L’université, du Moyen Âge à aujourd’hui

« Que sont mes amis devenus… »

Université et traditions médiévales

Il n’est peut-être pas surprenant de constater la popularité du médiéval chez les étudiants, puisque la tradition universitaire (y compris son poids social et l’importance de ses manifestations) remonte en grande partie au Moyen Âge.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – Dossier Éducation

débats société réflexions sociales communauté

Rive Gauche au 13e siècle

Ainsi, la Rive Gauche de Paris était déjà dominée par la vie étudiante dès le 13e siècle, et son université offrait un « baccalauréat ès arts », un terme qui a été conservé par les universités de langue française jusqu’à nos jours.

La population étudiante de la Rive Gauche provenait de différents pays européens et ne parlait pas forcément français. En fait, tous les cours étaient donnés en latin à cette époque (la langue du savoir, la langue de la science), et le latin était devenu la langue commune de ces étudiants : d’où le nom Quartier Latin que l’on donnait à ce coin de Paris (et qui a été repris à Montréal, à partir de 1876, pour désigner un quartier étudiant et littéraire, autour de la rue Saint-Denis).

Église Saint-Julien-le-Pauvre, premier siège des assemblées de l'ancienne université de Paris

Église Saint-Julien-le-Pauvre, premier siège des assemblées de l’ancienne université de Paris

La population étudiante dominait la Rive Gauche de Paris, et elle avait une grande influence économique sur la vie de ce quartier. Consciente de son pouvoir et de son nombre, elle y faisait un peu la loi. Les nombreuses grèves (et les beuveries) menaient à des affrontements entre les étudiants et les forces de l’ordre.

Que sont mes amis devenus

En littérature française, les poètes Rutebeuf (1230-1285), lui-même du 13e siècle, et Villon (1431-1463) du 15e, sont de bons représentants de cet esprit estudiantin irrévérencieux. De Villon, on se rappellera la Ballade des pendus (« Frères humains qui après nous vivez, / N’ayez les cœurs contre nous endurcis… ») et de Rutebeuf, sa complainte tirée des Poèmes de l’infortune, adaptée et mise en musique par Léo Ferré sous le titre Pauvre Rutebeuf :

villon université poésie moyen-âge

Villon

Que sont mes amis devenus

Que j’avais de si près tenus

Et tant aimés

Ils ont été trop clairsemés

Je crois le vent les a ôtés

L’amour est morte

Ce sont amis que vent me porte

Et il ventait devant ma porte
Les emporta
Avec le temps qu’arbre défeuille

Quand il ne reste en branche feuille

Qui n’aille à terre

Avec pauvreté qui m’atterre

Qui de partout me fait la guerre

Au temps d’hiver

Ne convient pas que vous raconte

Comment je me suis mis à honte
En quelle manière
Que sont mes amis devenus

Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés

Ils ont été trop clairsemés

Je crois le vent les a ôtés

L’amour est morte
Le mal ne sait pas seul venir

Tout ce qui m’était à venir

M’est advenu
Pauvre sens et pauvre mémoire

M’a Dieu donné, le roi de gloire

Et pauvre rente

Et droit au cul quand bise vente

Le vent me vient, le vent m’évente

L’amour est morte

Ce sont amis que vent emporte

Et il ventait devant ma porte

Les emporta.

Pas de gratuité au 13e siècle

À Paris au 13e siècle, du temps de Rutebeuf, on entrait à l’université vers l’âge de 14 ans et il fallait 8 années d’études pour obtenir son baccalauréat ès arts. Avec une autre année, on pouvait obtenir une maîtrise, ce qui permettait d’enseigner. Toutefois, pour compléter un doctorat (en droit, médecine, philosophie ou théologie), il fallait ajouter 12 autres années d’études.

Tout cela coûtait très cher, et on comprend que seules les familles riches et nobles pouvaient se permettre d’envoyer leurs fils à l’université. Il y avait cependant des bourses qui permettaient à des jeunes gens talentueux des classes populaires d’accéder aux études supérieures. Ces bourses étaient payées par des nobles qui voulaient encourager les talents locaux, ou par le clergé.

Nous étions donc encore loin, au Moyen Âge, de l’université populaire gratuite et accessible à tous, mais le côté festif et contestataire des étudiants était déjà une réalité bien présente.

______________

Sources des informations : Thomas Cahill, Mysteries of the Middle Ages, Anchor Books, New York, 2008 ; le Web et une anthologie de poésie.

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Le Conseil jeunesse de Montréal veut parler d’insécurité

Le Conseil jeunesse de Montréal veut parler d’insécurité

Gabriel Alexandre Gosselin Dossier  Ville de Montréalconseil jeunesse montréal, Gang de rue

Le Conseil jeunesse de Montréal ainsi que la Commission de la sécurité publique de Montréal se questionnent: les jeunes de Montréal se sentent-ils en sécurité dans leur propre ville?

Un sentiment d’insécurité qui ne suit pas la tendance…

C’est suite à certaines constatations que les autorités municipales en sont venus à cette énigme. Sur l’île, le taux de criminalité a baissé de 29%  en dix ans, et de 42% depuis 1993. Malgré cette statistique, la ville avoue recevoir, surtout de la part de jeunes, plaintes et témoignages qui soulignent un sentiment d’insécurité qui, lui, ne tend pas à la baisse.

Consultations publiques sur l’insécurité

Qu’est-ce qui rend ces jeunes insécures? Dans quel genre de situation peuvent-ils se sentir anxieux? Qu’est-ce qui selon eux devrait changer dans la ville pour que ce sentiment d’insécurité s’estompe?

Afin de trouver pistes et solutions, le Conseil jeunesse de Montréal et la Commission de la sécurité publique de Montréal invitent les citoyens âgés entre 12 et 30 ans à venir s’exprimer lors de trois consultations publiques. Le Conseil jeunesse s’engage, au mois de mai prochain, à déposer son avis et ses suggestions à la mairie suite aux déclarations de leurs concitoyens(nes) sur le sujet.

Vous vous sentez préoccupé par la sécurité à Montréal? Voici les endroits où prendront place les trois consultations publiques:

– Le 11 mars, à la Maison du citoyen, dans le quartier Saint-Michel;

– Le 12 mars, à la Salle R-M120, département des Sciences de la gestion à l’UQÀM;

– Le 25 mars, au 6767, Chemin de la Côte-des-Neiges, salle 602.

Pour plus d’informations sur les consultations publiques, consultez le site du Conseil jeunesse de Montréal, où vous trouverez toutes les coordonnées précises des lieux ainsi que les heures de rencontre.

Autres textes sur Ville de Montréal

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Le Journal de la Rue représenté par la Librairie du Québec

Le Journal de la Rue représenté par la Librairie du Québec

Conférence en France no 31

Dossier Graffiti

Je ne pouvais pas être en France sans faire un saut à la Librairie du Québec. La Librairie du Québec représente des auteurs et des maisons d’éditions du Québec en Europe. A partir d’une vitrine permanente près des Jardins du Luxembourg en plein coeur du Quartier Latin de Paris, la Librairie du Québec rend disponible les livres québécois non seulement aux lecteurs Européens, mais aussi aux librairies. Les livres se retrouvent répertoriés dans les principaux sites de vente Internet.

C’est évident que le travail de promotion et de se faire connaître est notre responsabilité. Mais nous avons l’opportunité de rendre accessible nos écrits aux Européens. Notre présence auprès de certains organismes, les ateliers et conférences auxquels nous participons permettre d’annoncer aux gens que nous sommes disponibles sur leur territoire. Il ne faut pas sous-estimer les spécificités d’Internet. Notre lectorat électronique est composé de 25% de Français et de 9% de Belge!

Ce partenariat avec la Librairie du Québec nous a permis de prendre une entente pour les envoies en Europe de notre magazine d’information et de sensibilisation Reflet de Société.

Un travail qui complète bien les rencontres que j’ai faites dans les dernières semaines avec les différentes associations et intervenants.

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