Guy Sioui Durand : sociologue engagé

Le sociologue Guy Sioui Durand m’avait donné rendez-vous dans le parc Cartier-Brébeuf à Québec, jadis une terre iroquoienne. Il vit dans un condo limitrophe à celui-ci, une façon pour lui de «recoloniser» la terre de ses ancêtres.

Un texte de Flora Lasalle publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Autochtone

Découvrez le portrait d’un écrivain et orateur Huron-Wendat sage, passionné et obstiné dont le travail a suivi l’évolution des arts autochtones contemporains.

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Autres textes sur Autochtone

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Avant les rues : la guérison de Manawan

Le cinéma québécois est gratifié depuis 2016 du premier long métrage de Chloé Leriche qui est aussi le premier film réalisé en langue Atikamekw.

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Dossier Autochtone

Avant les rues est le premier film réalisé en langue Atikamekw. La réalisatrice, Chloé Leriche, a choisi de confier les rôles à des habitants du village sans expérience dans le domaine. Les relations humaines sont au cœur de sa démarche.

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Autres textes sur Autochtone

Incursion à Manikanetish

Durant 3 ans, Naomi Fontaine a enseigné le français à l’école secondaire d’Uashat, une réserve innue située à deux pas de la municipalité de Sept-Îles. Ses classes débordaient alors d’adolescents brillants et épatants, de modèles inspirants de résilience.

Un texte de Alexandra Duchaine publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Autochtone

Manikanetish signifie la Petite Marguerite. Dans ce roman, l’auteure Naomi Fontaine veut rendre hommage à la fondatrice de l’école où se déroule l’histoire. Dans ces pages, elles nous parlent de la réalité des innus, et plus particulièrement les jeunes, avec leurs questionnements, leurs idées et leur créativité.

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Autres textes sur Autochtone

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

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Les 14 communautés du Nunavik

Raymond Viger   Dossier Autochtone

Les 14 communautés

J’ai voyagé les 14 communautés

Pour un peu aider ou tenter d’oublier.

J’ai voyagé les 14 communautés

Pour oublier les sombres années

Où l’on a tenté de t’assimiler

Te faire perdre ton parler

Et ta culture, la réinventer

Ces rites qu’on veut t’imposer

Face à un vent glacé.

J’ai voyagé les 14 communautés

Et j’ai enfin espéré

Que tu puisses regagner

Ta liberté

Et finir par nous pardonner.

Texte dédié à mes amis Inuits.

Je vous remercie de m’avoir accepté parmi vous.

Cinq années pour intervenir auprès des communautés.

Pour prévenir ces épidémies de suicide.

Autres textes sur Autochtone et Inuits

Un poème dédié à Joyce Échaquan et à ses proches.

Les Jeux du Québec et les Jeux d’hiver de l’Arctique

Le Nunavik se distingue

Delphine Caubet Dossiers HandicapJeux Olympiques

Les Jeux du Québec… une institution pour les Québécois. Tout le monde a une histoire à raconter sur ses performances au secondaire. Des souvenirs de jeunesse qui parfois, 40 ans plus tard, ravivent le sourire de ceux qui en parlent. Mais une région du Québec n’est représentée que rarement à cette compétition: Le Nunavik.

Crédit Photo: Administration
régionale Kativik

Les jeunes de la région ne sont pourtant pas en reste. Depuis les années 1970, ils se joignent aux Jeux d’hiver de l’Arctique, une compétition internationale d’athlètes nordiques. Au menu, ski de fond, tennis de table, raquette, mais également des jeux traditionnels tels que le one foot high kick (littéralement: le haut coup de pied) et autres sports arctiques.

Jeux du Québec
Avec ses 507 000 km2 et ses 14 communautés, pas facile d’organiser des compétitions sportives au Nunavik. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles cette région ne se joint que rarement aux Jeux du Québec.

Mais pendant 10 ans, le village de Kuujjuaraapik a fait de la résistance et a su trouver les moyens pour faire concourir ses jeunes au côté des autres Québécois.

Le directeur des loisirs avait la particularité d’avoir de jeunes Cris et Inuits dans sa communauté et le sport faisait figure d’élément rassembleur. Mais les fonds alloués à Kuujjuaraapik ont été supprimés. Aider ce village était bien, mais c’est toute la région qui a un besoin criant d’infrastructures et de fonds pour développer le sport et les loisirs.

Jeux d’hiver de l’Arctique
Mais en matière de sport, l’Administration régionale Kativik choisit de mettre l’emphase sur les Jeux d’hiver de l’Arctique: une compétition sportive internationale entre pays nordiques où les jeux traditionnels trouvent leur place.

L’Administration régionale Kativik le reconnaît: avec son budget, elle ne peut pas se permettre de faire des compétitions de hockey toutes les semaines. Alors, les jeunes concourent dans quelques catégories des Jeux d’hiver de l’Arctique, comme le one foot high kick. Le matériel nécessaire? Une balle avec un fil que l’on suspend et des participants. Dans cette discipline, les joueurs doivent toucher du pied, jambe tendue, la balle en hauteur.

Facile, pensez-vous? Que nenni. Le record pour les femmes adultes des Jeux en 2016 était de… 2,36m. Grâce à Deseray Cumberbatch, le Nunavik obtint la médaille d’argent avec une balle à 2,24m de haut.

Avec le temps, les athlètes de la région gagnent en popularité et ont une incidence positive sur leur environnement. Jean-Philippe Dubois du département des loisirs de l’administration Kativik raconte: «La performance sportive n’est pas le seul critère pour choisir les athlètes qui iront aux Jeux de l’Arctique. Ils doivent adhérer aux valeurs, être positifs et éduqués… Les réseaux sociaux sont très importants au Nunavik et les athlètes y donnent leurs conseils pour une alimentation saine ou par rapport à l’alcool et la cigarette. Ils deviennent des modèles dans les communautés.»

Même si les disciplines représentées nécessitent peu d’équipement, il reste que c’est un défi logistique d’organiser une compétition sur leur territoire. Grâce à des commanditaires, des vols nolisés sont mis à leur disposition pour sélectionner les meilleurs de la région et participer aux Jeux d’hiver de l’Arctique.
Bien plus que du sport, les Jeux d’hiver de l’Arctique sont l’occasion pour les jeunes du Nunavik de rencontrer d’autres personnes de leur âge et de culture nordique. Et quand ils se rencontrent tous les 2 ans, la culture de chaque région est mise en avant au travers de galas et spectacles. Une autre occasion de renforcer la confiance et l’estime de soi chez ces jeunes.

Jeux d’hiver de l’Arctique

Les Jeux d’hiver de l’Arctique sont une compétition sportive internationale entre le Canada (Yukon, Territoires du Nord-Ouest, Nord de l’Alberta, Nunavut), les États-Unis (Alaska), le Danemark (Groenland), la Russie (Yamal), et la Laponie (Finlande, Norvège, Suède).

Bien que le Nunavik y participe depuis les années 1970, la région n’est pas encore un membre officiel, faute d’avoir les infrastructures nécessaires pour accueillir les Jeux. Mais l’administration Kativik affirme travailler activement pour changer cette situation.

En 2016, le Nunavik a été représenté par 56 athlètes qui ont remporté 6 médailles d’or, 9 d’argent et 6 de bronze. Mention spéciale à la jeune athlète d’Inukjuak, Deseray Cumberbatch, qui a remporté à elle seule 5 médailles.

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Bistro le Ste-Cath

Un restaurant, une chaleureuse terrasse. Pour une rencontre entre amis ou en famille, le Bistro le Ste-Cath sauront vous offrir une cuisine réinventée et originale à un prix abordable.

Situé en plein coeur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

Le Ste-Cath présente plus de 250 spectacles gratuits par année.

Avant les rues: la guérison de Manawan

Mahdia Mellal, dossiers Autochtone

Le cinéma québécois est gratifié depuis 2016 du premier long métrage de Chloé Leriche qui est aussi le premier film réalisé en langue Atikamekw.

Fait loin d’être anecdotique, la réalisatrice n’appartient pas à la communauté et ne parlait pas la langue. Le tournage D’Avant les rues a eu lieu à Manawan, un village amérindien de Lanaudière. Chloé a choisi de confier les rôles à des habitants du village sans expérience dans le domaine, autant dire un défi de taille.

La jeune femme férue d’images avoue ne pas l’avoir été dans son jeune âge et pour cause: pas de télé chez elle et encore moins de passion pour le septième art dans son entourage. En revanche, une grande proximité avec d’autres formes d’art. Son attirance pour les images a été suscitée par l’aspect humain, social et le message qu’elles véhiculent.

Réalisatrice de courts métrages, Chloé confie qu’elle aborde une nouvelle étape de sa carrière. «Je retournerais probablement au court métrage, ce n’est pas une voie arrêtée. Pour moi le court et le long métrage sont deux choses différentes.

Par contre, ce film représente d’une certaine façon un accomplissement: faire un long métrage signifie un engagement vis-à-vis de la communauté et implique de trouver le financement et de convaincre les bailleurs de fonds.» Et le budget du film fut de 1,3 million de dollars, dont 20% fut investi par l’équipe.

Liée au début de sa carrière au monde de la vidéo, Chloé a notamment été formatrice pendant plusieurs années au Wapikoni mobile. Une première immersion dans la réalité autochtone pour la réalisatrice.

Mais avant de se lancer, elle a longuement réfléchi: «Quand j’ai commencé à fréquenter les communautés, j’ai reçu un choc… J’ai découvert leurs problèmes sociaux et j’ai voulu en parler, mais pas juste ça, tenter aussi de faire évoluer les choses. Le racisme est nourri par l’ignorance et la méconnaissance de l’autre et je trouve que la fiction est un outil très fort qui permet de s’attacher à un personnage. J’aurais bien pu en faire un documentaire, mais selon moi, la fiction peut faire une différence.»

https://player.vimeo.com/video/157231893

BEFORE THE STREETS- (AVANT LES RUES)- by Chloé Leriche (trailer) in theaters april 15th from Funfilmdistribution on Vimeo.

Les relations humaines sont au cœur de sa démarche. Le choix de la distribution non professionnelle est fondé sur plusieurs critères: offrir un tremplin aux jeunes qui souhaitent découvrir le métier d’acteur et l’occasion de s’exprimer sur leurs préoccupations. «Je voulais que les acteurs endossent le film avec moi. Ils sont amateurs, mais ils représentent bien l’idée que je souhaite véhiculer dans le film, les principaux acteurs sont des artistes et sont investis dans la promotion des arts autochtones», explique la réalisatrice.

Chloé Leriche n’a pas manqué de souligner l’ouverture de la communauté Atikamekw. Conscients des retombées socio-économiques, les chefs lui ont ouvert les portes de la réserve et sont allés jusqu’à soutenir financièrement le projet. Cela dénote le besoin réciproque de communiquer avec le monde extérieur. Avant de lancer son film, Chloé a d’abord cherché l’approbation des 3 chefs de la communauté et les 58 conseillers. Comble de la situation, le jeune femme extérieure au milieu leur en a appris sur eux.

Au-delà des défis imposés par le film, entre ajustements et différentes difficultés de gestion sur place, l’artiste reconnaît la complexité sur le plan émotif, tant pour elle que pour les acteurs.
Jacques Newashish qui joue le rôle du beau-père de Shawnouk (l’acteur principal) précise: «Mon rôle, je l’ai vécu avec beaucoup d’émotions, il reflète tellement ma vie, je suis moi-même père de famille et je travaille souvent avec les jeunes de ma communauté. Je vis les difficultés relationnelles qui sont racontées dans le film. Ça me parle.»

Le Québec est à une époque charnière quant à la réhabilitation et à la réparation de son histoire envers les populations autochtones, le travail de Chloé Leriche s’inscrit-il dans cette ligne?

«Humm… c’est sûr, j’ai entamé ce projet il y a de cela 10 ans et c’était déjà d’actualité, mais j’ai aussi beaucoup de fascination pour cette culture ancestrale, je ressentais le devoir d’en parler, pour faire bouger les choses.»

Vous l’avez compris, Chloé n’a pas fini de faire parler de la culture et de la réalité autochtones. Le sujet étant peu documenté, elle demeure consciente de la lourde responsabilité qui repose sur son œuvre.

Manawan en quelques faits

La réserve de Manawan, située entre Val-D’Or et Montréal, compte 2 000 habitants. La langue parlée est l’atikamekw qui a intégré le système éducatif au même titre que le français. Sa transmission orale ne s’est jamais arrêtée à travers les siècles.

Sur le plan économique, la communauté est largement dépendante de l’exploitation forestière, même si l’ethnotourisme est un secteur prometteur. Néanmoins, Manawan souffre d’un chômage élevé, d’un revenu moyen inférieur à la moyenne provinciale, d’une dépendance aux fonds fédéraux et d’un manque de scolarisation.

La communauté a entre autres décidé de faire face à ses problèmes sociaux (suicide, alcool, etc.) en reconnaissant la gravité de la situation et en mettant l’accent sur la santé, les services sociaux, la police et l’éducation. Manawan dispose d’une école secondaire pour permettre à des jeunes d’étudier un peu plus longtemps.

La particularité de Manawan est qu’elle mise sur l’autonomie en termes de télécommunication et le développement technologique. Depuis 2005, le conseil Atikamekw de Manawan est inscrit comme transporteur de télécommunication auprès du CRTC (Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes) et il est propriétaire de 200 km de réseau de fibres optiques allant de Manawan à Joliette. Leur service internet est autant offert à des particuliers qu’à des entreprises.

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Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Dénoncer son agresseur

Le poids de la dénonciation

Être la victime et parler

J’ai voyagé pendant 5 années dans le Grand Nord pour intervenir auprès des communautés inuites. Des épidémies de suicide faisaient rage. Ma mission, former les community workers locaux à intervenir et en arriver à pouvoir former eux-mêmes leur relève.

Raymond Viger | Dossiers AutochtoneSanté

Journaliste conférencier auteur intervenantPourquoi ces suicides en série? Pendant de nombreuses années, des séries d’abus envers les femmes inuites ont eu lieu. Les femmes se sont prises en main et ont dénoncé massivement et collectivement les abus qu’elles avaient subis.

Revivre ces horreurs pour certaines victimes et la honte pour les bourreaux a créé un climat fragilisant la communauté. Trop de gens devenant vulnérables en même temps ont provoqué un climat propice pour des vagues de suicide.

Dans un tel état d’esprit et avec les liens de proximité que connaissent ces communautés, le suicide est rapidement devenu une épidémie.

La pire chose qu’auraient pu vivre ces communautés est de faire témoigner devant les médias les victimes à visages découverts pour raconter leurs agressions, leurs idées suicidaires, dénoncer leurs agresseurs… Ça fait vendre de la copie c’est bien évident. Tout le monde va en parler, c’est sûr. Surtout si les accusés se mettent à répondre aux victimes, à se justifier et à en faire un débat public. Parce que tous les gérants d’estrade vont pouvoir prendre position et faire de cinglants débats. Nous ne serons plus à aider les victimes et éviter que les agressions se perpétuent. Nous aurons perdu de vue l’essentiel du pourquoi nous en discutons et nous nous retrouverons dans un débat oratoire stérile qui tournera en rond.

Il est important de favoriser un climat de dénonciation des abus. Parce que nous voulons que ceux-ci cessent. Mais cela ne doit pas se faire au détriment des victimes et du soutien que l’on peut leur offrir. Certains journalistes vont justifier leur travail en disant que cela permettra de mettre de la pression sur les autorités pour obtenir des gains sociaux, des changements.

Médiatiser les victimes est-il la meilleure façon d’agir envers des personnes fragiles et vulnérables? Il arrive régulièrement qu’une victime décide de changer d’idée et de ne pas dénoncer ces agresseurs. Cela fait partie de son processus de guérison. Il faut accepter cette période d’ambivalence. Mais quand on les fait témoigner devant la caméra, elles ne pourront plus reculer. C’est pourquoi certaines victimes peuvent avoir besoin d’aide et d’accompagnement quand elles font face aux médias.

Et les débordements sont faciles. Témoigner d’une agression dont nous avons entendu parler, ça s’appelle un ouï-dire et ce n’est pas recevable. Même si les évènements sont véridiques à 100%, est-ce que la victime dont on parle était prête à le faire devant les médias? Recueillir le témoignage d’une personne sous le choc est délicat. Dans quel état laissons-nous les victimes après un passage médiatique? Comment va-t-elle réagir en voyant le reportage qui en sera fait? Est-ce que cela aura des répercussions sur son entourage?

Et que dire des témoignages de groupe? Plusieurs victimes sont autour d’une table et répondent aux questions d’un journaliste. Ne peut-il pas y avoir un effet d’amplification dans ce cas? Et quand cette direction est prise, difficile de revenir en arrière!

Il ne faut pas se contenter de recevoir un témoignage et le mettre en ligne. Une enquête exige un minimum de validation des témoignages. Et au-delà de la vérification, les victimes sont des personnes sensibles et vulnérables qui ont besoin de protection et d’aide. Il n’est pas rare de voir des victimes dans un tel processus se suicider.

Oui, il faut de dénoncer ces abus.
Oui, il faut que les médias en parlent.
Non, les médias ne peuvent pas parler de sujets sociaux sensibles n’importe comment.

Il y a un processus de guérison qui doit rapidement être mis en place. Et il faut accepter qu’il puisse prendre beaucoup de temps.

La protection des victimes est tout aussi importante que la dénonciation des agresseurs

Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Autres textes sur le Suicide

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