Discrimination vocale à l’hôpital Santa Cabrini

Robotisé et sans être humain

L’art de ne pas être répondu et laissez pour compte

Raymond Viger Dossier Santé, Discrimination

racisme discriminationPendant mon hospitalisation à l’hôpital Santa Cabrini, ma collègue Delphine Caubet veut me rejoindre à ma chambre.

Après plusieurs tentatives téléphoniques, elle ne réussit pas à me rejoindre. Tout est informatisé. Le robot ne réussit pas à comprendre l’accent français de Delphine. Elle se retrouve dans un labyrinthe téléphonique.

Robotiser certaines opérations permet possiblement de sauver de l’argent. Pas sûr cependant que cela soit aussi efficace que l’on peut penser.

Avec un Québec multiculturel comment va-t-on réussir à programmer convenablement nos robots sans faire de discrimination vocale!

Une histoire à suivre…

Autres textes sur Santé

Bistro le Ste-Cath
4264 Ste-Catherine est, Montréal (une rue à l’est de PIE-IX)
(514) 223-8116
http://www.le-ste-cath.com
bistro@le-ste-cath.com

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Merci d’inviter Le Ste-Cath parmi vos amis Facebook: Bistro le Ste-Cath.

Bistro le Ste-Cath

souper spectacle musique chant show event est montréal restaurant où sortir quoi faireUn restaurant, une chaleureuse terrasse. Pour une rencontre entre amis ou en famille, les chefs du Bistro le Ste-Cath sauront vous offrir une cuisine réinventée et originale à un prix abordable.

Situé en plein coeur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

Pour informations et réservations: (514) 223-8116 ou bistro@le-ste-cath.com.

Le mois de l’histoire des Noirs vu par un Noir

Le mois de l’histoire des Noirs

Rencontre avec Johnny Walker Bien-Aimé

Johnny Walker Bien-Aimé travaille au Café Graffiti depuis 1997. D’abord professeur de danse hip-hop, il a par la suite suivi plusieurs formations qui lui ont permis de devenir l’intervenant fort apprécié que connaissent bien les habitués du café.

Normand Charest Dossier Racisme

haiti toiles exposition vernissage mois des noirsLors d’une première conversation, Johnny nous a fait part de ses réserves sur une certaine façon de parler du racisme ou du Mois de l’histoire des Noirs, ici à Montréal. C’est de manière fort sympathique et chaleureuse qu’il poursuit maintenant sa réflexion avec nous:

«Est-ce bien utile de commémorer tous les côtés sombres du passé, de fêter les massacres? Ne devrions-nous pas tout oublier pour aller de l’avant?… Bien sûr, il faut connaître toutes ces choses, pour ne pas qu’elles se répètent. Mais, en même temps, on ne doit pas vivre que sur des souvenirs négatifs.»

«Je respecte tous ceux qui se sont battus pour la reconnaissance des droits civiques des Noirs, dans le passé. Aujourd’hui, la situation n’est plus la même pour notre génération, et cela crée un certain malaise», dit-il.

«On se pose la question suivante: s’il y a un Mois des Noirs chez nous, ne devrions-nous pas aussi fêter l’histoire des autres ethnies? Il n’y a pas de Mois de l’histoire des Chinois ou des Juifs, par exemple.»

En effet, n’y a-t-il pas une contradiction entre ces commémorations ethniques et le fait de vouloir être reconnus comme citoyens à part entière, dans notre société? On a souvent reproché aux nationalistes québécois d’utiliser un «nous» qui ne représentait que les «pures laines» d’origine française. On objectait, avec raison, qu’il ne pouvait y avoir deux classes de citoyens, quelle que soit notre origine.

C’est pourquoi Johnny refuse de demander des subventions réservées aux minorités visibles (pour des écoles de danse). Il préfère agir dans un cadre plus large, non restrictif, qui inclut tous les citoyens du pays.

D’un pays à l’autre

La réflexion sur la pertinence de cet événement nous amène à réaliser que la situation n’est pas la même partout.

Selon sa propre expérience, Johnny a pu constater que la ségrégation n’est pas la même aux États-Unis, en France ou au Québec. Et que, par le fait même, le Mois de l’histoire des Noirs  devrais prendre un sens différent à chacun de ces endroits.

En Floride, par exemple, les Noirs, les Hispaniques et les Blancs forment des communautés bien séparées. Et les couples mixtes ne sont pas bien vus. Des Noirs ne peuvent pas se promener librement dans des communautés protégées de retraités Blancs même si ce sont des Noirs et des Hispaniques qui travaillent dans les résidences et que plusieurs des retraités soient des Québécois.

Ségrégation

haiti toiles exposition vernissage mois noirEn France, les banlieues des grandes villes sont presque exclusivement africaines et maghrébines. Dans le 10e arrondissement de Paris, un beau quartier, il se rappelle avoir été considéré comme un voyou, seulement parce qu’il était jeune et Noir.

Mais, surprise, la dame qui l’avait traité de voyou, à Paris, était maghrébine. «C’est terrible de se nuire ainsi entre nous, Maghrébins et Africains», lui avait-il répondu, «avant même que les Blancs n’interviennent. Le fait d’imposer une image de voyou aux jeunes Noirs ne va pas les aider. Au contraire, c’est ce genre d’attitude qui les pousse au gangstérisme, parce qu’ils ne voient pas d’autres issues: toutes les portes leur étant fermées d’avance.»

La ségrégation semble plus forte en France qu’ici. Le fait qu’elle commence déjà parmi les minorités est encore plus triste. Même les Noirs des plus hautes classes sociales peuvent bloquer ceux des cités. «Les Blancs n’ont même pas besoin d’intervenir», nous dit Johnny, à demi sérieusement.

Modèles d’hommes Noirs positifs

Nous avons touché la question de la pertinence et des différences entre les pays. Mais il nous reste à reconnaître que la question identitaire est importante pour chacun de nous. Et que cela apporte un côté positif à cette célébration.

L’enfant noir, dans un pays de Blancs, est confronté à des modèles auxquels il ne ressemble pas. Il doit pouvoir en trouver qui conviennent à sa quête d’identité et à son estime de soi. Car chacun, quel qu’il soit, doit s’épanouir selon sa propre beauté et ses origines.

Les enfants ont besoin de modèles positifs auxquels ils puissent ressembler. Si on leur en offre dans leur communauté, on les éloignera ainsi des gangs de rue vers lesquels ils pourraient avoir la tentation de se réfugier.

Les modèles de Noirs ne doivent pas se limiter aux rappeurs, aux 50 cents, aux sportifs, aux danseurs, aux musiciens, nous dit Johnny. Nous devons tous réaliser (et les jeunes avec nous) que les Noirs peuvent être présents à tous les échelons de la société (comme c’est déjà souvent le cas), et non pas seulement dans les sports et les spectacles.

Il y a là beaucoup d’éducation à faire, puisque les documents sur la contribution des Noirs à l’histoire commune ne sont pas très nombreux. Dans certains marchés haïtiens de Montréal, on trouve des affiches qui vont dans ce sens. Ces documents devraient être connus de tous.

Sait-on qu’il y a eu des philosophes africains durant l’Antiquité? Connaît-on les inventeurs noirs, les hommes de science, les artistes, les très nombreux écrivains et poètes noirs?

«Le footballeur français Lilian Thuram a écrit un livre formidable sur le sujet, qui porte le titre de Mes étoiles noires. Je le recommande à tous.

Ce genre d’informations fournirait un merveilleux tremplin pour éduquer les enfants des diverses ethnies, et pour les éloigner de la fausse solution du gangstérisme», nous dit Johnny avec beaucoup de conviction.

Un Noir chez les Amérindiens au 16e siècle

On trouve aussi ce passage dans un récent livre de Serge Bouchard, C’était au temps des mammouths laineux (2012), à propos d’un Noir chez les Amérindiens au début du 16e siècle:

haiti toiles exposition vernissage mois noirs«L’aventure espagnole en Amérique, c’est aussi Esteban, un Noir mahométan, originaire du Soudan, mais esclave en Égypte, capturé par les chrétiens espagnols en Méditerranée avant de rejoindre l’armada pour les Amériques, au service aveugle des conquistadores Narvaez et Coronado, explorateurs débridés, malheureux, Esteban qui survécut pendant une décennie dans des territoires inconnus, pieds nus entre Tallahassee et Santa Fe, passant pour un grand dieu noir aux yeux des Amérindiens, jusqu’à ce que ceux-ci, las de s’interroger, l’égorgent dans un pueblo zuñi, pour avoir séduit des vierges et offensé un chef.»

Autres textes sur le Mois de l’histoire des Noirs

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Février, le mois de l’histoire des Noirs

La recherche identitaire

Negro History Week

Depuis 2007 au Québec, le mois de février est consacré à la célébration de l’histoire des Noirs.

Normand Charest     Dossier Mois des Noirs

LOGO-NB-mois histoire des noirsLa première célébration de l’histoire des Noirs aux États-Unis, on la doit à un historien, le Dr C.G. Woodson (1875-1950) qui voulait combattre le racisme et les préjugés par l’éducation. C’était en 1926 et l’événement, la Negro History Week, ne durait qu’une semaine au départ. La semaine devint le Mois de l’histoire des Noirs en 1976. Un événement célébré maintenant partout en Amérique, mais aussi en Afrique et en France. Chez nous, la célébration de ce mois, en février, a été assurée par une loi québécoise en 2007 et par une loi canadienne en 2008.

Pertinence et recherche identitaire

Si les Noirs sont présents au Québec depuis les débuts de la colonie (malgré le fait que les livres d’histoire en aient si peu parlé), il faut constater que leur nombre s’est considérablement accru avec les vagues d’immigration successives dont l’arrivée des Jamaïcains puis la vague haïtienne plus nombreuse de la fin des années 1960 jusqu’aux arrivées plus récentes de l’Afrique.

Contrairement à ce qui était le cas autrefois, on trouve maintenant des Noirs à tous les échelons de la société. Beaucoup sont des professionnels, des professeurs ou même des politiciens. On a connu au moins deux ministres Noirs au Québec, et même une gouverneure générale, représentante de la reine au Canada. Et parmi les nombreux auteurs reconnus, Dany Laferrière, lauréat du prix Médicis 2009. Dans ce cas, peut-on encore parler de racisme ou de ségrégation?

Racisme et préjugés

Il semble bien que tout ne soit pas rose partout. Car le profilage racial fait encore des victimes. Et le préjugé du jeune homme Noir considéré comme un voyou fait encore des ravages dans certains milieux.

La pertinence du Mois de l’histoire des Noirs s’appuie aussi sur un deuxième point : la recherche identitaire. Est-ce que les modèles Noirs qu’on leur propose sont stéréotypés, comme celui du jeune homme sportif?

Tous ceux qui viennent des Antilles ont perdu leur héritage africain. Ils ont adopté les langues des colonisateurs et le mode de vie européen. Et cela crée un malaise identitaire.

Quatre artistes Haïtiens exposent au Café Graffiti: Solidarité Québec / Haiti

 Vernissage au Café Graffiti pour le mois de l’histoire des Noirs

Haïti, 3 ans après le séisme. Sous le thème du mois de l’histoire des Noirs, un vernissage vendredi le 8 février à 15:00 hres. Une exposition internationale qui durera jusqu’à la fin février. Café Graffiti, 4237 Ste-Catherine est. (514) 259-6900. Informations: http://wp.me/pamM-7Nr.

NB Les artistes Haïtiens ne pourront être présents, mais leurs oeuvres seront au rendez-vous.

Autres textes sur le Mois de l’histoire des Noirs

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Mois de l’histoire des Noirs 2

Mois de l’histoire des Noirs 2

François Richard Dossier Mois des Noirs

jackie robinson joueur baseball Afin de souligner le Mois de l’histoire des Noirs, Reflet de Société vous offre une série de quatre articles portant sur des personnages d’origine africaine marquants, souvent méconnus, de l’histoire nord-américaine. Deuxième personnage, Jackie Robinson, premier joueur noir de la American Major League Baseball et militant pour les droits des Noirs aux États-Unis.

Jeux Olympiques et nazisme

Avant de débuter le récit de la vie de Jackie Robinson, il est important de souligner l’apport symbolique de son frère aîné, Matthew, à la lutte pour la reconnaissance des Noirs comme êtres humains à part entière aux États-Unis et dans l’ensemble du monde occidental. Matthew Robinson est en effet monté sur le podium comme gagnant de la médaille d’argent à la course de 200 mètres lors des infâmes Jeux Olympiques de Berlin de 1936. Ces Jeux ont servi de vitrine mondiale au régime nazi d’Adolf Hitler, deux ans seulement avant le début de l’extermination des Juifs d’Europe.

Alors que le régime nazi tirait sa légitimité d’une idéologie mensongère, fondée entre autres sur la suprématie de la race blanche, deux noirs américains, Jesse Owens et Matthew Robinson, ont remporté les deux premières médailles lors de la course de 200 mètres, une épreuve jugée parmi les plus méritoires des Jeux Olympiques.

Enfant pauvre, famille monoparentale

Jackie Robinson, le cadet d’une famille de travailleurs agricoles de cinq enfants, naît le 31 janvier 1919 en Géorgie, dans le sud-est des États-Unis. Il grandit en Californie au sein d’une famille monoparentale et est exposé durant toute sa jeunesse à la pauvreté et à la violence induites par le racisme virulent qui sévit à l’époque aux États-Unis.

Baseball, football, basketball

Malgré la pauvreté de sa famille, Jackie Robinson poursuit des études universitaires. Dès l’école secondaire, il se découvre un grand talent pour les sports. Il pratiquera jusqu’à l’âge adulte, en plus du baseball, le football, le basketball et l’athlétisme. Jackie Robinson amorcera d’ailleurs sa carrière sportive comme footballeur dans une université de Los Angeles.

Débuts au baseball

Jackie Robinson passe la deuxième guerre mondiale dans l’armée. Malgré son éducation universitaire, il doit se battre pour être admis à l’école des officiers de l’armée américaine. Finalement nommé deuxième lieutenant, il passera la durée de la guerre aux États-Unis. Démobilisé en 1945, il entreprend une carrière de joueur de baseball au sein des Monarchs de Kansas City, dans la Negro League. Il faut savoir qu’à l’époque, la ségrégation raciale étend ses griffes jusqu’au sein du sport professionnel.

Royals de Montréal

Le directeur des Dodgers de Brooklyn, dans la « ligue blanche », Branch Rickey, souhaite à l’époque recruter des joueurs noirs pour son équipe, persuadé que ces derniers ont beaucoup à offrir au baseball professionnel. Branch Rickey croit de plus que la présence d’athlètes Noirs dans la American Major League Baseball contribuerait à briser l’hostilité des Blancs à l’égard des afro-américains.

Jackie Robinson est donc recruté et envoyé au club école des Dodgers, les Royals de Montréal, afin d’y jouer sa première saison en 1946. Le public montréalais se montre enthousiaste devant les exploits de Robinson sur le terrain, mais l’équipe est confrontée à toutes sortes de difficultés, dont l’annulation de matchs dans le sud des États-Unis.

Succès au baseball

En avril 1947, il débute sa carrière avec les Dodgers et remporte le prix de la recrue de l’année. C’est sous leur uniforme qu’il passera le reste d’une carrière qui sera couronnée de succès. Jackie Robinson gagnera de nombreux prix, participera six fois à la Série Mondiale, la gagnera une fois, sera intronisé au Temple de la renommée et, comble de la consécration, l’ensemble des équipes de la American Major League Baseball retireront son numéro, le 42, en 1997, pour marquer le cinquantième anniversaire de sa première saison.

Discrimination raciale

Tout au long de sa carrière, Jackie Robinson a été confronté au racisme des spectateurs et des joueurs des autres équipes, parfois de la sienne. À force de persévérance, il a été accepté au sein de la ligue et d’autres joueurs noirs ont été recrutés au cours des années suivantes. La présence de ces joueurs afro-américains a permis des ouvertures raciales à l’extérieur des stades de baseball. Les équipes sur la route ont en effet transformé les habitudes de nombreux restaurateurs, hôteliers et entreprises de transport qui, par peur de perdre de lucratifs contrats avec les équipes de sport professionnel, ont dû se résoudre à servir les clients Noirs de la même façons que les autres.

Banque pour les Noirs

Suite à sa retraite du baseball professionnel en 1956, Jackie Robinson a accompli un autre exploit en devenant le premier vice-président noir d’une grande entreprise américaine, Chock full o’ Nuts, qui se spécialise dans la distribution de café. Dans les années 1960, il fondera la Freedom National Bank,à Harlem, quartier à majorité noire de la ville de New York. Cette institution financière dirigée par des Noirs visaient à assurer l’accès au capital aux afro-américains.

Jackie Robinson est décédé d’une crise cardiaque le 24 octobre 1972. Une statue honorant sa mémoire a été érigée devant le Stade Olympique de Montréal, sur la rue Pierre-de-Coubertin, en 1987.

Pour en savoir plus sur Jackie Robinson, visitez le site Internet officiel ou celui des Minutes Historica du gouvernement du Canada.

Mathieu Da Costa

La personnage présenté la semaine prochaine sera Mathieu Da Costa, interprète d’origine africaine au service des navigateurs européens du seizième siècle auprès des Premières Nations du Québec et de l’Acadie.

Autres textes sur le Mois de l’histoire des Noirs

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guide recueil textes à méditer livre croissance personnelle développement personnel Après la pluie… Le beau temps. Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Le livre, au coût de 9,95$ est disponible

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Mois de l’histoire des Noirs 2

François Richard

jackierobinson Afin de souligner le Mois de l’histoire des Noirs, Reflet de Société vous offre une série de quatre articles portant sur des personnages d’origine africaine marquants, souvent méconnus, de l’histoire nord-américaine. Deuxième personnage, Jackie Robinson, premier joueur noir de la American Major League Baseball et militant pour les droits des Noirs aux États-Unis.

Jeux Olympiques et nazisme

Avant de débuter le récit de la vie de Jackie Robinson, il est important de souligner l’apport symbolique de son frère aîné, Matthew, à la lutte pour la reconnaissance des Noirs comme êtres humains à part entière aux États-Unis et dans l’ensemble du monde occidental. Matthew Robinson est en effet monté sur le podium comme gagnant de la médaille d’argent à la course de 200 mètres lors des infâmes Jeux Olympiques de Berlin de 1936. Ces Jeux ont servi de vitrine mondiale au régime nazi d’Adolf Hitler, deux ans seulement avant le début de l’extermination des Juifs d’Europe.

Alors que le régime nazi tirait sa légitimité d’une idéologie mensongère, fondée entre autres sur la suprématie de la race blanche, deux noirs américains, Jesse Owens et Matthew Robinson, ont remporté les deux premières médailles lors de la course de 200 mètres, une épreuve jugée parmi les plus méritoires des Jeux Olympiques.

Enfant pauvre, famille monoparentale

Jackie Robinson, le cadet d’une famille de travailleurs agricoles de cinq enfants, naît le 31 janvier 1919 en Géorgie, dans le sud-est des États-Unis. Il grandit en Californie au sein d’une famille monoparentale et est exposé durant toute sa jeunesse à la pauvreté et à la violence induites par le racisme virulent qui sévit à l’époque aux États-Unis.

Baseball, football, basketball

Malgré la pauvreté de sa famille, Jackie Robinson poursuit des études universitaires. Dès l’école secondaire, il se découvre un grand talent pour les sports. Il pratiquera jusqu’à l’âge adulte, en plus du baseball, le football, le basketball et l’athlétisme. Jackie Robinson amorcera d’ailleurs sa carrière sportive comme footballeur dans une université de Los Angeles.

Débuts au baseball

Jackie Robinson passe la deuxième guerre mondiale dans l’armée. Malgré son éducation universitaire, il doit se battre pour être admis à l’école des officiers de l’armée américaine. Finalement nommé deuxième lieutenant, il passera la durée de la guerre aux États-Unis. Démobilisé en 1945, il entreprend une carrière de joueur de baseball au sein des Monarchs de Kansas City, dans la Negro League. Il faut savoir qu’à l’époque, la ségrégation raciale étend ses griffes jusqu’au sein du sport professionnel.

Royals de Montréal

Le directeur des Dodgers de Brooklyn, dans la “ligue blanche”, Branch Rickey, souhaite à l’époque recruter des joueurs noirs pour son équipe, persuadé que ces derniers ont beaucoup à offrir au baseball professionnel. Branch Rickey croit de plus que la présence d’athlètes Noirs dans la American Major League Baseball contribuerait à briser l’hostilité des Blancs à l’égard des afro-américains.

Jackie Robinson est donc recruté et envoyé au club école des Dodgers, les Royals de Montréal, afin d’y jouer sa première saison en 1946. Le public montréalais se montre enthousiaste devant les exploits de Robinson sur le terrain, mais l’équipe est confrontée à toutes sortes de difficultés, dont l’annulation de matchs dans le sud des États-Unis. 

Succès au baseball

En avril 1947, il débute sa carrière avec les Dodgers et remporte le prix de la recrue de l’année. C’est sous leur uniforme qu’il passera le reste d’une carrière qui sera couronnée de succès. Jackie Robinson gagnera de nombreux prix, participera six fois à la Série Mondiale, la gagnera une fois, sera intronisé au Temple de la renommée et, comble de la consécration, l’ensemble des équipes de la American Major League Baseball retireront son numéro, le 42, en 1997, pour marquer le cinquantième anniversaire de sa première saison.

Discrimination raciale

Tout au long de sa carrière, Jackie Robinson a été confronté au racisme des spectateurs et des joueurs des autres équipes, parfois de la sienne. À force de persévérance, il a été accepté au sein de la ligue et d’autres joueurs noirs ont été recrutés au cours des années suivantes. La présence de ces joueurs afro-américains a permis des ouvertures raciales à l’extérieur des stades de baseball. Les équipes sur la route ont en effet transformé les habitudes de nombreux restaurateurs, hôteliers et entreprises de transport qui, par peur de perdre de lucratifs contrats avec les équipes de sport professionnel, ont dû se résoudre à servir les clients Noirs de la même façons que les autres.

Banque pour les Noirs

Suite à sa retraite du baseball professionnel en 1956, Jackie Robinson a accompli un autre exploit en devenant le premier vice-président noir d’une grande entreprise américaine, Chock full o’ Nuts, qui se spécialise dans la distribution de café. Dans les années 1960, il fondera la Freedom National Bank,à Harlem, quartier à majorité noire de la ville de New York. Cette institution financière dirigée par des Noirs visaient à assurer l’accès au capital aux afro-américains.

Jackie Robinson est décédé d’une crise cardiaque le 24 octobre 1972. Une statue honorant sa mémoire a été érigée devant le Stade Olympique de Montréal, sur la rue Pierre-de-Coubertin, en 1987. 

Pour en savoir plus sur Jackie Robinson, visitez le site Internet officiel ou celui des Minutes Historica du gouvernement du Canada.

Mathieu Da Costa

La personnage présenté la semaine prochaine sera Mathieu Da Costa, interprète d’origine africaine au service des navigateurs européens du seizième siècle auprès des Premières Nations du Québec et de l’Acadie.

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Être mulâtre, le meilleur des deux mondes?

Être mulâtre, le meilleur des deux mondes?

Raymond Viger      Dossier Racisme

Si j’avais été Blanc ou Noir, je n’aurais pas pu vivre toutes les expériences que j’ai vécues. Au Québec, on me considérait comme un Noir et j’y ai vécu du racisme. Quand j’ai été en Guinée, le pays de mon père, on m’a traité comme si j’étais un Blanc et j’y ai vécu de la ségrégation.

Né à Montréal, d’une mère Française et d’un père Guinéen, je possède trois cultures. Aujourd’hui je peux dire que cela m’a enrichi. Ayant résidé dans un quartier multiculturel et ayant fait mon primaire dans une école consistant en une majorité d’immigrants, je n’ai pas eu de problèmes à cet âge. J’ai été perçu comme un latino. Mes amis latinos voulaient même m’apprendre l’espagnol.

Le début du racisme

J’ai vécu mes premières expériences de racisme vers l’âge de 7 ans dans un camp de vacances. Parce que ces camps coûtent cher, j’étais, à ce que je me souvienne, le seul mulâtre et le seul Noir. Me faire traiter de nègre par les autres enfants, me faire dire qu’un Noir ne peut coucher à certains endroits, que je ne pouvais pas avoir de chips ou de friandises, que tout cela est réservé aux Blancs…Je ne comprenais pas la discrimination. Moi qui ne faisais pas de différence dans les couleurs de notre peau.. J’ai voulu quitter ce camp de vacances qui était devenu une sorte de prison. Je suis resté et j’ai tenté de m’intégrer. J’ai réussi en me tenant avec les plus délinquants du groupe, en montrant que je pouvais être uni avec eux contre l’autorité et que j’avais les mêmes intérêts qu’eux.

Au secondaire, j’ai été dans une école privée. Il n’y avait pas beaucoup d’ethnies présentes et j’y ai encore vécu du racisme. Malgré que ce soit une école privée, il y avait quelques skinheads très racistes. Pour mieux se cacher tout en s’identifiant,comme uniforme, certains portaient des lacets de couleur. Je n’étais plus juste un nègre, mais j’étais rendu un ostie de nègre… Je n’acceptais pas la situation. Je les ai confrontés. Cette période a été plus agressive.

L’humour et le racisme

Même avec certains de mes amis, il y avait beaucoup de blagues sur la couleur de ma peau. Cela n’était pas fait méchamment, mais ça me gossait. Je ne comprenais pas pourquoi on faisait tant de cas avec la couleur de ma peau, surtout de la part de mes amis. J’ai fini par moins y porter attention. J’ai développé de la patience, de la tolérance. Ça m’a permis de m’identifier comme Noir. J’ai pris le temps de rencontrer ces gens, de leur dire ce que je n’aimais pas. Tranquillement j’ai gagné le respect que je méritais.

Plus tard, j’ai revu des gens qui ont été avec moi dans le camp de vacances. Je crois que j’ai réussi à changer leur perception. Naturellement, avec le temps. L’amitié crée des liens qui nous aident à passer par-dessus nos différences.

Être mulatre en Afrique

Par la suite, j’ai fait un voyage de plusieurs mois dans la famille de mon père en Guinée. J’ai été traité de Blanc. Cette expérience a raffermi mon côté blanc. Cela m’a fait découvrir le Blanc qui dormait en moi. Cela m’a fait réaliser que la perception des gens autour de moi variait selon leur degré d’ignorance ou de compréhension. Après un moment, j’ai donc accepté que l’on me traite de Blanc. Ce qui n’était pas complétement faux et vice versa. J’ai pu y découvrir mes deux polarités et développer une fierté d’avoir ces deux cultures en moi.

Je n’ai pu changer la situation en Guinée. J’étais le seul mulâtre. Pour eux, c’était nouveau. Quand tu es un Blanc, tu as de l’argent. Tu paies plus cher au marché. Il y a un prix pour les Blancs et un prix pour les Noirs. En réalité, il y a un prix pour les étrangers et un autre pour les habitants de la place. Même pour ma famille, j’étais considéré comme un riche Blanc et j’en ai payé le prix. Plusieurs ont apprécié mon retour dans le pays de mes origines, mais je ne pouvais avoir confiance qu’à quelques personnes de ma famille.

Le mélange des cultures

Je n’ai pas souffert de ces expériences. J’ai pris le temps de réfléchir sur la condition humaine, d’en parler avec mon père et quelques amis de confiance. Malgré la frustration qui m’habitait, j’ai développé une meilleure compréhension. Après tout, ce n’est pas de leur faute, ils n’ont pas vu autre chose. Pour les Guinéens, un Occidental c’est quelqu’un qui peut avoir de l’argent comme il veut. Tu peux tout avoir. Des jobs, il y en a à la tonne. Tu es perçu comme une personne ayant eu la vie facile et que tout lui est accessible.

Aujourd’hui je viens de commencer un travail comme intervenant de rue auprès de jeunes marginalisés. Si dans une rencontre, il y avait un mulâtre qui se faisait taquiner par un Blanc, je questionnerais ce jeune. Pourquoi dis-tu cela? J’essayerais de lui faire vivre la situation contraire. Si tu étais le seul Blanc avec 8 mulâtres, aimerais-tu te faire traiter de Blanc, qu’on insiste sur ta différence? Je tenterais de lui faire réaliser, de lui faire vivre l’expérience. Je tenterais aussi de cerner l’origine de ses propos. Ma blonde m’a laissé pour un Noir…Ce n’est pas après les Noirs que tu en as, mais après un homme qui a volé ta blonde. Il aurait pu être blanc, noir, jaune ou mauve. Tu es triste d’avoir perdu ta blonde. Cette souffrance tu la retournes envers tous les Noirs.

En ce qui concerne le mulâtre qui a subi ce racisme, dans le non verbal, je resterais disponible à lui. Une ouverture d’esprit, une présence qui lui permettra de m’en parler quand il sera prêt. Une ouverture dans l’attitude. Je n’ai pas à le victimiser plus qu’il ne l’est déjà.

Au Québec, un racisme hypocrite

Au Québec, le racisme est plus caché que dans certains pays d’Europe ou d’Afrique. Je dirais que le racisme est moins évident, mais plus hypocrite. Ce n’est pas tout le monde qui le réalise, mais même tes amis peuvent l’être, parfois sans s’en rendre compte.

En me voyant, j’ai vu des gens changer leur sacoche de côté. Ils avaient peur que je les vole. D’autres me dévisageait ou tournait le regard… Certaines régions du Québec m’ont fait vivre des situations de racisme plus fortes qu’à Montréal. Même pendant la St-Jean Baptiste. Peut-être ne comprenaient-ils pas qu’un ostie de Nègre pouvait fêter la St-Jean Baptiste comme un Québécois pur laine?

Je suis né à Montréal. Je suis très Québécois. Un Québécois pur laine. Une mère Française et catholique, un père Guinéen et musulman. Je suis un Québécois, avec son accent très québécois, un Québécois mulâtre et fier de l’être.

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