Du viol à la prostitution

Spectacle du Bistro le Ste-Cath (l’ancien Bistro In Vivo) dans Hochelaga-Maisonneuve

Du viol à la prostitution

Christine Burtin, travailleuse sociale, Dossier Prostitution et Sexualité.

viol-prostitution-legalisation-prostitution-legalise-prostitution Valérie a été adoptée par une famille de médecins. Elle a toujours eu du mal à l’école et en famille. À 17 ans, ses parents divorcent. Secouée, elle décide de ne plus s’imposer de limites. Un an plus tard, Valérie tombe enceinte. Elle se sent incapable d’élever son enfant qu’elle confie à son père. Elle mène alors une vie de toxicomanie, de prostitution et de délinquance. Elle va en prison quelque temps et met au monde un autre enfant qu’elle élève, même si elle traîne encore dans un quartier réputé pour ses activités de prostitution.

Viol collectif

Valérie porte un lourd secret qu’elle n’a jamais partagé. Même ses parents ne sont pas au courant, raconte-t-elle. «À 11 ans, j’ai pris les clés de la camionnette de mon père pour y installer un copain qui s’était fait mettre dehors par sa mère. Un gars un peu plus vieux que je connaissais bien. Je lui ai rendu visite dans la camionnette. Il était avec un autre gars que je ne connaissais pas. Ils m’ont violée. Comme j’avais pris les clés, je me sentais coupable. Je me disais qu’encore une fois je m’étais mis dans de sales draps.»

«Le soir, mon père ne comprenait pas pourquoi je restais dans la baignoire sans vouloir en sortir. Je me sentais sale. Je ne pouvais en parler à personne. À partir de ce moment, je n’en avais plus rien à foutre de ce qui allait m’arriver. Ma mère biologique m’avait abandonnée à la naissance. Les gars m’avaient volé ma virginité. En plus, le seul rempart qui me restait est tombé lorsque mes parents se sont séparés. C’est à partir de là que tout a dérapé.»

Consommation de drogues

«Avec l’argent de poche que me donnait mon père et un peu de système D, j’achetais ce dont j’avais besoin: alcool, haschich, un peu de tout. Je fuguais, je n’allais plus au collège. Le jour de mes 18 ans, j’ai fêté ça royalement! Whisky, hasch et surtout, ce que je réclamais depuis longtemps à mon copain, de l’héroïne. J’ai été malade, mais j’ai eu envie d’y retourner. Avec l’héro, tu oublies tout, tu es hors de la réalité. C’est ce que je recherchais. C’était un cadeau empoisonné, mais c’est moi qui le voulais.»

À l’époque, Valérie ne voyait jamais sa mère. Les relations avec son père se limitaient à ce qu’il paie son loyer, qu’il remplisse son frigo et lui donne de l’argent de poche. De 18 à 21 ans, elle se débrouille: vol à la tire, vente de drogue, petits trafics. «J’allais chercher de l’héro en grande quantité et j’en revendais. Bien sûr, j’en consommais. Tout ce qui m’intéressait, c’était le fric et la drogue. Je consommais de 10 à 15 grammes d’héro par jour.»

À 18 ans, alors enceinte de sa fille, Valérie se fait arrêter. Elle est condamnée à 2 ans ferme, plus 2 ans de sursis et 5 ans de mise à l’épreuve. «Seule ma mère est venue me voir en prison. À ma sortie, je recommence à consommer et à vendre. Mais l’argent, ce n’est pas éternel! Dans l’hôtel où je vivais, j’avais repéré une fille qui semblait riche. Moi, j’avais besoin d’héro et d’argent. On a parlé et elle m’a tout appris sur la prostitution. Ma première journée, j’ai fait tous les clients que je pouvais. En rentrant à l’hôtel, je me suis arrêtée pour acheter ces éponges à vaisselle vertes qui grattent. Durant deux heures sous la douche, je me suis frottée jusqu’au sang. Je me sentais sale. Mais j’avais gagné beaucoup d’argent. Le lendemain, j’y suis retournée.»

Les séquelles de la prostitution

Valérie porte les marques de sa vie de galère. Son caractère, rebelle et batailleur, rappelle l’adolescente qu’elle était. Elle jette un regard critique sur son milieu. «Le monde de la prostitution, c’est abominable. Je ne le souhaite pas à mon pire ennemi. Y’a des clients qui te disent qu’ils veulent faire l’amour. Mais comment peux-tu appeler ça de l’amour? C’est tout sauf ça. C’est surtout un monde de violence. À chaque fois, j’avais peur. J’ai failli mourir plusieurs fois. Si je n’avais pas su me défendre, j’y serais passé. Je suis une grande gueule et ça m’a sauvé quelques fois.»

Depuis 3 ans, Valérie suit un programme de substitution à l’héro. Elle consomme encore de l’alcool et du cannabis. Elle vit avec un compagnon qui la rend heureuse, dit-elle. Ensemble, ils élèvent son dernier né. Françoise, sa mère, paie le loyer, l’électricité, remplit le frigo et les accueille à l’occasion. Valérie veut changer de vie. Elle voudrait ne pas avoir à se débattre avec l’assistance sociale et des perspectives professionnelles peu réjouissantes faute de formation professionnelle et de sa santé précaire. Elle songe parfois retourner se prostituer pour rapporter cet argent qui lui fait défaut. Mais les mauvais souvenirs et la peur de perdre son enfant la retiennent.

Dossier Prostitution et Sexualité.

L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$. Une co-écriture avec le journaliste Colin McGregor a permis de présenter une version anglophone LOVE in 3D.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet:Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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Déni de justice pour les femmes

L’auteure est une ex-prostituée vivant à Vancouver qui a échappé à la toxicomanie et à la rue il y a huit ans. Mère et journaliste pigiste, elle a récemment couvert pour plusieurs médias le procès du meurtrier en série Robert Pickton.

Dossiers Prostitution et Sexualité.

Déni de justice pour les femmes

C’est durant l’année que j’ai passée à couvrir le procès de Robert Pickton, le pire tueur en série de l’histoire du Canada, que j’ai commencé à me demander pourquoi les lois qui doivent supposément assurer notre sécurité sont complètement hors d’atteinte pour la plupart des citoyens.

Trisha Baptie

Pour parler franc, je reconnais avoir moi-même commis des infractions et avoir affecté la vie de certaines personnes par des gestes que j’aimerais pouvoir annuler aujourd’hui. Mais que ce soit dans le box des accusés, dans celui des témoins, ou comme spectatrice d’un des procès les plus médiatisés au Canada, je demeure abasourdie devant la confusion qui grippe tout le système.

L’appareil judiciaire est un processus qui confine à l’impuissance les gens «ordinaires». Les victimes d’actes criminels sont tenues à l’écart de la décision d’intenter ou non des poursuites, cela relève du procureur de la Couronne. Si la cause se rend au tribunal, la victime n’a rien à dire sur l’acte d’accusation. Au moment du procès, on enjoint aux victimes de se comporter avec décorum si elles veulent demeurer dans la salle, ce qu’elles ont de toute manière rarement le droit de faire puisqu’elles doivent elles-mêmes témoigner.

Les avocats de la défense sont autorisés à disséquer la victime et à faire du procès le sien. Ils ont le droit de demander à une victime de viol si elle a réellement dit «non» ou à une victime de voies de fait ce qu’elle a pu faire pour mettre l’accusé en colère. L’appareil judiciaire exclut les valeurs humaines à toutes les étapes en insistant sur les détails les plus minuscules, comme si le fait de massacrer quelqu’un et de donner sa chair en pâture à des porcs, comme l’a fait Robert Pickton, était moins important que les «intentions» ou la «préméditation» de l’accusé.

Je crois que la plupart des gens conviendraient que notre appareil judiciaire est horriblement déficient à plusieurs niveaux. Les prévenus qui, comme moi, obtiennent l’occasion de se reprendre en main apprécient la compassion du système, mais quelles sont les limites de cette tolérance? Est-ce que le système judiciaire ne pourrait pas être accessible et inclusif pour tout le monde, en se fondant sur une compassion capable de faire la différence entre une personne atteinte de maladie mentale qui commet un vol à l’étalage et un violeur? Est-ce que les différentes parties du système pourraient collaborer avec ouverture et honnêteté, au lieu de tout compartimenter en tentant toujours de trouver un autre service à blâmer en cas d’échec?

Enfermer les femmes pour leur sécurité

Les femmes sont particulièrement mal servies par ce système. Durant ma jeunesse, on m’a envoyée en détention parce que je courais trop de risques en faisant la fête avec des hommes, dont certains avaient jusqu’à 13 ans de plus que moi. À cette époque, les filles et les jeunes femmes étaient emprisonnées pour leur «sécurité».

Pourquoi ne pas s’en prendre aux personnes (habituellement des hommes plus âgés) qui exploitent femmes et enfants, et les emprisonner, eux? La sécurité devrait vouloir dire la liberté pour les femmes de vivre à l’abri des comportements prédateurs des hommes. La plupart des crimes sexistes comme le viol, l’agression sexuelle et la violence conjugale, sont très rarement signalés parce que les femmes savent que c’est leur procès qu’on fera et non celui de l’agresseur. Et lorsqu’elles signalent ces crimes, il est rare que la poursuite s’acquitte bien de sa tâche.  

Les coupes sombres imposées aux services d’aide juridique rendent quasi-impossible l’accès à un avocat, qu’il s’agisse d’obtenir une ordonnance de protection ou une pension alimentaire. Les femmes se retrouvent à peu près sans aide. Le système de perception des pensions alimentaires peut se montrer particulièrement lent quand vous avez peu de renseignements à leur fournir. Donc, ils vous suggèrent de leur trouver l’information nécessaire. Comme si nous n’étions pas suffisamment occupées à élever les enfants qu’ils ont abandonnés, il nous faut en plus retrouver les hommes. Si le père d’un enfant est un agresseur, on vous suggère de ne pas le «provoquer» en réclamant la pension alimentaire. Au lieu de nous protéger, on nous dissuade d’essayer d’obtenir ce qui revient de droit aux enfants. On impose aux femmes le fardeau de répondre seules aux besoins de leur famille, et un tas de gens se mettent en file pour juger de la manière dont les femmes y parviennent.

Il paraît que les émotions et la politique n’ont pas leur place au tribunal, mais y trouve-t-on de la place pour la vérité? Peut-on rendre l’appareil judiciaire accessible aux gens ordinaires qu’il est censé protéger, ou n’est-il supposé être compris que par les traducteurs surpayés qu’on appelle «avocats»? Le système judiciaire semble aussi déficient et abîmé que certains récidivistes; je me demande si l’un et l’autre peuvent être pleinement réhabilités.

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CD Rap music Hip Hop de la scène de Montréal

cd-rap-music-rappeur-musique-hip-hop-dj-mana-sp-manspino-dynastie-des-morniers CD de musique Ill Legal. Compilation de rappeur et rap music Hip Hop avec Chilly D, DJ Mana, L’intrus, Shades of culture, SP, Patrick Batemen, 01 Étranjj, Ninja P, Virus, Vulguerre, Chance Won, Erratum, Son 2 PT, Manspino, Dynastie des Morniers. 9,95$

Tél: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Amour inconditionnel, être la mère d’une prostituée toxicomane

Amour inconditionnel, être la mère d’une prostituée toxicomane

Dominic Desmarais   Dossier ToxicomanieProstitution et Sexualité.

prostitution-escorte-prostituées-danseuses-nues Un jour, la vie de Michelle a viré au cauchemar: prostitution, drogue, violence. Elle se remet maintenant des traumatismes causés par sa vie dans la rue grâce à l’appui indéfectible de sa mère, Solange, qui raconte le courage de sa fille.

Solange est nerveuse. Difficile, pour une mère, de parler de sa fille qui s’est prostituée, qui est tombée dans l’enfer de la drogue. Michelle lui a demandé de raconter ce qu’elle a vécu. La façon dont elle l’a aidée pour sortir de la rue. En acceptant de s’ouvrir à Reflet de Société, Solange offre une autre preuve d’amour à sa fille.

En conservant l’anonymat — l’entretien se fait au téléphone — cette maman partage de douloureux moments du passé. Lors de la discussion, Solange ne fait jamais allusion à la prostitution. Elle préfère penser au présent, qui s’annonce plus radieux pour sa fille et pour elle. «Michelle va bien. Je veux la garder de même. Je suis fière d’elle.»

Le plus dur est passé. «Avec Michelle, j’en ai enduré pas mal. On a mangé la claque. La vie, ce n’est pas juste de belles choses, affirme-t-elle sagement. Maintenant, je vais bien. Je savoure chaque journée.»

Pendant quelques années, Solange vivait dans l’angoisse continuelle. Sa fille, alors à Québec, s’était enfermée dans un monde malsain qu’elle pourrait difficilement quitter: drogue, prostitution et violence. Michelle maigrissait à vue d’œil. Elle avait développé des comportements agressifs. «À un moment, elle ne me reconnaissait plus.»

Sauver celle qu’on aime

Son cœur de mère la pousse à rapatrier sa fille en 2005, après qu’elle se soit fait agresser violemment par son petit ami et proxénète. Michelle est traumatisée. Auprès des siens, elle parvient toutefois à reprendre goût à la vie… après une série de moments troubles. À cette époque, Michelle n’est pas guérie de sa dépendance à la drogue. «Le problème était son manque de drogue. Elle était agressive. Elle cassait tout dans la maison. Je n’avais pas d’argent. Mais, pour elle, j’en trouvais. Mon chèque de bien-être y passait. Elle empruntait aussi de l’argent à ma sœur. Quand quelqu’un est en manque, tu n’as plus de reconnaissance. Elle ne voyait plus clair.»

Une nuit, elle est réveillée par le bruit d’un corps qui chute sur le plancher. «Elle venait de tomber. Elle avait beaucoup consommé. Quand j’ai vu ses pieds, sur le sol… Oh! mon Dieu! raconte-t-elle, un frisson dans la voix. J’ai appelé une ambulance. C’était un autre moment rough.»

Démunie devant les problèmes de sa fille, Solange cherche de l’aide. «J’ai peut-être attendu trop longtemps. Je pensais m’en sortir seule. Impossible. Je faisais juste pleurer. Je me demandais si elle s’en sortirait. Je passais mes nuits à ses côtés. Elle était toute maigre. Je la faisais manger à la petite cuillère. Elle ne voulait rien savoir. Mais c’est mon bébé! Je ne voulais pas la perdre.»

Renaissance difficile

Solange rencontre un intervenant psycho-social qui lui dit de ne plus donner d’argent à sa fille. «J’ai dit non. Je ne souhaite à personne d’être là quand elle est en manque. On m’a référé au centre Dollard-Cormier.» Michelle s’y rend pour soigner sa dépendance à la drogue. Elle demeure au centre de désintoxication 7 jours.

«Une semaine, ce n’est pas beaucoup, avoue Solange. Mais, elle va à tous ses rendez-vous. Les premières fois, j’y allais avec elle. Maintenant, elle est indépendante. Elle y va seule. J’ai tourné la page. Je suis contente de ce que je vis présentement. Je l’aime toujours! On ne dit jamais assez à nos jeunes qu’on les aime. Moi, jamais je n’ai traité Michelle de droguée. Jamais.»

Quand elle écoute la télévision avec sa fille, confortablement installée dans son lit, Solange apprécie sa persévérance. Aujourd’hui, il fait soleil tous les jours chez elle.

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Dossier Prostitution et Sexualité.

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Rue de la violence; prostitution et toxicomanie

Rue de la violence; prostitution et toxicomanie

Dominic Desmarais   Dossiers ToxicomanieProstitution et Sexualité.

prostitution-escorte-call-girl-prostituee-prostituees Au tournant de l’an 2000, Michelle entame une descente aux enfers. Traumatisée par la mort de deux de ses amis lors d’un accident de la route en Gaspésie, elle débarque à Québec. Elle y perdra ses plus belles années.

L’homme dont elle tombe amoureuse est impliqué dans la vente de drogue et dans la prostitution. Elle ne le sait pas. «J’ai commencé à vendre, parce que j’ai été influencée par de mauvais amis. Ça rapportait pas mal», avoue candidement la jeune femme.

Elle passait toutes ses soirées dans un bar de la capitale nationale à fournir de la cocaïne aux clients. À la fermeture, elle poursuivait son manège dans la rue. Elle s’effondrait sur son lit pendant 2 heures. Au lever, elle pesait et coupait la drogue qu’elle allait vendre en soirée. «Je travaillais 7 jours sur 7, sous les menaces de mort de mon chum et de son ami. J’ai fait ça 5 ans. J’étais à boutte.»

Son corps pour un quart de gramme

Michelle avait trop peur de changer de vie. Elle recevait à longueur de journée des claques sur la gueule. Un jour, elle se fait pincer par la police. Ses malheurs commencent. «Quand j’ai arrêté de vendre, il m’a forcé à prendre du PCP. Il m’a agrippé par la gorge pour m’envoyer sur la rue. Je ne connaissais pas ça, la prostitution.» La jeune femme ne veut pas nommer son petit ami. Elle en est toujours effrayée.

En 2002, elle entame sa nouvelle carrière: la prostitution. «Je n’aimais pas ça. À mon premier client, je pleurais. Je trouvais ça dur. Il était fin avec moi, dit-elle pour l’excuser. Il s’est rendu compte que je n’étais pas habituée.» Michelle travaillait jour et nuit. Soit dans la rue, soit en attendant l’appel de son copain, son proxénète.

«Il m’appelait pour me dire qu’il avait un client pour moi. Je voulais pas. J’allais me cacher chez ma chum. Quand je rentrais, je mangeais quelques claques. Mes clients étaient plus doux que mon chum. Ils savaient ce que je vivais. Je leur disais que j’étais obligée de le faire, que ça ne me tentait pas. Certains me donnaient mon 20 $ sans avoir de relation avec moi.»

Michelle remettait à son petit ami l’argent de ses clients. «En échange, il me redonnait un quart de gramme de coke. Je trouvais ça dur, cette vie. J’ai arrêté de consommer. Mais, j’ai continué de me prostituer, parce que, sinon, j’allais y passer.»

Battre ou se faire battre

Michelle subit la violence au quotidien. On lui crie après, la menace, la bat. Elle doit s’en prendre physiquement à ses amies prostituées. «Je n’avais pas le choix. Mon chum voulait que je batte mon amie. Je l’ai passée par-dessus le comptoir une fois. Je lui ai cassé les côtes, dit-elle, amère. Quand je ne la battais pas, c’est moi qui mangeais les volées. Il a enterré ma chum de fille, une prostituée qui voulait sortir du milieu. Toutes celles qui voulaient se sortir de la rue y passaient. Il les battait à mort. Je ne l’ai pas quitté, parce que j’avais peur. Moi, j’ai pas arrêté de manger des volées.»

Durant cette période, Michelle trouve refuge dans la musique. Elle chante à des événements. En 2004, elle emporte le premier prix d’excellence décerné par la Maison des jeunes de Saint-Sauveur. Un pactole de 4000 $. Un cadeau empoisonné. «Quand il l’a appris, il m’a agrippé par les cheveux. Il m’a dit: “T’es MA chanteuse. Tu m’appartiens.” J’y ai goûté.»

Cet événement a été un électrochoc qui a décidé Michelle d’abandonner cette vie de misère. En 2005, son copain devient fou. Il tente de l’assassiner. «Il me courait après avec un couteau de 12 pouces. Il m’a cassé la jambe avec une patte de la table de cuisine. Je courais sur ma jambe pareil. J’ai pas eu le choix de sauter du 2e étage. Il m’a retrouvée dehors. Il avait son couteau sur ma gorge.»

Michelle revient sans cesse sur cette histoire de grosses cicatrices psychologiques. Elle est suivie au centre Dollard-Cormier pour l’aider à se reconstruire des suites de cette violence. «Chaque fois que je reçois ma lettre pour les victimes d’actes criminels, je pleure», dit-elle, passant de la parole au geste. Elle sanglote juste à en parler. Elle repense à ses années d’enfer, à sa musique qui l’a aidée à s’en sortir. Elle a composé une chanson sur la prostitution. Elle y traite les clients de «vautours».

Le salut par l’entraide

Michelle finit par rebondir. Elle revient à Montréal pour repartir à neuf. Avec l’appui et l’amour de sa mère, elle reprend confiance en la vie. Elle fait du bénévolat auprès de femmes violentées. Elle apporte son aide à l’organisme Dopamine, qui travaille auprès des prostituées.

«J’ai fait de la prostitution. J’ai été toxicomane. J’ai été battue. Je veux les aider. C’est un milieu dur. Il faut savoir les comprendre. Avec moi, elles se sentent en sécurité. Je ne les juge pas.»

Michelle se remet lentement de ces 5 années sombres. Elle n’a aucune idée du temps qu’il lui faudra pour panser ses plaies. Elle vient de mettre fin à une relation. «J’ai vu qu’il était agressif. Dès qu’on élève la voix, j’ai peur. Je panique. Je me suis assez fait crier après. Je ne veux pas être démolie à nouveau. Je commence à être bien.»

La jeune femme poursuit sa thérapie et cherche des organismes qu’elle pourrait aider grâce à ce qu’elle a vécu. Elle envisage d’enregistrer un autre disque. Michelle sourit comme une miraculée. Elle pense à son avenir rempli de projets. Une bonne façon de garder son optimisme.

Dopamine: www.dopamine.ca
Centre Dollard-Cormier: www.centredollardcormier.qc.ca

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