Roland Noël, la Gaspésie en peinture

Sauver du temps aux prisonniers

Le peintre Roland Noël

Regard bleu perçant, veste en cuir et dents en colliers. Roland Noël passe les portes du Café Graffiti, son accent gaspésien envahit la salle. L’homme, âgé de 73 ans, est artiste et a eu une existence mouvementée. Aujourd’hui, s’il rédige son autobiographie c’est pour offrir son message.

Delphine Caubet    Dossier PrisonCroissance personnelleCulture

peinture gaspésie roland noel péninsule gaspésienne art culture tourismeRoland est entré pour la première fois en prison à 17 ans. Il en sortira définitivement le 16 avril 1969, à 9 heures, à l’âge de 28 ans. Aujourd’hui avec le recul et l’âge, il veut passer un message à ceux qui sont «en dedans»: «Profitez du temps pour vous améliorer. La raison en dedans c’est toi.»

Pénitencier

Roland a toujours eu un rapport conflictuel avec l’autorité. Que ce soit l’école ou la police. À 17 ans, après une bagarre, il est envoyé pour la première fois en prison. Pendant les 3 jours où il est incarcéré, le jeune homme est heureux: sa mère lui rend visite et lui apporte des cigarettes. «À l’extérieur je n’avais rien, et là, on m’apportait des cigarettes.»

Pendant les années suivantes, il va faire de nombreux allers-retours en prison. Progressivement les peines s’accumulent et augmentent. De 3 jours à 1 mois. De 1 mois à 2 mois. Puis finalement de 2 ans et 8 ans. Cette dernière peine lui est value pour un coffre-fort.

À l’intérieur, on lui dit qu’en prison «tu n’as pas de droit, que des privilèges. Ici, on dompte les lions et on plie l’acier.» Le ton est donné. Alors, pour éviter d’avoir plus de temps, les détenus jouent au «bon gars». Mais, il n’y a rien de sincère précise Roland.

Pendant sa peine de 2 ans (pour avoir battu un policier), il apprend que le pénitencier est obligé d’accepter si un détenu veut étudier. Chose qu’il mettra en œuvre pendant les 8 années de sa dernière sentence, au pénitencier de St-Vincent-de-Paul. Avant celle-ci, il était dans le bois, recherché avec des amis armés qui s’étaient évadés de prison. À ce moment-là, l’artiste peintre à un déclic. Il veut reprendre sa vie en main.

Éducation

peinture gaspésie tourisme péninsule gaspésienne roland noel«Au pénitencier j’ai étudié jusqu’en 11ème année.» «Certains à mes côtés se pendaient, moi je voulais m’en sortir. Je voulais contredire le juge qui m’avait dit de pourrir en prison.»

Par correspondance, Roland suit des cours. «C’était gratuit avec l’Éducation nationale.» Ses cours seront divers, notamment un de lettrage d’enseignes où il obtint 99.4%. «C’est parce que j’avais le temps», s’amuse-t-il. L’artiste fait son chemin et n’hésite pas à tenter de nouvelles choses: Roland va suivre par correspondance des cours de la Famous Artists School. Il aura notamment comme professeur Norman Rockwell, célèbre illustrateur américain.

En 1967, Roland pense à sa réhabilitation, et il demande à être transféré à Dorchester, au Nouveau-Brunswick. 2 raisons le motivent. La première, suivre un cours de lettrage d’enseignes. De quoi avoir un métier à sa sortie. La seconde, apprendre l’anglais. L’homme qui avait toujours été en conflit avec l’autorité suit désormais des cours d’anglais offerts par l’armée. Le changement est progressif, mais réel. Le rebelle s’instruit.

Ces changements, le personnel du pénitencier les remarque, et on lui propose une libération conditionnelle. Mais l’artiste n’est pas encore prêt, il continue à peaufiner sa sortie. «Je leur ai dit que je leur ferai signe le moment venu.» Chose qu’il a faite.

Roland a d’abord obtenu une bourse d’études. Le ministre de l’Éducation du Québec fait une visite à Dorchester, et Roland en profite pour lui offrir un tableau. Quelques semaines plus tard, il fait une demande de bourse et il est accepté.

Prochaine étape: l’admission à l’université. Encore une fois, les évènements se déroulent sans accroc. «J’ai rencontré le recteur de l’université et il était prêt à m’admettre immédiatement dans son établissement. Je lui ai dit de me faire une lettre de preuve.»

Dernier point pour sortir, trouver un travail. Roland se rend dans une boutique d’enseignes et montre son porte-folio au patron. «C’était un bon gars.» Un ancien militaire qui avait été fait prisonnier de guerre. Tous les astres sont alignés, Roland peut demander sa conditionnelle. «Le vendredi mon dossier est étudié et accepté. Le lundi, je sors de prison et le mardi je commençais à travailler.»

La vie après la prison

Bien que préparé pour sa sortie, Roland reconnaît que ça a été difficile. Lui est toujours au Nouveau-Brunswick, alors que ses amis et sa famille sont au Québec. Mais l’homme est décidé à changer de vie, et tous les jours il travaille pour payer le loyer et l’université. «À l’époque, je gagnais 50$ par semaine.» Mais le travail en lettrage d’enseignes est aléatoire. Alors, il monte un atelier mobile pour se déplacer dans les petits villages, «là où les grandes industries n’allaient pas.»

C’est un fait, Roland Noël a changé de vie. Il a étudié, travaillé, voyagé… Avec une règle d’or, oublier les «amis» du pénitencier. «Un jour j’en ai croisé un à Montréal. Il voulait que je me joigne à lui sur un coup. Je lui ai donné un faux rendez-vous, et le soir même j’ai pris le train. J’avais peur de le recroiser.»

Aujourd’hui, Roland veut aider ceux qui sont en prison. «Si je peux sauver ne serait-ce qu’une minute à l’intérieur, c’est déjà bien.» Car, d’après lui, le système pénal ne fait rien pour aider les détenus. C’est à eux de prendre avantage de ce qui est à leur disposition: du temps. «La seule raison en dedans, c’est toi», conclut-il.

Roland Noël est un artiste peintre de plus de 50 ans d’expérience. Ses médiums sont multiples: la peinture à l’huile, l’acrylique, la sérigraphie,… autant de variété qu’il peut enseigner.

Roland débute la peinture à 20 ans en prison. D’abord comme un passe-temps, puis une passion qui lui permettra de gagner sa vie. Le Gaspésien peint particulièrement du surréalisme, «car le réalisme c’est pas assez intense et l’abstrait on n’y comprend rien.»

Actuellement, Roland rédige son autobiographie pour offrir son message aux prisonniers: «Profitez du temps qui vous est donné!»

Roland Noël est un artiste des Éditions TNT. N’hésitez pas à venir consulter ses toiles sur: http://editionstnt.com/artistes/peintres/roland-noel.

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Murale en Gaspésie, le street art voyage

Nouvelles couleurs à Carleton

Arpi, Fleo et une fresque

Les graffiteurs urbains Arpi et Fleo reviennent d’un voyage de 10 jours en Gaspésie. La maison des jeunes de Carleton a été la cible de leurs canettes aérosols.

Raymond Viger Dossiers Hip-hop, Culture, Graffiti, Porte-folio, Murales, Vidéos

En plus d’avoir donné un nouveau look à la Maison des jeunes de Carleton, Arpi et Fléo ont donné des ateliers d’initiation graffiti.

Les artistes du graffiti et du street art ont apprécié leur voyage et ont bien hâte de retourner en Gaspésie.

Je vous présente ici quelques photos de leur fresque.

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Remarquez que l’oiseau est perché sur la lumière de la Maison des jeunes. Artiste: Arpi

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Le fond marin de Fleo

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Arpi s’est surpassé avec cet oiseau qui pêche, sous l’eau, un poisson.

D’autres photos de cette fresque réalisé en Gaspésie.

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Les urgences en Gaspésie

Réduire le temps d’attente

Premiers répondants en Gaspésie

En situation d’urgence, le temps d’attente pour une ambulance peut sembler très long. Quelques minutes peuvent paraître des heures à une personne en détresse.

Geneviève Boivin, Dossier Bénévolat, Gaspésie

ambulance-premier-repondant-ambulancier-urgence-911En Gaspésie et aux Îles-de-la Madeleine, des dizaines de municipalités ont trouvé le moyen de réduire ce temps d’attente. Elles ont créé des équipes de premiers répondants. Depuis 1995, des bénévoles sont formés partout en région pour se rendre sur les lieux en cas d’urgence vitale. Les gestes qu’ils posent en attendant les ambulanciers permettent parfois de sauver des vies.

Premier répondant en Gaspésie

Marc Bujold est premier répondant. C’est en 2006, après être intervenu sur une scène d’accident, qu’il apprend l’existence de ce service. Il décide de former une équipe dans sa municipalité. Son objectif: recruter huit bénévoles. 15 personnes répondent à l’appel. «J’ai vraiment été surpris de la rapidité de réponse des gens. On m’avait dit que j’allais avoir de la difficulté à recruter mais ça s’est vraiment fait tout seul.» Après une formation de 60 heures, l’équipe de St-Siméon est prête à intervenir.

ambulance-ambulancier-premier-repondant-urgence-911En cas d’arrêt cardiorespiratoire, d’hémorragie, de fracture, de noyade, de choc électrique et dans bien d’autres situations d’urgence, ils savent exactement quoi faire en attendant l’arrivée des secours. Régulièrement, ils se rencontrent avec le coordonnateur du Centre de santé et services sociaux de la région pour faire un suivi et discuter de leurs interventions. Dans leur semaine de garde, ils peuvent être appelés à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Ils ne savent jamais quand leur téléavertisseur sonnera ou combien de fois il le fera au cours de la semaine.

La situation est loin de déranger Marc Bujold. Selon lui, c’est du bénévolat extrêmement stimulant. «On se sent charitable envers notre prochain. C’est vraiment un travail qui en vaut la peine». Les anecdotes liées aux appels sont nombreuses, surtout lorsqu’une urgence survient en pleine nuit. Lorsqu’ils se rencontrent, les bénévoles ont plus d’une histoire d’orteils fracassés contre des meubles ou de cadres qui volent dans la maison à se raconter.

Familles des premiers répondants

Les familles, toutes aussi motivées que les bénévoles, se joignent souvent à la course folle qui précède leur départ. Même si leur équipement est toujours prêt, l’aide de leurs proches est appréciée. Conjoints et enfants sont d’ailleurs très fiers du travail des premiers répondants.

En bout de ligne,  les visages soulagés des patients et de leur famille, lorsqu’ils arrivent sur les lieux d’une urgence, constituent la paie la plus gratifiante qui soit. «Je me souviendrai toujours de l’expression qu’avait un monsieur lors d’une de mes interventions, regardant le téléphone dans sa main et me disant: quoi! Déjà?»

Avec une rapidité d’intervention d’environ cinq minutes, les familles de St-Siméon apprécient beaucoup la présence des premiers répondants. «Souvent, quand on arrive sur les lieux, les gens sont surpris de voir que nous sommes déjà là.» Les ambulanciers n’en retirent aussi que des avantages. «Ça doit être un réconfort de savoir qu’il y a quelqu’un avec le patient s’ils sont partis sur un autre cas. De plus, lorsqu’ils arrivent sur place, il y a déjà une partie du protocole préhospitalier d’effectué. On les aide jusqu’au départ du patient.»

Présents partout en Gaspésie

Il existe 34 équipes semblables à celle de St-Siméon sur le territoire de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, pour un total de 300 bénévoles. Il s’agit de la région au Québec où le service est le plus présent. Au départ, l’objectif était de réduire le temps d’attente des secours mais, depuis 2003, le rôle des premiers répondants s’est modifié explique le coordonnateur des équipes de premiers répondants Jacques Roussel. «Ils posent maintenant des gestes qui permettent d’accélérer le départ du patient. L’ambulancier n’a pas besoin de commencer le protocole au début et les premiers répondants continuent d’aider les ambulanciers quand ils arrivent. Cela va plus vite et les chances de survie augmentent.»

En quelques années, le réseau de premiers répondants municipaux s’est grandement développé dans la région. Si on se fie au cas personnel de Marc Bujold, le service devrait exister encore bien longtemps. «Moi, tant et aussi longtemps que je vais pouvoir le faire, je le ferai. J’ai ça dans le sang.»

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

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La Gaspésie à travers le monde

Éducation internationale

Gaspé se mondialise

Les bénéfices de la mondialisation sont disponibles pour les régions du Québec. La Gaspésie, grâce au Cégep de Gaspé, prend le virage international. Aujourd’hui le Mexique et le Chili, demain… le monde?

Dominic Desmarais   Dossiers Éducation, École alternative, Gaspésie

L’histoire débute à la fin des années 1990. Le gouvernement du Québec désire former des guides qualifiés en offrant un diplôme d’études collégiales. Le cégep de Gaspé hérite de ce programme, encadré par le ministère de l’Éducation et appuyé par l’industrie du tourisme d’aventure au Québec. En 2003, Gaspé reçoit les tout premiers étudiants. Trois ans plus tard, le programme Tourisme d’aventure est toujours contingenté avec 90 élèves qui suivent leurs cours en français ou en anglais.

«On tente de garder l’exclusivité. Si le programme s’offre ailleurs, nous ne pourrons plus remplir nos classes. C’est une question de survie en région. Et ça correspond bien à notre région, qui est un laboratoire», explique Gérard Gagnon, enseignant en tourisme d’aventure.

Les élèves viennent de partout, pour étudier ce tourisme nouveau genre. Des autres régions du Québec, mais également d’Europe. La formation comprend des cours de kayak, de randonnée pédestre, de ski nautique, de déclenchement préventif d’avalanches, de secourisme en région éloignée, mais aussi d’interprétation de la nature. Beaucoup de plein air pour ces jeunes qui doivent, comme tout bon élève, réussir le cours de français et de philosophie. La dizaine d’enseignants, allie expérience en tourisme d’aventure et études universitaires.

Escapade mexicaine

Gérard Gagnon ne pensait pas qu’une rencontre avec une délégation de l’Université technologique de Nayarit (niveau collégial), il y a deux ans, allait s’ouvrir sur une si belle opportunité. «Nous sommes allés à Montréal, montrer, en espagnol, ce que nous offrions, lors d’une rencontre organisée par Cégep International. Les Mexicains nous ont demandé d’aller les rencontrer. En juin 2004, j’étais dans l’État de Nayarit pour évaluer une possible entente».

Un an plus tard, quatre étudiants de Gaspé ont participé à un stage de trois mois au Mexique. La pointe gaspésienne a, quant à elle, accueilli de jeunes Mexicains. Une occasion également pour les enseignants d’améliorer leurs connaissances. «On veut un échange de stagiaires et d’enseignants. Ouvrir le monde pour nos élèves. On veut faire du Mexique une première expérience pour la développer ensuite ailleurs», raconte M. Gagnon.

Le Cégep reçoit sa part de bénéfices. Les deux institutions discutent de la participation gaspésienne dans la formation d’enseignants Mexicains pour que ceux-ci puissent aussi offrir ce programme. «On a fait un diagnostic de leurs besoins. On va former leurs enseignants. Pour le moment, le projet est piloté par le cégep, mais il pourrait être ouvert à l’extérieur. On a les compétences pour gérer ça. Mais, comme on travaille en réseau, on devrait y faire appel. On n’est pas encore à cette étape», dit M. Gagnon.

Les retombées avec le Mexique sont vastes: des élèves à qui l’on ouvre les portes du monde, une expertise qui s’exporte… «On a comme objectif ultime de développer un diplôme international pour que les enseignants et les élèves puissent circuler entre les deux pays. Que le diplôme soit reconnu des deux côtés, parce que les programmes se ressemblent», ajoute l’employé du cégep.

La petite ouverture peut déboucher sur l’infini. Après le Mexique comme laboratoire, l’expérience pourrait se répéter ailleurs, qui bonifierait l’idée du diplôme international. Plus d’offres pour les élèves davantage de débouchés, de la formation d’enseignants un peu partout sur la planète; tout est possible.

Même la région pourrait bénéficier de ces échanges. «Ça va déborder du cadre des deux institutions. On espère que les deux économies se rencontrent. Les retombées, on ne peut pas toutes les connaître. La délégation mexicaine a déjà rencontré notre Chambre de commerce. Une étape à la fois», avance prudemment, M. Gagnon.

Expédition au Chili

L’initiative avec le Chili est toute récente. Après deux missions en sol chilien, les membres du programme gaspésien veulent conclure une autre entente de formation des enseignants là-bas. «On va y aller pour un mois, avec une douzaine d’étudiants à la fois, donner deux cours intensifs. Pour voir comment ça fonctionne dans d’autres pays», dit M. Gagnon. Il explique le choix de ce pays en raison de sa destination d’aventure et d’éco-tourisme réputée, ainsi que par les liens créés par un enseignant dans le cadre de ses études. «Souvent, c’est un concours de circonstances…»

Les retombées sont difficiles à déterminer. Outre la possibilité d’offrir la planète comme lieu de travail pour ces étudiants, avec l’échange culturel que cela implique et l’expertise de ces enseignants pour la formation à l’international. Cette ouverture peut avoir un impact sur l’économie de la région. Une fois les liens tissés, Gaspé sera sur la carte. Des gens de l’extérieur vont venir en échange, le volet touristique de la Gaspésie risque d’en profiter. Par la suite, il n’en tient qu’aux gens en place de saisir l’occasion que leur offre le Cégep.

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L’avenir des jeunes en Gaspésie

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Étudiants étrangers en Gaspésie

Échanges internationaux d’étudiants

Des étudiants étrangers stimulent la Gaspésie

Les Cégeps des régions s’ouvrent à l’international. À Gaspé, l’arrivée d’étudiants de l’Île de la Réunion évite de suspendre des cours. Et change les mentalités.

Dominic Desmarais   Dossiers Gaspésie, Éducation, International

gaspesie-etudiants-internationaux-stage-etranger-educationDorine et Sébastien, un jeune couple de l’Île de la Réunion, sont venus chercher l’eldorado… à Gaspé. Ils ont sauté sur l’occasion offerte par leur pays: une bourse et un billet aller-retour pour étudier au cégep de Gaspé. Au prise avec un taux de chômage qui frise les 35% chez les jeunes, cette petite île, département de la France, pousse ses étudiants à s’installer en sol canadien à la fin de leurs études.

Sébastien fait une technique en maintenance industrielle. Il reluque les éoliennes gaspésiennes pour se dénicher un emploi et demeurer dans la région. Trapu, les cheveux courts, son sourire qui ne le quitte jamais lui donne un air des îles.

Dorine, sa compagne, est de nature timide. Une force tranquille qui se mélange bien avec la foule homogène de Gaspé. Chômeuse dans son pays, elle s’est inscrite en bureautique. «J’avais envie de partir. Envie d’apprendre autre chose», dit-elle.

Cette année, la délégation réunionnaise compte 11 représentants. 11 étudiants qui apportent un souffle nouveau au cégep. «Ça change, dans une classe. Ils sont plus scolaires. Quand quelqu’un est à son affaire, fait ses devoirs, il y a un effet d’entraînement. On sait qu’au Québec on a un relâchement au Cégep…», explique Lorraine Blais-Morin, directrice du cégep de Gaspé.

Dorine fait partie de ces étudiants modèles. À sa première année au Cégep, elle est en nomination pour le prix de l’excellence. C’est Sébastien, d’un ton fier, qui livre cette information. Dorine sourit, gênée. Elle n’a rien à rajouter.

Survie des cours

Si l’arrivée de jeunes Réunionnais ne se traduit pas en capital pour l’institution, l’ajout de nouveaux étudiants, dans un Cégep qui manque de clientèle, assure pour le moment la survie de certains cours. «Nous avons une entente Québec-France. Ils n’ont pas à payer de frais de scolarité. Comme tel, ces étudiants ne nous rapportent pas plus. Mais nous sommes en dessous du plancher pour le nombre d’étudiants, dans certains cours. Le programme de maintenance industrielle forestière est sauvé grâce à 4 Réunionnais qui arrivent», avoue la directrice de l’établissement.

Ces 4 étudiants permettent de sauve-garder des emplois d’enseignants et permettent à des jeunes de la région de poursuivre leurs études sans s’exiler. Mme Blais-Morin l’avoue d’emblée. En raison de la baisse démographique de la région, elle a dû faire des contorsions pour ne pas suspendre certains programmes. «Il a fallu rassembler des 1ères et des 2èmes années pour former une classe. Notre option en génie électrique et télécommunication est suspendue. C’est triste, parce que nous avions un placement de 100%.»

L’arrivée de ces jeunes, d’une autre culture, favorisera la créativité des enseignants, croit Mme Blais-Morin. «L’an prochain, on attend 4 Réunionnais en foresterie. C’est spécial, ils n’ont jamais vu d’épinette! C’est un bon stimulant pour les enseignants parce que juste s’adapter, tenir compte de ces jeunes, c’est un beau défi. Ils doivent adapter leurs cours pour que l’apprentissage soit transférable s’ils retournent vivre chez eux.»

La délégation de l’Île de la Réunion n’apporte pas que des bénéfices scolaires. Le contact avec une autre culture, dans un endroit où l’on retrouve très peu d’immigrants, est source d’enrichissement. «On a fait une soirée au cégep, pour faire découvrir notre musique et la bouffe de chez nous», raconte Sébastien. Cette soirée a eu des échos, de sorte que Sébastien a été invité à jouer au DJ dans un resto-bar branché de Gaspé. «J’ai plein d’amis qui disent qu’ils vont venir avec nous quand on va retourner dans 3 ans pour des vacances», rajoute Sébastien, avec le sourire fendu jusqu’aux oreilles.

Le démarchage des Cégeps

Développé par le ministère de l’Éducation, au profit des établissements en région, le démarchage des étudiants réunionnais prend de l’ampleur. En 2004, 6 Cégeps ont envoyé un représentant sur cette petite île de l’océan indien, à l’est de Madagascar. Un an plus tard, 17 Cégeps jouaient des coudes pour attirer d’éventuels étudiants.

Josyane Laroche, coordonnatrice au développement du cégep, s’est pointée en novembre 2005 pour recruter des élèves. Pour se vendre, elle a axé son discours sur la région. «On a 2 minutes pour se présenter. Je représente l’ensemble des 4 centres, soit Gaspé, Grande-Rivière, Carleton et Îles-de-la-Madeleine. Comment faire en 2 minutes? Parler des 4 centres? Des programmes? On a tous, les 17 Cégeps, les mêmes programmes. Comme nous sommes situés au bout du Québec, ils pensaient que c’était froid… J’ai capté leur intérêt en vantant les grands espaces, la mer, les montagnes, la forêt», résume Mme Laroche, qui est revenue épuisée de ses 10 jours là-bas. C’est pour cette raison que Dorine et Sébastien ont choisi Gaspé. Et les possibilités d’emploi avec les éoliennes.

Mme Laroche a réussi à en intéresser plus d’un. Le Cégep attend de 15 à 20 étudiants réunionnais pour l’an prochain. «J’ai trouvé ça difficile à faire, avoue la coordonnatrice. Peut-être parce que je suis mère… Ils quittent tout. Cet aspect-là, je le trouvais difficile. Nous, on y va pour un projet d’études. Eux, c’est un projet de vie», raconte-elle avec empathie.

Comme une mère, Mme Laroche s’inquiète pour eux. «Ce ne sont pas des jeunes plaignards. Il faut faire attention. On veut les intégrer auprès des étudiants. J’en ai un qui a beaucoup d’activités en plein-air, qui n’a pas d’amis le soir et la fin de semaine. Ils sont placés en résidence, tous ensemble. Ils se mêlent moins.» Mme Laroche regrette aussitôt ses paroles. Elle ne veut pas donner mauvaise presse au programme. Comme si, dès la deuxième année où l’établissement accueille des étudiants étrangers, tout devait être parfait. Juste le constater témoigne de son intérêt.

Elle peut se consoler en regardant Dorine et Sébastien, les deux tourtereaux. «On avait du mal au début. On allait à des soirées. On restait seuls, trop gênés. Les Québécois sont venus à notre rencontre», admet Dorine tout en soulignant que son petit ami et elle fraternisent surtout avec les locaux, plutôt que leurs concitoyens. Ils ont quitté la résidence du cégep pour se dénicher un appartement. Ils ont reçu des meubles. Sébastien s’est procuré une voiture. Ils adorent l’hospitalité des Québécois.

«Nous avons passé le nouvel an à Québec et en Mauricie. On a skié!» s’exclame Sébastien, qui n’avait jamais vu de neige auparavant. Ils envisagent découvrir un peu plus la province cet été. Aussi bien en profiter, un stage attend Sébastien aux prochaines vacances estivales.

L’intégration de ces 2 jeunes Réunionnais est la meilleure vitrine du cégep. En appréciant leur séjour à Gaspé, ils feront de bons ambassadeurs en attirant d’autres jeunes de l’Île. À les entendre vanter les mérites de l’enseignement, de la proximité des professeurs et de l’aide reçue de familles gaspésiennes, tout porte à croire que le Cégep est sur la bonne voie.

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Tourisme en Gaspésie et son développement économique

 Tourisme en Gaspésie

Chicane entre tourisme et développement économique

Au cours de la dernière année, l’industrie touristique a été au cœur d’un litige déchirant la péninsule gaspésienne. Des élus et des citoyens soutiennent que ce pan important de leur économie a été transféré aux mains de la région voisine, le Bas-Saint-Laurent, et se mobilisent pour en reprendre les rênes. Certains y voient même une menace à l’autonomie de la Gaspésie.

Gabrièle Briggs   Dossier Gaspésie, Économie

gaspesie-peninsule-gaspesienne-gaspe Assis sur une plage de galets, le visage éclaboussé par l’eau salée, les yeux rivés sur le Rocher Percé; voilà l’un des nombreux paysages à couper le souffle qu’offre la Gaspésie au touriste qui s’y aventure. Nommée troisième plus belle destination au monde par la National Geographic Society, cette région est plus que jamais l’emblème touristique du Québec à l’étranger.

Jouissant d’une renommée mondiale, la Gaspésie doit une part importante de son développement économique au tourisme. Corde sensible des habitants de cette région, l’industrie déchaîne les passions, si bien que le conflit qui entoure le déménagement du siège social de l’Association touristique régionale (ATR) au Bas-Saint-Laurent s’est retrouvé devant les tribunaux.

Affrontement Gaspésie VS Bas-Saint-Laurent

La raison de ces affrontements? Au Québec, le découpage des régions touristiques diffère sensiblement du découpage administratif. Par exemple, le territoire touristique des Cantons-de-l’Est, qui comprend l’Estrie, couvre également l’est de la Montérégie. De son côté, la Gaspésie touristique comprend une partie du Bas-Saint-Laurent. Elle se termine à Sainte-Flavie, là où les routes du nord et du sud forment une boucle, dessinant le fameux tour de la Gaspésie qu’ont emprunté les jeunes bohèmes en quête d’aventures depuis des générations.

tourisme-gaspesie-peninsule-gaspesienne-touriste-gaspe La Gaspésie est toutefois la seule région pour laquelle le siège social de l’Association touristique régionale (ATR) se situe à l’extérieur de son territoire administratif. Situés à Sainte-Flavie, au Bas-Saint-Laurent, depuis 1984, les bureaux de l’ATR viennent tout juste d’être déménagés à Mont-Joli, également située dans la région administrative voisine de la Gaspésie. Ce déménagement a provoqué toute une controverse.

Dès le début du projet, des Gaspésiens ont réclamé le rapatriement du siège social et de la dizaine d’emplois qu’il représente dans la Gaspésie dite administrative. L’historien Jules Bélanger, l’un des premiers défenseurs du rapatriement du siège social, résume l’enjeu : «Avec les difficultés économiques qu’on lui connaît, la Gaspésie n’a pas le moyen de se priver du moindre siège social qui la concerne.»

Ce commentaire est paru dans une lettre envoyée aux médias locaux en juin 2008, après que l’historien ait entendu pour la première fois parler des projets de l’ATR. Son intervention a rapidement trouvé écho auprès de la population. Des citoyens, des élus municipaux et quelques entrepreneurs membres de l’ATR ont réclamé le retour du siège social dans la région.

Identité gaspésienne

Pour les opposants au déménagement, il en va de l’indépendance de la Gaspésie, qui a longtemps été administrée par le Bas-Saint-Laurent. «Un siège social, c’est là où les gens décident comment le tourisme va se développer en Gaspésie. Il faut qu’il soit sur les lieux», soutient Jules Bélanger.

«Est-ce qu’une gang qui vient de l’extérieur de la Gaspésie administrative peut débarquer et venir nous dire quoi faire? Il faut que ça s’arrête», dénonce aussi le président de la Conférence régionale des élus (CRÉ) de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, Bertrand Berger. Cet organisme regroupe des élus municipaux et les préfets de région.

Mais pour nombre d’habitants de la péninsule, la question du tourisme est indissociable de la notion d’identité. Comme le bleuet représente les gens du Lac-Saint-Jean ou le Château Frontenac, les citoyens de Québec, le territoire gaspésien permet à la région de la distinguer du reste de la province. «Les Gaspésiens ont une histoire différente: c’est un peuple de la mer. Nous avons un sentiment d’appartenance et nous voulons prendre en main notre développement», explique Jules Bélanger.

Les opposants au déménagement de l’ATR vers Mont-Joli ironisent souvent sur l’attitude des habitants de l’est du Bas-Saint-Laurent. Ils leur reprochent de proclamer leur appartenance à la Gaspésie pour attirer les touristes, mais de s’affirmer comme Bas-Laurentiens lorsqu’il est question d’investissement économique. L’historien résume bien ce qui dérange nombre de ses compatriotes: «Les gens de Sainte-Flavie et de Mont-Joli ne se considèrent pas comme des Gaspésiens.»

Mais tous les habitants de la péninsule ne pensent pas ainsi. «J’ai une vision d’ensemble de la région touristique», soutient le maire de la municipalité gaspésienne de Mont-Saint-Pierre, Jean-Sébastien Cloutier. Le tour de la Gaspésie fait partie de notre région. Je le vois comme une force et non comme une faiblesse.» Quant à elle, la directrice par intérim de l’ATR, Joëlle Ross, s’oppose farouchement à cette frontière identitaire. «Les gens qui travaillent à l’ATR sont autant Gaspésiens que ceux qui travaillent sur le territoire», soutient-elle.

Les touristes de la Gaspésie d’abord

Lorsqu’elle a commencé à parler du déménagement de son siège social vers Mont-Joli, l’administration de l’ATR était loin de se douter de l’émoi que cela créerait. Pour cette association, le déménagement de ses bureaux était avant tout une question stratégique. Depuis que l’autoroute 20 est complétée à Mont-Joli, les gens en provenance du centre et de l’ouest de la province ne passent plus automatiquement devant le bureau d’accueil de Sainte-Flavie. L’été dernier, une diminution d’environ 30 % de l’achalandage a été observée, selon Joëlle Ross. «Il n’y a pas moins de touristes qui arrivent sur le territoire. Mais ils sont moins bien accueillis parce que l’ATR n’est pas situé au bon endroit.»

Devant l’opposition générale, l’administration de l’ATR demeure catégorique: son devoir est d’assurer le meilleur service possible à l’endroit des visiteurs et c’est pour eux qu’elle déménage à Mont-Joli. «Notre job à nous, c’est de recruter des touristes qui sont à l’extérieur de la Gaspésie. Et ça, on le fait très bien!», soutient Mme Ross.

Toutefois, au sein même de l’association, dont la plupart des membres se trouvent en Gaspésie administrative, les opinions divergent. Certains entrepreneurs, appuyés par la CRÉ, critiquent la manière peu démocratique dont l’ATR les aurait consultés. Le vote tenu en assemblée générale extraordinaire le 13 février 2009 et qui a penché en faveur du déménagement, a mis le feu aux poudres.

Pour les opposants, il s’agissait d’un coup monté puisque selon eux, certains membres en faveur du déménagement avaient en leur possession des procurations qui leur permettaient de voter au nom de personnes absentes. Les détracteurs estiment que sans ces procurations, l’issue du vote aurait été différente.

De l’avis du responsable des communications de la CRÉ, Benoît Pilon, l’ATR n’essaie pas de savoir ce que les membres veulent vraiment. «Elle est dans un effort de mobilisation pour garder leur bureau et sa dizaine d’emplois au Bas-Saint-Laurent», soutient cet avocat, qui est aussi propriétaire du Gîte Bleu sur Mer, membre de l’ATR.

La situation s’est envenimée à un point tel que l’affaire a été portée devant les tribunaux. Le 8 juillet 2009, le Gîte Bleu sur Mer, la Conférence régionale des élus et la Municipalité d’Escuminac, dont le maire est Bertrand Berger, ont demandé à la Cour supérieure d’émettre une injonction permanente pour faire invalider le vote. La cour doit maintenant trancher pour savoir si les résolutions ont été émises en toute légalité.

L’ATR Gaspésie va de l’avant

Malgré la demande d’injonction permanente, l’ATR a décidé d’aller de l’avant avec le déménagement. Le bâtiment a été transporté à sa nouvelle adresse en janvier, sur un terrain que la Municipalité de Mont-Joli a accordé pour la somme symbolique de 1 $.

De son côté, la CRÉ n’a pas attendu la décision de la Cour pour déployer sa gestion régionale du tourisme. Le 20 novembre, elle a annoncé vouloir se doter d’une politique-cadre de développement touristique. Elle souhaite ainsi que les décisions politiques concernant le tourisme soient prises en Gaspésie, tout en laissant à l’ATR son mandat de promotion. «On ne laissera pas le développement touristique dans les mains d’une autre région. L’industrie touristique, c’est probablement 25 à 30 % de nos activités économiques. C’est fondamental», soutient Bertrand Berger.

En Gaspésie, plusieurs veulent toutefois tourner la page sur cette phase houleuse de l’industrie. La peur de bien des élus et entrepreneurs : effrayer les touristes. «Il faut que cesse le conflit. On a une belle industrie et on doit travailler ensemble», conclut le maire de Mont-Saint-Pierre, Jean-Sébastien Cloutier.

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GRAFFICI, ma vie, ma Gaspésie

Magazines du Québec

GRAFFICI, ma vie, ma Gaspésie

Qui a dit que les médias devaient se faire concurrence? Certainement pas l’équipe de Graffici.

Geneviève Boivin   Chronique Magazine du Québec. Médias, Gaspésie

Graffici-Frederic-Vincent-magazine-gaspesie-journal-mediaDepuis ses débuts, ce petit mensuel toujours indépendant offre à la population gaspésienne de l’information différente qui complète ce qui se retrouve dans les autres médias, électroniques ou imprimés. Autrefois entièrement culturel, le journal couvre maintenant l’ensemble de l’actualité de la région. Même à travers les moments difficiles Graffici a toujours eu et gardera comme but d’offrir de l’information de qualité qui permet à la population d’en apprendre plus sur sa région.

En 2000 la population gaspésienne traverse une période difficile. Plusieurs fermetures d’industries, dont la mine de Murdochville, affectent durement l’économie de certaines parties de la région. C’est dans ce contexte que Pascal Alain et Normand Canuel décident de fonder un journal qui donnera une image positive de la Gaspésie.

Les bons coups de la Gaspésie

À travers la culture, un secteur très riche mais peu couvert par les médias locaux, ils démontreront qu’il se fait aussi de bons coups. Ils se sont donnés corps et âmes à ce projet qui a vite porté fruit. Rapidement, le journal s’est démarqué par son contenu et est devenu la référence culturelle de la région. «Beaucoup de gens qui nous trouvaient ambitieux, pour ne pas dire suicidaires, mais on a plongés et le journal fêtera bientôt ses huit ans d’existence. Notre idée a fonctionné», déclare le cofondateur Pascal Alain.

Pendant plus de 5 ans, l’équipe de Graffici a maintenu le cap sur ses objectifs premiers. Avec l’aide de collaborateurs bénévoles qui, pour la plupart, n’avaient aucune formation en journalisme, la publication couvrait les événements culturels partout en région.

Par contre, tout était loin d’être rose. Le journal avait de gros problèmes financiers et les revenus de la vente publicitaire étaient loin d’être suffisants. «Au fil des ans, on a trouvé des moyens d’obtenir les fonds nécessaires par le biais de campagnes de financement. On a même déjà vendu des portions de la route 132. Cela allait de paire avec notre mission d’unir la Gaspésie», affirme le directeur actuel du journal, Frédéric Vincent. Mais malgré  de nombreuses campagnes de financement, la situation ne s’améliorait pas.

2005: point de non-retourpublication revue magazine édition journal journalisme pour Graffici

«En 2005, on s’est rendus compte que plus rien n’allait du côté financier.  Soit on réussissait à amener le journal dans une autre direction, soit on fermait. On  n’avait plus de temps, il était minuit moins une», explique Frédéric Vincent.

L’équipe s’est alors tournée vers la Conférence régionale des élus. «La CRÉ nous a offert un soutien non seulement financier mais aussi technique. Ils nous ont donné assez d’argent pour qu’on puisse se concentrer entièrement sur le journal pendant un an mais ils ont aussi formé un comité pour nous aider à trouver des solutions», ajoute Frédéric Vincent. Une étude de marché a confirmé que le journal était très apprécié mais que le concept ne pouvait plus fonctionner. Graffici avait atteint son potentiel de lectorat. Le modèle n’était plus viable.

Un nouveau magazine Graffici

Face à cette réalité, l’équipe de Graffici n’a pas baissé les bras.  Déterminée à garder le mensuel en vie, elle a pris la décision de tout changer. Le journal allait désormais couvrir l’ensemble de l’actualité régionale.

Il a fallu plusieurs mois de travail avant d’en arriver à la version finale du nouveau produit. L’équipe du journal et le comité de remise sur pied se sont concentrés sur l’élaboration d’un magazine qui conviendrait à toutes les tranches de la population. Ils ont travaillé l’image et les textes mais aussi décidé de faire affaire avec des journalistes professionnels.

Dans toute l’élaboration de ce nouveau concept, un mot d’ordre dominait: accessibilité. «On s’est dit qu’il fallait que le journal soit plus accessible en terme de contenu, de visuel mais aussi physiquement. Donc on a décidé de le distribuer gratuitement dans toutes les maisons», explique Frédéric Vincent.

En octobre 2007, la première édition généraliste est lancée. Depuis, Graffici est distribué à plus de 37 000 exemplaires, ce qui en fait le journal indépendant avec le plus grand tirage au Québec. Sa situation financière va  beaucoup mieux. La vente publicitaire a augmenté passablement grâce, entre autres, à la promotion de divers organismes à travers des publi-reportages. Avec des revenus annuels de 500 000$, le budget de Graffici est maintenant équilibré. Sa bonne réputation est demeurée intacte. «Nous prendrons le pouls de la population au cours de la prochaine année. Cependant, nous pensons vraiment que les résultats sont positifs. Nous le constatons avec l’augmentation des re-venus publicitaires et des commentaires que nous recevons», ajoute le directeur.

Graffici: Une locomotive pour la Gaspésie

Graffici n’a pas été créé pour concurrencer les autres médias et même s’il couvre maintenant l’actualité générale, il ne le fera pas. Publié une fois par mois, le journal traite des mêmes sujets que les autres mais sous des angles très différents. «Je crois que les médias de la région se complètent et forment un tout», affirme le directeur.

Quand il pense à son journal dans les prochaines années, Frédéric Vincent n’a qu’une idée en tête: «Je veux vraiment que Graffici devienne une locomotive de l’information. Nous voulons faire bouger les choses.» Faire réagir la population tout en continuant de développer la nouvelle image du magazine est primordial pour toute l’équipe. Pour elle, les médias ne doivent pas se contenter de livrer de l’infor-mation, ils doivent prendre part aux événements.  Frédéric Vincent compte atteindre son but, entre autres, en publiant des sondages sur des sujets qui touchent la population régionale.

Appel aux Gaspésiens Hors Gaspésie

Le rêve de Frédéric Vincent est de rejoindre l’ensemble des Gaspésiens vivant partout à travers le monde. Restez en contact avec vos racines gaspésiennes. Laissez-nous un commentaire pour que nous puissions vous donner des nouvelles de la Gaspésie.

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