La Gaspésie à travers le monde

Éducation internationale

Gaspé se mondialise

Les bénéfices de la mondialisation sont disponibles pour les régions du Québec. La Gaspésie, grâce au Cégep de Gaspé, prend le virage international. Aujourd’hui le Mexique et le Chili, demain… le monde?

Dominic Desmarais   Dossiers Éducation, École alternative, Gaspésie

L’histoire débute à la fin des années 1990. Le gouvernement du Québec désire former des guides qualifiés en offrant un diplôme d’études collégiales. Le cégep de Gaspé hérite de ce programme, encadré par le ministère de l’Éducation et appuyé par l’industrie du tourisme d’aventure au Québec. En 2003, Gaspé reçoit les tout premiers étudiants. Trois ans plus tard, le programme Tourisme d’aventure est toujours contingenté avec 90 élèves qui suivent leurs cours en français ou en anglais.

«On tente de garder l’exclusivité. Si le programme s’offre ailleurs, nous ne pourrons plus remplir nos classes. C’est une question de survie en région. Et ça correspond bien à notre région, qui est un laboratoire», explique Gérard Gagnon, enseignant en tourisme d’aventure.

Les élèves viennent de partout, pour étudier ce tourisme nouveau genre. Des autres régions du Québec, mais également d’Europe. La formation comprend des cours de kayak, de randonnée pédestre, de ski nautique, de déclenchement préventif d’avalanches, de secourisme en région éloignée, mais aussi d’interprétation de la nature. Beaucoup de plein air pour ces jeunes qui doivent, comme tout bon élève, réussir le cours de français et de philosophie. La dizaine d’enseignants, allie expérience en tourisme d’aventure et études universitaires.

Escapade mexicaine

Gérard Gagnon ne pensait pas qu’une rencontre avec une délégation de l’Université technologique de Nayarit (niveau collégial), il y a deux ans, allait s’ouvrir sur une si belle opportunité. «Nous sommes allés à Montréal, montrer, en espagnol, ce que nous offrions, lors d’une rencontre organisée par Cégep International. Les Mexicains nous ont demandé d’aller les rencontrer. En juin 2004, j’étais dans l’État de Nayarit pour évaluer une possible entente».

Un an plus tard, quatre étudiants de Gaspé ont participé à un stage de trois mois au Mexique. La pointe gaspésienne a, quant à elle, accueilli de jeunes Mexicains. Une occasion également pour les enseignants d’améliorer leurs connaissances. «On veut un échange de stagiaires et d’enseignants. Ouvrir le monde pour nos élèves. On veut faire du Mexique une première expérience pour la développer ensuite ailleurs», raconte M. Gagnon.

Le Cégep reçoit sa part de bénéfices. Les deux institutions discutent de la participation gaspésienne dans la formation d’enseignants Mexicains pour que ceux-ci puissent aussi offrir ce programme. «On a fait un diagnostic de leurs besoins. On va former leurs enseignants. Pour le moment, le projet est piloté par le cégep, mais il pourrait être ouvert à l’extérieur. On a les compétences pour gérer ça. Mais, comme on travaille en réseau, on devrait y faire appel. On n’est pas encore à cette étape», dit M. Gagnon.

Les retombées avec le Mexique sont vastes: des élèves à qui l’on ouvre les portes du monde, une expertise qui s’exporte… «On a comme objectif ultime de développer un diplôme international pour que les enseignants et les élèves puissent circuler entre les deux pays. Que le diplôme soit reconnu des deux côtés, parce que les programmes se ressemblent», ajoute l’employé du cégep.

La petite ouverture peut déboucher sur l’infini. Après le Mexique comme laboratoire, l’expérience pourrait se répéter ailleurs, qui bonifierait l’idée du diplôme international. Plus d’offres pour les élèves davantage de débouchés, de la formation d’enseignants un peu partout sur la planète; tout est possible.

Même la région pourrait bénéficier de ces échanges. «Ça va déborder du cadre des deux institutions. On espère que les deux économies se rencontrent. Les retombées, on ne peut pas toutes les connaître. La délégation mexicaine a déjà rencontré notre Chambre de commerce. Une étape à la fois», avance prudemment, M. Gagnon.

Expédition au Chili

L’initiative avec le Chili est toute récente. Après deux missions en sol chilien, les membres du programme gaspésien veulent conclure une autre entente de formation des enseignants là-bas. «On va y aller pour un mois, avec une douzaine d’étudiants à la fois, donner deux cours intensifs. Pour voir comment ça fonctionne dans d’autres pays», dit M. Gagnon. Il explique le choix de ce pays en raison de sa destination d’aventure et d’éco-tourisme réputée, ainsi que par les liens créés par un enseignant dans le cadre de ses études. «Souvent, c’est un concours de circonstances…»

Les retombées sont difficiles à déterminer. Outre la possibilité d’offrir la planète comme lieu de travail pour ces étudiants, avec l’échange culturel que cela implique et l’expertise de ces enseignants pour la formation à l’international. Cette ouverture peut avoir un impact sur l’économie de la région. Une fois les liens tissés, Gaspé sera sur la carte. Des gens de l’extérieur vont venir en échange, le volet touristique de la Gaspésie risque d’en profiter. Par la suite, il n’en tient qu’aux gens en place de saisir l’occasion que leur offre le Cégep.

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Tourisme en Gaspésie et son développement économique

 Tourisme en Gaspésie

Chicane entre tourisme et développement économique

Au cours de la dernière année, l’industrie touristique a été au cœur d’un litige déchirant la péninsule gaspésienne. Des élus et des citoyens soutiennent que ce pan important de leur économie a été transféré aux mains de la région voisine, le Bas-Saint-Laurent, et se mobilisent pour en reprendre les rênes. Certains y voient même une menace à l’autonomie de la Gaspésie.

Gabrièle Briggs   Dossier Gaspésie, Économie

gaspesie-peninsule-gaspesienne-gaspe Assis sur une plage de galets, le visage éclaboussé par l’eau salée, les yeux rivés sur le Rocher Percé; voilà l’un des nombreux paysages à couper le souffle qu’offre la Gaspésie au touriste qui s’y aventure. Nommée troisième plus belle destination au monde par la National Geographic Society, cette région est plus que jamais l’emblème touristique du Québec à l’étranger.

Jouissant d’une renommée mondiale, la Gaspésie doit une part importante de son développement économique au tourisme. Corde sensible des habitants de cette région, l’industrie déchaîne les passions, si bien que le conflit qui entoure le déménagement du siège social de l’Association touristique régionale (ATR) au Bas-Saint-Laurent s’est retrouvé devant les tribunaux.

Affrontement Gaspésie VS Bas-Saint-Laurent

La raison de ces affrontements? Au Québec, le découpage des régions touristiques diffère sensiblement du découpage administratif. Par exemple, le territoire touristique des Cantons-de-l’Est, qui comprend l’Estrie, couvre également l’est de la Montérégie. De son côté, la Gaspésie touristique comprend une partie du Bas-Saint-Laurent. Elle se termine à Sainte-Flavie, là où les routes du nord et du sud forment une boucle, dessinant le fameux tour de la Gaspésie qu’ont emprunté les jeunes bohèmes en quête d’aventures depuis des générations.

tourisme-gaspesie-peninsule-gaspesienne-touriste-gaspe La Gaspésie est toutefois la seule région pour laquelle le siège social de l’Association touristique régionale (ATR) se situe à l’extérieur de son territoire administratif. Situés à Sainte-Flavie, au Bas-Saint-Laurent, depuis 1984, les bureaux de l’ATR viennent tout juste d’être déménagés à Mont-Joli, également située dans la région administrative voisine de la Gaspésie. Ce déménagement a provoqué toute une controverse.

Dès le début du projet, des Gaspésiens ont réclamé le rapatriement du siège social et de la dizaine d’emplois qu’il représente dans la Gaspésie dite administrative. L’historien Jules Bélanger, l’un des premiers défenseurs du rapatriement du siège social, résume l’enjeu : «Avec les difficultés économiques qu’on lui connaît, la Gaspésie n’a pas le moyen de se priver du moindre siège social qui la concerne.»

Ce commentaire est paru dans une lettre envoyée aux médias locaux en juin 2008, après que l’historien ait entendu pour la première fois parler des projets de l’ATR. Son intervention a rapidement trouvé écho auprès de la population. Des citoyens, des élus municipaux et quelques entrepreneurs membres de l’ATR ont réclamé le retour du siège social dans la région.

Identité gaspésienne

Pour les opposants au déménagement, il en va de l’indépendance de la Gaspésie, qui a longtemps été administrée par le Bas-Saint-Laurent. «Un siège social, c’est là où les gens décident comment le tourisme va se développer en Gaspésie. Il faut qu’il soit sur les lieux», soutient Jules Bélanger.

«Est-ce qu’une gang qui vient de l’extérieur de la Gaspésie administrative peut débarquer et venir nous dire quoi faire? Il faut que ça s’arrête», dénonce aussi le président de la Conférence régionale des élus (CRÉ) de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, Bertrand Berger. Cet organisme regroupe des élus municipaux et les préfets de région.

Mais pour nombre d’habitants de la péninsule, la question du tourisme est indissociable de la notion d’identité. Comme le bleuet représente les gens du Lac-Saint-Jean ou le Château Frontenac, les citoyens de Québec, le territoire gaspésien permet à la région de la distinguer du reste de la province. «Les Gaspésiens ont une histoire différente: c’est un peuple de la mer. Nous avons un sentiment d’appartenance et nous voulons prendre en main notre développement», explique Jules Bélanger.

Les opposants au déménagement de l’ATR vers Mont-Joli ironisent souvent sur l’attitude des habitants de l’est du Bas-Saint-Laurent. Ils leur reprochent de proclamer leur appartenance à la Gaspésie pour attirer les touristes, mais de s’affirmer comme Bas-Laurentiens lorsqu’il est question d’investissement économique. L’historien résume bien ce qui dérange nombre de ses compatriotes: «Les gens de Sainte-Flavie et de Mont-Joli ne se considèrent pas comme des Gaspésiens.»

Mais tous les habitants de la péninsule ne pensent pas ainsi. «J’ai une vision d’ensemble de la région touristique», soutient le maire de la municipalité gaspésienne de Mont-Saint-Pierre, Jean-Sébastien Cloutier. Le tour de la Gaspésie fait partie de notre région. Je le vois comme une force et non comme une faiblesse.» Quant à elle, la directrice par intérim de l’ATR, Joëlle Ross, s’oppose farouchement à cette frontière identitaire. «Les gens qui travaillent à l’ATR sont autant Gaspésiens que ceux qui travaillent sur le territoire», soutient-elle.

Les touristes de la Gaspésie d’abord

Lorsqu’elle a commencé à parler du déménagement de son siège social vers Mont-Joli, l’administration de l’ATR était loin de se douter de l’émoi que cela créerait. Pour cette association, le déménagement de ses bureaux était avant tout une question stratégique. Depuis que l’autoroute 20 est complétée à Mont-Joli, les gens en provenance du centre et de l’ouest de la province ne passent plus automatiquement devant le bureau d’accueil de Sainte-Flavie. L’été dernier, une diminution d’environ 30 % de l’achalandage a été observée, selon Joëlle Ross. «Il n’y a pas moins de touristes qui arrivent sur le territoire. Mais ils sont moins bien accueillis parce que l’ATR n’est pas situé au bon endroit.»

Devant l’opposition générale, l’administration de l’ATR demeure catégorique: son devoir est d’assurer le meilleur service possible à l’endroit des visiteurs et c’est pour eux qu’elle déménage à Mont-Joli. «Notre job à nous, c’est de recruter des touristes qui sont à l’extérieur de la Gaspésie. Et ça, on le fait très bien!», soutient Mme Ross.

Toutefois, au sein même de l’association, dont la plupart des membres se trouvent en Gaspésie administrative, les opinions divergent. Certains entrepreneurs, appuyés par la CRÉ, critiquent la manière peu démocratique dont l’ATR les aurait consultés. Le vote tenu en assemblée générale extraordinaire le 13 février 2009 et qui a penché en faveur du déménagement, a mis le feu aux poudres.

Pour les opposants, il s’agissait d’un coup monté puisque selon eux, certains membres en faveur du déménagement avaient en leur possession des procurations qui leur permettaient de voter au nom de personnes absentes. Les détracteurs estiment que sans ces procurations, l’issue du vote aurait été différente.

De l’avis du responsable des communications de la CRÉ, Benoît Pilon, l’ATR n’essaie pas de savoir ce que les membres veulent vraiment. «Elle est dans un effort de mobilisation pour garder leur bureau et sa dizaine d’emplois au Bas-Saint-Laurent», soutient cet avocat, qui est aussi propriétaire du Gîte Bleu sur Mer, membre de l’ATR.

La situation s’est envenimée à un point tel que l’affaire a été portée devant les tribunaux. Le 8 juillet 2009, le Gîte Bleu sur Mer, la Conférence régionale des élus et la Municipalité d’Escuminac, dont le maire est Bertrand Berger, ont demandé à la Cour supérieure d’émettre une injonction permanente pour faire invalider le vote. La cour doit maintenant trancher pour savoir si les résolutions ont été émises en toute légalité.

L’ATR Gaspésie va de l’avant

Malgré la demande d’injonction permanente, l’ATR a décidé d’aller de l’avant avec le déménagement. Le bâtiment a été transporté à sa nouvelle adresse en janvier, sur un terrain que la Municipalité de Mont-Joli a accordé pour la somme symbolique de 1 $.

De son côté, la CRÉ n’a pas attendu la décision de la Cour pour déployer sa gestion régionale du tourisme. Le 20 novembre, elle a annoncé vouloir se doter d’une politique-cadre de développement touristique. Elle souhaite ainsi que les décisions politiques concernant le tourisme soient prises en Gaspésie, tout en laissant à l’ATR son mandat de promotion. «On ne laissera pas le développement touristique dans les mains d’une autre région. L’industrie touristique, c’est probablement 25 à 30 % de nos activités économiques. C’est fondamental», soutient Bertrand Berger.

En Gaspésie, plusieurs veulent toutefois tourner la page sur cette phase houleuse de l’industrie. La peur de bien des élus et entrepreneurs : effrayer les touristes. «Il faut que cesse le conflit. On a une belle industrie et on doit travailler ensemble», conclut le maire de Mont-Saint-Pierre, Jean-Sébastien Cloutier.

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