Manifestation des étudiants sur Internet

Les réseaux sociaux au service des étudiants

De nouveaux outils pour manifester

Barrer des rues, briser des fenêtres, affronter la police… Des méthodes dépassées pour manifester. Il faut faire mal là où ça fait mal!

Raymond Viger Dossiers Éducation, Politique, Internet

manifestation etudiante greve etudiant revolution politique educationJ’ai regardé plusieurs vidéos des manifestations étudiantes dans  leur lutte contre la hausse des frais de scolarité. Même si je soutiens les demandes des étudiants et que je suis en faveur d’une gratuité scolaire, je demeure perplexe envers les méthodes de revendication utilisées par les étudiants.

Les manifestations et les grèves ont du sens dans la mesure où la personne en face de nous perd quelque chose dans cette manifestation. Quand les étudiants bloquent des rues ou se laissent infiltrer par des casseurs de vitres, est-ce que le premier ministre Jean Charest ou encore la ministre de l’Éducation Lyne Beauchesne perdent quelque chose. Non. Seul les étudiants mettent en péril leur session scolaire et se mettent l’opinion publique à dos.

Prochaine manifestation à l’ère de l’Internet

cyber manifestation etudiant greve jean charest lyne beauchesneSi j’avais été un étudiant faisant parti du comité de manifestation, qu’est-ce que j’aurais proposé pour souligner mon désaccord face à ce gouvernement qui fait la sourde oreille?

J’aurais fait une cyber-manifestation. J’aurais fait un site Internet qui dénonce les actions du gouvernement. J’aurais équipé ce site Internet d’une armada de blogues, de compte Twitter, de pages Facebook… qui pointeraient tous vers ce site Internet.

Kidnapper Jean Charest et Lyne Beauchesne

Imaginez l’impact sur le référencement naturel d’un tel site Internet. Avec 150 000 petits amis qui viennent le visiter à quelques reprises par jour et qui f0nt des liens vers ce site, celui-ci aurait eu la force d’accaparer des premières positions dans les moteurs de recherches pour à peu près n’importe quel mot.

Des mots tels que Jean Charest, Plan Nord, gouvernement libéral, parti libéral… Toute une série de mots qui deviendraient pris en otage par ce site et ces blogues affiliés. Une façon simple et facile de court-circuité les communications du gouvernement et d’en prendre le contrôle. Imaginez que vous cherchez des informations sur le Plan Nord du gouvernement Charest et que vous tombez sur la page Internet des manifestants de La Classe!

Mobiliser les travailleurs d’Aveos, de Rio Tinto Alcan…

manifestation étudiante internet grève jean charest lyne beauchesne la classeLe pouvoir de ce site aurait pu aussi permettre une affiliation avec les autres enjeux sociaux en cours. Exemple en prenant en otage des mots tels que Aveos, Air Canada et autres. Cela aurait pu être une belle occasion de kidnapper Stephen Harper!

Les étudiants auraient pu nous démontrer que les manifestations ne sont plus une guerre de muscle, mais une guerre plus raffinée dans laquelle, le perdant est notre opposant. Une guerre de mots où le citoyen aurait pu s’amuser à lire les différentes farces et caricatures contre le gouvernement Charest. L’opinion public aurait pu soutenir ce genre de manifestation où ce n’est pas le citoyen qui devient la victime.

Le financement d’une guerre Internet

Imaginez que ce site rajoute de la publicité et des annonces Google. Une belle source de financement. Peut-être que les étudiants auraient pu s’en servir pour créer un fond d’aide et de soutien pour les étudiants.

Un peu comme l’avait fait les journalistes de Rue Frontenac contre Pierre-Karl Péladeau mais avec la force de frappe de 150 000 fidèles. Une mobilisation qui aurait pu regrouper, non seulement les autres causes, mais aussi trouver des alliés à travers la blogosphère.

En espérant que la cyber manifestation fera partie des tactiques de nos prochaines guerres sociales.

L’utilisation de Tweeter pendant les manifestations des étudiants

Mise à jour: Mon billet était déjà écrit pour une publication lundi matin. Cependant, les nouvelles de TVA viennent de mettre des chiffres sur l’utilisation de Tweeter sur les manifestations des étudiants. Ce qui motive ce rajout.

TVA annoncent qu’il y aurait eu 170 000 tweet depuis le 14 avril dernier. Même si on nous le présente comme étant énorme, en rapport avec ce que je viens de présenter, ce n’est vraiment pas énorme. On parle de plus de 200 000 étudiants qui manifeste contre la hausse des frais de scolarité. 170 000 tweet en un mois ce n’est même pas un tweet par étudiant dans le mois!

D’une part, c’est un minimum d’un tweet par jour par étudiant. Ça aurait dû tourner autour de 6 millions de tweet!

D’autre part, chaque tweet aurait dû faire un lien vers des blogues ou des sites que l’on veut voir prendre la première position dans les moteurs de recherches. Pas juste du bruit pour du bruit sur Tweeter! Les médias sociaux pour être efficace nécessitent une stratégie, une vision.

Il est vrai que les manifestants ont pris un espace sur Internet. Mais l’ont-ils pris adéquatement? Pas sûr!

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Entrevue avec la criminologue Line Beauchesne : bémols à la légalisation des drogues

Entrevue avec la criminologue Line Beauchesne : bémols à la légalisation des drogues

Entrevue réalisée par Charles Messier.

Dossier ProstitutionToxicomanie et Sexualité.

line-beauchesne-criminologue-drogue-toxicomanie Question: Êtes-vous favorable à une légalisation de toutes les drogues?

Réponse: Oui. Il faut cependant faire attention, parce que chaque fois que je dis ça, on a l’impression que je veux légaliser le crack, alors que ce n’est pas le cas. Quand on a légalisé de nouveau l’alcool en 1933, on n’a pas légalisé l’alcool frelaté. Je ne veux pas légaliser toutes les drogues accessibles sur le marché noir! De toute façon, des drogues comme le crack, personne n’en voudrait une fois les autres drogues légalisées.

Q: Cependant, ne serait-il pas dangereux que, du jour au lendemain, toutes les drogues soient accessibles?

R: Je veux légaliser toutes les drogues, mais une à la fois, en commençant par le cannabis, parce qu’on a beaucoup à apprendre avant de légaliser les autres.

Q: En légalisant les drogues, existerait-il le danger qu’elles soient plus accessibles et que n’importe qui, n’importe quand, puisse s’en procurer?

R: Non, les drogues seraient moins accessibles, parce qu’actuellement, si tu veux en avoir, c’est très facile. Dans un milieu légal, il y a des lieux, des règles, des modes de distribution précis qui restreignent l’accessibilité. Aussi, dans un modèle de promotion de la santé, à un moment donné, la consommation plafonne, parce que les gens font de meilleurs choix grâce aux politiques de distribution et de prévention.

Q: Où le gouvernement prendrait-il l’argent pour promouvoir la santé?

R: Je voudrais que tous les profits rapportés par la vente de drogue soient réinvestis dans la santé, dans la prévention. La légalisation ne serait donc pas un moyen pour les gouvernements de faire de l’argent comme avec le jeu actuellement. L’argent investi en ce moment dans la répression des vendeurs et des consommateurs devrait également être transféré dans la promotion de la santé et la prévention des usages problématiques de drogues.

Q: Avez-vous un exemple d’une méthode de prévention dans un marché légal des drogues?

R: Ce que je voudrais, c’est un modèle de taxation comme pour l’alcool. Par exemple, une tisane de coca serait très peu taxée, les produits injectables pourraient uniquement être distribués en pharmacies et sous contrôle médical pour les personnes qui en ont besoin. Bref, la taxe ajoutée devrait être un signe de la concentration du produit et de son potentiel de risque, ce qui serait un modèle pédagogique pour la clientèle. Il faudrait aussi éviter que les taxes augmentent trop les prix et que se développe un marché noir, comme c’est arrivé pour le tabac.

Q: Pourquoi la consommation de drogue dans un marché légal serait-elle moins risquée en matière de santé publique que dans un marché illégal?

R: Sur le marché noir, les produits ne sont pas contrôlés, ce qui fait que la dose peut être différente d’une fois à une autre. C’est comme si on commandait une bière dans un bar sans savoir si elle est à 5 % d’alcool, à 25 %, à 50 % ou même si c’est de la bière… Donc, on ne peut pas contrôler la quantité qu’on peut consommer, ni la qualité du produit.

Q: Y a-t-il d’autres facteurs qui influenceraient une meilleure façon de consommer les drogues?

R: Effectivement, dans le marché noir, les consommateurs se réunissent dans un lieu et décident que l’activité principale ce soir-là, c’est la consommation. Également, les consommateurs sont dans des milieux plus à risque, parce qu’ils se tiennent proche des sources d’approvisionnement et n’apprennent pas à gérer la consommation, contrairement à ce qui se produit dans un marché légal où il existe une politique de promotion de la santé.

Q: Ne croyez-vous pas qu’il y aurait davantage de consommateurs de drogue prêts à s’endetter pour payer leur dose quotidienne?

R: Il y aurait moins de conséquences financières négatives pour les consommateurs, mais pas parce que la drogue serait moins chère. Dans le marché noir, quand on est dépendant et qu’on n’a pas d’argent, le vendeur ne passe pas chez le notaire pour réclamer son dû. C’est ton dealer qui t’avance l’argent. La première semaine, ça va être 100 $, la deuxième 200 $. Puis, si un jour tu ne peux pas payer, quelqu’un va venir te régler ton compte. Donc, on est plus à risque d’avoir des problèmes financiers quand on est sur le marché noir que sur le marché légal. En plus, on risque d’être en contact avec d’autres drogues qui coûtent plus cher et dont le potentiel de dangerosité peut être plus élevé.

Q: Y a-t-il des drogues dont on devient dépendant dès la première utilisation? Si oui, dans un marché légal, un consommateur ne pourrait-il pas être encouragé à essayer des drogues dures desquelles il deviendrait tout de suite accro?

R: La dépendance spontanée, ça n’existe pas. Il y a des drogues plus pharmacodépendantes et il y a des modes de consommation qui le sont également davantage. Par exemple, si vous vous injectez de la caféine et que vous buvez une tasse de café, l’injection de caféine a une plus forte pharmacodépendance, c’est-à-dire que votre corps risque de redemander le produit, contrairement à la tasse de café.

Q: Même chose pour les drogues dures?

R: Il n’y a pas de drogues douces et de drogues dures. Il y a des usages durs et d’autres qui sont doux, comme l’injection par rapport à la tisane. La dépendance physique, c’est la partie spectaculaire, mais pas très importante de la dépendance. La cocaïne ne crée pas de dépendance physique, mais souvent des dépendances psychologiques. Par exemple, celui qui est dépendant au jeu n’a pas de dépendance physique, tout comme celui qui est dépendant de l’amour. Mais la dépendance n’en est pas moindre. En fait, le plus difficile à traiter est le deuil de la dépendance psychologique.

Q: Légaliser les drogues n’encouragerait-il pas les jeunes à consommer en plus bas âge?

R: Un marché noir sollicite beaucoup plus les jeunes qu’un marché légal. Dans un marché noir, il y a de petits vendeurs qui sont habitués à des revenus de la vente, puis qui sollicitent les jeunes pour maintenir ces revenus et trouver de nouveaux clients. Dans un marché légal, il y a des limitations d’âge qui peuvent être faites.

Q: Pouvez-vous donner l’exemple d’un pays où les drogues sont légales comme vous souhaiteriez que ce le soit au Canada?

R: Il n’y a aucun pays où les drogues sont légales. On pense souvent que c’est le cas aux Pays-Bas, mais leur politique consiste à tolérer certains modes d’approvisionnement, par exemple dans ce qu’on appelle les “coffee shops”, pour empêcher les consommateurs de se diriger vers un marché noir et de fréquenter des personnes qui offriraient toutes sortes d’autres produits. Pour renforcer la prévention, également. La stratégie fonctionne, puisque moins de cannabis est consommé aux Pays-Bas qu’aux États-Unis par personne.

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