Graffiti à Fermont pour le Festi-Mur

Graffiti et culture Hip hop en région

Le Café-Graffiti à l’assaut de Fermont

Fermont est un village au nord de Sept-Îles, près du Labrador. C’est une ville minière, protégée des vents violents et des tempêtes de neige par un immense mur de plus d’un kilomètre de long. Tous les commerces, l’école, la bibliothèque, l’hôtel, la piscine et l’aréna se retrouvent à l’intérieur de ce fameux mur.

Martin Ouellet   Dossiers Hip-Hop, Graffiti

À l’occasion du Festi-Mur de Fermont, trois délégués du Café-Graffiti, DJ Mini Rodz, Naes (DJ et graffiteur) et Back175 (graffiteur), ont été invités par la maison de jeunes de l’endroit pour animer cette ville nordique. Nous les avons rencontrés à leur retour afin qu’ils nous parlent de leur expérience d’ambassadeurs de la culture hip-hop…

Comment avez-vous réagi lorsque vous avez appris que vous étiez invités à Fermont?  Aviez-vous déjà entendu parler de cet endroit-là?

DJ Mini Rodz: Évidemment, on était super enthousiastes!  Raymond Viger (le directeur du Café-Graffiti) nous avait déjà parlé du mur de Fermont et ça nous avait pas mal intrigués. Le Café-Graffiti est depuis longtemps en contact avec la maison de jeunes là-bas. Ils ont été parmi les premiers abonnés du Journal de la Rue en 1992 et ils étaient déjà venus à Montréal, visiter le Café en 2000. Suzanne, la coordonnatrice, a donc pensé aux artistes du Café-Graffiti pour animer la Fête du Mur. Et comme nous sommes toujours prêts à relever de nouveaux défis, nous avons accepté immédiatement!

Comment s’est passé le voyage en avion?

Dj Mini Rodz: Je n’avais jamais pris l’avion de ma vie et j’avais très hâte de voler! Le vol durait cinq heures, avec une escale à Québec et une autre à Sept-Îles. Ensuite, nous avons atterris à Labrador City et de là, une voiture nous attendait pour nous amener à Fermont. Pour un baptême de l’air, c’en était tout un: trois décollages et trois atterrissages!  En plus, au décollage, Naes a renversé son café sur moi. Résultat: le vol a été retardé de près d’une heure pour nettoyer les bancs. Disons qu’à mon arrivée, j’empestais pas mal le café!

En parlant de Dj Naes et de café, j’ai une autre anecdote pour toi! Imagine-toi donc que durant notre séjour, Dj Naes a acheté du café à l’épicerie. Jusque-là, ça va. Sauf que, distrait comme d’habitude, il avait oublié de moudre les grains!  Le lendemain matin, aux petites heures, il a eu beau rouspéter, nous l’avons obligé à retourner avec son petit sac de grains à l’épicerie faire ce qu’il avait oublié de faire la veille!

Dj Naes: Pour en revenir au voyage en avion, tout s’est bien passé, sauf que nous avons eu des sueurs froides en constatant que les cannettes de peinture pour les murales n’étaient pas arrivées à destination. Elles étaient restées à Sept-Îles. Heureusement, après plusieurs coups de fil, nous les avons récupérées à temps et tout est rentré dans l’ordre.

Vous deviez contraster pas mal avec les gens de la place à votre arrivée à Fermont?

Dj Mini Rodz: Disons qu’on ne passait pas inaperçus! On portait tous une combinaison hip-hop identique, avec le logo d’un commanditaire, et la tuque de Naes intriguait pas mal les curieux. La mode vestimentaire hip-hop n’existe pas à Fermont, alors, on attirait forcément les regards. Tout le monde savait, juste en nous voyant, qu’on était les animateurs de Montréal. Dans les différents endroits où nous sommes passés, les gars surveillaient leur blonde de près… Ceci dit, les réactions étaient très positives, les jeunes étaient contents de recevoir de la visite et de découvrir la culture hip-hop, à laquelle ils n’ont pas accès habituellement autrement que par la télévision.

En quoi consistait votre contrat d’animation?

Dj Naes: Nous avons animé une première soirée le vendredi, à la maison de jeunes. Durant l’après-midi, Rodz a complètement redécoré le local, qu’il trouvait un peu terne, déprimant. Il a installé une boule disco, a réaménagé l’espace pour donner une ambiance de «party». Devant une quarantaine de jeunes de 18 ans et moins, qui n’avaient, pour la plupart, jamais vu de DJ’s à l’œuvre, DJ Big Rodz et moi, on a «spinné» et j’ai réalisé une murale de 12 pieds de long avec Back175. Tout le monde était hyper enthousiaste et tripait. Même les rockers dansaient!

Le lendemain, nous avions le mandat d’animer un autre «party», à l’aréna, cette fois. Il y avait plus de monde présent et également davantage d’ambiance, car la soirée était aussi ouverte aux adultes. Des gens se sont même déplacés de Labrador City pour y assister. Nous avons donné un cours de DJ à deux jeunes filles de la place et nous avons permis à un jeune MC de 12 ans, Yoan Castillou originaire de Montréal, mais résidant à Fermont, de devenir une star d’un soir en lui cédant le micro! Disons que ses camarades étaient pas mal impressionnés, surtout qu’ils ne le prenaient pas très au sérieux avant… Dommage quand même, que ça prenne la reconnaissance d’artistes de l’extérieur pour faire respecter le talent local…

À l’aréna, j’ai également fait une murale avec Back175 sur des panneaux géants. Notre œuvre représentait le nom de la ville de Fermont, avec dans le O stylisé un mineur en train d’opérer un marteau-piqueur. Les mineurs nous ont regardé «graffer» avec beaucoup d’intérêt. Nous avons même entendu dire, entre-temps, que les panneaux avaient été exposés au centre d’achat de Fermont!

Est-ce que c’est différent de faire bouger les jeunes d’une ville comme Fermont?

Dj Mini Rodz: Premièrement, les gens sont beaucoup plus attentifs, ils participent davantage que dans les grandes villes, où le monde est un peu blasé. Là-bas, ils ne connaissent pas beaucoup le hip-hop, il n’y a jamais de spectacles et les jeunes s’ennuient car il y a peu d’activités pour eux. C’était donc un super beau défi pour nous autres de venir les divertir et leur faire partager notre culture.

Ensuite, au niveau du choix musical, nous n’avons pas mixé avec les mêmes vinyles que d’habitude. Il fallait nous adapter à notre public, c’est pourquoi nous avons opté pour des «hits», des valeurs sûres, des morceaux qui ont tourné à Musique Plus, par exemple, et moins de nouveautés.

Vous êtes vous demandés comment ça serait d’être jeune et d’habiter un endroit comme Fermont?

Dj Mini Rodz: J’imagine que j’aurais fait comme les autres jeunes de la place, je serais parti à dix-sept ans, pour poursuivre mes études ailleurs! Ou, qui sait, peut-être que je serais devenu travailleur de rue ou pourquoi pas propriétaire d’une des deux tavernes de la place!!!  Sans blague, il y a peu d’options possibles au niveau de l’emploi à Fermont. Tous les hommes travaillent à la mine, les femmes travaillent dans les commerces, les restaurants, les services, les bars, les services publics…

Pensez-vous que ça peut aider à la croissance du hip-hop d’aller animer en région?

Dj Mini Rodz: Tout à fait. Ça aide à promouvoir la culture. Les gens sont heureux qu’on se déplace pour aller les rencontrer chez eux et leur présenter notre art. Ça suscite la curiosité et c’est sûr qu’il va y avoir des retombées. Déjà, des jeunes de la place nous ont demandé une liste de CD’s qu’ils vont commander à leur disquaire. Malheureusement, il est difficile pour eux de se tenir au courant des parutions récentes, car il n’y a pas de scène locale et même la radio accuse un certain retard. Les jeunes ont presque tous internet, on imagine qu’ils «downloadent» (téléchargent) pas mal de MP3, mais nous sommes contre ça. Sauf que présentement, ils n’ont pas tellement le choix.

Dj Naes et Dj Mini Rodz: En finissant, on voudrait offrir un  «Big up» à Nady Sirois, Kathy Laplante et Suzanne Synott, les responsables de la Maison de jeunes de Fermont!  Gros merci également à tous les jeunes et aux parents qui sont venus fêter avec nous!  À la prochaine!

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Le livre d’or du Café-Graffiti

mission Café-Graffiti Le Café-Graffiti est un projet d’intervention sociale créé par l’organisme Journal de la Rue et soutenu financièrement par les abonnements au magazine de prévention et de sensibilisation Reflet de Société.

Créé en 1997, la mission du Café-Graffiti est d’offrir un milieu de vie pour les jeunes marginalisés. La culture Hip hop y règne en maître. Breakdance, Graffiti, Rapper et DJ s’en donnent à coeur joie et utilisent les services du Café-Graffiti mis à leurs dispositions.

Des jeunes stimulés et passionnés

Le Café-Graffiti est une cohabitation de jeunes et de projets qui les stimulent et les passionnent. Ils peuvent s’y réunir pour discuter, y trouver une oreille attentive pour répondre à leurs besoins. De plus, le Café Graffiti veille à faire reconnaître professionnellement les jeunes artistes tout en les aidant à combattre leur exclusion.

Ces artistes émergeants provoquent une énergie créatrice stimulante. Devant ce trop-plein créatif, le Café-Graffiti soutient ces jeunes pour qu’ils exportent leur talent. En présentant leurs œuvres ou leurs spectacles devant un public de plus en plus nombreux, nos jeunes artistes goûtent à la reconnaissance tout en étant rémunérés.

Des jeunes qui prennent leur place

Certains de nos jeunes décident ensuite de retourner à l’école, d’autres d’ouvrir un commerce. Il y en a qui développent leur art de façon à en vivre. D’autres seront animateurs pour les jeunes de la relève, prenant ainsi la place de la génération précédente.

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Trackmaster: breakdance et Union des artistes

De Québec à Montréal, en passant par la Californie

Trackmaster, du break dance à l’état pur

Trackmaster, alias Carl Godin, est un jeune champion de breakdance au parcours assez inusité. Né à Limoilou, il y est demeuré jusqu’à l’âge de sept ans. Il a vécu la fin de son enfance à Beauport, puis a passé cinq ans en Californie, à Oakland, Alameda County. C’est là qu’il est devenu bilingue et a découvert la culture hip-hop en écoutant l’animateur Fab Five Freddy à Yo-MTV.

Par Martin Ouellet   Dossiers Breakdance, Hip-Hop, Culture

break-dance

En 1991, avec sa mère, il déménage à Saint-Hilaire, et présentement, il vit en appartement à Montréal! Du chemin, il en a fait durant ces années, et pas seulement en kilomètres… Trackmaster a remporté de nombreux concours de breakdance, il a souvent passé à la télévision (à l’émission de Julie Snyder, entre autres), dans des pubs (Bell mobilité), des téléséries (2 frères) et des vidéoclips. Pendant de nombreuses années, Trackmaster a enseigné sa passion à de jeunes b-boys et b-girls en herbe dans les écoles primaires et secondaires et dans les studios de danse. Il compte pas moins de 60 élèves réguliers.

Ce n’est pas tout: Trackmaster a été le premier représentant de la culture hip-hop, à titre de danseur, à faire partie de l’Union des Artistes (UDA)… Son secret: se surpasser, garder une attitude positive, ne refuser aucun défi et surtout, persévérer. Reflet de Société a voulu en découvrir un peu plus en s’entretenant avec lui :

Comment as-tu été initié au breakdance?

Trackmaster: J’ai découvert la culture hip-hop en Californie, quand j’y ai vécu (de 1987 à 1991), par la mode vestimentaire et la musique. Sauf que dans ces années-là, le breakdance était «out of style», (démodé), aux U.S.A. En fait, les b-boys allaient presque tous danser en Europe. C’est plutôt à Montréal, en 1996, dans un party rave que j’ai découvert le breakdance de mes propres yeux. J’ai vu performer Tactical Crew et j’ai eu un choc incroyable! Je redécouvrais le old school* à travers une nouvelle génération de danseurs et j’ai immédiatement su que je voulais m’entraîner pour devenir membre de cette équipe. Je suis passé par plusieurs groupes (Rockwell Crew à Beloeil, QC Rock Crew à Québec, etc.) et j’ai fini par atteindre mon objectif: percer dans Tactical Crew.

Qu’est-ce que le breakdance a changé à ta vie?

Trackmaster: Le breakdance m’a fait évoluer, m’a permis de créer des liens solides avec d’autres personnes, de développer ma créativité et m’a empêché de sombrer dans la délinquance, comme d’autres jeunes qui n’ont pas de passion pour s’accrocher.

J’ai toujours aimé le «beat»(rythme). Si je n’avais pas pratiqué le breakdance, j’aurais sûrement fait une autre sorte de danse. Mais la danse, ce n’est pas que physique, pour moi, c’est une discipline et une philosophie, un peu comme les arts martiaux. Sans t’enfler la tête, en restant fidèle à soi-même, tu apprends à ne pas avoir froid aux yeux, à ne pas te laisser intimider, à croire en ton potentiel. Quand tu sais ce que ça demande pour s’entraîner, tu encourages les efforts des autres. Même pendant une compétition, tu n’oses plus rire des maladresses des autres. Le respect attire le respect…

As-tu vécu beaucoup d’intensité dans ta carrière de b-boy?

Trackmaster: Ce qui a lancé ma carrière, ça été mon premier prix comme b-boy solo, en juin 1997, au K.O.X., à Montréal. C’était la toute première compétition de ma vie, je n’avais même pas encore un an d’expérience comme danseur, j’étais un inconnu total! J’ai battu Shockwave, un membre de Tactical Crew qui était pas mal meilleur que moi. Je crois que j’ai gagné parce que j’ai eu le «guts» de confronter quelqu’un que personne n’osait affronter, alors que je n’étais qu’un débutant. En tout cas, ça été un énorme «boost» de motivation et la reconnaissance a suivi. Par après, j’ai remporté plusieurs premières places, mais celle-là restera toujours unique pour moi…

Les retombées ont été positives suite à cette compétition : contrats de pubs, figuration, apparitions à la télé, etc. Quand je suis passé à l’émission de Julie Snyder, c’était le soir de la fête de Céline Dion et il y avait plus de 400 000 spectateurs! J’ai profité de cette entrevue très médiatisée pour parler de la culture hip-hop devant un large public. Mon entrée dans l’Union des Artistes a marqué un autre tournant dans ma carrière.

Ce n’est pas contradictoire d’être un danseur «underground» et d’être membre de l’UDA?

Trackmaster: Contrairement à ce que le monde hip-hop pense en général, l’Union des artistes est là pour protéger les artistes et non pour les exploiter. C’est sûr qu’il y a des frais à payer et des cotisations pour devenir membre, mais les cachets que tu reçois sont bien plus élevés, alors ça compense. Je vais te donner un exemple: l’autre jour, un bar m’a contacté pour une performance. Ils m’offraient 50 $. Je leur ai dit que j’étais membre stagiaire de l’Union des artistes et ils ont vérifié mon numéro à l’UDA. Ils m’ont rappelé et ont révisé mon cachet à 450 $! Souvent, les artistes prennent des ententes verbales avec les promoteurs et les producteurs, mais quand tu es membre de l’UDA, l’Union négocie les contrats pour toi et tu en sors toujours gagnant, car au moins il y a un plancher minimum assuré. En plus, grâce à l’Union, tu décroches davantage de contrats et ils te donnent des conseils pour ton porte-folio.

Alors, quand j’entends des jeunes me dire: «Hey, man, t’es pas true (authentique) parce que t’es dans l’UDA!», ça me fait rire un peu. J’en connais même qui jettent les formulaires aux poubelles! Moi, je considère que ça te donne de la crédibilité et du sérieux comme artiste.

Est-ce qu’un marginal comme toi peut faire un bon pédagogue, un bon prof?

Trackmaster: Le plus important: je travaille dans le plaisir et je considère que c’est un privilège d’être payé à faire ce que tu aimes. Les jeunes reçoivent cette «drive» de bonheur et ils s’amusent en apprenant.

Je respecte le rythme personnel de chaque élève, je ne crée aucune compétition entre eux. Je suis un prof, pas un arbitre. Chaque personne est différente, a son caractère, ses faiblesses, c’est ce que je veux leur faire comprendre. Je leur répète souvent que ça sert à rien de copier mon style, ils doivent inventer le leur, rajouter leur couleur personnelle.

Finalement, je dirais que c’est valorisant d’aider quelqu’un à se dépasser, à se valoriser lui-même, en préparant un show, par exemple. Les jeunes délinquants font de très bons élèves, contrairement à ce qu’on pense. Ce sont souvent les plus rebelles qui sont créatifs. En plus, quand ils sont avec moi, je sais qu’ils sont occupés, qu’ils se disciplinent, ce qui leur évite d’être ailleurs et peut-être dans le trouble.

Quelles valeurs t’ont guidé dans ta carrière?

Trackmaster: Ne jamais abandonner, même quand c’est difficile et avoir une attitude positive, de la détermination et de la motivation. Respectez les autres et vous serez respectés. «What goes around comes around», comme on dit en anglais. Autrement dit, si t’émets des bonnes vibrations, tu vas en recevoir en retour.

Maintenant que tu es reconnu champion, comment vis-tu ta relation avec les autres b-boys?

Trackmaster: En compétition, plusieurs refusent de se mesurer à moi. Si les breakeurs se méfient de moi, c’est vraiment pas bon, ça va me rendre anxieux de danser contre eux… J’aimerais que les b-boys et les b-girls me challengent davantage pour que je garde la touche compétitive. Ils devraient voir ça comme un défi d’affronter un vétéran. Moi, c’est comme ça que j’ai appris: en défiant des danseurs plus expérimentés que moi. De toute façon, on va s’amuser comme des fous car j’ai autant à apprendre d’eux qu’eux à apprendre de moi!

Te reste-t-il des rêves, des objectifs à atteindre?

Trackmaster:Pour le moment, je ne suis pas membre à part entière de l’UDA, je suis stagiaire, en probation en quelque sorte. Pour devenir membre actif, il faut accumuler trente crédits. Je suis rendu à neuf. Donc, un de mes objectifs est d’obtenir les crédits qui me manquent en faisant des contrats. Évidemment, je veux continuer la pratique, la compétition et les cours de breakdance. D’ailleurs, après les Fêtes, je commence à offrir des cours de break au Café-Graffiti, pour les 8 ans et plus. J’invite les jeunes à venir se pratiquer, apprendre ou perfectionner leurs talents avec moi. Je vais enseigner plusieurs styles, dont le boogie, le wave, le ticking, le locking, le popping, les powermoves, le up rock, down rock, etc. Avis aux intéressés…

Comment un rebelle de la danse peut-il recevoir de l’aide dans son cheminement?

Trackmaster: Ma mère m’a toujours encouragé, elle m’a incité à développer mon talent depuis de nombreuses années. Mon père, même s’il m’a toujours conseillé la prudence, respecte aussi mon choix et ne regrette pas de m’avoir fait confiance depuis que c’est devenu sérieux. Tupac, Eminem et Biggie ont été des modèles pour moi. Je ne voudrais surtout pas oublier de remercier les gens de la scène hip-hop locale comme Les Architeks (DJ Ray Ray, Cast, Stratège, 2saï), Tactical Crew, Red Mask, QC Roc Crew (Studio Party Time), Rockwell Crew, Vice-Verset, Shades of Culture, Catburglaz, Shaheed aka Versatile (Musique Plus), Mtl Breakers (Walken Charlot), la Structure (DJ Nerve, Simon, Louis), BU the Knowledgist, Virus, Traumaturges (Joual style), tout le south shore (DJ Shortcut), le Café-Graffiti et tous mes étudiants. Peace, yo!

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Battle breakdance hip hop des meilleurs breakers de Montréal

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Démolition de l’échangeur Turcot et lutte citoyenne

Démolition de l’échangeur Turcot

Le graffiteur et peintre Arpi; art et lutte citoyenne

Avant de mettre son art au service des Montréalais affectés par la démolition de l’échangeur Turcot, le peintre et graffiteur Arpi a marqué de sa signature autobus, trains et édifices aux quatre coins de l’Amérique du Nord. Portrait d’un graffiteur invétéré devenu artiste professionnel.

François Richard                     Dossier Graffiti, Communautaire

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L’implication d’Arpi dans la lutte contre la démolition de l’échangeur Turcot est le résultat d’un processus entamé il y a trois ans par le jeune artiste qui est passé durant cette période, non sans quelques difficultés, de graffiteur délinquant à artiste professionnel. Pietr Sijpkes, le propriétaire des Neufs Sœurs, édifice de Pointe-Saint-Charles où Arpi présente habituellement ses expositions, a constaté cette transformation. «Son style et le message qu’il communique ont beaucoup évolué depuis trois ans. À l’instar d’autres jeunes artistes, Arpi investit les endroits représentant les aspects sales du développement économique: les gares de triage, les usines désaffectées. Il est en quelque sorte le canari dans la mine du développement de nos villes.»

Un graffiti de par le monde

Le principal intéressé avait une vision plus terre-à-terre de son art lorsqu’il a commencé à faire des graffitis au début de son adolescence, il y a une douzaine d’années. «J’aimais l’idée que les gens connaissent mon nom sans me connaître, d’avoir une reconnaissance de la rue.» Cette reconnaissance finira par s’étendre à l’ensemble de l’Amérique du Nord, alors qu’Arpi appose sa griffe sur des trains de marchandises qui circulent aux quatre coins du continent. En consultant des sites Internet dédiés aux passionnés des trains, Arpi aperçoit son nom sur des wagons qui ont été photographiés dans des villes aussi éloignées de Montréal qu’Atlanta ou Chicago.  «Ces trains se rendent jusqu’à la frontière du Guatemala et du Mexique», souligne-t-il avec un brin de fierté.

Graffiteur délinquant

Tout au long de son adolescence, le graffiti prend sans cesse plus de place dans la vie d’Arpi. Il décide d’ailleurs d’abandonner ses études en graphisme, dans un cégep de Montréal, afin de tenter sa chance dans le design de skateboard, dans l’Ouest canadien. De retour au Québec après quelques mois d’aventures, Arpi vivote entre les petits boulots et la délinquance. «Je peignais à l’époque sur plus de 300 trains par année, je volais ma nourriture et je sautais les tourniquets dans le métro», raconte-t-il. Il aura finalement des ennuis avec la justice. «Je me préparais à repartir en voyage, mais j’ai été arrêté par la police après avoir fait un graffiti. Je n’avais donc plus le droit de quitter le pays.»

Le graffiteur trouve alors un emploi de sensibilisation et d’alternative au vandalisme auprès des jeunes du quartier Hochelaga-Maisonneuve, dans le cadre du projet «Y’ a quelqu’un l’autre bord du mur». Le graffiteur passe durant quelques mois ses journées à transmettre aux jeunes l’importance de respecter la propriété d’autrui et à réaliser des œuvres d’art avec eux. Un jour, il passe devant le Café Graffiti et décide d’y entrer pour voir les toiles qui y sont exposées.

Un graffer nouveau genre

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L’association entre Arpi et l’équipe du Café Graffiti s’est avérée fructueuse. Le graffiteur a profité du matériel et des installations mis à sa disposition pour  apprivoiser un nouveau médium: la peinture sur toile. Bien qu’il réalise toutes ses toiles avec de la peinture en aérosol, «il ne s’agit plus de graffitis, insiste-t-il. Le graffiti n’est pas un type d’œuvre en particulier, mais le fait de peindre sur une surface qui n’est pas destinée au travail artistique.»

Durant ses premiers mois au Café Graffiti, Arpi met sur toile un univers qu’il connaît bien, celui des trains. «J’ai grandi près d’une gare de triage en banlieue de Montréal. Mon premier graffiti a été réalisé sur un train», explique-t-il. La vente de certaines de ces toiles lui permet d’acheter du matériel pour en réaliser d’autres. Les commandes et les expositions suivent… La clientèle du Café Graffiti, puis la sienne, lui permettent éventuellement de vivre de son art. Si la majeure partie de son travail est constituée d’œuvres réalisées sur demande, Arpi consacre tout de même beaucoup de temps à ses propres créations.

Loin de se sentir restreint par le cadre dorénavant plus officiel de son travail, la peinture sur toile permet à l’artiste de s’extérioriser d’une façon nouvelle et satisfaisante. «Les toiles légales me permettent d’être plus extraverti dans mon travail que les œuvres illégales que je réalisais dans le passé. J’ai plus de temps pour les réaliser, je n’ai plus besoin de me cacher.» Arpi pratique en effet maintenant son art en public lorsque le climat le permet. «L’été, je peins sur la rue Sainte-Catherine. Les gens s’arrêtent et échangent avec moi à propos de mon travail. Malgré la vision négative qu’ont les gens du médium que j’utilise, le feedback que je reçois de ces échanges est positif.»

Le graffiti au service de nos valeurs

Depuis qu’il a commencé à peindre, Arpi a utilisé son art pour exprimer ses valeurs. Ces dernières, comme lui, se transforment avec le temps. Il insiste sur le fait que son travail représente qui il est. Il se dit fier de contribuer à des combats comme celui de l’échangeur Turcot, tout en restant prudent quant à l’impact qu’il peut avoir. «C’est quand même juste de la peinture. Ce n’est pas ce dont les gens ont le plus besoin. Personne ne va habiter dans une de mes toiles.» Arpi souhaite tout de même poursuivre ses apprentissages par le biais de la peinture et maximiser, entre autres par le travail en plein air, le nombre de bonnes relations qu’il noue avec les gens qui croisent sa route. «La vie nous retourne ce qu’on lui a donné», conclut-il.

Échangeur Turcot, lieu prisé des graffiteurs

L’échangeur Turcot est un lieu très prisé des graffiteurs montréalais. Les artistes de l’aérosol apprécient les immenses structures de béton «vierges» (pas encore peintes) des lieux, en plus de son aspect abandonné, qui leur permet d’œuvrer sans tourner la tête à tout instant par peur des policiers. Le fait que le lieu soit fréquenté par un grand nombre de graffiteurs en attire toujours de nouveaux qui souhaitent que leur travail soit admiré avant tout par des gens qui partagent leur passion.

Le site serait très fréquenté depuis le milieu de la décennie 2000. Il constitue pour les graffiteurs un prolongement du T-A Wall, un ensemble de pylônes sous l’autoroute Ville-Marie dans le centre-ville de Montréal qui, victime de son succès, serait dorénavant saturé au point que ceux qui souhaitent y laisser leur marque doivent d’abord apposer une couche de fond sur le béton.

Un morceau de Turcot en souvenir

Le site de l’échangeur Turcot connaît le même sort alors que les surfaces qu’il offre aux graffiteurs sont de plus en plus recouvertes d’œuvres de qualité très diverses. Les meilleures d’entre-elles peuvent toutefois être conservées. Le béton de la structure autoroutière est en effet tellement friable qu’il est possible d’en détacher de larges fragments et de ramener à la maison les œuvres le recouvrant. Pour les nostalgiques d’un lieu appelé à disparaître…

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Photos de Murales et fresques urbaines.

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Au détour d’une entrevue

Au détour d’une entrevue

Par Estelle Gombaud

Dossier Forum Jeunesse France-Québec

L’entrevue est fixée pour 11h. Nous arrivons en retard de 10 bonnes minutes après avoir emprunté un passage étroit d’une des nombreuses rues de Tonnerre, censé raccourcir notre temps de trajet. Mais qu’importe, nous entrons. Joseph, Gabriel et moi, le sourire aux lèvres, nous asseyons sur les chaises de bureau rouges, prêts à tout raconter.

Les premières questions de Marc, journaliste pour l’Yonne Républicaine, nous donnent le ton. Il veut savoir qui nous sommes et les raisons de notre présence au Forum de la Jeunesse de Tonnerre.

Nos regards se croisent. Joseph se lance. Il nous parle de son parcours, des raisons de sa présence à Tonnerre, des attentes qu’il avait face à ce stage et qui s’avèrent être totalement différentes de ce à quoi il s’attendait. Mais tant pis, il est là pour apprendre, évoluer artistiquement et couvrir le Forum. Je vois dans ses yeux qu’il aime être là.

Un peu du Café-Graffiti à Tonnerre

C’est Gabriel qui prend le relai. Avec son plus grand sourire et une aisance impressionnante, il nous explique les raisons de sa présence. Le lien entre le Café-Graffiti, Reflet de Société, Raymond Viger, Christine et le Forum de la Jeunesse est vite compris. Ce qui est sûr c’est que sans eux, le Forum n’aurait pas pu exister.

Il raconte avec une grande simplicité que ce Forum de la Jeunesse est certes le fruit d’un échange France-Québec, mais que la présence des artistes du Café-Graffiti est importante pour les jeunes Tonnerrois. Leur but est simple: laisser une trace pour donner à cette jeunesse Tonnerroise l’envie d’aller plus loin, de continuer à faire vivre l’art du graff, du break-dance ou de toute autre forme d’expression qui pourrait susciter son intérêt. Cela bien au-delà des deux semaines du Forum.

Mon Québec en France

Puis c’est mon tour de prendre la parole. Le contexte d’entrevue me pousse à me dévoiler. Je veux que ce Forum soit une réussite. Ce que j’apprends grâce à lui est professionnellement, mais aussi humainement enrichissant.

J’explique que je suis là pour un stage, que ce stage sort de l’ordinaire et que si mes compagnons d’école me voyaient, ils lâcheraient les photocopies et les tasses de cafés chauds, désertant leur siège de bureau pour venir me rejoindre.

Je ne sais pas si je dois continuer mais je continue. Je dois leur dire que je suis heureuse d’être là. Que je prends du plaisir à partager chaque minute de ma vie avec les 11 québécois qui m’entourent. Que finalement, cette cohabitation est intense. J’aime ce que je vis. Tous ces échanges et cette dynamique québécoise font de mon stage un évènement hors du commun. Vivant 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 avec des personnes initialement inconnues rend cette expérience forte et magique. Chacun des 11 participants québécois est une personne à part, avec sa vie, ses idées, ses forces et ses faiblesses. J’aime ce groupe. Je le trouve beau. Chacun d’entre eux est et sera pour moi une belle rencontre.

Ce petit avant-goût du Québec me donne envie de partir dès maintenant pour Montréal. Mais ce qui nous attend pour le Forum est tellement fort que Montréal attendra.

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

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Vidéo: on vous explique le Forum de la Jeunesse 2010 en 5 minutes

Vidéo: Forum de la Jeunesse 2010

Par Joseph Elfassi      Dossier Forum Jeunesse France-Québec 2010

Le Forum de la Jeunesse arrive à grand pas! AHEROSol, le groupe de break-dance Québécois, et Fluke, le graffeur Montréalais, arrivent dans quelques jours pour préparer des ateliers avant le Forum de la Jeunesse 2010, qui mettra en valeur le graff, le break-dance et la prise de parole de la jeunesse citoyenne de Tonnerre, en Bourgogne!

 

Tandis que nous les attendons avec impatience ici, il nous fallait expliquer clairement aux Tonnerrois et aux Français la nature du Forum de la Jeunesse: son programme, détaillé, mais de façon divertissante!

Et le Forum est en train de devenir un événement incontournable en Bourgogne!

Le CRIJ révèle notre programmation!

Le Forum de la Jeunesse 2010 de Tonnerre est un évènement soutenu par le réseau ferré Ter-Sncf de Bourgogne.

Nous sommes dans l’Agenda du Conseil Régional de Bourgogne

Le Forum est, évidemment, visible sur la page web de la ville de Tonnerre.

Nous avons même parlé des stages de graff et break-dance sur Radio France-Bleu Auxerre

Rejoignez notre groupe facebook: Forum Jeunesse 2010

Nous sommes sur twitter: forumjeunesse10

Notre compte youtube: http://www.youtube.com/user/ForumJeunesse2010

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Une longue guérison

Une longue guérison

Dossier prostitution et Sexualité.

Anita entre comme un coup de vent au Café Graffiti. Impossible de ne pas la remarquer. Elle parle fort et interrompt tout le monde. Elle s’impose aux gens, leur laissant peu de place, comme si elle seule existait. La présence d’Anita est pesante. Elle traîne avec elle plus d’un traumatisme qui tardent à guérir.

Dominic Desmarais

Anita vient de passer cinq ans dans un monde de violence. Forcée par son petit ami à vendre de la drogue dans des bars miteux de Québec, elle a ensuite prit le chemin de la prostitution. Elle était quotidiennement battue et menacée de mort par son proxénète, jusqu’au jour où il a tenté de l’assassiner au couteau. Pour sauver sa vie, la jeune femme a dû sauter d’un deuxième étage.

Dans ses pensées, le temps semble s’être figé à cette période de sa vie. Anita pense beaucoup à cet homme qui l’a tant fait souffrir. Pour s’aider, elle s’ouvre par l’écriture, une façon pour elle d’exorciser ses démons. «J’ai réussi à affronter ma peur de me faire tuer. Je vivais avec ça, incapable d’en parler. Mais en m’ouvrant, le mal est sorti», raconte-t-elle fièrement en prenant soin d’ajouter qu’elle peut maintenant marcher sans se retourner.

La peur de mourir à tout instant s’est dissipée mais Anita n’est pas encore guérie. Elle a de la difficulté à écouter les autres. Sa tête est trop pleine de ses pensées qui la maintiennent en état d’alerte. Ça lui donne beaucoup de difficultés à gérer les épreuves que la vie lui envoie. Le stress la gagne rapidement, provoquant un état de panique qu’ amplifie son traumatisme antérieur. Chaque choc l’isole dans ses pensées et l’éloigne de la guérison.

Il y a un an, alors qu’elle prenait du mieux, la découverte d’un cancer la ramène à la case départ. Anita retombe alors dans ses vieilles habitudes de consommation de drogue. Elle ne voit rien d’autre pour se calmer. Du coup, elle s’apitoie sur son sort. Ses pensées la ramènent à ses mauvais souvenirs qui recommencent à la hanter.

D’un traumatisme à l’autre

Avant d’entrer dans le monde de la drogue et de la prostitution, Anita venait de vivre un épisode traumatisant majeur. Un accident de voiture survenue en Gaspésie l’a sérieusement blessée et a coûté la vie à deux de ses amis. C’est pour digérer son traumatisme qu’elle s’était réfugiée à Québec.

À cette époque, elle se promenait tel un zombie. En déambulant dans les rues de Québec, elle revivait sans cesse l’accident. Affectée psychologiquement, elle a mis le pied là où il ne fallait pas: dans le monde de la rue et de la drogue. Le choc subi suite à son accident s’est peu à peu transformé en stress. Celui que lui faisait vivre son petit ami maquereau, par la violence, en la forçant à se prostituer, empêchait sa guérison.

S’ouvrir libère une douleur encore plus profonde. Alors qu’elle se met à pleurer, Anita parle d’un autre épisode éprouvant. Un autre traumatisme, plus ancien encore que les autres, refait surface. Sa fille, aujourd’hui âgée de 15 ans, est placée en famille d’accueil depuis 12 ans déjà. Elle lui manque cruellement. Aveugle et atteinte de paralysie cérébrale à la naissance, sa petite est branchée sur une machine pour vivre. Anita a dû la laisser car, en la mettant au monde, elle faisait des arythmies cardiaques à répétition. Au cours de la dernière période des fêtes, Anita s’est effondrée. Pour calmer sa souffrance, elle s’est remise à consommer. Elle a d’ailleurs dû retourner en centre de désintoxication. Elle n’arrive pas à comprendre ce qui lui arrive.

Anita tombe pour mieux se relever. Ses traumatismes, qui l’affectent depuis tant d’années, ne disparaîtront pas du jour au lendemain. Elle a besoin d’aide professionnelle pour relâcher la pression. La compréhension et l’écoute de ses proches sont primordiales. Et elle doit s’aider. Ce qu’elle fait par l’écriture. «Aussitôt que j’ai de quoi à l’intérieur, j’écris, j’écris, j’écris. Je passe mon temps à me vider le cœur. J’écris sur la violence que j’ai subie, sur la musique que j’ai composée, mes spectacles dont je me souviens, sur ma consommation de drogue, sur ma prostitution.»

Reflet de Société, Vol 18, No. 1, Septembre/Octobre 2009, p. 9

autres textes sur la légalisation de la prostitution.

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