DIOR: de l’immigration à la consommation

Dior, une jeune Québécoise d’origine sénégalaise, a une relation avec sa mère faite de menaces et de violence, qui l’a déstabilisée au point où elle a fui dans la consommation de marijuana, s’attirant problème par-dessus problème.

Dominic Desmarais             Dossier Croissance personnelle

fille immigration jeune consommationDior est pleine de compassion et d’empathie. Dès son enfance, elle se démarquait par une énergie peu commune. «Au primaire, on m’appelait madame Pompadour ou la princesse de Saba. J’arrivais en grande pompe! J’étais gentille et serviable, mais je parlais tout le temps.» Dissipée, la jeune Dior parvenait mal à se concentrer. En classe, elle dérangeait les autres élèves, au grand dam de ses professeurs et de sa mère qui ne savait pas comment la discipliner.

La première tentative de sa mère fut de l’envoyer dans un établissement privé au secondaire. Un encadrement plus strict permettrait à sa fille de mieux canaliser son énergie. Dior le concède, le secondaire l’a poussée à travailler. Mais ses débordements verbaux refusaient de disparaître. Tout en développant un côté studieux qu’elle ne se connaissait pas, l’adolescente continuait de prendre trop de place en classe. «Ma mère avait de la peine quand elle apprenait que je dérangeais. Elle ne savait pas comment agir avec moi alors elle me criait après. Elle n’était pas toujours d’accord avec ce que je voulais faire. J’étais déséquilibrée entre ce qu’elle voulait de moi et ce qui m’intéressait.»

Une relation orageuse

En pleine crise d’adolescence, Dior se bute à sa mère qui compose mal avec la différence entre la vie et l’attitude des jeunes dans son pays d’origine et le Québec. Mère monoparentale, elle mettait ses espoirs en sa fille unique pour qu’elle réussisse là où elle-même avait échoué. «Je devais prendre le meilleur des deux mondes. De la culture africaine enrichie des possibilités qu’offre l’éducation au Canada. Je défiais beaucoup l’autorité de ma mère. J’avais l’impression qu’elle me donnait des ordres dont je ne comprenais pas la raison. Je commençais à être irrespectueuse. Je devenais de plus en plus agitée à l’école, ce qui l’amenait à vouloir me contrôler encore plus.»

À 14 ans, les cris et la violence physique font partie de leur dynamique familiale. Pour essayer de régler leurs différends, elles vont en médiation devant un travailleur social. Rien n’y fait.

À partir de 16 ans, Dior commence à consommer du cannabis avec des amis. Elle s’aperçoit que son volcan intérieur se calme à chaque inhalation. Puis s’enchaînent les sorties, les danses et l’alcool. Elle rentre au petit matin. Sa relation avec sa mère s’envenime.

Sa mère prend rapidement le réflexe d’appeler la police qui débarque aux trois jours pour les empêcher d’en venir aux coups. À 17 ans, sa mère, excédée, la met à la porte.

Dior venait de compléter sa première session au cégep Brébeuf, un établissement privé haut de gamme. Elle avait travaillé tout l’été pour s’offrir cette éducation privilégiée. «Quand elle m’a sorti de la maison, je me suis rendue au cégep avec mes sacs remplis de vêtements, accompagnée de policiers. La directrice, pour m’aider, m’a trouvé une chambre en résidence.» Dior n’a pas d’argent, pas de meubles ni d’instruments de cuisine. Parfois, elle vole de la nourriture à d’autres résidents. Pour se faire de l’argent, elle commence à vendre du pot et vole une partie de la marchandise à son profit. Quand elle va voir sa mère, elle fouille dans son portefeuille et lui subtilise de l’argent. «J’allais la voir parce que je me sentais seule. J’avais besoin de son affection.»

La jeune femme le concède, elle faisait de mauvais choix. Sans égard pour les autres et pour les conséquences que ses actions engendraient, Dior se croyait tout permis. Comme de fumer des joints en résidence. Une fois elle est dénoncée et mise à la porte. Un deuxième déménagement forcé en moins d’un an. Un deuxième choc qui la traumatisait et exacerbait d’autant sa colère.

Par chance, Dior se trouve une famille pour l’héberger. Un couple qui, un an plus tôt, avait perdu sa fille des suites d’une overdose. La jeune femme, encore une fois, passe à côté de la perche qui lui était tendue. Ses problèmes émotionnels la rendent aveugle. Le peu d’argent qui passe entre ses mains disparaît dans l’alcool et le pot pour éteindre ses souffrances. À 18 ans, incapable de payer ses études, elle quitte son beau collège privé pour travailler.

Un cadeau empoisonné

À 19 ans, elle reçoit un montant d’argent pour la dédommager d’un accident de voiture survenu quatre ans plus tôt. Elle place son magot, mais sa mère en réclame la moitié. Elle exerce du chantage sur Dior qui se rebiffe. La confrontation entre les deux continue. La jeune femme tient son bout en pensant à ses rêves d’avenir.

Mais ce répit est de courte durée. Quelques mois plus tard, sa cousine, maniaco-dépressive, se suicide. Dior arrête tous ses projets. Elle noie son chagrin de la seule façon qu’elle connaît: en fumant des joints. «J’avais besoin de me détendre. J’étais complètement dépassée par les événements. En un an, j’ai dépensé tout mon argent.»

Dior touche le fond. Elle fait ses études collégiales dans un établissement public. Elle emménage en appartement avec une amie d’enfance. Un nouveau départ. Mais ses problèmes, trop lourds, refont surface. Sa colocataire, grande consommatrice de crack, l’agresse. Encore une fois, elle se retrouve à la rue.

Elle décide de cogner à la porte du centre Dollar-Cormier pour l’aider à cesser de consommer. Elle y suit une thérapie de deux mois et y retourne un an plus tard pour un séjour de quatre mois, vu l’insuccès de sa première tentative. «Là-bas, l’approche est axée sur la réduction des méfaits. C’est plus un éveil face à la consommation. Mais je n’étais pas encore rendue à pouvoir faire des choix éclairés.»

Commence alors une période d’instabilité où elle fait ressortir sa violence. De 2000 à 2007, elle voit passer 33 colocataires. «Que ce soit les autres qui aient quitté ou moi, ça fait beaucoup. J’étais très frustrée et peu conciliante. C’était la chicane perpétuelle.» Dior est une bombe qui n’attend que d’exploser. Dès qu’on lui en donne l’occasion, elle fait sortir sa colère refoulée. Son attitude lui attire aussi la violence des autres.

Dior s’inscrit à une thérapie donnée par le centre pour toxicomanes Portage. «À mon arrivée, je résistais complètement. J’étais toujours sur la défensive, j’étais agressive. Ils ne m’ont pas laissé tomber.» Après deux mois, elle est envoyée en thérapie pour adolescents. Avec des plus jeunes qu’elle, Dior trouve chaussure à son pied. Elle travaille son humilité tous les jours. «Il fallait que je m’ouvre devant elles parce que je suivais les mêmes thérapies. Des ados, c’est plus direct. J’ai appris à me remettre en question. Je m’améliorais, je faisais moins de crises, mais j’étais encore trop autoritaire.»

À la fin de sa thérapie de quatre mois, le directeur de Portage l’approche pour lui proposer de travailler au centre. Le directeur veut qu’elle intervienne auprès des communautés culturelles pour qui les problèmes de consommation sont tabous. Sous sa carapace farouche et agressive, il aime son côté maternel et son écoute. «À Portage, ils voulaient changer la mentalité d’intervention où l’approche était répressive, méchante. La bonne vieille méthode de la confrontation. Mais les problèmes de toxicomanie ont changé. La demande vient de gens qui n’ont pas reçu d’amour dans la vie. Ma façon d’intervenir dans les groupes collait bien avec cette nouvelle approche, celle d’une famille communautaire.»

Comme intervenante, Dior continue son propre apprentissage. Elle apprend à améliorer son écoute, des autres comme de sa personne. Ses débuts dans son nouvel emploi sont ardus. Elle est blessée par la colère que les jeunes lui envoient. «Même si je suis devenue une intervenante, je reste un être humain. Les crises des autres me permettent de me remettre en question, de me découvrir.» Ses collègues sont, pour la plupart, passés par les services de Portage avant d’y travailler. Sans cette expérience, Dior conçoit mal qu’il soit possible d’y œuvrer. «Je sais que je vais rentrer dans mes chocs émotifs que j’ai laissés de côté. C’est difficile, au début. Les gens sont en réaction parce qu’ils sont en rétablissement. Il faut toujours se détacher comme les intervenants l’ont fait avec moi. Au début, les toxicomanes se protègent pour, petit à petit, apprendre à gérer leurs émotions. Ce sont tous des toxicomanes. Tout le monde est obligé d’accepter son état plutôt que de le nier ou de le fuir.»

Dior est retournée vivre avec sa mère. Leur relation est moins tendue. Bien que son volcan intérieur soit apaisé, elle éprouve de la difficulté à prendre des décisions, à faire des choix pour elle. Encore fragile, elle continue d’apprendre à se connaître. Il lui a fallu prendre un long détour avant de revenir à la case départ.

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L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

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À la croisée de 2 buzz

Toxicomanie

Toxicomane à 10 ans

Dans son habit de danseur hip-hop, Kenhell, 32 ans, est venu avec sa compagne Nikou, son ange. Après 20 ans de consommation, 16 thérapies et une sacrée dose de persévérance, il voit le bout du tunnel. C’est la musique qui l’a sauvé.

Lucie Barras Dossier Drogue

drogue toxicomanie thérapie toxicomane junkie sevrage dépendance consommation«J’avais 10 ans lorsque j’ai touché à la drogue pour la première fois. J’ai pris des champignons hallucinogènes avec des amis. J’y ai pris tant de plaisir! Mais, mon premier contact avec la drogue, j’avais 3 ans. Ma mère m’a fait garder par des personnes qui consommaient du cannabis. J’ai cru, ce jour-là, qu’elle m’abandonnait. J’ai arrêté de manger et de dormir. Je suis devenu hyperactif.»

À trois ans, une rage s’empare de Kenhell. En grandissant, il la canalise en jouant de la batterie. Mais ses parents ne veulent pas en entendre parler. Très vite, la musique ne lui suffit plus. À l’entrée dans l’adolescence, il se tourne vers la drogue, pour combler le manque.

Drogues et suicide

«J’ai commencé avec du cannabis. Un ou deux ans plus tard, je suis passé à la cocaïne. Ça a été le coup de foudre. J’y ai trouvé mon calme. La coke apaisait mes angoisses et mon hyperactivité. À cette époque, je réussissais, j’avais ce que je croyais être des amis. J’étais loin d’être conscient de ma dépendance. Comment la drogue aurait-elle pu m’arrêter? En même temps, mes idées suicidaires faisaient leur chemin, tranquillement. Je voulais vivre ma vie à fond, et la terminer à fond.»

«À quinze ans, ma famille tentait d’avoir un peu d’autorité sur moi. Je ne voulais rien écouter. J’ai perdu la tête. J’ai fini en centre d’accueil pour voie de fait contre mes parents et vente de stupéfiants. Puis, on m’a envoyé en centre de thérapie. J’y ai fait une tentative de suicide.»

À sa sortie, Kenhell rencontre le groupe de punk rock Impact. «J’avais une faible estime de moi, ils m’ont donné ma chance. Impact m’a fait comprendre que la musique pouvait devenir un métier et me sauver la vie. Mais entre temps, j’avais remis le nez dans la drogue.

Les mêmes amis m’attendaient à la sortie… Je sentais la pression de mes parents. Ils voulaient que je gagne ma vie. Je ne voyais pas d’autre option que vendre. Le jour de mes 16 ans, je suis allé voir le directeur de mon école pour lui demander à combien s’élevait son salaire. Il gagnait autant que moi avec mon deal. Je lui ai dit adieu.»

Kenhell poursuit ses activités musicales. Il se tourne vers les drogues dures. Le crack et l’héroïne, surtout. «J’ai commencé à fuguer pour éviter mes parents et la police. Je partais pendant des mois. Je revenais seulement pour me laver et manger lorsque tout le monde était au travail. Je dormais à droite, à gauche, dans des squats ou chez des compagnons de trips

Psychose et prison

Un soir, Kenhell voit la police débarquer dans l’immeuble où il se trouve avec des amis. Il a sur lui une grosse quantité de drogues. La police vient pour les autres mais Kenhell ne le sait pas. Pris au piège, il consomme tout, one shot… et fait une psychose.

Il a 20 ans. C’est un choc, pour Kenhell qui perd ses repères, pour ses proches également, qui perdent confiance en lui. «On me croyait fou. Les membres de mes groupes de musique sont devenus suspicieux. Alien Fœtus, pour qui je jouais, m’a fait porter le chapeau d’un vol de guitare qui n’avait en fait jamais été volée, elle a été retrouvée par la suite. J’ai voulu me défendre. J’y ai été un peu trop fort. L’un des membres du groupe a porté plainte. Il m’accusait de cannibalisme pour une morsure. J’ai atterri en prison, pour voie de fait aggravé. La drogue m’avait rendu psychiquement vulnérable. Je n’avais pas la force de comprendre ce qui m’arrivait, encore moins de me défendre. Le juge a réalisé que j’étais intoxiqué, il m’a envoyé en thérapie. J’en étais déjà à ma huitième.»

À sa sortie, Kenhell est sobre. Et seul. Alors qu’il cherche un job, il est engagé comme DJ dans un club de danseuses. Un univers sombre. Il retombe subtilement dans les stupéfiants, la vente de coke, d’ecstasy, de speed ou encore du viagra. «J’étais un bon DJ. On m’a offert plus de travail, un plus gros salaire, et plus de responsabilités. Je n’ai pas supporté cette pression.»

Un pied dans la tombe

Kenhell a 22 ans. Il fait la rencontre du groupe Whisper et commence une double vie, entre les clubs et le groupe. «Jouer avec eux aurait pu me sauver. Mais j’avais déjà un pied dans la tombe. Je ne pouvais plus faire marche arrière.»

Un jour, alors qu’il rentre d’une fugue, il retrouve la maison familiale vendue. Ses parents, endettés, ne pouvaient plus faire tourner leurs 3 commerces. «J’étais déraciné. Je m’étais toujours vu reprendre cette bâtisse plus tard. Je ne suis pas le seul à ne pas l’avoir supporté. En un an, ma famille s’est effondrée. Ma mère est partie.

«Deux loyers et des dettes sont retombés sur mes épaules. J’ai dû vendre le dépanneur familial pour un prix infime. Je me suis retrouvé à la rue. Je travaillais comme aide-cuisinier, dormais sur les terrasses des restaurants que mes patrons avaient la gentillesse de chauffer par grands froids. Ils savaient que j’étais shooté. Mais, je faisais mon boulot. Je travaillais uniquement pour ma consommation de drogue, et ce jusqu’à épuisement.»

Peu après le décès de son père, le chanteur de Whisper et ami de Kenhell meurt subitement. «J’ai pleuré de toutes les larmes de mon corps. Ça m’a désinfecté. C’est comme si après ce chagrin, la drogue ne me satisfaisait plus. La dépression était trop forte.

Je suis allé en thérapie, de mon plein gré cette fois. À reculons, certes, mais je l’avais promis à cet ami. J’espérais y trouver un peu de sécurité aussi. Enfermé, j’ai commencé l’écriture de ce qui allait devenir mon album solo.»

À l’issue de cette thérapie, Kenhell trouve une certaine stabilité. Il continue ses activités de DJ et de vendeur. Plusieurs années passent, il entre comme chanteur dans le groupe de hip-hop Addiktion.

«En deux jours, quatre de mes amis ont perdu la vie dans un accident de voiture. Et mon ami de toujours s’est suicidé. Il était bassiste pour le groupe Arqueslange, comme nos noms de famille: Arbour, Quesnel, Bélanger. Je lui avais présenté sa femme. C’est sa fille de quatre ans qui l’a retrouvé. J’ai pleuré trois jours sans m’arrêter. J’en avais le visage noir. Cette peine m’a fait renaître. Kenhell allait être mon nom, je devenais moi-même. Je ne voulais plus entendre parler de suicide.»

L’album d’une vie

Il y a un an, il rencontre Nikou dans un bar-restaurant. Elle va lui redonner confiance, le pousser à aller au bout de son projet: l’album solo. «Avant, les questions d’argent, de droits, me décourageaient. Mais ça y’est, il est bel et bien sorti. Le double album que j’avais imaginé est devenu deux albums distincts. J’y ai tout mêlé. Mon côté sombre et mon côté clair, mon côté métal et mon côté reggæ, mon côté hip-hop et ma part plus sentimentale.»

Le premier album, Légitime démence, est en vente depuis juin 2010. Plusieurs artistes y ont collaboré: Fatal, Bumperman, Arabouish d’Alien Fœtus, Morin de V-ztoars, Critical Raf, Leaving for LA ou encore le groupe de Kenhell Ogotaï.

Lutte quotidienne

Kenhell n’a pas touché à la drogue depuis plusieurs mois. Son combat, il le mène «un jour à la fois». Il est bénévole pour les Émotifs, Narcotiques et Alcooliques Anonymes. À côté de sa carrière solo, il enseigne la batterie. Il est également batteur pour le groupe de rock progressif V-Ztors qui produit son 1er album, et  DJ… pour les évènements seulement.

«Pour évacuer ma rage, j’avais le choix entre les trois T: la tombe, la tôle ou la thérapie. J’ai choisi. Mon deuxième album porte un message pour les découragés. Il est dédié à ceux qui ont des problèmes de dépendances.

«Il ne faut pas avoir peur de demander de l’aide. Aux services anonymes, aux structures médicales, et même à Dieu. Il faut s’accrocher à un but, y aller petit pas par petit pas. On peut juste rencontrer un ange.»

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    Consommation de drogues: conséquences et séquelles

    Spectacle du Bistro le Ste-Cath (l’ancien Bistro In Vivo) dans Hochelaga-Maisonneuve

    Toxicomanie

    M’en sortir pour mes fils

    Il est difficile pour un ancien héroïnomane de faire la paix avec ses vieux démons. Pierre a dû passer par le remords et le rejet avant de se sentir renaître. Ce sont ses deux garçons qui l’aident à se battre pour continuer à vivre malgré son passé qu’il traîne comme un boulet.

    Dominic Desmarais Dossiers Drogue

    toxicomanie héroinomane héroine droguePierre dit être sobre depuis près de 20 ans. Il n’en est pas certain. L’usage prononcé de drogues dures a nui à sa mémoire. «C’est difficile de me situer parce que j’ai eu de petites rechutes de deux ou trois jours, au début des années 1990. Je n’ai plus la même capacité de me rappeler, j’oublie vite. C’est plus à cause du LSD et de la colle parce que ç’a brûlé mes cellules.»

    Séquelles à la consommation

    Pierre prend le temps de fouiller dans sa mémoire. Il parle lentement avec, à l’occasion, des absences qui lui font perdre ses idées. Il a des éclairs de lucidité suivis de doutes. Il a beau être sorti de l’enfer de la dépendance, la drogue continue de l’affecter. «Ça m’a pris au moins 10 ans pour me remonter. D’abord physiquement, j’en souffre encore. Je n’étais pas une beauté, mais je paraissais bien. Aujourd’hui, on voit les résultats.» Pierre a la peau jaunâtre et flasque. Ses dents, pour ce qu’il en reste, sont gâtées. Âgé de 49 ans, il en paraît 15 de plus. Mais son apparence est le moindre de ses soucis. Il a des problèmes de foie, de la difficulté à dormir et à marcher.

    «J’ai encore des séquelles. Je suis affecté mentalement. Quand je vis une crise, je suis maintenant capable de faire avec sans me doper. Avant, quand je n’étais pas bien dans ma peau, que je rêvais de gens qui se piquent, je ne dormais plus la nuit. Des fois, je ressens un malaise profond quand j’ai un flashback de cette période. Ça peut être quelque chose qui me ramène au passé. Et quand ça m’arrive, j’ai peur. J’ai peur de rechuter. Pourtant, ça fait des années que je n’ai rien consommé. C’est impossible d’oublier ça. Je vais toujours être de même. Je suis cicatrisé à vie.»

    Junkie à l’héroïne

    À force de côtoyer la mort et les endroits malsains, la fragilité de Pierre est sortie de l’ombre. Il doit affronter ce qu’il a fait semblant de ne pas voir quand il était sous l’effet de l’héroïne. «Quand je réalise ce que j’ai fait à certaines personnes, je me sens mal. Ça prend un salaud pour donner une aiguille à une femme enceinte. Je me déculpabilisais en me disant que c’est elle qui l’avait demandé. Je n’étais pas moi-même, à lui procurer de l’héroïne. Un junkie, pour moi, c’était comme un numéro quand je vendais de la drogue.»

    En discutant, Pierre revit un malaise qui le secoue. Le passé revient le hanter. Pour passer au travers, il pense à ses garçons. «Ce qui me ramène immédiatement, ce sont mes fils. Je ne me mettrais jamais une aiguille dans un de mes bras avec mes enfants. Je ne leur ferais jamais vivre ça. C’est impensable. Plutôt me tirer une balle.»

    L’amour d’un père

    seringue drogue injectable injection dependance consommation udi Pierre a commencé à se droguer pour fuir son père. Il veut être un autre modèle pour ses fils de 17 et 16 ans, qu’il n’a pu voir tout au long de leur enfance en raison d’une mésentente avec la mère. «Elle a été abusée sexuellement par son père. J’ai essayé de l’aider, mais je lui nuisais. La rupture était inévitable. Elle était centrée sur le matériel et l’argent. Mais je n’ai pas de rancune, c’est elle qui m’a donné mes deux enfants. J’ai vu, plus tard, qu’elle avait bien fait de me quitter.»

    Sa conjointe part avec leurs garçons alors qu’ils sont en bas âge. Pierre se bat pour les voir puisqu’il partage la garde. «Mais elle me faisait trop de troubles. Elle a appelé la police plus d’une fois de sorte que si je me présentais chez elle, la police allait rappliquer. Ça m’a démoralisé. J’ai été voir des avocats, ce que je ne voulais pas au début parce que je n’avais pas d’argent. Je me sens mieux et je suis capable d’accepter ce qu’elle m’a fait. Elle avait des problèmes à régler. Tout comme moi.»

    La DPJ

    De loin, Pierre essaie de garder le contact avec ses fils. Il leur envoie des cadeaux et des cartes pour Noël et aux anniversaires. Elle lui retourne tout ce qu’il offre. «Ils ne les ont jamais vus! Elle avait peur qu’ils aient une relation avec moi. Elle ne voulait pas que je les voie. Elle leur a dit que j’étais un pourri, un dopé. Ils me l’ont avoué il n’y a pas longtemps.»

    L’ancien junkie se résigne. Il s’attend à revoir ses enfants à leur 18e anniversaire. Jusqu’à ce que la DPJ entre en contact avec lui au sujet de Brian, son plus jeune fils. «Il avait 15 ans. Il créait des problèmes parce qu’il me cherchait. Il en voulait à sa mère.

    Et quand la DPJ entre dans la vie d’un jeune, les deux parents doivent être rencontrés. Si j’ai une belle relation avec mes enfants, c’est grâce à lui parce qu’il a forcé les choses pour me voir. Il manquait la présence de son père. Un enfant a besoin de ses deux parents.»

    Un rapprochement difficile

    Même s’il a cessé de consommer, Pierre a de la difficulté à se rapprocher de sa famille. Son père reste aussi dur à toucher. «J’aurais aimé qu’il puisse s’ouvrir et me dire qu’il m’aime. Avec le temps, j’ai vu que c’était impossible. Pour lui, un homme n’affiche pas ses émotions et sentiments. C’est sa mentalité.

    Un homme ne pleure pas, il n’a pas le droit. C’est comme ça que j’ai grandi. On va avoir une relation froide jusqu’à sa mort. J’ai fait mon deuil. Je ne peux pas devenir ami avec lui, ou même avoir une relation père-fils. J’ai arrêté d’essayer.»

    Avec sa mère, c’est la même chose. «C’est pire encore. Elle a toujours eu l’esprit d’une femme au foyer. Faire le ménage, le souper sur la table quand son époux arrive pour le voir content. Il n’y avait pas de vie familiale.

    Si on faisait une activité, un voyage, on ne partageait pas ce qu’on voyait, ce qu’on vivait. On le gardait chacun pour soi. J’aurais aimé ça qu’on s’ouvre. Ma mère non plus ne m’a pas pris dans ses bras pour me dire qu’elle m’aimait.»

    Impossible pour Pierre de tisser des liens qui n’ont jamais existé avec ses parents. L’amour et l’écoute qu’il aurait aimé recevoir, il l’offre à ses fils. «Avec mes enfants, c’est complètement différent. On a une relation amicale. J’accepte les erreurs que je fais avec eux. Je leur dis quand j’en fais. Et je leur demande de me le dire quand je leur fais vivre quelque chose. Ça m’encourage.

    Si je suis encore debout et positif, c’est à cause d’eux. J’ai été un junkie, plusieurs personnes sont mortes indirectement parce que je leur ai vendu de la drogue. Mais mes deux enfants me font dire que je n’ai pas tout raté. Je donnerais ma vie pour eux. Ils viennent avant moi.»

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    Mylène Lavoie et le conte

    Art et santé mentale

    Mylène Lavoie : le conte dans l’abîme et les émotions

    Mylène Lavoie est une conteuse amateure de 35 ans. Sa vie est marquée par la maladie mentale depuis l’enfance. Même si elle est aux prises avec le trouble de la personnalité limite, rien ne l’empêche d’évoluer tranquillement dans le monde du conte, un art qu’elle manie avec brio.

    Anders Turgeon Dossiers Santé mentale

    conte conteur mylene lavoie trouble personnalite limiteMylène vit une douleur constante à cause du trouble de la personnalité limite. Appelée fréquemment le trouble borderline, cette maladie mentale est caractérisée par une grande intensité et une grande variation dans les émotions ainsi qu’une instabilité de la personnalité. «C’est comme des montagnes russes d’émotions en une couple d’heures. Mes proches me considèrent hystérique. Mon trouble me fait souffrir et je me réfugie dans la boisson, le sexe, des relations pas satisfaisantes et des comportements impulsifs», révèle-t-elle.

    L’enfance et l’adolescence troubles de Mylène

    La maladie mentale de Mylène trouve son origine dans sa jeunesse. «J’ai grandi avec une mère schizophrène, une grand-mère très protectrice, un père absent et une sœur plus jeune que moi qui me maltraitait. On me faisait sentir que je ne pouvais pas être capable de grandes choses», déclare-t-elle.

    Isolée par son milieu familial, elle se réfugie dans les livres. «Je me suis toujours sentie différente. J’ai passé ma jeunesse dans les livres. Je vivais beaucoup dans ma tête et je n’ai pas développé mon côté social», raconte-t-elle. À défaut d’avoir des amis, elle a développé son imagination grâce à sa passion naissante pour la littérature.

    Fragilisée psychologiquement par son environnement, Mylène s’effondre à 17 ans. Ses craintes incessantes et son anxiété l’ont menée à une dépression et une psychose, lesquels l’ont conduit à l’hôpital.

    L’insécurité, la découverte du conte et son diagnostic

    À la suite de son hospitalisation, Mylène a connu une longue traversée du désert avant de recevoir un diagnostic de trouble de la personnalité limite. «J’ai fait mes études et je me suis trouvé un emploi que je n’ai pas gardé longtemps. Je me suis fait quelques amis. N’empêche que je me sentais seule chez moi et je pleurais fréquemment», avoue-t-elle.

    Alors qu’elle doit composer au quotidien avec les hauts et les bas de son trouble psychologique, elle découvre l’art du conte. «Je travaillais pour une entreprise familiale lorsque j’ai pris des cours de soir sur le conte au défunt organisme La Vingtaine. J’ai beaucoup aimé ces cours et j’ai eu la piqûre», raconte-t-elle.

    Mylène a fait ses premiers pas de conteuse sur scène durant l’événement Cégeps en spectacle à 20 ans. Bien qu’elle ne gagne pas sa vie avec le conte, elle enchaîne les spectacles à un rythme régulier dans des petites salles et des cafés et elle prend régulièrement part aux soirées du Cercle des conteurs de Montréal.

    Et son diagnostic de trouble de la personnalité limite arrive à l’âge de 33 ans. «Mon agente d’Emploi-Québec a voulu me référer à un programme de pré-employabilité avec un volet en santé mentale. Elle voulait aussi me faire voir un psychiatre. Elle trouvait que je n’avais pas des réactions « normales »», avoue-t-elle. Contrairement aux médecins généralistes qu’elle a consultés, un psychiatre a été en mesure de lui diagnostiquer son personnalité limite.

    Le conte pour contrer son état limite

    Consciente d’être à la merci de son intensité et de ses émotions, elle entreprend d’utiliser ces deux facettes de son trouble mental pour les transposer dans ses contes. «J’éprouve toujours un sentiment de vide. Je le comblais par toutes sortes d’excès. Maintenant, je suis en mesure de le satisfaire à travers mon imaginaire dans la création de mes contes. Les écrire me donne l’espoir que les choses peuvent aller mieux dans ma vie», raconte-t-elle.

    Elle monte ses spectacles pour que les gens soient immergés dans ses histoires à travers ses personnages. «J’utilise l’intensité de mes émotions pour donner vie à mes personnages. Les spectateurs embarquent ainsi dans mes histoires même si leur niveau d’enthousiasme peut varier. Être en interaction avec un public comble un besoin de reconnaissance que je n’ai jamais eu étant plus jeune», confesse-t-elle.

    Pour créer ses histoires, elle puise dans l’univers des contes européens, le fantastique et le côté sombre de l’humain. «Mes contes sont peuplés de sorcières, de fées et d’autres créatures fantastiques. La jalousie se retrouve aussi dans mes histoires tout comme la mort et la vengeance. La spiritualité, le bien et le mal, la morale et les embûches de la vie sont des valeurs transparaissant également dans mes contes. Elles sont très importantes à mes yeux. Mes contes ont tous un important aspect autobiographique», conclut-elle.

    À présent, Mylène a plusieurs projets en tête. Elle souhaite être encadré professionnellement. Elle prépare aussi un spectacle de conte incluant une exposition de photos avec des poèmes. Nous pouvons lui souhaiter de vaincre les démons de son trouble de personnalité limite et de faire carrière en tant que conteuse, tout comme Fred Pellerin.

    Autres textes sur Santé mentale

    Après la pluie… Le beau temps

    apres-la-pluie-le-beau-temps-recueil-de-textes-a-mediter-croissance-personnelleRecueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

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    Croissance personnelle ou prendre soin de soi?

    Soigner son âme

    Quelques thérapies pour tous

    Le terme thérapie vient d’un mot grec qui signifie « soigner ». Or, si l’on a besoin d’être soigné, c’est d’abord qu’on est malade.

    Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossier Développement personnel

    reflet société social débats réflexions socialesLe terme thérapie est surtout utilisé de nos jours dans le sens psychologique, c’est-à-dire pour soigner les maux de l’âme, qui sont nombreux dans un monde dont les carences ne sont pas que matérielles, mais avant tout intérieures.

    Au cours du dernier siècle ou à peu près, on a beaucoup travaillé sur l’évolution matérielle. Par exemple, sur l’élimination des microbes, sur l’eau courante, les toilettes intérieures et l’hygiène, sur le chauffage, sur le confort en général. Mais on n’a pas beaucoup avancé en ce qui concerne le bien-être de l’âme et, dans certains cas, on a même régressé à cause d’un mode de vie déshumanisé, trop rapide et trop stressant.

    Albrecht Dürer, «Melancholia I», 1514

    Albrecht Dürer, «Melancholia I», 1514

    On parle de thérapie par les animaux et c’est bien, mais les humains ont toujours retiré du bonheur et du réconfort de leur contact avec des animaux. Que ce soit avec leur bétail, leurs chevaux, leurs chiens, leurs chats ou leurs singes ; ou avec les animaux qu’ils chassaient et qu’ils aimaient en même temps. C’était là une chose naturelle. Et c’est surement parce que la chose n’est plus naturelle qu’on lui donne maintenant le nom plus recherché de « thérapie par les animaux ».

    On pourrait dire la même chose de l’art-thérapie, probablement, puisque l’art était jadis un peu partout et à la portée de tous, sans qu’on en parle et sous forme d’artisanat. Puisque tout était artisanal : la fabrication d’une assiette, d’un vêtement, d’un jardin, d’une maison, l’écriture d’une lettre…

    Alors que maintenant presque tous nos objets sont devenus impersonnels, parce qu’ils sont de fabrication industrielle. Tandis qu’à l’opposé, l’art est devenu quelque chose de précieux, souvent coupé du quotidien et réservé aux musées. L’art-thérapie, c’est un peu la réalisation que l’art peut être, à nouveau, à la portée de tous. Et qu’il nous fait du bien, tout simplement, sans aucune prétention.

    Plus récemment, on a aussi parlé de bibliothérapie, ce qui signifie « thérapie par les livres ». Bien avant que les livres existent, les humains aimaient les histoires, dans lesquelles reposait beaucoup de sagesse orale. On aimait en raconter, et on aimait les écouter. On y revient, d’ailleurs, avec des conteurs comme Fred Pellerin. D’autre part, le rituel de la lecture faite aux enfants avant qu’ils ne s’endorment est encore bien actuel.

    Et le livre est lui-même une histoire qui nous attend, un conteur discret qui peut nous parler à toute heure du jour ou de la nuit, dans la foule des transports publics, des cafés, dans la solitude de notre chambre ou même au fond des bois. Pour autant qu’on sache lire, bien sûr, car ce n’est pas là chose évidente, encore aujourd’hui.

    À notre époque de haute technologie, le livre demeure la plus simple des machines, la plus performante, la plus durable et la plus recyclable.

    réflexions sociales débats société social

    NC

    Au cinéma, on nous impose des images et des visages, des voix de comédiens, tandis que dans les livres, c’est nous qui inventons les personnages, qui leur donnons un visage. Ainsi, chacun est responsable de son propre casting.

    Par le biais des personnages, l’auteur peut nous faire vivre des expériences qui nous enrichissent. On peut y être braves avec les braves, aventureux avec les aventuriers, patient avec les patients et émerveillés par tout ce qui nous est raconté. Cela peut nous aider dans notre traversée des usines, des bureaux et des métros un peu trop gris. Au moins au temps.

    Dans la plupart des cas, nous sommes nous-mêmes nos propres thérapeutes. Nous trouvons nous-mêmes les livres, les musiques, les artistes qui nous font du bien.

    Mais lire à haute voix pour les autres prend une autre dimension : cela se transforme en don, en un don de soi. Le lecteur à haute voix devient alors un peu thérapeute. La mère l’est spontanément pour ses enfants. On le fait aussi pour les malades, pour ceux qui ne voient plus, qui ne peuvent pas ou qui ne peuvent plus lire par eux-mêmes. Nous devenons pour eux la voix du livre. C’est là une belle façon d’aider.

    Un bon livre est un jardin que l’on transporte avec soi.

    – Proverbe arabe

    Autres textes Développement personnel

    L’amour en 3 dimensions.

    l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

    Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

    L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

    Le livre est disponible au coût de 19,95$.

    Après la pluie… Le beau temps

    apres-la-pluie-le-beau-temps-recueil-de-textes-a-mediter-croissance-personnelleRecueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

    Le livre est disponible au coût de 9,95$.

    Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.htmlPar la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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    Et si un stress post-traumatique nous faisait grandir?

    Croissance post-traumatique

    Pour devenir une meilleure personne?

    Si le stress post-traumatique est bien connu, un nouveau concept tente de faire sa place en psychologie: la croissance post-traumatique. Et si un événement traumatique faisait de vous une meilleure personne?

    David Savoie (Agence Science-Presse) Dossier Croissance personnelle

    Patrick Mortier, psychologue à Montréal, est un de ceux qui ont travaillé sur cette question. Dans le cadre de sa thèse de doctorat, il s’est attardé à la façon dont des survivants du génocide rwandais sont passés à travers cette épreuve.

    Et son constat est étonnant: des années après, plusieurs rapportent se sentir grandi, avoir de meilleures relations interpersonnelles et une meilleure spiritualité.

    En somme, ils développent «un sens de l’essentiel», explique le psychologue. «C’est l’idée d’une transformation qui s’opère. Plus le traumatisme serait important, plus grande serait la probabilité d’une croissance post-traumatique.»

    Croissance post-traumatique

    La littérature est pavée d’exemples mais les recherches scientifiques, elles, sont encore minces. Ce sont deux professeurs en psychologie de l’Université de Charlotte, Richard Tedeschi et Lawrence Calhoun, qui ont créé le terme de croissance post-traumatique il y a tout juste une dizaine d’années.

    Depuis, l’idée a tant et si bien fait son chemin que les psychologues croient pouvoir identifier les personnes susceptibles de grandir après un événement traumatisant. Il semblerait que même les Forces armées canadiennes évaluent le potentiel des soldats envoyés au front, pour déterminer leurs résiliences.

    Croissance pour tous?

    Un des problèmes, note Patrick Mortier, c’est la difficulté de chiffrer cette expérience. Les études vont dans tous les sens: certaines concluent qu’à peine 5% des gens passés par un traumatisme en sortent grandis, d’autres parlent de 90%. «Il n’y a pas de tangente précise», pondère Patrick Mortier.

    Il prend bien soin de le souligner: on ne peut pas parler de «bénéfices» à un choc traumatique quel qu’il soit. Même chez celles qui vont affirmer en ressortir de meilleures personnes, la croissance post-traumatique peut prendre des mois, voire des années. «On n’enlève rien aux conséquences négatives, mais cela permet aux gens de garder espoir.»

    Et les traumatismes graves?

    La psychologue Pascale Brillon émet un bémol. Spécialiste du stress post-traumatique, elle travaille à la Clinique des troubles anxieux de l’hôpital Sacré-Coeur de Montréal, dans ce qu’elle appelle la «troisième ligne». C’est ici que viennent les gens qui ont subi des traumatismes très graves et pour qui la thérapie ailleurs n’a pas fonctionné —des militaires revenus d’Afghanistan, des femmes victimes de viol collectif, des parents qui ont perdu des enfants dans des circonstances dramatiques.

    Selon elle, pour certains traumas, c’est tout simplement impossible d’en sortir grandi. Les psychologues tentent de mettre le positif en évidence, mais dans certains cas, «il n’y a rien de positif qui ressort d’un événement». Dans sa pratique, elle constate qu’après une longue démarche, des patients parviennent à tirer du bon de leurs expériences difficiles. Ils mesurent le chemin parcouru, et ils sont «sereins».

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    Quand un homme accouche

    quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

    Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.htmlPar la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

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    Procès d’un jeune meurtrier

    Mère un jour, mère toujours

    Ça fait plus d’un an que je n’ai pas vu mon garçon. Aux dernières nouvelles, ma sœur l’avait vu au centre-ville au coin d’une rue en train de vendre de la drogue. Je suis partie à sa recherche. Je suis revenue complètement bredouille de ma chasse au trésor.

    Écrit par Martine   Dossier Famille , Chroniques d’un prisonnier 

    relais famille mereJe me disais: «Bon Dieu, faites qu’il se retrouve avec les bonnes personnes. Faites qu’il soit encore en vie.»

    J’ai une conversation avec une amie. Un acte criminel s’est produit quelques jours auparavant. Elle me demande comment je réagirais si mon fils était impliqué? C’était clair pour moi que je ne pouvais le savoir sans l’avoir vécu.

    Fin janvier 2006, je m’installe devant le téléviseur pour écouter les nouvelles. La première image que je vois est celle de mon fils. Il est activement recherché pour meurtre au premier degré.

    Sous le choc, je me dis que je suis en train de vivre le pire cauchemar, celui que je redoutais le plus. Est-ce le ciel qui vient de me tomber sur la tête? En tentant de garder mon sang froid, je mets tout en branle pour le retrouver.

    L’amour inconditionnel

    Pour le moment, juste de penser qu’il peut être impliqué dans ce genre d’affaires m’angoisse. Je suis une mère, et quand on est une mère on doit aimer nos enfants inconditionnellement. Ce soir-là, malgré moi, j’ai su comment je devais réagir.

    Je ressentais beaucoup d’impuissance. J’ai pris mon courage à deux mains. J’ai appelé un journaliste pour lancer un appel en direct à la télévision, pour qu’il se rende aux autorités.

    En faisant des téléphones, je réussis à lui parler. Sous le choc et en larmes, il me dit: «Mam, j’ai rien fait… Excuse-moi!» Je lui ai dit: «Je sais, tu n’as pas besoin d’en dire plus, je sais… Tu es encore mon gars et je t’aime… Je veux t’aider, fais-moi confiance.»

    Une jeune femme de 17 ans y a laissé sa peau. Elle aurait pu être ma fille. Je ressens une profonde tristesse. Je sors de ma bulle lorsque la sonnerie du téléphone retentit pour la millième fois. J’entends mon gars me dire: «Mam! La police encercle la maison, il faut que je me rende.» J’ai senti la peur et la panique dans sa voix… J’aurais tellement voulu être près de lui. Mais, il fallait que j’accepte la situation. Après avoir raccroché le téléphone, je ressens un grand vide.

    Le procès

    Puisqu’il est à l’extérieur de la ville, il est transféré à Montréal pendant la nuit. La nuit et la fin de semaine la plus longue de ma vie. Sans nouvelle de lui, le lundi matin, je me rends au palais de justice de Montréal pour assister à sa première comparution devant un juge.
    Arrivée sur place, je ne me sens pas à l’aise dans ce milieu. C’est la première fois que j’y mets les pieds. Une vingtaine de journalistes à l’affût de la moindre information s’y retrouvent. Les yeux rivés sur moi, ils sont déjà en train de me photographier. Je ne peux me cacher.

    Je me rappelle que je suis là pour mon fils. Je ne veux pas être une victime dans cette affaire. Je ressens des sentiments contradictoires: impuissance, colère, peur et la hâte de revoir mon fils. Je veux que, malgré tout, il sente que je l’appuie. Je suis donc allée m’asseoir dans la salle d’audience.

    Quand je vois ce grand gaillard de six pieds et quatre entrer par la porte des accusés, une vague de tristesse et d’amour m’envahit en même temps. Je me dis: «C’est mon gars, mais, qu’est-ce qu’il fait là? C’est tellement surréaliste que je ne comprends pas. Mais regarde-moi, je suis là!» Son regard croise le mien. J’ai senti chez lui une profonde tristesse et une grande honte. J’imagine qu’il se demande ce que je fais là, encore une fois!

    Pourquoi ?

    Je suis la mise en accusation tant bien que mal. Mon regard fixe mon garçon. Je me demande pourquoi? Il plaide non coupable à l’accusation de meurtre au premier degré. Je sors de la salle. Je me retrouve entouré de journalistes qui voulaient avoir une entrevue. Même que certains me disent pouvoir m’aider. Comme si c’était moi qui avais besoin d’aide.

    Étourdie par le flash des caméras et les propos discordants, je m’enfuis par la porte de sortie qui se trouve devant moi. Dure réalité. Je sens que tout cela fait maintenant parti de ma vie, et pour toujours. Alors, mieux vaut vivre avec l’idée que je ne resterai pas dans l’anonymat. Mais, quel triste combat!

    Pourquoi ne pas m’en servir positivement? Je prends la décision d’appeler un journaliste et d’offrir une entrevue exclusive sur une chaîne de télé qui a toute ma confiance. En parlant au journaliste, je lui dis que j’ai un message à livrer et que j’ai aussi des condoléances à offrir à la famille de la victime. L’entrevue a eu, sur le moment, un effet thérapeutique.

    Je n’ai pas à m’isoler ou à me cacher. Comme parent, je sais que j’ai fait de mon mieux pour élever mon enfant. Loin de moi l’idée de dire que je suis parfaite. Il n’y a personne de parfait. La vie l’a poussé à faire de mauvais choix. Est-ce que ma vie s’arrête là? Mon rôle auprès de mon fils est différent, à mes yeux. Il n’est jamais trop tard pour qu’il prenne le droit chemin. Je garde plein d’espoir. Si ça prend un tel drame pour y arriver, je l’assumerai jusqu’au bout. Mère un jour, mère toujours.

    Prendre notre enfant dans nos bras

    Il est détenu dans un centre à Montréal. Je vais le voir à l’occasion. On a aussi des échanges de lettres. On a des rencontres riches en émotions. Malgré la vitre qui nous sépare, on se sent plus proches que jamais.

    Ma plus grande peine, c’est de ne pas pouvoir le prendre dans mes bras. Après neuf mois de détention, il est en attente de son enquête préliminaire qui aura lieu au mois de décembre.

    En attendant, il se concentre sur son cours par correspondance pour terminer son secondaire 5. Il fait des démarches pour s’inscrire à un cours de musique. Je suis tellement fière de lui. Il fait un beau cheminement et il a les deux pieds sur terre. Comme il me dit, «quand tu sors de ton état de choc, ça fait mal de réaliser ce qui s’est vraiment passé. Je me suis mis les deux pieds dans les plats et je vous ai tous entraînés là-dedans. Je le regrette. Mon seul souhait serait d’avoir la fille devant moi, de la prendre dans mes bras et de lui demander pardon. Je sais que c’est impossible. J’aurai à vivre avec ça sur la conscience toute ma vie. Elle est là la vraie punition.»

    La suite des choses

    Chacun de notre côté, on se prépare psychologiquement à la suite, c’est-à-dire à l’enquête préliminaire et au procès qui va suivre. Cela va être long et pénible pour nous tous de voir ressortir la nouvelle. Je sais que ce sera très médiatisé.

    Avec le temps et avec tous les efforts que je vois qu’il fait pour se garder la tête hors de l’eau, je garde espoir qu’il va s’en sortir grandi et qu’il pourra toujours compter sur sa famille pour l’appuyer.

    Depuis le début, je peux compter sur l’appui de mes amis et sur celui de l’organisme Relais Famille, qui aide les familles qui ont un proche qui est détenu. Je me sens moins seule. J’y retrouve des intervenantes formidables et dévouées. J’y trouve aussi des femmes qui vivent la même chose que moi. C’est merveilleux d’arriver à un endroit où tu ne ressens aucun préjugé et où tu peux parler de cette épreuve sans retenue. Chaque fois, j’y retrouve une famille. Le plus beau, c’est qu’elles offrent aussi un programme nommé Machinabulles, adapté aux enfants. Sans ce support, je ne tiendrais pas le coup.

    Chaque jour, je me lève en me disant que j’ai une mission à accomplir: parler de mon histoire à ceux que je rencontre. Du même coup, j’aide les gens à s’exprimer à leur tour et à trouver les bons mots pour exprimer haut et fort leurs émotions.

    Mon but est de faire tomber les préjugés à l’égard des parents des détenus. Nous ne sommes pas la cause de leurs gestes et surtout pas les victimes de leurs actes. Je veux que, aux yeux de tous, les jeunes qui ont fait de telles gaffes aient droit à une seconde chance.

    relais famille mere

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