Les garçons et l’école

Éducation des garçons

Scolarité au masculin

La probabilité que les garçons manifestent plus fréquemment que les filles des conduites difficiles à l’école est réelle: une question incontournable pour quiconque s’intéresse aux problématiques comportementales observées chez les enfants et les adolescents.

Égide Royer   Dossier Éducation, Famille

Chez les garçons, la violence est moins verbale, moins indirecte et cachée que chez les filles. La prévalence du suicide est plus élevée, puis les moyens nettement plus dangereux. Les échecs scolaires au Québec ont augmenté en 2006: 35,4 % des garçons et 22,9 % des filles n’avaient pas obtenu de diplôme du secondaire avant l’âge de 20 ans. La différence entre les deux sexes est significative.

L’adaptation scolaire a également un sexe:

  • 2 garçons sont en difficulté d’apprentissage pour 1 fille.
  • 3 garçons manifestent des problèmes de comportement pour 1 fille.
  • 6 garçons présentent un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité pour 1 fille.

Le dernier écart montre bien pourquoi les garçons sont nettement plus susceptibles de se voir prescrire du Ritalin durant leurs études primaires. La majorité des élèves qui présentent des conduites agressives sont également des garçons. C’est pourquoi ceux-ci risquent nettement plus de développer des problèmes de compor-tement et d’apprentissage.

Mesures adaptés

À l’occasion d’une table ronde sur la réussite scolaire des garçons, je me suis adressé à toutes les responsables de la condition féminine de la Centrale des syndicats du Québec. M’étant aperçu que j’étais le seul homme à la table, je me suis dit, avant ma présentation, que la situation serait probablement délicate, que je devrais soupeser davantage mes mots qu’à l’habitude.

Je m’étais trompé, puisque mon désir d’améliorer la réussite scolaire des garçons n’a pas été perçu comme une menace pour la réussite des filles. Ces femmes étaient, pour la plupart, également des mères de garçons, des tantes, voire des grands-mères.

Elles avaient constaté cette même problématique et ont reçu positivement mes recommandations concernant la manière de composer avec les besoins particuliers des garçons:

  • Valoriser et renforcer leur réussite scolaire.
  • Fournir des modèles de substitution pour les conduites agressives.
  • Enseigner des habiletés sociales.
  • Proposer des modèles masculins, des mentors.
  • Faire activement la promotion du rôle des hommes dans l’éducation préscolaire et dans l’enseignement primaire.
  • Valoriser, chez les élèves masculins du collégial, le métier d’enseignant au primaire.
  • Favoriser, au primaire, l’engagement d’enseignants masculins.

Discrimination positive

Cette dernière recommandation est perçue comme si j’attribuais l’échec scolaire des garçons aux femmes qui leur ont enseigné. Dans le même esprit, il serait tout aussi faux de croire que le recrutement de pompières devrait être valorisé parce que les pompiers masculins provoquent des incendies.

Une discrimination positive des femmes est exercée lorsque leur recrutement est favorisé dans un métier traditionnellement masculin. Ainsi, le même type de discrimination positive pour les hommes devrait s’appliquer lors de l’engagement des enseignants. Il est urgent que soit valorisé un réinvestissement des hommes dans le milieu de l’éducation, particulièrement à l’école primaire.

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Intimidation, violence à l’école et conduites agressives des jeunes

L’éducation face à l’intimidation et la violence

Stress et formation des enseignants

Conduites agressives à l’école, formation des enseignants et intervention auprès des jeunes. Quelles sont les meilleures interventions?

Égide Royer  Dossier Éducation, Intimidation

À la fin d’un séminaire de formation que je donnais sur l’intervention auprès des jeunes qui manifestent des conduites agressives à l’école, une enseignante au seuil de la retraite a formulé le commentaire suivant: « Mon Dieu, si j’avais su! » Les manifestations de violence à l’école n’ont cessé d’augmenter depuis une vingtaine d’années. Néanmoins, je constate que les enseignants ont reçu peu de formation pour faire efficacement œuvre d’éducation auprès des jeunes qui manifestent des conduites agressives.

Les connaissances actuelles sur le sujet indiquent pourtant clairement que certaines interventions sont plus efficaces que d’autres pour prévenir la violence scolaire et composer avec celle-ci. Toutefois, les milieux scolaires ont peu intégré ces savoirs. Lorsque la tolérance zéro, les détecteurs de métaux, la suspension, l’expulsion définitive de l’école et autres approches basées sur la sécurité et la répression sont les seules interventions proposées, il y a de quoi se poser des questions. Dans quelle mesure la formation initiale et la formation en cours d’emploi des enseignants et des autres agents d’éducation leur permettent-elles de faire œuvre d’éducation auprès des jeunes agressifs ou en difficulté de comportement?

Croyances et éducation

Plusieurs réformes et autres politiques mises en œuvre par les gouvernements et les organismes scolaires sont basées davantage sur des croyances et des idéologies que sur des évidences empiriques. Il en est souvent ainsi des pratiques des enseignants, des directeurs d’école et des professionnels lorsqu’ils interviennent pour prévenir la violence à l’école et composer avec celle-ci.

L’explication des problèmes de comportement d’un élève, de ses échecs scolaires ou de ses conduites agressives est fréquemment attribuée à certaines de ses caractéristiques (pauvreté, fonctionnement familial). On remet rarement en question la qualité des services offerts par l’école et encore moins la pertinence de l’utilisation de certaines approches disciplinaires, et ce, même lorsque des données empiriques indiquent leur futilité et quelquefois leurs effets négatifs.

Les enseignants quittent l’université sans même posséder les balises essentielles pour les guider lorsqu’ils doivent faire face aux premières manifestations agressives d’élèves de leur classe ou de leur école. Dépourvus de modèles, ils se retrouvent souvent ailleurs: bien loin de l’objectif visé par leurs interventions. Cet ailleurs peut mener l’élève à l’escalade verbale, à la menace, à l’agression physique, aux crises de colère, à l’intimidation, à la suspension et, éventuellement, à l’expulsion de l’école. Il a donc un impact très négatif sur le jeune, ses apprentissages et son insertion sociale (le taux d’échec scolaire des jeunes en difficulté de comportement dépasse 80%). Cette situation explique en grande partie le stress grandissant associé au métier d’éducateur.

Stress et enseignement

Le stress est devenu une réalité incontournable du métier d’enseignant, tout particulièrement chez ceux qui travaillent avec des jeunes qui manifestent des conduites agressives. Les carences de la formation reçue à l’université sur cette question ne font qu’amplifier la pression ressentie.

J’ai eu l’occasion d’intervenir, en formation continue, auprès de plusieurs milliers d’enseignants ces 20 dernières années. L’évaluation qu’ils font de leur formation initiale ou en cours d’emploi est assez troublante. Les enseignants se plaignent constamment de la non-pertinence des cours qu’ils ont suivis à l’université pour ce qui est de les aider à prévenir les conduites agressives des jeunes ou à composer avec celles-ci. Ils considèrent leur formation universitaire comme inadéquate.

Ils se disent très mal préparés pour gérer les comportements difficiles en classe, ce qui les conduit souvent à adopter une approche autoritaire qui ne fait qu’amplifier ces comportements perturbateurs et créer des situations d’escalade. La formation reçue pour travailler en collaboration avec les parents est également anémique. Le personnel scolaire les considère très souvent comme la cause des problèmes de comportement du jeune et tend à vouloir punir tant la famille que ce dernier.

La qualité de la formation

Il est maintenant urgent que les enseignants puissent enfin développer, dans les facultés d’éducation, leurs connaissances et leurs habiletés pour être en mesure de prévenir les conduites agressives et les manifestations de violence à l’école et de composer avec celles-ci. Les familles ont changé, les jeunes ont changé et les écoles ont changé. Il est grand temps que la formation que nous offrons à nos enseignants leur permette de s’adapter, en tant qu’éducateurs, à cette nouvelle réalité.

L’école a un rôle très important à jouer en matière de socialisation des jeunes et de prévention de la violence. La réalisation de cette mission passe par l’amélioration de la formation initiale et de la formation continue des enseignants quant aux interventions efficaces pour prévenir les conduites agressives des jeunes et composer avec celles-ci. Cette formation est d’abord nécessaire pour améliorer la réussite scolaire et l’insertion sociale de ces élèves. Elle est également indispensable pour améliorer la qualité de vie des enseignants, des parents, mais aussi des autres élèves de la classe.

Lien: www.preventionviolence.ca

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École pour décrocheur

Décrochage scolaire

Marie prend un break

Annie Mathieu   Dossiers Décrochage , Éducation

entre-la-rue-et-l-ecole-decrochage-education-alternative Marie, 15 ans, a lâché l’école il y a un mois. Ses piètres résultats scolaires, les professeurs qu’elle juge incompétents et le stress l’ont épuisée. «J’avais besoin d’un break», affirme-t-elle. Pour se garder motivée et en attendant d’aller à l’école pour adultes, elle fréquente Entre la rue et l’école, un organisme qui vient en aide aux décrocheurs de 12 à 17 ans.

Au premier coup d’œil, il est difficile de s’imaginer que cette adolescente timide peut avoir des troubles de comportement et qu’elle était, jusqu’à tout récemment, la bête noire de ses professeurs.

Au moment de la rencontre, Marie fait des exercices dans son cahier d’anglais secondaire 4. Fort probablement, personne ne les corrigera mais au moins, pendant la période d’aide aux devoirs de l’organisme, elle est occupée. Elle prend volontiers une pause pour discuter de son cheminement.

«J’ai le goût d’être enquêtrice, d’être dans l’action», affirme d’entrée de jeu l’adolescente soigneusement maquillée. Ambitieuse, Marie déclare qu’elle ira faire une technique policière au cégep. «Ça ne me tente pas d’avoir une petite job toute ma vie, renchérit-elle. Retourner aux adultes à 25 ans, ça ne va pas me tenter non plus.»

Pour Marie, l’école est synonyme de stress. «Les profs se concentrent juste sur ceux qui sont motivés. Ils voient bien qu’on a besoin d’aide», reproche-t-elle. «Je dirais que j’avais un prof sur six qui était bon. Le prof que j’aimais, c’était un professeur de français et il préparait bien son cours. Les autres, ils font juste dire «ouvrez vos cahiers» et nous font faire des exercices sans expliquer la matière.»

Responsabilité partagée

entre-la-rue-et-l-ecole-education-decrochage-scolaire Les professeurs sont-ils les seuls responsables du décrochage de Marie? Jointe par téléphone, Chantale Payette, la maman de l’adolescente, met de l’eau dans son vin: «Je veux faire attention à mon jugement. Il y a les deux côtés qui peuvent être coupables, les élèves et les professeurs. Elle admet tout de même avoir été déçue de l’attitude de ces derniers: «Je suis allée à toutes les rencontres de profs. J’ai vu des professeurs blasés qui se foutaient s’ils donnaient ou pas leurs cours», explique-t-elle.

Résultat: les notes de Marie ont chuté de manière catastrophique. Dans les dernières semaines où elle fréquentait les salles de classes, elle obtenait en moyenne 10% dans ses évaluations. «Je n’étais plus capable de me lever à 7 heures le matin pour rien. Je perdais mon temps» explique Marie.

Pour ses parents qui ont vu ses notes dégringoler, il n’y avait plus rien à faire. «Ça ne remontait plus», explique Mme Payette, qui avoue trouver l’épreuve difficile. «À ce qui paraît, c’est très fréquent» avance-t-elle comme pour se rassurer. Ce peu de réconfort n’a pas empêché les parents de l’adolescente de se sentir seuls au monde. «C’est comme un échec en tant que parents», affirme Mme Payette.

Néanmoins, ils ont retroussé leurs manches et cherché, avec l’aide d’amis de la famille et différents intervenants du milieu scolaire, des ressources pour leur fille. «On a fait des recherches par Internet, on ne savait pas par quel bout prendre le problème» explique-t-elle. Ils ont découvert Entre la rue et l’école et immédiatement, une relation de confiance s’est installée: «Ce sont des gens très humains, les parents sont bien accueillis» affirme Mme Payette qui admet que cela donne à son couple le temps de souffler. «Je la sens entre de bonnes mains».

Jacques Cordeau, le père aujourd’hui à la retraite, conduit Marie à la porte de l’organisme tous les jours. Pendant la période d’aide aux devoirs du matin, sa fille utilise ses cahiers d’exercice pour s’avancer un peu dans la matière des cours auxquels elle n’assiste plus, question de ne pas se couper complètement de l’école. Elle ne sera ni notée, ni pénalisée si elle ne progresse pas assez rapidement. Pour Marie, le stress est éliminé, surtout qu’elle peut bénéficier de l’aide aux devoirs donnée par des bénévoles. «Ici, ils sont fins. Ce ne sont pas des vieux qui ne comprennent rien».

Marie a été chanceuse, ses parents sont compréhensifs. «Mes parents savent que mon but, c’est de retourner à l’école. Ils ne sont pas frustrés. Ils m’ont dit ‘‘ok, si t’as besoin d’un break’’. Peut-être qu’en septembre prochain, je vais recommencer à l’école aux adultes, avance Marie. Je travaille mieux de mon propre gré. Je vais peut-être aussi me sentir plus libre.»

Des coupables?

«Coupable» n’est pas le mot à employer, selon Égide Royer, professeur en éducation à l’Université Laval et chercheur au Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (CRIRES). Il est plutôt question d’une conjoncture de facteurs lorsqu’il est question de décrochage scolaire.

D’une part, beaucoup d’élèves entrent au secondaire avec un niveau de lecture équivalent à la 3-4e année du primaire, indique-t-il. Les professeurs ne doivent pas laisser filer de tels élèves, croit-il. C’est malheureusement trop souvent le cas. Un faible niveau de lecture entraîne des retards importants dans toutes les matières scolaires, précise-t-il.

Les enseignants, pour leur part, ne manquent pas de bonne volonté. Ils sont souvent très bien formés mais manquent de ressources ou de connaissances pour encadrer ceux qui sont en difficulté, indique Égide Royer. Avec des classes de 25 élèves qui en comptent au moins 5 en difficulté, la situation tend à dépasser le personnel enseignant.

Finalement, M. Royer note une hausse importante de jeunes affichant un comportement d’incivilité, manifestant l’ignorance ou un rejet des règles élémentaires de la vie sociale. Les relations des jeunes avec les adultes se sont profondément modifiées, ajoute-t-il. C’est le problème actuel des enfants rois.

On parle aussi des parents rois qui «prennent fait et cause pour leurs enfants alors que le travail d’un parent c’est de tenir le fort», précise-t-il. Les parents devraient être plus attentifs dans le suivi de l’éducation de leur enfant, croit M. Royer. Ceci commence, par exemple, par la simple lecture d’histoires avant le coucher. Un bon moyen pour initier les jeunes à la lecture et éviter qu’ils accusent un retard crucial au primaire.

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Photo Charles Mathieu Audet

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.Le livre est disponible au coût de 4,95$.
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Décrochage scolaire: Entre la rue et l’école

Jeunes et décrocheurs

Marie, 15 ans, a lâché l’école il y a un mois. Ses piètres résultats scolaires, les professeurs qu’elle juge incompétents et le stress l’ont épuisée. «J’avais besoin d’un break», affirme-t-elle. Pour se garder motivée et en attendant d’aller à l’école pour adultes, elle fréquente Entre la rue et l’école, un organisme qui vient en aide aux décrocheurs de 12 à 17 ans.

Annie Mathieu          Dossier  Famille , Éducation

Au premier coup d’œil, il est difficile de s’imaginer que cette adolescente timide peut avoir des troubles de comportement et qu’elle était, jusqu’à tout récemment, la bête noire de ses professeurs.

Au moment de la rencontre, Marie fait des exercices dans son cahier d’anglais secondaire 4. Fort probablement, personne ne les corrigera mais au moins, pendant la période d’aide aux devoirs de l’organisme, elle est occupée. Elle prend volontiers une pause pour discuter de son cheminement.

«J’ai le goût d’être enquêtrice, d’être dans l’action», affirme d’entrée de jeu l’adolescente soigneusement maquillée. Ambitieuse, Marie déclare qu’elle ira faire une technique policière au cégep. «Ça ne me tente pas d’avoir une petite job toute ma vie, renchérit-elle. Retourner aux adultes à 25 ans, ça ne va pas me tenter non plus.»

Pour Marie, l’école est synonyme de stress. «Les profs se concentrent juste sur ceux qui sont motivés. Ils voient bien qu’on a besoin d’aide», reproche-t-elle. «Je dirais que j’avais un prof sur six qui était bon. Le prof que j’aimais, c’était un professeur de français et il préparait bien son cours. Les autres, ils font juste dire «ouvrez vos cahiers» et nous font faire des exercices sans expliquer la matière.»

Responsabilité partagée
Les professeurs sont-ils les seuls responsables du décrochage de Marie? Jointe par téléphone, Chantale Payette, la maman de l’adolescente, met de l’eau dans son vin: «Je veux faire attention à mon jugement. Il y a les deux côtés qui peuvent être coupables, les élèves et les professeurs. Elle admet tout de même avoir été déçue de l’attitude de ces derniers: «Je suis allée à toutes les rencontres de profs. J’ai vu des professeurs blasés qui se foutaient s’ils donnaient ou pas leurs cours», explique-t-elle.

Résultat: les notes de Marie ont chuté de manière catastrophique. Dans les dernières semaines où elle fréquentait les salles de classes, elle obtenait en moyenne 10% dans ses évaluations. «Je n’étais plus capable de me lever à 7 heures le matin pour rien. Je perdais mon temps» explique Marie.

Pour ses parents qui ont vu ses notes dégringoler, il n’y avait plus rien à faire. «Ça ne remontait plus», explique Mme Payette, qui avoue trouver l’épreuve difficile. «À ce qui paraît, c’est très fréquent» avance-t-elle comme pour se rassurer. Ce peu de réconfort n’a pas empêché les parents de l’adolescente de se sentir seuls au monde. «C’est comme un échec en tant que parents», affirme Mme Payette.

Néanmoins, ils ont retroussé leurs manches et cherché, avec l’aide d’amis de la famille et différents intervenants du milieu scolaire, des ressources pour leur fille. «On a fait des recherches par Internet, on ne savait pas par quel bout prendre le problème» explique-t-elle. Ils ont découvert Entre la rue et l’école et immédiatement, une relation de confiance s’est installée: «Ce sont des gens très humains, les parents sont bien accueillis» affirme Mme Payette qui admet que cela donne à son couple le temps de souffler. «Je la sens entre de bonnes mains».

Jacques Cordeau, le père aujourd’hui à la retraite, conduit Marie à la porte de l’organisme tous les jours. Pendant la période d’aide aux devoirs du matin, sa fille utilise ses cahiers d’exercice pour s’avancer un peu dans la matière des cours auxquels elle n’assiste plus, question de ne pas se couper complètement de l’école. Elle ne sera ni notée, ni pénalisée si elle ne progresse pas assez rapidement. Pour Marie, le stress est éliminé, surtout qu’elle peut bénéficier de l’aide aux devoirs donnée par des bénévoles. «Ici, ils sont fins. Ce ne sont pas des vieux qui ne comprennent rien».

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Influences des parents sur l’éducation de leur jeune

Un élève difficile, mon enfant

Les acteurs des milieux scolaires blâment souvent les parents lorsqu’il s’agit de trouver la cause des difficultés de comportement d’un jeune. À l’opposé, plusieurs parents accusent les enseignants et l’école d’être responsables des problèmes scolaires ou disciplinaires de leur progéniture.

Égide Royer    Dossier  Famille, Éducation

bebe_enfant_jeune_parent_famille_jeunes_bebes L’influence des parents joue assurément un grand rôle dans la réussite scolaire de leur enfant. Le style d’éducation prodigué et la participation au suivi scolaire sont directement reliés à la réussite d’un enfant. Plus il est soutenu dans son apprentissage, meilleures sont ses chances de réussite scolaire.

Discipline inégale ou inexistante

Une difficulté majeure est de délimiter ce que peut faire ou ne pas faire un enfant. Par exemple, lorsque des parents “ouverts” acceptent que des “partys de drogues” aient lieu à la maison, que leur jeune puisse inviter deux adolescentes à partager son lit ou qu’un père fume un joint de pot avec son fils, question de s’en rapprocher, il faut se poser des questions sur les conséquences de l’absence d’interdits à l’adolescence.

À l’autre extrême, les parents d’enfants agressifs ont souvent recours à des pratiques disciplinaires dures et inconsistantes. D’autres ne s’impliquent pas de manière positive dans la vie de leur enfant et ne supervisent que faiblement ses activités quotidiennes. Quant à l’utilisation des félicitations et des punitions, elle n’a souvent aucune relation logique avec le comportement de l’enfant.

La plupart des jeunes qui développent des problèmes sérieux de comportement grandissent dans ces environnements imprévisibles et peu encadrés. Ils apprennent d’ailleurs à contrôler leur environnement familial avec des comportements agressifs et irrespectueux. Agissement qu’ils rapportent ensuite dans leur sac à dos jusqu’à l’école. Les enseignants doivent ainsi faire face à des jeunes qui, dès la maternelle, refusent de suivre les consignes.

Relation enseignant-parents

De manière générale, les facultés d’éducation sont très peu loquaces sur la façon de collaborer efficacement avec les parents. Une collaboration qui continue d’être un vœu pieux, une pensée magique qui est présente dans tous les textes officiels et discours des gestionnaires et des politiciens qui s’occupent d’éducation.

On se retrouve très souvent avec des enseignants à court de moyens qui discutent avec des parents qui, de leur côté, ne savent pas quoi faire avec leur jeune. Ces parents se demandent surtout comment travailler avec une école qui leur laisse entendre qu’ils sont responsables du comportement de leur enfant en classe, dans la cour de récréation ou dans l’autobus scolaire. Il s’agit pourtant de trois endroits sur lesquels ils n’ont aucun contrôle direct.

Demander aux parents de changer quelque chose à la maison, voire dans leur vie conjugale, pour améliorer le comportement de leur enfant à l’école est une entreprise habituellement vouée à l’échec. Afin d’éviter ce cul-de-sac et favoriser une relation étroite entre parents et enseignants, certaines composantes sont essentielles:

a) Développer un climat positif avec les parents.

b) Maintenir des communications régulières avec eux.

c) Intervenir en utilisant une approche de résolution de problèmes.

d) Favoriser les interventions sur mesure et concertées entre l’école et les parents.

e) Permettre aux parents d’échanger et de développer leurs habiletés sur la manière de mieux gérer le comportement de leur enfant à la maison.

Par ailleurs, l’école doit être en mesure d’intervenir le plus tôt possible auprès des jeunes et des familles à risque. Il est primordial que la participation active des parents soit encouragée dans toute intervention visant la prévention des conduites agressives des jeunes, tout particulièrement à la maternelle et au début du primaire.

Cinq pratiques parentales sont essentielles au développement de comportements positifs et coopératifs chez les enfants et adolescents:

a) Une discipline juste et non punitive.

b) La supervision et le suivi des activités du jeune.

c) L’implication des parents dans la vie de leur enfant.

d) L’encouragement, le soutien et la mise en valeur de ses réussites.

e) L’habileté à résoudre les conflits entre les membres de la famille.

Les parents sont parmi les seuls adultes à avoir un lien affectif suffisamment privilégié et durable pour investir de façon significative dans le développement à long terme des jeunes. Les enseignants, les directions d’école, les psychologues et les psycho éducateurs passent… mais les parents demeurent.

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Graffiti Hip Hop de la scène de Montréal

operation-graffiti-hip-hop-graffiteur-graff Opération Graffiti. Toute l’histoire de la création du Café-Graffiti. La relation avec les jeunes. Ce qu’ils ont vécu dans le projet. Ce qu’ils ont fait vivre aux intervenants. Toutes les anecdotes d’un projet qui fait encore parler de lui. Une façon intéressante et originale de soutenir le Café-Graffiti dans sa mission d’aide et de soutien aux jeunes. 19,95$.

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L’avenir des jeunes en Gaspésie

Intervention jeunesse en Gaspésie

Criminalité, problèmes de consommation, troubles de comportements… Les grandes villes ne sont pas les seules aux prises avec une jeunesse troublée. En Gaspésie, les mêmes symptômes grugent les adolescents. La grandeur du territoire et le manque de ressources compliquent les efforts d’intervention.

Dominic Desmarais        Dossier  Famille, Gaspésie

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Luc Savage se dévoue pour la cause des jeunes. Intervenant au Centre jeunesse de Gaspé, il occupe aussi la fonction de conseiller municipal. Dans les deux cas, Luc a une préoccupation majeure: le bien-être de ses jeunes. L’avenir de sa région.

En contact tous les jours avec des jeunes, ce qu’il entend lui arrache le cœur. Ils me disent: «Dès que j’ai la possibilité, je sacre mon camp d’ici.» Conseiller du quartier le plus pauvre de Gaspé, Luc comprend. Ses jeunes ont peu d’infrastructures pour se divertir. «En réaction, ils ont vandalisé le peu qu’on avait. La réaction de la ville: on ferme tout. Pourtant, ils ne demandent que quelques paniers de basketball, une patinoire, un terrain de balle, un skate park

Délinquants ou victimes?

Alors que certains voient ces jeunes comme des délinquants, Luc les regarde comme des victimes. L’intervenant n’est jamais loin. Les jeunes dont il s’occupe, au centre jeunesse, ont des problèmes multiples. Jeunes de familles reconstituées ou détruites qui manquent d’affection, problèmes de santé mentale, délinquance. «Les problèmes sont beaucoup plus complexes aujourd’hui. L’intervention aussi. Le centre jeunesse a dû apporter des changements. Ce qui s’applique bien en délinquance s’applique mal en santé mentale, affirme l’intervenant. Avant, c’était très rare, un jeune médicamenté. Aujourd’hui, c’est le contraire. C’est rare celui qui ne l’est pas.»

Pendant cinq ans, Luc a gardé dans sa famille des jeunes qui n’étaient pas prêts à vivre en famille d’accueil. Un service de première ligne pour jeunes écorchés. Comme celui qui a piqué une crise lorsque Luc s’amusait avec sa petite fille. «Le jeune est rentré dans sa chambre en frappant partout. Il m’a expliqué, après, que ça l’avait dérangé, parce que jamais on ne s’était amusé avec lui, dans sa famille…»

Cette expérience lui fait comprendre qu’il faut voir plus loin que l’acte délinquant lui-même. «Ça m’a permis de saisir que nos mesures en centre d’accueil ne sont pas réalistes. On s’attend à des comportements exemplaires. Dans un sens, c’est normal d’être rebelle à l’adolescence. On se cherche, on développe son identité. Le jeune qui a été battu, abusé, il peut être en situation de crise, explique-t-il. Ce que les gens ne comprennent pas, c’est que, côté affectif, ils sont âgés de sept ans. Ça fausse leur capacité décisionnelle. On reçoit des jeunes qui se laissent aller complètement», dit-il, en faisant référence à l’automutilation que pratiquent certains.

Famille absente

Luc est désemparé. Il travaille avec des jeunes qui retombent dans les mêmes problèmes en sortant du centre. «Faut pas se conter d’histoires. Bien des familles ont démissionné. Chaque fois que le jeune se sent de trop, rejeté, on l’accueille au centre. On travaille avec lui. Mais il retourne dans son milieu. Et, tout est à refaire. Sans parler de négligence parentale, on a un fort pourcentage de jeunes qui viennent de familles où il n’y a aucun encadrement. C’est le rôle du parent de l’encadrer. On fait de la rééducation. J’ai des parents qui accordent beaucoup d’importance à des niaiseries. Des disputes sur le temps passé au téléphone. Aucun intérêt pour ce qui est important pour le jeune. Peut-être parce que ça demande plus de préparation…»

Mylène Montmagny, directrice de l’Accueil Blanche-Goulet, un centre d’hébergement pour personnes en difficulté, reçoit son lot de jeunes. Plusieurs sont passés par le centre jeunesse. Des jeunes avec de lourds problèmes familiaux. «On aurait besoin de plus de logements supervisés pour les jeunes qui sortent des centres jeunesse. Ils ont de la difficulté avec leurs parents. Alors, ils vont vivre dans la rue, parce qu’il n’y a pas de logements supervisés», souligne la dame, d’un ton sans appel. Pour elle, le centre jeunesse ne remplit pas son mandat. «Le problème, c’est que les jeunes n’ont pas de suivi quand ils sortent. Pendant qu’ils sont au centre, le contact est brisé avec la famille.»

Un suivi insuffisant

Pour Luc, la superficie du territoire gaspésien est un gros obstacle. «On réfère le suivi à nos succursales. Le jeune vient de passer six mois en centre d’accueil. Son milieu a changé. L’éducateur ou l’intervenant fait le suivi. Mais en raison de la superficie de la région, il est difficile de faire le suivi», constate-t-il à regret. Luc ne blâme personne.

À la place, il cherche des solutions constructives. Des projets rassembleurs permettant aux jeunes de s’épanouir, pas de dépérir. Comme celui de l’école Antoine-Roy, qui a monté le spectacle Je reviens chez nous! Il est présenté un peu partout en Gaspésie. Les jeunes font tout. Ils jouent, fabriquent les costumes et les décors, s’occupent du son et de l’éclairage, organisent la tournée.

Le projet a rassemblé 45 jeunes et remporté le premier prix Essor au Québec, en novembre. Des jeunes qui n’avaient pas d’activités, parce qu’ils ne sont pas sportifs. Ils voulaient une activité stimulante. Luc sombre dans la rêverie. Il verrait bien ses jeunes du centre jeunesse participer à un projet qui les motiverait. Un peu de baume sur leur âme écorchée.

De l’aide au Cégep de Gaspé

Le Cégep de Gaspé s’est doté d’une intervenante. Après les suicides de trois étudiants dans les deux dernières années, dont un aux résidences de l’institution, l’embauche de July Synott n’est pas un luxe. Le cégep, en cette ère de compression, a trouvé un compromis. Il assure le salaire de l’intervenante pour deux jours semaine. Le CLSC de Gaspé défraie les deux autres jours de sa semaine.

July a beaucoup de boulot devant elle. Depuis son embauche, en novembre dernier, elle a pu mesurer les problèmes des étudiants. «Ils sont nombreux. Santé mentale, stress, angoisse, harcèlement, violence conjugale, troubles de comportement. De plus en plus, il y a des troubles de déficit d’attention. J’ai un service de psychologue au CLSC. Mais il y a six mois d’attente… Je tiens la poulie pendant ce temps. J’ai n’ai pas le temps de chômer!» La jeune femme, qui a fait sept rencontres individuelles et une de groupe dans sa matinée, préfère en rire qu’en pleurer. L’an prochain, elle aura deux stagiaires pour lui prêter main forte.

July remarque que la consommation, au cégep, a pris un nouveau visage dans les dernières années. «Avant, il y avait la clique pot, la clique drogue dure. Maintenant, c’est plus la drogue de performance. On a beaucoup de travaux, on ne consomme pas pour s’amuser, mais pour étudier plus longtemps. Pour beaucoup, c’est le premier éloignement de la famille. Gérer le budget, concilier travail-études, la bouffe, le stress relié à tout ça, les problèmes d’identification. C’est la transition entre je suis encore un enfant, je deviens un adulte.»

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