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L’amour pour sortir de la rue

Pour l’amour d’un chien

Les gens de la rue et leurs animaux

De nombreuses années me séparent de la rue, mais je peux encore la sentir en moi.

Caroline Leblanc | Dossier Itinérance

amour chien itinéranceMon voyage dans la rue a commencé dès mes 14 ans dans les rues de Sherbrooke, Granby, Montréal puis Toronto. Assoiffée de liberté ou plutôt hantée par le désir de m’enfuir d’un monde dans lequel j’étais incomprise, la rue est devenue mon milieu de vie.

Durant ce parcours, il y a eu beaucoup d’aventures et de mésaventures, mais comme on dit, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise route. Chacune d’elles nous apprend quelque chose et nous grandissons riche d’expériences acquises au fil du voyage. Peu importe la destination, c’est le voyage qui compte!

Je pourrais vous parler de certaines destinations telles que mon enfance tumultueuse, mon adolescence incomprise et incompréhensible, mes relations d’amitié et d’amour malsaines ou l’univers de la rue. Mais je préfère vous partager ce qui a changé le cours de ma vie.

Parfois, on a l’impression de courir après le bonheur chaque jour de notre vie, mais dans la rue c’est souvent à chaque instant.

Mais à un moment donné, un bonheur est arrivé dans ma vie. Un être magnifique que j’ai nommé Draft, une chienne extraordinaire qui a été là à traverser les ouragans, les petites tempêtes et les beaux et les mauvais moments de ma vie. Elle était là sans me juger, à m’aimer, à m’accepter comme nul autre a su le faire. Gravé dans ma mémoire cet être merveilleux m’a aidé à surmonter mon chagrin, mes difficultés et m’a donné la confiance et la force de m’aimer.

Vous vous demandez sûrement pourquoi je raconte cela, comprenez que la rue fut un moment que j’ai partagé avec ma chienne Draft. À travers mes souffrances, mes déboires et les nombreux pays que j’ai traversé, elle a été là pour veiller sur moi sans jamais me laisser tomber dans cette aventure. Riche de cœur, son amour inconditionnel m’a donné la force et la motivation d’affronter cette société et les jugements qu’elle a eus envers moi et les autres qui vivions dans la rue. Pour certains, elle restera juste un chien, mais pour moi elle est la force qui m’a permis de me sortir la tête de l’eau et de trouver ma place.

Par respect pour elle, une fois fatigué d’errer, j’ai pris un appartement et j’ai décidé d’aller à l’université. Avec seulement un secondaire 3 en poche et mon expérience de la rue, j’ai quêté mon inscription universitaire. Quelle idée folle m’est venue en tête vous me direz. Mais pour moi, c’était la seule façon d’arriver à me faire entendre et de rendre à la rue ce qu’elle m’avait permis de devenir. C’est-à-dire une femme forte et déterminée, une femme se battant contre les injustices sociales.

Le père Pops (prêtre montréalais reconnu pour son intervention auprès des itinérants) a toujours cru en moi et m’a aidé à obtenir une bourse d’études. Mais après un an de belle réussite, j’ai abandonné, car à cette époque je jugeais que l’université n’était pas nécessaire. Ce n’est que lorsque j’ai eu ma fille que je suis retournée sur les bancs de l’école pour m’y donner à 100%.

Aujourd’hui, Draft n’est plus de ce monde, mais elle reste gravée dans mon cœur. Pour elle, je continue à gravir des montagnes pour arriver à mon but: améliorer les conditions de vie des personnes itinérantes et leurs animaux de compagnie. Je termine bientôt ma maîtrise en travail social qui porte sur l’influence des animaux sur le parcours de vie des personnes itinérantes. Qui aurait cru !

En l’honneur de mon parcours, j’ai fondé un organisme à but non lucratif (Solidarité dans la rue) pour sensibiliser les différentes instances publiques, sociales et communautaires sur l’importance des animaux auprès des personnes vivant en situation de précarité. Depuis 3 ans, je passe Noël dans la rue pour apporter mon soutien aux personnes itinérantes et leurs animaux. À Montréal d’abord et depuis 2015 en Estrie (Sherbrooke) en l’honneur de mes racines.

Autres textes sur Itinérance

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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Itinérance et toxicomanie

Rencontre avec l’itinérance   

Jean-Simon Brisebois | Dossiers Santé mentale, Toxicomanie et Itinérance

Samir est un jeune polytoxicomane qui a connu l’itinérance. J’ai fait sa rencontre dans un atelier de poésie au centre de jour Spectre de rue.  Samir est probablement un des participants qui s’implique le plus dans les ateliers. Pour ma part, je suis sensible à cette triste réalité qui aurait pu me toucher.

Jean-Simon Brisebois, auteur de poésie urbaine

JS: Depuis combien d’années vis-tu l’itinérance?
Samir: Depuis 5 ans et demi.

JS: Qu’est-ce qui t’a amené à devenir itinérant?
Samir: Le goût de l’aventure, de voir ce que c’est vivre de l’itinérance.

JS: Qu’est-ce qui t’as amené à y rester?
Samir: La drogue, elle m’a amené à m’évader, elle m’amène un certain plaisir qui me donne de l’euphorie, ce qui me pousse à consommer de plus en plus pour oublier ma misère et mon itinérance.

JS: D’où provient cette misère?
Samir: Ma misère part de mon enfance blessée. Elle me donne de la difficulté pour trouver un travail, un logis. Mais en moi,  il y a un grand espoir de m’en sortir.

JS: Quels sont les moyens que tu prends pour t’en sortir?
Samir: Au départ, pour me venir en aide, j’ai fait appel à des intervenants du Centre Dollar-Cormier qui m’aident à comprendre ce qui m’amène à consommer. De plus, je fréquente les ressources du centre de jour de Spectre de rue qui me permettent de me reposer. Ils me confrontent sur mes problèmes de drogues (crack et pot) pour m’aider à m’en sortir.

JS: Quel est le message que tu veux faire passer aux jeunes grâce à ce témoignage?
Samir: Ils ne doivent pas se laisser influencer par les gens qui voudraient les amener pour une raison à consommer des drogues. Ils doivent dire non aux drogues. Il faut suivre le bon chemin de la vie, parce que vivre de l’itinérance n’est pas rose.

Livres de Jean-Simon Brisebois

Autres textes sur Itinérance

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Toxicomanie: témoignage d’un jeune

Les retours de l’enfant prodigue

S’il est un bonheur magnifique dans la vie, c’est bien celui de mettre au monde un enfant. En même temps, on doit peu à peu faire le deuil de celui qu’on attendait afin d’accueillir celui qui est là.

C. Morency | Dossier Alcool et drogue

drogue-alcool-toxicomane-toxicomanieCombien de parents cherchent désespérément leur enfant, qu’il ait physiquement disparu ou qu’ils ne le reconnaissent plus dans ce qu’il est devenu. Empreinte de désespoir, de culpabilité, de regrets et de remords, la douleur ronge ses victimes jusqu’à les détruire. Nous avons connue cette douleur.

C’est par un froid matin de décembre que nous arrive ce fils tant attendu. Nous sommes des parents comblés, fiers et heureux. Dès son plus jeune âge, nous fondons beaucoup d’espoir en lui,  nous nous projetons en lui, c’est pourquoi nous tentons désespérément de l’amener à s’initier à toutes sortes d’activités.

Notre fils est de nature timide, voire inhibée. Il n’a que des goûts simples. Il est de plus d’une très grande sensibilité, il a tendance à s’isoler, à se réfugier dans le rêve ce qui a pour effet de nous faire redoubler d’ardeur pour le convaincre d’embarquer. À notre insu, nous refusons sa nature.

École et drogue

Dès sa rentrée à l’école, des problèmes plus sérieux se dessinent. Inquiets, nous consultons pour nous faire dire que notre enfant est tout à fait normal, qu’il n’est que différent, mais nous n’entendons pas à ce moment là le message qui nous propose de simplement l’accepter tel qu’il est et de cesser d’essayer de le faire devenir celui que nous voudrions qu’il soit.

À l’adolescence, tout bascule: il s’oppose maintenant de façon agressive à l’autorité, il contrevient, la délinquance l’attire. Nous nous acharnons, nous l’inscrivons dans un collège privé où il sera, pense-t-on, mieux encadré, mais il est trop tard, il se s’intégrera pas à ce milieu.

À force de persévérance, nous parvenons à ce qu’il obtienne son diplôme d’étude secondaire et qu’il s’inscrive à une formation pour laquelle il n’a que peu d’intérêt. Sa réussite sera mitigée. À cette époque, il a déjà commencé à consommer différentes drogues. Nous nous doutons bien qu’il fume un joint de temps à autre mais nous ne nous en inquiétons pas outre mesure.

Quand il entre sur le marché du travail, il connaît là encore certaines difficultés que nous attribuons à sa malchance légendaire et nous refusons toujours de voir son malaise et son désarroi. Nous sommes tout de même fiers de ce qu’il a accompli, connaissant et admettant désormais sa vulnérabilité.

Nous tentons tant bien que mal de l’encourager, de façon trop souvent maladroite. Nous continuons de croire qu’un jour il s’éveillera et sortira miraculeusement d’une condition inexplicable et inacceptable pour les parents que nous sommes.

Rupture amoureuse et drogue

alcool-drogue-toxicomanie-alcoolique-toxicomaneIl a maintenant des dettes, sa conjointe menace de le quitter, il s’enlise. Il consomme de plus en plus et les effets secondaires commencent à se manifester. Il souffre de psychose toxique et de paranoïa,  il nous effraie.

C’est la déchéance totale, nous devons faire appel à la police pour nous protéger de lui. Nous n’abandonnons pas pour autant, nous réunissons la famille et tentons le tout pour le tout. Nous obtenons de lui qu’il entre en thérapie mais c’est peine perdue, il en ressort au bout de deux jours et retombe encore plus bas. Il vit maintenant dans la rue et dans des refuges pour itinérants.

On nous a souvent conseillé, au cours de cette période, de l’abandonner totalement. C’était, nous disait-on, le seul moyen de l’aider ou au moins de ne pas sombrer avec lui. Mais comment peut-on refuser de nourrir et d’abriter son enfant, celui dont on rêvait et en qui on continue de croire malgré la cruelle réalité. On ne laisse pas un chien dehors.

Nous n’aurions pas pu nous y résoudre s’il n’y avait eu cette opportunité qui s’est presque miraculeusement offerte de tout quitter pour rejoindre notre fille à cent lieux de chez nous. Nous sommes donc partis, la mort dans l’âme. Je le revois encore assis sur un banc de parc, la tête entre les mains, pleurant suite aux adieux que nous venions d’échanger.

Il m’a fallu puiser dans ce qui me restait de courage pour ne pas faire demi-tour et le prendre dans mes bras, mais j’avais passé le point de non-retour, j’avais lâché prise, enfin presque, car je ne pouvais m’empêcher de rêver que, peut-être un jour, nous nous retrouverions.

Il a fallu aussi beaucoup de courage à mes deux autres fils pour assumer à notre place le rôle ingrat de refuser l’accès au domicile familial à leur frère. Ils ont fait preuve de fermeté mais aussi de beaucoup de compassion. Ils ont acquis une certaine maturité au cours de cette expérience qui leur servira sans doute dans leur vie personnelle. Comme quoi on peut toujours retirer quelque chose de positif même de situations qui nous semblent pourtant stériles.

Difficultés d’une thérapie

Ce n’est que neuf mois plus tard, comme au terme d’une nouvelle grossesse, que notre fils, à bout de ressources, a décidé de se prendre en main et d’entrer en thérapie. Ce n’est qu’après un premier mois, très douloureux pour lui mais aussi pour nous car nous avions complètement perdu sa trace, qu’il s’est enfin manifesté. Il a téléphoné à son frère le priant de nous avertir pour ne pas qu’on s’inquiète de lui. Puis nous avons pu communiquer avec lui. Ces échanges étaient très timides au début, pas question de s’emparer à nouveau de son problème, nous devions apprendre ou réapprendre à lui faire confiance et le laisser venir vers nous.

Au bout de six mois de thérapie, il nous a invité à une remise de diplôme attestant de tous ses efforts. C’est avec émotion qu’il a livré son témoignage et que nous sommes venus nous joindre à lui pour dire notre bonheur de le retrouver.

Certains des jeunes et des moins jeunes qui assistaient à la scène, versaient une larme de joie mais aussi peut-être d’envie en nous écoutant. Trop de ces gens qui se retrouvent dans ces centres, ne sont en fait que des grands enfants négligés voire même abusés, que notre système social n’a pas su protéger quand il en était encore temps et qui n’ont que peu de recours pour se sortir de la misère morale dans laquelle ils stagnent.

Nouveau milieu de vie

Nous avons donc proposé à notre fils de tout recommencer dans un autre milieu, c’est-à-dire loin de ceux qui se disaient ses amis et qui risquaient de l’entraîner dans une rechute, de venir vivre avec nous au Manitoba. Notre fils est un homme courageux, il a sauté sur l’occasion et est venu nous rejoindre dès que ce fut possible.

Il a fallu de part et d’autre réapprendre à vivre ensemble en évitant les pièges qui ne manquaient pas de se manifester. Nous avons, pour notre part, dû apprendre à composer avec une toute nouvelle personne, nous reconnaissions certains de ses traits de caractère bien sûr, mais nous découvrions aussi des aspects de lui qui nous étaient complètement étrangers. Nous avons dû nous faire violence parfois pour ne pas retomber dans nos vieux patterns. Que de discussions nous avons eu, son père et moi, afin de trouver un consensus pour faire face à des situations que nous appréhendions de façon différente.

Lui de son côté, je présume, a certainement connu des moments plus difficiles, mais comme il ne se livre pas beaucoup, nous avons dû apprendre à respecter cette réserve.

Nouveau mode de vie

Nous nous sommes, au fil du temps, aménagé un nouveau style de vie où chacun a dû faire sa place. Nous avons appris à mieux nous connaître et à nous apprécier. Peu à peu, une certaine routine s’est installée et nous avons retrouvé la sérénité.

Je ne sais pas de quoi l’avenir sera fait et on ne peut jurer de rien, peut-être qu’un jour il nous quittera. Il en parle parfois, mais je crois que s’il le fait ce sera avec une toute nouvelle assurance, du moins je me plais à le croire. Cette pause dans sa vie lui aura permis de faire le point, de récupérer peut-être ce qui lui avait manqué et de repartir sur de nouvelles bases.

Pour notre part, nous apprécions chaque instant  passé en sa présence, nous remercions le ciel de nous l’avoir rendu. Nous nous estimons plus que chanceux et nous compatissons avec tous les parents qui n’ont pas notre chance. Nous espérons enfin que notre société se fera un jour une fierté de venir réellement en aide à tous ces jeunes qui vivent des difficultés et à leurs parents. Nous souhaitons aussi qu’elle reconnaisse chaque réussite au même titre qu’elle reconnaît des succès sportifs ou artistiques, car sortir d’un tel enfer demande une énergie incroyable et un courage inouï.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Les enfants de la rue en Amérique Centrale

Les enfants de la rue en Amérique Centrale…

Les mots «Mexique, Guatemala, Costa Rica, Honduras» projettent dans nos imaginaires, des destinations exotiques et des voyages. D’autres, ingénieurs ou administrateurs pensent aux nouveaux marchés, à de belles opportunités pour le commerce. D’autres encore, historiens, politologues ou économistes évoquent une zone d’influence américaine, éventuellement membre de l’ALENA. Peu d’entre nous, en entendant prononcer les noms de ces États, penseront aux enfants de la rue, ni même les dirigeants de ces pays. Les enfants de la rue représentent un fardeau pour l’Amérique Centrale. Il est plus facile de les ignorer!

Mathieu Chagnon, Waterloo | Dossiers Communautaire, Commerce équitable, Enfants-soldats.

enfants-de-la-rue-amerique-centrale Les problèmes humains sont énormes en Amérique centrale. La pauvreté fait des ravages. Dans cette région, les enfants qui n’ont pas de famille se comptent par milliers. Ils affluent de la campagne après que leurs parents, incapables de pourvoir aux besoins de leur famille devenue trop nombreuse, ne puissent plus les nourrir.

Les conditions de vie pour les enfants de la rue

Devenus de plus en plus nombreux, la plupart d’entre eux sont trop jeunes pour se débrouiller dans la société. Ils quêtent, volent ou vendent leur corps pour un repas chaud, une douche ou un lit propre. Vivant non pas au seuil de la pauvreté, mais bien au seuil de la mort, ils sont faciles à entraîner vers la violence. Ils sont les victimes privilégiées des touristes sexuels, des trafiquants d’organes, des policiers et des agents de sécurité ayant la gachette facile.

Les conditions de vie qui les attendent dans les villes sont misérables et, au dire de Bruce Harris, directeur exécutif de Casa-Alianza, une organisation indépendante, sans but lucratif, vouée à la réhabilitation et à la défense des enfants de la rue: «Les enfants de la rue sont les plus pauvres des pauvres sans même que ce soit de leur faute».

Un espoir pour les enfants de la rue

enfants-rue-amerique-centrale-enfants-guerre-enfant-soldat C’est dans ce contexte qu’œuvre Casa-Alianza. Fondée en 1981 au Guatemala, puis étendue par la suite au Honduras, au Mexique et au Nicaragua, Casa-Alianza prend en charge 9 000 enfants par année. La plupart d’entre eux sont devenus orphelins par la guerre civile, sont abusés ou rejetés par leurs familles vivant la pauvreté. Ils sont tous traumatisés par la société dans laquelle ils vivent. De même que «Covenant House», la fondation mère située aux États-Unis, Casa-Alianza procure des repas, des abris, des soins médicaux, une éducation de base et des formations techniques à ses protégés. Grâce à ses programmes, Casa-Alianza réussit à réinsérer environ 60% des enfants dans la société latino-américaine qui pourront avoir un travail de base et un revenu suffisant. C’est le plus grand organisme humanitaire autofinancé en Amérique centrale.

L’organisme réalise sa mission de protection et de développement par le biais de plusieurs dispensaires, dortoirs, écoles, hôpitaux de fortune. Les travailleurs y sont bénévoles et proviennent de partout à travers le monde, ils sont de tous niveaux de scolarité et de tous âges. Si les besoins en main-d’œuvre, matériel et financement sont grands, la nécessité d’une prise de conscience de la part des citoyens du monde l’est d’autant plus.

Les problèmes rencontrés

Casa-Alianza est aux prises avec des problèmes beaucoup plus graves que le manque matériel pour les enfants. Plusieurs réseaux criminels abusent des enfants de la rue. Les pédophiles et les mafias organisent la prostitution, sans compter les trafiquants d’organes. Les enquêtes menées par l’organisme révèlent des violations incroyables des droits humains. On croirait plus à une fiction policière qu’à la réalité.

Casa-Alianza poursuit les policiers, les gardes de sécurité et les touristes sexuels auteurs de violence contre les enfants. Au Honduras et au Guatemala, plus de mille assassinats de jeunes de moins de 21 ans ont été répertoriés par l’organisme dans les 45 derniers mois. En février dernier, plus de 18 enfants de la rue sont morts au Honduras. Les enfants sont anonymes, les morts ne sont pas rapportés aux autorités. Les gens là-bas sont dépassés par le problème. Il n’y a même pas de guerre en Amérique Centrale actuellement. Rien aux bulletins de nouvelles! En fait, elles sont étouffées pour ne pas nuire aux relations économiques de ces pays. Ces pays sont nos partenaires économiques.

Casa-Alianza est aussi impliquée dans une lutte à finir contre l’inaction des gouvernements du Guatemala et du Honduras. Plusieurs poursuites judiciaires ont été intentées contre ceux-ci. Pendant les procès, Bruce Harris a reçu des menaces de mort. On l’a sommé de démissionner, on a tiré sur sa maison au fusil-mitrailleur et on a tenté de lui faire perdre le contrôle de sa voiture.

En Amérique centrale, la cause des enfants de la rue est oubliée. Dans tout ce que je peux lire à ce sujet, les enfants de la rue sont considérés comme un fardeau pour la société. Je suis très délicat dans mes propos parce que les textes sur lesquels je m’appuie font état de cas d’enfants traités comme des déchets humains.

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poesie-urbaine-jean-simon-brisebois-art-de-la-rue Poésie urbaine. Renaissance. Depuis 1997, Jean-Simon Brisebois s’est découvert une passion pour écriture. Il s’implique activement dans divers projets communautaires dans Hochelega-Maisonneuve.
Renaissance est un recueil de pensées et de poèmes parlant autant de son amour de la vie que d’espoir. 4,95$

Disponible par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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Kevin, 14 ans et les centres jeunesse de Montréal

Raymond Viger | Dossier Alcool et drogue

Ce poème a été composé par Kevin, un jeune pensionnaire de 14 ans des Centres jeunesse de Montréal. Il a été lu devant des milliers de personnes dans le cadre d’un concert bénéfice au profit de l’organisation.

J’veux t’dire

J’voulais t’dire Mom, j’m’excuse pour tout c’que j’t’ai fais subir,

J’t’ai traité d’conne quand t’essayais d’me prévenir,

Mais là j’ai compris, tu faisais ça pour mon bien,

T’as toujours été là quand j’voulais t’parler d’mon chagrin,

Sérieusement, pour moi t’es vraiment précieuse,

La seule chose que j’veux cé qu’tu sois heureuse.

J’ai faite des gaffes à plusieurs reprises,

Sérieux j’me trouve cave parce que cé ton cœur que j’brise.

T’as toute faite pour moi pis en retour, j’t’ai chié dins mains,

Mais saches que pour moi, décevoir cé l’quotidien.

Heureusement qu’té là malgré toute ce que j’t’ai faite,

J’voulais m’excuser pis t’dire que j’regrette.

J’veux te dire que sans toi, dans ma vie tout va mal,

J’aime ça t’voir sourire, dans ma vie té vitale,

J’veux t’dire que j’t’adore pis qu’chu prêt à tout pour toi,

J’veux t’dire que chaque soir j’me demande qu’est-ce que j’serais sans toi.

J’te l’ai-tu déjà dit, merci de m’avoir mis au monde,

Yo, sérieux, té c’que j’ai d’plus précieux au monde.

J’m’excuse pour toutes les fois que j’t’ai fais verser des larmes,

J’veux t’dire que sans toi, yo, ma vie tourne au drame.

Sérieux j’t’adore, même si j’te l’dis pas souvent,

J’t’ai causé trop d’torts mais j’ai changé maintenant.

Yo, j’ai compris trop tard que j’perdais trop d’temps,

J’vais plus t’faire souffrir, ça j’en fais l’serment.

J’peux faire tout ce que tu veux, te voir heureuse cé mon vœu.

Dans c’texte j’passe aux aveux, une mère j’en ai pas deux.

Avec toi chu heureux, sans toi j’deviens peureux.

À toutes les soirs j’prie Dieu pour qu’on se rapproche tous les deux.

J’veux te dire que sans toi, dans ma vie tout va mal,

J’aime ça t’voir sourire, dans ma vie té vitale,

J’veux t’dire que j’t’adore pis qu’chu prêt à tout pour toi,

J’veux t’dire que chaque soir j’me demande qu’est-ce que j’serais sans toi

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