Une communauté et une école ouvertes sur le monde

Le port du voile n’est plus obligatoire à l’École des apprenants. Dix ans ont passé depuis l’article de Lisa Melia, mais l’école Dar Al Iman se trouve toujours au cœur des préoccupations des Québécois, alors que le gouvernement de François Legault se propose de passer une loi qui, entre autres, interdirait aux enseignants et aux enseignantes de porter des signes religieux ostentatoires dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions.

Un texte de Gabrielle Brassard-Lecours publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Immigration

Selon le directeur de l’institution scolaire, ce changement est un symbole de l’ouverture à la fois de l’école et de la communauté à sa société d’accueil : « Je crois que les transformations de l’école sont représentatives de l’ouverture et de l’affirmation de la communauté musulmane au Québec. Nous vivons dans un pays, nous sommes une composante positive de ce pays. »

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Autres textes sur Immigration

Les Russes, le hockey et… la religion!

Les accommodements raisonnables et les Russes

Encore un crucifix au Saguenay!

Raymond Viger | Dossiers ReligionPolitiqueAccommodements raisonnables

progrès dimanche journalisme saguenay édition média quotidienDanielle me montre le livre Le progrès au quotidien publié en 1988 chez Gaëtan Morin Éditeur. Son frère, Jean Simard, s’y retrouve, présenté comme directeur du personnel. On y voit deux photos et une entrevue.

En feuilletant les autres pages de ce livre qui relate les faits d’armes du journalisme au Saguenay, Danielle tombe sur une anecdote de Claude Lussier, chroniqueur sportif à La Maison de la presse.

Le journaliste nous relate un accommodement raisonnable qui s’est déroulé durant le championnat mondial de hockey junior de 1979-1980. Chicoutimi servait de famille d’accueil à l’équipe finlandaise. Les Russes choquèrent par leurs agissements et leurs nombreuses exigences lors de leur visite à Chicoutimi.

À leur première séance d’entraînement au Centre Georges-Vézina, les Soviétiques furent choqués de voir un crucifix géant près de leur drapeau. Devant leur menace de retourner chez eux, sans affronter les Finlandais, le juge Savard, grand chevalier de Colomb, refoula ses principes religieux et fit déplacer le Christ géant coulé en bronze pour que les hockeyeurs russes puissent lui tourner le dos durant l’hymne national.

Le maire Jean Tremblay, actuel maire de Saguenay, aurait été déçu du comportement du juge Savard qui a laissé les Russes dicter le protocole face au crucifix! Un accommodement raisonnable qui date de 1979.

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Débat sur la laïcité et les valeurs au Québec

Le débat sur la laïcité et les valeurs au Québec

Le projet de Charte sur la laïcité et les « valeurs québécoises », au Québec, donne lieu à des débats assez houleux. Les journaux et les sites Web s’emplissent de commentaires dont beaucoup souffrent d’intolérance, tout en qualifiant d’intolérantes les croyances qu’ils dénoncent. L’État québécois a ouvert là une boîte de Pandore.

Normand Charest – chronique Valeurs de société | Dossiers ReligionPolitiqueAccommodements raisonnables

réflexions sociales débats de société social communautéOr, sur quoi pouvons-nous nous entendre en tant que société ? Sur le besoin d’un gouvernement laïque, bien sûr. Cependant, nous sommes déjà tous d’accord sur ce point. La séparation de l’Église et de l’État devrait aller de soi depuis longtemps.

Mais nous sommes contre toute forme de jugement des valeurs spirituelles de l’autre, dans ce débat. Il est inacceptable qu’on les présente comme des croyances moyenâgeuses, par opposition à l’athéisme et au matérialisme qui représenteraient la seule évolution possible. Ceux qui s’expriment ainsi ne réalisent pas qu’ils font preuve d’intolérance.

L’État fait surement fausse route en voulant parler de valeurs. Il ouvre plutôt la porte à la haine potentielle de certains citoyens moins tolérants. Cela est loin d’élever le débat.

Si les valeurs spirituelles ne sont pas du ressort de l’État, celui-ci ne doit pas non plus s’y opposer ni agir de manière à nourrir l’intolérance envers ces valeurs.

Mais puisque le débat est lancé, efforçons-nous tous de l’élever à un niveau plus noble et ne jetons plus d’huile sur le feu du Québec bashing. Pas plus que sur ceux de l’islamophobie ou du matérialisme à outrance.

Sur le projet de Charte des valeurs : quelles valeurs ?

Oublions la foi, dans ce débat. Ce n’est pas ce dont il est question. Ne jugeons surtout pas de la foi personnelle de quelqu’un ; ou de la valeur d’une religion par rapport à une autre ou par rapport à l’absence de religion.

Regardons les choses autrement. Pouvons-nous dire aux gens comment s’habiller ? En quoi une kippa ou un voile qui ne cache pas le visage peut-il nuire ? Avoir peur du prosélytisme est parfaitement ridicule, puisque cela peut très bien se faire sans signes « ostentatoires ». Les vrais prédicateurs qui passent à nos portes ont une présentation irréprochable : complet propre, chemise blanche, cravate, bonne coiffure.

En quoi puis-je être choqué lorsqu’une jeune femme libre et convaincue porte volontairement le voile ? Cela ne me demande aucun accommodement.

Si on interdit la kippa et le voile, va-t-on aussi légiférer sur la longueur de la jupe, le décolleté, la transparence des vêtements, la coupe de cheveux, les tailles trop basses… ou même l’agencement des couleurs ?

Une loi pour interdire le mauvais goût et les parfums offensants qui portent atteinte à ma liberté ?

On veut se draper dans le voile d’une société aux valeurs que l’on croit plus libres et nobles, dans une laïcité plus proche des pharisiens que des esprits éclairés.

De quoi a-t-on peur ?

Comme beaucoup d’autres citoyens, je m’oppose fermement à ce projet de Charte, à ce projet de société dans lesquelles je ne me reconnais pas.

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Accommodements raisonnables et les prisons

Système carcéral et accommodements raisonnables

Discorde et zizanie

À l’intérieur des murs, nous sommes nous aussi soumis à la loi dérangeante des accommodements raisonnables.

Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville | Dossiers PrisonAccomodements raisonnables

prison-systeme-carceral-prisonnier-penitencier-cowansville-accommodements-raisonnablesLa mise en place de cette politique en milieu carcéral, dans le but d’accommoder les minorités, continue de susciter la discorde, de manière considérable. On aurait cherché un moyen de foutre le bordel dans les pénitenciers, qu’on n’aurait pas trouvé mieux.

Diviser pour régner

Je sais bien que diviser permet de contrôler plus facilement, mais cette nouvelle approche accommodante engendre un ressentiment qui semble échapper aux ronds de cuir (les cadres de la fonction publique).

S’il existe une grande source de dissension au pénitencier, c’est bien tous ces passe-droits accordés aux communautés culturelles ou religieuses.

Des frigos à l’église

Depuis l’application de cette politique au pénitencier, des congélateurs sont dorénavant réservés à une minorité, de même pour l’accès à certaine salle, à certains ustensiles de cuisine, des périodes particulières pour prier, des menus particuliers, des terrains réservés… nommez-les, ils les ont.

Si vous êtes un Noir anglophone d’origine juive avec un parent autochtone, vous avez l’accès à tout ce qu’aucun Blanc catholique de langue française ne pourra jamais avoir.

Sur l’échelle des accommodements, ce sont eux qui se retrouvent au plus bas, au dernier échelon. Ce qui entraîne naturellement des frictions quotidiennes au sein de la population carcérale, et ce qui finit toujours par dégénérer en bagarre. Tout le monde saute sur l’occasion pour exprimer son «poing» de vue de manière peu accommodante.

Ce fruit empoisonné, conçu, cultivé et nourri par le gouvernement fédéral pour protéger le multiculturalisme, provoque des incidents fâcheux pour ne pas dire frustrants pour tous. Même le nouvel arrivant qui désire s’intégrer discrètement se retrouve sous les feux de la rampe à cause du traitement spécial qu’il reçoit dès son arrivée. Tout le contraire de ce qu’il souhaitait, faisant naître ainsi jalousie, ressentiment et rejet.

Les étrangers, qui étaient déjà là et qui bénéficiaient des largesses du système, en exigent maintenant toujours plus, sinon ils seront rejetés par leur propre communauté.

Prisons dans le monde

prison système carcéral accommodements raisonnables pénitencier prisonnierLes détenus d’origine canadienne, qui ont déjà purgé des termes pénitentiaires dans d’autres pays, savent pertinemment qu’il n’est pas possible d’y bénéficier d’un quelconque traitement de faveur. Essayez donc, dans une prison mexicaine ou indienne, d’avoir une diète sans porc, sans lactose, sans gras, sans poisson…

Nous sommes la risée de tous les étrangers emprisonnés qui n’en reviennent pas eux-mêmes d’être traités avec autant de considération. Alors que les Canadiens, dans leur propre pays, sont traités comme des prisonniers de second ordre. L’univers carcéral est une microsociété pas si différente de la grande.

Cette politique discriminatoire à l’intérieur des pénitenciers finira par déclencher des émeutes. Contrairement à la population civile, les prisonniers ne se référeront pas à Charles Taylor ou au professeur Bouchard pour trouver une voix conciliante.

Autres textes de Chroniques d’un prisonnier

    Les livres de Colin McGregor

    Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

    Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

    love-in-3dLove in 3D

    Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

    This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

    Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

    teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

    Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

    This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

    Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

    quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

    Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

    Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

    Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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    Baignades réservées aux femmes à Côte-des-Neiges

    Le faux problème des baignades réservées aux femmes

    Ou quand les « fondamentalismes » ne sont pas que religieux, et que la liberté peut être menacée par ceux qui prétendent la défendre.

    Normand Charest – chronique Valeurs de société | Dossiers Accommodements raisonnables, Égalité hommes-femmes

    reflet de société débats sociaux réflexion socialeCertains montent facilement aux barricades pour défendre nos libertés et combattre les fondamentalistes (musulmans, juifs ou chrétiens) qui voudraient, selon eux, nous ramener au Moyen Âge.

    S’agit-il vraiment de défendre nos libertés… ou plutôt d’une intolérance qui voudrait niveler la culture, et couler tous les citoyens dans le même moule ? Les défunts régimes communistes ont tenté de le faire, mais ils se sont révélés être des dictatures et non des pays de droits et de libertés.

    Le choix de la pudeur

    dessin de Leonardo da VinciDans le cas présent, il ne s’agit que de quelques heures par semaine, et cette séparation des sexes n’est pas imposée à la majorité qui n’a rien à craindre en ce sens. D’autre part, ce qu’il faut considérer dans cette affaire, c’est le souhait de certaines femmes de pouvoir se baigner sans être soumises au regard des hommes, quelles que soient les raisons qui motivent ce besoin.

    Le choix, très personnel, de la pudeur devrait être respecté, indépendamment du fait que ces femmes appartiennent ou non à une religion quelconque. Car si on pousse cette opposition à la pudeur à ses limites extrêmes, ira-t-on jusqu’à contester le droit à des douches et à des salles de toilette séparées ?

    Les extrémistes non religieux

    Quelle que soit notre opinion dans ce domaine, il faut se méfier des extrêmes et de ceux qui voudraient nuire à la liberté individuelle. Les extrémistes ne sont pas que religieux, comme on voudrait parfois nous le faire croire.

    Ils peuvent aussi être athées, comme les dictatures communistes nous l’on démontré, qui détruisaient églises, temples et monastères. Leurs histoires ne sont pas si lointaines qu’on les ait déjà oubliées ? Elles avaient remplacé les cultes religieux par ceux du chef et du parti unique, une idolâtrie encore bien plus menaçante pour la liberté de tous.

    Le mausolée de Lénine à Moscou peut très bien illustrer cet exemple, qui expose au public son corps embaumé depuis sa mort en 1924, comme on le faisait pour des saints qu’on idolâtrait auparavant. Et celui encore plus monumental de la place Tiananmen à Pékin où on expose le corps, également embaumé, de Mao, malgré sa volonté non respectée d’être incinéré.

    La liberté se trouve au milieu de tous ces extrêmes, religieux ou athées, dans la « voie du milieu » qui laisse à chacun la plus grande marge de manœuvre possible, sans nuire à la liberté de l’ensemble des autres citoyens.

    Combattre la liberté, alors qu’on prétend la défendre

    Ce dont il faut se méfier avant tout, c’est de ces extrémistes toujours prêts à sabrer, plutôt qu’à rechercher l’harmonie et la paix. En agissant ainsi, ils sont souvent plus près de l’intolérance, du dogme et de la dictature que de la défense de la liberté et des soi-disant dangers qu’ils prétendent combattre. Cela aussi, l’histoire nous l’a amplement démontré.

    Choisir ses batailles

    Il faut savoir choisir ses batailles, nous dit le proverbe. Et celle-ci ressemble plutôt à un coup d’épée dans l’eau.

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    Écoles musulmanes à Montréal

    Lisa MeliaDossiers Éducation, Coran, École alternative, Accommodements raisonnables

    À Montréal et en province, les écoles privées musulmanes essaiment et rencontrent un succès grandissant, augmentant chaque année le nombre de leurs inscrits. Affirmant donner un enseignement équilibré entre les valeurs de la société québécoise et celles du Coran, ces établissements ne font pourtant pas l’unanimité et certains leur reprochent de privilégier les valeurs religieuses aux valeurs laïques.lahzar-aissaoui-directeur-ecole-musulmane-dar-al-iman

    Dans le hall de l’école primaire, entre la photocopieuse et les drapeaux canadien et québécois trône une réplique de la  Grande Mosquée de Jérusalem. Une jeune fille passe en gloussant. Elle porte le voile, un corset, des talons hauts et du maquillage. Il faut dire qu’aujourd’hui est un grand jour, les élèves de l’école privée musulmane Dar Al-Iman vont graduer et passer au secondaire. Lahzar Aissaoui, le directeur, veille sur tout le monde alors que les préparations de la cérémonie vont bon train. «La différence avec une école classique, explique-t-il, c’est qu’en plus de l’enseignement exigé par le programme du ministère de l’Éducation, nous donnons des cours de langue arabe et de morale musulmane.» C’est-à-dire les principes et valeurs de l’islam, lesquels, affirme-t-il, sont parfaitement compatibles avec ceux du Québec et du Canada.

    Selon son directeur, l’objectif de l’école est de donner une éducation musulmane tout en assurant l’intégration des élèves dans la société québécoise. Cette double identité est partout, jusque dans la cérémonie de graduation: après la récitation de versets du Coran, les finissants entament sans transition Ô Canada et Gens du pays. Parmi les enfants comme les parents, l’arabe côtoie le français à armes égales, les conversations mêlant allègrement les deux langues. Pendant la cérémonie, une vidéo des élèves est diffusée. Chacun y parle de son expérience à l’école. Nés au Québec, au Pakistan ou au Maghreb, ils reviennent un à un sur les cours qu’ils ont aimés, les amis qu’ils se sont faits et leurs projets futurs. «C’était amusant d’aller à l’école avec mes copains», lance l’un d’eux.

    Pour autant, l’école ne se définit pas comme confessionnelle, car elle n’impose pas de pratique religieuse comme la prière, et qu’être de religion musulmane n’est pas une condition sine qua none pour y entrer. Lahzar Aissaoui décrit plutôt l’établissement comme «communautaire, car il répond à la volonté des parents de transmettre leur culture d’origine à leurs enfants.» Le directeur rappelle cependant que même les élèves non-musulmans doivent suivre les cours d’arabe et de morale musulmane, car ils font partie du projet éducatif. «Nous avons eu des élèves et des enseignants d’autres religions, et nous en aurons encore», soutient-il.

    Subventions et critiques

    meres-musulmanes-remise-de-diplomes-ecole-dar-al-imanLahzar Aissaoui assure que la société québécoise reçoit bien le concept d’école musulmane. Il dit être soutenu par la Ville de Montréal et subventionné par le gouvernement provincial. Pourtant, le consensus est loin d’être acquis et certaines personnalités publiques posent la question de la pertinence de ces écoles. Marie-Michelle Poisson, présidente du Mouvement laïque québécois, admet avoir rarement entendu des plaintes mettant en cause des établissements musulmans. Mais elle souligne que, dans un cadre laïque, l’État ne doit soutenir aucun culte. Le fait que le financement de l’école provienne des deniers publics lui pose un premier problème. «Il faut aussi faire attention à l’effet de ghetto que peuvent avoir les établissements confessionnels. L’école ne doit pas encourager un repli identitaire.» Enfin, l’État ne supervise pas adéquatement le suivi du programme officiel, selon elle.

    Lahzar Aissaoui dément ces accusations et assure que «l’école ne favorise aucune religion plus qu’une autre. Les gens sont libres de leurs convictions, l’école n’est pas là pour faire du prosélytisme». Toutes les jeunes filles portaient le voile lors de la cérémonie de graduation, mais le directeur se défend de l’imposer. Il précise cependant que le foulard fait partie intégrante de l’habit de la femme musulmane.

    L’école se nomme Dar Al-Iman, ce qui signifie «Maison de la foi.» Un toit sous lequel religion et enseignement ne peuvent coexister selon de nombreux laïcs. Le personnel enseignant s’attache tout de même à relever ce défi.

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    L’amour en 3 dimensions

    Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les événements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

    Le livre, au coût de 19,95$ est disponible.

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    Laïcité au Quebec

    Lisa Melia | Dossiers Religion et spiritualité, Coran, Accommodements raisonnables

    Inquiétude à propos de la laïcité au Québec: «il faut établir une charte de la laïcité», réclament un groupe qui s’organise; Marie-Michelle Poisson, présidente du Mouvement laïque Québécois (MLQ), Djemila Benhabib, auteur de Ma vie à contre-Coran, Marie-Andrée Bertrand, professeur à l’Université de Montréal, Fatma Djebbar, travailleuse communautaire, Louise Mailloux, professeur de philosophie, Caroline Moreno, romancière et essayiste, Hafida Oussedik, architecte et Andréa Richard, auteur de Au-delà de la religion,

    Laïcité et spécificité culturelle

    «La spécificité culturelle ne peut s’inscrire que dans la laïcité et l’égalité», affirme Djemila Benhabib. C’est pour cette raison que ces huit femmes se sont mobilisées ce jour-là pour souligner l’importance de «la tenue d’une commission parlementaire ou la publication d’un livre blanc sur la place de la religion dans l’espace public au Québec.» Elles entendent rappeler que la neutralité de l’Etat est fondamentale pour assurer l’égalité et qu’elle doit se traduire par une interdiction des signes religieux au sein des institutions publiques.

    «Les sociétés démocratiques ne sont pas nées laïques, rappelle Marie-Andrée Bertrand, c’est venu au fur et à mesure. Dans ce domaine, le Québec doit encore grandir et arriver à maturité.» Le gouvernement se doit d’avoir une politique claire et cohérente, ce qui n’est pas le cas, selon le MLQ, qui dénonce la passivité de l’administration Charest. Il n’existe pour le moment aucune reconnaissance officielle de la laïcité de l’État au Québec comme au Canada. «Nous appelons les Québécois au débat», dit Djemila Benhabib qui assure que le but n’est pas d’imposer leur vision de la laïcité, mais de provoquer un échange d’idées.

    Religion et neutralité de l’État

    Ne défendre ni l’athéisme ni la croyance religieuse, telle est la définition de la neutralité de l’État. «La laïcité n’est pas un dogme ou une religion, affirme Marie-Andrée Bertrand, c’est une ouverture.» Le maintient de la paix sociale nécessite l’instauration d’un contrat social définissant les droits et les devoirs de tous les citoyens envers les institutions communes. Aucun accommodement ne peut être fait, la neutralité de l’État doit s’appliquer en toutes circonstances et vis-à-vis de tous.

    Marie-Michelle Poisson rappelle que tous les fonctionnaires acceptent de sacrifier une partie de leurs libertés: les professeurs, par exemple, sont limités dans leur liberté d’expression. Pour le MLQ, la liberté religieuse doit faire l’objet du même sacrifice. «Nous souhaitons que Yahvé, Dieu ou Allah restent à la maison, dans le cœur et la tête de chacun», dit Louise Mailloux, qui insiste cependant: «nous ne sommes pas contre les religions mais contre leur volonté d’envahir les institutions publiques et de se rapprocher du politique.»

    Religion et femmes

    Le MLQ indique aussi que «le débat sur la neutralité de l’État ne se limite pas uniquement à un dossier de condition féminine mais que la question du port de signes religieux rejoint l’ensemble de la population québécoise.» Marie-Michelle Poisson souligne également que «toutes les religions sont visées.» Il n’en reste pas moins que le voile musulman est au cœur du débat. Fatma Djebbar s’agace de constater cela. Bien qu’elle condamne le port du voile dans les institutions publiques, qui accentue la discrimination et la ghettoïsation des femmes, elle condamne la vision occidentale des femmes de culture musulmane. «Les musulmanes sont regardées, non pas comme égales aux hommes, mais comme de pauvres femmes à protéger.»

    Louise Mailloux considère comme un lieu commun que de dire que les religions oppriment les femmes, aussi bien par le passé qu’aujourd’hui. Les femmes, dit-elle, sont les premières fautives et les premières victimes. «Les fondamentalismes ont tous compris que pour soumettre les hommes dans leurs corps et dans leur esprit, il faut d’abord soumettre les femmes.» Une société démocratique et libre passe ainsi par l’égalité des sexes, que la laïcité participe à garantir.

    La commission Bouchard-Taylor et les accommodements raisonnables

    Enfin, les huit femmes présentent se sont opposés aux accommodements raisonnables. Le concept d’une laïcité «ouverte» n’est qu’un «épouvantail qu’on agite pour décrédibiliser la laïcité.» «Ça n’a aucun sens», conclut Andréa Richard, qui entend défendre le concept de la «laïcité, point à la ligne.» Les accommodements raisonnables ne répondent d’ailleurs pas à une demande des immigrants, affirme Djemila Benhabib. Elle affirme que la majorité des musulmans ne veulent pas de telles adaptations. Cette idée vient du préjugé occidental selon lequel les immigrants, en particulier ceux d’origine musulmane, seraient plus religieux que les Québécois. Marie-Michèle Poisson cite une étude de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse selon laquelle la ferveur religieuse des immigrants musulmans est sensiblement la même que celle des Québécois. «Les immigrants québécois de foi musulmane [figurent] ainsi au palmarès des cinq groupes les moins religieux du pays.» Les accommodements religieux, loin d’être positif pour les musulmans, renforce au contraire le racisme à leur égard, car ils apparaissent comme un groupe à revendication qui refuse de s’intégrer dans la société.

    La laïcité est donc le cadre qui assure le pluralisme religieux et la neutralité de l’Etat. Le MLQ appelle ainsi le gouvernement à établir clairement les valeurs démocrates et laïques du Québec pour assurer les libertés de chacun. «La puissance publique ne doit imposer aucune croyances», disait Condorcet.

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    Autres textes sur les Accommodements raisonnables

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    Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

    guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

    Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

    Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

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    Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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