Jeune, consommation de drogue et décrochage

Drogue et décrochage

«La vie, c’est de la marde!» Voilà ce que je pense et c’est contre cette pensée que je dois lutter tous les jours. Lutter contre le découragement, lutter contre le sentiment d’impuissance qui m’envahit et lutter contre le désir de m’en évader en fumant un joint.

Thomas      DOSSIER Décrochage, Alcool et drogue, toxicomanie,

Déjà tout jeune, au début du primaire, c’était pas le fun! J’étais pas comme les autres. Je portais des appareils auditifs et je ne savais pas me défendre. Mauvaise combinaison! Je suis plutôt du genre émotif et sensible et non pas gros bras! Je me faisais «écœurer» tous les jours et je revenais de l’école en pleurant. J’ai donc pris très jeune l’école en grippe et je n’ai pas réussi à me faire d’amis. Quand on est un  loser, on n’est pas très populaire! J’ai perdu rapidement toute confiance en moi.

jeune drogue jeunes toxicomanie alcool consommation décrochage C’est sûr que ça ne s’est pas amélioré avec le temps. Je dérangeais tout le temps, je faisais le clown pour attirer l’attention et me faire aimer. Mes résultats scolaires se sont rapidement détériorés et j’ai acquis une réputation de trouble-fête. J’ai doublé ma quatrième année et, au secondaire, on m’a envoyé dans une école spécialisée pour les têtes fortes… ce que je n’étais pas en réalité… Mais j’étais complètement désintéressé et isolé parmi le millier d’étudiants de la polyvalente. Je ne savais pas comment me faire des amis, comment être aimé, en fait. La terrible solitude!

Drogue: les premières fois

Je décroche finalement à 16 ans. Je me trouve quelques petits boulots comme plongeur dans les restos du coin. Pas le fun, mais bon, ça me donne un peu d’argent. La vie est plate et je commence à fumer un joint à 17 ans avec une gang de chums. Enfin, j’avais des chums! Et, en plus, j’ai aimé le buzz. Alors j’ai continué… continué jusqu’à n’avoir plus d’intérêt pour rien d’autre. J’ai perdu ma job et ma mère m’a mis dehors. Je suis allé vivre dans une tente pour l’été… La bohème: on est bien, j’ai des chums, la vie est belle!

J’ai vivoté ainsi durant 12 ans. J’ai essayé un peu de tout: mari, pot, hash, mushroom, buvard, mescaline, ecstasy, speed… mais je n’ai pas touché à la coke ou à l’héroïne: j’avais trop peur d’aimer ça! J’ai dealé de la drogue. C’était valorisant. Enfin, j’étais respecté par les autres, et en plus, je fumais gratos. J’ai arrêté par peur de la prison. Toujours seul, toujours drogué, toujours cassé, toujours déprimé et dépressif.

J’ai eu plusieurs blondes, mais c’était pas facile de vivre avec un gars comme moi. Ou elles étaient des toutes «croches», ou elles étaient trop bien pour m’endurer. Un vrai cercle vicieux. Je vous le dis, une vie de merde! C’est pas comme ça que je veux vivre!

Désintox

Il y a quatre ans, je suis finalement allé en désintox au Centre Dollard-Cormier, à Montréal. Suffit d’appeler directement pour avoir de l’aide, c’est facile. Ce qui n’est pas facile, c’est de se décider à y aller et ensuite de continuer à ne pas consommer. J’ai rechuté. J’ai repris du pot, mais plus jamais de chimique. C’est moins dur pour ma santé, mais ça n’arrange pas ma vie. Quand je fume, ça prend toute la place, c’est ma priorité. Je ne pense plus, je ne mange plus, je n’ai pas confiance en moi, ça me rend paresseux, tout le reste est plate!

jeune drogue jeunes toxicomanie alcool consommation décrochage Alors, depuis deux ans, j’ai cessé graduellement de consommer. Je veux arriver à quelque chose dans ma vie. Le trip de jeunesse a duré longtemps mais c’est assez! Cependant, ma vie ne s’est pas arrangée pour autant. Je dois lutter tous les jours contre le découragement.

Mon pattern, c’est de dire que tout est plate. Mais je sais maintenant que c’est à moi de passer par-dessus cette pensée et de m’arranger pour que ma vie soit intéressante. C’est dur, c’est un effort de tous les instants. Il me faut découvrir qui je suis, ce que j’aime et ce que je veux vraiment. Réinventer ma vie. Vivre straight, sans faux-fuyants et sans artifice. Renouer avec les autres et avec moi. Je m’étais coupé de tous contacts humains durant 12 ans, pour me protéger, j’imagine.

Ecole de la deuxième chance

Mes petites victoires au jour le jour me motivent. J’ai débuté l’an dernier un AEC (attestation d’études collégiales). C’est un programme réservé aux décrocheurs. J’ai été accepté sans avoir terminé mon secondaire 5, sur la base de mes expériences. Le programme couvre les cours techniques nécessaires à l’obtention du diplôme et dure seulement un an.

Comme c’est du plein temps, j’ai réussi à obtenir les prêts et bourses et ma mère me fournit chaque mois une petite pension. Je peux ainsi consacrer tout mon temps aux études. C’est pas facile. Il y a des cours techniques très compliqués que je n’ai pas réussis. Mais je ne me décourage pas. Je vais les reprendre et je vais obtenir mon diplôme.

Je suis toujours seul, mais je sais maintenant pourquoi, et je prends ma vie en main. C’est un effort de tous les jours, mais je vois aussi, au loin, le bout du tunnel!

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Illustrations Renart L’Éveillé.

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Les dés sont truqués

Jeux de hasard en ligne

Les dés sont cliqués

François Richard jeu-en-ligne-gambling-virtuel-dependance-au-poker  Dossier  Gambling et jeu compulsif

Les jeux de hasard en ligne permettent à ceux qui s’y adonnent d’avoir accès à un casino à domicile ouvert en tout temps et dépourvu de personnel de sécurité. Illégale et anonyme, cette activité aux effets encore méconnus pourrait avoir un impact catastrophique sur les joueurs compulsifs.

«T’essayes d’aller te coucher, tu t’endors pas. Tu ne sortiras pas nécessairement pour aller au bar du coin pour parier, mais quand ton casino n’est pas loin de  ta chambre à coucher, le détour pour aller jouer n’est pas grand à faire. Tu te dis que tu vas y aller juste cinq ou dix minutes. Finalement, tu passes des heures à parier. Souvent, j’arrêtais de jouer quand je n’avais plus de fonds disponibles sur ma carte de crédit.»

L’histoire de Michel, qui a perdu beaucoup d’argent en jouant sur Internet, résume les principaux dangers associés à cette activité: la proximité du jeu, l’anonymat et l’absence de garde-fous. En ligne, il n’y pas d’arrêt dans le jeu pour sortir fumer une cigarette ou retirer de l’argent au guichet automatique, ni de procédure d’auto-exclusion du site, comme au casino. L’anthropologue Élizabeth Papineau, qui a travaillé sur les jeux de hasard en ligne, juge qu’«ils entrent dans la catégorie des jeux les plus à risque. Il n’y a personne pour arrêter le joueur, plusieurs repères qui pourraient le rattacher à la réalité disparaissent. Il y a là une facilité de jouer beaucoup.»

Le phénomène du jeu en ligne est encore peu documenté. Les rares données disponibles sur la question laissent toutefois entrevoir que ses adeptes seraient plus nombreux à éprouver des problèmes de dépendance que les amateurs de jeux plus «traditionnels», tels les loteries et les jeux instantanés (gratteux). Ainsi, la dernière grande étude portant sur les habitudes de jeu de l’ensemble des Québécois, réalisée en 2002, révélait que bien que les adeptes des casinos virtuels ne représentaient que 0,3 % du nombre total de joueurs, ils avaient un taux d’addiction de 9,1 %, comparé à 1 % dans la population en général et de 10 % à 20 % parmi les utilisateurs d’appareils de loterie vidéo.

De plus, le poker, qui représente une grande part de l’offre disponible sur la Toile, figure parmi les jeux de hasard qui occasionnent le plus de problèmes de dépendance. Une étude réalisée sur un échantillon, trop modeste pour être généralisé, de la région de Québec a permis d’apprendre que 6 % des joueurs de poker éprouvaient des problèmes de dépendance au jeu.

Malgré ces chiffres préoccupants, le  membre de la coalition Emjeu (un groupe de militants opposés à la façon dont le gouvernement québécois gère l’offre de jeux de hasard dans la province) Alain Dubois, croit qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter outre-mesure. «En ce moment, ce sont les appareils de loterie-vidéo qui sont responsables de la quasi-totalité des cas en traitement.» Selon lui, l’illégalité du jeu en ligne freine son développement. Il souligne les risques de fraudes et de non-paiement des gains qui rebuteraient plusieurs joueurs invétérés.

Des dépenses illimitées

Michel a d’ailleurs été victime des façons de faire peu honnêtes des administrateurs de certains sites. Dans son cas, le casino virtuel l’a laissé dépenser bien au-delà de sa limite de crédit. «Je jouais tous les jours en me disant que quand ma limite serait atteinte, l’utilisation de ma carte de crédit me serait refusée… J’ai dépensé trois fois ma limite de crédit. Quand le compte est rentré, je n’en revenais même pas. Quand tu joues avec du cash, tu sais combien tu as en entrant et combien tu as perdu en sortant. Quand tu joues avec une carte de crédit, tu ne sais pas grand-chose.»

Certains intervenants auprès des joueurs à problème croient que le jeu en ligne devrait être légalisé pour éviter les abus. La psychologue et chercheure Magali Dufour croit qu’il serait «plus porteur de travailler à partir des sites, faire de la prévention en ligne, sur les sites et auprès de la population en général». Alain Dubois juge au contraire que le gouvernement québécois devrait appliquer des lois qui ne seraient pour l’instant que théoriques. Il donne l’exemple des États-Unis où les transactions par carte de crédit sur les sites de jeux de hasard sont automatiquement bloquées et où un propriétaire de casino virtuel a déjà été arrêté. «C’est plus facile à gérer que les sites de pédophilie, car, dans le cas des casinos, tout est public. C’est donc une question de volonté et l’inaction du gouvernement est inquiétante.»

Alain Dubois croit que cette inaction gouvernementale est un prélude à la légalisation du jeu en ligne, qui ferait éventuellement partie de la gamme de jeux offerts par Loto-Québec (LQ). Il soutient que la société d’État a embauché plusieurs concepteurs de jeux vidéos et qu’elle planche actuellement sur différents concepts de jeux pour la Toile.

Le porte-parole de LQ, Jean-Pierre Roy, reconnaît que différents produits informatiques sont développés par son entreprise, notamment pour être vendus à des sociétés de loteries de l’extérieur du Québec. Il nie toutefois que LQ songe à lancer des casinos virtuels. «Selon les données que nous avons compilées, les jeux en ligne ne seraient pas très rentables au Québec, notamment en raison de la taille modeste du marché. Nous avons de plus des questionnements quant aux possibles effets néfastes d’un type de jeu qui se pratique seul et à domicile. Les autres formes de jeux offerts par LQ impliquent tous des contacts sociaux, ce qui encourage un jeu plus modéré.»

Les gens comme Michel devront vraisemblablement apprendre à composer avec un environnement où le jeu est omniprésent. «Certains disent que les vidéo-pokers sont criminels parce qu’on en trouve partout, qu’ils sont trop accessibles. Imagine que le vidéo-poker est dans ta maison et au bureau, disponible en tout temps, accessible d’un clic de souris. C’est ça le jeu sur Internet, un enfer.»

Las Vegas, Macao et … la Rive-sud de Montréal

La réserve mohawk de Kahnawake, située à quelques kilomètres au sud-ouest de Montréal, abrite la plus grande concentration de casinos virtuels au monde, soit 460 en 2008. Malgré l’illégalité de la pratique au Canada, les gouvernements fédéral et provincial ne sont jamais intervenus pour mettre fin aux activités de la Mohawk Internet Technologies (MIT), l’entreprise responsable des installations. MIT est une création du Conseil de bande de Kahnawake. Les profits générés par l’entreprise sont investis dans la communauté. Les responsables de MIT se défendent d’héberger des casinos virtuels sur leur territoire. Ils affirment diriger plutôt une entreprise de fourniture de serveurs et de bandes passantes, sans égard aux activités des utilisateurs de leurs installations.

Selon la firme newyorkaise de consultants Christiansen Capital Advisors, qui se spécialise dans l’observation et l’étude de l’industrie des jeux de hasard, des revenus de près de 23 milliards de dollars ont été engendrés par le jeu en ligne en 2009, une croissance fulgurante comparée aux 3 milliards générés en 2001.

Loto-Québec fournit, pour sa part, 200 millions de dollars par année au gouvernement québécois, soit 0,003 % du budget public.

François Richard

Illustration: Louise Pianetti-Voarick

Reflet de Société, Vol 18, No. 1, Septembre/Octobre 2009, p. 24-25

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Amour inconditionnel, être la mère d’une prostituée toxicomane

Amour inconditionnel, être la mère d’une prostituée toxicomane

Dominic Desmarais   Dossier ToxicomanieProstitution et Sexualité.

prostitution-escorte-prostituées-danseuses-nues Un jour, la vie de Michelle a viré au cauchemar: prostitution, drogue, violence. Elle se remet maintenant des traumatismes causés par sa vie dans la rue grâce à l’appui indéfectible de sa mère, Solange, qui raconte le courage de sa fille.

Solange est nerveuse. Difficile, pour une mère, de parler de sa fille qui s’est prostituée, qui est tombée dans l’enfer de la drogue. Michelle lui a demandé de raconter ce qu’elle a vécu. La façon dont elle l’a aidée pour sortir de la rue. En acceptant de s’ouvrir à Reflet de Société, Solange offre une autre preuve d’amour à sa fille.

En conservant l’anonymat — l’entretien se fait au téléphone — cette maman partage de douloureux moments du passé. Lors de la discussion, Solange ne fait jamais allusion à la prostitution. Elle préfère penser au présent, qui s’annonce plus radieux pour sa fille et pour elle. «Michelle va bien. Je veux la garder de même. Je suis fière d’elle.»

Le plus dur est passé. «Avec Michelle, j’en ai enduré pas mal. On a mangé la claque. La vie, ce n’est pas juste de belles choses, affirme-t-elle sagement. Maintenant, je vais bien. Je savoure chaque journée.»

Pendant quelques années, Solange vivait dans l’angoisse continuelle. Sa fille, alors à Québec, s’était enfermée dans un monde malsain qu’elle pourrait difficilement quitter: drogue, prostitution et violence. Michelle maigrissait à vue d’œil. Elle avait développé des comportements agressifs. «À un moment, elle ne me reconnaissait plus.»

Sauver celle qu’on aime

Son cœur de mère la pousse à rapatrier sa fille en 2005, après qu’elle se soit fait agresser violemment par son petit ami et proxénète. Michelle est traumatisée. Auprès des siens, elle parvient toutefois à reprendre goût à la vie… après une série de moments troubles. À cette époque, Michelle n’est pas guérie de sa dépendance à la drogue. «Le problème était son manque de drogue. Elle était agressive. Elle cassait tout dans la maison. Je n’avais pas d’argent. Mais, pour elle, j’en trouvais. Mon chèque de bien-être y passait. Elle empruntait aussi de l’argent à ma sœur. Quand quelqu’un est en manque, tu n’as plus de reconnaissance. Elle ne voyait plus clair.»

Une nuit, elle est réveillée par le bruit d’un corps qui chute sur le plancher. «Elle venait de tomber. Elle avait beaucoup consommé. Quand j’ai vu ses pieds, sur le sol… Oh! mon Dieu! raconte-t-elle, un frisson dans la voix. J’ai appelé une ambulance. C’était un autre moment rough.»

Démunie devant les problèmes de sa fille, Solange cherche de l’aide. «J’ai peut-être attendu trop longtemps. Je pensais m’en sortir seule. Impossible. Je faisais juste pleurer. Je me demandais si elle s’en sortirait. Je passais mes nuits à ses côtés. Elle était toute maigre. Je la faisais manger à la petite cuillère. Elle ne voulait rien savoir. Mais c’est mon bébé! Je ne voulais pas la perdre.»

Renaissance difficile

Solange rencontre un intervenant psycho-social qui lui dit de ne plus donner d’argent à sa fille. «J’ai dit non. Je ne souhaite à personne d’être là quand elle est en manque. On m’a référé au centre Dollard-Cormier.» Michelle s’y rend pour soigner sa dépendance à la drogue. Elle demeure au centre de désintoxication 7 jours.

«Une semaine, ce n’est pas beaucoup, avoue Solange. Mais, elle va à tous ses rendez-vous. Les premières fois, j’y allais avec elle. Maintenant, elle est indépendante. Elle y va seule. J’ai tourné la page. Je suis contente de ce que je vis présentement. Je l’aime toujours! On ne dit jamais assez à nos jeunes qu’on les aime. Moi, jamais je n’ai traité Michelle de droguée. Jamais.»

Quand elle écoute la télévision avec sa fille, confortablement installée dans son lit, Solange apprécie sa persévérance. Aujourd’hui, il fait soleil tous les jours chez elle.

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Dossier Prostitution et Sexualité.

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Rue de la violence; prostitution et toxicomanie

Rue de la violence; prostitution et toxicomanie

Dominic Desmarais   Dossiers ToxicomanieProstitution et Sexualité.

prostitution-escorte-call-girl-prostituee-prostituees Au tournant de l’an 2000, Michelle entame une descente aux enfers. Traumatisée par la mort de deux de ses amis lors d’un accident de la route en Gaspésie, elle débarque à Québec. Elle y perdra ses plus belles années.

L’homme dont elle tombe amoureuse est impliqué dans la vente de drogue et dans la prostitution. Elle ne le sait pas. «J’ai commencé à vendre, parce que j’ai été influencée par de mauvais amis. Ça rapportait pas mal», avoue candidement la jeune femme.

Elle passait toutes ses soirées dans un bar de la capitale nationale à fournir de la cocaïne aux clients. À la fermeture, elle poursuivait son manège dans la rue. Elle s’effondrait sur son lit pendant 2 heures. Au lever, elle pesait et coupait la drogue qu’elle allait vendre en soirée. «Je travaillais 7 jours sur 7, sous les menaces de mort de mon chum et de son ami. J’ai fait ça 5 ans. J’étais à boutte.»

Son corps pour un quart de gramme

Michelle avait trop peur de changer de vie. Elle recevait à longueur de journée des claques sur la gueule. Un jour, elle se fait pincer par la police. Ses malheurs commencent. «Quand j’ai arrêté de vendre, il m’a forcé à prendre du PCP. Il m’a agrippé par la gorge pour m’envoyer sur la rue. Je ne connaissais pas ça, la prostitution.» La jeune femme ne veut pas nommer son petit ami. Elle en est toujours effrayée.

En 2002, elle entame sa nouvelle carrière: la prostitution. «Je n’aimais pas ça. À mon premier client, je pleurais. Je trouvais ça dur. Il était fin avec moi, dit-elle pour l’excuser. Il s’est rendu compte que je n’étais pas habituée.» Michelle travaillait jour et nuit. Soit dans la rue, soit en attendant l’appel de son copain, son proxénète.

«Il m’appelait pour me dire qu’il avait un client pour moi. Je voulais pas. J’allais me cacher chez ma chum. Quand je rentrais, je mangeais quelques claques. Mes clients étaient plus doux que mon chum. Ils savaient ce que je vivais. Je leur disais que j’étais obligée de le faire, que ça ne me tentait pas. Certains me donnaient mon 20 $ sans avoir de relation avec moi.»

Michelle remettait à son petit ami l’argent de ses clients. «En échange, il me redonnait un quart de gramme de coke. Je trouvais ça dur, cette vie. J’ai arrêté de consommer. Mais, j’ai continué de me prostituer, parce que, sinon, j’allais y passer.»

Battre ou se faire battre

Michelle subit la violence au quotidien. On lui crie après, la menace, la bat. Elle doit s’en prendre physiquement à ses amies prostituées. «Je n’avais pas le choix. Mon chum voulait que je batte mon amie. Je l’ai passée par-dessus le comptoir une fois. Je lui ai cassé les côtes, dit-elle, amère. Quand je ne la battais pas, c’est moi qui mangeais les volées. Il a enterré ma chum de fille, une prostituée qui voulait sortir du milieu. Toutes celles qui voulaient se sortir de la rue y passaient. Il les battait à mort. Je ne l’ai pas quitté, parce que j’avais peur. Moi, j’ai pas arrêté de manger des volées.»

Durant cette période, Michelle trouve refuge dans la musique. Elle chante à des événements. En 2004, elle emporte le premier prix d’excellence décerné par la Maison des jeunes de Saint-Sauveur. Un pactole de 4000 $. Un cadeau empoisonné. «Quand il l’a appris, il m’a agrippé par les cheveux. Il m’a dit: “T’es MA chanteuse. Tu m’appartiens.” J’y ai goûté.»

Cet événement a été un électrochoc qui a décidé Michelle d’abandonner cette vie de misère. En 2005, son copain devient fou. Il tente de l’assassiner. «Il me courait après avec un couteau de 12 pouces. Il m’a cassé la jambe avec une patte de la table de cuisine. Je courais sur ma jambe pareil. J’ai pas eu le choix de sauter du 2e étage. Il m’a retrouvée dehors. Il avait son couteau sur ma gorge.»

Michelle revient sans cesse sur cette histoire de grosses cicatrices psychologiques. Elle est suivie au centre Dollard-Cormier pour l’aider à se reconstruire des suites de cette violence. «Chaque fois que je reçois ma lettre pour les victimes d’actes criminels, je pleure», dit-elle, passant de la parole au geste. Elle sanglote juste à en parler. Elle repense à ses années d’enfer, à sa musique qui l’a aidée à s’en sortir. Elle a composé une chanson sur la prostitution. Elle y traite les clients de «vautours».

Le salut par l’entraide

Michelle finit par rebondir. Elle revient à Montréal pour repartir à neuf. Avec l’appui et l’amour de sa mère, elle reprend confiance en la vie. Elle fait du bénévolat auprès de femmes violentées. Elle apporte son aide à l’organisme Dopamine, qui travaille auprès des prostituées.

«J’ai fait de la prostitution. J’ai été toxicomane. J’ai été battue. Je veux les aider. C’est un milieu dur. Il faut savoir les comprendre. Avec moi, elles se sentent en sécurité. Je ne les juge pas.»

Michelle se remet lentement de ces 5 années sombres. Elle n’a aucune idée du temps qu’il lui faudra pour panser ses plaies. Elle vient de mettre fin à une relation. «J’ai vu qu’il était agressif. Dès qu’on élève la voix, j’ai peur. Je panique. Je me suis assez fait crier après. Je ne veux pas être démolie à nouveau. Je commence à être bien.»

La jeune femme poursuit sa thérapie et cherche des organismes qu’elle pourrait aider grâce à ce qu’elle a vécu. Elle envisage d’enregistrer un autre disque. Michelle sourit comme une miraculée. Elle pense à son avenir rempli de projets. Une bonne façon de garder son optimisme.

Dopamine: www.dopamine.ca
Centre Dollard-Cormier: www.centredollardcormier.qc.ca

Autres textes sur Prostitution et Sexualité.

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Rien ne va plus, les jeux sont faits

Rien ne va plus, les jeux sont faits

Raymond Viger Vol 14-5   Dossiers Gambling et jeu compulsif, Casino

Des études de faisabilité de 3 millions de dollars pour déménager le Casino, mais nous n’avons pas 150 000$ pour aider 30 joueurs compulsifs au Centre Dollard-Cormier!

En pleine campagne de prévention contre le jeu pathologique, au moment où les demandes d’aide sont en augmentation, une subvention non récurrente se termine pour le Centre Dollard-Cormier. C’est 22% de l’équipe d’intervention qui a été congédiée le 31 mars dernier, soit 2 intervenants, sur un total de 9. Pendant ce temps, Loto-Québec se plaint que ses profits stagnent, qu’il faut investir dans de nouvelles installations pour le Casino de Montréal.

Le déclin de Loto-Québec?

Est-ce que les revenus stagnent parce qu’il n’y a plus assez de nouveaux joueurs compulsifs pour nourrir l’appétit féroce de Loto-Québec? Il faut tout de même comprendre que lorsqu’un joueur perd 100 000$ par année dans les jeux de hasard, quand il a tout perdu, qu’il se met en faillite personnelle, entraînant souvent des entreprises et d’autres personnes avec lui, il est vrai que Loto-Québec perd des revenus.

Si les revenus de Loto-Québec ont atteint leur maximum, les besoins en thérapie pour les gens qui ont souffert à cause du jeu ne font que commencer. Il y aurait près de 180 000 joueurs compulsifs au Québec qui ont besoin d’aide selon une étude de l’Université McGill. Aurions-nous déjà atteint cette phase critique tant décriée et qui en inquiéte plusieurs? Est-ce que les coûts reliés à l’aide aux joueurs compulsifs vont dépasser les revenus qu’il nous reste à faire? Loto-Québec, après avoir atteint son apogée, est-elle sur le déclin?

Dommages collatéraux

Avec des revenus qui vont baisser, et des dépenses qui vont augmenter, aurons-nous les moyens d’offrir le soutien aux joueurs compulsifs? Est-ce la définition de dommages collatéraux qui s’applique ici? Est-ce à dire que Loto-Québec a réussi à saboter notre société?

Textes sur le Gambling et jeu compulsif:

Témoignage d’un joueur compulsif

Comment fidéliser un gambler?

DVD prévention gambling et jeu compulsif

Être le conjoint d’un gambler

Le prix à payer pour devenir un gambler

La Sérénité pour un joueur compulsif

Biz Locolocass et le gambling

Éléonore Mainguy, ex-croupière du Casino

Jeux de cartes entre amis

Statistiques du pile ou face

Responsabilité de Loto-Québec

 

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