Aider les hommes à travers les animaux et la nature

Aide aux hommes en difficulté

L’Auberge qui réparait les hommes

La ferme de l’Auberge, située dans le village de Roxton Falls, a reçu plus d’une cinquantaine d’hommes en difficulté en 2013. Certains vivent une séparation ou un deuil, d’autres ont des problèmes de dépendance ou des difficultés à se reconnecter avec leur intériorité.

Geneviève Kiliko dossier Communautaire

Aide aux hommes en difficultéLa nature, une bonne alimentation, un bon sommeil… tout cela est mis de l’avant dans cette maisonnée. Benoît Houle, propriétaire et fondateur de l’organisme, m’a accueillie chaleureusement dans cette demeure qui apporte aide et soutien aux hommes par le biais de la nature et de l’agriculture. J’ai aussi eu la chance de m’entretenir avec Christian, usager depuis quelques semaines.

L’arrivée

Cet organisme à but non lucratif existe depuis maintenant 14 ans. La maison est bâtie sur un terrain où cohabitent hommes et animaux: vaches, poules, lapins, chats, chiens… Ce n’est pas, à proprement parler une maison de thérapie, mais les animaux apportent une richesse à l’homme, particulièrement dans un contexte où les gens ont besoin de renouer avec leur affectivité.

D’après le propriétaire, Benoît Houle, les animaux sont bénéfiques aux hommes de la maisonnée: «Y’a des gars qui parlent aux chats et ils ont l’impression que ces animaux sont plus animés que les êtres humains. Le fait de caresser un chat leur permet de transmettre leur affectivité. Même chose avec les chiens. Quand ils les prennent, les gars se couchent à côté d’eux, comme si c’était leur blonde. Y’a quelque chose qui vient remplir le manque affectif qu’ils peuvent vivre», affirme-t-il.

Soutien et confitures

À l’Auberge de Roxton Falls, ils cultivent des fruits, dont des baies sauvages, de toutes sortes: bleuets, mûres, fraises, pommes… Cette variété de fruits leur permet de cuisiner des confitures, et les usagers y travaillent à raison de 3 jours par semaine.

«On fait environ 500 pots par semaine, c’est un peu artisanal, mais c’est 12 mois par an. Nous avons des clients dans quelques villes au Québec. On ne peut pas employer quelqu’un pour le développement, donc on essaie d’en faire la vente nous-mêmes», précise M. Houle. Grâce à un terrain de 6 acres de terres cultivables et un bon congélateur, ces messieurs produisent les fruits l’été et les congèlent de façon à pouvoir travailler toute l’année.

Pour ce travail de confiserie, les hommes reçoivent un montant symbolique de 20$ par jour, afin de les encourager dans leurs démarches. Néanmoins, chaque usager de l’Auberge doit débourser un montant mensuel selon ses revenus. Cette contribution personnelle permet de subvenir aux besoins de base de toute la maisonnée.

À bout de souffle

Malgré cette activité de financement, la ferme de l’Auberge manque d’argent.

Chaque année, Benoît Houle demande des subventions mais cela ne marche jamais. «Ce qui nuit, c’est que je suis propriétaire de la maison donc ils me disent que je suis en conflit d’intérêts, car j’en suis aussi le directeur. J’ai ouvert ma maison à d’autres personnes et je crois qu’ils ont de la difficulté à croire ça. Ils se disent: “Il doit avoir de quoi en arrière de la tête, il doit vouloir se faire de l’argent avec ça!” Moi, j’étais animateur de pastorale dans les écoles, c’est plus une mission que pour faire de l’argent. De toute façon, la plupart des gars qui arrivent ici n’en ont pas, ils payent la pension selon les revenus qu’ils ont.»

Le gouvernement ne contribue pas financièrement à cette ressource, mais des établissements gouvernementaux, tels que les hôpitaux, sont bien heureux de pouvoir y recommander leurs patients, qui sont de plus en plus nombreux à utiliser leurs services. En effet, le nombre de références augmente depuis les dernières années: au moins une demande par jour. Des professionnels de la santé recommandent même des patients atteints de schizophrénie.

Évidemment, les demandes sont traitées individuellement, tout dépendant de la gravité de la pathologie.

À la ferme de l’Auberge, il n’y a pas de limite de temps. Les hommes peuvent rester aussi longtemps qu’ils en ont besoin s’ils acceptent de participer aux tâches quotidiennes de la maison. La petite ferme peut recevoir jusqu’à 10 usagers à la fois; chacun à sa chambre.

Christian

Christian, 27 ans, demeure à la petite ferme de l’Auberge depuis peu. Il était à la recherche d’un endroit pour réfléchir à sa vie et pour se dissocier du monde de la consommation. «Le fait d’être dans la nature me reconnecte avec ce qui est concret. Je veux dire qu’avant, c’était plutôt le matériel qui comptait. Et là, je pense que ça me fait du bien de revenir aux choses fondamentales, ça me reconnecte à mon cœur.

«Disons qu’avant je vivais pour l’argent, et finalement, je m’y perdais. Je n’avais aucune fierté personnelle. C’est sûr que j’avais un problème de drogue, mais ce n’était pas le fond de la chose. J’avais un vide de sens, un vide de “pourquoi je suis ici, qu’est-ce que je fais?”», confie Christian en toute humilité.

Le vide

Christian est né au Rwanda et est arrivé au Québec à l’âge de 2 ans. Il fait souvent des allers-retours entre le continent africain et le Canada au cours de son enfance, car son père était appelé à voyager pour son travail. Mais à l’âge de 27 ans, il perd son emploi ainsi que sa copine. Il ressentait un grand vide intérieur et la vie effrénée du quotidien ne le satisfaisait plus.

Tout a commencé lorsqu’il avait 14 ans. À cette époque, sa copine consommait et il a commencé à faire de même. Il a continué à prendre de la drogue au fil des années, alors que son vide intérieur s’accentuait. «Quand tu ressens ce vide-là, t’as encore plus envie de consommer», dit-il. Il se posait des questions sur la vie en général; elle lui paraissait lourde et sans intérêts.

«Quand une société met tout en avant pour te divertir, je pense qu’il y a des questions à se poser. Il faut voir pourquoi le besoin de s’évader est aussi présent. Si on en a autant besoin, c’est que notre pression est vraiment intense. Ce qu’on nous dit, c’est que la “normalité”, c’est d’avoir un travail, de l’argent et d’accumuler du matériel.

«Pour moi, il y avait un blocage lorsque je pensais à ça, ce n’était pas une finalité. Je remettais en cause les principes fondamentaux de la société. Je me suis dit que ce n’était pas tant la consommation de drogue le problème, mais la consommation comme mode de vie», renchérit-il.

Prendre le temps

Et visiblement, l’Auberge lui a donné le temps et l’espace nécessaires pour trouver un sens à sa vie. «Je pense voir des portes. J’y pensais avant, mais je ne prenais pas le temps. C’est ça l’affaire. Travailler, aller voir des amis, consommer… À un moment donné, on ne prend plus le temps. Cela passe vite, puis on oublie. On ne prend pas le temps de penser à soi-même. Ici, j’ai tout le temps et ça fait du bien, je n’ai plus de tracas avec le monde extérieur. Cela fait en sorte que je peux davantage me recentrer sur moi», explique le pensionnaire. À l’avenir, Christian compte entreprendre des études en technique de génie industriel.

Christian n’est certainement pas le seul à se questionner sur le sens de la vie dans notre société. Éprouver un vide, c’est déjà reconnaître que quelque chose manque à notre vie. Essayer de le remplir avec la nature, c’est tenter de revivre.

Tout mon respect à Christian, pour cette merveilleuse démarche, ainsi qu’à Benoît Houle qui permet à des gens de prendre du temps afin de s’arrêter et respirer. Ils nous enseignent à écouter notre cœur et à partir à la découverte de notre potentiel. En espérant que des projets favorisant le contact avec la nature et l’agriculture se développeront au Québec, pour le mieux-être des gens qui éprouvent des difficultés dans leur vie. Longue vie à la petite ferme de l’Auberge

Coordonnées de L’Auberge Benoît Houle:
728 chemin Bachand Roxton Falls (Québec)
J0H 1E0 (450) 548-2736

Autres textes sur Communautaire

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Autres livres pouvant vous intéresser:

Zoothérapie, une thérapie par les animaux

Entrevue avec Louise Rinfret, zoothérapeute

Un animal pour les cicatrices de l’âme

La zoothérapie, une technique de «contact» qui favorise la communication entre les humains, est un processus dans lequel l’animal agit comme «auxiliaire thérapeutique». Par exemple, les individus se promenant avec un chien dans les endroits publics finissent toujours par discuter avec de purs inconnus. L’animal est rassurant, il ne juge pas, et, surtout, il n’est pas ambigu. On n’a pas à s’expliquer avec lui si on ne l’aime pas, et vice-versa. Cela simplifie beaucoup nos rapports avec eux.

Benjamin Lalonde   Dossier Zoothérapie

zoothérapie animale zoothérapeute soutien animalier La zoothérapie est utilisée dans plusieurs milieux. Les hôpitaux, les prisons, les centres d’accueils pour personnes âgées, notamment. Mais qu’en est-il de l’intervention proprement psychothérapeutique, ou clinique? En fait, il existe un champ bien précis d’application professionnelle: la thérapie avec assistance animale (TAA). Ici, l’intervention est encadrée par un thérapeute spécialisé dans un domaine de la santé. Et, puisque la TAA est une technique très précise, plusieurs la fusionnent avec d’autres approches, comme l’art dramatique, par exemple. C’est d’ailleurs le cas de Madame Louise Rinfret, une thérapeute très «allumée», que nous avons rencontrée.

Benjamin Lalonde: Mme Rinfret, donnez-nous des exemples du travail de zoothérapeute.

zoothérapie prisons prisonnier animaux Louise Rinfret: Un garçon venait à la ferme L’Auteuilloise, à Laval, pour un atelier. C’était un p’tit gars de gang, un tough. Il était plein d’agressivité, de colère. On s’est promené partout, autour de la ferme, pour voir les animaux. Il y avait des chevaux, des poneys, des cochons vietnamiens, des biches, etc. Dès que le garçon a vu les lapins, il en a pris un dans ses bras, et m’a demandé: «Je peux le mettre dans mon manteau?» Je lui ai dis:«Oui, mais fait attention, soutiens-lui bien les pattes pour qu’il ne panique pas.» Il l’a emmitouflé comme un enfant, pendant deux heures. Il était tellement content. Jamais il n’aurait pu me montrer ce côté… tendre.

Pendant qu’il se promenait avec le lapin, il me racontait des bribes de sa vie. «Ma mère était comme ça. Elle était douce comme ça. Je me rappelle que je me collais sur ma mère, j’avais 9 ans. Après je l’ai jamais revue». Grâce au lapin, le garçon a pu s’ouvrir. L’animal reflète comment tu te sens et peut faire émerger des émotions nouées dans l’inconscient. Les thérapeutes avec assistance animale appellent «cothérapeute» les animaux avec qui ils travaillent.

zoothérapie prison animaux système carcéral Benjamin Lalonde: Qu’est-ce qui fait qu’on arrête de douter et d’avoir honte de s’exprimer ?

Louise Rinfret: Les animaux sont inconditionnels. Ils ne jugent pas et sont très rassurants. Quand le jeune a pris le lapin, il savait parfaitement que l’animal n’allait pas dire «bon, encore un jeune drogué qui me prend dans ses bras». Ils peuvent éveiller des émotions, et, nous, les thérapeutes, nous devons les accueillir inconditionnellement.

Quand j’étais en stage, dans une ferme de l’État de New-York, il y avait un jeune garçon qui avait fait plusieurs tentatives de suicide. Il venait à la ferme où il y avait, entre autres, des émeus. C’est extrêmement difficile, un émeu, c’est insupportable. Un coup de patte et tu te retrouves à l’hôpital. En tant que thérapeute avec assistance animale, la moitié de ton attention va à la sécurité. Un monsieur d’expérience qui travaillait là-bas m’avait montré comment donner des massages aux émeus. Alors, j’ai pensé au petit garçon. Je lui ai demandé s’il pouvait me donner un coup de main. Je lui ai dit: «J’aimerais ça qu’on l’apprenne ensemble, car je dois partir dans trois mois.» La première fois, ça prend peut-être une demi-heure pour approcher l’émeu. Après ça, tu effleures sa colonne vertébrale et tu presses doucement. L’émeu aime tellement ça qu’il replie ses pattes sous son ventre. Et là tu peux le masser pendant 2-3 heures.

Pour le jeune garçon, d’avoir apprivoisé le territoire d’un animal si difficile d’approche, qui lui a finalement fait confiance, qu’il pouvait toucher, avec qui il pouvait passer du temps, sans rien avoir à prouver, ça l’a reconnecté à la vie. Quand des groupes extérieurs venaient visiter la ferme, on leur présentait les animaux. Le jeune garçon était très fier de montrer son travail, et de choisir qui pouvait approcher ses émeus. Grâce à ces animaux, il a développé une nouvelle communication avec les visiteurs et a repris goût à la vie.

zootherapie-grenouille-prison-penitencier Benjamin Lalonde: Et pourquoi utiliser l’art dramatique avec la TAA?

Louise Rinfret: L’art dramatique peut, entre autres, être utilisé pour travailler l’espace vital. C’est très important dans le cas des abus sexuels. À la ferme, il y a des animaux particulièrement territoriaux, comme les oies. Pour éviter qu’elles ne se fassent attaquer par les renards, elle se couchent sur de grosses roches dans un étang. Et l’été, on peut s’y promener avec une chaloupe.

Un jour, une jeune fille s’est installée sur une des roches. Là, les jars sont arrivés, en colère. Leur «chef» l’a provoquée en cacardant très fort, suivi de deux autres jars. Elle leur a répondu en criant, sur le même ton, dans leur langue. Ils ont levé les ailes, elle a brandi les bras, etc. La chicane était pognée. C’était vraiment une scène d’art dramatique intense. Cette jeune fille avait eu beaucoup de problèmes dans son enfance, avec son propre territoire. Elle a été envahie par toutes sortes de situations éprouvantes. Puis, une discussion s’est engagée mutuellement, les fréquences sonores ont diminué, et la jeune fille a quitté la «roche du chef». En retournant vers la rive, elle a continué à leur parler «en oie» et a même reçu des cacardages affectueux en leur jetant du grain. C’était tellement beau, tout ce qui a pu se dire dans ce langage.

La plupart des jeunes discutent beaucoup avec les animaux, et peuvent, à leur rythme et avec leurs propres outils intérieurs ou créatifs, entreprendre un processus de réparation ou de «recadrage d’événements traumatisants».

Donner la parole aux jeunes

1021168_31227792 L’essentiel de la TAA, et de l’art dramatique, est de donner la parole au jeune, de l’accepter et de la faire valoir. Il peut arriver que plusieurs jeunes vivent la même problématique, comme des traumatismes vécus en centre d’accueil.

À ce sujet, Mme Rinfret s’est aperçue que des interventions très controversées avaient cours dans les centres jeunesse. Plusieurs de ces jeunes ont souffert de la contention physique (isolement, arrêt d’agir, «retrait»). Pour leur permettre de s’exprimer, elle a réalisé avec eux L’horizon emmuré, un film qui montre la souffrance découlant de leur séparation et leur «mise en boîte».

Certaines scènes du film sont particulièrement émouvantes, comme celle où un adolescent «revit» des épisodes d’enfermement par un exercice d’art dramatique. La quantité d’émotions contenues dans cette scène est extraordinaire.

À ce titre, le travail de Mme Rinfret s’inscrit dans la mouvance qui conteste les conditions des jeunes en centre d’accueil. On questionne la mixité des jeunes «contrevenants» et de ceux qui sont placés en protection, l’autonomie des jeunes qui sortent des centres, la contention physique (les fameuses pratiques d’isolement), la contention chimique (la surmédication des enfants et des adolescents), la scolarisation déficiente. Cela génère des pratiques qui ne respectent pas toujours les droits fondamentaux des mineurs. À ce sujet, ils n’ont toujours pas le droit au recours…

Ce dossier est particulièrement «chaud» parce que le projet de loi 125, qui modifie la Loi sur la protection de la jeunesse, encore sous étude, pourrait donner davantage de pouvoir à la loi. Une fois adoptée, elle risquerait de favoriser davantage la séparation discriminatoire et arbitraire des enfants de leur famille. Il est très important de garder cela à l’esprit, pour les comprendre, les laisser s’exprimer et, surtout, leur donner plus de pouvoir.

La thérapie avec assistance animale et l’art dramatique peuvent être mariés à plusieurs «sauces». Mais on ne peut traiter d’un problème social uniquement avec des interventions individuelles, pas plus qu’on ne peut séparer l’individu de la société. Il faut entendre les jeunes, et situer leur condition dans un contexte social global.

Peintures gracieuseté artistes muralistes du Café-Graffiti (514) 259-6900

Autres textes sur Zoothérapie

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Des prisonniers impliqués auprès de la société

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Bénévolat des prisonniers

Zoothérapie et actions sociales

Pendant que des prisonniers financent à même leurs maigres économies leurs actions sociales et communautaires, le Service Correctionnelle Canada soupçonne un complot.

Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville.

Dossiers Prison, Criminalité, Bénévolat, zoothérapie

zoothérapie prisons prisonnier animaux Le prisonnier retournera en société tôt au tard. Il m’apparaît important que le temps de détention soit utilisé à reconstruire son estime personnelle. S’il cumule frustrations, colères et violences, il y a de fortes chances que les résultats escomptés d’une condamnation soient contraires au souhait du public.

Zoothérapie en prison

Je crois que la zoothérapie contribue à transformer positivement les détenus. En réveillant l’importance d’aimer et de se sentir aimé, au-delà de leur passé. La zoothérapie devrait occuper une place dans les échanges affectueux entre les êtres vivants. Ce qui est essentiel à l’équilibre mental de tous.

Bénévolat des prisonniers

J’ai par le passé réalisé quelques projets au bénéfice de la société. Que ce soit une soupe populaire, l’accompagnement de personnes âgées et même la réparation de jouets. Ces beaux projets sont toujours très difficiles à réaliser, plus particulièrement lorsqu’ils ne proviennent pas des agents du Service Correctionnel Canada (SCC).

Résistance à la réhabilitation des prisonniers

zoothérapie prison animaux système carcéral Le système pénitentiaire canadien n’est pas très chaud à l’idée qu’un détenu fasse le travail de réhabilitation à sa place. Il souffre d’une suspicion aiguë. Il imagine un complot sous chaque geste gratuit qu’un détenu peut faire. Un minimum de précautions s’impose avec une clientèle semblable mais la démesure avec laquelle le Service Correctionnel Canada (SCC) procède est parfois carrément exagérée.  Vous pouvez constater par vous-même comment le gouvernement gère la sécurité dans les aéroports… même un coupe-ongles devient dangereux.

Les prisonniers financent leurs actions sociales

Ces beaux projets fonctionnent depuis quelques années déjà. Ils sont entièrement financés par le maigre salaire que gagnent les détenus. N’est-ce pas une preuve que certains d’entres nous reconnaissent les changements positifs qu’apportent ce genre de participation? Il existe d’autres initiatives mises en place par des détenus pour le bien-être de la société. La participation à une soupe populaire, la distribution de nourriture à des itinérants et bien d’autres. Si les crimes crapuleux font toujours les premières pages des journaux, on ne peut pas en dire autant de leurs bons coups pour s’amender. Je peux vous assurer qu’il s’est fait beaucoup de projets au bénéfice de la société et qu’il continue de s’en faire.

Illustrations Mabi et peinture Café-Graffiti.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

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Les livres de Colin McGregor

Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

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Zoothérapie en prison

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Zoothérapie pénitenciaire

Le pénitencier ressemble parfois à une véritable animalerie, à une diversité d’animaux à faire pâlir de jalousie un directeur de zoo.

Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville, Dossier Prison, Criminalité, zoothérapie

zoothérapie prisons prisonnier animaux L’emploi des quolibets pour se décrire entre détenus prend souvent naissance chez un trait comportemental ou physique de la personne visée. Le cachalot ou le pic décrivent bien la corpulence ou la maigreur des personnes identifiées, alors que «Buzz» et «Fess» correspondent à un non-dit qui sous entend un état stone ou violent.

Voici quelques exemples révélateurs de la faune carcérale: la mouette est un détenu toujours affamé qui ramasse tout ce qui lui tombe sous la main, le requin est celui qui prête de l’argent à des taux d’intérêts exorbitants, le rat est celui qui utilise la délation pour obtenir une libération anticipée, le poisson ou le méné est celui qui se fait arracher son argent par une magouille quelconque.

La zoothérapie en prison

zootherapie-prison-animaux-systeme-carceral Plus sérieusement, au Canada comme dans plusieurs autres pays, des pénitenciers utilisent la zoothérapie comme programme de réhabilitation. Le dressage de chevaux sauvages aux États-Unis est probablement le plus connu d’entre eux. Plusieurs documentaires télévisés furent réalisés à ce sujet.

Dans une moindre mesure, il existe des projets moins connus mais tout aussi bénéfiques et efficaces. Le dressage de chiens pour des personnes handicapées en tout genre se pratique aussi à l’intérieur de certaines prisons.

Ici à Cowansville, des détenus paient de leur propre poche pour un service de zoothérapie. À raison d’une fois par mois, un petit groupe de détenus se retrouvent dans un minuscule local avec les animaux. C’est dans cet endroit que les détenus ont la possibilité de caresser, câliner, serrer, cajoler ces animaux. L’activité débute normalement par la déclaration de l’état civil de la responsable, histoire de décourager les mâles en chaleur. Par la suite, elle explique l’objectif de l’activité. C’est la seule du genre dans tout le pénitencier où les détenus payent eux-mêmes leur participation. Cette démarche personnelle démontre sans aucun doute les bienfaits que les gars en retirent individuellement.

Découverte de soi-même par la zoothérapie

hibou-zootherapie-prison-penitencier Pour plusieurs d’entre nous, les émotions que nous avions laissées au placard à notre arrestation rebondissent en force dès que nous sommes mis en contact avec ces animaux.

D’autres, découvrent pour une première fois le réconfort qu’un animal peut procurer. J’ai vu des détenus redevenir des hommes l’instant d’un échange avec un gros chat ou un petit hérisson. C’est rassurant de réaliser que derrière quelques visages patibulaires se cachent des petits garçons en mal de tendresse et d’amour.

Je peux l’affirmer pour l’avoir vu de mes propres yeux, le contact avec des animaux humanise les hommes. Ils apprennent à se laisser apprivoiser. J’ai discuté avec plusieurs des détenus prenant part à l’activité et après leur première participation, tous découvraient leur premier amour inconditionnel. Cela change radicalement la vision de ceux qui furent victimes d’abus en tous genres.

La mission première du Service correctionnel est la protection du public. Cette protection devrait commencer par le désamorçage des bombes ambulantes que deviennent certains détenus durant leur détention. Il n’y pas suffisamment de reconnaissance attribuée aux bienfaits que procure la zoothérapie.

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Toiles du lion, artiste Boo-Boo. Le hibou, artiste Fléo. La grenouille, artiste Arpi

Les livres de Colin McGregor

Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

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4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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