Et si un stress post-traumatique nous faisait grandir?

Croissance post-traumatique

Pour devenir une meilleure personne?

Si le stress post-traumatique est bien connu, un nouveau concept tente de faire sa place en psychologie: la croissance post-traumatique. Et si un événement traumatique faisait de vous une meilleure personne?

David Savoie (Agence Science-Presse) Dossier Croissance personnelle

Patrick Mortier, psychologue à Montréal, est un de ceux qui ont travaillé sur cette question. Dans le cadre de sa thèse de doctorat, il s’est attardé à la façon dont des survivants du génocide rwandais sont passés à travers cette épreuve.

Et son constat est étonnant: des années après, plusieurs rapportent se sentir grandi, avoir de meilleures relations interpersonnelles et une meilleure spiritualité.

En somme, ils développent «un sens de l’essentiel», explique le psychologue. «C’est l’idée d’une transformation qui s’opère. Plus le traumatisme serait important, plus grande serait la probabilité d’une croissance post-traumatique.»

Croissance post-traumatique

La littérature est pavée d’exemples mais les recherches scientifiques, elles, sont encore minces. Ce sont deux professeurs en psychologie de l’Université de Charlotte, Richard Tedeschi et Lawrence Calhoun, qui ont créé le terme de croissance post-traumatique il y a tout juste une dizaine d’années.

Depuis, l’idée a tant et si bien fait son chemin que les psychologues croient pouvoir identifier les personnes susceptibles de grandir après un événement traumatisant. Il semblerait que même les Forces armées canadiennes évaluent le potentiel des soldats envoyés au front, pour déterminer leurs résiliences.

Croissance pour tous?

Un des problèmes, note Patrick Mortier, c’est la difficulté de chiffrer cette expérience. Les études vont dans tous les sens: certaines concluent qu’à peine 5% des gens passés par un traumatisme en sortent grandis, d’autres parlent de 90%. «Il n’y a pas de tangente précise», pondère Patrick Mortier.

Il prend bien soin de le souligner: on ne peut pas parler de «bénéfices» à un choc traumatique quel qu’il soit. Même chez celles qui vont affirmer en ressortir de meilleures personnes, la croissance post-traumatique peut prendre des mois, voire des années. «On n’enlève rien aux conséquences négatives, mais cela permet aux gens de garder espoir.»

Et les traumatismes graves?

La psychologue Pascale Brillon émet un bémol. Spécialiste du stress post-traumatique, elle travaille à la Clinique des troubles anxieux de l’hôpital Sacré-Coeur de Montréal, dans ce qu’elle appelle la «troisième ligne». C’est ici que viennent les gens qui ont subi des traumatismes très graves et pour qui la thérapie ailleurs n’a pas fonctionné —des militaires revenus d’Afghanistan, des femmes victimes de viol collectif, des parents qui ont perdu des enfants dans des circonstances dramatiques.

Selon elle, pour certains traumas, c’est tout simplement impossible d’en sortir grandi. Les psychologues tentent de mettre le positif en évidence, mais dans certains cas, «il n’y a rien de positif qui ressort d’un événement». Dans sa pratique, elle constate qu’après une longue démarche, des patients parviennent à tirer du bon de leurs expériences difficiles. Ils mesurent le chemin parcouru, et ils sont «sereins».

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Qu’est-ce que je vaux à mes propres yeux? Quelle est l’importance que j’accorde à mes véritables besoins? Est-ce que j’essaie de plaire aux autres parce que sans eux je me sentirais inutile? Est-ce que je laisse les autres prendre avantage sur moi parce que c’est ce que je crois mériter?

Si mes questions sont exactes, quelles sont les réponses pour comprendre mon malheur? Reconnaître avant tout ma vulnérabilité et surtout ma fragilité pour trouver un équilibre entre les attentes des autres et mes propres limites serait un bon début. Je ne dois pas percevoir mes limites comme une incapacité mais plutôt comme une part qui définit ma personnalité.

De trouver un entourage alerte et sensible à ma différence me permettra d’être authentique plutôt que de jouer une comédie ridicule.

En dernier lieu, tomber en amour avec l’enfant qui dort en moi en prenant tout le temps nécessaire pour le faire grandir avec le meilleur de moi-même. Car le jour ou nos chemins se rejoindront enfin, nous pourrons trouver une solution équilibrée pour atteindre des buts qui respectent notre propre dualité. Ainsi, j’ éviterai d’être éternellement ma propre victime.

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Enfants-soldats: traumatismes de guerre

Enfants-soldats

Traumatismes de guerre

Le suivi et l’aide psychologique, pour apaiser le traumatisme de la guerre chez les enfants du centre de réintégration de Kabala au Sierra Leone, vient des six enseignants et des quatre aides pédagogiques. En plus de leur fonction d’enseignant, ils suivent personnellement 15 jeunes chacun. Ils font un suivi journalier afin de savoir ce qui va ou non chez leurs protégés.

Dominic Desmarais, Dossier Enfants-soldats, International

sierra leone enfants rue enfant soldat jeunesLansana est agriculteur de formation. C’est justement le métier qu’il enseigne. Il parle devant un champs en labours, autour duquel travaillent ses dix étudiants. Cet homme a reçu une formation de deux semaines avant de travailler pour le centre. Insuffisant, concède le superviseur du centre. Lansana et ses collègues doivent intervenir auprès de jeunes qui sortent traumatisés de la guerre. Ils apprennent sur le terrain. Des intervenants sans formation, confrontés aux pires cas.

Comme cette fois, avec Fatmata, l’une des protégées de Lansana. Enlevée par les rebelles de 1994 à 2000, elle est devenue plus que soldat. Elle est tombée enceinte. «Elle a accouché dans la jungle prématurément, à 10-11 ans. Elle a accouché d’organes, de sang. Pas d’enfant», résume l’agriculteur.

Fatmata a eu des problèmes de santé. À la fin de la guerre, elle a reçu des soins avant sa réintégration à la vie civile. Les médecins lui conseillant de ne pas avoir de relation sexuelle pour les prochaines années.

«Elle était avec nous en 2004, notre première cuvée, se rappelle Amadu, responsable du centre. Elle était dépressive. Quand les jeunes s’amusaient, elle restait seule, déprimée. J’ai envoyé Lansana pour qu’il trouve ce qui n’allait pas. Pendant deux jours, rien. Je l’ai invité dans mon bureau. Elle était enciente de 2 mois. Elle venait de l’apprendre. À la fin de la guerre, quand le Docteur l’a réparée, il lui a dit de ne pas tomber enceinte pour les prochaines années en raison de l’opération. elle était terrifiée.»

Médecins sans frontières, alors présent dans la province, a écouté Amadu. Il leur a raconté toute l’histoire. « Un problème mineu pour eux. Elle a mis au monde un garçon en toute sécurité. » Le souvenir redresse Amadu. Sa fatigue se dissipe pour faire place à un enthousiasme renouvelé. C’est ainsi que fonctionne le centre de réintégration de Kabala. Le coeur compense le manque de formation.

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funbusy-poesie-urbaine-recueil-textesChantal Lee a vécu la violence physique, les abus sexuels et l’enfer de la drogue, mais elle en a triomphé. Malgré la maladie qui l’afflige, elle partage par sa poésie son amour de la vie et son optimisme à toute épreuve. Un livre rayonnant, à l’image de son auteure.

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Une longue guérison

Une longue guérison

Dossier prostitution et Sexualité.

Anita entre comme un coup de vent au Café Graffiti. Impossible de ne pas la remarquer. Elle parle fort et interrompt tout le monde. Elle s’impose aux gens, leur laissant peu de place, comme si elle seule existait. La présence d’Anita est pesante. Elle traîne avec elle plus d’un traumatisme qui tardent à guérir.

Dominic Desmarais

Anita vient de passer cinq ans dans un monde de violence. Forcée par son petit ami à vendre de la drogue dans des bars miteux de Québec, elle a ensuite prit le chemin de la prostitution. Elle était quotidiennement battue et menacée de mort par son proxénète, jusqu’au jour où il a tenté de l’assassiner au couteau. Pour sauver sa vie, la jeune femme a dû sauter d’un deuxième étage.

Dans ses pensées, le temps semble s’être figé à cette période de sa vie. Anita pense beaucoup à cet homme qui l’a tant fait souffrir. Pour s’aider, elle s’ouvre par l’écriture, une façon pour elle d’exorciser ses démons. «J’ai réussi à affronter ma peur de me faire tuer. Je vivais avec ça, incapable d’en parler. Mais en m’ouvrant, le mal est sorti», raconte-t-elle fièrement en prenant soin d’ajouter qu’elle peut maintenant marcher sans se retourner.

La peur de mourir à tout instant s’est dissipée mais Anita n’est pas encore guérie. Elle a de la difficulté à écouter les autres. Sa tête est trop pleine de ses pensées qui la maintiennent en état d’alerte. Ça lui donne beaucoup de difficultés à gérer les épreuves que la vie lui envoie. Le stress la gagne rapidement, provoquant un état de panique qu’ amplifie son traumatisme antérieur. Chaque choc l’isole dans ses pensées et l’éloigne de la guérison.

Il y a un an, alors qu’elle prenait du mieux, la découverte d’un cancer la ramène à la case départ. Anita retombe alors dans ses vieilles habitudes de consommation de drogue. Elle ne voit rien d’autre pour se calmer. Du coup, elle s’apitoie sur son sort. Ses pensées la ramènent à ses mauvais souvenirs qui recommencent à la hanter.

D’un traumatisme à l’autre

Avant d’entrer dans le monde de la drogue et de la prostitution, Anita venait de vivre un épisode traumatisant majeur. Un accident de voiture survenue en Gaspésie l’a sérieusement blessée et a coûté la vie à deux de ses amis. C’est pour digérer son traumatisme qu’elle s’était réfugiée à Québec.

À cette époque, elle se promenait tel un zombie. En déambulant dans les rues de Québec, elle revivait sans cesse l’accident. Affectée psychologiquement, elle a mis le pied là où il ne fallait pas: dans le monde de la rue et de la drogue. Le choc subi suite à son accident s’est peu à peu transformé en stress. Celui que lui faisait vivre son petit ami maquereau, par la violence, en la forçant à se prostituer, empêchait sa guérison.

S’ouvrir libère une douleur encore plus profonde. Alors qu’elle se met à pleurer, Anita parle d’un autre épisode éprouvant. Un autre traumatisme, plus ancien encore que les autres, refait surface. Sa fille, aujourd’hui âgée de 15 ans, est placée en famille d’accueil depuis 12 ans déjà. Elle lui manque cruellement. Aveugle et atteinte de paralysie cérébrale à la naissance, sa petite est branchée sur une machine pour vivre. Anita a dû la laisser car, en la mettant au monde, elle faisait des arythmies cardiaques à répétition. Au cours de la dernière période des fêtes, Anita s’est effondrée. Pour calmer sa souffrance, elle s’est remise à consommer. Elle a d’ailleurs dû retourner en centre de désintoxication. Elle n’arrive pas à comprendre ce qui lui arrive.

Anita tombe pour mieux se relever. Ses traumatismes, qui l’affectent depuis tant d’années, ne disparaîtront pas du jour au lendemain. Elle a besoin d’aide professionnelle pour relâcher la pression. La compréhension et l’écoute de ses proches sont primordiales. Et elle doit s’aider. Ce qu’elle fait par l’écriture. «Aussitôt que j’ai de quoi à l’intérieur, j’écris, j’écris, j’écris. Je passe mon temps à me vider le cœur. J’écris sur la violence que j’ai subie, sur la musique que j’ai composée, mes spectacles dont je me souviens, sur ma consommation de drogue, sur ma prostitution.»

Reflet de Société, Vol 18, No. 1, Septembre/Octobre 2009, p. 9

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