres, de ses proches, et de soi. C’est le temps de se connecter, de penser au collectif et de se questionner : comment favoriser, par exemple, un réaménagement de l’espace public de manière sécuritaire et inclusive ».

Une initiative de Grande-Bretagne va dans ce sens avec la promotion des « prescriptions sociales » (social prescribing), des activités culturelles et sportives (chant, art, soccer, etc.), toutes financées par le gouvernement et utiles dans la lutte aux impacts psychosociaux de la pandémie.

Aller à la rencontre du monde

Depuis juin, un projet d’intervention psychosociale du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec propose des intervenants qui vont à la rencontre du grand public au sein de différentes municipalités de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Cette nouvelle approche vise à prendre le pouls psychologique de la population de ce large territoire.

« Nous donnons de l’information sanitaire et nous répondons aux questions tout en adoptant une approche ouverte pour cerner comment vont les personnes rencontrées, de la jeune maman à la personne âgée. Et même l’agriculteur, avec nos travailleurs de rang », explique Jovany Raymond, responsable du projet d’intervenants psychosociaux au CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec.

Pour les plus vulnérables et ceux très isolés, les intervenants offrent une écoute et des références, en plus d’établir un suivi psychologique rapide. Avec les problèmes d’emplois et financiers, mais aussi avec l’isolement social, de nombreuses personnes vivent une augmentation d’anxiété et une diminution de leur bien-être émotionnel, et cela pendant une longue période.

Ce projet, qui se poursuivra jusqu’en mars 2021, vise à améliorer la résilience communautaire, selon l’équipe du CIUSSS. « Le moral des gens remonte avec le déconfinement, le retour à l’école et au travail. Les gens réalisent qu’on va s’en sortir. Et nous espérons aussi une contamination positive de la population pour faire face à la désinformation que l’on peut lire sur les médias sociaux », rappelle M Raymond.

À la lecture des premiers résultats de l’étude du Pr Généreux, et de ses collègues, il note que cela apporte des pistes intéressantes « pour bonifier notre approche communautaire, mais aussi évaluer si nous allons dans le bon sens, comme pour la lutte à la désinformation ».

Car il importe de bien informer les gens pour qu’ils puissent avoir des ressources pour contrer cette épidémie de fausses nouvelles et également avoir accès au bon service pour traverser la crise sanitaire et ses conséquences. « Il ne faut pas hésiter à consulter, les services sont là et les thérapies, disponibles. Ce sont jusqu’aux entreprises qui peuvent faire appel à ce service. Et nous allons continuer à ajuster nos pratiques selon les données probantes des études et surtout, les besoins de notre population », insiste Jovany Raymond.

Vous n’allez pas bien ? N’hésitez pas à rejoindre le service Info-Social en composant le 811.

À lire aussi

Lien vers l’article original : https://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2020/10/02/covid-vagues-desastreuses-pour-sante-mentale

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

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Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
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  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

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Pédophilie, quel humain derrière l’agresseur?

AVERTISSEMENT: Reflet de Société émet une mise en garde pour les lecteurs sensibles à la problématique de la pédophilie. Cet article est destiné à comprendre l’autre versant de cet enjeu, celui des agresseurs. Nous pensons que pour lutter contre la pédophilie, il faut comprendre le comportement de ces hommes et femmes. Toutefois, certaines personnes pourraient être heurtées par sa lecture.

D’aussi loin qu’il s’en souvienne, Thomas (prénom fictif) est attiré par les enfants, par les garçons prépubères précisément. Thomas est pédophile. Au Canada, la pédophilie est considérée comme une déviance sexuelle. Les chercheurs estiment que ces hommes et femmes développent leur intérêt pour les enfants à l’adolescence, au même titre que l’hétérosexualité ou l’homosexualité. En revanche, les pédophiles primaires (qui n’auraient d’intérêt que pour les enfants) sont rares.

Un texte de Delphine Caubet – Dossier Sexualité

Relation avec les adultes

Thomas a une relation complexe avec les femmes, dont il dit avoir toujours eu des images négatives. Dans sa tête, les choses sont claires: «Je ne pas veux pas quitter le monde des enfants», dit-il. Que ce soit avec sa mère, son ancienne conjointe ou d’autres adultes, Thomas explique ne pas recevoir l’amour dont il a besoin.

Durant toute sa vingtaine, Thomas fera une dizaine de victimes, dans sa famille et chez les scouts. Par deux fois il tentera des thérapies «pour ne pas devenir un monstre.» À 29 ans, Thomas entame la deuxième, qui dure un an et se solde par un échec. «J’y suis rentré de mon plein gré, mais c’était une thérapie policière qui marchait à la menace. Ça a d’ailleurs conduit au suicide d’un de mes amis.» Il entre alors dans une phase de révolte contre le système.

Parallèlement, Thomas voit sa vie d’adulte évoluer et il tombe amoureux d’une collègue de travail. Malgré l’amour qu’il dit ressentir pour cette femme, sexuellement, il est incapable d’interagir avec elle. Ils auront deux enfants, aucun conçu naturellement.

Empathie pour les victimes?

Alors qu’il a conscience de faire du mal aux enfants, Thomas essaie d’expliquer ses actes: «Avant de poser les gestes, c’est comme regarder le monde à travers une meurtrière, on n’a pas conscience de tout. Mais après, tu vois le monde dans son intégralité et tu comprends ce que tu as fait… C’est très souffrant.»

Autant les intervenants que les personnes ayant ces déviances témoignent de la souffrance que vivent également les agresseurs. Katia Lavallée, directrice du Centre d’aide et de traitement des agressions sexuelles (CETAS), explique: «Pendant le passage à l’acte, le point de vue de la victime est balayé ou déformé. Il se dit que si la victime revient, c’est qu’il ne lui fait pas si peur, qu’elle peut être capable de vivre avec. Pendant l’acte, ils ne peuvent pas se mettre à la place de la victime. C’est après que la honte, le regret et la souffrance arrivent.» Description du phénomène appuyée par Thomas.

À quoi la directrice ajoute: «Les pédophiles ne posant qu’une seule fois des gestes sont fréquents. Ce sont les prédateurs, comme dans les films, qui sont rares.» D’après Katia Lavallée, 20% des pédophiles seraient des femmes, mais le sujet serait encore tabou et peu traité. «Les choses commencent à changer, mais les femmes sont encore souvent vues comme des victimes et l’on cherche l’homme derrière. Il y a un double standard envers les hommes et les femmes. La pédophilie féminine est banalisée.»

Souffrance de l’agresseur

Depuis 17 ans, Thomas dit ne pas avoir touché d’enfants. En 1988, il a été condamné à 4 mois de prison pour des attouchements envers ses enfants et celui d’un ami. Depuis, Thomas suit une thérapie et est médicamenté (des antidépresseurs et d’autres molécules pour diminuer ses fantasmes.)

Il n’arrive pas encore à réconcilier les deux parties de lui: celle qui est attirée par les jeunes garçons, et celle qui ne veut pas leur faire de mal. Sa nouvelle piste de solution est de faire du bénévolat et de se faire de nouveaux amis qui connaissent son passé. Il parle notamment de sa nouvelle voisine «qui déteste les gens comme lui», mais qui l’aide. «Elle contribue à ma réconciliation avec le monde des adultes et des femmes.»

L’isolement est une menace supplémentaire pour les victimes et agresseurs. Claire Deschambault, directrice du groupe Amorce, explique: «L’isolement augmente les fantasmes. Ça n’aide pas de ne pas parler. Mais il faut que l’interlocuteur ne cautionne pas les gestes, sinon au contraire, cela pousse à l’acte.»

Pour Thomas, les «crétins» qui écrivent sur internet que les pédophiles doivent mourir ne font que les renvoyer dans l’anonymat et ils deviennent plus dangereux.

Thérapie

D’après Katia Lavallée, l’intérêt sexuel pour les enfants ne disparaîtra pas, mais des thérapies existent pour prévenir les passages à l’acte et contrôler les fantasmes. Pour cela, des intervenants travaillent avec ces personnes pour comprendre pourquoi elles ont commis ces actes.

Ces thérapies misent sur l’identification des situations à risque, pour que la personne garde le contrôle. Dans son centre, Katia Lavallée voit essentiellement des personnes référées par le système judiciaire. Selon elle, les autres n’oseraient pas se présenter par honte et par peur d’être dénoncées à la police.

Enfin, contrairement aux idées véhiculées, les délinquants sexuels font partie des criminels dont le taux de récidive est le plus bas: 17% pour non les traités (à 10% pour les traités), contre 51% pour les autres délinquants. À noter, toutefois, que ces statistiques ne prennent en compte que la minorité de crimes connus par la justice.

Cyberpédophilie

D’après l’Institut national de la santé publique du Québec, il serait difficile de conclure catégoriquement que la consommation de matériel pédopornographique engendrerait des agressions sexuelles. Les experts sur le sujet sont divisés.

Mais la directrice du groupe Amorce, Claire Deschambault, précise: «La consommation de ces images amène une progression: l’âge des enfants diminue, tandis que la quantité de matériel augmente. Et progressivement, ils vont se mettre à regarder les enfants dans la rue et à fantasmer sur eux. La cyberpédophilie banalise les actes.»

D’après le Code criminel canadien, leurrer un enfant par des moyens de télécommunication ou la cyberprédation est punissable criminellement. «Car c’est un crime sexuel comme un autre, c’est une agression sexuelle sans contact», explique Claire Deschambault. Prendre ou diffuser des images pédopornographiques est un crime, mais la possession des clichés (sans en être l’auteur) est tout aussi punissable par la loi.

Le nombre de personnes consultant ces images est extrêmement difficile à évaluer. Notamment dû à l’absence de frontière géographique du web. Plusieurs organismes se sont spécialisés dans la cyberprotection des enfants et reçoivent des signalements de la part des internautes. L’un d’eux, Cyberaide, a annoncé que le nombre de signalements continue d’augmenter avec les années, oscillant à environ 700 par mois.

En complément à Reflet de Société +

Le Centre canadien de la protection de l’enfance a mis en place un site internet dédié à la sensibilisation des parents à la cyberpédophilie. Retrouvez tous leurs conseils sur : ParentsCyberAvertis.ca

Autres textes sur Sexualité

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        Biais9

Vanessa… Voyages dans les Caraïbes

Le ministère de l’Éducation a fait plusieurs coupures qui font mal. Les enseignants ont maintenant la responsabilité de parler de sexualité pendant les cours réguliers. Certains enseignants sont démunis devant l’objectif à atteindre et ont besoin de nouveaux outils pour les soutenir.

Est-ce que nous voulons que nos jeunes s’initient à la sexualité par la pornographie ou encore un chef de gang? Beaucoup de documents existent et traitent de sexualité. Mais combien sont des outils de discussion, de réflexion dans le respect sans être moralisateur? L’humour est une approche attrayant et aide à dédramatiser les situations

Le roman

Le roman permet d’entendre le témoignage autant de victimes que d’abuseurs, des jeunes en quête de leur identité sexuelle. Il aborde la sexualité sous différents angles tout en dédramatisant le sujet : relation d’amitié, relations amoureuses, sexualité, abus, harcèlement, homosexualité… Il permet aux adolescents dans leur quête sexuelle, aux personnes vivant des difficultés touchant la sexualité, aux enseignants et parents qui doivent parler de sexualité avec les jeunes de s’y retrouver tout en découvrant des moyens pour les aider et les soutenir dans leur cheminement.

Les jeunes ont des pratiques et des activités sexuelles sans équivoque. Nous n’en sommes plus à feutrer nos mots pour parler de sexualité, les jeunes peuvent en parler possiblement plus ouvertement que nous sommes capables de le faire.

Le roman reflète cette nouvelle réalité. Il est attrayant et descriptif pour les jeunes qui veulent découvrir leur sexualité et en parler.

Suite à de nombreux comité de lecture, le roman de 292 pages a été réécrit à plusieurs reprises. Un travail qui a duré plus de 15 ans.

Autres livres pouvant vous intéresser

Incursion à Manikanetish

Durant 3 ans, Naomi Fontaine a enseigné le français à l’école secondaire d’Uashat, une réserve innue située à deux pas de la municipalité de Sept-Îles. Ses classes débordaient alors d’adolescents brillants et épatants, de modèles inspirants de résilience.

Un texte de Alexandra Duchaine – Dossier Autochtone

«Mes jeunes étudiants vivaient des épreuves à première vue insurmontables, des difficultés que des adultes ne sauraient surmonter, raconte la professeure. Mais, robustes, ils trouvaient toujours les outils pour en sortir plus grands», ajoute-t-elle.

Je voulais qu’ils se voient à travers mon œuvre et qu’ils soient fiers de ce qu’ils sont

Par le biais de son deuxième roman, Manikanetish Petite Marguerite, Noami Fontaine souhaitait énoncer le courage et la force des adolescents d’Uashat.

«Je désirais rendre hommage aux jeunes Innus de la Côte-Nord, met au jour l’écrivaine. Je voulais qu’ils se voient à travers mon œuvre et qu’ils soient fiers de ce qu’ils sont», explique-t-elle. Elle-même innue, Noami Fontaine a quitté Uashat alors qu’elle n’était qu’une enfant.

Hommage aux jeunes

Dans son récit, Naomi Fontaine a romancé ses échanges avec les étudiants de Manikanetish, l’école secondaire d’Uashat où elle enseignait. Le lecteur y découvre le quotidien semé d’embûches d’un petit groupe d’adolescents. Il fait connaissance avec Marc, Mikuan, Myriam, Mélina, entre autres, qui font face au racisme, à la pauvreté, aux grossesses impromptues.

Les uns survivent au suicide d’un proche, les autres au décès tragique d’un pair.

Les peines que connaissent les protagonistes de l’autofiction sont loin d’être exagérées. «À Uashat, la vie n’est pas facile, se désole Naomi Fontaine. Il fallait que je partage les obstacles que les jeunes affrontent, que je les révèle aux yeux du monde», souligne la candidate à la maîtrise en littérature de l’Université Laval. Tous les personnages et péripéties trouvent ancrage dans la réalité.

Les jeunes innus de la communauté qui ont lu Manikanetish se reconnaissent dans la parution. «Ils sont satisfaits et fiers du portrait que je leur propose», avance Naomi Fontaine. Car le tableau que peint la littéraire reste réaliste, certes, mais n’est pas du tout misérabiliste. Les Innus au centre du roman sont intelligents, travaillants, assidus, créatifs et passionnés. Ils poursuivent leurs études même si à la maison, rien ne va. Ils s’impliquent à l’école, montent une grande pièce de théâtre. Ils rêvent d’un bel avenir, de quitter la réserve ou de devenir infirmiers, et se serrent les coudes dans l’espoir de jours meilleurs.

Manikanetish révèle une communauté innue solidaire, tissée serrée, d’où l’amour émane.

En complément à Reflet de Société +

Retrouvez l’entrevue de Naomi Fontaine à Radio-Canada sur son premier livre Kuessipan.

Extrait lu du roman Manikanetish :

Crédit vidéo : François Bon.

Autres textes sur Autochtone

Suggestion de lecture

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Rétrospective d’un détenu


Ce qui représente un demi-siècle. C’est aussi le pourcentage indiquant un parfait équilibre. Plusieurs hommes sont déjà morts d’infarctus à cet âge. L’annonce d’un cancer lors d’examen périodique monte en flèche aussi après la cinquantaine. C’est le moment où les excès alimentaires ou les habitudes de vie turbulentes réclament leurs dus. Tour de taille, tour de rein, tour de conscience entre autres.

Un texte de Jean-Pierre Bellemare, ex-tôlard – Dossier Chronique d’un prisonnier

Une réflexion sur le chemin parcouru et les buts atteints nous oblige à réfléchir autrement, différemment. La douceur, les petites attentions, la qualité de vie prennent de plus en plus d’importance. Même si l’espérance de vie augmente de plus en plus, la qualité de cette extension est loin de faire l’unanimité.

Faire un bilan de nos réalisations nous rassure ou, au contraire, nous presse d’avancer. Le temps devient de plus en plus précieux lorsqu’il diminue. Je réalise que ma vie qui ressemble parfois à un véritable conte de fées, n’est pas vraiment ce que j’avais planifié.

Cependant, j’embrasse les tournures du destin qui ont embelli mon parcours. Je me sais extrêmement privilégié malgré mes 26 ans derrière les barreaux. Cette période très sombre m’a servi à développer mon émerveillement, un peu comme un aveugle qui retrouve la vue. Je me délecte de tout ce que je peux voir, ressentir, toucher et goûter. Que puis-je demander de plus? Une seule chose peut-être. Que ceux que je rencontre puissent en jouir de la vie autant que moi.

Je n’ai rien fait d’éclatant, mais j’ai au moins essayé. Le théâtre, la radio, la réalisation de film, les entrevues télés, l’écriture de livres et de chroniques, sont des médiums qui m’ont généreusement servis.

Je me suis réapprivoisé, j’ai renoué avec cet adolescent insouciant qui croyait posséder le monde. Il est maintenant un jeune adulte plutôt sage et serein dans un corps beaucoup trop vieux. J’assure cette calvitie galopante, ces rides qui grafignent un peu mes yeux et ces cheveux blancs qui rassurent mes interlocuteurs. Je m’occupe d’un magnifique domaine en location où des gens célèbrent leurs anniversaires de naissance, de mariage et autres.

Je me suis questionné sur la façon dont je voudrais célébrer mon demi-siècle. Mon père s’est suicidé il y a 35 ans à Sherbrooke en sautant d’un pont. Ma dernière vision de lui fut à la morgue, dans un garage miteux situé dans un sous terrain. J’avais à peine 15 ans. C’est ce jour-là que l’enfant cessa de grandir et commença à pourrir.

Prochainement, je vais refaire un pèlerinage sur son départ pour marquer mes 50 ans. Je ne sais pas ce que ça signifie et je ne veux pas la réponse. Je veux uniquement vivre ce moment marquant en refaisant le chemin en sens contraire.

Autres textes sur Chronique d’un prisonnier

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

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Le suicide de notre enfant

Témoignage | Dossiers Suicide, Famille

suicide d'un proche suicidaire comment intervenir prévenir suicide Ma femme et moi avons toujours été les mentors de notre fils, car un grand amour nous a toujours unis. Comme nous, il voulait fonder une famille et avoir un bon boulot.

Les amours déchus et des problèmes financiers ont eu raison de sa santé psychologique. Il s’est suicidé. Pourtant, il avait toujours été jovial et fier. Mon épouse décrit ci-dessous les sentiments que nous éprouvons à l’égard de sa mort.

Lisez son message d’espoir afin d’aider les jeunes en difficulté à surmonter les obstacles qui les mènent trop souvent à commettre des gestes irréparables. Merci.

Le père de Jasmin.

Un jour, j’ai mis Jasmin au monde: Un fils d’amour. C’était un enfant joyeux et actif. Tous ses accomplissements me remplissaient de fierté. Mon cœur vibre encore d’émotions lorsque je me rappelle que ses rêves ne se sont pas réalisés avant sa mort, qui a été causée par un manque de communication. Il n’a pas été capable de demander de l’aide à ses parents.

J’aimerais que les jeunes se tournent davantage vers leurs parents pour puiser dans leurs forces. Ils peuvent comprendre leurs faiblesses et les aider. Les parents sont là non pas pour corriger les erreurs de leurs enfants, mais pour les aider à les diriger vers une vie meilleure.

Aux jeunes, je n’ai qu’un message à leur adresser: ”De grâce, aimez-vous assez et prenez votre courage en main. N’oubliez jamais l’amour de vos parents.”

Le décès de Jasmin doit servir d’exemple. Son mal de l’âme a détruit ceux qu’il aimait. Il aurait pu leur demander de l’aide et reprendre le cours de sa vie.

À Jasmin, mon fils, je veux te dire que ton père et ta mère t’aimeront toujours. Nous aurons toujours une étincelle d’amour pour toi dans notre cœur.

La mère de Jasmin.

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Autres textes sur le Suicide

Survivre, un organisme d’intervention et de veuille en prévention du suicide et en promotion de la Santé mentale. Pour faire un don. Reçu de charité pour vos impôts. Merci de votre soutien.

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