Témoignage: de campagne à la ville

Témoignage: de campagne à la ville

Témoignage de Pikajo   Dossier Alcool

drogue-toxicomanie-3 Je suis née à la campagne, j’étais pour ainsi dire une petite fille modèle, je ne dérangeais pas beaucoup, je ne parlais pas fort…Quand on est la dernière d’une famille de cinq, avec un tempérament comme le mien, on devient vite invisible. Lorsqu’on est déménagés en «ville», j’avais 11 ans, j’étais très naïve et surtout très gênée.

Je me suis quand même fait de nouveaux amis. Surtout une, qui était, paraît-il, comme moi avant notre rencontre. Alors, avec ma nouvelle chum et sa sœur, un peu plus vieille, on a exploré le pot et le hasch. Naturellement, on est devenues toutes les deux des adolescentes rebelles et très curieuses envers tout ce qui était défendu.

Début de la toxicomanie

Rendue à la polyvalente, je fumais pratiquement tous les jours. Ça n’allait pas fort à l’école et j’étais presque toujours absente.  La plupart du temps, ma famille ne savait pas où j’étais ni ce que je faisais.

C’est sûr que durant mes années d’adolescence, dans le monde que je côtoyais, il m’est arrivé plusieurs mésaventures: être initiée par des motards, être violée à l’âge de 13 ans…  Toutes ces choses, je les ai vécues en les confiant seulement à ma meilleure et fidèle amie.

Premier amour

À 16 ans, je suis tombée amoureuse d’un type très sérieux, plus vieux de quelques années. Comme il travaillait, nous sommes allés vivre ensemble. Mes parents croyaient que mes problèmes étaient du passé et moi aussi. Je travaillais et je jouais aux quilles le samedi. Aux yeux de mes proches, sans vivre le bonheur parfait, j’étais entrée dans le moule. Cependant, j’étouffais dans cette situation…  À 19 ans, j’ai plié bagage et c’est là que ça c’est gâté…

Amour et toxicomanie

Dans un bar clandestin, j’ai connu un homme dans la trentaine, toxicomane, alcoolique et très violent. Avec lui, j’ai appris à me shooter à la cocaïne. La première fois, je ne vous cacherai pas que j’ai adoré ça. Mais, après?  Naturellement, travailler au salaire minimum et se shooter, ça ne fonctionne pas longtemps sans avoir de dettes.

Après quelques années, beaucoup de déboires judiciaires et amoureux, j’ai réussi à me libérer de lui et j’avais arrêté de consommer de la drogue. Mais, j’ai vite recommencé à sortir seule et à me piquer. Je suis allée vivre avec mon vendeur (c’était pratique). Ça n’a duré qu’un mois et demi.

Dans un bar, j’ai fait la connaissance d’un alcoolique abstinent, il m’a dit que si j’étais mal prise, je pouvais l’appeler. L’air de rien, il m’a aussi dit: «Tu vaux mieux que ça.» Sur le coup, je m’en foutais.

Prostitution et toxicomanie

Quelques jours plus tard, j’étais chez mon nouveau dealer et j’y avais passé la nuit à me piquer. Je crois bien qu’il essayait de me pousser à me prostituer pour lui. Pendant un moment d’inattention de la part de mon dealer, je ne sais pas pourquoi moi-même, j’ai appelé ce type, l’ex-alcoolo. Il est venu me chercher à 8 heures du matin sans me demander d’explication. Je suis restée avec lui et je n’ai fait qu’une rechute en 15 ans avec la coke.

Hépatite C

Malheureusement, on ne mène pas ce genre de vie sans que cela laisse des séquelles physiques. En 1996, j’ai appris que j’avais l’hépatite C. J’ai été prise en main par un excellent médecin.

La morale de cette histoire: le pot inoffensif?  pas pour tout le monde. Je crois pour ma part qu’il l’est de moins en moins.

Je vous lègue mes écrits car c’est tout ce que j’ai. Mais attention! je rebondis et je crois que je suis prête à demander de l’aide avant d’avoir 40 ans. Entre-temps, je me suis remplie de livres de psychologie et ça me redonne confiance. J’ai aussi découvert que j’avais des talents cachés. Et surtout, je lis Le Journal de La Rue et ça me fait du bien. Merci!

Mes auteurs: Dan Millman, Lise Bourbeau, Anthony Robbins et plusieurs autres. Une petite pensée: L’amitié commence dans le plaisir et continue aussi dans la joie et non dans la souffrance.

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Autres textes sur Toxicomanie

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Témoignage: revivre après la drogue

Témoignage: revivre après la drogue

Lucie Thiboutôt                Dossier Toxicomanie

drogue-toxicomanie-1 J’ai pris les grands moyens. J’étais devenue un robot vivant pour sa drogue. Je suis allée chercher du renfort au Manoir Aylmer. Une grande joie m’habite depuis quelque temps. Tout ce bonheur grâce à un endroit où je réside, le Manoir Aylmer, à Beaulac-Garthby. Voici un bref résumé de mon vécu.

Je suis une mère de 37 ans, divorcée depuis 5 ans. J’ai 2 magnifiques enfants âgés de 12 et 14 ans que j’aime profondément. Je suis devenue dépressive à la suite de mon divorce, il y a quelques années. Je suis tombée dans l’enfer de la drogue dure. Quotidiennement, je m’injectais de la cocaïne. À plusieurs reprises, j’ai été prise de convulsions. J’ai fait 2 arrêts cardio-respiratoires, une overdose. J’étais devenue affreuse: un robot ne vivant que pour sa drogue. Je ne mangeais plus. Je pesais 93 livres. Pour payer ma drogue, je volais dans des chantiers de construction avec mon ex-chum.

Perdue dans ce trou noir, je ne voyais plus le jour. Je combattais mes envies, en oubliant mes adorables enfants et tous ceux que j’aime. J’ai blessé mes proches. Mes enfants m’ont vu me dégrader. Pire, je les ai négligés. Je ne voyais plus mon garçon, hébergé par son père. Ma fille, qui habitait avec moi, passait ses nuits seule. Elle vivait dans l’insécurité, me voyait m’enlaidir, droguée.

Jusqu’au jour où j’ai fait une crise dans la salle de bain. Mon chum m’a vue. En me brassant pour me réanimer, il m’a fracturé une côte. Il criait après moi. Ma fille se trouvait dans le salon. Elle aurait pu me retrouver… morte. J’ai réalisé que c’était devenu grave. J’en ai eu assez de vivre entre la vie et la mort. Alors j’ai pris les grands moyens. Je suis allée chercher du renfort à long terme.

Le Manoir Aylmer a sauvé ma vie. Maintenant, je renais grâce aux intervenants et à mes efforts. Après tant de difficultés, j’ai surmonté plusieurs épreuves qui m’ont fait grandir. J’ai mis une croix sur ma relation avec mon ex, une personne que j’aimais beaucoup. J’ai minimisé notre relation, associée à la drogue, aux vols. J’ai appris à ne plus accorder d’importance à mon ex-mari qui cherche à me contrôler en utilisant nos enfants et ma dépendance à la drogue. Je suis devenue plus patiente quand mon ex-mari refuse que je vois mes enfants.

Épatante

Maintenant, je suis sur le bon chemin, belle et saine. Une nouvelle personne aimable qui s’aime. Oui, enfin, je renais. Je me suis retrouvée et je me trouve épatante. J’aime la vie. Mes pensées sont aujourd’hui positives. Je crois à une vie nouvelle en harmonie avec moi-même.

Je suis fière. Je me comprends, je m’accepte et m’apprécie comme je suis, car mes comportements sont améliorés. J’accepte mes défauts, j’apprécie mes qualités. Je ne me presse plus, je vis un jour à la fois. J’ai des désirs, bien sûr, mais sans trop me hâter de les accomplir. C’est bien assez pour mon impatience!

J’ai plein d’amour pour ceux que j’aime et pour un prochain amour. Je crois aux nouvelles amies qui seront positives pour moi. Je suis consciente des efforts qu’il me faudra donner pour le reste de ma vie. Je m’éloigne de ma ville, de tout ce qui est négatif. Une nouvelle vie, c’est merveilleux!

Je suis reconnaissante au Manoir Aylmer et à ses intervenants, car sans eux et mes efforts, je ne serais pas rendue sur ce bon chemin. Je ne veux pas changer de route: c’est le chemin du bonheur. À tous ceux qui veulent se sortir de cet enfer, je leur souhaite de tout mon coeur de suivre le même chemin que moi.

Autres textes sur Toxicomanie

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Témoignage: réponse à Marie

Témoignage: réponse à Marie

Dossier Toxicomanie

drogue-toxicomanie-2 Le 30 décembre, Raymond Viger a eu un échange avec Marie sur le site Internet de Reflet de Société. La première partie a été publié dans le numéro de février. Elle avait alors partagé son désir de cesser de consommer des drogues et se posait de nombreuses questions à propos de l’impact de sa consommation sur son avenir. Cette correspondance ayant intéressé plusieurs lecteurs, voici le dernier échange, qui montre que Marie va beaucoup mieux, ainsi qu’un témoignage d’un jeune dans une situation similaire.

Marie

Salut Raymond,
Je viens de relire tous nos échanges sur ma renaissance à l’égard de la drogue. J’ai relu tout ce que j’avais écrit et ce que vous m’aviez répondu. Ça m’a vraiment fait du bien de revoir tout ça. Ça m’a fait réfléchir. Je me suis rendu compte que je suis en train de m’en sortir. J’ai fait un bon bout de chemin et j’en suis vraiment fière.

La vie change, tout change. Les amis(es), le monde entier. Que ce soit du bon ou du mauvais côté. Parfois, quand on change, certains le prennent mal. Aujourd’hui, je me suis vraiment rendu compte à quel point je devais vous remercier pour tout ce que vous me dites, tout ce que vous faites pour m’aider. C’est comme une thérapie, mais sur Internet.

La vie nous appartient. On ne doit pas la vivre pour les autres, mais pour nous.
Marie

Réponse de Raymond Viger

Salut Marie,
L’avantage de l’écriture est de pouvoir se relire, de voir le chemin parcouru, de se remémorer les idées qui nous sont offertes, de relire les passages qui nous font du bien. On peut y revenir quand on veut.

Lorsqu’on évolue, certaines personnes ne sont pas toujours heureuses de nous voir changer. Ce qui compte, ce sont les choix que l’on fait pour soi-même. Si les autres le prennent mal, c’est peut-être qu’ils ont des choses à voir là-dedans. Ils doivent accepter ta nouvelle vie.

C’est vrai que tu as beaucoup progressé depuis le début de l’année. Je t’en félicite. Tu as fait de grandes prises de conscience, tu es fière du chemin parcouru, tu as du plaisir avec tes ami(e)s et tu veux vivre ta vie. Continue dans cette voie. J’ai confiance en toi.
Raymond

Réaction de Jean-Michel

Je viens de lire l’article de Marie publié en février. J’ai 16 ans et je suis en centre d’accueil. Après 8 ans de consommation de drogue, j’ai décidé de me prendre en main et d’arrêter. Merci de prendre le temps de lire mon message.

J’ai commencé à fuguer avant l’âge de 9 ans pour faire un peu comme mon frère plus vieux. J’ai commencé pour le fun. Le jour de ma fête, je lui ai volé de la drogue (speed, cocaïne, pot). Au début, c’était bien plaisant. Mais après quelques années (à 12 ans), ç’a changé. À ce moment-là, un joint ne me faisait plus grand-chose. Je relaxais et je n’étais plus avec mes amis. Tout ce que j’avais pour me défouler, c’était la musique et l’écriture. J’ai été cocaïnomane pendant presque 8 ans avant de décider de m’en sortir.

Tout ce que la drogue m’a apporté, ce sont des problèmes. La drogue est une délivrance, une grosse délivrance. Mais tu le vois juste sur le buzz. Après, c’est 2 fois pire. Tu veux en avoir d’autre et plus encore. Être accro, ce n’est pas une partie de plaisir. N’hésitez pas à demander de l’aide si vous avez le même problème que j’ai eu. Que ce soit en consul-tant vos parents, de la famille, vos amis ou même des ressources communautaires. C’est le meilleur choix que vous pouvez faire. En 3 semaines, j’ai repris un train de vie normal. C’est sûr que je pense encore à consommer, mais je me suis trouvé des moyens pour y penser le moins possible.

Se droguer ne fait pas du mal juste à vous, mais aussi à tout votre entourage: parents, amis, petite amie… Tout ce que ça prend pour s’en sortir, c’est la volonté et de l’appui. Arrêter de consommer, ce n’est peut-être pas si facile, mais il ne faut pas lâcher. Parce que si tu lâches, la plupart du temps, tu retombes plus fort et ça fait encore plus mal.

Cherchez de l’aide et vous allez vous en sortir comme je le fais en ce moment. Maintenant, je me sens plus libre.
Jean-Michel, Montérégie

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