La neurodiversité, l’oubliée des médias?

Après une enfance souvent solitaire et marquée par une mauvaise gestion des émotions, Constance Cazzaniga a reçu le diagnostic du syndrome d’Asperger à ses 21 ans. Aujourd’hui, elle demande une meilleure représentation des femmes vivant avec le syndrome d’Asperger dans les médias québécois.

Un texte de Frédéric Lebeuf publié sur RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Santé mentale

Constance Cazzaniga

Constance aimerait accroître la visibilité des femmes Asperger dans la société québécoise. « Si les médias commencent à parler davantage de l’autisme, on entend moins parler du syndrome d’Asperger. Discuter ouvertement de ce trouble permettra à d’autres personnes de s’y identifier. Elles pourront ainsi mettre un mot sur leur différence », pense-t-elle.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Anxiété, quand tu nous tiens

Imaginez que votre cœur se mette soudainement à battre la chamade. Sans raison particulière. Impossible de le ramener à un rythme normal. Vous avez le souffle court. Les extrémités de vos doigts sont engourdies. Vous êtes convaincu de faire une crise cardiaque. Imaginez maintenant être prisonnier de cet état pendant des heures et des heures.

Un texte de Marie Bernier publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Santé mentale

Voilà comment Joanie Pietracupa, rédactrice en chef de Elle Québec et Véro, décrit l’attaque de panique qu’elle a vécue il y a trois ans. « Quelque chose s’est brisé à l’intérieur de moi. Ça m’a pris trois jours pour m’en remettre, comme si j’avais couru un marathon. Et après, je n’arrivais plus à vivre normalement, j’étais incapable d’avoir des pensées raisonnables. Je vivais dans la peur de refaire une attaque de panique. J’avais peur d’avoir peur », s’exclame-t-elle.

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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La liberté est très anxiogène

Dans notre société, somme toute sécuritaire, comment se fait-il que tant de gens souffrent d’anxiété?

Un texte de Marie Bernier publié sur RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Santé

« Avant même la pandémie, on constatait une épidémie de troubles anxieux et d’attaques de panique, particulièrement chez les jeunes. Pourtant, nous vivons dans un endroit où il n’y a ni guerre, ni catastrophe naturelle, et où les taux de criminalité sont très bas. En fait, c’est un peu contre-intuitif, mais la liberté est très anxiogène», souligne Samuel Veissière, anthropologue et professeur au département de psychiatrie de l’Université McGill.

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

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Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

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Covid : des vagues désastreuses pour la santé mentale

Un texte de Isabelle Burgun, Agence Science-Presse, dans le dossier Santé mentale

La deuxième vague ne fait que commencer, mais l’alerte est déjà lancée du côté des impacts psychologiques. Ils devront être traités avec la même vigilance que les impacts physiques des malades hospitalisés.

Les témoignages personnels et les reportages en parlaient depuis des mois, mais des chercheurs viennent de mettre des chiffres sur l’ampleur du problème en mai et juin, à travers huit pays, dont le Canada. Où le taux de dépression majeure aurait avoisiné les 25 %, une hausse de près de 7 %. « C’est énorme et il faudrait pouvoir dépister largement les adultes car nous constatons que les idées suicidaires ont également bondi avec près de 17 % qui affirment qu’ils se verraient mieux morts », s’alarme la médecin-conseil Mélissa Généreux, de la Direction de santé publique de l’Estrie / INSPQ. « C’est bien plus élevé que ce à quoi on s’attendait. »

L’étude qu’elle mène avec d’autres collègues vise à étudier les réactions psychologiques et comportementales à la pandémie dans ces huit pays — dont l’Angleterre et les États-Unis. L’enquête, à laquelle ont participé plus de 8800 personnes, dont 1500 Canadiens, s’intéresse aussi à l’incidence des nouvelles transmises par les médias traditionnels et les médias sociaux, parmi les autres facteurs de stress et de protection.

Une pandémie vient évidemment avec son lot de facteurs de stress. La menace pour le monde perçue comme élevée, l’auto-isolement ou la quarantaine, sans parler des pertes financières sont en tête des facteurs mentionnés par les participants. Pour y faire face, les Canadiens ont développé différentes stratégies, comme une activité physique élevée (64,3 % des répondants), une consommation d’alcool chez une personne sur trois (36,6 %), mais aussi la consommation de cannabis (15,6 %), plus élevée qu’ailleurs.

Pour l’ensemble du Canada, cela représente un taux de 19,6 % pour les troubles d’anxiété généralisée parmi les personnes interrogées et 19,2 % du côté du stress post-traumatique. C’est plus fort en Ontario : 23,4 % de troubles anxieux et 26,2 % de dépressions majeures.

Cette recherche entame sa seconde phase et les résultats complets seront publiés alors que le Québec sera peut-être au milieu ou à la fin de la 2e vague.

C’est aux États-Unis que la flambée des impacts fait le plus mal avec plus de 31 % d’anxiété et 31,6 % de dépressions majeures — une hausse estimée de 6,9 % par rapport à une étude américaine comparable, en 2011.

« Les États-Unis ont un président qui contredit les experts de la santé publique. C’est le pays qui va le moins bien du côté de l’anxiété et de la dépression majeure », note Mélissa Généreux.

L’étude pilote, dont les résultats avaient été publiés au printemps, avait déjà montré que les Québécois étaient légèrement moins susceptibles de souffrir d’anxiété et de stress post-traumatique liés à la pandémie que les Canadiens : un Québécois sur six contre un Canadien sur 4.

Si les Québécois sont moins anxieux — alors que c’est la province où l’on dénombre le plus de cas — ce serait en raison d’une plus faible exposition aux fausses nouvelles et théories du complot que le reste du Canada. Les chercheurs constatent également un plus haut niveau de confiance envers les autorités.

Cohérence et résilience

Traverser ce type d’épreuve de manière positive serait une opportunité, comme individu ou comme communauté : ça aide à développer un « sentiment de cohérence ». Il s’agit de la capacité à donner du sens aux événements et qui permet d’envisager des solutions pour sortir de la crise : elle serait le facteur majeur pour passer au travers des impacts psychosociaux. Ceux qui en sont dotés seraient trois fois moins susceptibles de présenter des troubles psychologiques.

« La perception qu’on a de l’événement et des risques va nous permettre de l’appréhender et de mobiliser des ressources et là, ce sont généralement les personnes plus âgées, avec plus d’expérience de vie, qui s’en sortent mieux », explique la chercheuse.

Pour un quart de la population, cela reste néanmoins une épreuve difficile à passer, qui pourrait avoir des impacts à long terme sur la santé mentale. C’est pourquoi il faut leur offrir du soutien, mais également créer des environnements favorables au bien-être de tous, en tenant compte notamment des inégalités sociales.

Pour stimuler la résilience communautaire, les autorités locales de santé publique peuvent prendre des actions identifiées par la recherche : favoriser une information juste et positive, susciter la participation, l’engagement citoyen et communautaire et encore, répondre aux besoins psychosociaux des membres de la communauté.

Mélissa Généreux a beaucoup appris de la tragédie de Lac-Mégantic sur l’importance et la manière de renforcer la résilience communautaire à la suite d’une catastrophe. « On voit beaucoup de colère et d’opposition en ce moment sur les réseaux sociaux. Ce dont on a besoin c’est de faire sens avec cette nouvelle réalité, de prendre soin des autres, de ses proches, et de soi. C’est le temps de se connecter, de penser au collectif et de se questionner : comment favoriser, par exemple, un réaménagement de l’espace public de manière sécuritaire et inclusive ».

Une initiative de Grande-Bretagne va dans ce sens avec la promotion des « prescriptions sociales » (social prescribing), des activités culturelles et sportives (chant, art, soccer, etc.), toutes financées par le gouvernement et utiles dans la lutte aux impacts psychosociaux de la pandémie.

Aller à la rencontre du monde

Depuis juin, un projet d’intervention psychosociale du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec propose des intervenants qui vont à la rencontre du grand public au sein de différentes municipalités de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Cette nouvelle approche vise à prendre le pouls psychologique de la population de ce large territoire.

« Nous donnons de l’information sanitaire et nous répondons aux questions tout en adoptant une approche ouverte pour cerner comment vont les personnes rencontrées, de la jeune maman à la personne âgée. Et même l’agriculteur, avec nos travailleurs de rang », explique Jovany Raymond, responsable du projet d’intervenants psychosociaux au CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec.

Pour les plus vulnérables et ceux très isolés, les intervenants offrent une écoute et des références, en plus d’établir un suivi psychologique rapide. Avec les problèmes d’emplois et financiers, mais aussi avec l’isolement social, de nombreuses personnes vivent une augmentation d’anxiété et une diminution de leur bien-être émotionnel, et cela pendant une longue période.

Ce projet, qui se poursuivra jusqu’en mars 2021, vise à améliorer la résilience communautaire, selon l’équipe du CIUSSS. « Le moral des gens remonte avec le déconfinement, le retour à l’école et au travail. Les gens réalisent qu’on va s’en sortir. Et nous espérons aussi une contamination positive de la population pour faire face à la désinformation que l’on peut lire sur les médias sociaux », rappelle M Raymond.

À la lecture des premiers résultats de l’étude du Pr Généreux, et de ses collègues, il note que cela apporte des pistes intéressantes « pour bonifier notre approche communautaire, mais aussi évaluer si nous allons dans le bon sens, comme pour la lutte à la désinformation ».

Car il importe de bien informer les gens pour qu’ils puissent avoir des ressources pour contrer cette épidémie de fausses nouvelles et également avoir accès au bon service pour traverser la crise sanitaire et ses conséquences. « Il ne faut pas hésiter à consulter, les services sont là et les thérapies, disponibles. Ce sont jusqu’aux entreprises qui peuvent faire appel à ce service. Et nous allons continuer à ajuster nos pratiques selon les données probantes des études et surtout, les besoins de notre population », insiste Jovany Raymond.

Vous n’allez pas bien ? N’hésitez pas à rejoindre le service Info-Social en composant le 811.

À lire aussi

Lien vers l’article original : https://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2020/10/02/covid-vagues-desastreuses-pour-sante-mentale

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Maxime Roussy, un auteur jeunesse sans peurs

Luc Dupont | Dossier Santé mentaleMaxime Roussy, auteur jeunesse et porte-parole de Phobie Zéro (troubles anxieux, attaques de panique, agoraphobie)

Mise à jour 28 avril 11: Maxime Roussy accusé d’agression sexuelle.

On cherche souvent des modèles d’hommes et de femmes qui nous élèvent. Des gens inspirants et originaux qui, en communiquant leur passion de vivre,  déclenchent en nous une telle énergie que nos rêves les plus chers deviennent tout à coup plus accessibles. C’est ce qui s’est produit lorsque j’ai entendu pour la première fois il y a un an, à la radio, la voix de Maxime Roussy.

L’émission parvenait du Salon du livre de Montréal. Maxime Roussy racontait comment, au début de la vingtaine, il était devenu écrivain jeunesse. L’aspect frappant de son propos était la facilité d’écrire que l’auteur prétendait avoir. Il avait suffi que son éditeur lui dise: «Maxime, trouve-toi un personnage dans le monde des Mayas et lance-toi dans une série d’aventures», pour que le jeune homme s’active. Son imagination a alors explosé et, depuis 1999, il a publié, au rythme de deux par an, vingt-trois livres, dont les dix tomes de la série des Pakkal. L’auteur a déjà vendu plus de 200 000 exemplaires de ses œuvres.

Maxime Roussy, troubles anxieux, crises de panique et agoraphobie

L’adolescence de Maxime Roussy constituait un autre point marquant de cet entretien. Durant de longues années, il a souffert de troubles anxieux avec crises de panique et d’agoraphobie. «On ne souhaite à personne, même à son pire ennemi, de vivre une telle maladie, disait-il. C’est tellement douloureux qu’on ne peut plus vivre, on ne peut plus exister.»

Maxime s’en est sorti. Encore mieux, il est maintenant écrivain et porte-parole du volet jeunesse de Phobies-Zéro, un organisme qui vient en aide aux agoraphobes. Depuis, il va dans les écoles rencontrer des jeunes, il leur parle d’agoraphobie et les écoute.

Maxime Roussy et le décès de sa mère

Aujourd’hui âgé de 32 ans, l’auteur est père de quatre filles. Un jour son aînée, âgée de 10 ans, lui a demandé: «Papa, comment on peut avoir peur des gens?» Il lui a répondu que c’est à cause de dérèglements chimiques dans son cerveau, causés par le traumatisme qu’il a vécu lors de la mort de sa mère. Ce décès lui a donné un choc émotif tellement fort que, pendant des années, il a eu l’impression de vivre avec un monstre à l’intérieur de lui.

«Ma mère est morte lorsque j’avais 15 ans, raconte Maxime Roussy. Ça m’a fait tout un choc parce qu’elle est morte devant moi. Sur le coup, j’ai ressenti une grande douleur, c’est normal. Ce qui l’est moins, c’est qu’à la suite de cet événement, j’ai ressenti un stress post-traumatique, comme ce que vivent les militaires qui reviennent d’Irak. J’ai alors commencé à avoir des crises de panique, jusqu’à 30 par jour, auxquelles s’est ajouté un trouble agoraphobe. J’étais devenu incapable d’être à l’aise dans les foules, parmi les gens. J’étais effrayé de simplement prendre l’autobus. Je faisais donc à pied les huit kilomètres à l’aller et les huit kilomètres au retour qui séparaient Laval-des-Rapides, où je demeurais, du Cégep Ahuntsic, que je fréquentais alors.»

Malgré tout, Maxime Roussy s’est accroché. Il aimait beaucoup écrire et était devenu rédacteur en chef du journal étudiant. «Je me souviens de la frayeur inimaginable que je ressentais avant les réunions. Je me réfugiais alors dans les toilettes, le temps que ça passe. J’en ai passé des heures dans les toilettes! J’en suis venu à ne plus vouloir sortir de la maison, à me trouver toutes sortes de raisons pour m’enfermer le soir. Je suis même allé jusqu’à m’automutiler pour ne pas sortir. Tout ça à un âge où, évidemment, j’aurais eu le goût d’être en gang comme tout le monde.»

La peur d’avoir peur

Un jour, il est tombé sur un livre, La peur d’avoir peur, qui décrivait sa maladie. Il a alors posé l’ouvrage devant son médecin et lui a dit: «Voilà de quoi je souffre!» Ce docteur l’a ensuite mis en contact avec un psychiatre qui lui a prescrit à petites doses un antidépresseur et l’a encouragé à entreprendre une psychothérapie. «À partir de là, dit Maxime, les attaques de panique ont disparu graduellement et mon agoraphobie a pu être mieux contrôlée.»

Maxime Roussy, l’écrivain

Les débuts de Maxime Roussy en tant qu’auteur relèvent du hasard. «C’est parti du journal étudiant au Cégep. Je voyais souvent Michel Brûlé, le fondateur des Éditions Les Intouchables. Il venait rencontrer le graphiste du journal, qui faisait aussi le graphisme de ses livres. Il savait que je voulais devenir écrivain et il m’a dit que si un jour je cherchais un éditeur, je pouvais venir le voir. J’écrivais alors pour moi-même des petits romans. Je tenais aussi un journal personnel, ça soulageait un peu mes souffrances. Quand j’ai commencé à aller mieux, j’ai écrit un véritable premier livre que je lui ai présenté. Il l’a publié, puis je lui ai dit que je voulais gagner ma vie en écrivant. Il m’a répondu de m’essayer du côté du roman fantastique en m’inspirant de la civilisation des Mayas.»

Maxime ne connaissait rien des Mayas, mais, en se documentant, il est tombé sur une information inspirante. «En l’an 615, dit-il, les Mayas s’étaient donnés comme roi un garçon âgé de 12 ans. Il a régné à cet âge sur un territoire correspondant au Mexique actuel. J’avais trouvé mon personnage. Il s’appelait Pakkal.»

Maxime Roussy admet que l’écriture représente énormément de travail pour lui. «Mais c’est vraiment palpitant, nuance-t-il. Je connais mes lecteurs. Je sais qu’ils n’ont pas beaucoup de temps. Ils sont sur Internet, ils s’amusent avec des jeux vidéo et sortent en gang. Alors, je leur dis: « Si vous me choisissez, c’est-à-dire si parmi toutes vos activités intéressantes, vous décidez de consacrer du temps à l’un de mes livres, soyez certains que vous allez y trouver beaucoup d’action, des univers aussi capotés que dans vos jeux vidéo et, en plus, vous allez développer votre imagination et réussir à mieux écrire. »»

Personne ne mérite de souffrir

Aujourd’hui, Maxime va beaucoup mieux. «Je sais cependant que je serai toujours fragile et que je dois faire attention.» A-t-il un conseil à transmettre en terminant? «Oui. Si tu vis des malaises comme les miens ne reste pas seul avec ça. Parles-en à quelqu’un en qui tu as confiance: un travailleur social, un psychologue à l’école ou appelle Phobies-Zéro. Donne un gros coup tout de suite. C’est ça le plus dur, te dégager, aller chercher de l’aide. Personne sur Terre ne mérite de souffrir. Personne. Il y a toujours une solution.»

Site Internet: http://www.phobies-zero.qc.ca

Ligne téléphonique de soutien: 514-276-3105

Phobies-Zéro

Phobies-Zéro est un groupe de soutien et d’entraide pour les personnes souffrant de troubles anxieux (anxiété, troubles anxieux, phobies, agoraphobie) et leurs proches. Sur la page Web de l’organisme, un volet thérapeutique et un volet informatif aident les internautes à décortiquer ces troubles et offrent des solutions. En guise d’encouragement, des gens aux prises avec des troubles anxieux racontent leurs victoires. Il y a aussi un volet jeunesse.

Mise à jour 28 avril 11: Maxime Roussy accusé d’agression sexuelle.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.html
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