Musée McCord : calendrier maya, fin du monde…

Calendrier maya et fin du monde au musée McCord

Normand Charest – chronique Valeurs de société Dossiers Autochtone, Humour

musée mccord fin du monde 2012 illustrations humour caricaturesLa fin du monde en 2012, selon le calendrier maya ? Tout a été dit sur ce non-événement, au cours de l’année, mais le musée McCord a choisi d’en sourire en présentant 175 caricatures tirées de sa collection, qui remonte au début du 20e siècle.

On sourit du thème, mais tout en présentant des caricatures en grande partie sérieuses, puisqu’elles commentent des tragédies. Des catastrophes naturelles, comme le tsunami du Japon, ainsi que les différentes menaces à l’environnement, sur lesquelles beaucoup ont choisi de se fermer les yeux.

Les conflits armés prennent aussi beaucoup de place dans l’histoire humaine. Et, à ce titre, il faut souligner une importante collection de caricatures sur la Deuxième Guerre mondiale et la Guerre froide qui l’a suivi. Des dessins lourds d’histoire.

À l’opposé, dans la section réservée au calendrier maya et dans le genre comique, je retiens un dessin d’Aislin où il compare ce calendrier à un biscuit Oreo, dont on célèbre cette année le 100e anniversaire. La ressemblance entre le bas-relief maya et son équivalent chocolaté est certes frappante. Ce qui ajoute à ce thème le comique qu’il mérite.

(« La fin du monde… en caricatures ! », jusqu’au 26 janvier 2013.)

La fin d’un monde annoncé : les Amérindiens à l’aube du 20e siècle

Dans la cage d’escalier du musée McCord, on peut voir un énorme totem de Colombie-Britannique qui s’étend sur 3 étages. Bois non peint, ours, corbeau, une dizaine de figures en tout… cette grande sculpture autochtone fait plaisir à voir.

E. Curtis, Jeune fille arikara, 1909 (Wikipedia Commons)

Dans une autre salle, on présente les célèbres portraits d’Amérindiens du photographe et ethnologue américain Edward Curtis (1868-1952), qui forment les archives les plus riches sur ce thème.Nous connaissons tous ces photos. On les a vu en librairie, sur des cartes, en illustrations dans des livres et des magazines. Curtis a publié 2 200 de ses 44 000 photos sépia dans une collection de 20 grands volumes reliés cuir et dorés sur tranche, entre 1907 et 1930, sous le titre général The North American Indian. De plus, le premier volume bénéficie  d’un avant-propos du président Theodore Roosevelt.

Si son œuvre a été critiquée par certains, il demeure que son intention était de témoigner de la culture autochtone que tous, à l’époque, croyaient en voie de disparition. La fin du monde amérindien, comme on l’avait connu jusqu’alors.

L’exposition présente un choix de photos tirées à part, en grand format, ainsi que quelques volumes originaux exposés sous verre. Les plaques de verre de Curtis ont été détruites ou perdues. Il ne reste que les plaques de cuivre ayant servie à imprimer les photogravures.

(« Edward Curtis – Un projet démesuré », jusqu’au 18 novembre 2012.)

Une profondeur historique

L’actualité nous offre tellement de matériel qu’on serait portés à ignorer le passé. Or, c’est toujours une erreur de le faire, car le passé est riche d’enseignement et sa connaissance offre beaucoup plus de profondeur à notre pensée et à nos opinions actuelles.

C’est pourquoi nous gagnerions à écouter les anciens, ceux qui veulent nous raconter leurs expériences, et à visiter des lieux comme le musée McCord.

Un extrait du site Web du musée

« Notre mission – Le Musée McCord célèbre la vie d’ici, d’hier et d’aujourd’hui : son histoire, ses gens, son peuple, ses communautés.

Un musée… qui fait réfléchir – Un regard actuel sur les enjeux de société, les réalisations et les thèmes actuels. »

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Une forêt contre le tsunami

Environnement

Une forêt contre le tsunami

 «Nous avons protégé la forêt et elle nous a protégés.» Des villageois pauvres du sud de l’Inde racontent comment un projet de conservation de la nature les a sauvés du tsunami et sortis de l’extrême pauvreté.

Patrick Alleyn (texte et photos),  Dossier Environnement, International

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Tamil Nadu, Inde — Nous traversons en chaloupe l’immense forêt marécageuse de Pichavaram, dans le sud de l’Inde. On s’y faufile à travers des canaux, guidés par Nagamuthu, un jeune membre de la tribu Irula. Pichavaram est une mangrove, c’est-à-dire une forêt d’arbres poussant dans l’eau salée et la boue, au bord d’un océan tropical. Dressés, tels des araignées, sur leurs dizaines de racines crochues leur servant de tronc, ils valsent au gré de la houle, réduisant ainsi jusqu’à 90% de l’énergie des vagues. Dans les régions tropicales soumises aux cyclones et ouragans, la nature a heureusement créé cet efficace système de défense des rives.

«Le jour du tsunami, les habitants des villages de Pichavaram ont aperçu trois vagues gigantesques au-dessus de la mangrove, raconte Nagamuthu. Ils ont eu le temps de s’enfuir, car les arbres ont ralenti la violence des vagues. La marée géante a emporté les bateaux, mais sans détruire les maisons. «Un village voisin, situé à la même distance de la mer, mais non protégé par la forêt, a, lui, été dévasté», fait remarquer le pêcheur qui dirige notre barque.

Le tsunami du 26 décembre 2004 a été l’une des pires catastrophes naturelles de l’histoire. L’immense raz-de-marée, provoqué par un tremblement de terre dans l’océan, a fait 280 000 morts dans plusieurs pays d’Asie. «Mais à Pichavaram, nous avons protégé la forêt et elle nous a protégés», conclut Nagamuthu, non sans fierté. Et non sans raison.

Gardiens de la forêt
tsunami-environnement-arbre-protection-inde Nagamuthu coordonne depuis 1996 un vaste projet de sauvetage des arbres de la mangrove de Pichavaram. Il était à peine âgé de 17 ans quand des biologistes marins de la Fondation Swaminathan, un organisme scientifique indien, ont débarqué dans son village à la recherche d’un meneur. Ils voulaient mobiliser les villageois pour enrayer la dégradation de la forêt après les coupes «sélectives» d’arbres, autorisées par le gouvernement dans les années 1970.

«Nagamuthu était le seul habitant du village sachant lire et écrire. Nous voulions transformer les habitants pauvres de la région en gardiens de la forêt, en leur démontrant que son reboisement allait améliorer leurs revenus», expose Selvam, le directeur de ce projet à la Fondation Swaminathan.

«Les gens ici sont très pauvres. Pour combler leurs besoins de base, ils coupaient les arbres ou faisaient brouter sans contrôle leurs animaux autour de la mangrove, des pratiques néfastes pour son écosystème», poursuit Selvam. Avec un financement de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) et du Centre de recherche en développement international (CRDI), deux organismes du gouvernement canadien, les scientifiques indiens ont démarré le chantier environnemental à Pichavaram.

Les villageois ont planté des arbres et, pour les alimenter d’eau fraîche, creusé des canaux. «Des pans entiers de la mangrove ont repris vie. Sous les arbres, les crevettes, les crabes et les poissons se sont multipliés. La pêche est devenue abondante», se rappelle le père de Nagamuthu.

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Pour protéger l’environnement, les scientifiques croyaient qu’il fallait d’abord combattre la pauvreté dans ces villages isolés. Ainsi, les villageois cesseraient les activités nuisibles pour la forêt, mais aussi se mobiliseraient contre tout projet du gouvernement ou de riches investisseurs pouvant la menacer.

La Fondation a donc construit une école. «On s’est aussi battu devant les tribunaux pour faire reconnaître aux membres de la tribu Irula leurs droits comme population indigène discriminée en Inde. Ainsi, des places devaient leur être réservées dans les collèges», rapporte le biologiste.

Et le jeune Nagamuthu d’enchaîner: «Aujourd’hui, les gens de mon village conseillent le ministère des Forêts, et nous avons reçu le mandat de patrouiller la mangrove pour dénoncer toute coupe illégale.»

Le modèle de Pichavaram — gestion de l’environnement par les communautés pauvres elles-mêmes — a ensuite été reproduit pour la protection d’autres mangroves en Inde. C’est aussi un modèle promu de plus en plus dans le monde, en particulier par les Nations unies, pour protéger les écosystèmes en péril — forêts, rivières, terres agricoles… Car, les pauvres sont toujours les premières victimes de la destruction de l’environnement.

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«Quand j’étais enfant, les hommes du village ne portaient que des caleçons qu’ils achetaient usagés au marché!», se souvient Nagamuthu. À 8 ans, je devais conduire les chèvres au champ. Je voyais les enfants d’autres villages se rendre à l’école. De moi-même, j’ai décidé de m’y inscrire. Mais, à 13 ans, j’ai dû retourner dans la mangrove pour pêcher. Sans filet ni bateau, j’étais expert pour attraper les crabes à mains nues!» rigole-t-il. Nagamuthu poursuit maintenant des études par correspondance en sociologie.

Destruction d’une protection naturelle
L’impact du tsunami de 2004 aurait été bien moindre si les humains n’avaient pas détruit les mangroves, estiment les spécialistes du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

En effet, plus du tiers de ces écosystèmes côtiers a disparu depuis 20 ans, pour céder la place à des hôtels, des routes ou des bassins d’élevage de crevettes. Souvent dans ces «fermes» à crevettes, les riches investisseurs abandonnent les installations après quelques années à peine, une fois la terre contaminée. Jetés au chômage, les habitants pauvres se retrouvent sans aucune ressource dans un champ de boue et de sel.

Le soir tombe. Nagamuthu nous presse de rentrer, car les filets des petits pêcheurs se dresseront bientôt sur le parcours de notre barque. «Le tsunami a créé auprès des gouvernements un intérêt nouveau pour les mangroves, constate le scientifique Selvam. Mais, je crains que cet intérêt ne s’estompe à mesure que le tsunami s’effacera des mémoires.»

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Au coeur du Tsunami

Témoignage de rescapés, Valarmathy: les enfants disparus

Au coeur du Tsunami

Par Patrick Alleyn    Dossier International

En pleine nuit, les enfants réveillaient tout le monde dans le camp. «Les vagues! Les vagues arrivent!», hurlaient-ils. Il y a eu jusqu’à douze vagues, qui ont ravagé les côtes de leurs villages. Quatre étaient des vagues géantes emportant tout sur leur passage, y compris leurs pères, leurs mères, leurs frères et leurs sœurs. Après, dans les dortoirs, les enfants terrorisés s’enfuyaient, la nuit, et leurs parents survivants, en pleurs, les rattrapaient dehors.

Je ne peux oublier ces nuits terribles, au Collège central de Batticaloa, avec les autres survivants, un mois après le tsunami, raconte Valarmathy. Un jour, alors que des coopérants japonais fumigeaient le refuge contre les moustiques, leurs vaporisateurs faisant le bruit d’une vague, une petite fille s’est évanouie.

Butterfly Peace Garden

Je suis en formation pour devenir animatrice au Butterfly Peace Garden (le Jardin de la paix). L’organisation va bientôt ouvrir un centre pour les enfants traumatisés vivant dans notre immense camp de rescapés, près de Batticaloa.

J’ai 27 ans. Je suis étudiante. Le tsunami a emporté ma mère et ma maison. Mon village, Navalady, n’existe plus. Je vis dans ce camp avec 5000 autres personnes. Les maisons temporaires, fabriquées par Oxfam, Vision Mondiale du Canada et les Tigres tamouls, sont minuscules. Les enfants y ont du mal à étudier. D’ailleurs, le Jardin de la paix veut y installer une salle d’études.

Nous ne savons rien de notre future maison. Ma sœur dit que le prochain raz-de-marée va venir détruire nos abris avant que les maisons permanentes ne soient construites. À Batticaloa, la construction vient à peine de commencer, un an après le tsunami, à cause de l’ampleur de la tâche – 100 000 maisons détruites -, des lenteurs bureaucratiques et de la difficulté à trouver des terrains constructibles loin de la mer.

Tsunami et guerre

Ici, en plus du tsunami, il y a la guerre, continue Valarmathy (le gouvernement et les Tigres tamouls ont signé un cessez-le-feu en 2002, mais des attentats ont lieu régulièrement). Dans le camp, un voisin a été assassiné parce qu’il livrait les journaux d’un parti politique avec son taxi à trois roues.

Les formateurs du Jardin de la paix nous apprennent à composer des chansons avec les enfants, à les guider dans la peinture imaginative. Paul Hogan, le Canadien, nous enseigne la méditation pour que nous nous sentions plus libres.

J’ai hâte de commencer à jouer avec les enfants, dit Valarmathy. Cinq enfants de ma famille sont morts, ceux de ma sœur et le petit dernier de mon frère. J’aimais m’en occuper. Nous ne faisons pas que leur fournir des jouets. Nous apprenons à développer une relation de confiance avec eux, et nous partageons leur peine.

Suthakaram: la colère contre le tsunami

Je lavais des colliers de fleurs dans le grand temple hindou de mon village Navalady, un village de pêcheurs, raconte de son côté Suthakaram, 24 ans, étudiant de philosophie et de culture hindoue. La terre s’est ouverte devant nous. L’eau est arrivée et j’ai grimpé sur le toit. Là-haut, j’ai vu la maison de ma sœur s’effondrer, comme au ralenti. Puis, la troisième vague, gigantesque, m’a emporté comme un oiseau jusque sous le pont de Kallady. On m’a retrouvé parmi les cadavres sur la plage.

Quarante-cinq de mes proches sont morts. Après le tsunami, j’étais dégoûté de tout. J’ai retrouvé ma confiance durant la formation d’animateur du Jardin de la paix (Butterfly Peace Garden). Pour les enfants, ce sera comme un médicament pour reprendre confiance eux aussi.

Nous en sommes à planifier les activités thérapeutiques pour les enfants, explique Suthakaram. Peut-être leur demanderons-nous de dessiner des vagues et des maisons pour les amener à parler de leur peine. D’autres organisations leur fournissent des ballons de football ou des bâtons de cricket. Mais nous, nous voulons toucher leurs émotions.

Je suis allé à la commémoration du tsunami, le 26 décembre. Dans les ruines de mon village, j’avais l’impression que le tsunami reviendrait pour tuer les survivants. Je n’irai plus à aucune commémoration. Avant la formation du Jardin de la paix, j’étais en colère contre le tsunami. Maintenant, je suis plus calme.

Dons et Contes du singe

Le Butterfly Peace Garden est en quête de partenaires financiers. L’organisme humanitaire hollandais HIVOS termine son engagement de dix ans avec le Jardin, en 2006. Une campagne de financement s’organise depuis Toronto. War child Canada y contribue. Le Jardin met sur pied le Centre des contes du singe pour l’art contemplatif et la narration, ouvert aux intervenants d’autres organismes, du Sri Lanka ou de l’étranger.

Pour les dons au Peace Garden, contactez Laurie Edwards au Stupid School studio à Toronto Courriel: ble@thestupidschool.ca Site Internet: thestupidschool.ca.

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Wardah Hafidz et les tsunami

Wardah Hafidz

Défenderesse des survivants du tsunami

Wardah Hafidz, «la Mère Teresa de l’Indonésie», fait de la reconstruction un combat pour la démocratie

Patrick Alleyn et Benoit Aquin   Dossier International

La veille du 1er anniversaire du tsunami, Wardah Hafidz et des survivants avaient installé 200 banderoles partout dans la ville de Banda Aceh, sur le passage du président indonésien venu commémorer la catastrophe.

«La reconstruction d’Aceh doit être dirigée par les gens eux-mêmes», est-il écrit sur les banderoles que l’armée n’apprécie pas du tout. Durant la nuit, les soldats arrachent les bannières et menacent Mme Hafidz d’arrestation.

«Les officiers ont vu nos bannières comme une insulte, un appel à se rebeller contre l’autorité gouvernementale», pense Mme Hafidz, l’infatigable défenderesse des pauvres en Indonésie. «Nous voulions rappeler aux institutions, aux organismes humanitaires et au gouvernement que les victimes du tsunami doivent participer à la reconstruction de leur village et de leur quartier. La reconstruction doit être démocratique», insiste-t-elle.

Fondatrice du réseau Uplink, Wardah Hafidz défend les habitants des bidonvilles en Indonésie. Elle s’est rendue célèbre en 1999 lorsqu’elle a révélé une vaste corruption autour d’un fonds de 800 M $US d’aide sociale ayant servi à acheter les votes de fermiers et de petits entrepreneurs. «C’est notre Mère Teresa», lance notre chauffeur de taxi, en route vers le bureau de la militante à Banda Aceh.

Hiroshima?

Le deuxième jour suivant le tsunami, elle quittait Jakarta pour débarquer dans la province d’Aceh avec ses collègues pour participer aux secours et aider les gens à rebâtir leurs maisons.

Aceh, province de l’île de Sumatra en Indonésie, est la région d’Asie du Sud la plus durement touchée par l’immense raz-de-marée du 26 décembre 2004 causé par un tremblement de terre. «Hiroshima! C’est Hiroshima!» s’est exclamé un réalisateur japonais, en débarquant à Aceh. Dans la ville bombardée par la bombe atomique, «on pouvait voir des édifices debout à 1km, mais ici, on ne voit rien même à 3km!», compare le japonnais.

À Banda Aceh, la capitale régionale, Wardah Hafidz mobilise les rescapés contre les lenteurs de la reconstruction. «Avec des millions de dollars de dons et plus de 200 organisations internationales sur le terrain, je refuse que des milliers d’habitants d’Aceh vivent encore sous la tente un an après le tsunami», dénonce-t-elle.

L’œuvre de reconstruction est immense. La vague a pénétré jusqu’à 6 km à l’intérieur des terres. L’ONG catholique canadienne Développement et paix a alloué 2 millions au projet d’Uplink pour bâtir 3200 maisons et relancer l’activité économique dans 25 villages. Le gouvernement canadien y contribue aussi, à hauteur de 5,9 millions, et l’ONG catholique allemande Misereor, pour 19 millions.

Expulsion des rescapés

«Certaines ONG internationales remettent la reconstruction entre les mains des entrepreneurs sans que les habitants aient pratiquement un mot à dire», réprouve Wardah Hafidz. Elle décrit son plan: «Dans ces villages, le tsunami a tué la moitié des habitants. L’eau potable, les égouts, la santé publique, les rues et les maisons, nous travaillons à tous les niveaux avec les survivants. Mais notre objectif, à travers la reconstruction, c’est de créer des communautés organisées, capables de défendre leurs droits», rappelle la militante.

En janvier, un mois après le séisme, le gouvernement a décrété l’interdiction de construire dans une zone de sécurité de deux kilomètres de large le long de la côte. Mme Hafidz est replongée dans son premier combat: nombre d’habitants refusaient de quitter leurs terres. Elle devait les défendre comme elle a l’habitude de le faire pour les familles squattant les bidonvilles.

La militante et son équipe d’Uplink ont développé un plan de rechange avec les villageois, dans l’espoir de le voir adopter par le gouvernement. «On assurerait plutôt la sécurité par des protections naturelles comme des plantations de mangroves et en aménageant des montagnes artificielles où les gens pourraient courir se réfugier», explique-t-elle.

Cette idée insensée de zone tampon a été abandonnée en mars, on a obtenu gain de cause, mais cela nous a fait perdre beaucoup de temps», déplore Mme Hafidz.

La province d’Aceh était en guerre avant le tsunami. La catastrophe a poussé le gouvernement indonésien et la guérilla du GAM (Mouvement pour une Aceh libre) à signer un accord de paix après une guerre de 29 ans. Mais il s’agit là d’une trêve fragile, que menace notamment la corruption. Rappelant l’épisode des bannières arrachées par les militaires, Wardah Hafidz souligne que les droits des gens d’Aceh ne sont pas encore respectés.

Mais ne me comparez pas à Mère Térésa, je ne suis pas à la hauteur», termine la femme de 53 ans, qui a choisi une vie sans enfants pour se consacrer totalement à sa cause.

 

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Enfants soldats: les anges de la guerre

Enfants soldats au Sri Lanka

Les anges de la guerre

Au Sri Lanka, le Jardin de la paix soigne par le jeu et les rituels les enfants traumatisés par la guerre et les catastrophes naturelles.

Patrick Alleyn Dossiers Enfants-soldats, International

(Batticaloa, Sri Lanka) — Le petit de 5 ans raconte son histoire, avec toute sa colère. «Mon oncle tenait ma main et celle de ma maman, mais il l’a lâchée. Je l’ai vue emportée par la mer.» Depuis, il affirme détester son oncle et refuse de dire ses prières.

Le révérend Paul a emmené l’enfant au nid des coucous, dans la maison-chariot, après le pont-serpent. «Je suis le papa coucou», lui dit le Père Paul. Le nid des coucous est le lieu des confidences. Le thérapeute du Jardin de la paix y soigne par le jeu et le rituel le petit garçon traumatisé par le tsunami qui a ravagé son village le 26 décembre 2004.

«Le Jardin de la paix (Butterfly Peace Garden) accompagne les enfants affectés par la guerre, mais nous y avons intégré des enfants du tsunami», rapporte Paul Hogan, un peintre torontois, qui a créé ce projet avec le psychologue Paul Satkunanayagam, un père jésuite tamoul, et dix jeunes militants pacifistes. L’Agence canadienne de développement international (ACDI) a aidé à mettre sur pied le Jardin. L’Entraide universitaire mondiale du Canada leur a fourni plus tard un autobus.

«Plusieurs ont vu leurs parents emportés par la vague», rajoute-t-il. Sur les côtes du Sri Lanka, le raz-de-marée géant a fait 31 000 morts et 500 000 sans-abri.

Le Jardin de la paix

Aujourd’hui, dans le verger où est installé le Jardin de la paix, 50 enfants se ruent dans une montagne de costumes. Ils réapparaissent en lions ou en coucous; l’un en moine bouddhiste, l’autre en karaté kid à longues moustaches; là-bas, une petite fille est magnifique avec ses ailes de papillon roses. Certains jouent avec Samathanam, un pélican devenu le «gourou» du Jardin. Durant neuf mois, ces enfants s’amuseront dans un grand bateau de bois, bricoleront, prendront soin des animaux, feront de la peinture et des contes. Les animateurs sont formés pour se laisser guider par l’imaginaire des enfants et non pour gérer un programme d’activités. Une fois la confiance des enfants gagnée, les animateurs dialogueront seuls à seuls avec les plus troublés d’entre eux.

Depuis dix ans, l’autobus du Jardin de la paix parcourt les zones de conflit dans l’est du Sri Lanka. Il recueille les enfants éprouvés par une guerre civile de 20 ans entre les Tigres tamouls, qui luttent pour l’indépendance de la minorité tamoule du nord-est, et les forces gouvernementales de la majorité cinghalaise. Le Jardin accueille des petits provenant des villages où la violence éclate entre Tamouls et Musulmans. Le Jardin veut favoriser la réconciliation entre les communautés du Sri Lanka.

La guérison dans les camps

«En ce moment, la majorité des gens de la région de Batticaloa vivent dans des camps. Aux réfugiés de la guerre s’ajoutent ceux du tsunami», observe Shantiepan Sivarajah, un jeune pacifiste engagé depuis les premiers pas du Jardin.

Au camp de Thiraimadu, un millier de familles vivent sur un vaste terrain sans arbres, dans des abris de tôle ondulée, et rôtissent au soleil, un an après le tsunami. Shantiepan y supervise l’installation du Studio des contes du singe. Inspiré du Jardin, il viendra en aide aux enfants perturbés par le tsunami, directement dans le camp.

«Après dix ans, j’ai envie de retourner à la pêche, à la vie sur la mer, avoue Shantiepan. C’est un travail douloureux.» Sa conjointe, Mary Heather, coordonnatrice d’une ONG canadienne à Batticaloa, l’a plutôt convaincu de venir vivre au Canada, pour éventuellement y développer d’autres jardins de la paix ailleurs dans le monde.

Avec le temps, les enfants du Jardin deviennent eux-mêmes des «agents de guérison» pour toute la communauté — parents, professeurs, leaders religieux, soldats —, croit le père Paul. «Nous organisons des défilés de paix dans la ville, dit-il. Devant les campements militaires, les enfants collent leurs créations artistiques aux fenêtres de l’autobus — fleurs de papier multicolores, bannières, etc. Certains des soldats acceptent ce cadeau de paix et leur répondent en agitant la main. Ils sont touchés au cœur.»

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Environnement: feuilles de thé équitables

Merci de visiter notre Boutique équitable

L’avenir dans les feuilles de thé… équitables !

Ces deux sachets de thé racontent deux histoires bien différentes. L’un provient d’une grande plantation, l’autre d’une coopérative.

Agence Science-Presse– Nicole Castéran   Dossiers  Commerce équitable, cartes anniversaire et Environnement.

Un thé au goût amer

Le Sri Lanka est le troisième producteur de thé au monde. Dans la région montagneuse du centre du pays, s’étendent d’immenses plantations appartenant à des sociétés multinationales privées. De nombreuses familles y travaillent dans des conditions proches de l’esclavage. « Leur vie est un véritable enfer, s’exclame Nada, le coordonnateur de l’organisme d’aide local HDO. Ces hommes et ces femmes ne gagnent pas de quoi se nourrir. Pourtant, l’industrie du thé est très rentable ».

Un seul repas par jour

Vissaraji cueille des feuilles de thé neuf heures par jour. Elle doit en récolter 18 kilos chaque jour pour obtenir son salaire complet. Son mari travaille à l’usine de thé. « Nous faisons un seul vrai repas par jour : du riz au cari, explique-t-elle. Et comme la plupart des familles ici, nous mangeons à crédit à partir du 20 de chaque mois. »

Les employés sont logés dans des bâtiments délabrés et insalubres, sans fenêtres, au beau milieu des plantations. Grands et petits respirent ainsi les pesticides épandus en quantité sur les théiers. L’organisme Entraide universitaire mondiale du Canada vient en aide à ces familles en les renseignant sur leurs droits et sur les précautions à prendre pour préserver leur santé.

Thé équitable, toi ?

Dans la région de Kandy, également au centre du pays, 350 petits producteurs de thé se sont regroupés au sein d’une coopérative, appelée SOFA. Ils mettent leurs forces en commun pour cultiver du thé biologique. Grâce au commerce équitable, des organisations comme Equita, d’Oxfam-Québec, leur achètent leur production à un prix sept fois plus élevé que le marché régulier : 0,15 $ le kilo de thé, plutôt que 0,02 $. Mais comme ces paysans possèdent peu de plants sur leur petite parcelle, ils ne deviennent pas riches pour autant.

La solution : de nouvelles branches

Pour cultiver « bio », les membres de la SOFA doivent observer des règles bien strictes : pas d’engrais, ni d’insecticides chimiques, ni de brûlis *. Ingénieux, ils ont découvert qu’en plantant des arbres à cannelle et diverses épices au milieu de leur lopin de thé, ils éloignaient les insectes nuisibles. Encore mieux : Equita leur achète maintenant ces épices biologiques : poivre noir, clou de girofle, cannelle, cari, muscade et gingembre ! Les paysans ont aussi planté des légumes et des fruits pour leur consommation personnelle.

Les grands avantages du commerce équitable

Equita et les autres organisations de commerce équitable versent aussi à la coopérative de l’argent pour la construction de toilettes, l’achat de nouveaux plants, l’approvisionnement en eau potable, la formation, etc. Les femmes ont appris, par exemple, à confectionner des boîtes en feuille de palme pour emballer le thé. Ce travail leur rapporte plus que la culture du thé elle-même ! De fil en aiguille, les membres de SOFA trouvent ainsi des moyens d’améliorer leurs conditions de vie. C’est là l’intérêt du commerce équitable.

Le Sri Lanka en bref

Superficie : 66 000 km2 (Un peu moins que le Nouveau-Brunswick – 72 000 km2)
Population : 20,7 millions d’habitants
Capitale : Colombo
Espérance de vie : 74 ans (80 ans au Canada)
Ce pays connaît la guerre depuis 30 ans. En 2004, il a été durement touché par le tsunami.

Le thé est la deuxième boisson la plus bue au monde après l’eau. Le thé noir et le thé vert proviennent des mêmes feuilles. C’est la manière de les traiter qui diffère : on fait fermenter les feuilles pour obtenir le thé noir alors qu’on les torréfie pour fabriquer le thé vert.

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