Organismes de crédit communautaire

Desjardins et le Réseau québécois du crédit communautaire

Micro Crédit : Muhammad Yunus, prix Nobel

Fondé sur les principes de solidarité et de réciprocité, le micro crédit était originellement destiné à enrayer la pauvreté dans les milieux ruraux, bidonvilles et quartiers défavorisés des pays en développement.

Morgane Lapeyre   Dossiers Économie , Communautaire

Ce concept ingénieux, qui consiste à prêter aux petits entrepreneurs à risque, doit son succès et sa popularité au fondateur de la Banque Grameen au Bangladesh et prix Nobel de la paix, Muhammad Yunus. De nombreux pays industrialisés s’en sont ensuite inspirés. Au Québec, les exclus du système bancaire traditionnel peuvent, depuis maintenant 20 ans, adresser leurs demandes à 22 organismes d’emprunt communautaire.

Travailleurs autonomes ou propriétaires de petites entreprises, ils ont un historique de crédit négatif ou n’ont pas d’antécédents de crédit. D’autres sont au chômage ou travaillent à temps partiel. Ils représentent une clientèle précaire et donc un risque financier aux yeux des banques traditionnelles, qui refusent par conséquent de leur accorder un prêt. Cet argument est toutefois contestable, puisque le taux de remboursement est d’environ 90 % dans le secteur de la micro finance.

Le micro crédit au Québec

Au Québec, les institutions de micro crédit sont connues sous le nom d’organismes de crédit communautaires. Financés par la communauté et non par des organisations financières internationales ou des ONG, ils pallient le manquement des banques conventionnelles en offrant une aide technique et financière à une clientèle marginalisée. À leurs yeux, chacun a un potentiel et personne ne devrait être limité dans la réalisation de ses projets.

Dans les pays émergents, 50 $ suffisent à acheter l’engrais ou les machines nécessaires pour augmenter le rendement de la production agricole ou établir un commerce. Au Québec, les prêts varient entre 3 000 $ et 20 000 $. Divergence de pouvoir d’achat oblige.

Chacun sa clientèle

Le Réseau québécois du crédit communautaire (RQCC) rassemble les fonds et cercles d’emprunt qui sont à l’origine de sa création. Ils partagent les mêmes valeurs et se sont donc regroupés « pour se donner une force », selon la coordinatrice du réseau, Lucie Villeneuve. Leur clientèle et leurs modalités de remboursement sont toutefois différentes.

La mission d’un cercle d’emprunt est d’apprendre à ses membres comment développer un projet d’entreprise à partir d’une idée. Les prêts n’excèdent pas 5000 $ et la période de remboursement se limite à trois ans. Un fonds d’emprunt s’adresse au contraire à des entrepreneurs ayant déjà une ébauche d’un plan d’affaires, voire un projet élaboré. Les conseillers du Fonds les accompagnent dans leur démarche et les prêts concédés atteignent 20 000 $.

Le Réseau effectue un travail de coordination entre ses membres et négocie avec le gouvernement pour obtenir des subventions. Il a également comme fonction de faire connaître le crédit communautaire pour que les organismes soient reconnus au même titre que d’autres institutions financières.

Viabilité avant tout

Le principal critère d’admissibilité est la « viabilité raisonnable du projet », explique Jean Desbiens. Leur clientèle subit diverses formes d’exclusion sociale et économique, notamment parce que leur situation professionnelle est instable. Aux yeux des conseillers, les projets retenus doivent être irréprochables. « Nous sommes très exigeants dans la mesure où ces personnes sont déjà en situation d’échec. »

Faire faillite risquerait d’augmenter leur sentiment d’insuccès. D’autre part, 70 % des personnes qui se présentent auprès de l’Association communautaire d’emprunt de Montréal (ACEM) n’auraient pas de plan d’affaires, note Yasmine Nacro, conseillère au suivi et soutien des entreprises au sein de l’organisme.

« Il y a cependant encore trop de refus », estime Jean Desbiens. La forte sélection des projets d’entreprise est toutefois justifiée puisqu’elle assurerait le succès des nouvelles entreprises parrainées par le Fonds. Les conseillers évaluent le potentiel de gestion des entrepreneurs et jugent ainsi de la nécessité de leur offrir une formation de 30 heures échelonnée sur 6 semaines.

Cette formation initiale comprend l’utilisation d’outils informatiques, des cours de marketing et de comptabilité, précise-t-il. Ils apprennent par exemple à faire une étude de marché et à réaliser un budget. Par la suite, ils peuvent participer à des ateliers sur les techniques de planification publicitaire et budgétaire. Les membres bénéficient également d’un suivi régulier et individualisé, une particularité des organismes de crédit communautaire.

Clé du succès

Les exigences et la rigueur des conseillers financiers garantissent un taux de remboursement élevé. Le bon fonctionnement des fonds et cercles d’emprunt s’explique également par le lien de confiance entre les investisseurs, les conseillers et leurs débiteurs. Chaque organisme repose sur le soutien financier de nombreux investisseurs, tels des syndicats, des communautés religieuses ou encore des caisses Desjardins.

Les organismes de micro crédit peuvent prêter à une clientèle à risque, puisque leur taux d’intérêt est plus élevé que celui des banques traditionnelles. S’il est inacceptable pour eux qu’une clientèle à risque soit condamnée à vivre dans la précarité, il est parfois difficile de proposer une alternative raisonnable aux 6 % de projets qui échouent. Ces organismes doivent donc assurer leurs arrières et compenser pour les prêts non remboursés.

Le Fonds d’emprunt communautaire de Québec aurait ainsi contribué à la mise sur pied d’une soixantaine d’entreprises depuis sa création en 1997, d’après Jean Desbiens. Le secteur d’activité le plus exploité est celui de l’artisanat.

Yasmine Nacro explique que les seuls projets non admissibles sont les franchises, les cybercommerces ainsi que le secteur des nouvelles technologies. Dans le cas des cybercommerces, les clients pourraient se retrouver impliqués dans des situations de fraude, et le fonds, être involontairement complice, dit-elle. Quant aux nouvelles technologies, cela demanderait trop de ressources.

Desjardins fait fructifier la petite entreprise

Le partenariat entre le RQCC et le Conseil des représentants des caisses Desjardins de Québec Est, qui regroupe les présidents de chacune des 18 caisses de la région, remonte à 2002. Les deux parties s’étaient alors rencontrées pour discuter d’un projet d’alliance visant à soutenir le micro crédit au Québec. L’entente prévoit notamment le versement annuel de 75 000 $ aux organismes de crédit communautaire.

En laissant libre choix aux caisses régionales d’apporter un soutien financier à ses organismes, le Mouvement Desjardins rejoint indirectement une clientèle à risque et favorise le développement économique régional. Outre leur volonté de s’impliquer, les caisses doivent cependant être en mesure de prêter sans intérêt aux fonds et cercles d’emprunt communautaire.

Les caisses participantes offrent un volet capitalisation aux institutions de crédit communautaire locales. Leur rentabilité financière leur permet de partager leurs excédents annuels après impôts entre les ristournes individuelles aux membres et les ristournes collectives, c’est-à-dire destinées à la communauté. En 2006, environ 55% des excédents de l’ensemble de ces caisses auraient ainsi été versés à la collectivité.

Ce produit de solidarité Desjardins a son équivalent international, Développement international Desjardins. Fondé en 1997, son mandat consiste à donner aux communautés locales des pays en voie de développement les moyens de gérer de manière autonome leurs caisses d’épargne collective à travers la création d’une expertise locale et la mise en place de coopératives.

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Les travailleurs autonomes étouffés par la RRQ?!?

Régie des rentes du Québec et les travailleurs autonomes

Hausses des cotisations de la RRQ

Le cahier Votre Argent du Journal de Montréal du 23 mai présente un article de Simon Lord, journalistes à l’Agence QMI. On y dénonce le fait que les travailleurs autonomes payent 2 fois plus de cotisations à la Régie des rentes du Québec (RRQ) qu’un employé salarié.

Raymond Viger   Dossiers Économie, Médias, Journal de Montréal

Le principe de base des cotisations de la Régie des rentes du Québec (RRQ), comme d’autres charges sociales (Assurance-maladie, assurance-emploi…) est qu’une partie de la cotisation est payée par le salarié et l’autre partie par l’employeur.

Le principe de base d’un travailleur autonome est d’être son propre employeur. Il est donc normal et pertinent que le travailleur autonome paye 2 fois plus de cotisations que l’employé salarié. Cela a toujours été et c’est juste et équitable que ce le soit ainsi.

Prenons l’exemple d’un mécanicien salarié qui est payé 20$ de l’heure. Son employeur va facturer à ses clients un taux de 60$ à 80$ de l’heure pour couvrir ses dépenses, sa promotion et… LES CHARGES SOCIALES que coûtent son employé.

Le travailleur autonome et ses charges sociales

Le travailleur autonome ne doit pas facturer 20$ de l’heure à ses clients. Il doit facturer un montant qui lui permettra de payer ses dépenses et ses CHARGES SOCIALES en tant qu’employé et en tant qu’employeur. Les charges sociales d’un employé représente 16% du salaire brut. C’est donc dire qu’un salarié qui gagne 20$, s’il veut devenir travailleur autonome et garder le même niveau de vie et s’il n’a pas d’autres dépenses, doit facturer un minimum 23,20$ de l’heure.

Le mécanicien qui est travailleur autonome devrait exiger un taux horaire entre 40 et 80$ de l’heure en fonction de ses dépenses. Ce qui lui laisse suffisamment de marge bénéficiaire pour couvrir les cotisations de la Régie des rentes du Québec (RRQ) autant en tant qu’employé qu’en tant qu’employeur. S’il ne facture pas assez cher, le travailleur autonome ne devrait pas se plaindre au Journal de Montréal mais plutôt prendre une formation sur la mise en marché de son entreprise.

Comment se fait-il que le journaliste de l’Agence QMI, Simon Lord n’a pas relevé ce questionnement? Comment se fait-il que le cahier Votre Argent du Journal de Montréal publie un tel article sans se poser plus de question?

Questions sans réponses

Ne trouvez-vous pas curieux que le Journal de Montréal publie des nouvelles déjà paru depuis 3 jours sur le site Internet de Canoe?

Est-ce normal que Simon Lord qui signe l’article pour l’Agence QMI dans le Journal de Montréal, signe le même article sur le site de Canoe avec une adresse courriel de TVA?

Article de Simon Lord publié le 20 mai sur le site Internet Argent de Canoe et qui a été repris le 23 mai par le Journal de Montréal.

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