Témoignage – La patience d’un ange

Si la grâce continue de me conduire, ma sobriété passera bientôt à la majorité : dix-huit ans bien sonnés. Une adulte au fond, mais encore un bébé naissant : après tout, quand ça se passe un jour à la fois, on n’a jamais plus que 24 heures à inscrire au compteur.

Un témoignage recueillie par Marie-France Bancel publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Alcool et drogues

« Je suis toujours émue par la présence de ces vieux membres à la fois chargés et allégés par des décennies d’expérience, de force et d’espoir. Souvent assis en silence au fond de la salle, ils attendent patiemment de pouvoir donner au suivant. Dans une société où tout est spectacle, la passation discrète d’un miracle est chose rare et belle à voir», affirme cette personne dans son témoignage.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

S’en sortir et sortir de la rue

Un ex-toxicomane nous raconte son cheminement tumultueux à partir de l’adolescence où il a débuté sa consommation, en passant par la période où il s’est retrouvé dans la rue jusqu’à aujourd’hui, à l’aube de ses 30 ans. Regard sur la drogue par un ex-toxicomane.

Un texte de Annie Dion-Clément publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Toxicomanie

Marqué de plusieurs tatouages, avec son regard vif et son grand sourire, Victor (prénom fictif) raconte avec émotion comment il a débuté dans l’univers de la drogue. Il se souvient que c’est à l’âge de 12 ans qu’il prend sa première bouffée de marijuana. «La drogue est une fuite pour oublier la réalité», explique-t-il.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

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L’itinérance en chiffres

En septembre dernier, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a affirmé que « le nombre d’itinérants aurait doublé » dans la ville depuis le début de la pandémie. Les personnes sans-abris seraient près de 6000 dans les rues montréalaises. Avec l’apparition de la COVID-19 et des mesures sanitaires mises en place pour la contrer, les refuges traditionnels ont dû réduire leurs capacités afin de respecter les règles de distanciation physique. 

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Dossier Santé mentale

Lors du premier confinement, 700 places ont pu être créées dans plusieurs lieux désertés, tels que des hôtels ou des centres sportifs. Ces refuges temporaires ont ensuite fermé leurs portes aux itinérants lors du déconfinement, en juin dernier. C’est dans ce contexte que le camping de Notre-Dame a vu le jour, dans le quartier d’Hochelaga, où des dizaines de tentes se sont dressées durant l’été.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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L’alcool et le tabac font plus de victimes que les drogues illicites

L’alcool et le tabac sont les substances les plus consommées dans le monde et celles qui font le plus de dégâts sur la santé humaine. C’est le constat révélé par le dernier rapport sur l’usage des drogues licites et illicites paru dans la revue Addiction.

Un texte de Alexandra Bachot – Dossier Toxicomanie 

Les cas de maladies recensés parmi la population adulte sont d’autant plus élevés pour la consommation excessive d’alcool, avec un taux atteignant 18.3%, suivi par le tabagisme quotidien avec un pourcentage de 15.2%. Les substances illicites telles que le cannabis (3,8 %) et la cocaïne (0,35 %) sont quant à elles reléguées au second plan, loin derrière les drogues licites

Géographiquement, des disparités se dégagent. Alors qu’en Europe centrale, orientale et occidentale la consommation d’alcool par habitant et le tabagisme sont prépondérants, les régions canadiennes et américaines affichent, au contraire, les taux les plus élevés de dépendance au cannabis, aux opioïdes et à la cocaïne.

« Les années de vie ajustées sur l’incapacité », une mesure présentée dans le rapport, correspond au nombre d’années de vie en bonne santé perdues à cause d’une maladie, d’un handicap ou d’une mort précoce. Au niveau des dégâts sur la santé humaine, les chiffres sont sans appel : 170,9 millions d’années de vie en bonne santé sont perdues à cause du tabac, 85 millions d’années du fait de l’alcool et 27,8 millions d’années en raison des drogues illicites. Pour résumer, en 2015, l’alcool et le tabac ont coûté à la population humaine plus d’un quart de milliard d’années de vie en bonne santé.

La disponibilité et l’acceptabilité culturelle de  l’alcool et du tabac sont des facteurs essentiels qui expliquent la consommation plus importante de ces drogues. « Leur consommation est culturellement considéré comme parfaitement normale dans les pays occidentaux », déclare Robert West, un des auteurs de l’étude.

Par ailleurs, le taux de mortalité attribuable à ces substances est également le plus élevé pour le tabac (110,7 décès pour 100 000 personnes), suivi de l’alcool et des drogues illicites (33,0 et 6,9 décès pour 100 000 personnes, respectivement). Pour le chercheur, « en Occident, nous aimons penser que nous avons des sociétés civilisées, mais des comportements que nous pensons tout à fait normaux tuent beaucoup plus de gens et causent plus de misère que des choses qui nous bouleversent comme le terrorisme ».

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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La consommation, un poids sur les enfants

Ludivine (prénom fictif) tient à parler de drogues. Si elle en a consommé occasionnellement, elle a surtout été percutée de plein fouet par la consommation passée de son père. Aujourd’hui, Ludivine est adulte, mais sa famille et elle paient encore les conséquences de cette ancienne dépendance. «La drogue a des répercussions sur la vie des personnes longtemps après l’arrêt de la consommation», explique Ludivine. Elle a subi celle de son père.

Un texte de Delphine Caubet – Dossier Toxicomanie 


Alors qu’il n’avait que 25 ans et pas encore d’enfants, le père de Ludivine a été un consommateur d’héroïne pendant 3 ans. Tous les jours. À cette époque, il fréquentait déjà sa mère et celle-ci le laissait faire, sans pour autant y toucher. Avant la naissance de ses enfants, le père de Ludivine arrêta l’héroïne pour fonder sa famille. Mais après la naissance de son fils, il troqua une dépendance pour une autre, ce fut le début de la consommation d’alcool.

Dépendances en série

«Il disait à ma mère que la consommation d’héroïne lui faisait du bien. Mon père est un homme angoissé… Quand il a commencé à boire après la naissance de mon frère, je pense que c’était dû à la peur de perdre un tel bonheur», déclare la jeune femme.

Pendant plus d’une décennie, le père de Ludivine boira en cachette sans que ses enfants ne s’en aperçoivent. Alors qu’elle a 14 ans, il sort du placard et l’annonce à toute la famille: il est alcoolique et va aller en cure de désintoxication. Pour la petite Ludivine qui voyait encore son père comme un surhomme, c’est un choc terrible. Alors qu’elle a du mal à saisir et comprendre toute l’ampleur de la situation, son père lui demande expressément de n’en parler à personne. Elle a déjà de la difficulté à mettre des mots sur la situation, et voici que par honte, il cherche à lui mettre un bâillon.

Rechute

Pendant quelques années, le père de Ludivine sera sobre de toute dépendance, exception faite de la cigarette. Exception importante puisque celle-ci va engendrer un cancer de la gorge.

«Les conséquences de sa consommation d’héroïne ne sont venues que plus tard, raconte Ludivine. Il a troqué une dépendance pour une autre. Quand il a eu son cancer à la gorge, il a recommencé à boire.» Ludivine avait alors 17 ans.

Cette période a été destructrice pour ce père et pour ses enfants qui le voyaient dans un tel piteux état. Alors qu’il n’a quasiment plus de voix après son opération, il recommence à boire, prend ses médicaments, le tout le ventre vide. «Il devait d’abord être nourri par sonde, mais quand il a fallu qu’il remange, la rééducation a été difficile. La nourriture venait dans ses poumons et non son estomac. Il a frôlé la mort plusieurs fois à cause de cela. Son estomac a fini par se contracter. Il ne pouvait pas manger beaucoup, et souvent il remplaçait la nourriture par l’alcool.»

Depuis qu’elle est jeune, Ludivine ramasse parfois son père par terre, ivre, pour le coucher. «C’est très difficile d’en discuter le lendemain, car il ne se souvient de rien. Quand j’arrive à lui en parler, il se sent coupable et du coup il boit davantage. C’est un cercle vicieux», explique-t-elle.

Impacts

Cette dépendance, ce besoin d’alléger ses angoisses, a eu des impacts physiques sur le père de Ludivine. «Il est comme ces rockstars qui consomment… ils ont à peine 27 ans et en paraissent le double. Aujourd’hui, avec mon père, c’est pareil. Depuis 6 ou 7 ans, il semble touché d’une régression cérébrale. Il répète souvent les mêmes choses, il est devenu misanthrope. Il a l’air très vieux, même ma grand-mère de 85 ans est plus apte à interagir.»

Aujourd’hui Ludivine a la mi-vingtaine et son père continue de boire. Avec lucidité, elle parle de 5 longues années où elle ne l’a pas côtoyé sans qu’il soit ivre. Bien sûr, elle avait grandi et ne revenait que sporadiquement dans le noyau familial.

Ludivine a plusieurs frères et sœurs et tous ont vécu les évènements de façon différente. Grâce à sa mère, Ludivine a appris à exprimer ses émotions: «Même si ce n’est pas politiquement correct de dire que la dépendance de mon père me fait du mal, ma mère m’a aidée à le dire.» Le résultat se voit, Ludivine est une jeune femme équilibrée avec une grande lucidité sur ses comportements.

Avant de connaitre toute l’histoire de son père, elle avait essayé plusieurs drogues, mais en femme sportive, elle n’en supportait pas les impacts sur son corps. Les lendemains, un sentiment de culpabilité l’envahissait tandis qu’elle se sentait mal pendant plusieurs jours.

Avec réflexion, elle parle de ses expériences: «Sur le moment tu te sens bien, ce qui est le but, mais c’est fake. J’ai déjà été à une soirée où après avoir consommé j’ai parlé à au moins 50 personnes. Le lendemain, j’ai retrouvé une feuille sur laquelle ils m’avaient tous écrit leurs contacts pour se revoir. Sauf que pendant cette soirée, ils n’avaient pas parlé avec la vraie moi… j’avais le sentiment d’avoir trahi ma personnalité.»

Prendre position

Depuis ses expériences d’adolescente, Ludivine ne consomme plus de drogue et elle avoue qu’il est difficile de se positionner sur le sujet. D’un côté, elle ne veut pas juger, mais d’un autre côté, Ludivine ne peut s’empêcher de penser que l’ouverture d’esprit de sa mère a peut-être nui à sa famille…

Mais surtout, si Ludivine a accepté de parler, c’est pour mettre les choses au clair: «L’alcoolisme est une maladie. C’est aussi incontrôlable qu’un cancer. Culpabiliser la personne ne fera qu’empirer la situation.» Elle ne l’a que trop vu avec des proches qui n’ont jamais compris l’état de son père.

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Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Rester pour les sauver

«Dans le milieu, la plupart des gens se sauvent quand il y a une overdose, parce qu’ils ont des casiers judiciaires, des mandats d’arrestation, vendent de la drogue ou en ont sur eux», explique Julie (nom fictif), une ex-toxicomane dans la mi-trentaine. La loi sur les bons samaritains pourrait donc convaincre les toxicomanes de sauver leurs camarades.

Un texte de Mélina Soucy – Dossier Toxicomanie


Pendant les 9 années qu’elle a consommé, Julie ne s’est jamais enfuie lorsque les gens étaient en surdosage. Il y a cependant deux histoires qui l’ont marquée plus que les autres.

«La première histoire s’est déroulée au début de ma consommation de drogues. C’était la veille de Noël. Y’a un gars dans son char qui m’a abordée. Il cherchait du crack. On était une p’tite gang, on a embarqué avec lui et on est allés en chercher. Le gars me montrait les photos de ses deux p’tites filles, pendant qu’on était avec le vendeur».

Puis, ça a dérapé

«La crise est arrivée dans son char. Les autres toxicomanes ont eu peur. Ils ont poussé le gars en dehors de son char. Ils lui ont tout volé: sa voiture, ses clés, son portefeuille. J’suis restée avec le père de famille. C’était un toxicomane occasionnel, mais là ça faisait 2 jours qu’il était là-dessus».

Il y avait un homme en overdose sur le sol. Les gens l’ignoraient et faisaient comme si de rien n’était. Ç’a pas de sens de laisser quelqu’un dans cet état-là!

«J’ai appelé le 911 pour la première fois. Je me suis fait arrêter, car je n’étais pas allée comparaître pour un autre délit. Quand ils t’arrêtent, ils te fouillent. J’avais de la dope sur moi encore. Je leur ai dit avant qu’ils commencent à me fouiller. Ça sert à rien de mentir, ils vont la trouver». Cette fois-là, la police a emmené Julie au poste pour s’assurer qu’elle comparaisse. Elle est passée devant un juge et a reçu une libération sous caution.

«La deuxième fois date de la fin de ma consommation. À l’époque je consommais de l’héroïne, du fentanyl, du cannabis, bref, j’ai pas mal tout essayé. J’étais dans un crackhouse. Tout le monde était intoxiqué et n’était pas en mesure de réagir à une éventuelle crise. Il y avait un homme en overdose sur le sol. Les gens l’ignoraient et faisaient comme si de rien n’était. Ç’a pas de sens de laisser quelqu’un dans cet état-là! Il y avait une caserne de pompiers pas loin, donc j’ai couru jusque là-bas pour chercher de l’aide», raconte la trentenaire.

Après avoir placé le toxicomane en crise sur une civière, les policiers ont arrêté Julie. «J’avais encore de la dope sur moi, mais je pouvais pas le laisser de même», affirme-t-elle. Après avoir été amenée au poste, Julie a passé en cour. Le juge lui a donné une libération sous caution, encore une fois.

Aujourd’hui, Julie vit avec son chum et un autre coloc. Elle a arrêté les drogues dures depuis 1 an et demi et est retournée aux études. Après avoir réussi son équivalence de secondaire 5, elle veut étudier pour devenir travailleuse de rue pour aider ses pairs à s’en sortir.

Julie ne croit cependant pas que la loi qui protège les toxicomanes contre certains délits fera une différence pour l’instant, puisque personne ne sait qu’elle est en vigueur.

«Il va falloir que les organismes et les travailleurs de rue informent les toxicomanes pour prévenir les morts. La loi ne sera pas utile sinon», croit Julie.

Loi sur les bons samaritains

Cette loi donne l’immunité aux personnes qui appellent le 911 pour aider quelqu’un en état de surdosage. Elle donne une protection juridique contre plusieurs délits, dont les possessions simples. Grâce à cette loi, si une personne a de la drogue sur elle et qu’elle appelle les secours, la police ne peut pas l’arrêter. Cette protection juridique s’applique aussi si vous êtes en libération conditionnelle ou en probation en lien avec la possession de drogue.

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La Loi sur les bons samaritains

Avis aux lecteurs : Les surdoses dues au fentanyl et l’accès au naloxone sont un sujet d’actualité qui évolue régulièrement. Pour connaître les pharmacies participantes et les prérequis pour obtenir le naloxone gratuitement, rejoignez Méta-d’âme au 514-528-9000.


Saviez-vous que depuis le 4 mai 2017, vous bénéficiez d’une protection juridique si vous appelez les services d’urgence pour aider une personne en surdose ? En réponse à l’augmentation du nombre de décès causés par les opioïdes comme le fentanyl au Canada, le gouvernement fédéral a mis sur pied la loi sur les Bons samaritains secourant les victimes de surdoses.

Un texte de Mélina Soucy – Dossier Toxicomanie

Que dit la loi?

Auparavant la loi sur les bons samaritains obligeait seulement les citoyens à aider leurs semblables s’ils se trouvaient dans une situation dangereuse pour leur intégrité physique, et ce, dans la mesure de leurs capacités. Cette loi fait maintenant en sorte que si vous appelez le 911 pour sauver votre ami ou une personne en état de surdosage et que vous avez une possession simple sur vous, la preuve ne peut pas être retenue contre vous. Donc, même si la police vous arrête, elle ne pourra pas vous inculper.

Reflet de Société a contacté le service de police de Montréal (SPVM) en juillet 2017 pour savoir si la loi était appliquée, la réponse reste ambiguë: «Il est prématuré pour le SPVM de répondre à votre question, vu que la Loi sur les bons samaritains est entrée en vigueur récemment», a écrit par courriel le service des relations médias du SPVM.

Cette immunité s’applique aussi si vous êtes en libération conditionnelle ou en probation en lien avec la possession de drogue. La violation de votre ordonnance ne vous est donc pas reprochée si vous êtes dans cette situation.

Comment faire plus?

«Ce qu’on voit aux nouvelles est bel et bien réel, explique Christopher, un pair formateur chez Méta-d’Âme, une association fondée sur l’autohabilitation et l’entraide entre consommateurs d’opioïdes en réintégration dans la société. Y a plein d’overdoses au Canada et c’est à cause du fentanyl principalement. De plus en plus de drogues, comme la phéncyclidine, sont coupées avec du fentanyl, ce qui augmente leurs effets psychotropes. On veut changer ça avec notre formation qui s’adresse à tout le monde, mais principalement aux consommateurs de drogues. Sauf que ce sont des gens difficiles à rejoindre».

Leur formation s’appelle PROFAN pour Prévenir, réduire les overdoses, former et accéder à la naloxone. Elle est offerte depuis maintenant 3 ans par Méta-d’âme. En plus de sensibiliser les consommateurs aux surdoses, PROFAN facilite l’accès à la naloxone, un médicament agissant comme un antidote face aux opioïdes. Ce sont des usagers (consommateurs ou anciens consommateurs d’opioïdes) qui donnent la formation à leurs pairs.

«La plus grande peur des toxicomanes que l’on forme, c’est de se faire arrêter une fois qu’ils ont appelé les secours, renchérit le pair formateur. Dans les piqueries, c’est pas rare qu’ils décident de jeter le gars en overdose sur le trottoir ou dans une benne à ordures. On les informe donc sur la loi sur les Bons samaritains. En plus, depuis que l’on donne la formation, il n’y a pas eu d’arrestation. La police des quartiers comme Hochelaga-Maisonneuve est sensibilisée à cette réalité.»

D’une durée d’environ 4 heures, la formation PROFAN permet aux gens d’identifier les surdoses d’opioïdes, de les prévenir et d’agir en leur présence. Somme toute, les étapes pour sauver une personne dans cet état sont simples. Il faut d’abord appeler le 911, puis injecter la première dose de naloxone, faire le RCR (réanimation cardiorespiratoire) pendant 5 minutes, puis injecter la seconde dose de naloxone comprise dans la trousse de secours fournit à la fin de la formation.

«Le seul problème pour le moment, c’est que les formateurs n’ont pas leur RCR. Ils ne peuvent donc pas l’enseigner. Aussi, il n’y a que 4 pharmacies à Montréal qui offrent le kit d’intervention aux gens formés en ce moment», déplore Christopher.

Chantale Perron, responsable de PROFAN, craint quant à elle que le gouvernement ne renouvelle pas le financement de la formation à la naloxone si elle ne devient pas obligatoire. «Pourtant, il y a un réel besoin que les formations PROFAN continuent d’être offertes en continuité, note Chantale. Nous souhaitons que le gouvernement n’aura pas besoin d’attendre qu’il y a ait une crise d’overdoses aussi grave qu’à Vancouver, et que d’autres personnes meurent avant qu’il ne prenne une décision rapide et éclairée.»

Comment faire?

Pour l’instant la formation donnant accès à la naloxone demeure une initiative de la Direction de la Santé publique de Montréal. Elle ne s’étend pas à toute la province.

Cependant, le ministère de la Santé publique est en train de créer une ordonnance collective provinciale qui rendra la naloxone disponible gratuitement dans toutes les pharmacies au Québec pour les gens qui ont une carte d’assurance maladie. Pour l’accès communautaire, c’est-à-dire pour ceux qui n’ont pas de carte d’assurance maladie, la seule formation disponible est montréalaise.

Pour recevoir la formation PROFAN, il faut faire partie d’un groupe spécifique. «Les personnes éligibles à PROFAN sont celles qui consomment ou ont déjà consommé n’importe quelles sorte de drogue, de n’importe quelle manière, ainsi que leur proches. C’est-à-dire: les conjoints(tes), amis(es) famille, intervenants qui sont des pairs, et des intervenants, bénévoles ou stagiaires», explique Chantale Perron.

L’accès gratuit à la naloxone n’est pas restreint aux gens qui ont reçu une formation pour l’administrer. Elle n’est cependant pas accessible dans toutes les pharmacies pour le moment. Les ambassadeurs de PROFAN suggèrent fortement de suivre la formation pour bien administrer l’antidote en toute sécurité.


Important

La loi sur les bons samaritains: les origines et les mythes- Avant d’être bonifiée par le gouvernement cette année, cette loi obligeait seulement les citoyens à porter secours, au maximum de leurs capacités, à une autre personne dont la vie est en danger. Si vos capacités et connaissances ne vous permettent que d’appeler les secours, vous avez rempli votre devoir de citoyen. Vous n’êtes également pas dans l’obligation de secourir quelqu’un si votre intervention poserait un risque pour votre vie ou celle de personnes environnantes. Certaines personnes s’abstiennent de porter secours à l’autre par peur d’être tenues responsables des dommages que pourraient entraîner leur aide. Pourtant, la loi prévoit qu’un bon samaritain ne peut pas être tenu responsable dans une telle situation. Excepté s’il a intentionnellement voulu nuire à la personne ou qu’elle a été insouciante dans sa conduite.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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