Histoire de princesses et contes de fées

La phase princesse dans le développement des petites filles

Le prince charmant est-il toujours au rendez-vous?

C’est une question que se posent la plupart des parents de petites filles : «Est-elle dans sa phase princesse?»

Matthew Johnson, Directeur de Réseau Éducation-Médias. Dossiers Éducation, Famille

histoire-petite-princesse-contes-de-fées-walt-disneyCette perspective ne contrarie pas tous les parents: plusieurs achètent avec plaisir robes, jouets et accessoires de princesse, des chaussures aux sacs à main, tout en rose. D’autres, par contre, sont au désespoir à cause des puissants stéréotypes féminins véhiculés et chaque nouvel article princesse peut être une source de conflit.

Walt Disney est en bonne partie à l’origine de cette culture princesse et en 2009, cette société a étendu son influence en présentant la première princesse afro-américaine, Tiana, dans le film d’animation La princesse et la grenouille. Les princesses sont une très bonne affaire pour Walt Disney. En 2000, la société a commencé à distribuer commercialement les produits dérivés liés à ses personnages pouvant être considérés comme des princesses et ces produits sont devenus l’une des sources de recettes les plus importantes de la société.

Andy Mooney, qui est à l’origine de la gamme de produits princesse, a déclaré au New York Times qu’il avait eu l’idée en voyant les petites filles s’habiller en princesse pour assister aux spectacles de Disney sur glace. Depuis, ces produits dérivés ont envahi presque tous les aspects imaginables de la vie des enfants, de la literie aux pansements adhésifs en passant par le baume pour les lèvres.

L’attrait des princesses

Mais tout cela est-il nécessairement mauvais? Après tout, les princesses figurent dans les contes de fée depuis des centaines d’années; les personnages de Cendrillon et de Blanche-Neige sont nés bien avant que Walt Disney ne s’y intéresse.

Il est facile de comprendre l’attrait qu’exercent les princesses sur les filles et de faire le parallèle avec les garçons: les princesses ont par magie accès à la richesse et aux privilèges; les garçons eux, rêvent de devenir des demi-dieux ou des héros. Là où les versions masculines et féminines divergent, c’est que les garçons imaginent qu’ils vont acquérir des pouvoirs et des habiletés tandis que les princesses possèdent automatiquement richesse, beauté et amour. Pas étonnant que plusieurs parents s’inquiètent des rôles sociaux enseignés ainsi à leurs filles.

Efforts inutiles

Les nombreux articles sur ce phénomène constatent tous la même chose : les petites filles refusent toute critique ou modification de leurs princesses. Dans un article du Los Angeles Times, Rosa Brooks dit n’avoir pas réussi à convaincre ses filles que les princesses risquent davantage de se retrouver sous la guillotine que de faire un mariage de rêve. Tracee Sioux qui rédige un blogue intitulé The Girls Revolution, décrit ses efforts inutiles pour détourner sa fille des princesses. De même, les filles n’acceptent pas facilement les histoires qui tentent de détrôner la princesse classique.

Mais les enfants, experts des contes de fée, s’attachent-ils aux rôles masculins et féminins ou au récit lui-même? Comme l’écrit Lyn Mikel Brown, co-auteure de Packaging Girlhood, le problème, ce n’est pas de jouer à la princesse mais bien que la culture princesse domine de façon si absolue. «Lorsqu’un aspect domine à ce point, on ne parle plus de choix: il s’agit d’une mission qui vise à écraser toutes les autres formes de jeu. Il peut sembler y avoir plus de choix pour les filles, mais si vous y regardez de près, vous verrez que leurs choix sont de plus en plus limités.»

Sa co-auteure, Sharon Lamb, fait aussi remarquer que les possibilités d’action des princesses ne sont pas très grandes et débouchent sur des rôles hypersexualisés vendus aux préadolescentes et aux adolescentes: «Il y a un piège au bout de l’arc-en-ciel parce qu’il ne s’agit pas de progresser naturellement du rose pâle et innocent vers d’autres couleurs mais bien vers le rose flamboyant et sexy – exactement le type de sexualisation que les parents essaient d’éviter.»

Produits dérivés

Walt Disney est certainement conscient de l’aspect sexospécifique qui sous-tend la gamme de produits «princesses Disney». L’entreprise doit procéder avec précaution et veiller à faire des films qui plaisent aux filles sans être trop centrés sur les filles : après les recettes décevantes de La princesse et la grenouille dues à la réticence des garçons à aller voir un film dont le titre comprend le mot «princesse», le nom de l’héroïne du prochain film, Rapunzel, a été remplacé par le plus neutre Tangled  et la société a davantage mis en valeur le rôle principal masculin.

Même si le marketing du film est conçu pour attirer les garçons, vous pouvez être certains que la princesse Rapunzel s’ajoutera à la liste des princesses Walt Disney et que l’on verra son visage sur des centaines de produits vendus sous licence (tous roses bien entendu). Le studio a maintenant pour politique de ne tourner que des films qui pourront déboucher sur des produits dérivés, ce qui signifie qu’à long terme, la vente des brosses à dents et des draps de la princesse Rapunzel sera plus importante que les recettes du film.

Des modèles positifs

Comment les parents devraient-ils réagir à l’arrivée de la «phase princesse»? Ils peuvent tout simplement dire «non» – ce que les parents ne devraient jamais craindre de faire. Mais l’interdiction pure et simple pourrait se retourner contre eux et rendre encore plus désirable tout ce qui est «princesse». Il pourrait être plus efficace de veiller à mettre également les filles (et les garçons) en contact avec des modèles féminins plus positifs. Plusieurs livres pour enfants proposent des personnages qui ont du caractère; dans les films il est peut-être plus difficile de trouver des personnages féminins forts mais les films d’animation produits par le Studio Ghibli – tels que KiKi’s Delivery Service et Mon voisin Totoro – sont un bon début.

Esprit critique

Par-dessus tout, il est important que les parents s’intéressent aux médias qu’utilisent leurs enfants et soient prêts à discuter avec eux de ce qu’ils regardent. Évitez la confrontation, mais posez des questions: Penses-tu qu’il est vraiment possible de changer un être colérique en une personne gentille comme Belle le fait avec la Bête ? Vaut-il la peine de renoncer à sa voix et à sa famille pour un garçon comme le fait Ariel ? Si Mulan est habillée en garçon pendant presque tout le film, pourquoi porte-t-elle des vêtements féminins sur les produits dérivés ? À ton avis, pourquoi Walt Disney a-t-il changé le titre de Rapunzel ?

Peut-être est-il impossible d’échapper à la phase princesse mais si vous enseignez à votre enfant à faire preuve d’esprit critique lorsqu’il ou elle utilise les médias, vous pourrez aider la princesse qui grandit à ne pas s’attendre à ce que le prince charmant – ou la bonne fée sa marraine – résolve tous ses problèmes.

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La fin des cabanes à sucre? Rencontre avec Yves Laroche de L’autre galerie

La fin des cabanes à sucre? Rencontre avec Yves Laroche de L’autre galerie

Entrevue réalisée pour Reflet de Société

ives laroche

Une nouvelle galerie ouvre ses portes. Une galerie qui dérange, qui sort de l’ordinaire. Son propriétaire, Yves Laroche, ne mâche pas ses mots. Celui qui préfère passer pour un fou plutôt que de manquer le bateau est direct dans ses propos: C’est l’agonie de la cabane à sucre et des paysages Charlevoisien, le déclin des scènes florales et des petits enfants que l’on peint. L’art urbain fait son entrée officielle en galerie.

Quand tu visites des régions telles que Charlevoix ou Baie St-Paul, c’est tellement beau, c’est normal qu’un touriste veuille acheter un paysage. Mais un souvenir, ça ne vaut pas le prix d’un tableau de collection. L’art trop commercial va cesser d’être une décoration à gros prix. Ça ne vaut pas le prix qu’ils demandent.

Présentement, il y a des artistes de la nouvelle génération qui vendent leurs oeuvres pour quelques centaines de dollars, c’est quasiment donné. Je regarde les jeunes de moins de 40 ans, ce sont des gens réveillés, qui voyagent sur Internet avec des piercing et des tatous. C’est pas à eux qu’on va vendre des cabanes à sucre. Les clients se désintéressent et veulent autre chose.

Yves Laroche est déjà propriétaire de deux galeries dans le Vieux-Montréal: L’Orange et La galerie Yves Laroche. Ce n’est normalement pas la mission de notre magazine de couvrir les galeries. Malgré ses 53 ans, les côtés visionnaire et rebelle d’Yves Laroche ont réussi à piquer notre curiosité. Il prépare un projet inusité qui mérite notre attention: l’aménagement du sous-sol de sa galerie va être baptisé L’autre galerie.

Il y a 30 galeries d’art dans le Vieux Montréal: de la peinture commerciale, toute la même chose. Les gens se plaignent que les chiffres d’affaires ne sont pas bons et que c’est la grande misère. Ils s’inventent toutes sortes d’excuses. Les événements du 11 septembre, le taux de change qui n’est pas en notre faveur… C’est le retour du balancier. Il y a eu la révolution tranquille qui nous a donné la culture Hippie et les Beatles. Maintenant c’est l’art urbain qui prend sa place.

Il y a maintenant de jeunes artistes de 35 à 45 ans prêts à prendre la relève. Les prix sont en conséquence et laissent place à d’excellents placements. Des artistes qui n’ont peut-être pas de diplôme, mais qui possèdent une grande sensibilité dans leur travail, des artistes qui ont de grands messages à livrer. Des artistes qui pratiquent leur art avec le fond de leur cœur, pas avec le fond du portefeuille.

L’important c’est l’émotion que l’artiste véhicule à travers son œuvre, le message et sa sensibilité. C’est comme l’écriture, l’important ce n’est pas le comment tu le dis, mais ce que tu dis. Croire à cette forme d’art, c’est un peu être comme un apôtre. J’ai arrêté d’en parler avec d’autres directeurs de galeries, je passais pour un illuminé.

Il y a beaucoup trop de directeurs de galeries, autant à Montréal qu’en région, qui ne connaissent pas du tout l’art et qui disent n’importe quoi. Ils ne sont pas capables de parler d’art international. Ils disent que leur artiste est un futur Riopelle. Si je savais qui serait le prochain Riopelle, j’achèterais toutes ses oeuvres. Ils ont un «speech» pour vendre, ils sont très mal informés et plusieurs sont des machines à dire des niaiseries. C’est aberrant. Ils veulent juste faire de l’argent pour leur retraite. On devrait les excommunier. Il n’y en a pas 5 qui connaissent l’art commercial.

Yves Laroche voit venir les coups d’avance. C’est lui qui a fait entrer le photographe David Hamilton au Canada en 1979. Il y a 20 ans, il a su bien représenter des artistes tels qu’Armand Vaillancourt et Serge Lemoyne. Il n’a pas négligé non plus Jean-Paul Lemieux ou encore Riopelle.

Sa clientèle, aussi diversifiée qu’exigeante, comprend des gens tels l’économiste Jarislowsky, des firmes d’avocats, des multinationales telles Power Corporation en passant par une chirurgienne française de 63 ans. Ses yeux s’illuminent quand il nous parle de Nick Heidfeld, pilote allemand de Formule 1, et de sa femme.

Lorsque j’ai vu Nick Heidfeld pour la première fois, alors âgé de 26 ans, je pensais me trouver devant un adolescent pas de barbe. À ma grande surprise, il est reparti avec deux toiles de Zilon sous le bras. Sa femme est revenue à plusieurs reprises acheter d’autres toiles. Elle a hâte d’avoir des nouvelles de L’autre galerie.

Pour mieux comprendre le marché, Yves Laroche n’hésite pas à se rendre à New-York, Los Angeles ou en Europe.

Les galeries américaines s’intéressent de plus en plus aux artistes canadiens. Des centaines de galeristes internationaux viennent en vacances à Montréal, ce qui donne un avantage marqué et stratégique au Vieux-Montréal pour les recevoir. Et le marché des collectionneurs est un monde en plein changement. Il y a maintenant un noyau de jeunes de 30 à 40 ans qui prennent leur place dans le marché des collectionneurs. Ces jeunes nous amènent des cabanes à sucre et des paysages reçus en héritage et veulent les vendre. Ça fait baisser les prix .

Même si les Américains sont en avance sur nous, par principe, Yves Laroche tient à garder un minimum de 50% de contenu canadien. Cet art urbain qu’il nous présente avec grande fierté représente une multitude de sous-cultures, à savoir l’art urbain, le graffiti et les bandes dessinées alternatives pour ne nommer que celles-là. Plusieurs des artistes représentés sont sous contrat avec Walt Disney ou font des illustrations pour de grands magazines. Les rebelles et les marginaux ont trouvé une place qui leur est propre. Bonne visite à L’autre galerie, celle de l’underground et de l’art urbain, une galerie qui a une vision d’avenir.

Pour une visite de la Galerie Yves Laroche.

Portrait de la peinture au Québec avec Marc de Roussan

Commentaire de Renart L’Éveillé sur la culture.

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Il y a 30 galeries d’art dans le Vieux Montréal: de la peinture commerciale, toute la même chose. Les gens se plaignent que les chiffres d’affaires ne sont pas bons et que c’est la grande misère. Ils s’inventent toutes sortes d’excuses. Les événements du 11 septembre, le taux de change qui n’est pas en notre faveur… C’est le retour du balancier. Il y a eu la révolution tranquille qui nous a donné la culture Hippie et les Beatles. Maintenant c’est l’art urbain qui prend sa place.

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Yves Laroche voit venir les coups d’avance. C’est lui qui a fait entrer le photographe David Hamilton au Canada en 1979. Il y a 20 ans, il a su bien représenter des artistes tels qu’Armand Vaillancourt et Serge Lemoyne. Il n’a pas négligé non plus Jean-Paul Lemieux ou encore Riopelle.

Sa clientèle, aussi diversifiée qu’exigeante, comprend des gens tels l’économiste Jarislowsky, des firmes d’avocats, des multinationales telles Power Corporation en passant par une chirurgienne française de 63 ans. Ses yeux s’illuminent quand il nous parle de Nick Heidfeld, pilote allemand de Formule 1, et de sa femme.

Lorsque j’ai vu Nick Heidfeld pour la première fois, alors âgé de 26 ans, je pensais me trouver devant un adolescent pas de barbe. À ma grande surprise, il est reparti avec deux toiles de Zilon sous le bras. Sa femme est revenue à plusieurs reprises acheter d’autres toiles. Elle a hâte d’avoir des nouvelles de L’autre galerie.

Pour mieux comprendre le marché, Yves Laroche n’hésite pas à se rendre à New-York, Los Angeles ou en Europe.

Les galeries américaines s’intéressent de plus en plus aux artistes canadiens. Des centaines de galeristes internationaux viennent en vacances à Montréal, ce qui donne un avantage marqué et stratégique au Vieux-Montréal pour les recevoir. Et le marché des collectionneurs est un monde en plein changement. Il y a maintenant un noyau de jeunes de 30 à 40 ans qui prennent leur place dans le marché des collectionneurs. Ces jeunes nous amènent des cabanes à sucre et des paysages reçus en héritage et veulent les vendre. Ça fait baisser les prix .

Même si les Américains sont en avance sur nous, par principe, Yves Laroche tient à garder un minimum de 50% de contenu canadien. Cet art urbain qu’il nous présente avec grande fierté représente une multitude de sous-cultures, à savoir l’art urbain, le graffiti et les bandes dessinées alternatives pour ne nommer que celles-là. Plusieurs des artistes représentés sont sous contrat avec Walt Disney ou font des illustrations pour de grands magazines. Les rebelles et les marginaux ont trouvé une place qui leur est propre. Bonne visite à L’autre galerie, celle de l’underground et de l’art urbain, une galerie qui a une vision d’avenir.

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L’important c’est l’émotion que l’artiste véhicule à travers son œuvre, le message et sa sensibilité. C’est comme l’écriture, l’important ce n’est pas le comment tu le dis, mais ce que tu dis. Croire à cette forme d’art, c’est un peu être comme un apôtre. J’ai arrêté d’en parler avec d’autres directeurs de galeries, je passais pour un illuminé.

Il y a beaucoup trop de directeurs de galeries, autant à Montréal qu’en région, qui ne connaissent pas du tout l’art et qui disent n’importe quoi. Ils ne sont pas capables de parler d’art international. Ils disent que leur artiste est un futur Riopelle. Si je savais qui serait le prochain Riopelle, j’achèterais toutes ses oeuvres. Ils ont un «speech» pour vendre, ils sont très mal informés et plusieurs sont des machines à dire des niaiseries. C’est aberrant. Ils veulent juste faire de l’argent pour leur retraite. On devrait les excommunier. Il n’y en a pas 5 qui connaissent l’art commercial.

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