L’inceste : Un jeu d’enfant

L’agression sexuelle au masculin est encore taboue et bien peu abordée dans l’espace public. Avec les récentes vagues de dénonciations, les hommes victimes d’abus se sentent-ils oubliés? Est-ce que les stéréotypes masculins rendent la dénonciation plus difficile? Deux hommes ont accepté de lever le voile sur leur histoire d’inceste.

Un texte de Véronique Trudeau | Dossier Agression sexuelle

Un jour, alors que François joue à l’extérieur avec un ami, son soulier atterrit sur le balcon de son voisin. Ce dernier lui fait bien comprendre qu’il devra venir le chercher. L’innocence de François sera brisée à jamais dans la chambre à coucher d’un homme de 27 ans. « À 7 ans, tu n’as aucune idée de ce qu’est la sexualité. Je n’avais pas la notion du bien ou du mal. » 

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        Biais9

Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Autres textes sur Santé mentale

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Funbusy

Chantal Lee a grandi dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.

Elle s’est découvert une passion pour l’écriture dès son jeune âge, mais ce n’est que depuis 2001 qu’elle écrit sur une base régulière.

Violence, drogue, faible estime de soi et abus sexuels ont trop longtemps fait partie de la vie de cette femme courageuse. Chantal Lee a réussi à reprendre le dessus et malgré la grave maladie qui l’afflige depuis quelques années, elle partage par le biais de son premier recueil de poésie son inconditionnel amour de la vie.

Prix : 9,95$

Combattre la sextorsion par l’éducation

Les experts sont unanimes : la meilleure arme contre la sextortion, c’est la prévention. « Il faut s’adresser directement aux ados. Dans le scénario idéal, le jeune irait se confier à un adulte de confiance. Mais dans les faits, ce n’est pas ce qui se passe dans la plupart des cas. Ils ont peur, honte, et veulent se débrouiller seuls », constate René Morin, porte-parole du Centre canadien de protection de l’enfance.

Un texte de Takwa Souissi publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Agressions sexuelles

Depuis quelques années, l’organisation observe d’ailleurs une augmentation marquée des signalements venant de jeunes de 12 à 17 ans. Face à la complexité du problème, elle a décidé de créer plusieurs ressources éducatives pour les jeunes, les familles et les écoles.

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C’est l’amour, genre(s)

C’est l’amour, genre(s) (2020)

Un livre du Collectif Transpoésies

Poésie – 20,00$ (24,95$)

Description sommaire du livre

Pour une deuxième année consécutive, Transpoésies s’est associée à Fierté littéraire, au Bistro Le Ste-Cath et aux éditions TNT pour publier un recueil des textes soumis lors de son concours annuel, tenu en août 2020.

Sous le thème « C’est l’amour, genre(s) », ce recueil se veut une célébration de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres par le biais de la poésie.

Un grand acte d’amour inclusif.

L’amour, genre, genres.

Plus que jamais en temps de pandémie.

* Le prix total inclut les frais de transport et la taxe annexée.

Présentation de l’auteur (Transpoésies)

Imaginez un pays si vaste qu’on pourrait y marcher toute une vie sans en faire le tour. Une terre d’abondance où l’on ignorerait la faim et la soif, et la peur du lendemain. Imaginez un monde où ce sont la bienveillance et le partage qui animent les rapports entre les êtres, plutôt que la rivalité. Un monde où la splendeur fleurit, s’étiole, meurt et se régénère chaque année, au lieu de se projeter dans des murs d’orgueil aux prétentions d’éternité…

Ce pays existe en nous depuis l’enfance. Les poètes y retournent souvent, et ils en reviennent les bras chargés de fleurs et de fruits. Ce sont les nourritures de l’âme, dont nous distillons le nectar pour nos gorges brûlantes, pour nos cœurs assoiffés… Contre la sécheresse de ce temps, explorons ensemble le pays où il fait bon se perdre et se retrouver.

Autres livres de l’auteur (Transpoésies)

Sextos et enjeux scolaires

Qu’est-ce que c’est, un sexto?  Il existe plusieurs formes de sextos. Il est possible d’envoyer des messages, des images ou des vidéos à caractère sexuel. La plupart du temps, on envoie les sextos via un cellulaire à l’aide d’applications : SMS, Facebook Messenger, Instagram, Snapchat, WhatsApp, etc.

Une chronique de Florence V.Savoie et Estelle Cazelais, sexologues, publiée pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Sexualité

On séduit et on est séduit en retour à l’aide de ces nouvelles technologies de l’information; c’est merveilleux! C’est génial pour explorer sa sexualité, ses limites personnelles et sa confiance en l’autre. Par contre, bien malheureusement, certaines personnes n’utilisent pas positivement cet échange. Certaines personnes utilisent les sextos à des fins de chantage, d’exploitation et même de harcèlement.

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Vanessa… Voyages dans les Caraïbes

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Le ministère de l’Éducation a fait plusieurs coupures qui font mal. Les enseignants ont maintenant la responsabilité de parler de sexualité pendant les cours réguliers. Certains enseignants sont démunis devant l’objectif à atteindre et ont besoin de nouveaux outils pour les soutenir.

Est-ce que nous voulons que nos jeunes s’initient à la sexualité par la pornographie ou encore un chef de gang? Beaucoup de documents existent et traitent de sexualité. Mais combien sont des outils de discussion, de réflexion dans le respect sans être moralisateur? L’humour est une approche attrayant et aide à dédramatiser les situations

Le roman

Le roman permet d’entendre le témoignage autant de victimes que d’abuseurs, des jeunes en quête de leur identité sexuelle. Il aborde la sexualité sous différents angles tout en dédramatisant le sujet : relation d’amitié, relations amoureuses, sexualité, abus, harcèlement, homosexualité… Il permet aux adolescents dans leur quête sexuelle, aux personnes vivant des difficultés touchant la sexualité, aux enseignants et parents qui doivent parler de sexualité avec les jeunes de s’y retrouver tout en découvrant des moyens pour les aider et les soutenir dans leur cheminement.

Les jeunes ont des pratiques et des activités sexuelles sans équivoque. Nous n’en sommes plus à feutrer nos mots pour parler de sexualité, les jeunes peuvent en parler possiblement plus ouvertement que nous sommes capables de le faire.

Le roman reflète cette nouvelle réalité. Il est attrayant et descriptif pour les jeunes qui veulent découvrir leur sexualité et en parler.

Suite à de nombreux comité de lecture, le roman de 292 pages a été réécrit à plusieurs reprises. Un travail qui a duré plus de 15 ans.

Une application de rencontres, c’est risqué?

Misant sur l’instantanéité et la simplicité des interactions, les applications de rencontre amoureuses telles Tinder sont de plus en plus populaires. Mais une application de rencontres, est-ce vraiment sécuritaire? À travers un processus aussi rapide, peut-on réellement savoir à qui l’on s’adresse? Une ancienne utilisatrice qui a un jour cherché l’amour en ligne nous donne son avis.

Un texte de Justine Aubry publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Sexualité

Le plaisir féminin est-il toujours un sujet tabou aujourd’hui? Voici la réflexion amenée par le documentaire. «Personne ne peut donner de réponse claire à cela, mais il y a plusieurs facteurs historiques qui expliquent le malaise», explique Julie Lavigne, professeure au département de sexologie de l’UQAM et membre de l’Institut de recherche en études féministes (IREF).

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Le roman

Le roman permet d’entendre le témoignage autant de victimes que d’abuseurs, des jeunes en quête de leur identité sexuelle. Il aborde la sexualité sous différents angles tout en dédramatisant le sujet : relation d’amitié, relations amoureuses, sexualité, abus, harcèlement, homosexualité… Il permet aux adolescents dans leur quête sexuelle, aux personnes vivant des difficultés touchant la sexualité, aux enseignants et parents qui doivent parler de sexualité avec les jeunes de s’y retrouver tout en découvrant des moyens pour les aider et les soutenir dans leur cheminement.

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Suite à de nombreux comité de lecture, le roman de 292 pages a été réécrit à plusieurs reprises. Un travail qui a duré plus de 15 ans.

Le nouveau Q à la mode

Qu’ont en commun Gaétan Paré et Tina Satter? D’abord,  ils sont tous les deux des artistes multidisciplinaires accomplis. Ensuite, les deux créateurs s’identifient comme queer.

Un texte de Mélina Soucy | Dossier Sexualité

Ce mot («queer») a soulevé bien des interrogations au cours des deux dernières années au Québec. Pourtant, la lettre «Q» de «queer» figure depuis 1996 dans l’acronyme LGBTQ (lesbiennes, gais, bisexuels, trans et queers). Ce n’est toutefois qu’après le coming out de Cœur de pirate comme queer en réponse à la tuerie dans la boîte de nuit homosexuelle d’Orlando que les médias québécois se sont intéressés au sujet.

À l’occasion de la deuxième édition du Queer Performance camp, un événement montréalais qui regroupe spectacles, ateliers, résidences et performances, Reflet de Société a rencontré ces deux artistes pour mieux comprendre.

Origine du terme

Queer est un terme américain. « Ça signifie étrange ou peu commun, selon Gaétan Paré, artiste multidisciplinaire montréalais. À l’origine, c’était utilisé comme une insulte contre les gens non hétérosexuels ou dont l’identité sexuelle différait de l’identité biologique. »

C’est vers la fin des années 1980 que les gens ont commencé à s’approprier l’insulte et l’ont transformée en expression positive. Les queers étaient des gens marginalisés par leur identité, toutes orientations sexuelles confondues, et regroupés sous une même bannière.

Le terme queer comporte donc deux aspects: une identité personnelle d’une part et un mouvement politique qui rejette l’existence des catégories d’identité de genre et d’identité sexuelle imposées par le système patriarcal. « Il est toutefois difficile de donner une définition claire à  “queer” , renchérit Tina Satter, artiste new-yorkaise œuvrant dans le milieu du théâtre. Le mot revendique en lui-même l’absence de catégorisation. Il permet aux gens qui trouvent les mots “gay” ou “trans” trop limitatifs, entre autres, de se définir avec un mot qui n’a pas de frontières rigides ».

Gaétan Paré: s’identifier comme queer

À l’aube de ses 39 ans, Gaétan Paré s’identifie comme queer : « Quand j’avais 18 ans environ, je savais que j’étais différent, confie-t-il. Ce sont les écrits de Michel Foucault, un philosophe français homosexuel, qui m’ont d’abord ouvert les yeux sur les notions de genre, d’orientation et d’identité sexuelle ».  

À cette époque, Gaétan ne s’identifiait pas encore comme queer. « C’était déjà compliqué de dire que j’étais gai, je ne pouvais pas m’identifier comme queer en plus. Même si j’avais une amie qui étudiait en sexologie qui m’a clairement expliqué que la façon dont je parlais de mon identité était queer », précise-t-il.

Ce n’est qu’au début de 2017, en même temps que le début de la conception de son spectacle Opera omnia – je suis venu te dire, que Gaétan a commencé à s’identifier clairement comme queer.

« J’ai contacté Jean-François Boisvenue, un bon ami que j’avais perdu de vue depuis longtemps, car j’avais vu son travail cinématographique et je voulais travailler avec lui, raconte l’artiste. En parlant de mes idées pour ce projet, il a fini par m’arrêter en me disant : t’es complètement queer, il faut faire ce spectacle dans le cadre du Queer camp! » À partir de cet instant, Gaétan a commencé à se revendiquer queer. « C’est devenu une obligation, un geste politique », affirme-t-il.

Le spectacle, coécrit et réalisé par les deux amis, était construit à partir du personnage de Médée de la tragédie grecque écrite par Pierre Corneille. « Gaétan était obsédé par Médée, rapporte Jean-François. Médée, c’est un personnage de femme issu de la mythologie grecque, connue pour avoir tué ses enfants pour punir son mari Jason de l’avoir répudiée. D’habitude les gens trouvent que Médée est (une criss de) folle. » Gaétan, lui, l’admire.

Gaétan ne voit pas ce meurtre au premier degré. « Je le vois comme un attentat au patriarcat, explique-t-il. Elle retire à Jason son pouvoir parental, sa possibilité d’être père. C’est une castration. Dans le monde hétéronormatif dans lequel on vit, la reproduction fait partie du patriarcat. Lui enlever le fruit de cette reproduction est un attentat à ce pouvoir masculin. Médée c’est le véhicule des dieux pour semer la pagaille dans le patriarcat. »

Tina Satter : intentions artistiques

De son côté, Kristina Satter s’identifie comme queer depuis ses études universitaires. « Quand j’étudiais avec Jess Barbagallo, une actrice et scénariste lesbienne, j’ai vécu ma première expérience queer romantique et artistique, raconte-t-elle. C’était une étape charnière pour moi. »

Depuis, Tina veut montrer des situations qui vont à l’encontre de l’hétéronormativité. « Enfant, j’écoutais beaucoup la télévision, relate-t-elle. On y montrait toujours les mêmes situations sociales. Un garçon rencontre une fille. Une fille rencontre un garçon. Je veux montrer des situations où il est difficile de déterminer le genre de l’acteur, où des personnages masculins, comme un coach de football, sont joués par des lesbiennes, bref où on transgresse les normes. »

Son dernier spectacle, Ghost Rings Unplugged, met en vedette un groupe rock imaginaire composé exclusivement de femmes. « Ce show est basé sur la relation que j’avais avec ma sœur lorsque nous étions adolescentes, rapporte l’artiste. Les frontières entre amour et amitié sont parfois très proches l’une de l’autre. Je n’entends rien d’incestueux par là, mais cette imprécision, ce flou ressemblent beaucoup au sentiment d’être queer

Queer peut donc également traduire un sentiment d’étrangeté, de différence, de singularité par rapport au système. Il y a cependant moyen de ne pas s’isoler, comme l’explique Tina: « Dans ma jeunesse, j’avais beaucoup d’amis transgenres et j’assistais à leur lutte constante avec la société, se rappelle-t-elle. Pour éviter de tomber dans ce dur combat, j’ai fait le nécessaire: j’ai trouvé la communauté queer la plus près de moi, j’ai trouvé des mentors et j’ai lu beaucoup de littérature queer. J’ai trouvé des endroits de confiance pour m’exprimer ».

Lexique des termes queer

Patriarcat: Système social hétéronormatif dans lequel le masculin domine dans tous les domaines (politique, économique, familial et religieux) par rapport aux autres genres.

Hétéronormativité: Pensée qui pose l’hétérosexualité comme la seule orientation sexuelle possible ou comme supérieure aux autres.

Genre: Construction politique et sociale de la différence entre les sexes. Le genre se construit par les comportements sociaux adoptés par un individu. Ces comportements sont associés au masculin ou au féminin. Simone de Beauvoir disait d’ailleurs qu’«on ne naît pas femme [mais] qu’on le devient», par nos interactions sociales.

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« Des professeurs avaient exprimé leur malaise de pouvoir deviner la poitrine des jeunes filles sous leur chandail »

Une chronique de Florence V.Savoie et Estelle Cazelais, sexologues – Dossier Sexualité

Le mouvement des carrés jaunes est né d’une dénonciation des codes vestimentaires, souvent perçus comme sexistes et plus restrictifs envers les filles. Il a été initié par des étudiantes dans des écoles secondaires du Québec, d’abord dans la région de Québec, puis a gagné les autres régions de la province. Un élément déclencheur : plusieurs adolescentes sont renvoyées chez elles parce qu’elles sont habillées de manière jugée indécente : refus de porter un soutien-gorge, épaules non couvertes, shorts ou jupes trop courtes. Or, ce type de sanctions renforce les stéréotypes sexuels qui nous envahissent déjà trop. 

  • L’éducation des filles est moins importante que celle des garçons.
  • Une femme se définit par sa manière de se vêtir.
  • Certaines parties du corps féminin sont taboues alors qu’elles ne le sont pas chez les hommes.
  • Les garçons sont moins bons à l’école que les filles. Ils ont besoin de plus d’encadrement pour se concentrer. C’est pour cette raison que les filles doivent être décentes (quel mot horrible!)
  • Les garçons sexualisent les filles, ils sont des agresseurs de nature.

Des messages tous plus stéréotypés les uns que les autres qui mettent en boîte les comportements attendus des femmes et des hommes dans notre société, excluant du même coup les personnes trans, les personnes au genre non conforme et les personnes non binaire.

Il faut faire appel à notre gros bon sens et rappeler que deviner la poitrine d’une adolescente en dessous de son chandail, mesdames et messieurs, c’est normal ! Oui, parce qu’à l’adolescence, il se produit un phénomène fort intéressant qui se nomme la puberté… Et avec la puberté vient la poussée des seins chez les jeunes femmes (et même chez certains jeunes hommes !). Vient aussi la poussée de la barbe, de la pomme d’Adam et même des muscles – particulièrement l’élargissement des épaules – chez les jeunes hommes. Mais ça, on ne s’en formalise pas. Eh non ! Ça, ce n’est pas indécent, voyons, ce ne sont que les caractéristiques normales d’un adolescent qui grandit. Comprenez bien mon sarcasme, ici ! Un corps de femme qui grandit devrait être perçu aussi positivement que le corps d’un homme qui grandit. Tu deviens un homme, qu’on dira à notre ado de 14 ans aux bras trop grands. Couvre tes épaules et ta poitrine, qu’on dira à notre cocotte qui s’habitue alors à ne pas aimer son corps qui change, parce que tous les jours on lui rappelle qu’elle doit le cacher, que ce soit à l’école, au travail ou dans la rue.

Se choque-t-on de pouvoir deviner la poitrine d’une dame de 75 ans sous son chandail ? La réponse est évidente. Non ! À moins que toutes les femmes ne se mettent à porter continuellement des chandails amples, nous continuerons à pouvoir deviner les poitrines sous les chandails des femmes, qu’elles aient 17, 42 ou 86 ans, comme il est possible de deviner le pénis et les testicules d’un homme dans ses bermudas ou ses jeans. La question qu’il faut se poser est la suivante : pourquoi est-ce que cela dérange chez une adolescente, mais pas chez une femme plus âgée ? J’y répondrais simplement que la sexualisation est dans l’œil de celui ou de celle qui regarde.

On souhaite voir grandir des femmes qui s’aiment et s’estiment, des femmes qui ont confiance en elles. Laissons-leur alors la chance de choisir pour elles-mêmes la manière dont elles souhaitent se présenter – avec ou sans soutien-gorge, avec ou sans jupe à la mi-cuisse, avec ou sans poils. Et apprenons aux adolescent-e-s à se respecter les un-e-s les autres, à ne pas prendre pour acquises les intentions et les volontés d’une autre personne à partir de son style vestimentaire, à accorder plus d’importance à son parcours scolaire qu’à l’épaule de la fille d’à côté.

En complément à Reflet de Société +

Découvrez cette vidéo réalisé par Marine Spaak dans le cadre du concours Ton court pour l’égalité (Centre Huberpine Auclert) qui illustre très la mécanique sexiste. Comme elle l’explique, tout commence par la focalisation autour d’une caractéristique qui en vient à définir la personne.

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