Prostitution dans Hochelaga-Maisonneuve; le rapport Burtin

Prostitution dans Hochelaga-Maisonneuve; le rapport Burtin

Raymond VigerDossier Prostitution, Prostitution Hochelaga, Hochelaga-Maisonneuve

Reflet de mon quartier est un bi-mensuel consacré à l’actualité et aux débats d’idées reliés à l’arrondissement montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve.

prostitution-escorte-legalisation-prostitution-prostituees-prostitue Au dernier conseil d’arrondissement du 19 janvier dernier, dans le dossier de la prostitution sur la rue Ste-Catherine, plusieurs intervenants qui ont pris la parole ont parlé du rapport Burtin sur la prostitution de la rue Ste-Catherine et des propositions présentées dans ce rapport. Mais d’où vient ce rapport et qu’est-il advenu de celui-ci?

Historique du Rapport Burtin sur la prostitution dans Hochelaga-Maisonneuve

Il y a près de 10 ans, la Cédest (corporation de développement de l’est) avait convoqué à une rencontre extraordinaire les principaux acteurs communautaires de l’arrondissement. Des fonctionnaires du fédéral assistaient à la rencontre dans le but de présenter une opportunité de subvention pour l’arrondissement. La Cédest avait déjà une proposition à faire pour cette subvention, une recherche quelconque. Il fallait cependant pour cela que les organismes communautaires invités approuvent et soutiennent la démarche.

Opposition à la Corporation de développement de l’est

Plusieurs organismes présents se sont opposés à la proposition de la Cédest : Promenade Ontario, Promenade Ste-Catherine, Dopamine, Café-Graffiti ainsi que deux organisateurs communautaires du CLSC. Ces organismes réclamaient des projets terrains qui amèneraient du concret pour le quartier et non pas une autre recherche sur le quartier.

Prostitution et graffiti dans Hochelaga-Maisonneuve

Suite à cette opposition, deux groupes de sont formés pour déposer une demande de subvention. La promenade Ontario pour un projet sur les tags sauvages qui s’est finalisé avec la création d’un nouvel organisme communautaire, Y’a quelqu’un l’autre bord du mur. La promenade Ste-Catherine pour intervenir sur la prostitution de rue qui s’est finalisé par la création d’une table de concertation sur la prostitution.
Le projet sur la prostitution de la rue Ste-Catherine a permis d’introduire une travailleuse sociale, Christine Burtin-Lauthe pour travailler avec les personnes qui se prostituent et tenter de trouver des solutions pour diminuer les irritants et les méfaits de la prostitution sur Ste-Catherine. Des activités ont été créées avec des organismes tels que La Marie Debout et Le Carré pour permettre aux femmes du quartier de trouver un soutien et un milieu pouvant les accueillir.

Pour permettre une continuité et transmettre les acquis de ce projet, Christine Burtin Lauthe a déposé un rapport qui, aujourd’hui est nommé le Rapport Burtin par les différents intervenants de l’arrondissement. Dans ce rapport nous retrouvons une série de propositions pour donner une continuité, une suite à ce projet. Une suite que nous attendons toujours depuis plus de six ans.

Stella, la Marie debout et Trève pour elles

Dernier ajout dans ce dossier, initialement, le maire de l’arrondissement, M. Réal Ménard avait mentionné que l’organisme Stella ne serait pas invité à la concertation qui se penchera sur les irritants de la prostitution sur Ste-Catherine parce que l’organisme n’intervenait pas exclusivement dans l’arrondissement. M. Ménard s’est ravisé et a décidé d’inclure des organismes d’interventions auprès des femmes, soit Trève pour elles, la Marie Debout et Stella.

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La Coccinelle jaune; le beau risque de Gabrielle

Gabrielle Moffett, fondatrice de la boutique Coccinelle Jaune

Le beau risque de Gabrielle

Reflet de mon quartier est un hebdomadaire consacré à l’actualité et aux débats d’idées reliés à l’arrondissement montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve.

Est-il possible pour un jeune entrepreneur créatif de gagner son pain dans Hochelaga-Maisonneuve? Oui, répond Gabrielle Moffett, propriétaire-fondatrice de la boutique Coccinelle Jaune, située rue Sainte-Catherine Est. Et si l’adaptation n’est pas toujours facile, le jeu peut en valoir la chandelle.

Ariane Aubin

Coccinelle jaune artisanat du QuébecAvant de s’installer dans Hochelaga-Maisonneuve, Gabrielle Moffett ne connaissait du secteur que sa composition sociale semblable à celle du quartier St-Roch à Québec, où elle habitait auparavant. En apparence, rien ne prédestinait donc l’ancienne éducatrice en garderie à fonder une boutique consacrée aux artisans québécois sur la rue Ste-Catherine Est. Mais alors qu’elle venait tout juste d’emménager dans le secteur, la jeune femme est tombée sur un article qui l’a inspirée. «Cela parlait de la fondatrice du café Lubu. J’y suis allée par curiosité et le coin m’a vraiment intéressée. Dans ce temps-là, il n’y avait pas beaucoup de commerces. À part Lubu et l’Oiseau bleu, c’étaient surtout des bric-à-brac, où l’on vendait de veilles sécheuses!»

Une ambiance bien différente de l’effervescence créative du St-Roch que Gabrielle Moffett a quitté il y a quelques années. Mais celle qui était alors au chômage a eu le coup de foudre pour le quartier et a décidé sur un coup de tête de créer sa propre entreprise. Grâce au montant obtenu à la vente de sa propriété de Québec et à l’aide de la Corporation de développement de l’Est (CDEST), un organisme voué à la revitalisation socio-économique de l’arrondissement, ce rêve un peu fou s’est rapidement concrétisé. La CDEST a référé Gabrielle au Soutien aux jeunes entrepreneurs (SAJE) Montréal Métropolitain, qui offre aux entrepreneurs éligibles une subvention leur permettant de construire leur plan d’affaire et de survivre à la première année – souvent mouvementée – d’activité de leur entreprise.

Cette aide considérable aurait été plus difficile à obtenir ailleurs que dans Hochelaga-Maisonneuve, où des mesures importantes ont été mises en branle pour stimuler l’économie locale, croit Gabrielle Moffett. «Si j’avais essayé d’ouvrir une boutique comme La Coccinelle jaune sur le Plateau Mont-Royal par exemple, ça n’aurait pas fonctionné. Mais ici, les ressources étaient disponibles et on m’a donné un bon coup de pouce.»

Une nouvelle vague sur Sainte-Catherine Est

Quatre ans plus tard, la commerçante en herbe a su se forger une clientèle fidèle et une réputation qui, fait rare dans le secteur, dépasse même les limites de l’arrondissement. Elle s’est aussi trouvé une colocataire: Isabelle Boisvert, dont la boutique de vêtements éco-responsables Folle Guenille partage désormais les locaux de la Coccinelle. L’entreprise va bien, mais Gabrielle Moffett est consciente qu’elle ne deviendra probablement pas millionnaire de cette façon. «Si quelqu’un se lance en affaires pour faire un coup d’argent, il va être déçu, C’est beaucoup d’heures de travail pour ce que ça rapporte, mais on a l’avantage d’avoir notre propre emploi. Et je le fais pour le plaisir.»

La jeune femme le fait aussi pour contribuer au développement de ce quartier qu’elle aime en évitant idéalement d’en faire un «nouveau Plateau» gentrifié, comme le prédisaient les médias montréalais il y a quelques années. «J’aime mon quartier tel qu’il est. En venant m’installer ici, je savais à quoi m’attendre, je savais qu’il y avait de la prostitution et de la pauvreté. Ces gens sont généralement agréables à côtoyer au quotidien, même s’ils ne dépensent pas nécessairement chez nous. On ramasse des canettes pour Marcel, Diane qui vient nous demander des services… »

Une solidarité semblable s’est aussi installée entre les jeunes commerçants qui ont pignon sur la rue Sainte-Catherine Est. La nouvelle génération se rencontre parfois autour d’une bière pour partager bons et mauvais coups, mais aussi pour parler stratégie. Il y a deux ans, cette concertation encouragée par la Société de développement commercial (SDC) de l’artère, a donné naissance au Grand Débarras. Si l’événement était plutôt modeste au départ, sa troisième édition a accueilli cet été de nombreux visiteurs attirés par les produits offerts par une cinquantaine d’artisans du coin.

Vaincre l’inertie

Les initiatives de Gabrielle Moffett et ses jeunes collègues se heurtent toutefois à la résistance de certains commerçants des générations précédentes, bien installés dans leurs habitudes et un peu aigris face au déclin économique récent du secteur. Sans parler de la collaboration des instances municipales qui est elle aussi bien loin d’être acquise. Des fleurs plantées par certains propriétaires de commerces dans les plates-bandes de la Ville ont ainsi été carrément rasées par l’arrondissement lors du nettoyage des fosses d’arbres. Un traitement semblable a été réservé aux plants de tomates et de fines herbes disséminés dans les bacs à fleurs de la promenade Ste-Catherine Est, sous prétexte que ces bacs appartiennent à l’arrondissement et non aux commerçants. «Ce sont des enfantillages, déplore la propriétaire de la Coccinelle Jaune. Après, on nous dit que le quartier n’est pas propre et peu accueillant. Mais on ne nous donne pas tellement le goût de nous investir.»

Les querelles de trottoir seront toutefois mises de côté au cours des prochains mois, alors que des travaux majeurs chambarderont la rue Sainte-Catherine Est. Gabrielle Moffett redoute un peu l’effet qu’a eu la réfection du boulevard St-Laurent sur les commerçants de la Main. Plusieurs ont dû fermer leurs portes en raison d’une baisse marquée de la clientèle, découragée par le chaos qui a régné sur l’artère commerciale pendant d’interminables mois. En attendant que le détail des travaux soit dévoilé, la commerçante met des sous de côté, «au cas où». Et elle rêve un peu, d’un Hochelaga-Maisonneuve embelli et dynamique où viendraient se promener par un beau dimanche après-midi les Montréalais des autres quartiers… et même du Plateau!

La Coccinelle Jaune est située au 4236 Ste-Catherine est. Une rue à l’est de PIE-IX.

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