Une crevaison, 4 policiers et 3 auto-patrouilles

Beaucoup de mains dans les poches

Sûreté du Québec et les crevaisons

Une auto-patrouille de la Sûreté du Québec fait une crevaison. Un inspecteur de la SQ arrive sur les lieux avec son véhicule. Ensuite le camion-remorque de la SQ! De quoi pouvait parler tous ces policiers pendant que le mécanicien de la SQ change le pneu?

Raymond Viger Dossier Conflit d’intérêt

Je n’ai pas de téléphone cellulaire. Encore moins de téléphone intelligent capable de prendre des photos. Ça aurait été une belle occasion d’en prendre une. Mais si j’avais eu mon cellulaire en main en conduisant mon véhicule, j’aurais eu le droit à une contravention.

Même sans photo, ce que j’ai vu méritait d’être partagé. Un fait insolite ou cocasse pour certains. Pour moi, question de me vider le coeur et d’éviter de garder cette image perpétuellement en tête.

Une auto-patrouille de la Sûreté du Québec, même avec deux policiers dans le véhicule, ne change pas le pneu quand ils ont une crevaison. Ils appellent le camion-remorque de la Sûreté pour qu’un mécanicien le fasse p0ur eux. Bon mettons. Trois hommes pour un pneu… Mais d’avoir en plus un inspecteur de la SQ qui est sur place pour vérifier le tout. Quatre hommes, 3 véhicules et une souris verte… oups! et une crevaison.

Ils sont bien payé dans la police. Peut-être parce que je travaille dans le communautaire et que je peine à payer le salaire minimum à plusieurs employés qui méritent un meilleur traitement. Peut-être parce que dans le communautaire on doit travailler fort avec peu de moyens.

Mais quand je vois le nombre de policiers que ça prend pour changer une crevaison, je me questionne sur l’utilisation de nos taxes.

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Quand un homme accouche

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.htmlPar la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

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Ma famille, la DPJ et les centres jeunesse de Montréal

Ma famille, la DPJ et les centres jeunesse de Montréal

Éric Gordon, témoignage publié dans Reflet de Société.

dpj-centre-jeunesse-eric-gordon-jeune Mon mariage a eu lieu le 12 juillet 2008 à Amos. J’attendais, avec mon témoin Guy, mes amours, soit ma conjointe Stéphanie et mes deux filles, Hélodie, 6 ans, et Lauryanne, 4 ans. Cette journée a été l’une des plus belles que j’ai vécues. Pendant que les femmes de ma vie se préparaient, je devais contrôler mes sentiments. Cette journée représentait l’aboutissement de mon ancienne vie et me faisait vivre de fortes émotions.

La préparation du mariage n’a pas été de tout repos. Ma plus grande difficulté était de trouver un témoin. La vie que j’ai vécue a fait en sorte qu’il y a très peu de gens significatifs pour moi au point de leur demander un tel service. Je voulais aussi que mon témoin me rappelle d’où je viens et le chemin que j’ai parcouru.

Guy était la personne par excellence, lui qui connaît tout de ma vie. Par contre, je l’avais perdu de vue depuis un moment. Un soir, je décide de l’appeler. Je lui explique où j’en suis rendu, comment se déroule ma vie et lui demande d’être mon témoin. Sa voix devient plus émotive et il accepte sans hésiter. Je suis bouleversé, moi qui croyais pourtant avoir un contrôle absolu sur mes émotions.

Prison pour enfants

Il faut dire que j’ai connu Guy au plus bas de mon existence. J’avais douze ans la première fois que j’ai rencontré cet éducateur spécialisé dans un Centre jeunesse. C’est là que j’ai vécu ma première expérience de stabilité. Je suis resté trois ans à cet endroit, une période entrecoupée de courts placements en foyer de groupe. J’y ai fait des activités que jamais je n’aurais pu faire avec mes parents ou d’autres familles: canot, escalade, randonnée, plongée sous-marine, planche à voile, équitation, camping, judo, badminton, volleyball, hockey, etc.

Parmi mes camarades et les éducateurs, je me sentais accepté pour la première fois. Le Centre était pour moi une famille. C’était pourtant un endroit plein de restrictions, comme une prison, mais pour les enfants. Très peu de temps personnel nous était alloué, mais je crois que cela était mieux ainsi.

Lorsque je suis arrivé au centre, je ne parlais aux éducateurs que lorsque c’était absolument nécessaire. C’était une obligation qui me répugnait au plus haut point. Une grande méfiance à l’endroit des adultes m’habitait. Le Centre m’a permis de surmonter cette difficulté. C’est avec beaucoup de patience que les animateurs, enseignants, instructeurs, moniteurs et pédagogues m’ont débarrassé de cette méfiance. Je ne comprenais pas que des adultes puissent vouloir mon bien-être et être gentils avec moi.

Séjour chez les Rochefort

Les gens qui se rapprochaient le plus d’une famille pour moi à cette époque étaient les Rochefort. Je suis resté environ un an chez eux. J’ai appris à travailler sur leur ferme et à avoir de l’argent pour moi.  Nous sommes aussi allés en Floride, le plus beau voyage de ma vie. Cette famille est la meilleure qu’il m’ait été donné de voir. Et je m’y connais. Je suis passé par 37 familles d’accueil, 2 ans et demi de Centre jeunesse et un an de foyer de groupe.

Les Rochefort m’ont immédiatement accepté parmi eux. En revanche, je ne voulais en aucun cas m’attacher à eux. Je me doutais bien que je partirais un jour ou l’autre. J’avais toujours peur d’être exclu, je ne créais donc pas de liens. La seule fugue que j’ai faite a été à partir de cet endroit. Aujourd’hui, je peux mieux expliquer pourquoi je suis parti de cette maison. Cela peut sembler étrange, mais j’étais trop bien avec eux. J’avais besoin de sentir que le monde ne m’aimait pas. Ce n’était pas normal que l’on me traite comme les autres membres de la famille sans jamais rien demander en retour. Aux prises avec des émotions contradictoires, j’ai fugué avec Patrick, un autre jeune qui vivait chez les Rochefort.

La fugue n’a duré qu’environ une semaine. Après quelques aventures, bonnes et mauvaises, Patrick et moi avons décidé de nous rendre à la Sûreté du Québec. À notre grande surprise, nous n’étions même pas recherchés par la police. J’ai su plus tard que les Rochefort n’avaient pas signalé notre fuite. Ayant confiance en mes capacités de me débrouiller, ils voulaient attendre un peu avant de contacter les policiers. On m’a ensuite donné le choix de retourner chez les Rochefort ou non. Bien que leur porte m’ait toujours été ouverte, je ne voulais pas retourner dans cette famille. J’étais mal à l’aise d’être aimé, un mal si fort qu’il me fallait partir de chez eux.

Placé jusqu’à 18 ans

La seule chose que je voulais ensuite était de retourner au Centre d’accueil, où je pourrais enfin me créer un monde, sans vivre d’expériences familiales qui auraient pu me déstabiliser encore plus. J’ai obtenu un placement jusqu’au jour de ma majorité.

Pendant mon adolescence, il n’était pas rare que je pense au suicide. Au Centre, je fréquentais des gens aux prises avec les mêmes problèmes que moi: solitude, abandon, échec scolaire, consommation, etc. Certains se suicidaient, d’autres effectuaient des tentatives ou s’automutilaient. Je me suis parfois posé la question: ne serait-il pas mieux que je ne sois plus là? Un jour, mon voisin de chambre s’est mis à cogner dans le mur. Je suis sorti pour aviser l’éducateur. Lorsqu’il a ouvert la porte, j’ai vu le jeune accroché au plafond avec sa ceinture. Je suis retourné dans ma chambre, incapable de faire quoi que ce soit. Heureusement, il a survécu. Je ne l’ai jamais revu par la suite.

Cette nuit-là, je n’ai pas été capable de dormir dans ma chambre. J’ai demandé à être transféré en salle d’isolement où j’ai passé une nuit très agitée. Je pensais au suicide, je me questionnais. J’en suis arrivé à la conclusion que le fait que je sois vivant ou non ne dérangerait personne. J’ai alors eu peur de mourir seul. J’ai donc décidé de me relever les manches et de foncer dans la vie.

Beaucoup d’amis, pas de famille

Cette expérience a eu un impact majeur sur ma vie. Moi qui collais la tapisserie et longeais les murs, j’ai dû apprendre à socialiser. Avec les gens de mon âge au début, car je ne faisais toujours pas confiance aux adultes. Tranquillement, je me suis fait des amis à l’école. Je m’adaptais progressivement à la vie de groupe et en suis même venu à développer un certain leadership auprès de mes pairs.

J’avais dorénavant des amis, mais portais toujours un lourd secret. Pour éviter les questions sur mon passé ou ma famille, j’ai longtemps dit que mes parents étaient décédés et que je n’avais ni frère ni sœur. Ce mensonge me protégeait. Je souhaite maintenant m’en débarrasser une fois pour toutes.

Pour des raisons que j’ignore, mon père a quitté ma mère alors que j’avais à peine un an. Ma mère m’a par la suite confié aux services sociaux. Elle s’est mise à «jouer au ping-pong» avec moi. Elle me gardait pour de courtes périodes, environ 3 mois, puis me replaçait dans des familles d’accueil. Elle revenait ensuite me chercher pour un autre deux ou trois mois et me replaçait plus tard auprès des services sociaux. C’est pourquoi j’ai «fait» tant de familles.

À l’âge de 8 ans, j’ai été mis en classe spécialisée en raison de problèmes de comportement. Je vivais des périodes d’agressivité et me battais souvent avec les autres élèves. Éventuellement, avec l’aide de mon professeur, j’ai rédigé une lettre destinée à un juge, lui demandant une mesure d’adoption et un placement jusqu’à la majorité. Mes parents ont signé les documents nécessaires, faisant de moi un enfant de l’État. À partir de ce jour-là, le jugement était prononcé.

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Fraude sur Internet: l’écrivain Léandre Bergeron arnaqué par un auteur de Tunisie

Fraude sur Internet: l’écrivain Léandre Bergeron arnaqué par un auteur de Tunisie

François Richard  Dossiers Internet et Protection du consommateur

Nous avons publié au printemps dernier un billet mettant les internautes en garde contre une fraude pratiquée à partir d’une page de prétendue vente de chiens. Parmi les commentaires suscités par le texte, nous en avons reçu un de Serge André Guay, un éditeur de Laval. Il a informé les lecteurs de notre blogue de la fraude dont a été victime l’auteur québécois Léandre Bergeron sur le site américain d’auto-édition lulu.com

Léandre Bergeron, Le Québécois, lulu.com

Serge André Guay a découvert que quatre livres au contenu identique ont été mis en vente sur le site d’auto-édition lulu.com. De ces quatre livres, deux portaient la signature de Léandre Bergeron. Le contenu des livres était délirant et Serge André Guay a réussi, au terme d’une enquête bien menée, à découvrir l’identité du fraudeur. Ce dernier est un Tunisien nommé Mohamed Anouar Brahim. L’homme a plusieurs identités sur la Toile et il prétend avoir fondé sa propre religion. Il a d’ailleurs publié un livre au Québec en 2005 sur sa vision du monde, fantaisiste et intolérante (il encourage entre autres les homosexuels à se suicider). Le fraudeur aurait choisi l’identité de Léandre Bergeron en raison du travail de ce dernier sur la langue québécoise et la notoriété qu’il a acquis dans ce domaine. Mohamed Anouar Brahim a en effet, entre autres délires, la prétention d’avoir inventé une nouvelle langue pour les Québécois. Les livres faussement attribués à Léandre Bergeron portent les titres Le Québécois et La langue québécoise. Le travail de Serge André Guay a amené plusieurs autres médias, dont TVA, Radio-Canada et Radio X, à se pencher sur cette histoire choquante.

Sûreté du Québec et sites frauduleux

Léandre Bergeron a porté plainte à la Sûreté du Québec et les livres qui lui ont été faussement attribués ne sont plus disponibles sur lulu.com. Cette histoire démontre qu’il faut faire preuve de discernement lorsque nous faisons des achats en ligne. En même temps, je crois qu’il y a peut-être un problème avec le concept d’auto-édition en soi. Serge André Guay  en est arrivé au même constat au cours de son enquête. Il avait d’ailleurs refusé un manuscrit de Mohamed Anouar Brahim il y a quelques années. Les éditeurs existent pour séparer  les bons manuscrits des mauvais et proposer aux acheteurs de leurs livres des produits de qualité. Il existe une multitude d’éditeurs qui assurent une diffusion aux ouvrages les plus divers: littérature haut de gamme, populaire, fantaisiste, érotique, de croissance personnelle, astrologique et une foule d’autres genres. Si un auteur n’a réussi à se faire publier par aucun éditeur professionnel, c’est peut-être parce que ce qu’il écrit est inintéressant, voire déplacé et haineux comme dans le cas des écrits de M.Brahim, ou simplement mal rédigé (erreurs de syntaxe, d’orthographe, etc). Peut-être l’auto-édition n’est-elle qu’une façon d’offrir une tribune à des gens qui n’en méritent pas.

Enquête de la Fondation Littéraire Fleur de Lys

Pour ceux que l’histoire intéresse, je vous invite à lire le compte-rendu de la grande enquête réalisée par Serge André Guay. Elle est très pertinente et se lit comme un bon article journalistique. Chapeau.

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