Quand la #blague va trop loin

Lancer une tranche de fromage au visage de son bébé. Annoncer à ses enfants qu’on a englouti tous leurs bonbons d’Halloween. Régulièrement, des vidéos de parents jouant des tours à leur progéniture font sensation sur internet. Mais même quand la blague peut paraître anodine, elle soulève des enjeux à la fois éthiques et juridiques. À quel moment la farce cesse-t-elle d’être drôle?

Un texte de Marie Bernier publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Santé mentale

Ce qui choque le plus avec le #NewTeacherChallenge, c’est son message. Soit que le physique d’autrui est matière à rigolade. Et qu’utiliser sur le web la photo d’une autre personne sans son consentement est banal. « Comment peut-on faire la leçon aux ados au sujet de l’intimidation quand les adultes s’y adonnent sur internet ? » souligne Nellie Brière, chroniqueuse et consultante en communications numériques et réseaux sociaux.

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Autres textes sur Santé mentale

Après la pluie… Le beau temps

croissance personnelle développement personnel cheminement guide recueil

Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Un livre que vous pouvez commenter et où vous pouvez présenter vos propres créations. Vous pouvez y laisser votre commentaire et même vos propres textes. Chaque commentaire est lu et obtient sa réponse.

Au coût de 9,95$ chacun de ces livres sont disponibles par téléphone: (514) 256-9000 et en région: 1-877-256-9009 ou par Internet. Éditions TNT : 625 Avenue de la Salle, Montréal, QC H1V

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ACTES, techniciens de scènes et murales graffiti

Graffiti et street art en direct

Making-of de la murale Cyril Blanchard

Le muraliste graffiteur Cyril Blanchard, un artiste du Café Graffiti nous montre ici les étapes de réalisation de la murale de la coopérative de travailleur ACTES.

Raymond Viger | Dossiers Artistes, Hip-hop

ACTES est une coopérative de travailleur qui propose des techniciens issus de divers champs d’expertises:

*  Éclairage
*  Sonorisation
*  Vidéo
*  Machiniste
*  Technicien d’installations permanentes
*  Travailleurs certifiés

Gestion technique d’événements

Libérez-vous des aspects techniques nécessaires à la réalisation d’événements de qualités. Les experts de la coopérative de travailleur ACTES vous épaulent dans vos réalisations artistiques, culturelles et corporatives. ACTES s’occupe entièrement des mandats techniques, logistiques et artistiques.

ACTES intègre écoresponsabilité et développement durable à ses pratiques. Pour rejoindre la coopérative de travailleur en technique de scènes ACTES.

Pour rejoindre un artiste du Café Graffiti, (514) 259-6900 cafegraffiti@cafegraffiti.net

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Autres billets sur le Graffiti

Pour les 15 ans du Café-Graffiti, son histoire

operation-graffiti-hip-hop-graffiteur-graffOpération Graffiti

Toute l’histoire de la création du Café-Graffiti. La relation avec les jeunes. Ce qu’ils ont vécu dans le projet. Ce qu’ils ont fait vivre aux intervenants.

Toutes les anecdotes d’un projet qui fait encore parler de lui. Une façon intéressante et originale de soutenir le Café-Graffiti dans sa mission d’aide et de soutien aux jeunes. 19,95$.

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Autres livres pouvant vous intéresser

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel

Vidéo spectacle breakdance, danses urbaines et hiphop

Le breakdance n’est qu’un des différents styles de danses urbaines. Le vidéo du spectacle Breakdance, danses urbaines et hiphop vous fait découvrir ces variations.

Raymond Viger | Dossiers Breakdance, Hip hop

12342706_1532973530348471_7419342897651942389_nSpectacle breakdance, danses urbaines et danse hip-hop.
Venez découvrir les différents styles de danses urbaines:

Krumping, Waacking, Popping, hip-hop, breakdance, Locking
Compétition des meilleurs danseurs urbains de Montréal.

Tous les dimanches soir Flip the coin.

10 janvier, Compétition Krumping. Juge: Jr Maddripp Gohou
17 janvier, Compétition Waacking. Juge: Marie-Reine Kabasha
24 janvier, Compétition Popping. Juge: Anthony IMoonRunn Freakwen-c
31 janvier, Compétition Hip hop. Juge: DarQk J-E

5$ vous donne droit à un souper dînatoire.

Tous les dimanches de 17h à 19h (le 5 à 7 dansant!)

Autres textes sur Breakdance

Autres textes sur le Spectacle breakdance et sports extrêmes

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Roman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.html Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Congrès de l’Association des intervenants en toxicomanie

Du 23 au 26 octobre 2011 à Trois-Rivières

Gambling et suicide

Lors du Congrès de l’Association des intervenants en toxicomanie (AITQ) , Reflet de Société présentera le DVD en prévention gambling et le guide d’intervention auprès d’une personne suicidaire.

Raymond Viger Dossiers Toxicomanie, Alcool et drogue

Lors du Congrès de l’Association des intervetants en toxicomanie, lundi le 24 octobre 2011 sera la seule journée pour rencontrer un intervenant de Reflet de Société. Il y aura présentation du DVD en prévention gambling, du guide d’intervention auprès d’une personne suicidaire ainsi que le magazine d’information et de sensibilisation Reflet de Société. Le congrès se déroule au Centre des Congrès du Delta de Trois-Rivières.

Pour ceux qui ne pourraient être présents et qui veulent se procurer l’un de ses outils de prévention, ils peuvent être commandé par la poste, par téléphone ou par Internet:

Gambling et Jeu compulsif

La réalité sur les jeux de hasard;

un outil de discussion pour les jeunes

gambling-jeu-compulsif-gambler-joueur-pathologique-poker-casinoDVD Gambling. 20$ + 5$ (taxes et frais de transport)

DVD de sensibilisation rassemblant témoignages et interventions de Biz, de Loco Locass, de l’ancienne croupière Éléonore Mainguy, du joueur devenu paraplégique Did Bélizaire et de plusieurs joueurs compulsifs. Le moyen idéal de s’éveiller aux conséquences de la dépendance au jeu.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009.

Par Internet: http://www.editionstnt.com/videos.html

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc, H1V 1X4.

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.html
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Les débuts du breakdance au Urban Element

École de breakdance à Montréal

Nouvelles passions: danse et breakdance

Lors de son arrivée à Montréal, Cindy Goldylocks tombe en amour avec Angelo. Après s’être fait expulser du Canada, Cindy peut revenir sous la condition de marier Angelo.

Dominic Desmarais | Dossiers BreakdanceHip-hop

cindy-goldylocks-break-hip-hop-breakdance-danse-hiphopLes nouveaux époux emménagent dans un appartement. Cindy suit son amoureux partout. Elle assiste à tous les cours qu’il donne. «Je voyais son talent. Et comme j’étais sa blonde, je voulais qu’il ne regarde que moi. C’était le meilleur pour donner un cours de danse. Un artiste, un vrai! Mais Angelo n’a rien d’un entrepreneur. Il n’était pas bon pour le business. Plusieurs de ses élèves s’en plaignaient. J’ai commencé à m’occuper de la partie administrative.»

Cindy s’abandonne dans la danse et l’organisation d’Angelo Dance Productions. Elle s’y investit comme, plus jeune, elle l’a fait pour ses cours de judo et de tækwondo et, plus tard, pour le parachute.

Différents styles de danse de rue

cindy-goldylock-breakdance-danse-hiphop-hip-hop-break-urban-elementAu début, seul Angelo enseigne. Mais Cindy est à l’écoute des autres danseurs. «Je m’entraînais avec d’autres personnes. J’ai commencé à voir le mélange des styles dans le hip-hop. Ce n’était pas clair que tous les mouvements venaient de ce style. J’ai commencé à faire d’autres danses de rue. Et j’ai eu un déclic. Si moi j’ai envie d’apprendre différents styles, d’autres aussi ont ce désir.»

Elle demande à d’autres danseurs d’enseigner des styles différents de celui d’Angelo. «C’est là que j’ai réalisé le problème: le nom de la compagnie. Si tu ne t’entends pas avec Angelo, tu ne veux pas représenter sa compagnie.»

En 2000, Angelo Dance Productions se mû en Urban Element. La nouvelle compagnie offre cinq styles de danse à une centaine d’élèves. La vie lui souriait finalement. Mariée, un toit bien à elle et une entreprise qui tourne rondement.

Une école d’élite

L’école de danse s’agrandit. Aujourd’hui, elle offre une douzaine de styles de danse de rue offerts par 20 professeurs. Des gens qui ont grandi au sein d’Urban Element. Pour le plus grand plaisir de quelque 400 étudiants de tous âges.

En 2003, une troupe de l’école gagne le Hip-Hop Forever, une grosse compétition à Montréal. «Et grâce à ça, nous sommes allés faire des prestations au Mexique!» Cette victoire donne de la renommée à Urban Element. En 2006, 2007, 2009 et 2010, la troupe de danseurs élite de l’école remporte les championnats canadiens de hip-hop et représente le pays aux mondiaux à Las Vegas. À l’image de Cindy, Urban Element ne se contente pas de peu.

«Le but, c’est d’avoir les meilleurs de chaque style de danse. Je les veux pour qu’ils donnent des cours afin qu’Urban Element soit une école de qualité. Un endroit où tu peux te développer et enseigner. Si ta carrière n’a pas avancé ailleurs, tu peux rester avec nous. Et on offre des locaux gratuitement pour pratiquer. Mais les gens le prennent parfois pour acquis. On a été volés, les murs sont taggés», résume-t-elle avec dépit.

Une école de danse communautaire

L’école a vécu sa part de difficultés financières. Le local est gigantesque et le payer est un exploit. «Ce qui est difficile, c’est que la danse hip-hop, sa raison d’être, ce n’est pas un business. Tu peux faire de la danse plus commerciale, des vidéoclips, tu seras bien payé, mais la danse de rue, ce n’est pas pour faire de l’argent. À Urban Element, on a gardé le côté rue, un genre de centre communautaire pour jeunes. Donc si on a des étudiants qui ont besoin des cours dans leur vie et qu’ils n’ont pas d’argent pour les payer, on les garde. Ils ne paient pas tous. Alors on est fauchés depuis 10 ans!»

Les élèves d’Urban Element arrivent bien avant leurs cours. Vers 16h, à la fin des classes, ils débarquent au studio. Ils y font leurs devoirs, socialisent. Comme dans une maison de jeunes. «Nous sommes devenus une petite communauté. Si on fer-me, on va affecter beaucoup de monde», considère Cindy qui a dû envisager à cette éventualité. Mais après s’être battue tout au long de sa vie, elle a la sagesse de reconnaître qu’elle saura bien trouver en elle l’énergie pour survivre.

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Agence d’escorte et prostitution à domicile

La prostitution sous tous ses angles

Britanny s’est prostituée de différentes façons. Elle a accueilli des hommes à son domicile en offrant ses services dans les journaux. Elle s’est déplacée chez des clients lorsqu’elle offrait son corps par l’entremise d’une agence d’escorte.

Dominic Desmarais | Dossier Prostitution

prostitution-escorte-prostituee-travailleuses-du-sexe-bordelMais Britanny a commencé dans la rue. C’est sur la Sainte-Catherine et la rue Ontario qu’elle a fait ses premiers pas dans ce qu’elle nomme la jungle.

Avant d’en faire son gagne-pain officiel, Britanny avait goûté au sexe contre rémunération à 17 ans, alors qu’elle vivait dans un centre jeunesse. En sortie les fins de semaines, des amis lui présentaient des hommes intéressés à coucher avec elle. Britanny, en lorgnant les bénéfices – des vêtements, du rouge à lèvre – n’y voyait que des bons côtés.

Quitter le centre jeunesse

Quand elle quitte le centre jeunesse, à 18 ans, elle est confrontée à la dure réalité d’une vie autonome. Le loyer ne se paie pas tout seul, l’électricité et la nourriture non plus. Encore moins le linge et les sorties. Un luxe, pour une jeune femme sans ressources qui aspirait à une vie de star. Elle voulait de l’argent facile, vite fait. Ce que la prostitution lui permettait. Ses quelques expériences, à l’adolescence, ne l’avaient pas rebutée, au contraire.

Britanny n’a pas commencé dans la rue de force, poussée par le désespoir. La jeune femme, forte de caractère, avait choisi ce moyen pour satisfaire ses besoins de vivre dans le faste. «Je voulais goûter aux grands plaisirs: les bons restos, les bijoux, les beaux vêtements. J’avais un énorme besoin d’affection que je comblais avec de l’argent. C’était une solution temporaire à un problème permanent», dit-elle avec lucidité.

Prostitution et luxure

La jeune femme recherchait la grande vie et s’affichait. «J’ai toujours apporté une attention particulière à mon apparence. C’était important pour moi. Pas juste pour racoler les clients.»

Britanny est fidèle à ses priorités. Elle a commencé à se prostituer pour s’offrir des grandes marques, pour se faire belle. Les visites au salon de coiffure, la manucure et le linge passent avant tout le reste.

Ensuite viennent l’épicerie, les comptes et pour finir, la drogue. «C’est sûr que j’avais un budget pour la drogue. J’en avais besoin. C’était mon carburant. J’étais gelée mais ça ne paraissait pas. Je n’avais pas l’air d’une morte.»

Prostitution et consommation

Quand elle se prostitue sur la rue, Britanny consomme un peu de tout. Cocaïne, mescaline, speed, pot ou alcool. Elle en a besoin pour enlever une partie de son stress. Mais elle fait attention de ne pas trop consommer car elle veut rester alerte et ne pas attirer l’attention des policiers ni tomber sur de mauvais clients.

Peu lui importe que les gens du quartier, ses voisins, la remarquent sur le trottoir. «C’est sûr que je croisais des gens que je connaissais. J’allais quand même plusieurs rues plus loin de chez moi. Et je ne restais pas plantée à un coin de rue, immobile. Je marchais beaucoup. Ça passait mieux. Ma préoccupation, c’était la police et les clients sur qui j’allais tomber. Être reconnue par les gens, je n’y pensais même pas», assure la jeune femme. «Ça ne m’a jamais scandalisée d’être une prostituée. J’en étais une! Sauf que j’avais de la classe. Je n’étais pas un déchet.»

Se prostituer dans Hochelaga-Maisonneuve et le Centre-Sud

prostitution-agence-escorte-domicile-prostituée-agences-escortesDans les quartiers crades d’Hochelaga et du Centre-Sud de Montréal, Britanny détonait avec son style glamour. Au milieu de filles abusées, aux prises avec des maladies mentales, de gros problèmes de drogues, elle se sent comme une rose entourée d’épines. «Beaucoup de clients m’ont dit qu’ils ne m’auraient jamais embarquée si j’avais été une junkie, si j’avais eu l’air d’une morte. On m’a aussi demandé à plusieurs reprises si j’étais dans la police! J’étais trop belle dans le secteur.»

Britanny voit les autres filles à moitié nues marcher au beau milieu de la rue pour accoster les conducteurs. Elle les entend offrir leurs services sans discrétion. «J’en ai vu qui obligeaient les voitures à s’arrêter. Ouvrir la portière côté passager puis la refermer violemment avec un coup de pied rageur  parce que le chauffeur ne voulait rien savoir. Une fille en manque, tout ce qui l’intéresse c’est de faire un client pour aller aussitôt chercher son crack. Elle va prendre n’importe qui et pour presque rien. Moi, mes clients, je les choisissais. Je voulais gagner de l’argent. Pas me payer ma dose.»

La vie entre prostituées

La cohabitation avec les autres prostituées n’a pas toujours été facile mais Britanny ne semble pas en avoir été troublée. «Je n’ai jamais eu de gros problèmes avec les autres filles. Je ne me mêlais pas, ne leur parlais pas. Il est arrivé qu’elles me crient après pour que je change de coin de rue. J’étais une menace à leurs yeux. Elles sont sur le crack et voient une fille qui pogne plus vite», raconte la jeune femme en soulignant que la rue est une jungle où chacune doit prendre sa place pour survivre. Britanny ne se gênait pas pour leur répondre. Mais comme elle préférait marcher, elle poursuivait son chemin ou les abandonnait en montant dans une voiture.

Britanny se faisait sa place sans l’aide de personne. Elle n’avait pas de souteneur. «Moi, donner mon argent et dire merci, ça ne m’intéressait pas.» Grande de taille et dotée d’un tempérament volcanique, elle n’a jamais ressenti le besoin d’être protégée. Aucun souteneur n’est venu l’aborder pour la forcer à travailler pour lui. «Je n’en ai jamais vu. Je ne sais pas comment ils fonctionnent.»

L’art du racolage

Britanny se déhanche en marchant jusqu’à ce qu’une voiture s’immobilise à sa hauteur. En s’approchant, elle demande au conducteur si elle peut l’aider. Elle attend qu’il aborde le sujet, lui demande ses tarifs pour telle ou telle faveur sexuelle. Si elle soupçonne qu’elle est en présence d’un policier ou si le client ne lui dit rien de bon, elle prend ses distances en prétextant ne pas être une prostituée. Sinon, elle l’informe de ses exigences monétaires et demande à être payée d’avance.

Si le client est d’accord, Britanny monte dans la voiture. Ils se dirigent soit chez elle, soit vers un endroit isolé dans un secteur industriel, soit ils restent à l’intérieur du véhicule. «La plupart des clients refusaient de venir chez moi, ils disaient s’être fait faire les poches par d’autres filles, alors le plus souvent, ça se passait dans leur auto», explique la jeune femme qui faisait la rue uniquement de nuit. «C’était plus discret. Le jour, tu vois des femmes se promener avec leurs enfants. Je n’aurais pas pu supporter leur regard méprisant.»

Prostitution de rue

Dans la rue, la clientèle est bien différente de celle qui a recours aux services d’une escorte. «C’est beaucoup plus dégueulasse», juge Britanny, sans préciser davantage. Les prostituées qui acceptent n’importe quoi attirent des clients aussi désespérés et ringards qu’elles. C’est pourquoi Britanny refusait plusieurs clients et préférait les plus âgés. «Les 50, 60, 70 ans. C’est moins excitant que des jeunes mais plus sécurisant. En général, ils ont plus de respect. Les jeunes ne veulent pas payer, ils négocient sans arrêt, demandent des extras. Les personnes âgées s’en tiennent au contrat passé.»

Quand elle faisait la rue, Britanny s’arrêtait parfois prendre un verre dans un club. Elle y racolait d’autres clients. «Je m’assoyais au bar, dansais un peu. Quand un homme m’approchait, m’offrait un verre, je lui faisais comprendre que je travaillais. Je ne prenais pas le temps de flirter. S’il n’était pas intéressé je ne m’attardais pas. J’étais en quête d’argent. J’avais toujours en tête: client, client, client.»

Prostitution, argent et amour

À cette époque, Britanny ne pense pas vraiment à l’amour. Elle veut de l’argent. «C’est dommage parce que je suis passée à côté de bons gars qui auraient pu être mes chums. J’ai perdu plusieurs occasions. Mais je n’étais pas dans ce mood là. Je n’avais pas le temps pour l’amour. Pour moi, le sexe, c’était pour faire de l’argent, pas pour le plaisir. Quand je n’étais pas avec un client, c’était du temps que je prenais pour moi.»

Son besoin d’affection, elle le comble avec les billets qui remplissent son portefeuille et lui permettent de dépenser son bonheur. Et Britanny a le regard de nombreux hommes pour sentir qu’elle est belle. «Oui, ça me remontait le moral. Ça me rassurait dans mes insécurités de savoir qu’on me trouvait belle. Plusieurs clients sont d’ailleurs tombés en amour avec moi», dit-elle amusée. Avec les moyens financiers de se gâter et les regards admiratifs des hommes, Britanny s’est enfermée dans ses illusions: elle avait tout ce qu’elle désirait, elle vivait son conte de fée.

La réalité de la prostitution

Mais aujourd’hui, Britanny reconnaît que sa sexualité est fuckée. Elle doit réapprendre à vivre une relation saine, dans un cadre sain, «Avec quelqu’un de normal, pas pour de l’argent», assure-t-elle. Le défi est de taille. Après avoir rencontré autant d’hommes avec des exigences à satisfaire moyennant de l’argent, sans égard pour celle qui leur offrait ses services sexuels, elle doit aussi apprendre à faire confiance.

L’histoire d’une prostituée

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L’amour en 3 dimensions

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$. Une co-écriture avec le journaliste Colin McGregor a permis de présenter une version anglophone LOVE in 3D.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet:Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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Tous égaux devant la culture

Culture du cœur

La culture, un luxe à partager

En France, Cultures du cœur est un organisme de relais entre l’offre culturelle et les populations défavorisées. Il permet à des personnes en situation de précarité d’obtenir gratuitement des billets de spectacles.

Julie Rhéaume | Dossier Culture

Pour Culture du cœur, fondé en 1998, la culture rassemble, favorise les relations sociales, et permet de choisir. Elle devient un moyen de lutte contre l’exclusion. Reflet de Société a rencontré M. Edgard Dana, le fondateur et le directeur général de Cultures du cœur, lors des deuxièmes biennales de l’industrie du spectacle qui ont eu lieu à Nantes, en France, les 18 et 19 janvier.

«Depuis janvier 2005, les nombreux partenaires de Cultures du cœur ont mis 500 000 invitations à la disposition du public. De ces invitations, 200 000 ont donné lieu à une sortie culturelle», explique M. Dana.

En France, selon Cultures du cœur, 600 millions de place de spectacle sont mises en circulation par année et seulement la moitié trouve preneurs. À peine 20% de la population française profite de l’offre culturelle.

L’accès à la culture

Depuis huit ans, Cultures du Cœur engage son action de promotion de l’insertion par l’accès à la culture autour de trois axes: favoriser l’accès à la culture, aux sports et aux loisirs en développant des partenariats avec les entreprises culturelles et sportives; sensibiliser et initier les acteurs des domaines éducatif et social à la lutte contre l’exclusion culturelle; ainsi que créer et développer un système d’informations culturelles disponibles sur Internet pour l’ensemble de son réseau. Cet organisme sans but lucratif est actif dans les grands centres et les zones rurales.

Son action tourne autour de quatre principes: la gratuité; le choix libre et personnel des sorties; la sortie en famille; et la préparation et le suivi des sorties.

La mise en œuvre du projet repose sur l’utilisation d’un site Internet qui relie les professionnels de la culture, l’organisme et les bénévoles.  Cultures du cœur gère une billetterie d’invitations Internet qui peut être consultée sur un réseau de relais local qu’il développe, anime, contrôle.

Un relai pour la culture

Ces relais s’impliquent déjà dans la lutte contre l’exclusion comme les maisons de quartier, les centres d’hébergement, les centres d’action sociale, etc. Ils agissent comme intermédiaires et s’occupent ensuite de redistribuer des places de spectacles à leurs bénéficiaires.

Cultures du cœur met aussi de l’avant le principe de médiation culturelle. Pour certaines personnes exclues, se faire offrir gratuitement un billet de spectacle ne garantit pas qu’elles assisteront à l’événement en question.

Des travailleurs sociaux, qui oeuvrent dans les organismes-relais, sont formés à la médiation culturelle. Ils vont ainsi aider à préparer la sortie avec les bénéficiaires.

Une fois la sortie accomplie, ils consacreront du temps à un moment d’échange et de réflexion collectif avec les personnes qui se sont prévalues de places.

Égaux devant la culture

«L’accès à la culture, aux sports et aux loisirs est un droit fondamental pour tous. Or, nous ne sommes pas tous égaux devant ce droit.

Les inégalités sont grandes, l’exclusion aussi. L’objectif est de participer à l’insertion sociale et professionnelle des publics les plus en difficulté», explique M. Dana.

Edgard Dana aimerait bien exporter le concept au Québec, «à condition qu’il y ait des porteurs de projet». Pour lui, l’organisme voue un véritable engagement à la lutte contre l’exclusion.

Si davantage de gens en connaissaient le concept et la mission, ils comprendraient l’intérêt et la pertinence de son organisme, dit-il.

Pour en savoir plus sur Cultures du cœur, on peut consulter le site Internet de l’organisme: www.culturesducoeur.org.

Le séjour à Nantes a été rendu possible grâce à l’Office franco-québécois pour la jeunesse.

Pour rejoindre les artistes du Café-Graffiti: (514) 259-6900

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