Échapper à la réalité

Un témoignage de Cassandre Clermont-Moquin | Dossier Santé mentale

À trois ans, je vivais déjà des crises d’angoisse… J’en ai vécu tout au long de mon enfance. J’étais vraiment dans les émotions fortes, hautes et basses, mais je n’arrivais pas à les canaliser. Ma psychose est survenue en juin dernier. C’est possible qu’un état de très haute manie (hypomanie) m’ait mené à la psychose, mais les psychiatres n’étaient pas certains.

Durant la période avant ma psychose, j’étais vraiment très active; je surfais et faisais du skate tous les jours. Je ressentais tellement d’énergie, mais mon corps se fatiguait… Je ne dormais que trois-quatre heures par nuit et je ne mangeais presque plus. J’ai commencé à me faire un scénario de vie qui était complètement déconnecté de la réalité, qui se passait dans un autre niveau de conscience. Ç’a vraiment monté haut du côté de la spiritualité.

À un certain moment, mes proches ont commencé à s’inquiéter et ils m’ont amenée à l’hôpital parce que je n’étais plus fonctionnelle. Durant ma psychose, je percevais les gens comme si j’avais accès à leur inconscient, et mes rêves me parlaient. Les gens ne pouvaient plus me rejoindre là où j’étais. Quand je suis sortie de l’hôpital, je n’avais pas la bonne médication, donc j’étais encore en perte de contact avec la réalité. Ça a duré deux mois comme ça. Tout ce que je faisais, c’était du skate, du surf et marcher autour du lac, nu-pieds…je me suis beaucoup guérie avec la nature.

Ce qui m’a aidée dans ma guérison a été de prendre soin de mon corps en me reconnectant à mes cinq sens. Au début, je n’étais pas capable d’écrire un courriel…J’étais comme une enfant. J’avais de la difficulté à penser et je faisais énormément de cauchemars. J’avais peur de m’éteindre…Je sentais que je perdais mon identité, que je n’étais plus la Cassandre d’avant. Je continuais à être prisonnière de cet état-là qui était devenu tellement souffrant… tellement que j’en suis venue à vouloir me suicider. Puis, l’espoir est revenu et j’ai trouvé un médicament qui m’a aidé à être fonctionnelle.

Au début, c’était difficile pour moi d’accepter la médication, mais ça me permet d’être bien. Malgré toute la souffrance que ma psychose m’a amenée, je sens que je vis une renaissance… Ça m’a permis de réorganiser ma vie pour en faire moins, mais que ça ait plus de sens. Ça m’a permis d’apprendre à recevoir, aussi. Mes parents et ma sœur ont été de bons guides. Je vais leur être éternellement reconnaissante pour leur support. 

Témoignage recueilli par Humain Avant Tout

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Ressources sur le suicide

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  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
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  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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