Une communauté et une école ouvertes sur le monde

Le port du voile n’est plus obligatoire à l’École des apprenants

Dix ans ont passé depuis l’article de Lisa Melia (voir plus bas), mais l’école Dar Al Iman se trouve toujours au cœur des préoccupations des Québécois, alors que le gouvernement de François Legault se propose de passer une loi qui, entre autres, interdirait aux enseignants et aux enseignantes de porter des signes religieux ostentatoires dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions.

Un texte de Gabrielle Brassard-Lecours – Dossier Immigration

Une décennie après sa première entrevue, le directeur de l’école, Lazhar Aissaoui, a de nouveau accepté d’ouvrir les portes de son établissement à un représentant de Reflet de société.

L’école Dar Al Iman a évolué pour le mieux depuis 2009, annonce fièrement M. Aissaoui. Elle est membre de la Fédération des établissements d’enseignement privés, un large regroupement d’établissements d’éducation préscolaire, primaire et secondaire privés. Cette adhésion lui permet de se comparer avec d’autres écoles, d’établir des liens enrichissants et de s’inspirer des meilleures pratiques du réseau scolaire québécois.

En mai 2014, l’école a été acceptée par l’Organisation du baccalauréat international comme école candidate à une reconnaissance officielle et a donc été autorisée à implanter le Programme primaire de cette organisation en juin 2017.

Dès cette acceptation, l’école a adhéré à la SÉBIQ (Société des Écoles du monde de BI du Québec et de la francophonie). «Cette adhésion témoigne de notre engagement envers une éducation internationale stimulante et de qualité qui développe une ouverture d’esprit que nous considérons comme importante pour nos élèves», déclare M. Aissaoui.

Le vent dans les voiles

Autre changement important, le port du voile n’est plus obligatoire pour les élèves ou pour le personnel. D’abord présenté comme élément de l’uniforme, ce qui lui aurait enlevé toute connotation religieuse, le foulard n’est plus obligatoire depuis 2010. «Il y avait confusion entre l’uniforme et l’allégeance religieuse. Ce qui a fini par être jugé comme un problème éthique», admet le directeur.

En effet, lors de sa visite, Reflet de société a pu constater qu’au moins la moitié des petites filles ne portaient pas le voile, et non pas plus de deux des enseignantes à qui nous avons parlé. Lui-même père de deux filles, M. Aissaoui avoue candidement que l’une porte le voile et l’autre non. Comme quoi ce symbole religieux semble faire l’objet d’un débat au sein même de la communauté musulmane.

Toujours dans cette optique d’ouverture au monde, l’école accepte maintenant des élèves et des employés, enseignants ou non, qui ne sont pas musulmans. Si les élèves non-musulmans n’ont pas encore répondu à cette invitation, certains des employés ne pratiquent pas l’islam.

Comment tu t’appelles?

Mais ce qui a causé le plus de débats au sein de la communauté a été le changement de nom. Lors de sa fondation en 2000, l’école a adopté un nom arabe : Dar Al Iman. Après de longues discussions, plus animées que celle qui ont entouré l’abandon du voile comme élément de l’uniforme, l’école a décidé franciser son nom et de devenir l’École internationale des Apprenants, comme on peut clairement le voir sur sa devanture.

Selon M. Aissaoui, ce changement est un symbole de l’ouverture à la fois de l’école et de la communauté à sa société d’accueil : « Je crois que les transformations de l’école sont représentatives de l’ouverture et de l’affirmation de la communauté musulmane au Québec. Nous vivons dans un pays, nous sommes une composante positive de ce pays. »

Toujours selon M. Aissaoui, il existe neuf écoles primaires et secondaires musulmanes au Québec, presque toutes basées dans la région montréalaise, sauf une dans la capitale. La demande pour ce genre d’institution n’est pas négligeable. Celle que nous avons visitée reçoit cent cinquante demandes d’admission par année, alors qu’il n’y a que soixante places. Un test de classement permet d’effectuer la sélection. En tout, l’école accueille trois cent cinquante-six élèves.

Musulman et Québécois

La communauté musulmane étant souvent au cœur de l’actualité médiatique ou politique, il est rassurant de savoir qu’à titre de musulman pratiquant, Lazhar Aissaoui ne se sent pas ostracisé. La tragédie de la mosquée de Québec a, bien évidemment, été un coup dur pour lui et son école, d’autant plus qu’il connaissait certaines des victimes.

Il compare cet événement à celui qui a eu lieu au cégep Dawson, il y a quelques années : « Ce n’est pas la société au complet qui vise la communauté musulmane parce que cet individu a visé la communauté musulmane. »

Son visage devient soucieux : « Ce sont des petits, ici, à l’école. Ça parlait beaucoup. Il fallait les calmer, leur dire qu’un gars ne les attend pas au bout de la rue pour leur tirer dessus. Il ne fallait surtout pas être alarmiste. Ce n’est pas le rôle d’une personne responsable. »

On peut s’imaginer que les jours et les semaines qui ont suivi ont été très difficiles pour eux. Respect.

Coalition Avenir Québe 

Malgré tout, benoît, le directeur d’école sourit lorsqu’on lui parle du projet de loi de la CAQ qui interdirait aux enseignantes de porter le voile au travail. « La réponse très facile dit que les écoles privées ne sont pas touchées par le projet de loi. »

Il développe son point de vue : « Lorsqu’on est un gouvernement, tous nos citoyens deviennent notre responsabilité. Et l’harmonie sociale devient aussi notre responsabilité. En tant qu’intellectuel, je ne crois pas que ce projet de loi réponde à un problème réel. »

Il insiste : « C’est une solution à un problème qui n’existe pas. De plus, je ne partage pas l’idée que les enseignants sont en position d’autorité. Je ne vois pas comment un symbole religieux influence la décision d’un fonctionnaire quand il sert un citoyen ou qu’il répond aux obligations de son travail. »

Et il conclut : « Restreindre ou abimer une liberté de base des citoyens n’est pas une bonne idée. »

Un débat respectueux

Évidemment, le point de vue du directeur de l’École internationale des Apprenants n’est pas partagé par tous. Présidente du Mouvement Laïque Québécois (MLQ), Lucie Jobin appuierait un projet de loi qui interdirait le port de signe religieux par les professeurs et les éducatrices. « Ça marque les enfants, surtout ceux qui ont moins de cinq ans », explique-t-elle, insistant sur l’importance de la liberté de conscience des enfants.

Ainsi, le voile, même porté par une femme neurochirurgienne qui affirmerait le faire de sa propre volonté, serait un symbole du fait que la femme doit se cacher devant l’homme, ce qui s’oppose aux valeurs – égalité des sexes – adoptées par une majorité de Québécois et de Québécoises.

« Je partage l’opinion de la ministre de la Condition féminine, Isabelle Charest, comme quoi le voile symbolise l’oppression des femmes », a dit Mme Jobin.

Enfin, le MLQ s’oppose au financement public des écoles privées, surtout des écoles confessionnelles.

En complément à RDS+ 

Voici l’article original auquel fait référence celui que vous venez de lire 

Écoles musulmanes à Montréal

Article publié en 2009 dans Reflet de Société Vol. 18 n° 1

Par Lisa Melia

À Montréal et en province, les écoles privées musulmanes essaiment et connaissent un succès grandissant, augmentant chaque année le nombre de leurs inscrits. Affirmant donner un enseignement équilibré entre les valeurs de la société québécoise et celles du Coran, ces établissements ne font pourtant pas l’unanimité et certains leur reprochent de privilégier les valeurs religieuses aux valeurs laïques.

Dans le hall de l’école primaire, entre la photocopieuse et les drapeaux canadien et québécois trône une réplique de la Grande Mosquée de Jérusalem. Une jeune fille passe en gloussant. Elle porte le voile, un corset, des talons hauts et du maquillage. Il faut dire qu’aujourd’hui est un grand jour, les élèves de l’école privée musulmane Dar Al Iman vont obtenir leur diplôme et passer au secondaire. Lahzar Aissaoui, le directeur, veille sur tout le monde alors que les préparations de la cérémonie vont bon train. « La différence avec une école classique, explique-t-il, c’est qu’en plus de l’enseignement exigé par le programme du ministère de l’Éducation, nous donnons des cours de langue arabe et de morale musulmane. » C’est-à-dire les principes et valeurs de l’islam, lesquels, affirme-t-il, sont parfaitement compatibles avec ceux du Québec et du Canada.

Selon son directeur, l’objectif de l’école est de donner une éducation musulmane tout en assurant l’intégration des élèves dans la société québécoise. Cette double identité est partout, jusque dans la cérémonie de remise des diplômes : après la récitation de versets du Coran, les finissants entament sans transition l’Ô Canada et Gens du pays. Parmi les enfants comme les parents, l’arabe côtoie le français à armes égales, les conversations mêlant allègrement les deux langues. Pendant la cérémonie, une vidéo des élèves est diffusée. Chacun y parle de son expérience à l’école. Nés au Québec, au Pakistan ou au Maghreb, ils reviennent un à un sur les cours qu’ils ont aimés, les amis qu’ils se sont faits et les projets qu’ils échafaudent. « C’était amusant d’aller à l’école avec mes copains », lance l’un d’eux.

Pour autant, l’école ne se définit pas comme confessionnelle, car elle n’impose pas de pratique religieuse comme la prière, pas plus qu’être de religion musulmane ne constitue une condition sine qua non pour y entrer. Lahzar Aissaoui décrit plutôt l’établissement comme « communautaire, car il répond à la volonté des parents de transmettre leur culture d’origine à leurs enfants. »

Le directeur rappelle cependant que même les élèves non-musulmans doivent suivre les cours d’arabe et de morale musulmane, car ils font partie du projet éducatif. « Nous avons eu des élèves et des enseignants d’autres religions, et nous en aurons encore », soutient-il.

Subventions et critiques

Aissaoui assure que la société québécoise reçoit bien le concept d’école musulmane. Il dit être soutenu par la Ville de Montréal et subventionné par le gouvernement provincial. Pourtant, le consensus est loin d’être acquis et certaines personnalités publiques posent la question de la pertinence de ces écoles. Marie-Michelle Poisson, présidente du Mouvement laïque québécois, admet avoir rarement entendu des plaintes mettant en cause des établissements musulmans. Mais elle souligne que, dans un cadre laïque, l’État ne doit soutenir aucun culte. Le fait que le financement de l’école provienne des deniers publics lui pose un premier problème. « Il faut aussi faire attention à l’effet de ghetto que peuvent avoir les établissements confessionnels. L’école ne doit pas encourager un repli identitaire. » Enfin, l’État ne supervise pas adéquatement le suivi du programme officiel, selon elle.

Lahzar Aissaoui dément ces accusations et assure que « l’école ne favorise aucune religion plus qu’une autre. Les gens sont libres de leurs convictions, l’école n’est pas là pour faire du prosélytisme ».

Toutes les jeunes filles portaient le voile lors de la cérémonie de remise des diplômes, mais le directeur se défend de l’imposer. Il précise cependant que le foulard fait partie intégrante de l’habit de la femme musulmane.

L’école se nomme Dar Al Iman, ce qui signifie « Maison de la foi. » Un toit sous lequel religion et enseignement ne peuvent coexister selon de nombreux laïcs. Le personnel enseignant s’attache tout de même à relever ce défi.

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Linda Spear, femme d’église

Une passion, ça ne se choisit pas. On nait avec et on espère vivre au travers. Pour Linda Spear, la vision de son avenir a toujours été simple: depuis ses 4 ans, elle veut devenir prêtre. Problème, elle est catholique et pour le Pape, une femme prêtre doit être excommuniée. Détail qui n’a pas arrêté cette fervente féministe qui, depuis ses 70 ans, vit sa passion. 

Un texte de Delphine Caubet – Dossier Religion 


Dans une petite ville touristique du sud du Québec, une étrange messe a lieu chaque semaine. L’église anglicane à la sortie de la ville y abrite 2 «hommes» de Dieu. Son propriétaire actuel est pasteur et partage sa maison avec Linda Spear depuis son ordination en 2010. Une collocation atypique et validée par la population qui ravit les 2 protagonistes.

Préparations à la prêtrise

Linda a un long parcours religieux derrière elle. Entre ses années en tant que sœur et son expérience d’universitaire en théologie, son implication dans la foi et la culture catholiques est longue et diversifiée. Son rêve ne s’est réalisé qu’en 2010, mais elle est prête depuis les 1960 à être ordonnée prêtre. À cette époque, l’Église catholique fait un travail de réflexion sur elle-même en s’ouvrant à la modernité: c’est le Concile de Vatican II. Linda est à Winnipeg et l’évêque, comme beaucoup d’autres, est optimiste quant à l’accessibilité des femmes à la prêtrise. «Il nous disait d’étudier, que c’était imminent», explique Linda.

Et elle s’exécuta. L’histoire suivant son cours, le concile réputé pour être l’ouverture de l’Église sur le monde moderne laissa les femmes sur la touche.

Excommuniées

Plusieurs décennies plus tard, Linda découvrit la Roman Catholic Women Priest (RCWP) ou, en français, les Femmes prêtres catholiques romaines. Ce mouvement est né en 2002 en Allemagne par un évêque qui ordonna 7 femmes, celles-ci devenues les fondatrices du RCWP. Aujourd’hui, ces femmes ont été excommuniées par le Vatican, sans pour autant que cela les empêche de poursuivre leur travail. L’évêque ayant lancé le mouvement, lui, reste encore inconnu à ce jour. Il est simplement appelé «Bishop X» et son identité ne sera révélée qu’après sa mort.

En 2017, les femmes prêtres sont plus d’une centaine à travers le monde.

Pour Linda, cette excommunication n’a pas été un choc, car aujourd’hui elle se sent à sa place. Raison pour laquelle elle parle aussi librement aux médias. «Mais d’autres sont moins à l’aise, explique-t-elle, et une personne travaille encore pour l’Église catholique.» Ces femmes sont des bénévoles et n’ont pas de rémunération par les paroissiens ou une organisation supérieure. Un grand nombre de ces femmes ont plus de 70 ans et, grâce leur retraite, elles n’ont plus besoin de s’inquiéter de leur source de revenus. Linda ajoute que ces femmes avaient 20 ou 30 ans au moment du concile de Vatican II… des aspirations qui ne demandaient qu’à se concrétiser.

Idéologie

Parmi les préceptes de ce mouvement, on compte l’égalité entre les genres, bien sûr, mais également le respect de la diversité sexuelle, religieuse et ethnique. Traduction: Linda, est-ce que le RCWP accepte les personnes homosexuelles? «J’espère que oui, car je suis lesbienne», répond-elle dans son flegme anglophone.

Passé l’attrait de la nouveauté d’une femme prêtre, Linda a fidélisé un groupe de 5 ou 6 fidèles qui assistent à sa cérémonie hebdomadaire. Pour Céline, l’une des paroissiennes, assister à la messe de Linda est autant un acte de foi que politique. «Je viens par amitié, pour l’appuyer, et je me sens plus près de Dieu en célébrant avec elle. Et pourquoi pas une femme prêtre?», conclut-elle.

Mais, conséquence de l’excommunication, le RCWP n’est plus à même d’offrir des sacrements reconnus par le Vatican, dont le baptême et le mariage. «Ça ne fait rien pour mes paroissiens, explique Linda, ce sont des personnes déjà en marge de l’Église. Ce sont des paroissiens très œcuméniques».

En effet, certains sont pentecôtistes, d’autres anglicans, catholiques, homosexuels, hétérosexuels, etc. Lors de ses 5 premières années en exercice, Linda a célébré 2 mariages: un gay et un lesbien.

La religion au Québec

En 2017, Linda Spear est la seule femme prêtre catholique du Québec. Elle l’explique que l’accueil a été positif, car la province s’est distancée il y a plusieurs décennies de la religion… ce qui également une plausible explication à son unicité au Québec.

L’un des défis à venir du RWCP sera de maintenir son recrutement pour que l’ordre continue à vivre. L’observation des pays émergents sera d’autant plus intéressante; leur accession à la prêtrise via le RCWP sera un indicateur sur l’évolution du droit des femmes.

En complément à Reflet de Société +

Retrouvez ce reportage de France 24 sur les femmes prêtes au Royaume-Uni.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

Voir l’article

Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Communauté juive ultra orthodoxe Tosh de Boisbriand

Quand la religion met en danger la planète

Raymond Viger | Dossiers CoronavirusReligion et Santé

La communauté juive ultra-orthodoxe Kiryas Tosh de Boisbriand n’obéit pas aux consignes donné par le gouvernement du Québec.

Religion et spiritualitéCette communauté continue des rassemblements malgré tous les avis qui ont été donnés autant par le gouvernement que par la Santé publique.

Lundi le 6 avril, 200 personnes ont sorti de leurs demeures pour manifester leurs mécontentements envers le travail des policiers qui doivent faire le guet pour tenter d’éviter ce genre de dérapage.

Le Rabbin de Thornhill à Toronto, M. Charles Grysman a été très clair sur la position de l’ensemble des Juifs à travers le monde sur ces événements de la communauté de Boisbriand:

Suivez les règles, restez chez vous, protégez-vous et protégez les autres.

Je suis content que les Juifs à travers le monde se positionnent dans un tel dérapage. Je ne voudrais pas que mes concitoyens jugent tous les juifs en pensant qu’ils sont tous des hors la loi qui mettent impunément la vie des autres en danger.

Ce n’est pas les juifs qui sont ici fautifs et dangereux mais la communauté Kiryas Tosh de Boisbriand.

Ce que je ne comprends c’est pourquoi il n’y a pas eu d’amendes envers ces personnes qui se sont regroupés dans ce quartier. C’est illégal. Les corps policiers ont reçu ordre de commencer à donner des amendes. Plusieurs citoyens en ont reçus. Pourquoi pas eux?

En quoi cette communauté fait-elle peur aux corps policiers?

Pourquoi cette communauté reçoit-elle un traitement particulier?

C’est plus qu’une injustice. C’est la dangerosité de leurs gestes qu’il faut juger et qu’il faut réprimer.

Il n’y a pas 2 batailles contre le virus Corid-19. Il n’y a qu’un seul combat qui devrait nous rassembler tous. Et ceux qui sont hors d’ordre, peu importe leurs religions, leurs races ou autres devraient être puni en toute égalité.

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L’ordination de femmes et le Vatican

Femmes et religion

Des femmes prêtres catholiques

Le savez-vous? Les femmes qui souhaitent être prêtres catholiques ont une alternative pour suivre cette voie. Évidemment, le Vatican et l’Église Catholique romaine n’ont rien à voir là-dedans. Pire que ça, les femmes qui rejoignent le RCWP (Roman Catholic Women Priest) sont excommuniées.

Delphine Caubet | Dossiers Religion et spiritualité, Égalité Homme-Femme

religion spiritualité femme égliseLe Roman Catholic Women Priest est né en 2002 en Allemagne quand 7 femmes ont été ordonnées par le prêtre indépendant Rómulo Antonio Braschi. Depuis lors, l’organisation a fait le tour du monde et regroupe environ 145 femmes prêtres.

L’ordination de femmes n’est pas la seule distinction du RCWP envers le Saint-Siège. Différence idéologique importante, ce mouvement n’accorde aucune importance à l’orientation sexuelle, que ce soit pour les prêtes ou les fidèles.

Au Québec, la seule femme à avoir rejoint cette organisation est Linda Spear. Pour en apprendre davantage sur cette septuagénaire qui suit son rêve depuis 2010, rendez-vous dans les pages de Reflet de Société dans les numéros à venir.

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Aumônier en milieu carcéral

En prison

Seigneur, où es-tu?

On nous a demandé, l’an dernier, d’enlever tous les symboles religieux de la chapelle au pénitencier de Cowansville, une prison fédérale comptant près de 700 détenus.

Tim Smart, aumônier de prison | Dossiers CriminalitéReligion et spiritualité

prison spiritualitéUne chapelle jusqu’alors ornée de symboles chrétiens devenait maintenant un espace neutre en un lieu entouré de barbelés. La théorie étant qu’une chapelle subventionnée par les fonds publics se doit d’être accessible à tous, sans offenser ceux qui proviennent d’une autre religion.

Nous avons donc fait le ménage et enlevé les croix, les icônes et les affiches religieuses, que nous avons rangées dans les anciens confessionnaux, transformés en remises. L’autel et une grande croix (peinte par un détenu) sont demeurés sur la scène, mais de manière à ce qu’on puisse les cacher par des rideaux, afin de ne blesser aucune sensibilité.

Nous avons aussi rebaptisé cette salle (quoique le terme ne soit sûrement pas approprié, étant donné les changements actuels) en Centre multiconfessionnel.

C’est ainsi que cela doit être dans notre monde multiconfessionnel, dans une institution subventionnée par les fonds publics. Toutes les croyances doivent être accueillies et respectées.

S’adapter

Quoi qu’il en soit, cela nous a pris quelque temps, nous les quatre aumôniers permanents, pour nous adapter mentalement et émotionnellement aux nouvelles conditions. Pour passer d’un lieu où, croyait-on, presque tout le monde était catholique romain et parlait français, à un Centre multiconfessionnel.

Même si deux des aumôniers sont catholiques romains, un troisième moine bouddhiste et moi-même anglican, tous les détenus peuvent nous consulter sans égard à leur profil religieux, pour obtenir des conseils ou seulement converser. Nous avons aussi un plus grand nombre d’aumôniers visiteurs qui viennent répondre aux besoins d’hommes de traditions diverses.

Un imam agréé vient rencontrer les détenus musulmans. Un rabbin vient à l’occasion. Et les témoins de Jéhovah ont maintenant des réunions régulières le lundi matin, après qu’une plainte déposée par un détenu ait forcé le service correctionnel canadien à leur accorder l’accès au lieu de recueillement.

Malgré notre approche multiconfessionnelle, nous savons que les détenus de cette prison sont nominalement catholiques romains à environ 73 %. Les autres 27 % regroupent des protestants, des musulmans, des adeptes de spiritualité autochtone, etc.

La spiritualité autochtone et les programmes pour les Autochtones sont gérés à partir d’un autre édifice par d’autres personnes et avec un financement différent.

Cette séparation n’est pas surprenante, si l’on considère le passé trouble qu’ont connu les Autochtones avec les négociants, les missionnaires et le personnel des pensionnats indiens.

Cependant, certains Autochtones participent tout de même à diverses activités religieuses ou éducationnelles au Centre.

Première fois

Ça ne vous surprendra probablement pas d’apprendre que la plupart des détenus n’étaient pas de grands pratiquants avant leur incarcération. Comme beaucoup de personnes dans notre société actuelle, ils ignorent presque tout des traditions religieuses.

La prison offre à certains d’entre eux l’occasion de retrouver leur foi natale, et aussi d’explorer les traditions d’autres croyances.

Certains vont régulièrement à la messe pour la première fois. Ou participent pour la première fois à une étude de la Bible avec des prières et des chants. Ou prient pour la première fois avec des confrères musulmans et tentent de respecter le jeûne du ramadan.

Et comme la prison est un lieu passablement ennuyant, certains goûtent à tout ce qui est offert. Ils peuvent rencontrer le moine bouddhiste, participer aux réunions des témoins de Jéhovah et à l’étude de la Bible au cours d’une même semaine.

Il est fascinant de voir des personnes explorer la religion pour la première fois dans des conditions où la foi, l’espoir et l’amour sont si rares; sans parler du pardon.

En tant qu’aumônier institutionnel œuvrant dans un environnement multiconfessionnel, mon travail ne consiste pas à recruter des fidèles pour l’Église anglicane ou pour la religion chrétienne. Mon travail consiste à écouter les gens et à cheminer avec eux dans l’exploration de la foi, puis de les aider à retrouver les traditions de leur croyance.

La religion, à l’intérieur et à l’extérieur de la prison, peut être une aide ou un obstacle à notre réhabilitation et à notre libération. Les aumôniers se méfient de ceux chez qui l’expression religieuse peut cacher des anxiétés et des besoins profondément ancrés. Ou ceux qui utilisent la religion pour améliorer leur pitance à la cafétéria ou pour avoir congé de travail. Nos raisons d’être religieux sont souvent confuses et parfois purement égoïstes.

Bien que je ne sois pas là pour juger des motivations de chacun, je pense que le rôle des aumôniers est d’encourager les gens à chercher la foi de manière authentique et à exprimer un désir sincère d’approfondir leur spiritualité et leur pratique.

Combattre le crime

Avant de devenir un aumônier de prison, comme beaucoup de personnes, je lisais les reportages sur les crimes et les peines imposées à ceux qui avaient commis des actes plutôt horribles. J’étais heureux qu’ils se retrouvent en prison et je ne pensais pas beaucoup à eux. J’ai peut-être même déjà dit : «Enfermez-les et jetez la clé!»

Quand vous vous rendez en prison en tant que bénévole et ensuite comme aumônier, vous commencez à voir les visages et les personnes derrière les titres des journaux et il devient plus difficile de les condamner pour toujours. Vous écoutez l’histoire de leurs vies et de ce qui a mené à leurs crimes, et vous commencez à comprendre. Vous commencez à comprendre à quel point l’on peut devenir confus intérieurement, et aussi corrompu par des influences extérieures.

Historiquement, les aumôniers font partie depuis longtemps du système pénitencier. Les aumôniers et les directions des prisons croyaient que l’isolation, le temps de réflexion et l’enseignement chrétien avaient plus de chance de réformer les détenus que les coups, le fouet et les exécutions. On espérait que cette période d’isolation de la société permettrait aux détenus de devenir pénitents et de regretter leurs péchés, d’où le terme «pénitencier».

À l’époque actuelle, le service correctionnel canadien espère toujours que les détenus vont regretter ce qu’ils ont fait, et qu’ils vont profiter des programmes et des cours offerts pour leur réadaptation. Néanmoins, l’aspect religieux est devenu purement optionnel.

Pour une minorité de détenus, les aumôniers et les activités de la chapelle représentent un ajout intéressant. Alors que la Charte des droits et libertés accorde à tous les prisonniers le droit de pratiquer leur croyance, comme c’est le cas dans la société en général, peu de personnes choisissent de le faire.

Nous vivons dans un pays où le gouvernement actuel a choisi de combattre durement le crime, en nous disant que ce que les Canadiens veulent avant tout, c’est de vivre en sécurité. Cependant, la plupart des aumôniers croient que cette rhétorique n’est qu’une manœuvre électorale, dont le but est d’aller chercher des votes sur un thème où il semble facile de faire l’unanimité.

Temps difficiles

Longtemps avant que le gouvernement conservateur décide de combattre plus durement le crime, les taux de criminalité étaient à la baisse depuis des années.

Et pourtant, dès qu’il fut au pouvoir, ce gouvernement s’est empressé de passer des lois et d’instaurer des règles afin que les personnes condamnées subissent de plus longues sentences, qu’il leur soit plus difficile d’accéder à une prison à sécurité minimale et plus difficile aussi de bénéficier d’une libération conditionnelle.

En même temps, beaucoup de petits privilèges qui aidaient à rendre la vie en prison plus supportable furent coupés – tels que l’accès aux livres, à l’éducation, aux psychologues, aux événements communautaires et aux activités bénévoles.

Le but de toutes ces lois et de toutes ces coupes effectuées par le gouvernement est d’être dur avec les détenus et de montrer à la population qu’on ne les dorlote pas. Les aumôniers ne comprennent pas pourquoi le gouvernement coupe ainsi dans les programmes destinés à la réhabilitation et la réinsertion sociale des détenus.

C’est comme si le système souhaitait que ces hommes faillissent en leur offrant le moins de formation, le moins d’espoir possible, tout en augmentant leur niveau de frustration et de désespoir.

En tant qu’aumôniers œcuméniques représentant toutes les croyances à l’intérieur des enceintes barbelées des prisons canadiennes, beaucoup d’entre nous se trouvent en désaccord avec un gouvernement plus intéressé par le châtiment que par le renouveau de la vie.

Comment les aumôniers pourront-ils offrir de l’espoir à des hommes vivant dans des prisons de plus en plus surpeuplées, où de moins en moins de ressources sont offertes, dans un système qui semble décider arbitrairement de leur sort, au jour le jour?

Nous travaillons chaque jour dans des prisons canadiennes en tant que personnes croyantes, sans pouvoir réel de changer le système. Nous accueillons les hommes dans nos bureaux pour écouter leurs confidences, nous leur rendons visite au «trou» (lieu de détention solitaire) et dans leurs blocs cellulaires, puis nous organisons des services religieux pour eux avec l’aide de bénévoles venus de l’extérieur.

Par notre présence, nous souhaitons leur montrer qu’ils comptent encore et qu’ils n’ont pas été rejetés par nous et par leurs communautés.

Bien que nous ne puissions pas facilement changer le système, nous souhaitons témoigner du fait qu’ils demeurent des enfants de Dieu dont la libération peut commencer même au cours des années qu’ils doivent vivre derrière les barreaux.

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Le révérend Tim Smart est aumônier à la prison de Cowansville et pasteur à l’église anglicane Grace de Sutton.

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L’Amour en 3 Dimensions (français), Love in 3D (anglais).

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet en anglais ou par Internet en français.
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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Le détenu et le moine australien

Au début des années 80, je faisais partie d’une équipe de débats oratoires. La McGill Debating Union qui était, et est encore, une des meilleures équipes de débat du monde anglophone.

Colin McGregor | Dossiers Chronique du prisonnierReligion et spiritualité

Catho-anti-capotePersonne n’en connaît vraiment la raison. Peut-être est-ce le climat politique tendu dans lequel McGill baigne. Une île anglophone dans une mer francophone effrénée, qui permet à ses étudiants de déjouer leurs homologues d’Harvard et d’Oxford sur n’importe quel thème. De la peine capitale au prix de la pizza.

Personne n’a jamais compris pourquoi nous performions si bien, mais cela m’a permis de parcourir le monde. Je ne serai plus jamais aussi intellectuellement intimidant que je l’étais avant, lorsque je brillais en tant que débatteur de la célèbre université McGill.

Rencontre

Il y a plusieurs années de cela, je me suis retrouvé en Australie. Durant des débats à l’Université de Sydney, je suis devenu l’ami d’Anthony, un débatteur nerd. Un être tranquille et passionné de lecture comme moi, dont on se moquait beaucoup – comme c’était aussi mon cas. Et pour que les membres du club de débat se moquent de vous, vous devez être vraiment très nerd.

Nous dînions et nous allions au cinéma, Anthony et moi; nous parlions de philosophie et de Dieu, des sujets peu à la mode, même à cette époque; et nous nous émerveillions du monde à haute voix. Blond, tranquille, au visage d’enfant, il avait grandi, comme moi, surtout en lisant des livres dans sa chambre. Il me montra son bureau, un sanctuaire dédié à l’étude, impeccablement rangé, dont la fenêtre donnait sur une baie lumineuse de l’océan Indien. Nos deux mères étaient mortes alors que nous étions encore jeunes; par conséquent, nous avions dû découvrir par nous-mêmes beaucoup de choses sur la vie.

Chaque fois que nous passions la journée ensemble, Anthony s’habillait de façon formelle, en vêtements bien pressés, souvent avec une cravate et un veston; ce qui est, en Australie, une manière réellement bizarre de se vêtir.

Lorsqu’il croisait des prostituées dans le quartier de Kings Cross au centre-ville, où elles faisaient le trottoir, Anthony exprimait sa frustration de ne pas pouvoir les en empêcher. Il se promit qu’un jour, il travaillerait en ce sens.

Hé, hé, je suis moine…

Des années plus tard, de retour à la maison, on m’a dit qu’il était devenu un moine dominicain. Je me demandais bien, dans ma prison, ce qu’il lui était arrivé.

Un jour, en lisant un magazine, je suis tombé sur une critique d’un de ses livres: Catholic Bioethics for a New Millenium, «Bioéthique catholique pour un nouveau millénaire». Publié en 2012 par les Presses de l’Université de Cambridge, cet ouvrage présente le point de vue de l’Église catholique romaine en matière de santé. On y trouve aussi des propos très francs sur le sexe et les procédures médicales. On reconnaissait bien Anthony sur la photo, avec peut-être le double du poids de sa jeunesse, mais avec le même visage d’enfant bien déterminé.

Ce que les vieux prêtres et les moines pensent à propos de sexe et de médecine peut sembler sans importance pour notre quotidien. Mais cela compte à l’échelle mondiale. En effet, personne sur Terre ne traite plus de patients et ne dirige autant d’hôpitaux que l’Église catholique romaine.

Seulement aux États-Unis, 77 millions de patients par année fréquentent des établissements catholiques; et dans beaucoup de pays, la plupart des hôpitaux sont dirigés par l’Église du pape. Alors, si vous souhaitez subir une opération pour changer de sexe dans ces contrées, vous devez respecter les règles établies par de vieux prêtres et des moines.

Comme Anthony l’explique dans son livre, l’Église ne favorise pas l’avortement et les condoms, pas plus que l’euthanasie pour les patients en phase terminale ou pour les condamnés à la peine capitale. Par contre, elle accepte les transplantations d’organes et elle cherche généralement à prolonger la vie à tout prix. Et oubliez les opérations de changement de sexe. L’Église catholique croit que vous n’êtes pas né homme ou femme sans raison; et que vous ne pouvez pas décider de changer d’équipe en cours de route.

Le magazine The Economist soutient que l’Église catholique a causé le plus grand génocide de l’histoire, par son opposition à la contraception et par la propagation du sida. Beaucoup plus de personnes sont mortes en n’utilisant pas le condom, qu’on en a tué dans les camps de concentration nazis, affirme The Economist.

Péripéties

Dans son livre, Anthony Fisher n’hésite pas à se servir d’un humour australien assez cru pour prouver son point. Il pèse, par exemple, le pour et le contre du sexe avec les poules. Et il en conclut que c’est mal. Car vous ne pouvez pas savoir si la volaille consent aux actes sexuels, écrit-il. Le «non, c’est non» est impossible à déterminer, si les poules ne peuvent que glousser.

Il soutient aussi qu’il ne suffit pas d’écouter sa conscience. Les nazis étaient convaincus de leur bon droit, lorsqu’ils construisaient les chambres à gaz et qu’ils envahissaient des nations. On a commis des crimes horribles pour des raisons que leurs auteurs croyaient justes. L’Église catholique se contente de donner son opinion; c’est à prendre ou à laisser, écrit-il.

Par delà les mers et les continents, je fais parvenir mes livres à Anthony et il m’envoie les siens. Il m’écrit, sur un admirable papier gaufré, qu’il prie pour «la paix de mon esprit».

C’est un homme bien qui organise des groupes de jeunes dans les quartiers pauvres de Sydney… Quoiqu’être pauvre à Sydney signifie que votre famille n’a que deux voitures dans l’entrée, plutôt que les habituels trois voitures et un bateau.

L’Australie est un pays vaste et riche où chacun vit loin de l’autre, sur de larges terrains remplis d’équipements sportifs qui le séparent de ses voisins. Vivants entourés de serpents et d’araignées venimeuses, les Australiens tendent à être indépendants, insouciants… et anti-intellectuels.

Anthony progressait dans sa carrière. Vers la fin de 2014, il fut nommé archevêque de Sydney. Sa plus grande préoccupation, lors de sa prestation de serment, tournait autour d’un énorme scandale de pédophilie.

Mais seulement deux jours après son élévation à ce poste, une prise d’otages eut lieu à deux rues de la cathédrale où il travaillait. Un sympathisant du groupe terroriste État islamique, Haron Monis, venait de prendre en otages 17 personnes innocentes au Lindt Chocolate Café, dans le quartier commercial de Sydney.
À la fin d’un siège de 16 heures, les policiers ont foncé: 2 otages sont morts, en plus du tireur. On pouvait voir tout cela en direct à la télé. Je l’ai suivi de ma cellule en prison. Le monde est plus petit qu’avant.

Blessures profondes

Les Australiens étaient bouleversés. Quelques heures après la fin du siège, le 16 décembre, Anthony célébra une messe à sa cathédrale de Saint Mary.

«Nous n’avons pas l’habitude d’entendre des mots comme “siège”, “terroriste” et “otages” associés à notre ville disait-il. Pourtant, le jour dernier, nous avons été soumis à des images et à des bruits provenant habituellement de pays étrangers… À l’aube, des coups de feu ont éclaté ; les policiers sont intervenus pour sauver des vies; il y a eu des évasions miséricordieuses, mais aussi des morts. L’enfer nous a touchés… La toile de fond de la lumière, qui se lèvera pour nous à Noël, est tissée de ténèbres… La vérité et la vie souvent viennent à ceux qui se sont égarés… dans ce qui est une culture de la mort plus qu’une culture de la vie.»

Que vous soyez ou non religieux, cela touche un point. Car c’est souvent dans le noir que la lumière nous apparaît plus rayonnante.

Une fresque de graffitis colorés illumine un quartier délabré. Une bonne action accomplie dans une prison, un hôpital ou un faubourg misérable a plus de valeur pour ceux qui en bénéficient que pour celui qui ne manque de rien.

Et parfois, de grandes épreuves sont nécessaires pour amener des personnes à changer. Pour qu’elles réalisent à quel point elles ont de la chance. Pour apprécier ce qu’elles reçoivent. Si vous ne perdez jamais, vous ne pouvez comprendre ce que cela signifie de gagner.

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    Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

    Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

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    Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

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    Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

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    Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

    Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

    Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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    Liberté religieuse en milieu carcéral

    Je dois le reconnaître: avant de travailler à Reflet de Société, je ne m’étais jamais posé de Je dois le reconnaître: avant de travailler à Reflet de Société, je ne m’étais jamais posée de questions sur le milieu carcéral. La vie ne m’avait pas mis en contact avec ce monde et je ne l’avais pas cherché. En discutant avec nos chroniqueurs, j’ai découvert qu’en tant que citoyenne j’étais bien ignorante sur ce sujet. Pour pallier ces manques, je me suis mise en quête de réponses. Celle d’aujourd’hui: à quoi ressemble la liberté religieuse en prison?

    Delphine Caubet | Dossiers Religion et spiritualitéCriminalité.

    milieu carcéral accommodements raisonnables

    Illustration: JuanCa.

    C’est la chronique de Jean-Pierre Bellemare en 2013 qui m’a mis la puce à l’oreille, il y parlait des accommodements raisonnables en milieu carcéral. Mais très honnêtement, j’avais du mal à saisir en quoi une assiette casher ou halal pouvait générer des tensions. Après tout, saupoudrer des aliments d’une prière n’a jamais rien enlevé ou ajouté au goût.

    Contrôle de qualité

    Pour tenter de comprendre «ces frictions quotidiennes» dont il fait référence, je suis allée à la rencontre de Jean-Pierre. Et ses explications m’ont laissée pantoise.

    «Ces régimes alimentaires entraînent un genre de contrôle de qualité», m’explique-t-il. Les détenus cuisinent eux-mêmes les repas et le cœur n’est pas toujours à l’ouvrage. Pour les diètes suivies et validées par un chef religieux, il y a une vérification des aliments et de leur qualité. Alors de suite, une différence peut se faire sentir.

    Autre point que je n’avais pas envisagé: la propagation des maladies. Pour chaque diète, il y a des ustensiles de cuisine différents, avec des aliments dans des frigos différents… «Alors si une cuillère est mal lavée et qu’elle est réutilisée dans un chaudron, ça peut être toute la prison qui attrape la gastro. Sauf ceux avec une diète spéciale puisque leur repas est préparé séparément.»

    Jean-Pierre n’est pas avare d’exemples de tensions résultant des accommodements raisonnables en prison. Il parle du marchandage des tapis de prière des musulmans ou du tabac réservé aux autochtones pour leurs cérémonies. Autant de matériel propice aux tractations diverses.

    Mais pour en apprendre davantage sur la religion en milieu carcéral, je suis allée voir l’un des hommes en 1ère ligne: l’aumônier.

    Lentement mais sûrement

    Si la pratique de la religion peut entraîner des tensions, elle n’en reste pas moins utile et nécessaire pour bien des détenus.

    Tim officie en milieu carcéral depuis plusieurs années et comme il le dit: «Travailler dans un pénitencier est un défi personnel. Les concepts d’amour et de pardon y sont plus vrais. Il y a un cœur sous cette peau de macho.» À quoi il ajoute sur le ton de la plaisanterie que ce n’est pas sa «gang» habituelle. Je veux bien croire.
    Durant ses visites, la religion n’est pas toujours impliquée. «Les détenus se font presser par les gardiens… par tout le monde… Moi je ne suis pas psy, j’attends l’autre. Ils doivent respirer. Cela peut être prendre une marche ou autre chose.» Lui a l’avantage de pouvoir se déplacer à sa guise dans le pénitencier, et va à la rencontre de ses ouailles là où elles se trouvent.

    Mais Tim, les détenus viennent-ils vraiment parler versets et chapitres bibliques avec vous? «Mon rôle est surtout d’écouter. Des détenus peuvent être frustrés; ils sont de bons gars et pourtant ils sont toujours là. Je vois le désespoir et la frustration; je suis là pour faire diminuer la pression.»

    Soupape de sécurité

    Après ces entrevues, force est de constater que la religion en milieu carcéral n’implique pas nécessairement la religion. Mais son utilité n’en est pas moins importante. Les chefs spirituels même s’ils ne sont pas toujours bien accueillis (à part les bouddhistes, précise Jean-Pierre, qui sont encore les seuls à avoir bonne presse) ont un rôle important: diminuer la pression.

    Pour Jean-Pierre (libéré depuis 2 ans), la religion et la spiritualité en général ont une place importante dans sa vie. Et si vous aviez vu comme moi les retrouvailles entre l’aumônier et l’homme libre, vous auriez aussi envie de dire au Premier ministre Harper que finalement ces hommes et ces femmes font la différence.

    En tout cas, Jean-Pierre tient à ce que ce soit son aumônier qui célèbre son mariage l’été prochain.

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