Identité et vêtements autochtones

Exposition permanente au Musée McCord

Porter son identité : la culture des Premiers Peuples telle qu’exprimée par les vêtements

Le Musée McCord présente, depuis mai 2013, une nouvelle exposition permanente sur l’identité autochtone, telle qu’elle s’exprime par les vêtements, depuis les temps traditionnels jusqu’à maintenant.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossiers AutochtonesCulture

autochtones premières nations amérindiens

Lorsqu’on pense à un musée, on imagine des tableaux accrochés aux murs ou des objets exposés dans des vitrines. Mais de nos jours, les musées ajoutent au visuel une dimension sonore qui rend les installations plus vivantes.

L’exposition Porter son identité nous accueille avec des voix autochtones qui disent à quels peuples elles appartiennent. Elles nous donnent ainsi l’occasion d’entendre la musique de leurs langues, dans les mots Wendat, par exemple («ou-ann-dat») ou Anishinaabe prononcés bien lentement.

L’ancienne «Loi sur les Sauvages», projetée sur le mur, illustre bien le traitement honteux des Autochtones par les autorités gouvernementales au début du 20e siècle.

Puis les commentaires de l’exposition nous font remarquer l’importance des beaux vêtements pour ces peuples, et leur fabrication particulièrement soignée qui a impressionné les Européens à leur arrivée.

Dans une vidéo, la poète innue Joséphine Bacon nous raconte l’histoire de la «Femme de l’espace», une entité invisible de la Nature. Les chasseurs devaient porter de beaux vêtements colorés pour lui plaire, afin qu’elle les amène là où se trouvent les animaux.

Ailleurs et de manière semblable, on parle du respect que l’on démontre aux animaux, en portant de beaux vêtements, lors de la chasse. Car «les animaux qui seront honorés et respectés [de cette manière] se donneront littéralement au chasseur.»

Les quatre thèmes de l’exposition sont évocateurs : «Porter qui je suis», «Porter sa culture», «Porter son histoire» et «Porter ses croyances». Et les objets exposés proviennent des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

Il faut saluer cette nouvelle exposition, et surtout le fait qu’elle soit permanente. En effet, le sujet des Premiers Peuples est inépuisable et nous avons un grand retard à reprendre dans la connaissance de leur histoire, à laquelle celle de notre pays est intimement liée depuis quatre siècles.

  • Porter sdébats société valeurs sociales communautéon identité – la collection Premiers Peuples, une exposition permanente depuis le 2 mai 2013.
  • Fondé en 1921, le Musée McCord possède l’une des plus importantes collections d’objets des Premiers Peuples en Amérique du Nord. Il est situé au 690, rue Sherbrooke Ouest à Montréal.

Autres textes sur Autochtone

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Canada, nation métisse ?

Le Canada, une nation métisse qui s’ignore ?

« Nos garçons se marieront à vos filles et nous ne ferons qu’un seul peuple » (Champlain)

Selon le penseur John Ralston Saul,* le Canada serait une nation métisse qui s’ignore. Une nation fortement influencée par les notions autochtones, mais qui ne le reconnaît pas encore.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossier Autochtones

Un nouveau peuple

société social communauté communautaireIl s’agit d’une thèse surprenante, qui pourrait soulever des passions de part et d’autre. Mais la thèse est aussi séduisante à plusieurs points de vue, puisqu’elle permet d’assumer ce que nous sommes devenus au cours des siècles, et non plus ce que nous étions à notre arrivée de France ou d’Angleterre, ou d’Irlande ou d’Écosse.

Nous sommes devenus autres, et nous ne pouvons plus seulement parler de nos origines européennes, desquelles nous nous sommes éloignées. Notre pays est définitivement métissé. Et nos quatre siècles de cohabitation avec les Autochtones ont laissé plus de traces que nous le croyons habituellement. Et cette influence grandit.

Un métissage autant culturel que physique

L’auteur cite cette phrase surprenante de Champlain, lorsqu’il disait à ses alliés amérindiens : « Nos garçons se marieront à vos filles et nous ne ferons qu’un seul peuple. »

« Je ne peux imaginer aucun autre gouverneur, fût-il français, anglais ou autre, qui affirme une telle chose entre le seizième et le dix-neuvième siècle. Dans cette phrase, il révèle la véritable nature des relations franco-amérindiennes d’alors, basée sur l’égalité des deux parties » (John R. Saul).

The_Trapper's_Bride Alfred Jacob Miller (1810-1874), «L’épouse du trappeur», 1845

Alfred Jacob Miller (1810-1874), «L’épouse du trappeur», 1845

Durant tout le Régime français, entre le tiers et la moitié de tous les hommes en Nouvelle-France vivaient de la traite des fourrures. Et beaucoup d’entre eux marièrent des Amérindiennes.Les Autochtones ne se préoccupaient pas de pureté raciale. À partir du moment où vous étiez accepté dans la communauté, par mariage, adoption ou autrement, c’est comme si vous y étiez né.

Aux 17e et 18e siècles, le métissage ne causait aucun problème, ni chez les Indiens, ni chez les Blancs. Il était même nécessaire à la collaboration et au commerce entre les deux groupes. Les Français s’adaptaient aux conditions des lieux en adoptant les moyens de transports autochtones : canots d’écorce, traîneaux à chiens, raquettes ; les vêtements de cuir et de fourrure, dont les mocassins ; le mode de vie en plein air, la nourriture sauvage abondante, les herbes médicinales. Les Canadiens français apprenaient les langues amérindiennes et faisaient la guerre comme eux. La popularité de ce mode de vie fut si populaire que les autorités tentèrent d’ailleurs de s’y opposer.

Mais ce n’est qu’au 19e siècle, et particulièrement à l’époque victorienne, qu’on voulut affirmer la supériorité européenne, en même temps que les populations indiennes déclinaient, à cause des territoires qui se rétrécissaient et des maladies apportées d’Europe.

Selon l’auteur, nous faisons fausse route en prenant des modèles européens ou états-uniens, à mesure que nous nous éduquons ; les mythes américains et parisiens ne correspondent pas à notre réalité canadienne.

Nous faisons aussi fausse route en donnant la prédominance à l’écrit sur l’oral. D’ailleurs la Cour suprême du Canada a déjà reconnu la valeur des traditions orales.

Le mythe du progrès

Il y a aussi un mythe du progrès. Comme si celui-ci ne reposait que sur l’évolution technologique, sur l’accumulation de biens matériels et l’exploitation de la Nature. Comme si les arbres, la terre et les animaux n’étaient que des matières premières à notre disposition

La Terre n’est pas qu’un vaste entrepôt réservé au marchandage. Elle est avant tout un milieu de vie plein de beauté. Et cette beauté n’est possible que dans la relation respectueuse des humains avec toutes les formes de vie et tous les éléments.

«Place de la Grande-Paix», dans le Vieux-Montréal, commémorant le traité de la Grande Paix, signé en 1701, par les représentants de 39 nations amérindiennes et le Sieur de Callière au nom de la France.

«Place de la Grande-Paix», dans le Vieux-Montréal, commémorant le traité de la Grande Paix, signé en 1701, par les représentants de 39 nations amérindiennes et le Sieur de Callière au nom de la France.

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* Livre cité, de John Ralston Saul,  A Fair Country: Telling Truths about Canada, 2008 – Mon pays métis : quelques vérités à propos du Canada, 2008.

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    Danielle et moi avons été présent au Festival des 2 nations présentés à Cacouna en août dernier, berceau de la plus petite réserve indienne au Canada. Nous en avons profité pour visiter le Jardin des métis.

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    Autant pour le retour de Grand Métis à Cacouna le samedi que pour le retour vers Montréal le dimanche, j’ai pris la route panoramique. Nous aimons bien passer par les petites routes pour y découvrir quelques perles touristiques. C’est ainsi que nous avons découvert le sous-marin Onondaga à Pointe-au-Père, que nous avons visité le Musée de L’Empress of Ireland, ce cargo qui a fait naufrage dans le Fleuve St-Laurent en 1914 et tuant 1012 passagers, un restaurant-hôtel-centre-d’art Marcel Gagnon, le centre d’interprétation de l’anguille ou encore la maison d’un des pères de la Confédération, Jean-Charles Chapais.

    Les lieux historiques

    Ma visite dans la villa d’Elsie Reford Meighen créatrice des jardins de Métis ainsi que de la maison de Jean-Charles Chapais m’ont fait réfléchir. Dans ces lieux historiques, nous y présentons, le chapeau que Mme Reford portait sur les différentes photos exposées, la vaisselle qu’elle possédait, la caméra utilisé par son mari Robert Wilson Reford pour prendre les photos de sa femme… Cette caméra avait été la première que Kodack avait vendu au Québec.

    Les grosses familles de l’époque créaient des communautés en soi. La stabilité des lieux, des objets nous permet d’en décrire l’histoire et de nous la faire revivre. La rareté de certains objets en faisaient des éléments historiques en soi. La première caméra Kodack avait autant d’importance que les photos qu’elle a permis de capturer. C’était un art mais surtout un privilège d’obtenir des photos à cette époque.

    Et notre histoire?

    Comment allons-nous maintenant représenter notre histoire dans le futur? À la vitesse où les gadgets de toutes sortes se créent et deviennent désuets, les objects ont perdu leurs liens historiques. Les familles ne sont plus les communautés d’antan. Les lieux que nous habitons ne sont plus les centres de ces communautés.

    Nos millions de photos sur Flickr, nos vidéos de toutes sortes sur Youtube ou nos babillages inutiles sur Twitter ou Facebook seront-ils les seuls souvenirs que nous lègueront à nos petits-enfants? La blogosphère sera-t-elle notre résidence anonyme pour retracer notre histoire?

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    Quand un homme accouche

    quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

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