Bénévolat pour personnes âgées une fontaine de jouvence

Personnes âgées et le bénévolat

LE BÉNÉVOLAT: FONTAINE DE JOUVENCE

À 76 ans, pour André Paradis de Bromptonville, le bénévolat est une fontaine de Jouvence.

Dominic Desmarais   Dossiers Bénévolat

Familles monoparentales, pertes d’emplois, population vieillisante …

Avec les besoins d’aujourd’hui, il est triste de voir des retraités qui ne s’impliquent pas, déplore André Paradis, 76 ans, bénévole de toutes les causes.

L’homme respire la bonté. À l’image de l’endroit ou il se trouve: l’église de Bromptonville. Petite boule d’énergie, André Paradis ne fait pas ses 76 ans. Entre ses activités bénévoles, il nage, court, pédale, s’occupe de ses 4 enfants, 8 petits-enfants et 3 arrières-petits-enfants…

J’ai encore le gout des défis Je suis en forme physique et mentale, raconte-t-il d’un ton qui ne laisse aucun doute sur sa sincérité.

Le don de soi, M. Paradis connaît. Depuis sa tendre enfance. L’heure de la retraite, pour cet homme engagé, n’a pas sonné.

La messe est terminée, l’église est vide. Directeur de la chorale depuis plus d’un demi-siècle, M. Paradis se laisse bercer par le murmure de l’orgue, seul bruit qui perce ce dimanche matin ensoleillé. La bonne humeur contagieuse, ce jeune de cœur puise dans ses mémoires.

Familles de bénévoles

Je suis né dans une famille ou le bénévolat était très fort. Ma grand-mère a été organiste 50 ans dans cette paroisse. Mon grand-père était directeur de la chorale. Quand j’ai commencé l’école, à 7 ans, je connaissais toutes le réponses en latin pour servir la messe. Je ne savais pas ce que je disais! lance-t-il, amusé.

À 13 ans, il chante les messes sur semaine. Ça fait 69 ans que je suis au service de l’église. Je chantais à l’année, 6 jours par semaine, 3 messes tout les matins.’ N’allez surtout pas lui dire que c’était beaucoup demander à un jeune de cet âge.  »J’aimais ça », avoue avec candeur celui qui a dirigé, l’hiver dernier sa 55e messe de minuit.

Il y a 27 ans, M. Paradis fonde les Chevaliers de Colomb à Bromptonville pour venir en aide aux plus démunis de la région.

Il n’y avait pas de mouvement pour aider les gens dans le besoin, les familles monoparentales, les gens qui ont tout perdu dans un incendie…

M. Paradis reprend à peine son souffle.

Entre Noel et le jour de l’An, on reçoit les familles avec les enfants, une centaine de personnes, au local des Chevaliers de Colomb. On invite à souper avec le Père Noel. On donne du linge d’enfants, des jouets réparés. Les familles repartent les bras pleins. Quand on est témoin des pleurs de ces gens quand il reçoivent, c’est touchant.

Sous ses lunettes, ses yeux s’illuminent.

Ça fait partie de moi, le bénévolat, C’est naturel. Je trouve bien triste de voir des gens à la retraite qui prennent un café dans un centre d’achat, qui ne s’impliquent pas…, sermonne le bénévole.

Infatigable, M. Paradis poursuit sa quête. Ses causes servent ses valeurs chrétiennes.

Beaucoup de familles ne célébraient pas Noel comme les autres, faute d’argent. Alors on a parti les paniers de Noel. Ça fonctionne tous les ans depuis 27 ans.

Église rasée par le feu

Il y a près de 25 ans, l’église est rasée par le feu. On lui demande alors de présider la campagne de souscription.

L’objectif était de 450,000 $. On a dépassé le million. Juste par de la sollicitation. J’ai rencontré les médias. J’ai eu de la publicité gratuite. L’argent venait de partout, De Thetford Mines, Sherbrooke, des gens ayant déjà habité Brompton…

Fort de son succès. et de ses 28 ans passés à la tête de la compagnie d’assurances La Métropolitaine de Sherbrooke, on lui demande de siéger au conseil de la Fondation de Monseigneur Jean-Marie Fortier.

J’ai toujours été sollicité. Je suis le dépanneur ici! Le ton est à la blague.

Cet ancien conseiller municipal repart de plus belle.

Pour moi, c’est naturel donner du temps. J’aime ça, je ne suis pas près d’arrêter. Si tu veux demander un service, demande-le à quelqu’un d’occupé. Celui qui ne l’est pas, il n’a pas le temps de te rendre service!

La mélodie de l’orgue s’interrompt. Le ton redevient sérieux.

Les besoins d’aujourd’hui sont grandissants. Avec les familles monoparentales, les pertes d’emplois, le vieillissement de la population, je souhaite qu’il y ait de plus en plus de gens prêts à faire du bénévolat à partager leur expérience, pour soulager la misère qu’il y a autour de nous. Faire du bénévolat, c’est valorisant.

À regarder M. Paradis, 75 ans passés, le bénévolat aurait-il aussi des effets rajeunissants?

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L’aventure de la cinquantaine

Quand on a 50 ans et qu’on cherche à secouer notre routine, quelle est la meilleure option? Pour Claudette Hade, 51 ans, la réponse à cette question était évidente: partir faire de l’aide humanitaire dans un pays en développement.

Gabriel Alexandre Gosselin   Dossier Famille, Communautaire, Bénévolat

famille bénévole bénévolat communautaire«À 50 ans, je me considérais à la mi-temps de ma vie. Je voulais faire quelque chose qui allait me déstabiliser et je tenais à le faire seule», explique Claudette, mère de deux garçons en début de carrière et mariée à un homme qu’elle chérit. Éducatrice spécialisée depuis nombre d’années, elle décide de prendre quelques mois de congé. Appuyée par ses proches, elle s’inscrit dans un organisme québécois qui œuvre au Guatemala, prend des cours d’espagnol pendant 12 semaines… et s’envole.

Une aventure marquante s’amorce pour cette dame de la Montérégie. Partie avec Casira, un organisme basé à Thetford Mines et dirigé par le père Roger Fortin, elle reviendra au Québec complètement transformée 2 mois plus tard. «Même si j’ai eu 1 mois pour me remettre de mes émotions et suis de retour au travail depuis 3 semaines, je me sens encore dans le mood de mon voyage», raconte-t-elle, visiblement absorbée par ses souvenirs.

Pour qui voulait se conscientiser, rien ne manque de ce côté lors de son séjour à l’étranger. À Mixco, près de la capitale Ciudad de Guatemala, Claudette accompagne et fait de l’animation pour des enfants gravement malades ou atteints du VIH et coopère dans un orphelinat pour garçons. Éducatrice spécialisée de carrière, Claudette se plaît sans hésitation dans ce milieu. Les enfants la captivent. Ses souvenirs sont clairs à ce sujet: «Ils avaient un regard incroyable, les yeux toujours marron avec une espèce de couche d’eau dessus.»

Ensuite, en mission sur la côte est, le travail de bras se met de la partie: corvées quotidiennes, pelletage, cassage de ciment, aide aux agriculteurs locaux, construction de bâtiments, etc. «Les bénévoles du groupes étaient essentiellement des retraités d’un âge assez avancé. On était appelé à faire beaucoup de travail physique, mais on pouvait le faire à notre rythme. De toute façon, les Guatémaltèques étaient toujours contents d’obtenir nos services puisqu’on représentait une main d’œuvre gratuite», précise Claudette.

Par contre, ce n’est pas dans la pitié qu’elle vit son expérience: «Une fois, je récupérais du sable dans un dépotoir pour qu’il soit transformé en ciment. Sur le coup, tu peux trouver désolant que des gens doivent faire ça pour survivre. Moi, je riais. Je riais comme une bonne en tamisant mon sable. Je trouvais ça enrichissant, j’avais l’impression de faire quelque chose d’important!» raconte cette femme joviale de nature.

Si le travail constitue la majeure partie de son emploi du temps, les rencontres prennent plus de place dans ses souvenirs: «Les gens là-bas sont tellement chaleureux. Ils veulent t’embrasser, te prendre dans leurs bras comme s’ils te connaissaient depuis toujours, décrit-elle. Ils n’ont pas besoin de plus. Une des choses qui m’a le plus marquée, ce sont les enfants gravement malades qui souriaient et semblaient heureux comme si rien de grave ne leur arrivait.»

«La richesse de ces gens, c’est le temps. Ce qu’ils recherchent, c’est un toit où se loger et de la nourriture», poursuit-elle. Pour Claudette, ce constat en amène automatiquement un autre: ses besoins dans la vie de tous les jours sont-ils exagérés? «Notre richesse à nous nous permet de nous procurer une belle montre en or, mais on n’a même pas le temps de regarder l’heure tellement on est toujours pressés» image-t-elle habilement.

Aujourd’hui, Claudette sait que cette expérience constitue un tournant dans sa vie. Espère-t-elle répéter l’expérience? «Certainement. Ma retraite approche à petits pas. Et si j’ai un conseil à donner, c’est qu’il faut rester actif dans la retraite et ne pas se vautrer dans le monde du plaisir. Il faut continuer à trouver un sens pratique à notre vie. Sinon, on finit inévitablement par se sentir inutile.»

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