Graffiti; répression et conséquences

Rubin graffiteur de Suède

Xpression Graffiti: la répression

Rubin, un graffeur Suédois, présente les éléments forts de la répression de la police contre le graffiti. 

Raymond Viger Dossiers Hip-hop, Culture, Graffiti, Porte-folio, Murales, Vidéos

Malgré la gravité des conséquences punitives de la police envers le graffiti illégal, celui-ci fait parti intégrante de la culture graffiti en Suède.

 

 

Une entrevue du graffiteur Suédois Rubin réalisée par le groupe ECP dans le cadre du documentaire Xpression Graffiti qui sortira en septembre prochain.

L’entrevue a été réalisé 4 septembre 2011 lors de la convention graffiti Can You Rock 2011 à Montréal.

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Graffiti illégal et Ville de Montréal

Plan d’intervention 2007 de la Ville de Montréal

Graffiti illégal à Montréal : Dialogue de sourds

Depuis les années 1990, la Ville de Montréal engloutit des millions de dollars pour effacer les graffitis. Sans l’aide des graffiteurs, elle réfléchit actuellement à une solution pour les laisser s’exprimer à leur guise, tout en diminuant le nombre de graffitis indésirables. D’après la Ville, ils insécuriseraient les citoyens et enlaidiraient la métropole.

Charles Messier   Dossiers : Graffiti, Hip-Hop, Culture

La Ville de Montréal est bien déterminée à trouver une solution à long terme aux graffitis illégaux. Elle est en ce moment en pourparlers avec le gouvernement du Québec pour obtenir de l’argent pour adopter un nouveau plan d’intervention d’ici la fin de l’année 2007.

Le responsable du dossier graffiti à la Ville, Raymond Carrier, discute également avec les écoles montréalaises, les organismes œuvrant auprès des jeunes et la police pour trouver une façon de contrôler la prolifération des graffitis indésirables.

Si chacun joue son rôle, on va finir par vaincre ce phénomène-là, juge le porte-parole en matière de graffiti au Service de police de la Ville de Montréal, le commandant Serge Boulerice.

Le graffiti sans graffiteurs

Pour mieux comprendre le graffiti illégal, les discussions réunissent plusieurs acteurs du milieu, sauf les graffiteurs.

J’ai déjà mentionné au gouvernement que nous pourrions les faire venir pour qu’ils s’expriment 35-40 minutes, dit Raymond Carrier. Mais, j’ai pas eu l’accord des ministères. C’est fort complexe. Chacun d’eux a ses particularités. C’est extrêmement long d’avoir l’avis de tous. Mais, moi, je n’y vois pas d’inconvénients.

Cette situation choque le fondateur d’Under Pressure — événement graffiti le plus important au Canada —, Sterling Downey. Pour lui, la complexité du mouvement demande d’étudier en profondeur toutes ses dimensions.

40 minutes pour connaître une culture qui existe depuis les années 1960? Y’a tellement de mentalités différentes de graffeurs, qu’ils n’auront jamais le temps, en 40 minutes, d’entendre tous les points de vue.

En juin, Sterling Downey a rencontré Raymond Carrier pendant plus de 3 heures. Le graffiteur est sorti satisfait de cette rencontre. Il a eu l’impression d’avoir été entendu. Trois semaines plus tard, il attendait cependant toujours l’annonce de changements concrets dans l’approche de la Ville.

La Ville dit préconiser une approche adaptée au mouvement graffiti montréalais, mais Sterling Downey en doute.

La plupart des fonctionnaires de la Ville ne savent pas ce qu’ils font. Je ne comprends pas pourquoi ce monde-là mérite un salaire… Ils n’ont aucune compréhension du problème. Pour eux, « nettoyer » veut dire que ça disparaît.

La communication pourrait être meilleure avec les graffiteurs:

Il devrait y avoir plus de discussions entre eux et la Ville pour trouver des solutions, admet Raymond Carrier.

Graffiti: sentiment d’insécurité?

On fait quoi quand les citoyens se sentent insécurisés par les graffitis sur les murs? se demande Raymond Carrier. La solution est dans la prévention, dans la sensibilisation et dans l’application de la réglementation.

Sterling Downey a perdu foi en ces bonnes intentions.

Ça fait longtemps que la Ville parle d’éducation et de prévention, mais elle ne le fait presque pas. Et, ce qu’elle fait, la plupart du temps, ce n’est pas la bonne approche.

Les graffitis insécuriseraient les résidents des quartiers prisés par les graffiteurs. Le conseiller craint que les citoyens finissent par régler eux-mêmes leur compte avec les graffiteurs si la Ville n’intervient pas efficacement.

Le résident n’a pas peur du graffiteur, croit Raymond Carrier, mais ça provoque en lui un sentiment d’insécurité, parce que ce n’est pas net. Jusqu’où les citoyens vont accepter tout ça? J’ai participé à des rencontres dernièrement où des citoyens disaient vouloir se faire justice eux-mêmes. Prendre un batte de baseball.

La possibilité d’un tel scénario est une raison suffisante aux yeux du commandant Serge Boulerice pour déployer tous les moyens afin d’apaiser les craintes des citoyens. « C’est un problème social, si ça dérange les gens d’un quartier. »

Pourtant, aucun graffiteur interrogé ne pratique cette activité avec l’intention de susciter ce sentiment. Leur démarche n’est pas violente, même si une infime minorité de graffitis expriment de la haine et de la colère.

J’aimerais que les gens voient ça d’une façon positive, qu’ils ne pensent pas que c’est une activité de gang, explique un graffiteur, Fred. Il faut se dire que les graffeurs ne sont pas dangereux.

Raymond Carrier tient à nuancer de tels propos. Les graffitis enlaidiraient la métropole, croit la Ville, ce qui est l’autre raison principale pour trouver une solution à la prolifération de graffitis.

Y’a d’autres motivations qui mènent le tagueur à faire des throw up (signature en lettres « ballounes ») et à passer des messages politiques ou haineux. C’est pas uniquement positif, le graffiti , dit-il, jugeant que les graffiteurs éprouvent du plaisir à endommager le bien public. Quelqu’un qui arrive de l’extérieur et qui voit toutes les autoroutes graffitées, quelle image que ça donne de la Ville? Du Québec? se demande Raymond Carrier.

Un vox pop mené par Reflet de Société, auprès d’une trentaine de personnes, montre que le sentiment d’insécurité n’est pas venu spontanément à l’esprit des répondants. La plupart voit plutôt le côté positif de cette pratique.

Graffiti: faire payer les parents ?

Raymond Carrier pense à la possibilité d’imposer aux parents des graffiteurs illégaux des amendes s’élevant jusqu’à 10 000 $, comme à Saskatoon. Raymond Carrier envisage même la possibilité que ce soit les parents qui fassent des travaux communautaires.

Mais, il faudrait voir si en pratique une telle réglementation a un impact positif.  Ce sont des dimensions qu’on regarde aussi avec le ministère de la Justice.

Pour lui, l’achat de bonbonnes de peinture est trop accessible. Il aime l’idée de la ville de London, en Ontario, qui a adopté un règlement interdisant leur vente aux moins de 18 ans.

Mais qu’est-ce qu’on fait de la vente sur Internet? se demande-t-il. Ça, ce n’est pas contrôlable… » ajoute-t-il, constatant la lutte sans fin qu’entraînerait une telle la réglementation.

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Arpi, artiste international

Art et culture à travers le monde

Arpi, l’artiste vagabond

Arpi, un graffer qui commence à faire sa marque a vécu dans la marginalité et la précarité pour assouvir sa passion. Le parcours sinueux qu’il a suivi pour vivre son art parle autant que ses oeuvres.

Dominic Desmarais   Dossier  Artiste muraliste Arpi , Culture, Graffiti

arpi-muralistes-designer-urbain-art-rue-design-mural Décontracté, les cheveux en bataille qui vont de pair avec ses idées qui partent dans toutes les directions, Arpi a une joie de vivre contagieuse. Son côté artistique, il l’a développé dans sa façon d’aborder la vie. En voulant tout goûter, tout expérimenter.

Comme bien d’autres, cet éternel curieux s’est cherché à l’adolescence. Attiré par le dessin, il observe le graffiti pendant plusieurs années avant d’oser s’y frotter. À 17 ans, l’âge des décisions, il doit choisir sa voie. Son intérêt pour le dessin le dirige vers le graphisme au cégep. Mais Arpi déchante. Il ne se sent pas à sa place. Il n’a pas complété une année qu’il s’absente de plus en plus de ses cours. «J’ai compris qu’à l’école, ce n’est pas ta passion qui paie, c’est d’être dans le moule.»

Le jeune homme est confronté à la réalité du monde adulte en observant ses enseignants. Certains sont des artistes frustrés devenus professeurs par dépit, pas par choix. Arpi commence à décrocher. Il s’évade en pensée vers la Colombie-Britannique. Il aimerait travailler dans l’industrie du skateboard à Vancouver.

C’est lors d’un cours d’infographie qu’il se réveille. La vie lui envoie un signe. Il aperçoit ses confrères rivés à leurs écrans, comme s’ils se faisaient bronzer devant l’ordinateur. «Personne n’avait conscience des autres. Ils n’existaient que pour leur ordi. J’ai réalisé que le graphisme, c’est peut-être de l’art mais le gros du travail se fait devant l’écran. Alors, avoir ça comme profession… Même la peinture, quand tu ne fais que ça au quotidien, tu développes des lésions professionnelles. En contrepartie, plus tu t’exposes à la nouveauté, plus tu apprends vite», dit-il en connaissance de cause.

arpi-designer-urbain-muraliste-art-murales À partir de ce moment, sa vie prend le virage de l’inattendu. Il rêve de grands espaces, de liberté. Il exprime ses frustrations à la maison. Avec sa mère, tout devient prétexte à engueulade. Un jour, il lui demande si elle souhaite qu’il quitte le foyer familial. Elle répond oui. Arpi casse son petit cochon, va coucher chez un ami le soir même et achète un billet d’autobus pour Vancouver dès le lendemain. Il a 18 ans. Il quitte le seul monde qu’il connaît.

Départ pour l’inconnu

En chemin pour la Colombie-Britannique et son industrie de la planche à roulettes, le jeune Arpi profite de sa liberté nouvellement acquise. Il débarque à Calgary pour une petite escale de deux jours. Objectif: le Millenium Park, le plus grand skatepark extérieur en Amérique du Nord à l’époque. Vancouver peut bien attendre 48 heures! Finalement, il y accrochera ses roulettes pendant 2 mois.

Il dort où il peut. Dans la rue ou chez des amis qu’il rencontre. «C’était la première fois de ma vie que je couchais n’importe où. Que je n’avais pas d’argent dans mon compte en banque et dans mes poches. Et j’étais encore en vie! Je me disais: je n’ai pas besoin de cash! Ça ne me stressait pas, au début. C’était l’aventure. J’étais émerveillé de voir que c’était possible de vivre sans un sou!»

arpi_trains_graffiti_art_urbain_artistes_de_la_rue_graffer_trains Arpi se nourrit dans les organismes de soupe populaire. Il savoure sa passion du skate la nuit. Le jour, il dort dans les parcs pour éviter les policiers. Après deux mois, il se lasse de cette vie. «Quand j’allais manger dans les refuges, j’étais toujours avec des itinérants et des fous. Je les voyais boire des bouteilles de parfum. Dès qu’ils se levaient, ils s’intoxiquaient. Je voulais vivre autre chose.» Bien qu’il vit comme un itinérant, Arpi ne se sent pas l’un des leurs. Comme il commence à le réaliser, la vie lui fait signe. Un Haïtien, originaire du Québec, l’invite à l’accompagner travailler sur une ferme biologique à Creston, en Colombie-Britannique. L’appel de l’ouest refait surface.

L’appel de la terre

Arpi passe l’automne et le début de l’hiver à Creston. Il fait la récolte, vide les champs avant l’arrivée de la neige. Il entrepose, lave et trie des carottes, des oignons, des patates. «Il neigeait et on lavait des carottes. Les mains me gelaient», se souvient-il en s’esclaffant. À cette époque, il loge dans une maison abandonnée, sans eau ni chauffage. Les fondations sont en ruine, les fourmis infestent le sol, les murs. L’expérience de la rue, à Calgary, lui sert. Il sait qu’il est capable de supporter des conditions de vie misérables. Aux fêtes, il retourne chez lui. Mais il a encore des choses à vivre en Colombie-Britannique. Il y retourne en janvier. Il n’a pas d’argent, pas d’emploi. «Je connaissais une boulangerie qui jetais son pain dans une poubelle. Pendant une semaine, je n’ai mangé que ça. Je trouvais ça excitant d’être capable de subvenir à mes besoins grâce à ma débrouillardise. Mais je me disais que si j’étais capable de me démerder, pourquoi ne pas faire autre chose?»

Le jeune homme se trouve un emploi la semaine suivante sur une autre ferme. Il quittera la Colombie-Britannique en avril pour mieux se retrouver sur une ferme familiale au Québec. «J’étais épanoui, en santé. J’ai vu le cycle de la terre. J’ai appris à opérer des tracteurs, des moissonneuses-batteuses. Je ne faisais que travailler. Pas de dessin, pas de grafs. J’étais heureux d’être en contact avec la terre. Mais j’étais encore éloigné de tout.»

En six mois, il ne prend que 5 jours de congé. À la fin de la récolte, en octobre, Arpi tourne le dos à la ferme le coeur léger.  «Partout où je suis allé, j’ai rencontré des gens, j’ai tissé des liens. Même si je sais que je ne les reverrai plus jamais, je quitte toujours un endroit avec le sourire. J’emmène avec moi une partie d’eux, des moments que nous avons partagés», dit-il en parlant de ses endroits de vagabondage.

L’appel de l’art
murale-graffiti-hotel-alt-quartier-dix-30-muraliste-canette Depuis qu’il a quitté le cégep, Arpi n’a pas dessiné. Il a vécu au contact de la terre, il a appris à se connaître. Le hasard de la vie le ramène à sa passion pour l’art par l’entremise d’un emploi de nuit, dans un entrepôt. Il y travaille avec des membres du groupe de graffers K6A. À leur contact, il passe du côté contemplatif à la création. «J’étais pourri en graf. Dès que j’avais de l’argent, je m’achetais de la peinture. Je graffais partout pour les rattraper en terme de talent et de notoriété. C’était mon premier contact avec la scène des graffers.»

Arpi ne connaît qu’une façon: s’abandonner de tout son être. Il met toutes ses énergies dans sa passion retrouvée. En trois semaines, il tapisse les murs d’une ville de banlieue et se fait arrêter. Loin de le décourager, il en est motivé! Il s’exile dans la métropole. C’en est terminé des fermes, de la terre.

La peinture prend toute la place. Il vogue d’un petit boulot à l’autre. «Quand ma bouffe et mon loyer étaient payés, je quittais mon emploi pour me consacrer à la peinture.» L’artiste en devenir s’exerce sur des trains, dans une gare de triage. «C’était mon trip! C’est spontané, c’est de l’art gratuit. Le meilleur moyen de s’exprimer. Ça n’affecte en rien le train, il se promène. Et ton dessin voyage. Il se rend à la grandeur du continent.»

Arpi travaille de nuit sans être dérangé. Il s’applique à apprendre sa technique: l’éclairage, les trois dimensions, les contrastes. S’il est conscient que des artistes vivent de leurs graffitis, lui ne se considère pas encore de ce calibre lorsqu’il regarde ses oeuvres.

Graffiti illégal à graffiti légal

murale-graffiti-boutique-coffee-shop-amsterdam-muraliste-canettes-hiphop-art Arpi et un ami proposent au propriétaire d’une lunetterie de peindre son mur délabré et rempli de tags. Ils dessinent des personnages en noir et blanc avec des lunettes en couleur. «Les passants me voyaient et disaient wow, j’en veux une! Quand je faisais des grafs illégaux, j’étais toujours seul. C’est plaisant d’avoir un contact avec les gens.» Ces rencontres le sensibilisent à leurs inquiétudes envers les tags, ces signatures qui enlaidissent les murs. Mais c’est en travaillant pour l’organisme de sensibilisation Y’a quelqu’un d’l’aut bord du mur qu’Arpi commence à se métamorphoser. Il doit enlever des tags sur les murs de commerces, faire de la prévention dans les écoles. «J’expliquais aux jeunes que l’autre bord du mur, il y a un être humain. C’est lui qui paie, qui vit un stress. Pas le système.»

Arpi a alors un pied dans l’illégal, un autre dans le légal. «Mes amis me haïssaient parce que j’enlevais des tags. Mais moi, je trouve ça con de faire un tag sur une maison. N’importe qui peut aller donner un coup de peinture sur un mur. Ça ne m’impressionne pas. Moi, j’en faisais à des endroits pour faire réfléchir les gens. Pour avoir un impact. Ça a toujours été mon approche. Je veux susciter un questionnement. Surtout chez les gens qui font du 9 à 5, en habit, qui pensent que la vie, c’est juste le travail, l’argent.»

Pour provoquer les gens, Arpi passe ses messages à des endroits inusités. En faisant des grafs sur des immeubles abandonnés, délabrés, sur des ponts, sur les hauteurs. Il interpelle les gens. Il les force à regarder des édifices qu’ils ne voient plus. À jeter un nouveau regard sur des paysages qu’ils ne remarquent plus. À sortir de leur petit questionnement routinier. Pour qu’ils prennent du recul sur leur vie comme lui quand il a vu ses confrères en graphisme rivés sur leurs écrans comme des robots.

Arpi prêche par l’exemple. Il prend du recul sur la peinture afin d’expérimenter de nouvelles possibilités. Il apprend à communiquer ses messages sous d’autres formes. Aujourd’hui, il dépense ses énergies sur la vidéo. Il apprend à maîtriser la caméra et les techniques du montage. Une façon différente de s’exprimer et de toucher les gens.

Il développe aussi d’autres aptitudes. Lors d’un contrat important avec Desjardins, il a supervisé une équipe de 14 graffers pour réaliser une murale de 11 étages dans un escalier. Il n’est plus seulement un artiste mais un gestionnaire.

Arpi a arpenté des chemins peu communs. Il a appris à se découvrir. Il est allé à la rencontre de gens de différents horizons. Il se sent privilégié, libre. «J’apprécie la vie que j’ai. Je me sens riche d’être capable de tout quitter pour aller vivre ce que j’ai envie. Sauf que parfois, je me demande si je peux donner autant de bonheur que ce que la vie m’a offert.»

C’est cet état d’esprit qu’Arpi partage à travers son art. Le bonheur de s’abandonner à la vie en toute conscience. Plus que les mots, pour l’artiste, c’est l’action qui parle. Et grâce à son dernier contrat, une publicité pour un concessionnaire automobile, Arpi reprend la route de l’aventure. Cette fois, c’est en Inde qu’il élargira ses horizons.

Deux premières photos: François Laplante-Delagrave. Autres photos courtoisie Café-Graffiti.

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