Accident d’un cascadeur

Témoignage d’un survivant

Les cascades de la vie

Yanick ne devrait pas être en vie. Victime d’un sévère accident de voiture à 17 ans, les médecins ne lui donnaient pas 24 heures à vivre. Vingt ans plus tard, il regarde tous les obstacles qu’il a eu à franchir après avoir vaincu la mort.

Didier Tremblay   Dossier Santé

cascadeur-accident-cascade-filmRien ne distinguait Yanick des autres adolescents. Doué à l’école au début du secondaire, le divorce de ses parents l’amène à vivre une crise d’adolescence mouvementée qu’il noie dans l’alcool. Sensible comme bien des jeunes de son âge.

Face à face avec la mort

La journée s’annonçait joyeuse. Le 21 décembre 1990, à l’approche de Noël, Yanick et deux de ses amis vont en auto faire leur magasinage des fêtes. Le jeune homme est à l’avant, côté passager. Son ami est à l’arrière. Martin, un de ses meilleurs amis, conduit. Les trois sont de bonne humeur. Ils ne sont pas sous l’effet de l’alcool ou de drogues. La voiture ne roule pas à pleine vitesse. Malgré tout, leur vie bascule en une fraction de seconde.

Ils sont victimes d’un face à face. Sous l’impact, le passager à l’arrière est projeté vers l’avant. «Il n’était pas attaché. Il m’est rentré dedans.» Le cervelet de Yanick, qui régule la fonction motrice de son corps, absorbe le choc. «Plus tard, le médecin m’a expliqué que c’est ce qui contrôle le cerveau et que, dans l’accident, c’est comme s’il avait été dans un malaxeur.»

10 jours de coma

Yanick est emmené à l’hôpital d’urgence. Son état est critique. «Le premier diagnostic ne me donnait pas plus de 24 heures à vivre. Puis, à la fin de la journée, on me donnait 48 heures. Une fois ce délai passé, les médecins n’avaient plus aucune idée. Mais vu l’impact et les dommages à mon cervelet, ils prévoyaient 16 mois de coma. Et plus tu restes dans le coma, plus les séquelles sont graves.»

cascade-accident-cascadeur-film-actionLe 31 décembre, soit 10 jours plus tard, Yanick émerge à la surprise générale et contre toutes les prévisions médicales. «Je ne reconnaissais pas ma mère, mes amis. J’ai reconnu le père d’un de mes amis mais lui, je ne l’ai pas reconnu!» Le jeune homme est confus, désorienté. «Le coma, je ne le souhaite à personne. C’est le néant total. Quand tu te réveilles, tu n’as aucune idée qui tu es. J’ai halluciné mes amis, mon accident. À travers la fenêtre de ma chambre, à l’hôpital, je voyais la neige. Mais je n’en avais pas conscience. Je ne savais pas qu’on était en hiver.»

Réadaptation impossible

Un malheur n’attend pas l’autre. Yanick doit subir une trachéotomie après que le tube qu’on lui mettait dans la bouche pour le nourrir ait touché ses cordes vocales qui ont enflé. Son traumatisme crânien paralyse tout son côté droit qu’il ne peut bouger. «Mon médecin est venu me dire qu’il ne pensait pas que je serais capable de parler et de marcher. Il m’a énuméré plein de choses que je ne pourrais plus faire. Ma paupière droite était fermée, mon bras droit ne levait pas. Alors j’ai levé mon gauche et je lui ai présenté mon majeur.»

Yanick développe une volonté de vivre qu’il ne se connaissait pas. Il puise dans cette énergie pour se battre. «Ma mère était tout le temps avec moi, à l’hôpital. Il y avait souvent des amis qui venaient me visiter. Mais je me sentais seul parce qu’ils ne pouvaient pas se battre pour moi. Quand tu es dans un lit d’hôpital et que la moitié de ton corps ne bouge plus, tu ne sais pas ce qui se passe. J’ai dû me la poser, la question: est-ce que j’abandonne? La réponse la plus facile, c’est oui. Mais je me suis convaincu que je pouvais réussir.»

Le jeune homme est déterminé. Il va faire mentir tous les médecins qui ne croient pas qu’il se relèvera un jour. Il travaille sur son attitude. «Quelqu’un est entré dans ma chambre et je l’ai entendu dire: ‘‘C’est dont de valeur, t’étais si fin.’’ Je l’ai mis dehors immédiatement. Je n’avais pas besoin de ça. D’autres me disaient: ‘‘tu dois être furieux contre Martin qui conduisait.’’ Ben non. Je ne pouvais pas me payer le luxe d’avoir de la haine envers qui que ce soit. Fallait que je me batte pour moi, pour ma survie.»

À l’hôpital Charles-Lemoine, Yanick force son corps à lui répondre. Il doit réapprendre à parler et à marcher. «Je me fâchais souvent! Parce que réapprendre ces choses naturelles, à 17 ans, c’est dur.» Il parcourt inlassablement l’étage sur lequel il se trouve. «J’étais censé être avec une marchette. Mais je n’ai jamais voulu.» Quand il remarque que les infirmières le regardent, il s’accroche à la rampe pour qu’on ne lui impose pas de marchette. Après 3 mois et demi, il obtient son congé de l’hôpital. «Et je suis sorti sur mes deux jambes», dit-il fièrement.

Un survivant

Un an après son accident, la vie de Yanick reprend son cours. Il est en réadaptation pour rééduquer son côté droit, paralysé. Il est de retour à l’école, conduit sa voiture et joue même au rugby. «Je suis retourné voir mon médecin parce que j’avais un problème de crampe à la main. Ça me dérangeait, pour l’école. Le médecin, dès qu’il m’a vu, m’a dit de sortir tout de suite de son bureau : Yanick, tu ne devrais même pas être en vie. Tu devrais au mieux être un légume. Et tu marches, tu conduis, tu vas à l’école. Tu l’as fait tout seul. Alors fais la même chose pour ta main.»

Le jeune homme sort revigoré de cette rencontre. Il réalise à quel point sa volonté est puissante. Il termine son secondaire puis s’inscrit aux HEC. Faute de moyens financiers, il doit quitter avant d’obtenir son diplôme. Ce qui déçoit l’un de ses professeurs qui appréciait sa présence et son implication. «Si ça n’avait pas été de mon accident, je ne sais pas ce que je ferais aujourd’hui. Mais depuis, je ne peux pas me contenter de juste être bon. Il faut que je me dépasse. C’est mental. C’est moi qui me mets cette pression. C’est ce qui m’a fait tripper, avec la réaction de mon prof aux HEC. Je pensais que j’étais juste bon. Mais quand il m’a demandé de ne pas abandonner son cours, j’ai compris que j’étais plus que bon.» Yanick sent que sa volonté peut lui permettre de faire ce qu’il désire. Et comme il a déjoué la mort, il savoure la vie à chaque instant. En chemin pour sa séance de réadaptation, il remarque une agence de casting. «Je me suis dit, tiens, je pourrais faire ça, moi.

Un nouveau départ

Alors je suis allé suivre des cours de cinéma. Quand on me voyait jouer, les gens disaient ‘‘wow!’’ J’ai fait une pièce de théâtre. J’avais le rôle principal. Oui, il fallait que je travaille plus fort pour mémoriser mes textes. Mais j’ai le caractère pour ça.»
Yanick assure qu’il avait plusieurs contrats. Jusqu’au jour où il parle de son accident et de son traumatisme crânien. «J’ai été catalogué: incapable, handicapé. J’ai senti la différence. Alors j’ai fait de la figuration et du doublage.» Yanick n’en veut à personne. Comme pour son accident, il ne dirige pas sa rage vers les autres. Il s’en sert pour se motiver. Il veut être membre de l’Union des Artistes (UDA). Personne ne va l’en empêcher. Plutôt que d’être acteur ou comédien, Yannick développe ses aptitudes de cascadeur. Et c’est au siège social de l’UDA qu’il croise celle qui est devenue sa femme. C’est aussi pour elle qu’il abandonne le métier de cascadeur. «Je n’en fais plus! Parce que, quand tu es cascadeur, ce n’est pas juste au cinéma. Tu le deviens dans la vie!»

Yanick regarde le chemin parcouru ces 20 dernières années. Il n’est pas peu fier. «Qui aurait cru en 1990, alors que j’étais sur mon lit d’hôpital, que je serais devenu membre de l’UDA et marié avec un bijou de femme? Je ne devais même pas survivre! La vie m’a donné une deuxième chance. Et je l’en remercie. Mais j’ai eu des périodes difficiles. C’est fou de voir la réaction des gens une fois qu’ils savent ce qui m’est arrivé. Alors j’en parle rarement. Parce que les gens ne comprennent pas. Même les médecins ne comprennent pas. Je devrais être mort. Ou un légume. Et je veux plus que n’importe qui. Ça dérange. Ça fait chier. Mais ça ne fait que commencer. Je n’ai même pas 40 ans encore!»

Yanick aime la vie. Il touche un peu à tout. Il a travaillé auprès d’handicapés, de gens qui ont vécu un traumatisme crânien. Il fait des conférences de motivation pour expliquer comme la vie est belle et ce que la volonté en chaque personne peut faire. Et il pense retourner aux HEC, pour terminer ce qu’il a commencé. Parce qu’il ne veut pas juste être bon. Il veut être le meilleur.

Autres textes pouvant vous intéresser:

Vivre sans prothèse

Apprendre à vivre avec un handicap

Breakdancer handicapé

Des artistes atteints de déficiences intellectuelles

Handicapés intellectuels en Haïti

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

Abonnement au magazine Reflet de Société

reflet-de-societe-magazine-drogue-prostitution-suicide-alcool-gang-de-rue-gambling Internet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

Pourquoi s’abonner à Reflet de Société?

  • Le citoyen est au cœur de notre mission
  • Un regard différent, critique et empreint de compassion sur les grands enjeux de société
  • Un espace ouvert aux lecteurs pour prendre la parole, partager leurs expérience et faire progresser les débats
  • Un magazine d’information entièrement indépendant, financé par ses milliers d’abonnés aux quatre coins du Québec
  • Tous les profits générés par la vente de Reflet de Société sont remis à l’organisme Journal de la Rue qui offre des services de réinsertion sociale aux jeunes.

Par téléphone: (514) 256-9000, ext.: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.refletdesociete.com/abonnement.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Trackmaster: breakdance et Union des artistes

De Québec à Montréal, en passant par la Californie

Trackmaster, du break dance à l’état pur

Trackmaster, alias Carl Godin, est un jeune champion de breakdance au parcours assez inusité. Né à Limoilou, il y est demeuré jusqu’à l’âge de sept ans. Il a vécu la fin de son enfance à Beauport, puis a passé cinq ans en Californie, à Oakland, Alameda County. C’est là qu’il est devenu bilingue et a découvert la culture hip-hop en écoutant l’animateur Fab Five Freddy à Yo-MTV.

Par Martin Ouellet   Dossiers Breakdance, Hip-Hop, Culture

break-dance

En 1991, avec sa mère, il déménage à Saint-Hilaire, et présentement, il vit en appartement à Montréal! Du chemin, il en a fait durant ces années, et pas seulement en kilomètres… Trackmaster a remporté de nombreux concours de breakdance, il a souvent passé à la télévision (à l’émission de Julie Snyder, entre autres), dans des pubs (Bell mobilité), des téléséries (2 frères) et des vidéoclips. Pendant de nombreuses années, Trackmaster a enseigné sa passion à de jeunes b-boys et b-girls en herbe dans les écoles primaires et secondaires et dans les studios de danse. Il compte pas moins de 60 élèves réguliers.

Ce n’est pas tout: Trackmaster a été le premier représentant de la culture hip-hop, à titre de danseur, à faire partie de l’Union des Artistes (UDA)… Son secret: se surpasser, garder une attitude positive, ne refuser aucun défi et surtout, persévérer. Reflet de Société a voulu en découvrir un peu plus en s’entretenant avec lui :

Comment as-tu été initié au breakdance?

Trackmaster: J’ai découvert la culture hip-hop en Californie, quand j’y ai vécu (de 1987 à 1991), par la mode vestimentaire et la musique. Sauf que dans ces années-là, le breakdance était «out of style», (démodé), aux U.S.A. En fait, les b-boys allaient presque tous danser en Europe. C’est plutôt à Montréal, en 1996, dans un party rave que j’ai découvert le breakdance de mes propres yeux. J’ai vu performer Tactical Crew et j’ai eu un choc incroyable! Je redécouvrais le old school* à travers une nouvelle génération de danseurs et j’ai immédiatement su que je voulais m’entraîner pour devenir membre de cette équipe. Je suis passé par plusieurs groupes (Rockwell Crew à Beloeil, QC Rock Crew à Québec, etc.) et j’ai fini par atteindre mon objectif: percer dans Tactical Crew.

Qu’est-ce que le breakdance a changé à ta vie?

Trackmaster: Le breakdance m’a fait évoluer, m’a permis de créer des liens solides avec d’autres personnes, de développer ma créativité et m’a empêché de sombrer dans la délinquance, comme d’autres jeunes qui n’ont pas de passion pour s’accrocher.

J’ai toujours aimé le «beat»(rythme). Si je n’avais pas pratiqué le breakdance, j’aurais sûrement fait une autre sorte de danse. Mais la danse, ce n’est pas que physique, pour moi, c’est une discipline et une philosophie, un peu comme les arts martiaux. Sans t’enfler la tête, en restant fidèle à soi-même, tu apprends à ne pas avoir froid aux yeux, à ne pas te laisser intimider, à croire en ton potentiel. Quand tu sais ce que ça demande pour s’entraîner, tu encourages les efforts des autres. Même pendant une compétition, tu n’oses plus rire des maladresses des autres. Le respect attire le respect…

As-tu vécu beaucoup d’intensité dans ta carrière de b-boy?

Trackmaster: Ce qui a lancé ma carrière, ça été mon premier prix comme b-boy solo, en juin 1997, au K.O.X., à Montréal. C’était la toute première compétition de ma vie, je n’avais même pas encore un an d’expérience comme danseur, j’étais un inconnu total! J’ai battu Shockwave, un membre de Tactical Crew qui était pas mal meilleur que moi. Je crois que j’ai gagné parce que j’ai eu le «guts» de confronter quelqu’un que personne n’osait affronter, alors que je n’étais qu’un débutant. En tout cas, ça été un énorme «boost» de motivation et la reconnaissance a suivi. Par après, j’ai remporté plusieurs premières places, mais celle-là restera toujours unique pour moi…

Les retombées ont été positives suite à cette compétition : contrats de pubs, figuration, apparitions à la télé, etc. Quand je suis passé à l’émission de Julie Snyder, c’était le soir de la fête de Céline Dion et il y avait plus de 400 000 spectateurs! J’ai profité de cette entrevue très médiatisée pour parler de la culture hip-hop devant un large public. Mon entrée dans l’Union des Artistes a marqué un autre tournant dans ma carrière.

Ce n’est pas contradictoire d’être un danseur «underground» et d’être membre de l’UDA?

Trackmaster: Contrairement à ce que le monde hip-hop pense en général, l’Union des artistes est là pour protéger les artistes et non pour les exploiter. C’est sûr qu’il y a des frais à payer et des cotisations pour devenir membre, mais les cachets que tu reçois sont bien plus élevés, alors ça compense. Je vais te donner un exemple: l’autre jour, un bar m’a contacté pour une performance. Ils m’offraient 50 $. Je leur ai dit que j’étais membre stagiaire de l’Union des artistes et ils ont vérifié mon numéro à l’UDA. Ils m’ont rappelé et ont révisé mon cachet à 450 $! Souvent, les artistes prennent des ententes verbales avec les promoteurs et les producteurs, mais quand tu es membre de l’UDA, l’Union négocie les contrats pour toi et tu en sors toujours gagnant, car au moins il y a un plancher minimum assuré. En plus, grâce à l’Union, tu décroches davantage de contrats et ils te donnent des conseils pour ton porte-folio.

Alors, quand j’entends des jeunes me dire: «Hey, man, t’es pas true (authentique) parce que t’es dans l’UDA!», ça me fait rire un peu. J’en connais même qui jettent les formulaires aux poubelles! Moi, je considère que ça te donne de la crédibilité et du sérieux comme artiste.

Est-ce qu’un marginal comme toi peut faire un bon pédagogue, un bon prof?

Trackmaster: Le plus important: je travaille dans le plaisir et je considère que c’est un privilège d’être payé à faire ce que tu aimes. Les jeunes reçoivent cette «drive» de bonheur et ils s’amusent en apprenant.

Je respecte le rythme personnel de chaque élève, je ne crée aucune compétition entre eux. Je suis un prof, pas un arbitre. Chaque personne est différente, a son caractère, ses faiblesses, c’est ce que je veux leur faire comprendre. Je leur répète souvent que ça sert à rien de copier mon style, ils doivent inventer le leur, rajouter leur couleur personnelle.

Finalement, je dirais que c’est valorisant d’aider quelqu’un à se dépasser, à se valoriser lui-même, en préparant un show, par exemple. Les jeunes délinquants font de très bons élèves, contrairement à ce qu’on pense. Ce sont souvent les plus rebelles qui sont créatifs. En plus, quand ils sont avec moi, je sais qu’ils sont occupés, qu’ils se disciplinent, ce qui leur évite d’être ailleurs et peut-être dans le trouble.

Quelles valeurs t’ont guidé dans ta carrière?

Trackmaster: Ne jamais abandonner, même quand c’est difficile et avoir une attitude positive, de la détermination et de la motivation. Respectez les autres et vous serez respectés. «What goes around comes around», comme on dit en anglais. Autrement dit, si t’émets des bonnes vibrations, tu vas en recevoir en retour.

Maintenant que tu es reconnu champion, comment vis-tu ta relation avec les autres b-boys?

Trackmaster: En compétition, plusieurs refusent de se mesurer à moi. Si les breakeurs se méfient de moi, c’est vraiment pas bon, ça va me rendre anxieux de danser contre eux… J’aimerais que les b-boys et les b-girls me challengent davantage pour que je garde la touche compétitive. Ils devraient voir ça comme un défi d’affronter un vétéran. Moi, c’est comme ça que j’ai appris: en défiant des danseurs plus expérimentés que moi. De toute façon, on va s’amuser comme des fous car j’ai autant à apprendre d’eux qu’eux à apprendre de moi!

Te reste-t-il des rêves, des objectifs à atteindre?

Trackmaster:Pour le moment, je ne suis pas membre à part entière de l’UDA, je suis stagiaire, en probation en quelque sorte. Pour devenir membre actif, il faut accumuler trente crédits. Je suis rendu à neuf. Donc, un de mes objectifs est d’obtenir les crédits qui me manquent en faisant des contrats. Évidemment, je veux continuer la pratique, la compétition et les cours de breakdance. D’ailleurs, après les Fêtes, je commence à offrir des cours de break au Café-Graffiti, pour les 8 ans et plus. J’invite les jeunes à venir se pratiquer, apprendre ou perfectionner leurs talents avec moi. Je vais enseigner plusieurs styles, dont le boogie, le wave, le ticking, le locking, le popping, les powermoves, le up rock, down rock, etc. Avis aux intéressés…

Comment un rebelle de la danse peut-il recevoir de l’aide dans son cheminement?

Trackmaster: Ma mère m’a toujours encouragé, elle m’a incité à développer mon talent depuis de nombreuses années. Mon père, même s’il m’a toujours conseillé la prudence, respecte aussi mon choix et ne regrette pas de m’avoir fait confiance depuis que c’est devenu sérieux. Tupac, Eminem et Biggie ont été des modèles pour moi. Je ne voudrais surtout pas oublier de remercier les gens de la scène hip-hop locale comme Les Architeks (DJ Ray Ray, Cast, Stratège, 2saï), Tactical Crew, Red Mask, QC Roc Crew (Studio Party Time), Rockwell Crew, Vice-Verset, Shades of Culture, Catburglaz, Shaheed aka Versatile (Musique Plus), Mtl Breakers (Walken Charlot), la Structure (DJ Nerve, Simon, Louis), BU the Knowledgist, Virus, Traumaturges (Joual style), tout le south shore (DJ Shortcut), le Café-Graffiti et tous mes étudiants. Peace, yo!

Pour rejoindre le Café-Graffiti: (514) 259-6900

Autres textes sur Breakdance

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ.

Battle breakdance hip hop des meilleurs breakers de Montréal

video-breakdance-hip-hop-break-breaker-how-to-breakdancing Extreme Supreme Science
Vidéo VHS, compétition de break-dance.

Skywalker, Omegatron, Psycho Red, Silo, Trackmaster, Strike 3, Jayko Superstar, Speedy, Place Pieces (Maximum Efficiency), Tiger, Dj Frank Boulevard, Dj Devious.
Vidéo VHS 25$

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/videos.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

La place du Hip Hop aux Francofolies

La place du Hip Hop aux Francofolies

Reportage réalisé pour Reflet de Société       Dossier Hip Hop

Laurent Saulnier est le vice-président à la programmation pour les Francofolies. Le Journal de la Rue l’a rencontré pour mieux faire connaître son point de vue et mettre en perspective la difficulté des jeunes artistes de se faire accepter par cette institution.

Vision du Hip Hop

Personnellement, je dois l’avouer, je suis un fan du Hip Hop. Je ne suis pas un fan du gangster rap*. Je suis plus subtil. Les artistes du Hip Hop sont intelligents, extrêmement bright avec toutes les qualités et les défauts que cela implique. La qualité d’une intelligence vive, rapide d’esprit, avec le défaut d’être rusés, sournois.

Difficultés de la culture

Cependant, je suis un peu triste que la culture Hip Hop tourne en rond depuis un à deux ans. Pas juste à Montréal, mais aussi aux États-Unis et en France. J’ai hâte que quelque chose de nouveau brasse la cage, que le Hip Hop retrouve ses lettres de noblesse.

Il faut de la nouveauté, quelque chose pour nous essouffler. La dernière grande claque a été Saïn Supa Crew. Depuis ce temps, il n’y a pas eu de groupes Hip Hop qui m’ont impressionné.

Les solutions

Je n’ai pas idée de ce que pourrait être ce changement à venir, sinon je serais millionnaire! Mais je reproche aux gens du milieu Hip Hop québécois de communiquer en circuit fermé. Et ce problème s’accentue. Malgré l’effort d’ouverture il y a 5 ou 6 ans, cela demeure un milieu où il est difficile d’y pénétrer.

À cette époque, les gens du milieu semblaient croire que leur musique pouvait rejoindre tout le monde. Cela a possiblement créé une désillusion totale. Nous sommes tous très contents quand un album Hip Hop se vend à 20 000 copies. Le milieu espérait en vendre 50 ou 100 000! Est-ce que cette désillusion a créé un refoulement? Au lieu d’être plus ouvert, le milieu se retrouve plus refermé sur lui-même.

Des groupes tels que Muzion, malgré qu’ils aient signé avec une grosse boîte comme Vik recording BMG Canada, n’ont pas été soutenus suffisamment par leur maison de disques. Je n’ai pas entendu parler d’un deuxième single pour l’album.

Perception des artistes

Ce n’est pas toujours facile de négocier avec le milieu Hip Hop. Tout découle du nombrilisme du milieu: les artistes se parlent entre eux. Je n’ai pas 22 ans, j’en ai 40. En 1982, j’écoutais Grand Master Flash. Je n’ai pas le même langage que le milieu Hip Hop d’aujourd’hui.

Relation de Laurent Saulnier avec l’underground

Je n’ai pas de difficulté à entrer dans un show Hip Hop. Je ne tiens pas à être ami des gens du milieu Hip Hop ou de n’importe quel autre milieu. Mon travail c’est de faire travailler tout ce monde.

On me considère main stream, comme l’ennemi à abattre. Pourtant, je ne vois rien dans le Hip Hop qui pourrait remplir le Spectrum présentement. Pas un seul groupe Hip Hop, même provenant de la France. Certains me parlent d’un sombre rappeur marseillais. Les gens sont déconnectés de la valeur de certains artistes. Souvent les CD de ces artistes ne sont même pas distribués! Il y a un manque de réalisme.

Relation des Francofolies avec le milieu Hip Hop

Aux Francofolies, on conserve des scènes extérieures gratuites parce que c’est important de leur donner une vitrine. On devrait continuer à les soutenir de cette façon. Nous traitons tous les artistes, locaux ou internationaux sur un pied d’égalité. Il n’y a aucun privilège spécial pour les artistes internationaux. Il n’y a aucune discrimination de sexe, de couleur ou de culture musicale.

Chez nous, il y a toujours des contrats écrits, des ententes claires. Tout le monde a le droit à son contrat qui respecte les engagements envers l’Union des Artistes.

Les solutions

Le message que je pourrais lancer au milieu Hip Hop c’est de faire le «basic» que beaucoup d’artistes ne font même pas. Pourquoi suis-je obligé d’appeler les gérants d’artistes? Ça serait le fun qu’ils m’envoient leur CD et leur matériel. C’est la base. Faites au moins le minimum. On écoute tout ce que l’on reçoit. Je ne demande rien de mieux.

Je crois que le Hip Hop doit trouver la façon d’être une musique de masse, populaire. Les artistes refusent cette ouverture qui leur serait pourtant profitable, pas juste financièrement, mais aussi émotivement.

Pour rejoindre le Café-Graffiti: (514) 259-6900

Textes sur le Hip Hop:

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

poesie-urbaine-jean-simon-brisebois-art-de-la-rue Poésie urbaine. L’âme de l’ange. Jean-Simon Brisebois.

À chaque mort, une naissance. À chaque naissance, un combat! Recueil de pensées et de poésies influencé par le béton, la rue et son vécu urbain. De jour et de nuit, la vie continue, se transforme. À travers les ombres et pénombres, elle se colore de différentes nuances de gris.

Disponible par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

%d blogueurs aiment cette page :