L’Église et le sida, un vieux débat

Test de dépistage du sida

Position de l’Église sur le Sida.

Nous reprenons ici un article de Luc Gagnon, directeur du CPAVIH écrit en 2006. Nous avons demandé à l’archevêché et au Cardinal Turcotte de commenter le texte que nous avons publié de M. Luc Gagnon. Puisque nous n’avons toujours pas eu de réponse, 5 ans plus tard, nous nous permettons de publier ici le texte avec le communiqué reçu du Cardinal Turcotte.

Luc Gagnon   Dossier Sida, religion

Je suis une personne «séro et positive» en santé (pour le moment). J’ai œuvré depuis près de vingt ans dans le milieu communautaire au Québec et également en solidarité internationale en Afrique.

Qu’il s’agisse de discrimination, de rejet, de solitude, d’un congédiement ou de l’impossibilité d’obtenir un emploi pour une question d’assurances médicales, les problèmes des personnes vivant avec le VIH au Québec demeurent bien réels et inacceptables, parce qu’évitables. Et je n’ai rien à faire de la pitié. Même la compassion m’énerve un peu. Je veux de la justice et du respect. Du respect sans égard au sexe, à l’orientation sexuelle, à l’origine ethnique, à la couleur de la peau, aux difficultés reliées à l’usage de drogue ou à un passé criminel. Le VIH est une question de santé publique, peu importe qui est touché.

Parce qu’un être humain qui souffre est un être humain de trop qui souffre. Peu importe où il se trouve sur la planète. Au Québec ou en Afrique du Sud. À Dolbeau comme dans le Centre-Sud. À la prison de Port-Cartier comme au coin de Sainte-Catherine. À Haïti comme à Montréal-Nord… La solidarité dans la lutte contre le VIH-sida ne devrait pas connaître de frontières.

Position de l’église

Le CPAVIH a dénoncé la position du diocèse de Montréal sur les tests de VIH pour les futurs prêtres. Le CPAVIH s’oppose à la demande de divulgation de la séropositivité d’un citoyen aux fins de l’exercice de son travail. En effet, les seuls renseignements médicaux qu’un citoyen doit fournir pour l’exercice de son travail sont ceux qui permettent d’analyser sa capacité à accomplir une tâche spécifique. Si une personne est cardiaque, cela peut l’empêcher d’exercer certains métiers, si une autre souffre d’un handicap physique ou intellectuel, cela peut également limiter sa capacité à travailler. Mais, le fait d’avoir contracté le virus du VIH, par quelque mode de transmission que ce soit, ne rend pas une personne inapte à l’exercice de son emploi. En aucun cas le simple fait d’être porteur du virus ne peut être pertinent. De plus, la protection des renseignements d’ordre personnel est un principe sacré dans notre système social. Or le dossier médical d’une personne est on ne peut plus personnel et privé. Seul un intérêt supérieur peut rendre acceptable le bris de cette protection. Soit la protection du public ou de la personne elle-même. On était loin de rencontrer ces conditions dans le cas d’aspirants à la prêtrise.

Quel message évangélique de compassion, d’inclusion Mgr Turcotte a-t-il lancé aux personnes séropositives? Une personne atteinte de VIH n’est pas une personne anormale, un monstre à cacher ou à jeter aux ordures. Le virus du VIH ne choisit pas et ne fait aucune discrimination. Il ne s’attaque pas à une communauté en particulier, ni à un groupe d’âge; c’est un virus, pas un péché.

CPAVIH Tel : (514) 521-8720 www.capvih.qc.ca

Commentaire du Cardinal Turcotte

Voyant la position de M. Gagnon, nous avons demandé au Cardinal Turcotte de commenter ce débat. Nous avons reçu comme réponse un communiqué de presse nous mentionnant que «l’Archevêché de Montréal n’émettra aucun autre commentaire sur ce sujet.» «… l’Archevêché de Montréal a amorcé, il y a plusieurs mois, une réflexion sur la mise à jour des conditions d’admissibilité des candidats à la prêtrise au Grand Séminaire de Montréal.

Cette réflexion n’a donné lieu à aucune décision définitive et il n’existe aucune directive officielle, voire écrite, exigeant le recours au test de dépistage du VIH… Notre réflexion quant à une éventuelle révision des critères d’admission des candidats à la prêtrise au Grand Séminaire de Montréal se poursuit. Nous pouvons dès maintenant affirmer que cette démarche ne mènera pas à l’imposition d’un test de dépistage de sérodiagnostic du VIH dans l’avenir.»

NDLR: Mgr Turcotte avait au préalable défendu sa décision d’imposer un test de dépistage du VIH, alléguant des raisons de santé et de mode de vie. Maintenant un communiqué de presse nous mentionne que la réflexion continue, mais qu’une décision de ne pas imposer le test est officielle. De plus, nous apprenons dans ce communiqué que Mgr Turcotte, un haut responsable pour la réflexion sociale et chrétienne, ne fera plus de commentaires sur le sujet. Comment pouvons-nous faire une réflexion tous ensemble si on ne prend pas le temps de se parler? La vive réaction des organismes communautaires impliqués auprès des personnes atteintes du VIH a-t-elle fait pencher la balance?

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Quand un homme accouche

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

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Dopage: Comment s’assurer que les athlètes des jeux olympiques ne tricheront pas ?

Dopage lors des Jeux Olympiques

Comment s’assurer que les athlètes des jeux olympiques ne tricheront pas ? Quels tests anti-dopage sont effectués? Quels sont les contrôles exercés sur les athlètes olympiques?

Laurène Smagghe   Dossiers Jeux OlympiquesAlcool et drogue

Aux Jeux de Pékin, 4 500 tests de dépistage seront effectués. Dans chaque discipline sportive, après chaque épreuve finale, six athlètes sont convoqués au centre de contrôle du dopage : les quatre premiers et deux autres pris au hasard.

Là, ils fournissent un échantillon d’urine, réparti dans deux flacons. Ces flacons sont ensuite envoyés au laboratoire.

Un seul flacon par athlète est analysé. S’il contient des traces de produits interdits, l’athlète est disqualifié. Il peut toutefois demander qu’on vérifie le deuxième échantillon d’urine. Si le deuxième échantillon est positif, adieu médailles !

Les athlètes sont également contrôlés en dehors des compétitions, sur leurs lieux d’entraînement, sans être prévenus ! Sinon, ils auraient beau jeu de se doper pendant des mois ou des années, entre les compétitions.

Perdre une médaille d’or

Ces tests sont obligatoires : ainsi, le Hongrois Adrian Annus, champion olympique de lancer du marteau en 2004, a perdu sa médaille d’or pour avoir refusé de se présenter à un contrôle antidopage hors compétition.

Une grande question reste toujours : y a-t-il des substances impossibles à détecter ? Ou des substances nouvelles, pour lesquelles il n’existe pas encore de tests de dépistage ?

Malheureusement, oui ! Certains sportifs utilisent des produits masquants et réussissent à passer au travers des contrôles. Il existe également des substances équivalentes à des produits dopants, mais qui ne sont pas recherchées.

Malgré cela, les autorités de l’Agence mondiale antidopage, à Montréal, soulignent que les progrès de la recherche scientifique rendent la tricherie de plus en plus difficile et, ultimement, permettront de l’éradiquer totalement.

La liste des produits interdits se trouve dans le Code mondial antidopage : http://www.wada-ama.org/rtecontent/document/code_v3_fr.pdf)

Cognac oui, amphétamines non…

Aux Jeux olympiques de 1909, le marathonien Thomas Hicks manque d’énergie en fin de course. Son entraîneur lui administre alors une « potion magique » contenant des œufs crus et du cognac ! Ragaillardi, Hicks remporte la médaille d’or. Sa potion n’était pas illégale.

Le jeune cycliste Knut Jensen a été moins chanceux. Aux Jeux de Rome en 1960, il s’effondre durant sa course et meurt peu après. Il avait consommé des amphétamines, une substance interdite.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Chanteuse Lhasa de Sela, cancer du sein et polémique de Twitter

Chanteuse Lhasa de Sela, cancer du sein et polémique de Twitter

Raymond Viger   Dossier CultureMédias et publicité et Internet

lhasa-de-sela-chanteuse-mort-cancer Lhasa de Sela est décédé à l’âge de 37 ans. Je ne peux rester indifférent à ce décès. D’une part, ma mère est décédée d’un cancer à l’âge de 39 ans. Mon beau-frère est décédé d’un cancer il y a 4 ans et ma belle-soeur, toujours d’un cancer il y a 3 ans. Je fume trop et mes poumons commencent à me le souligner fortement.

D’autre part, il y a cette polémique sur l’utilisation de Twitter pour l’annonce du décès de Lhasa de Sela. Sur le site de Canoe.com nous pouvions lire:

Moins de 24h après le décès de Lhasa de Sela, dans la journée de samedi, le journaliste culturel Claude André – un ami personnel de Lhasa – annonce la mort de l’artiste sur son blogue et sur Facebook.

La machine à rumeur s’est vite emballée. Repris sur Twitter, la nouvelle fait le tour de la blogosphère avant même qu’une confirmation officielle ne soit faite. Twitter est encore une fois pointé du doigt. Ce que je ne comprends pas, la nouvelle a été publié par un journaliste, Claude André, et il a utilisé son blogue et Facebook pour publier la nouvelle. D’autres internautes ont utilisé Twitter. Pourquoi Twitter est pointé du doigt et non pas Facebook ou les blogues? Et si Claude André s’était servi d’une radio ou d’un journal pour lancer la nouvelle qui aurions-nous questionné? Twitter, Facebook ou les blogues ne sont que des moyens, des outils, utilisés pour rejoindre un public. Est-ce l’outil qu’il faut questionner ou celui qui est derrière son clavier?

Pour terminerais en offrant mes sincères sympathies à la famille de la chanteuse Lhasa de Sela et à tous ces amis. Peu importe la relation que vous aviez avec Lhasa de Sela, si son décès prématuré vous affecte, n’hésitez pas à demander de l’aide. Certains deuils sont plus complexes que d’autres, plus difficiles à faire. Il ne faut pas banaliser la souffrance que l’on peut garder en soi et qui peut nous affecter. Les CLSC peuvent vous offrir ou vous diriger vers une aide professionnelle qui saura vous soutenir pendant votre cheminement.

Personnellement, ma mère est décédée à 39 ans du cancer. J’avais 16 ans quand elle m’a annoncé son cancer. Divorcée et orpheline, je l’ai soutenu pendant les 5 années qu’a duré son combat contre le cancer. Par la suite, plusieurs événements m’ont bousculé. Fragilisé par un deuil que je n’avais pas fait, j’en suis arrivé à faire 2 tentatives de suicide.

L’annonce du décès de Lhasa de Sela sur Twitter et Facebook ne sera pas la seule polémique qui sera soulevé. Louis Lacroix sur le 93,3 FM a fait le tour du monde!

Illustration de Lhasa de Sela par Renart L’éveillé.

Une belle analyse anthropologique de Geoffroi Garon sur les médias sociaux et du décès de Lhasa de Sela.

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