Le graffiti au féminin

Filles et graffiti

Convention internationale graffiti Under Pressure 2010

Longtemps réservé aux garçons, les filles ont su prendre leur place dans les différents éléments de la culture Hip hop. Ce vidéo de la prestigieuse convention graffiti Under Pressure 2010 démontre bien la place que les filles ont su prendre.

Raymond Viger  Dossier Hip-Hop, CultureGraffiti

Informations sur la convention graffiti Under Pressure 2012.

Le vidéo réalisé par Black Roachs présentant le convention internationale graffiti Under Pressure 2010 est très révélateur. Sur la musique de l’émission CSI, les Experts, on peut y voir plusieurs filles graffeurs monter dans les échaffaudages pour y réaliser leurs oeuvres à la canette.

Photos de Murales et fresques urbaines.

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Le graffiti, le jeune et l’intervention

Le graffiti, le jeune et l’intervention

Dossier Hip-Hop

Les billets des derniers jours m’amène à vous entretenir sur notre façon d’intervenir auprès des graffiteurs au Café-Graffiti. Des organismes et des municipalités nous consultent régulièrement. Ils arrivent avec un problème qu’ils veulent régler rapidement. Des jeunes font des tags. Comment fait-on pour qu’ils fassent autres choses?

Le Café-Graffiti n’est pas un lieu où les jeunes ont des problèmes ou encore sont atteints d’une maladie incurable que l’on nomme les tags ou le graffiti. Ce sont des jeunes que nous accompagnons dans leur cheminement. Nous répondons à leur besoin et les aidons à prendre une place positive dans notre société.

Si le jeune fait du tag, quel est le besoin de celui-ci derrière son acte de vandalisme? Besoin d’être vu. Besoin d’appartenance. Besoin d’être un artiste. Besoin de s’exprimer. Besoin d’exprimer une émotion. Besoin de laisser un message… Pour plusieurs taggeurs, à différents moments, la réponse pourrait être différente.

Si je me limite à moraliser le jeune et lui dire que de faire des tags ce n’est pas correct, je ne suis pas à l’écoute du jeune. Dans cette façon de communiquer que voulait bien me dire le jeune? Un exemple concret. J’ai eu un jeune qui avait déjà fait des tags. Il n’en faisait plus depuis un bon bout de temps. Un matin j’arrive au Café-Graffiti et je remarque que sa signature traîne sur plusieurs murs (tags). Je retrace le jeune. Sans lui parler de ce que j’ai vu, je vérifie se qu’il se passe dans sa vie. Il me dit que sa blonde l’a quitté avec un de ses amis. Furieux, il voulait les tuer. Repentant, il me dit qu’il a passé la nuit à détruire des murs pour faire passer sa colère.

Dans cet exemple, faire des tags et moins violents que de tuer son ex et son nouvel ami. Les tags étaient sa façon de faire passer une émotion qui le brûlait. Mon rôle d’éducateur est de l’aider à pouvoir vivre des émotions négatives sans tout casser. Le problème du jeune n’est pas le tag qu’il a fait, mais son incapacité à gérer des émotions trop intenses. Cela m’amène à faire une intervention qui en arrivera à diminuer le nombre de tags fait, mais pas en réprimant le tag, mais en augmentant la capacité du jeune à vivre ses émotions.

Réprimer le jeune qui fait un tag me donne le rôle du gens d’arme. Apprendre à un jeune de vivre des émotions négatives me donne le rôle d’un ami, d’un conseiller, d’un proche… À nous de choisir le rôle qu’on se donne.

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Vandalisme dans le métro

Réactions d’un graffiteur

Tags et graffiti au métro Sherbrooke

Martin Ouellet Dossier : GraffitiHip-Hop

graffiti dans metro de montreal

Dans la nuit du dimanche au lundi 1er septembre 2002, un groupe de graffiteurs a couvert de grattifis, de tags et de personnages les murs de la station de métro Sherbrooke.

D’après la porte-parole de la Société de Transport de Montréal (STM), Odile Paradis, les artistes de l’illégal se seraient laissés enfermer dans la station à la fermeture, afin de tapisser les murs des deux côtés de la voie.

En tout, la STM estime à près de 50 000$ la facture pour le nettoyage de cette seule station, ce qui a dû se faire dans un délai extrêmement rapide, vu le caractère obscène de certains graffitis. En effet, le règlement de la STM stipule que tout graffiti de nature sexuelle ou raciste doit être effacé dans un délai de 24 à 48 heures. Parmi les signatures reconnaissables, on retrouve celle de Lison, un graffiteur très actif et déjà recherché par les autorités pour d’autres actes de vandalisme. Les œuvres les plus dérangeantes représentaient d’immenses vibrateurs, portant la signature de Lison, accompagnés du slogan «dans l’cul» et d’autres messages de provocation envers les usagers du métro et les autorités, comme «allo la poliss», «rien à foutre» et «find me». Les enquêteurs du service de police de la Ville de Montréal étudient les bandes vidéo des caméras de surveillance pour tenter d’obtenir des indices, mais jusqu’à maintenant aucun suspect n’a été appréhendé.

Le Café-Graffiti se bat depuis sa création pour combattre les préjugés liés au graffiti, favoriser son acceptation dans la société et négocier l’obtention de murs légaux à Montréal. Le Journal de la Rue a interrogé le directeur des arts visuels du Café-Graffiti, Julien Cloutier, afin de connaître ses impressions sur cette histoire.

Quelle a été ta réaction quand tu as entendu parler de ce qui s’était passé au métro Sherbrooke?

Julien Cloutier: J’ai eu une réaction assez partagée. Sur le coup, je me suis dit: «Ils sont courageux, ils ont du guts d’avoir fait ça!». Quand un graffiteur ou un crew fait un coup d’éclat de cette ampleur-là, ça provoque l’admiration des autres graffiteurs parce qu’à l’origine, c’est comme ça que se pratique le graff, de façon clandestine, illégale. Personnellement, je n’oserais pas faire ça. Mais je comprends que d’autres aient envie de le faire, même si mon rôle est d’encourager les artistes à travailler dans la légalité.

D’après toi, ce qu’ils ont fait, c’est de l’art ou du vandalisme?

Julien Cloutier: C’est sûr que c’est du vandalisme, mais ça n’empêche pas que ça puisse être artistique en même temps. Les pièces que j’ai vues dans les journaux et aux nouvelles télé démontraient une maîtrise, un talent, qui prouvent qu’on n’a pas affaire à des débutants. Les lettrages étaient bien tracés, complexes et les personnages, de style bédé, très beaux aussi. Ce ne sont pas les œuvres les plus réussies que j’ai vues dans ma vie parce qu’on sent qu’ils étaient pressés de travailler, qu’ils se dépêchaient de finir, mais c’est définitivement un travail de pros.

Qu’as-tu pensé de la couverture médiatique?

En général, les médias ont trop insisté sur le côté scandaleux des œuvres, ils sont tombés dans le sensationnalisme. Les journalistes se disent choqués par les graffs à connotation sexuelle, mais ce sont toujours ceux-là qu’ils montrent, au lieu de montrer les plus artistiques, ceux moins controversés. C’est paradoxal, parce que le règlement de la STM les oblige à nettoyer dans les 48 heures pour pas exposer les graffs aux usagers, mais on les voit à la une de tous les journaux et aux infos télé! En plus, ils jouent exactement le jeu des graffiteurs, qui, en défiant les autorités et en bombant des affaires obscènes, ne cherchent qu’à attirer l’attention, à avoir leur minute de gloire. Ils l’ont eue.

Qu’ont voulu exprimer ces graffiteurs?

Julien Cloutier: C’est juste un coup d’éclat, pour se faire remarquer, pour la réputation. Le graffiti, c’est quelque chose de très égocentrique. Les artistes se connaissent entre eux, ils connaissent les signatures des autres. Alors, ça impressionne, des actes comme ceux-là. Il faut transgresser les interdits. Plus le danger est grand, plus c’est spectaculaire, plus t’es admiré.

Est-ce que des incidents comme ça peuvent nuire à la réputation du graffiti dans l’opinion publique?

Julien: Je ne crois pas. Ceux qui aiment le graffiti ont “trippé” et ceux que ça dérange savent très bien que le lendemain, la STM va avoir tout effacé. Les gens se sentent moins concernés quand ça arrive pas chez eux, quand c’est dans un endroit public. Après tout, il y a de nouveaux graffs chaque jour un peu partout à Montréal, sans qu’on en entende parler, sauf que là, vu l’endroit et l’achalandage, ça a fait un scandale. En temps normal, le public a même pas le temps de voir les graffitis dans le métro avant qu’ils soient enlevés. D’ailleurs, j’ai trouvé ça bien sympathique de lire dans La Gazette qu’un employé (anonyme) de la STM avait déclaré: «Je dois avouer que c’est très artistique. Ce n’est peut-être pas la place pour le faire, et je suis sûr que la STM n’est pas contente, mais j’aime mieux ça que les murs blancs très ennuyants..». Un usager du métro a aussi affirmé: «C’est bien mieux que la publicité qu’ils nous mettent partout à la station Berri ou ailleurs.

Pourquoi certains artistes du graffiti préfèrent-ils travailler dans l’illégalité?

Julien Cloutier: Pour le défi, l’excitation de transgresser les règles. Pour plusieurs graffiteurs, se faire offrir un mur légal, ce n’est plus un défi car il n’y a plus de danger. Ils peuvent y aller quand même, mais ce n’est pas pareil. C’est pour ça que beaucoup de graffiteurs qui travaillent sur les murs légaux font aussi du graffiti illégal en parallèle.

En tant qu’employé du Café-Graffiti, tu fais la promotion des murs légaux à Montréal. Crois-tu que ce qui est arrivé au métro peut nuire à tes négociations avec la Ville?

Julien Cloutier: Pas vraiment. Les clients, que ce soient des commerçants ou des particuliers, qui veulent une murale, sont prêts à payer. Alors, ils vont engager des graffiteurs quand même. Les représentants de la Ville avec qui nous faisons affaire savent très bien que les murs légaux ne vont pas enrayer complètement l’illégal. Nous voulons réduire le vandalisme, mais nous n’avons jamais eu l’illusion que nous pouvions l’éliminer complètement, ce serait utopique. Éduquer et sensibiliser les gens, ça ne se fait pas du jour au lendemain.

La STM et les médias ont repété à plusieurs reprises que les frais de nettoyage s’élevaient à plus de 50 000$ et que cet argent aurait pu être mieux utilisé. Qu’en penses-tu?

C’est sûr qu’il y a des coûts. La STM dit que cet argent aurait pu servir à autre chose. Sauf qu’à chaque année, la société de transport augmente le prix des billets et des passes de métro, par contre, on ne voit pas vraiment d’amélioration dans le service. Au contraire: le nombre des wagons diminue, la fréquence des trains aussi, il y a souvent des pannes, etc. C’est facile de jeter le blâme sur quelques graffiteurs pour justifier qu’on n’a pas de fonds pour faire des rénovations et de l’entretien, mais je me demande si ça correspond à la réalité. Est-ce que les graffiteurs ne serviraient pas de boucs émissaires pour justifier l’inaction de la STM? Une dernière question me vient en tête: si les graffiteurs avaient peinturé des fleurs et des câlinours au lieu de dildos et de tags, est-ce que le public et la STM auraient autant protesté? Pourtant, le nettoyage aurait coûté aussi cher…

Les journalistes se sont demandé comment les graffiteurs avaient déjoué la surveillance du métro pour commettre leur geste. Penses-tu que la STM prend les bons moyens pour décourager les vandales?

Julien Cloutier: Je ne pense pas que la sécurité soit aussi présente qu’ils le prétendent. À la station Sherbrooke, justement, la seule caméra de surveillance est braquée… sur la cabine du changeur! En plus, durant la nuit, il n’y a pas de personnel de sécurité, alors…difficile de dire si les graffiteurs se sont laissés enfermer après la fermeture ou s’ils ont trouvé un moyen de pénétrer dans la station. Encore là, permettez-moi de m’interroger: si la STM ne juge pas nécessaire d’avoir de la sécurité la nuit, est-ce parce que c’est moins coûteux d’effacer les traces de vandalisme que de le prévenir?

Pour rejoindre le Café-Graffiti: (514) 259-6900

 

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Graffiti Hip Hop de la scène de Montréal

operation-graffiti-hip-hop-graffiteur-graff Opération Graffiti. Toute l’histoire de la création du Café-Graffiti. La relation avec les jeunes. Ce qu’ils ont vécu dans le projet. Ce qu’ils ont fait vivre aux intervenants. Toutes les anecdotes d’un projet qui fait encore parler de lui. Une façon intéressante et originale de soutenir le Café-Graffiti dans sa mission d’aide et de soutien aux jeunes. 19,95$.

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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