Vernissage au CCA, un portrait de Montréal

Bistro le Ste Cath, restaurant socialement engagé dans Hochelaga-Maisonneuve

Vernissage au CCA

Centre canadien d’architecture à Montréal: un portrait de la ville

Le 31 janvier dernier avait lieu le vernissage d’une exposition au Centre canadien d’architecture (CCA), rue Baile dans l’ouest de Montréal. Il s’agit de la deuxième phase d’une exposition nommée « ABC : MTL », une œuvre collective et changeante qui se veut être un portrait composite de la ville qui se terminera le 31 mars prochain.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – Dossiers Ville de Montréal, Culture

débats société réflexions socialesLe CCA a été fondé en 1979 par Phyllis Lambert, elle-même architecte, à partir de sa fortune personnelle. Il comprend un centre de recherche et un musée. Le bâtiment actuel, conçu en 1989, est un chef-d’œuvre d’architecture où chaque détail est parfaitement conçu et entretenu, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. On trouve rarement un aménagement paysager si bien entretenu dans un lieu public, du moins à Montréal. Mme Lambert a incarné dans ce lieu tout son amour pour l’architecture, et ce centre est devenu son legs à notre société.

Née à Montréal en 1927, Phyllis Lambert est la fille de Samuel Bronfman. Dans les années 1960, elle conçoit le Centre des arts Saidye Bronfman qui porte le nom de sa mère. Elle contribue aussi à la fondation de l’organisme de protection du patrimoine Héritage Montréal puis au projet de revitalisation du Canal Lachine. À 85 ans, elle s’indigne encore contre le développement anarchique de la ville et continue de militer pour la protection du patrimoine architectural montréalais.

L’exposition

ville de montréal vitrines rue saint-laurent 19e siècleL’exposition « Par les rues » regroupe des photos, presque toutes en noir et blanc, tirées de la collection du CCA et d’un projet nommé « Les bâtiments en pierres grises de Montréal : Une mission photographique ». Une pierre grise très caractéristique des façades montréalaises, construites vers la fin du 19e siècle et le début du 20e siècle, de l’est à l’ouest de la ville. Les photos des vitrines de la rue Saint-Laurent témoignent aussi de l’apport international à cette rue, avec des noms comme Boucherie hongroise, Librairie espagnole et L. Bergson & Fils, monuments funéraires.

Un peu plus loin, dans les salles d’exposition principales, nous arrivons au cœur de l’exposition nommée « ABC : MTL », deuxième phase. Il s’agit d’une œuvre collective et changeante qui se veut un portrait composite de la ville, comprenant des photos, des plans, des maquettes, des films, etc.

ABC comme abécédaire et, effectivement, tous les événements qui entourent l’exposition reflètent ce thème. Ainsi, l’un d’eux, destiné aux enfants, ne nomme « B comme bédé ». Un autre titre d’événement, « R comme raboutage », me fait penser à une des salles où l’on expose, entre autres, quatre courtepointes ou patchworks qui symbolisent parfaitement la notion de raboutage inhérente au développement d’une ville.

La ville raboutée, la ville courtepointe

Dans les courtepointes d’autrefois, on récupérait des bouts de tissu d’origines diverses dont chacun portait son histoire. Ainsi, la mère pouvait dire à son garçon, en le bordant le soir : ce morceau-là vient du manteau de ton grand-père, celui-là de ton oncle Léon et ainsi de suite. L’enfant était alors enveloppé d’histoire et comme protégé par ses ancêtres.

La ville aussi est un patchwork riche d’histoire. Et ces vieilles façades de pierres grises – entretenues, rénovées et même recyclées – apportent à la ville une beauté, une richesse et une profondeur que des bâtiments temporaires et jetables, au gré des modes, ne peuvent lui apporter.

Un vernissage ouvert à tous

centre canadien architecture cca phyllis lambert urbanismeLe vernissage du 31 janvier était ouvert à tous, gratuitement, y compris le cocktail. Ce qui me semble très peu habituel. J’ai apprécié cette ouverture. Mais je me suis dit que ce « portrait de la ville » est probablement trop abstrait pour la majorité de ses citoyens, incluant ceux des milieux populaires.

Je me souviens d’avoir assisté à un vernissage, il y a peut-être une dizaine d’années, alors que Mme Lambert animait encore personnellement ce genre d’événements. Malgré sa position sociale, elle était probablement la personne la moins snob de l’assistance.

Elle allait vers chacun, vers des inconnus comme moi, pour leur demander leur avis et écouter leurs réactions. Quoiqu’anglophone, elle commençait ses discours en français avant de passer à l’anglais. Elle s’était aussi adressée à moi en français.

Ceux qui la remplaçaient maintenant, le soir du 31 janvier, n’avaient pas le même respect pour la priorité du français au Québec. Les discours ont été faits d’abord en anglais, et ensuite seulement en français, comme par obligation et sans grand enthousiasme.

Je n’ai pas aimé ce changement, qui me ramenait dans les années 60, alors que Montréal était scindée en deux villes, plus ou moins, l’ouest anglais (centre des affaires et quartiers riches) et ville française à l’est (surtout ouvrière). Un retour en arrière regrettable qui ne reflète pas du tout la volonté et la manière d’être que l’on a connu de la fondatrice et philanthrope, Mme Phyllis Lambert.

Cette exposition se termine le 31 mars 2013.

Centre Canadien d’Architecture
 
1920, rue Baile — Montréal (Québec)
 H3H 2S6

514 939 7026
http://www.cca.qc.ca/fr/a-propos

Autres textes sur Culture

L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet :P ar la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Autres livres pouvant vous intéresser:

Itinérance des femmes dans le Quartier St-Roch

Femmes et itinérance à Québec

Quartier St-Roch et Limoilou, femme et itinérance

La revitalisation du quartier St-Roch, à Québec, repousse non seulement les itinérants vers Limoilou, mais elle les appauvrit encore plus en augmentant la précarité chez les femmes qui y résident. Telles sont les conclusions auxquelles est arrivée la sociologue Fanny Bourgeois dans son mémoire de maîtrise.

Catherine Boisclair Agence Science Presse

Dossiers ProstitutionSexualité et Itinérance

L’itinérance au féminin prend une forme particulière, selon l’étudiante de l’Université Laval. Contrairement aux hommes, les femmes risquent le viol si elles itinérance prostitution escorte putain rue put prostituées dorment dehors. Tout l’argent qu’elles possèdent est donc investi dans leur stratégie de survie numéro un: avoir un toit. C’est le cas des 44 femmes que la chercheuse a interviewées.

Les itinérantes de St-Roch sont ainsi directement touchées par l’augmentation des prix des loyers, poussée par la forte demande locative des nouveaux arrivants attirés par la revitalisation. Parfois forcées de déménager loin des ressources d’aide et sans moyens d’y revenir, les femmes deviennent encore plus vulnérables.

Répression policière dans le quartier St-Roch

La répression policière dans le quartier, en hausse depuis la revitalisation, rend encore plus vicieux le cercle de la pauvreté pour celles qui restent, conclut la sociologue. La prostitution, principal gagne-pain de ses interlocutrices, est sanctionnée par l’interdiction de revenir dans le quartier, sans quoi elles se verront remettre des contraventions.

Les femmes itinérantes continuent malgré tout de fréquenter St-Roch, qui demeure leur lieu de résidence, de socialisation et de travail, puisque « les clients vont là pareil », assure Fanny Bourgeois. Endettées par l’accumulation de contraventions, « elles vont faire un peu de prison. Avec un casier judiciaire, comment peuvent-elles se trouver un emploi? », questionne la chercheuse. Elle constate aussi que les femmes adoptent des comportements beaucoup plus à risque pour éviter de se faire prendre lors de la sollicitation. Pressées de trouver preneur, « elles vont être moins attentives aux signes qui indiquent qu’un client est violent » ou qu’il refusera le condom.

La sociologue espère un meilleur financement des organismes communautaires. Ceux-ci devront éventuellement déménager vers Limoilou, tout en laissant des gens dans le besoin dans St-Roch.

Un mal pour un bien?

Guy Mercier, géographe de l’Université Laval, rappelle que l’urbaniste est en quelque sorte l’ennemi des populations marginalisées. « La revitalisation d’un quartier va chasser les gens qui vont là parce qu’ils ne peuvent pas aller ailleurs », soutient le professeur. « Il ne faut pas croire aux miracles sociaux de l’urbanisme », conclut-il.

Autres textes sur Toxicomanie

autres textes sur la légalisation de la prostitution.

autres textes sur sexualité

pour ou contre l’avortement?

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

Abonnement au magazine Reflet de Société

reflet-de-societe-magazine-drogue-prostitution-suicide-alcool-gang-de-rue-gambling Internet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

Par téléphone: (514) 256-9000, ext.: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.refletdesociete.com/abonnement.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Bien plus qu’une chicane de clôture

Restauration du parc Morgan

Bien plus qu’une chicane de clôture

Reflet de mon quartier est un hebdomadaire consacré à l’actualité et aux débats d’idées reliés à l’arrondissement montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve.

Quand Carl Bégin et ses collègues d’une école secondaire des Laurentides venaient assister à une pièce au théâtre Denise-Pelletier, l’autobus les laissait juste à l’entrée du parc Morgan. Maintenant résident du quartier, ce père de famille n’ose plus emmener ses enfants dans ce parc autrefois magnifique dont l’état actuel le désole. Membre fondateur du groupe les Amis du parc Morgan, dont l’objectif était de faire réinstaller la clôture d’enceinte du parc, son implication a pris fin lorsqu’une enquête a révélé que l’œuvre en fer forgé avait été égarée. Ce citoyen engagé revient toutefois à l’avant-scène cet automne, troquant cette fois son habit d’ingénieur civil pour celui de politicien, puisqu’il se présente aux élections municipales pour le parti Projet Montréal. Et fidèle à son combat, il fait de la restauration du parc Morgan l’un de ses engagements électoraux.

Propos recueillis par Ariane Aubin                            Dossier Parc Morgan

«Il faut comprendre au sujet du parc Morgan qu’il s’agit d’un ensemble urbain d’une très grande valeur patrimoniale que les élus n’ont jamais voulu reconnaître. Lorsqu’ils ont retiré la clôture de fer forgé, cela s’est fait sans plan. Je croyais même au départ que c’était pour la nettoyer qu’on l’avait enlevée. Elle était défraîchie et je me suis dit qu’on allait la repeindre. Mais alors que je me promenais dans le parc, j’ai remarqué que les poteaux avaient été découpés au chalumeau, plutôt que dévissés. Or, c’était une clôture artisanale, rivetée à la main, presque sans soudure. J’ai fait à l’époque des demandes d’information pour savoir qui avait donné l’ordre, mais il a été très difficile de le savoir.

J’ai appris qu’il y a eu trois appuis majeurs au retrait de la clôture du parc Morgan. Le poste de police, tout d’abord, qui soutenait que le retrait de la clôture n’allait pas causer de problèmes de sécurité. Pourtant, depuis qu’elle a été retirée, les gens en provenance du parc traversent la rue n’importe où et risquent de se faire frapper. Avant, ils sortaient par l’une des quatre entrées du parc et traversaient à cet endroit. Un deuxième appui venait des Loisirs St-Clément, où l’on disait que le parc était un peu fermé sur la communauté et que ça limitait la capacité de créer de l’animation. Finalement, la lettre a été signée par Mme Harel, qui s’est rétractée par la suite en habile politicienne. Elle reprenait un peu les arguments des autres signataires de la lettre en disant que ça allait améliorer l’animation dans le parc. Mais pourtant, la clôture est retirée et il y a encore moins d’animation: c’est la désolation.

Ce qui m’a le plus choqué, c’est qu’il n’y ait en apparence aucun plan d’action derrière cette mesure. Quand on pose un geste comme celui-là, il faut réfléchir, planifier un suivi! Prenons l’exemple du kiosque à musique. Il a été restauré il y a 10 ans, mais le bois est déjà pourri, le toit coule. Il ne suffit pas de le restaurer: il faut l’entretenir après. Dans les derniers mois, le geste le plus significatif que l’on a posé a été d’enlever l’affreux bloc de béton qui servait deux semaines par année à planter un sapin de Noël. Un geste opportuniste, justifié par le contexte électoral et nettement insuffisant.

Des amis qui n’ont pas dit leur dernier mot

Je trouve dommage que Réal Ménard n’invoque pas les Amis du parc Morgan lorsqu’il parle de prendre des engagements concrets (Voir notre article Réal Ménard et le parc Morgan), parce que nous avions fait nos devoirs, nous avions réfléchi. On avait même trouvé un conciliateur en la personne de Paul Labonne, de l’atelier d’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve, qui était prêt à faire un travail d’arbitrage pour rapprocher les parties.

Nous avions à l’époque deux revendications, qui sont toujours d’actualité. La première était de protéger ce parc en le déclarant officiellement bien patrimonial, puisque son statut implicite ne semble pas suffisant. En ce moment, seul le kiosque à musique possède ce statut. Or, ce que je voudrais, c’est que tout l’ensemble urbain − le kiosque, la clôture, la perspective – soit cité. Dans les environs, on voit la caserne Létourneux, d’inspiration Frank Lloyd Wright, la mosaïque du marché Métro, conservée lors des rénovations et qui est l’une des premières œuvres d’art public au Canada, la perspective sur le boulevard Morgan… il y a de l’histoire de l’architecture ici, sur un coin de rue, quelque chose d’unique au Québec.

Pour toutes ces raisons, le parc Morgan doit être nommé bien patrimonial. Il serait alors protégé par la Loi sur les biens culturels, qui inclut maintenant les paysages dans la notion de patrimoine. Nous aurions alors un cadre législatif pour protéger ce parc et pour le bonifier.

Notre deuxième demande était de réinstaller la clôture, bien entendu. Et j’ajouterais aujourd’hui une troisième requête, qui serait d’enclencher une concertation avec citoyens, élus, fonctionnaires, spécialistes et commerçants afin de voir comment aménager ce parc pour qu’il soit vivant, animé et fonctionnel en toutes saison. Qu’on ouvre le kiosque, qu’on l’électrifie pour qu’il puisse être utilisé toute l’année. Toutes ces revendications sont inscrites dans la plateforme électorale de Projet Montréal et pour moi, ce sont des priorités.

Rebâtir le parc Morgan en respectant son histoire

Mon objectif n’est surtout pas que le parc Morgan reste figé. Un parc, c’est dynamique: un jardin se transforme avec les saisons, avec le temps, on y ajoute des jeux et du mobilier. De plus, les commerçants ont droit à leur opinion et je pense que les tensions du temps des Amis du parc Morgan se sont peu à peu dissipées et qu’il serait tout à fait possible de collaborer dans l’intérêt du parc.

Pour le moment toutefois, je ne viens plus au parc Morgan. Je suis blessé quand je viens ici. Quand j’ai vu les traces de coupures au chalumeau, je me suis senti dépossédé de mon bien collectif, de ma mémoire et de mon histoire. Le plus désolant pour moi, c’est le manque de sensibilité, de vision et de cohérence, de perspective historique et la logique décisionnelle qui a amené les représentants du peuple à poser ces gestes-là. Regardez ce qui se passe avec le Mont-Royal, même s’il est patrimoine historique et naturel, le premier au Québec, nous sommes en train de le gruger bout par bout! C’est impensable qu’une telle attitude soit tolérée À New York, va-t-on construire dans Central Park? Tous ces espaces sont des joyaux collectifs, qu’il faut à tout prix préserver.»

Autres textes sur le dossier Parc Morgan:

Triste histoire: Parc Morgan dans Hochelaga-Maisonneuve

Un joyau en friche

Les beaux jours du parc Morgan

Réal Ménard et le parc Morgan

Jimmy Vigneux, la SDC Ste-Catherine Est et le parc Morgan

Un parc en latence

Bien plus qu’une chicane de clôture

Une porte d’entrée sur Ste-Catherine Est

PUBLICITÉ

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Jimmy Vigneux, la SDC Ste-Catherine Est et le parc Morgan

Jimmy Vigneux, la SDC Ste-Catherine Est et le parc Morgan

Reflet de mon quartier est un hebdomadaire consacré à l’actualité et aux débats d’idées reliés à l’arrondissement montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve.

Une rue Morgan illuminée, menant à un parc invitant où des patineurs glissent au son d’une musique entraînante… La vision idéale du parc Morgan qu’ont les commerçants est bien loin de celle du terrain en friche qu’ont pu voir les citoyens pendant tout l’été. Nous poursuivons donc notre série de témoignages au sujet du parc Morgan avec celui du président de la Société de développement commercial (SDC) de la rue Sainte-Catherine Est, Jimmy Vigneux.

Propos recueillis par Ariane Aubin                          Dossier Parc Morgan

Ce que nous voudrions en tant que commerçants, c’est d’abord un beau parc où les gens auraient envie de s’asseoir. On nous dit qu’il n’y aura pas d’investissement pour le moment parce qu’il va y avoir des travaux sur Notre-Dame et c’est compréhensible, mais ça fait trente ans qu’il est supposé y avoir des travaux et cela n’empêche pas qu’on entretienne les lieux! Le chalet était couvert de graffitis au printemps et même si la Ville en était avertie, il a passé l’été dans cet état. Alors si on me dit que le parc Morgan n’est pas moins entretenu que les autres parcs, je ne suis pas d’accord. Il y a un petit parc juste derrière chez moi, par exemple, qui est en très bon état.

En ce qui concerne l’animation du parc, on fait ce qu’on peut selon notre budget. J’en parlais à M. Réal Ménard au dernier conseil d’arrondissement, et il m’a dit qu’il était possible que l’arrondissement travaille avec nous pour avoir une patinoire cet hiver si son parti était élu en novembre. Mais c’est bien beau d’avoir une patinoire, il faut aussi qu’elle soit bien installée, que les gens aient accès au chalet pour mettre leurs patins, qu’il y ait de la lumière dans le parc Morgan, que ça soit beau. Comme ce serait la période des Fêtes, il faudrait qu’il y ait des lumières de Noël, de la musique. Les gens se déplacent pour aller patiner dans le Vieux-Montréal, font 30 minutes de métro pour s’y rendre parce que l’ambiance est bonne. Pourquoi ne pourrait-on pas faire la même chose avec le parc Morgan? On va commencer un peu plus petit, mais il faut que les gens du quartier aient envie de sortir le soir pour venir patiner dans le parc Morgan.

Les commerçants n’auraient pas le budget pour payer la patinoire, mais contribuer à l’éclairage et à la musique serait tout à fait possible. Il faudrait par contre que ça ne soit pas juste pour un an, parce qu’il faut créer des habitudes et améliorer la qualité des installations. Par exemple, nous avons commencé à organiser l’événement le Grand débarras il y a trois ans et ça commence à avoir de l’allure, la structure est bonne, ça attire du monde. Mais la première année, il n’y a pas eu un chat. Si on installe une patinoire, ce sera sans doute la même chose. La première année, ça risque d’être couci-couça, mais dans trois ou quatre ans, nous serons installés et ça va bien aller. Le but de la SDC est d’attirer les gens non seulement au parc, mais aussi sur la rue pour qu’ils se promènent et magasinent. Plutôt que d’organiser des épluchettes de blés d’Inde où les gens viennent simplement manger, puis retournent chez eux, nous avons donc décidé de nous concentrer sur des projets comme celui de la patinoire ou le Grand débarras.

Une transformation extrême pour le parc Morgan

Tout ce qui a l’air abandonné repousse les gens. L’état du parc Morgan, les fosses d’arbres et la propreté des rues sont tous des détails qui accentuent le sentiment d’insécurité des passants. Amèneriez-vous votre petite fille de quatre ans dans un parc où il y a plein de graffitis, où les poubelles sont pleines et le gazon n’est pas tondu, vas-tu amener ta petite fille de quatre ans pour jouer là-dedans? Je ne pense pas que dans le quartier on ait d’importants problèmes de gangs de rue ou de criminalité. Oui, il y a de la prostitution et on la voit clairement, mais il y a surtout les tags, qui repoussent la clientèle. La raison pour laquelle les gens aiment aller magasiner sur Mont-Royal, c’est que oui il y a plein de boutiques, mais c’est aussi propre et beau. Quand tu passes devant le parc Morgan et que tu vois le gazon en friche et les tags, tu as plutôt l’impression d’être dans le Bronx.

Je pense qu’il y a un problème au niveau des travaux publics de l’arrondissement parce qu’ils ne fournissent pas, ils n’arrivent pas à assumer leurs responsabilités. Quand on leur en parle, ils distribuent les excuses à gauche et à droite, ils nous disent que cette année il y a eu beaucoup de pluie ou beaucoup de soleil, toujours des raisons pour nous expliquer qu’ils n’ont pas réussi à tondre le gazon. Il faut sans cesse achaler les élus avec des photos et des articles dans les journaux pour les forcer à agir.

Les rénovations du théâtre Denise-Pelletier devraient contribuer à embellir le coin, mais il faudrait que le parc soit aussi entretenu. S’il fait toujours aussi dur, on perd tout l’effet du théâtre. Le parc Morgan est très bien situé, en plein centre du boulevard Morgan. Dans le plan de développement de la rue Sainte-Catherine et de la rue Ontario que nous sommes en train de préparer, nous suggérons d’illuminer la rue Morgan et toute la promenade Ontario pour relier les deux promenades. Le parc serait alors le point d’arrivée de ce passage.

Au mieux, nous aimerions que le parc devienne un attrait touristique en soi. Nous sommes déjà en train de réfléchir à un concept qui irait avec l’orientation qu’on s’est donné pour la rue Ste-Catherine, de concert avec les commerçants de la rue Ontario. Nous avons en effet établi que nous aimerions développer le côté écologique, éco-responsable et bio du secteur et nous étudions la possibilité de transformer le parc en accord avec cette idée, mais c’est encore à l’état de projet. À Ville-Saint-Laurent, il y a une éolienne dans un parc. Pourquoi ne ferait-on pas la même chose ici? D’autant plus qu’en ce moment, on parle de créer un Quartier de la vie juste à côté. Ça serait vraiment bien parce qu’actuellement, même quand il fait soleil et 30 degrés, il n’y a personne au parc. Pendant ce temps, sans trop nous comparer au Plateau, les parcs Laurier ou Lafontaine sont pleins de monde qui pique-niquent, jouent avec leur chien, font la sieste… Ce serait tout à fait possible au parc Morgan!

Autres textes sur le dossier Parc Morgan:

Triste histoire: Parc Morgan dans Hochelaga-Maisonneuve

Un joyau en friche

Les beaux jours du parc Morgan

Réal Ménard et le parc Morgan

Jimmy Vigneux, la SDC Ste-Catherine Est et le parc Morgan

Un parc en latence

Bien plus qu’une chicane de clôture

Une porte d’entrée sur Ste-Catherine Est

PUBLICITÉ

Graffiti Hip Hop de la scène de Montréal

operation-graffiti-hip-hop-graffiteur-graff Opération Graffiti. Toute l’histoire de la création du Café-Graffiti. La relation avec les jeunes. Ce qu’ils ont vécu dans le projet. Ce qu’ils ont fait vivre aux intervenants. Toutes les anecdotes d’un projet qui fait encore parler de lui. Une façon intéressante et originale de soutenir le Café-Graffiti dans sa mission d’aide et de soutien aux jeunes. 19,95$.

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Un joyau en friche

Un joyau en friche

Propos recueillis par Ariane Aubin                Dossier Reflet de mon QuartierParc Morgan

Reflet de mon quartier est un hebdomadaire consacré à l’actualité et aux débats d’idées reliés à l’arrondissement montréalais Hochelaga-Maisonneuve.

Caméra à la main, Pierre Chantelois arpente plusieurs fois par semaine les sentiers du parc Morgan, situé à l’intersection des rues Morgan et Sainte-Catherine Est. Des excursions méthodiques motivées par un engagement citoyen auquel le retraité consacre toutes ses énergies depuis bientôt 6 mois. Il en a tiré un blogue, Le Journal de bord du parc Morgan, dédié à ce parc abandonné par les élus et les citoyens auquel il rêve de redonner sa splendeur d’antan.

Propos recueillis par Ariane Aubin

Pavillon du parc Morgan, photo Pierre Chantelois

Tout a commencé le jour où la Ville a enlevé la clôture qui entourait le parc. Depuis, les activités qui animaient les lieux ont cessé, sous prétexte qu’elles coûtaient trop cher d’électricité et que sans clôture, il était impossible d’assurer la sécurité des participants. [NDLR: La clôture patrimoniale en fer forgé a finalement été volée et n’a jamais été réinstallée au parc Morgan.]

Pour ma part, j’ai commencé à m’intéresser au parc en décembre dernier en cherchant de nouveaux lieux à photographier pour mon premier blogue, Les beautés de Montréal. J’y suis allé souvent pendant l’hiver, parce que c’est un parc magnifique et que sous la neige, c’était féérique. Je n’avais aucune idée du triste état des lieux, mais lorsque la neige a fondu, j’étais consterné. Partout, on voyait des poubelles renversées, des canettes de bière, des bouteilles vides. Quelle déception! J’ai demandé à Raymond Viger, du Café-Graffiti, si le parc était toujours dans cet état et il m’a raconté l’histoire des lieux, l’animation qui y régnait il y a quelques années, puis leur lente dégradation. Je me suis dit que j’allais en faire ma petite croisade, avec pour seule arme ma caméra.

Du mois de décembre au mois d’août, j’ai pu voir le parc se dégrader sensiblement. Les bancs, par exemple, se sont couverts de tags et les piliers qui soutenaient autrefois la clôture volée ont été rongés par la rouille. En ce moment, ce parc est une vraie saloperie. Les jeunes qui font la patrouille dans ses sentiers pour le compte de la Ville de Montréal ne font rien. Quant aux employés municipaux qui passent parfois, je ne les ai jamais vus agir, autrement que pour couper la pelouse une fois de temps en temps Bon, ils ont bien remis en marche la fontaine, mais on n’y voit pas vraiment d’enfants… juste des adultes et des chiens.

Ce parc est pourtant un des joyaux du quartier. C’est sur ce terrain que le riche homme d’affaires Morgan, qui possédait les magasins Morgan’s à l’époque, avait installé son chalet. Après sa mort, sa famille en a fait don à la Ville. Il s’agissait alors d’un parc très luxueux, reconnu pour la qualité de sa végétation. L’axe Bain Morgan – Marché Maisonneuve – Parc Morgan devait devenir une sorte de Champs Élysées pour la riche ville de Maisonneuve, où était à l’époque situé le parc. On en est bien loin… Le théâtre Denise Pelletier, un des plus beaux édifices patrimoniaux du quartier, est en train d’être rénové au coût de 8 millions de dollars. Mais quand les gens sortiront du bâtiment tout rénové, qu’auront-ils devant les yeux? Ce parc en friche, sale et peu accueillant.

DeRue Morgan vue du pavillon du Parc Morgan - Au bout, le marché Maisonneuve - Photographie Pierre Chanteloisux parcs, deux mondes

Depuis que je m’intéresse à la question, rien n’a changé. Depuis deux mois, il ne se passe strictement rien. Les élus semblent peu préoccupés par l’état du parc. Pas surprenant quand on sait que la page web dédiée aux parcs de la Ville n’a pas été modifiée depuis 2005!

Quand je pose des questions, on me dit que les enfants ne fréquentent pas le parc et qu’il est donc inutile d’y prévoir de l’animation. Pourtant, entre le Marché Maisonneuve et le kiosque du parc Morgan, il y a trois écoles. Qu’on ne vienne pas me dire qu’il n’y a pas assez d’enfants! Un parc plus accueillant, serait sans doute bien fréquenté. En attendant, si j’avais des enfants, je ne les emmènerais certainement pas jouer là. Les jeux ont été vandalisés, brûlés en partie. Des clous dépassent des structures, des substances non-identifiées suintent des parois… rien de très invitant.

Il n’y a qu’à prendre l’exemple du Parc Champêtre, situé juste de l’autre côté de Notre-Dame, pour comprendre comment il faut gérer nos parcs. Ce grand terrain est bien animé, il y a toujours des enfants qui y jouent au football, au soccer… Ce qui fait la différence, c’est le travail merveilleux d’une fondation privée, la fondation [Andrew J.] Robinette. Elle est dédiée à fournir aux jeunes défavorisés des occasions de se développer et le fait bien: le parc, où sont installés ses bureaux, est toujours plein.

Ce que je recommande, c’est d’abord que l’on creuse un tunnel pour relier les deux parcs, pour que les enfants puissent profiter de l’animation du parc Champêtre. En ce moment il est impossible de passer de l’un à l’autre; ce sont deux parcs autonomes qui se regardent, mais ne se parlent pas. Je pense que cette option serait préférable au projet actuel de la Ville, qui est d’aplanir le terrain du parc Morgan au même niveau que celui du parc Champêtre, dans le cadre des travaux de l’autoroute Notre-Dame.

Il faut aussi investir dans l’animation du parc. Il suffit de regarder les parcs autour, à Montréal, à Laval… En ce moment, la tendance est aux jets d’eau, qui sont très populaires auprès des enfants et ont l’avantage de nécessiter moins de surveillance que les piscines et pataugeoires.

Question de fierté

Terrasse maculée de déchets, Parc Morgan - Photographie Pierre Chantelois À une certaine époque, on accusait Verdun et Ville-Émard d’être pauvres et mal entretenues. Ces villes-là ont beaucoup évolué depuis, alors qu’ici la situation s’est dégradée. Je suis parti en voyage pendant quelques années et à mon retour, je ne reconnaissais plus ce quartier où j’ai vécu toute ma vie. Il n’y a pas de fierté associée au fait de vivre à Hochelaga-Maisonneuve. Et pourtant, le secteur Maisonneuve est appelé à devenir le nouveau Plateau, dit-on. On construit de nouveaux condos, mais pendant ce temps les parcs sont en friche. Il y a pourtant moyen de créer de beaux espaces dans des zones densément peuplées. Je pense par exemple au petit parc qui a été créé sur Ste-Catherine, en face des Foufounes électriques. C’est bien aménagé, à un point tel que des amis européens m’en ont parlé après leur visite.

Mon impression est qu’on laisse le parc tomber en décrépitude dans l’espoir que dans 20 ans, tout soit tellement pourri de partout qu’on n’aura plus le choix de tout raser. La seule chose que je veux, c’est qu’il se passe quelque chose. Je me sens tout seul dans ce combat. Je me demande parfois pourquoi je fais ça… sans doute par sentimentalité, parce que c’est un beau parc. Il y a quelques années, les Amis du Parc Morgan avaient fait le même constant et s’étaient battus pour le parc, mais ils ont laissé tomber depuis un bon bout de temps. Mon but est de tenir jusqu’en août ou septembre, pour montrer que pendant deux mois, il ne s’est rien passé.

Mes photos seront mon patrimoine, un témoignage de l’inaction généralisée qui a caractérisé ce dossier. Les gens pourront voir qu’en 2009, quelqu’un avait tenté de prévenir la population du triste état de ce beau parc. Et si jamais le projet de l’autoroute Notre-Dame mène au massacre du parc Morgan, il restera une trace visuelle de ce que cet espace vert était autrefois.

Toutes les photographies sont tirées du blogue de Pierre Chantelois:

Le Journal de bord du parc Morgan
Les beautés de Montréal

Autres textes sur le dossier Parc Morgan:

Triste histoire: Parc Morgan dans Hochelaga-Maisonneuve

Un joyau en friche

Les beaux jours du parc Morgan

Réal Ménard et le parc Morgan

Jimmy Vigneux, la SDC Ste-Catherine Est et le parc Morgan

Un parc en latence

Bien plus qu’une chicane de clôture

Une porte d’entrée sur Ste-Catherine Est

PUBLICITÉ

Graffiti Hip Hop de la scène de Montréal

operation-graffiti-hip-hop-graffiteur-graff Opération Graffiti. Toute l’histoire de la création du Café-Graffiti. La relation avec les jeunes. Ce qu’ils ont vécu dans le projet. Ce qu’ils ont fait vivre aux intervenants. Toutes les anecdotes d’un projet qui fait encore parler de lui. Une façon intéressante et originale de soutenir le Café-Graffiti dans sa mission d’aide et de soutien aux jeunes. 19,95$.

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

%d blogueurs aiment cette page :