Dominic Champagne : pour une nouvelle démocratie

Le gouvernement invisible

Engagement des citoyens et démocratie véritable 

Normand Charest – chronique Valeurs de société | Dossiers Politique, Économie, Environnement

valeurs de société débats sociaux réflexions sociales socialeLe metteur en scène Dominic Champagne a publié un petit livre en août 2012 intitulé Le gouvernement invisible qui commence sur cette formidable citation du président américain Theodore Roosevelt, rédigée en 1906 :

« Derrière le gouvernement visible siège un gouvernement invisible qui ne doit pas fidélité au peuple et ne reconnaît aucune responsabilité. Anéantir ce gouvernement invisible, détruire le lien impie qui relie les affaires corrompues avec la politique, elle-même corrompue, tel est le devoir de l’homme d’État. »

Rien n’a changé

On est surpris de voir, plus d’un siècle plus tard, que la situation n’a pas changé et que les racines du gouvernement invisible et de la corruption sont aussi pérennes et persistantes que celles du chiendent ou du pissenlit.

Comme nous le démontrent en ce moment les histoires d’horreur de la commission Charbonneau, ainsi que toutes les dérives, les patinages de fantaisie et l’impossibilité des politiciens à nous donner des réponses claires. Comme des petits garçons qui ne souhaiteraient pas avouer leurs vols de bonbons ou de monnaie, et qui tenteraient de détourner l’attention des parents.

« Les raisons de nous indigner ne manquent pas », écrit Dominic Champagne, « spoliation de nos ressources, accroissement des inégalités, appauvrissement de la classe moyenne, dégradations de nos milieux de vie, privilèges fiscaux, corruption érigée en système, investissements militaires démesurés, convergence médiatique, perte de démocratie. »

Et cela donne le ton de ce véritable pamphlet.

Pour un gouvernement des citoyens

Dominic Champagne a surtout œuvré au théâtre, comme dramaturge et metteur en scène. Il vient de recevoir, en octobre de cette année, le Prix Gascon-Thomas de l’École nationale de théâtre. En 2006, il a mis en scène le spectacle Love à Las Vegas, basé sur des chansons des Beatles et produit par le Cirque du Soleil en collaboration avec Apple Corps.

Mais c’est « la saga du gaz de schiste » qui l’a « amené à prendre parti sur l’échiquier politique, en faveur des citoyens contre la domination de cette industrie prête à prendre le risque de sacrifier la qualité de vie des gens sur l’autel du développement à tout prix, au profit d’une minorité ». Car « Nous ne vivons pas que de pain », écrit-il. « Nous avons aussi soif de vérité et de justice. »

Dans son livre, Dominic Champagne plaide pour  un retour à la social-démocratie, à une économie qui serve les citoyens et non l’inverse. On a accusé la social-démocratie de tous les maux et prétendu que seul le néo-libéralisme était viable.

Une solution taillée à notre mesure

Mais pourtant, nous dit l’auteur, on parle peu des solutions nouvelles mises de l’avant par la Norvège, la Suède ou la Finlande et des surplus engrangés par ces pays, alors que le reste de l’Europe vit des heures difficiles.

Or, chacun de ces pays a trouvé une solution différente, taillée à sa mesure, adaptée à ses ressources et à ses besoins. Le Québec doit faire de même, nous dit Dominic Champagne, car nous ne manquons ni de créativité, ni de ressources naturelles.

Ce petit livre offre, en moins de 80 pages, une multitude de courts chapitres qui se lisent aussi facilement qu’un journal ou que des articles sur le Web.

Et l’auteur y ratisse large. Le Plan Nord, le gaz de schiste, les régions et les ressources. Éducation, culture. Démocratie. Protection du français, mais aussi diversité culturelle, recherche d’une voie commune avec les anglophones, les allophones et les Premières Nations.

La vigilance et l’implication des citoyens sont essentielles

Mais avant tout, son message souligne qu’il ne faut plus attendre des gouvernements ou des partis politiques qu’ils résolvent tous nos problèmes, puisque toutes ces organisations ont les mains liées par les finances.

La situation actuelle demande plutôt un engagement des citoyens, comme cela s’est fait pour le gaz de schiste. La vigilance et l’engagement constant des citoyens sont essentiels pour parvenir à une véritable démocratie.

Bien sûr, cette publication est un pamphlet, un manifeste dans lequel l’auteur exprime son opinion de citoyen, en se basant sur son engagement et ses expériences personnelles.

D’autres pourraient réfuter ses arguments, mais ces autres trouvent déjà leurs tribunes dans les pages financières et politiques des journaux et des autres médias.

Tandis que cet écrit fait une belle synthèse d’idées intéressantes qui peuvent inspirer notre réflexion et stimuler une plus grande implication sociale.

Cette implication et cette vigilance représentent la meilleure façon de réduire les abus, le laisser-aller et la corruption des administrations. Ou à l’inverse : le désintéressement et le laisser-faire sont les meilleurs moyens de se faire abuser.

Notes

  • Il faut signaler, au passage, une petite erreur en page 51 où il écrit : « Jacques Attali disait que le 21e siècle serait spirituel ou qu’il ne serait pas ». Cette phrase n’est certainement pas de Jacques Attali. On l’attribue généralement à André Malraux, et même dans ce cas, l’attribution est contestée.
  • Autre détail : ce livre est un pamphlet contre le gouvernement libéral de Jean Charest. Depuis sa publication, les Libéraux ont perdu le pouvoir et l’ancien Premier ministre s’est retiré de la vie politique. Mais outre ce détail, tout le reste du livre n’a rien perdu de sa pertinence.
  • Livre cité : Dominic Champagne, Le gouvernement invisible, éd. Tête première, 2012.

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Musée McCord : calendrier maya, fin du monde…

Normand Charest – chronique Valeurs de société | Dossiers Autochtone, Humour

musée mccord fin du monde 2012 illustrations humour caricaturesLa fin du monde en 2012, selon le calendrier maya ? Tout a été dit sur ce non-événement, au cours de l’année, mais le musée McCord a choisi d’en sourire en présentant 175 caricatures tirées de sa collection, qui remonte au début du 20e siècle.

On sourit du thème, mais tout en présentant des caricatures en grande partie sérieuses, puisqu’elles commentent des tragédies. Des catastrophes naturelles, comme le tsunami du Japon, ainsi que les différentes menaces à l’environnement, sur lesquelles beaucoup ont choisi de se fermer les yeux.

Les conflits armés prennent aussi beaucoup de place dans l’histoire humaine. Et, à ce titre, il faut souligner une importante collection de caricatures sur la Deuxième Guerre mondiale et la Guerre froide qui l’a suivi. Des dessins lourds d’histoire.

À l’opposé, dans la section réservée au calendrier maya et dans le genre comique, je retiens un dessin d’Aislin où il compare ce calendrier à un biscuit Oreo, dont on célèbre cette année le 100e anniversaire. La ressemblance entre le bas-relief maya et son équivalent chocolaté est certes frappante. Ce qui ajoute à ce thème le comique qu’il mérite.

(« La fin du monde… en caricatures ! », jusqu’au 26 janvier 2013.)

La fin d’un monde annoncé : les Amérindiens à l’aube du 20e siècle

Dans la cage d’escalier du musée McCord, on peut voir un énorme totem de Colombie-Britannique qui s’étend sur 3 étages. Bois non peint, ours, corbeau, une dizaine de figures en tout… cette grande sculpture autochtone fait plaisir à voir.

E. Curtis, Jeune fille arikara, 1909 (Wikipedia Commons)

Dans une autre salle, on présente les célèbres portraits d’Amérindiens du photographe et ethnologue américain Edward Curtis (1868-1952), qui forment les archives les plus riches sur ce thème. Nous connaissons tous ces photos. On les a vu en librairie, sur des cartes, en illustrations dans des livres et des magazines. Curtis a publié 2 200 de ses 44 000 photos sépia dans une collection de 20 grands volumes reliés cuir et dorés sur tranche, entre 1907 et 1930, sous le titre général The North American Indian. De plus, le premier volume bénéficie  d’un avant-propos du président Theodore Roosevelt.

Si son œuvre a été critiquée par certains, il demeure que son intention était de témoigner de la culture autochtone que tous, à l’époque, croyaient en voie de disparition. La fin du monde amérindien, comme on l’avait connu jusqu’alors.

L’exposition présente un choix de photos tirées à part, en grand format, ainsi que quelques volumes originaux exposés sous verre. Les plaques de verre de Curtis ont été détruites ou perdues. Il ne reste que les plaques de cuivre ayant servie à imprimer les photogravures.

(« Edward Curtis – Un projet démesuré », jusqu’au 18 novembre 2012.)

Une profondeur historique

L’actualité nous offre tellement de matériel qu’on serait portés à ignorer le passé. Or, c’est toujours une erreur de le faire, car le passé est riche d’enseignement et sa connaissance offre beaucoup plus de profondeur à notre pensée et à nos opinions actuelles.

C’est pourquoi nous gagnerions à écouter les anciens, ceux qui veulent nous raconter leurs expériences, et à visiter des lieux comme le musée McCord.

Un extrait du site Web du musée

« Notre mission – Le Musée McCord célèbre la vie d’ici, d’hier et d’aujourd’hui : son histoire, ses gens, son peuple, ses communautés.

Un musée… qui fait réfléchir – Un regard actuel sur les enjeux de société, les réalisations et les thèmes actuels. »

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L’amour en 3 dimensions

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet.Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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