Un parc en latence

Un parc en latence

Reflet de mon quartier est un hebdomadaire consacré à l’actualité et aux débats d’idées reliés à l’arrondissement montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve.

Le parc Morgan est-il abandonné par les élus d’Hochelaga-Maisonneuve? C’est ce que croient certains citoyens et membres d’organismes locaux, qui déplorent le triste état dans lequel est laissé ce parc historique. Le conseiller municipal d’Hochelaga depuis 2005 pour le parti Vision Montréal, Laurent Blanchard, a accepté de partager son point de vue sur la question avec les lecteurs de Reflet de mon quartier.

Propos recueillis par Ariane Aubin                       Dossier Parc Morgan

Depuis le début années 1980, plusieurs citoyens et organismes du quartier nous demandent que les parcs Morgan et Champêtre soient réunis dans le cadre de la modernisation de la rue Notre-Dame [NDLR: les deux espaces sont en ce moment séparés par la rue Notre-Dame, sans passage piétonnier]. Le projet a été retravaillé à chaque changement d’administration, mais l’idée de fusionner les deux parcs est demeurée la même. Ce printemps, on nous a annoncé que les coûts avaient explosé et que des fonctionnaires avaient été chargés de revoir l’ensemble du projet. Le 30 juin, les élus du coin ont rencontré la ministre des transports Julie Boulet qui nous a assuré que l’essentiel des coupures seront faites dans le Centre-Sud et dans Ville-Marie, sans qu’Hochelaga-Maisonneuve ne soit touché.

Selon les plans déposés en 2005, le parc Morgan subira plusieurs transformations. En ce moment, la partie Sud du parc Morgan et le parc Champêtre se situent trois mètres plus bas que le kiosque Morgan, mais tout ça sera bientôt mis à niveau. Si le gouvernement actuel respecte l’échéancier anticipé, on peut espérer que les modifications prévues pour le parc Morgan soient complétées en 2011.

En attendant que ces travaux majeurs soient lancés, les services locaux se sont dit qu’il valait mieux ne pas investir massivement dans le parc. Ce qui ne veut pas dire qu’on ne fait rien: dans une première étape d’entretien, le kiosque du parc Morgan a subi des restaurations mineures pour qu’il tienne jusqu’au moment des travaux de la rue Notre-Dame. Selon les plans qui nous ont été présentés l’hiver dernier, ces travaux comprendront, en plus de la mise à niveau des terrains, la réfection des terrains de soccer et de football et l’installation d’estrades dans la partie Est du parc.

Il est certain que le parc Morgan mériterait quand même d’être rajeuni et ce sera fait, mais il n’est pas le seul à être dans cette situation. La durée de vie des jeux pour enfants en général est courte: après une génération, il faut souvent les remplacer. Sans oublier que certains parcs servent plus que d’autres, en particulier ceux situés dans les secteurs les plus habités. Le parc Hochelaga [situé entre les rues Davidson et Darling] par exemple, se trouve juste à côté d’une garderie et d’une école et beaucoup d’enfants utilisent ses jeux. C’est donc là que les travaux ont commencé en premier plutôt qu’au parc Morgan, qui est plus en périphérie des secteurs habités. On peut dire que le parc Morgan a une fonction récréative de quartier plutôt qu’une fonction de proximité.

Pour que le parc retrouve cette fonction récréative, je souhaiterais que l’on ressuscite le comité d’animation du parc Morgan, formé à mon souvenir de quatre organismes du coin. Si jamais de telles initiatives renaissaient, bien sûr qu’on y participerait! L’arrondissement verrait la chose d’un très bon œil, mais il ne faudrait pas que nous soyons la seule vache à lait du comité organisateur. Nous ne contribuerions pas de façon monétaire, mais plutôt en fournissant de l’équipement, car la Ville ne finance que les organismes de loisirs partenaires offrant des prestations de services.

Il serait aussi important d’augmenter l’animation hivernale du parc. Dans notre plateforme électorale, nous allons intégrer l’idée de créer un anneau de glace dans le parc Morgan. Restera à voir si la patinoire sera utilisée par les citoyens et si elle ne sera pas la cible de vandales. Il y a beaucoup d’incivilités au parc, ce qui explique pourquoi nous avons investi dans la surveillance d’installations sportives extérieures afin qu’elles ne se dégradent pas davantage. Deux jeunes en t-shirts orange se sont donc promenés tout l’été dans le parc. Je me suis rendu compte que leur utilité n’est pas nécessairement évidente, mais il faut comprendre qu’ils n’ont pas le droit de poser des actes relevant de la convention collective d’autres employés de la Ville. Ils sont donc obligés d’être de simples observateurs. Je pense par contre que leur simple présence a découragé certains individus de commettre des incivilités, parce que ces employés ont des walkies-talkies et peuvent appeler la police ou un surveillant.

Ce genre de mesure a créé des améliorations, pas spécifiquement au parc Morgan, mais en général. Par exemple, des jeunes ont causé 60 000 dollars de dommages au parc Pierre-Bernard dans le secteur Tétreauville, en attaquant la pompe à eau de la pataugeoire à coups de bâton de baseball il y a quelques mois. La présence de surveillants réduit ce genre de vandalisme.

Le parc Morgan n’est pas moins bien traité que les autres. Si une balançoire est brisée, nous allons la remplacer, mais nous ne changerons pas le module en entier. Nous avons aussi acquis une nouvelle machine pour nettoyer le sable autour des jeux pour enfants, car nous recevions beaucoup de plaintes quant à l’état de ce sable. Mais sans vouloir déprécier mes électeurs, ceux qui laissent leur chien courir dans le parc Morgan et faire ses besoins dans le sable ne contribuent pas à rendre les lieux fréquentables! Nous avons tendance à oublier que le civisme citoyen n’est pas toujours au rendez-vous. Je trouve que les parcs en règle générale sont le meilleur lieu de l’expression des citoyens et il suffit de jeter un œil aux parcs impeccables que l’on trouve en Angleterre ou en Allemagne pour réaliser comment il est possible d’avoir des lieux publics en bon état, accueillants. C’est ça aussi qu’il faut régler au Québec!

Autres textes sur le dossier Parc Morgan:

Triste histoire: Parc Morgan dans Hochelaga-Maisonneuve

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Un parc en latence

Bien plus qu’une chicane de clôture

Une porte d’entrée sur Ste-Catherine Est

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L’UQAM rompt ses liens avec le Festival d’expression de la rue

L’UQAM rompt ses liens avec le Festival d’expression de la rue

François Richard  Dossiers Festival d’expression de la rueJeunes de la rue et Organismes communautaires

Le Festival d’expression de la rue (FER) se retrouve sans lieu où tenir sa treizième édition. L’Université du Québec à Montréal (UQAM) refuse de rendre disponible la Place Pasteur comme elle l’a fait au cours des douze dernières années.

L’événement est organisé par le Collectif d’intervention par les pairs. Il s’agit d’un groupe de jeunes intervenants qui ont déjà habité dans la rue et qui mettent aujourd’hui à profit cette expérience afin de venir en aide aux jeunes marginaux du centre-ville de Montréal.

Cette aide prend notamment la forme de l’organisation du FER, qui permet pendant quelques jours par année à des jeunes sans domicile fixe de présenter leurs créations artistiques. Des ateliers et des kiosques sur une foule de sujets, tels la prévention du VIH et la réduction des méfaits liés à la consommation de drogue sont aussi présentés. L’événement constitue une occasion d’établir des liens positifs entre les différents occupants du quartier: résidants, commerçants, institutions et jeunes de la rue.

Les organisateurs du Festival se disent surpris et déçus de la décision de l’UQAM, une institution avec laquelle ils ont entretenu de bons liens jusqu’à maintenait. La direction de l’Université explique son refus d’accueillir l’événement par la tenue de festivités en lien avec son quarantième anniversaire.

Victimes de discrimination? Le Festival Juste pour rire!

Les membres du collectif d’intervention par les pairs expriment des doutes sur la justesse de cette affirmation. Ils se questionnent quant au fait que ces mêmes festivités n’ont pas empêché l’UQAM de laisser le Festival Juste pour rire occuper la Place Pasteur, située sur le rue Saint-Denis entre les rues Sainte-Catherine et Maisonneuve.

Dans une lettre expliquant son refus, le recteur de l’UQAM, Claude Corbo, mentionne le souhait de l’université d’éviter d’être associée à des événements polémiques. Pourtant, les douze dernières éditions de l’événement se sont déroulées sans incident majeur. Le Collectif des pairs aidant dédommage l’UQAM pour les frais liés à l’occupation des lieux, notamment le salaire de gardiens de sécurité supplémentaires sur le campus. Les pairs croient maintenant que l’UQAM refuse simplement de s’associer à des jeunes marginaux par crainte des impacts négatifs que cela pourrait avoir sur l’image de l’Université.

Le Collectif a rédigé une lettre ouverte dénonçant la situation que nous publions ici. Nous vous invitons à en prendre connaissance et à réagir. Les pairs aidant sont présentement en discussions avec l’arrondissement de Ville-Marie et une des membres du comité, Évelyne Gauthier, dit être confiante que l’événement pourra avoir lieu dans un autre lieu, non confirmé pour l’instant.

Lettre ouverte

Festival d’expression de la rue (FER)

L’UQAM : « Oui, mais… pas dans ma cour »

Cette année, le seul festival montréalais qui peut se targuer de ne pas exclure personne de son territoire se fait lui-même expulser pour des raisons plutôt discutables. En effet, l’Université du Québec à Montréal refuse d’octroyer la Place Pasteur au Festival d’Expression de la Rue (FER) pour la tenue de sa 13e édition.

Or, pendant les douze dernières années, le FER s’est tenu, jusqu’à ce jour, à la Place Pasteur, située sur la rue St-Denis immédiatement à côté de la sortie de métro Berri-UQAM. Cette place, dont l’administration est aujourd’hui assurée par L’UQAM, car située sur son campus, fut léguée à la Ville de Montréal au XIXe siècle par Louis-Joseph Papineau, qui lui décréta alors son statut d’espace public : c’est-à-dire accessible à tous. Cette place reçut ensuite son nom actuel au XXe siècle en l’honneur de Louis Pasteur, homme de science dévoué à l’amélioration des mesures socio-sanitaires et de la santé collective. L’histoire de ce site enchanteur lui confère donc une valeur particulièrement symbolique pour notre événement puisqu’elle s’est enracinée sous un statut d’espace public et qu’elle rejoint de surcroît la mission préventive et sanitaire du festival.

Et parlons-en de ce Festival. C’est le dernier de la saison estivale, celui qui s’impose depuis 1997 après les grands événements clôturés. Organisé par le Collectif d’intervention par les pairs, le Festival d’Expression de la Rue cible principalement les jeunes en situation de précarité et d’itinérance qui fréquentent le centre-ville de Montréal. En ouvrant un dialogue, le FER favorise la cohabitation harmonieuse de ces jeunes avec les résidents, commerçants et passants du quartier tout en démystifiant leur culture.

Fruit de la collaboration annuelle d’une cinquantaine de partenaires et d’organismes communautaires, le FER offre aussi une tribune importante pour les talents artistiques des plus variés. Parallèlement, cet événement sert de plateforme pour sensibiliser les jeunes à la prévention des maladies infectieuses et aux méfaits liés à l’utilisation de drogues, tout en favorisant un développement positif de leur estime de soi.

C’est après 12 ans d’une saine collaboration que l’UQAM refuse délibérément de prêter l’espace. Le Collectif d’intervention par les pairs a rencontré M. Claude Corbo, recteur de l’UQAM, en vue d’en arriver à un compromis, mais le recteur est demeuré inflexible. L’excuse officielle offerte repose entièrement sur la non-disponibilité du terrain de juin à octobre, en raison de la tenue des festivités entourant le 40e anniversaire de l’université. Pourtant, le festival Juste pour Rire nous a confirmé qu’il tiendra encore cette année, certaines de ses activités sur le site même de la Place Pasteur au courant du mois de juillet. Que cache donc l’excuse du quarantième de l’UQAM?

Dans une missive qui nous a été envoyée par le recteur le 25 février dernier, celui-ci indique ses motivations réelles pour refuser ledit terrain : « le rendez-vous festif et stratégique auquel nous sommes conviés en 2009, nous invite à des démarches plus sobres et moins enclines à des polémiques. »

On peut alors se demander : « mais, qu’est-ce qui est polémique? » Si l’image que projettent les jeunes de la rue peut sembler dérangeante pour certains, il faut savoir que l’un des principaux objectifs du festival est justement de favoriser une meilleure cohabitation et une compréhension réciproque entre les jeunes et le reste de la population! De plus, les 12 éditions sans embuche qu’ont connues le Festival ne peuvent que servir la réputation de l’université.

Enfin, pourrait-on penser que l’UQAM a abandonné son statut d’université du peuple, son ouverture et sa mission sociale en préférant que les jeunes marginalisés se retrouvent n’importe où, mais ailleurs que dans sa cour?

Dans les circonstances, il appartient à la Ville de Montréal, l’autre des responsables actuels de la place Pasteur, de trouver un lieu alternatif au FER, à moins que l’UQAM ne daigne sagement revenir sur sa décision. En effet, on est sur le point de démolir une institution communautaire et populaire favorisant l’inclusion de jeunes justement trop souvent victimes d’exclusion dans de multiples sphères de leur vie. Il n’y a pas à dire : Papineau doit très certainement être en train de se retourner dans sa tombe!

Le Collectif d’intervention par les pairs
Kim, Stéphanie, Marc, Marc-André, Bertrand, Isabelle, Marie-Noëlle, Catherine et Evelyne

pairs-aidants@cactusmontreal.org, (514) 847-0067, poste 301

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