Amour inconditionnel, être la mère d’une prostituée toxicomane

Amour inconditionnel, être la mère d’une prostituée toxicomane

Dominic Desmarais   Dossier ToxicomanieProstitution et Sexualité.

prostitution-escorte-prostituées-danseuses-nues Un jour, la vie de Michelle a viré au cauchemar: prostitution, drogue, violence. Elle se remet maintenant des traumatismes causés par sa vie dans la rue grâce à l’appui indéfectible de sa mère, Solange, qui raconte le courage de sa fille.

Solange est nerveuse. Difficile, pour une mère, de parler de sa fille qui s’est prostituée, qui est tombée dans l’enfer de la drogue. Michelle lui a demandé de raconter ce qu’elle a vécu. La façon dont elle l’a aidée pour sortir de la rue. En acceptant de s’ouvrir à Reflet de Société, Solange offre une autre preuve d’amour à sa fille.

En conservant l’anonymat — l’entretien se fait au téléphone — cette maman partage de douloureux moments du passé. Lors de la discussion, Solange ne fait jamais allusion à la prostitution. Elle préfère penser au présent, qui s’annonce plus radieux pour sa fille et pour elle. «Michelle va bien. Je veux la garder de même. Je suis fière d’elle.»

Le plus dur est passé. «Avec Michelle, j’en ai enduré pas mal. On a mangé la claque. La vie, ce n’est pas juste de belles choses, affirme-t-elle sagement. Maintenant, je vais bien. Je savoure chaque journée.»

Pendant quelques années, Solange vivait dans l’angoisse continuelle. Sa fille, alors à Québec, s’était enfermée dans un monde malsain qu’elle pourrait difficilement quitter: drogue, prostitution et violence. Michelle maigrissait à vue d’œil. Elle avait développé des comportements agressifs. «À un moment, elle ne me reconnaissait plus.»

Sauver celle qu’on aime

Son cœur de mère la pousse à rapatrier sa fille en 2005, après qu’elle se soit fait agresser violemment par son petit ami et proxénète. Michelle est traumatisée. Auprès des siens, elle parvient toutefois à reprendre goût à la vie… après une série de moments troubles. À cette époque, Michelle n’est pas guérie de sa dépendance à la drogue. «Le problème était son manque de drogue. Elle était agressive. Elle cassait tout dans la maison. Je n’avais pas d’argent. Mais, pour elle, j’en trouvais. Mon chèque de bien-être y passait. Elle empruntait aussi de l’argent à ma sœur. Quand quelqu’un est en manque, tu n’as plus de reconnaissance. Elle ne voyait plus clair.»

Une nuit, elle est réveillée par le bruit d’un corps qui chute sur le plancher. «Elle venait de tomber. Elle avait beaucoup consommé. Quand j’ai vu ses pieds, sur le sol… Oh! mon Dieu! raconte-t-elle, un frisson dans la voix. J’ai appelé une ambulance. C’était un autre moment rough.»

Démunie devant les problèmes de sa fille, Solange cherche de l’aide. «J’ai peut-être attendu trop longtemps. Je pensais m’en sortir seule. Impossible. Je faisais juste pleurer. Je me demandais si elle s’en sortirait. Je passais mes nuits à ses côtés. Elle était toute maigre. Je la faisais manger à la petite cuillère. Elle ne voulait rien savoir. Mais c’est mon bébé! Je ne voulais pas la perdre.»

Renaissance difficile

Solange rencontre un intervenant psycho-social qui lui dit de ne plus donner d’argent à sa fille. «J’ai dit non. Je ne souhaite à personne d’être là quand elle est en manque. On m’a référé au centre Dollard-Cormier.» Michelle s’y rend pour soigner sa dépendance à la drogue. Elle demeure au centre de désintoxication 7 jours.

«Une semaine, ce n’est pas beaucoup, avoue Solange. Mais, elle va à tous ses rendez-vous. Les premières fois, j’y allais avec elle. Maintenant, elle est indépendante. Elle y va seule. J’ai tourné la page. Je suis contente de ce que je vis présentement. Je l’aime toujours! On ne dit jamais assez à nos jeunes qu’on les aime. Moi, jamais je n’ai traité Michelle de droguée. Jamais.»

Quand elle écoute la télévision avec sa fille, confortablement installée dans son lit, Solange apprécie sa persévérance. Aujourd’hui, il fait soleil tous les jours chez elle.

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Rue de la violence; prostitution et toxicomanie

Rue de la violence; prostitution et toxicomanie

Dominic Desmarais   Dossiers ToxicomanieProstitution et Sexualité.

prostitution-escorte-call-girl-prostituee-prostituees Au tournant de l’an 2000, Michelle entame une descente aux enfers. Traumatisée par la mort de deux de ses amis lors d’un accident de la route en Gaspésie, elle débarque à Québec. Elle y perdra ses plus belles années.

L’homme dont elle tombe amoureuse est impliqué dans la vente de drogue et dans la prostitution. Elle ne le sait pas. «J’ai commencé à vendre, parce que j’ai été influencée par de mauvais amis. Ça rapportait pas mal», avoue candidement la jeune femme.

Elle passait toutes ses soirées dans un bar de la capitale nationale à fournir de la cocaïne aux clients. À la fermeture, elle poursuivait son manège dans la rue. Elle s’effondrait sur son lit pendant 2 heures. Au lever, elle pesait et coupait la drogue qu’elle allait vendre en soirée. «Je travaillais 7 jours sur 7, sous les menaces de mort de mon chum et de son ami. J’ai fait ça 5 ans. J’étais à boutte.»

Son corps pour un quart de gramme

Michelle avait trop peur de changer de vie. Elle recevait à longueur de journée des claques sur la gueule. Un jour, elle se fait pincer par la police. Ses malheurs commencent. «Quand j’ai arrêté de vendre, il m’a forcé à prendre du PCP. Il m’a agrippé par la gorge pour m’envoyer sur la rue. Je ne connaissais pas ça, la prostitution.» La jeune femme ne veut pas nommer son petit ami. Elle en est toujours effrayée.

En 2002, elle entame sa nouvelle carrière: la prostitution. «Je n’aimais pas ça. À mon premier client, je pleurais. Je trouvais ça dur. Il était fin avec moi, dit-elle pour l’excuser. Il s’est rendu compte que je n’étais pas habituée.» Michelle travaillait jour et nuit. Soit dans la rue, soit en attendant l’appel de son copain, son proxénète.

«Il m’appelait pour me dire qu’il avait un client pour moi. Je voulais pas. J’allais me cacher chez ma chum. Quand je rentrais, je mangeais quelques claques. Mes clients étaient plus doux que mon chum. Ils savaient ce que je vivais. Je leur disais que j’étais obligée de le faire, que ça ne me tentait pas. Certains me donnaient mon 20 $ sans avoir de relation avec moi.»

Michelle remettait à son petit ami l’argent de ses clients. «En échange, il me redonnait un quart de gramme de coke. Je trouvais ça dur, cette vie. J’ai arrêté de consommer. Mais, j’ai continué de me prostituer, parce que, sinon, j’allais y passer.»

Battre ou se faire battre

Michelle subit la violence au quotidien. On lui crie après, la menace, la bat. Elle doit s’en prendre physiquement à ses amies prostituées. «Je n’avais pas le choix. Mon chum voulait que je batte mon amie. Je l’ai passée par-dessus le comptoir une fois. Je lui ai cassé les côtes, dit-elle, amère. Quand je ne la battais pas, c’est moi qui mangeais les volées. Il a enterré ma chum de fille, une prostituée qui voulait sortir du milieu. Toutes celles qui voulaient se sortir de la rue y passaient. Il les battait à mort. Je ne l’ai pas quitté, parce que j’avais peur. Moi, j’ai pas arrêté de manger des volées.»

Durant cette période, Michelle trouve refuge dans la musique. Elle chante à des événements. En 2004, elle emporte le premier prix d’excellence décerné par la Maison des jeunes de Saint-Sauveur. Un pactole de 4000 $. Un cadeau empoisonné. «Quand il l’a appris, il m’a agrippé par les cheveux. Il m’a dit: “T’es MA chanteuse. Tu m’appartiens.” J’y ai goûté.»

Cet événement a été un électrochoc qui a décidé Michelle d’abandonner cette vie de misère. En 2005, son copain devient fou. Il tente de l’assassiner. «Il me courait après avec un couteau de 12 pouces. Il m’a cassé la jambe avec une patte de la table de cuisine. Je courais sur ma jambe pareil. J’ai pas eu le choix de sauter du 2e étage. Il m’a retrouvée dehors. Il avait son couteau sur ma gorge.»

Michelle revient sans cesse sur cette histoire de grosses cicatrices psychologiques. Elle est suivie au centre Dollard-Cormier pour l’aider à se reconstruire des suites de cette violence. «Chaque fois que je reçois ma lettre pour les victimes d’actes criminels, je pleure», dit-elle, passant de la parole au geste. Elle sanglote juste à en parler. Elle repense à ses années d’enfer, à sa musique qui l’a aidée à s’en sortir. Elle a composé une chanson sur la prostitution. Elle y traite les clients de «vautours».

Le salut par l’entraide

Michelle finit par rebondir. Elle revient à Montréal pour repartir à neuf. Avec l’appui et l’amour de sa mère, elle reprend confiance en la vie. Elle fait du bénévolat auprès de femmes violentées. Elle apporte son aide à l’organisme Dopamine, qui travaille auprès des prostituées.

«J’ai fait de la prostitution. J’ai été toxicomane. J’ai été battue. Je veux les aider. C’est un milieu dur. Il faut savoir les comprendre. Avec moi, elles se sentent en sécurité. Je ne les juge pas.»

Michelle se remet lentement de ces 5 années sombres. Elle n’a aucune idée du temps qu’il lui faudra pour panser ses plaies. Elle vient de mettre fin à une relation. «J’ai vu qu’il était agressif. Dès qu’on élève la voix, j’ai peur. Je panique. Je me suis assez fait crier après. Je ne veux pas être démolie à nouveau. Je commence à être bien.»

La jeune femme poursuit sa thérapie et cherche des organismes qu’elle pourrait aider grâce à ce qu’elle a vécu. Elle envisage d’enregistrer un autre disque. Michelle sourit comme une miraculée. Elle pense à son avenir rempli de projets. Une bonne façon de garder son optimisme.

Dopamine: www.dopamine.ca
Centre Dollard-Cormier: www.centredollardcormier.qc.ca

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