Meurtres et victimes avec Claude Poirier

Portrait du négociateur Claude Poirier

Claude Poirier, l’homme derrière les nouvelles

Été 1975, j’ai douze ans. Ma famille vit un drame épouvantable. Ma petite sœur, treize ans, vient de décéder, victime d’un horrible meurtre. C’est ma première rencontre avec Claude Poirier.

La Belle au Bois Dormant  Dossier Criminalité, Média

claude-poirier-le-negociateur-journalisme-criminelsJe n’ai jamais revu Claude Poirier depuis. Le matin, j’écoute son émission où il fait une capsule d’information. Il a toujours été présent dans mes pensées.

Une journée d’automne, je le rencontre par hasard. Il sort d’un magasin. Ma première réaction spontanée est de l’interpeller: «M. Claude Poirier». Il répond simplement: «Oui». Je perds mon assurance, je ne sais plus quoi dire ou quoi faire. Il me demande gentiment ce que je voulais. Surprise totale, je m’entends dire que j’aimerais faire une entrevue avec lui! Moi qui ne suis pas journaliste, qui écrit seulement avec mon cœur et qui ne cherche jamais la “bébitte” noire chez les gens!

Je lui explique que je travaille pour l’organisme Journal de la Rue, que notre mission est de venir en aide aux jeunes qui ont des problèmes et que j’ai une chronique peu conventionnelle dans le magazine Reflet de Société. Ça ne sera pas une entrevue comme il peut avoir l’habitude de faire. Claude Poirier m’offre sa carte pour prendre un rendez-vous lorsque je serai prête.

Une entrevue avec Claude Poirier

claude-poirier-le-negociateur-journaliste-criminaliteDéchirée entre la fierté et l’inquiétude, je rencontre mon rédacteur en chef et lui raconte ce qui m’arrive. Je ne sais pas pourquoi, mais Raymond Viger est toujours optimiste face à ma capacité d’offrir un papier d’une sensibilité et d’une franchise propres à mon style. Il trouve que c’est une bonne idée et une belle expérience pour moi de faire une entrevue avec Claude Poirier. Ma première entrevue!  Avec son encouragement et la curiosité aidant, je garde les coordonnées de Claude Poirier.

La torture mentale commence. Presque trois mois s’écoulent avant que je n’ose appeler Claude Poirier, lui qui est si populaire. Difficile de l’oublier, il est partout; à la radio, à la télé, je vois sa “bette” presque tous les jour.

Une journée, j’appelle Claude Poirier et lui demande un rendez-vous. En attendant son rappel, j’appelle ma maman pour lui raconter mon histoire. Elle me demande pourquoi je veux passer Claude Poirier en entrevue. Je lui réponds qu’il a toujours l’air fâché contre Jean-René Dufort, qu’il a toujours l’air sérieux et enragé lorsqu’il fait les nouvelles. Je me suis fait remettre à ma place par ma mère. Elle me dit d’abord que c’est un homme profondément humain qui a un grand cœur et à la bonne place à part ça.

Le meurtre de ma soeur

Ma mère me raconte, qu’au moment où ma petite sœur a été retrouvée sans vie, elle était dans son auto. Fidèle à son habitude d’être le premier arrivé sur les lieux du crime, Claude Poirier est venu chercher ma mère, il l’a fait sortir gentiment et a pris grand soin d’elle, avec beaucoup de compassion. Ma mère était durement atteinte par la mort de sa toute petite jeune fille. Claude Poirier l’a prise dans ses bras pour lui annoncer la nouvelle. Il l’a gardé un long moment dans ses bras, essayant de la consoler et de calmer son cœur de mère déchiré avant de la remettre aux soins des ambulanciers.

Au début de l’entrevue, je voulais savoir s’il garde souvenir de ce qu’il voit, jour après jour, depuis presque 40 ans de métier. Il a dû en voir des choses horribles, des moment où le cœur veut te sortir de la poitrine, un métier qu’il exerce dans une ville où presque tous les jours il arrive des choses atroces, autant aux personnes âgées qu’aux enfants, aux gens sans histoire qui, du jour au lendemain, se retrouvent avec une  blessure irréparable au cœur. Je demande à Claude Poirier s’il se souvient de notre blessure à nous, celle de la disparition tragique de ma petite sœur. Eh bien, sans hésitation, Claude Poirier me répond que oui. Il se souvient de ma mère, assise dans sa voiture lorsqu’ils ont trouvé ma petite sœur. Il a eu la gentillesse de ne pas me raconter certains détails. Avec humilité, Claude Poirier m’a seulement dit que cela avait été difficile pour tous les gens présents.

La sensibilité de Claude Poirier

Cet instant de relation me permet de vous certifier qu’il n’a pas un cœur de pierre. On lui a déjà offert de se présenter en politique. Il a refusé. Il ne veut pas dire des mots ou des discours qui ne sont pas de lui. Lorsqu’il commente une nouvelle, on lui propose un sujet. Mais tout ce qu’il dit au petit écran vient de ses tripes. Claude Poirier dit ce qu’il pense, que cela fasse l’affaire ou non des autres n’a aucune importance. Claude Poirier croit en ce qu’il dit et personne ne peut lui faire dire autre chose que ce qu’il pense. Claude Poirier ne lit pas les nouvelles, il les commente et cela demande d’être clair et précis.

Moi qui pensais qu’après avoir vu autant de meurtres, de misère, de souffrance et de violence, qu’on pouvait s’y habituer. Pourtant non, cela continue de le toucher. Claude Poirier réussit à départager les choses. Ce n’est pas une machine, il a des sentiments nobles. Quand Claude Poirier a l’air enragé, c’est qu’il est choqué de ce qu’il voit et entend. Il se donne le droit de partager cette émotion avec son public. C’est un homme qui aime son métier, intègre, qui ne camoufle rien et qui n’est pas achetable.

Il a souvent une expression sarcastique quand il parle des jeunes; les jeunes-incompris-de-la-société. Ce n’est pas plus pardonnable qu’un jeune assassine ses parents que de voir des parents battre à mort leurs enfants. Ça le choque aussi de voir des jeunes briser les biens publics, faire du vandalisme, car il trouve qu’ils ne réfléchissent pas assez aux conséquences de leurs gestes.

J’ai été privilégié d’avoir cette entrevue avec cet homme et je le remercie.

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Les leçons à tirer des préjugés

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Délateurs: traitement de faveur

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

Présentation en français de LOVE in 3D

Délateurs: traitement de faveur

Jean-Pierre Bellemare         Dossier Prison, Criminalité

Dans l’enceinte du pénitencier, les gardiens ferment souvent les yeux sur le trafic de drogue. Certains détenus peuvent en vendre et en acheter. Ils peuvent aussi battre leurs voisins de cellule et provoquer les gardiens. Quelles que soient leurs actions, ils s’en tirent toujours sans problème… Il arrive même que ceux-là soient libérés plus rapidement et avec moins de conditions. Qui sont-ils? Les délateurs.

Le pénitencier est un terrain de jeu pour eux, et le monde au-delà des barreaux l’est d’autant plus. Une fois libérés, ils récidivent. Leurs crimes sont à nouveau punis. Alors, ils retournent au pénitencier pour le quitter aussi rapidement.

Cette situation existe, parce que les détenus connaissent bien les rouages de la prison et la façon de penser des fonctionnaires qui leur permettent d’être libérés. Ils savent par conséquent les utiliser à leur avantage, tout en leur laissant l’impression que ce sont eux qui ont le pouvoir.

Ces fonctionnaires prennent vraiment les prisonniers pour des idiots. Il m’arrive souvent de voir un autre détenu vendre de la drogue sous les yeux des gardiens ou se battre sans se soucier d’être pris. J’estime que les agents de libération en charge de ces détenus informateurs font preuve d’irresponsabilité et de naïveté.

Il y a plusieurs années, une grosse pointure (un criminel notoire) m’offrait de faire entrer de l’héroïne pour lui. Méfiant, j’ai refusé. Il a alors adressé sa proposition à un autre prisonnier qui, lui, a accepté. Il s’est fait prendre. La grosse pointure n’a jamais été suspectée de manipulation par les détenus, parce que c’est elle qui «perd son stock». Celui qui s’est fait prendre ne pensait pas au fait qu’il était seulement une simple marionnette, et qu’il avait permis d’accélérer le processus de libération du criminel notoire. J’ai tiré une leçon de ce coup monté et changé ma perception du milieu criminel.

Malheureux contribuables

Un des recours de ces détenus futés pour avoir droit à certains privilèges est de coopérer avec les autorités pénitentiaires. Cependant, en réalité, ce sont souvent eux les véritables criminels. L’administration devient alors complice de leurs crimes en les relâchant de façon précoce. Comment les autorités peuvent-elles croire que ces détenus opportunistes deviendront des citoyens respectables?

Cette méthode de travail, l’encouragement à la délation, est une technique développée par les régimes totalitaires. Être informateur devient une tendance chez les prisonniers, puisque ce statut leur garantit une libération prématurée.

Le détenu qui est libéré pour avoir dénoncé ses pairs aura la certitude d’être intouchable et de pouvoir s’en sortir à nouveau, à sa prochaine incarcération. Pour l’administration, aussi longtemps que le délateur fournira de l’information, peu importe la façon dont il se la procure, il sera libéré. Le contribuable est la victime de ce marchandage honteux.

P.S. Jean-Pierre Bellemare est finaliste aux Grands Prix de journalisme magazine.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

Les livres de Colin McGregor

Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

love-in-3dLove in 3D.

Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

social-eyes-web Magazine The Social Eyes

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4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Des meurtriers vendent leur art sur Internet

Des meurtriers vendent leur art sur Internet

François Richard

Dossiers CriminalitéInternet et Prison

Le tristement célèbre meurtrier Roch Thériault a fait parler de lui ces derniers jours. L’ancien leader d’une secte inspirée du christianisme s’est, du fond de sa cellule, recyclé dans la production et la vente aux enchères de poèmes et de tableaux. Les oeuvres de celui qui forçait ses disciples à l’appeler Moïse sont de qualité médiocres et représentent des scènes naïves, par exemple des fleurs ou des oiseaux.

Charles Manson ou Paul Bernardo

Les tableaux étaient jusqu’à la semaine dernière en vente sur un site Internet qui propose des ventes aux enchères d’objets liés aux meurtriers. Les internautes obsédés par les crimes crapuleux peuvent s’y procurer des oeuvres d’arts produites par des tueurs ou des objets leur ayant appartenus, par exemple des documents de justice signés de leur main. Les plus tordus peuvent même acheter des mèches de cheveux ou des rognures d’ongles des Charles Manson ou Paul Bernardo. Au moins deux autres sites offrent présentement ce type de produits. Il est important de souligner que les oeuvres vendues sont sans intérêt au niveau artistique. Les gens se les procurent car ils sont attirés par la notoriété des assassins qui les ont produites.

Roch Thériault: des oeuvres rares

Mis au courant de la situation, le gouvernement fédéral a interdit à Roch Thériault de faire sortir du pénitencier où il est incarcéré ses poèmes et ses toiles. L’interdiction se limite à son cas, aucune réglementation uniforme à ce sujet n’étant pour l’instant prévue. Le responsable du site où les oeuvres étaient mises en vente utilise maintenant le fait qu’il n’y ait plus qu’une seule toile de Thériault en circulation pour en augmenter le prix de vente.

Un trafic comme la drogue et la pornographie infantile

Comme dans le cas de tous les trafics, la législation est peu efficace. Tant qu’il y a une demande pour un certain type de produit, des gens seront prêts à  les distribuer. Le phénomène est semblable à la distribution de drogue, de pornographie juvénile et de tous les autres produits illégaux. La rareté ne fait qu’augmenter le prix de vente et contribue à enrichir le vendeur. Seule consolation dans cette histoire: en se fiant aux nombres de mises pour chacun des objets en vente, on peut conclure que le site est très peu populaire.

Acheteurs anonymes

L’incident Thériault remet à l’avant-plan le problème de la confidentialité sur Internet. Il est peu probable que les oeuvres d’art ou les mèches de cheveux d’assassins trouvent preneur si l’identité des acheteurs était rendue publique. Je suis attaché au respect de la vie privée, mais son application me laisse souvent perplexe. Et pas que dans le cas des déviants et des criminels.

Gens en détresse anonymes

Dans un tout autre ordre d’idées, beaucoup de gens en détresse visitent notre blogue, dont l’auteur principal, Raymond Viger, est un intervenant d’expérience, notamment auprès des personnes suicidaires. L’anonymat des internautes peut être un grave problème lorsqu’ils sont sur le point de commettre l’irréparable et qu’il est impossible de les localiser afin de leur envoyer des secours.

Fournisseurs Internet insensibles

Les fournisseurs de services Internet sont peu sensibilisés à cette problématique et préfèrent souvent se réfugier derrière des principes de confidentialité, en grande partie pour ne pas s’aliéner des clients potentiels qui souhaitent utiliser la Toile pour autre chose que payer des factures ou lire des courriels.

Identité des internautes: un débat social

Même si les fournisseurs offraient une plus grande collaboration, le débat ne devrait pas de toute façon être strictement de nature commerciale et reposer sur leurs épaules. Il est grand temps que les dangers et les abus liés à l’anonymat des internautes soient débattus publiquement et que des solutions aux problèmes que ça engendre soient mises de l’avant. Si tous les fournisseurs étaient tenus de révéler l’identité de leurs clients dans certains contextes, l’argument de la perte potentielle de clients ne tiendrait plus.

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Poésie urbaine. L’âme de l’ange. Jean-Simon Brisebois.

À chaque mort, une naissance. À chaque naissance, un combat! Recueil de pensées et de poésies influencé par le béton, la rue et son vécu urbain. De jour et de nuit, la vie continue, se transforme. À travers les ombres et pénombres, elle se colore de différentes nuances de gris.

Disponible par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Pourquoi la France a brûlé?

Pourquoi la France a brûlé?

Dossier Président Nicolas Sarkozy, Graffiti

Des jeunes me soulignent qu’ils sont régulièrement sujet d’abus de pouvoir exercé par les policiers. Ceux-ci, sans aucune raison, se permettent d’enquêter des jeunes. Cela veut dire se retrouver les mains au mur, les jambes écartées tels de véritables criminels. Fouillés, des claques en arrière de la tête, un discours provocateur des policiers qui tentent de faire monter la pression.

Des jeunes battus, commentaires peut-être pas crédible. On peut se dire qu’ils l’ont cherché, qu’ils ont sûrement dû faire quelque chose de répréhensible. Des intervenants d’organisme communautaire (association), me confirment que le scénario est véridique et constant. Deux de ces intervenants se sont fait battre par la police et emprisonnés. Eux aussi ont dû le chercher. Après tout un intervenant jeunesse, un adulte qui prend la défense de jeunes marginaux, c’est sûrement un fouteur de trouble, un socialiste, communiste ou autre.

Le premier se retrouve dans le local de son organisme avec des jeunes. Il assiste, impuissant à la vérification par la police de deux jeunes. Ceux-ci se retrouvent les mains dans la fenêtre du local. Les policiers les poussent constamment. L’intervenant a peur que la fenêtre se brise sous le choc de ces jeunes qui se font pousser par les policiers. Il sort et avise les policiers que la fenêtre n’est pas solide et qu’elle risque de se briser et de blesser quelqu’un. Il se fait engueuler et provoquer par les policiers. Il ne répond pas. Pas question d’embarquer dans le jeu de ceux-ci. Ils repartent pendant que l’intervenant retourne à son groupe de jeunes.

Trente minutes plus tard, une vingtaine de policiers entrent en trombe dans le local. Un des policiers présent au moment de la fouille des jeunes montre du doigt l’intervenant en disant : «C’est lui». Les policiers lui demandent de s’identifier. Il se lève en mentionnant qu’il doit aller chercher ses papiers dans le vestiaire. Au même moment, les policiers lui sautent dessus et le plaquent au sol, la matraque sur la gorge comme s’il était pour se sauver ou sortir une arme. Il a de la difficulté à respirer. Il commence à devenir bleu et va bientôt tomber dans les pommes. Une des administratrices de l’organisme, une grand-mère de 75 ans me dit qu’elle a dû intervenir pour que les policiers diminuent la pression sur l’intervenant. Elle avait peur qu’il l’étouffe. L’intervenant se retrouvera en prison et se fera tabasser quelque peu.

Un autre intervenant c’est aussi fait arrêter et tabasser par la police. Vous me direz qui lui, il l’avait cherché. Il existe une expression en France pour désigner les policiers : «Les Sarko-cops ». Sarko comme dans Sarkozy et cops pour policier. Sarkozy a été le responsable des pouvoirs policiers. Celui qui demande à devenir président de la République française! Les jeunes qui se font tabasser ont créé cette expression. Pas très poli, mais bon, ce sont des jeunes. Qu’un intervenant endosse l’expression et l’utilise, c’est criminel et cela mérite bien d’être battu par les policiers et de passer 24 heures en prison. Au moment de le relâcher, le gardien lui ouvre la première porte de la prison, mais pas la deuxième. Pris dans le sas, ils l’ont fait attendre 3 heures avant de lui ouvrir la deuxième porte lui permettant de sortir. « Excuse-nous, on t’avait oublié. » Un autre de répondre : « On ne t’avait pas vu! » Quelle ironie!

Des parents me racontent que lorsqu’ils voient un jeune se faire enquêter, même s’ils ne connaissent pas le jeune, ils s’arrêtent et observent la scène. Parce que les policiers français sont moins brusques avec les jeunes quand il y a un témoin qui les observent. Pour que les parents en soient rendu là, il y a sûrement matière à réflexion.

On peut comprendre qu’il existe une tension énorme entre les jeunes marginalisés et les institutions policières. Ces jeunes marginalisés se retrouvent en très grande partie dans les cités, ces habitations souvent délabrées et mal entretenues dans lesquelles la société française entassent les gens à faible revenu et les immigrants.

En France, un policier ne va pas dans une cité pour le plaisir d’y aller. Ce sont les équipes spécialisées, les CRS qui y vont, ce que nous appelons en Amérique de Nord les S.W.A.T.. Ce ne sont pas des policiers communautaires chargés de rétablir la communication avec les jeunes.

Un jour des policiers poursuivent deux gamins. 10 et 12 ans. Ceux-ci sont effrayés et ne veulent pas être pris par la police. Ils se sauvent. La première cachette qu’ils trouvent est un local ou ils n’auraient pas dû entrer. Des équipements sous haute-tension s’y trouvent. Les deux gamins meurent électrocutés.

C’est la consternation et le deuil pour les jeunes de la cité. Ils s’attendent à ce que Sarkozy se prononcent, fassent quelque chose. Sarkozy va visiter une cité. Il dit à une citoyenne qu’il va nettoyer la place de la racaille qui s’y trouve. Les jeunes attendent la suite, que Sarkozy se rétracte, fasse des excuses.

Après 2 jours, toujours rien. Une première automobile flambe. Toujours rien de la part de Sarkozy. Le feu se propage.

Qui est responsable de cette flambée de violence en France? Un gouvernement qui n’écoute pas ou des jeunes qui veulent être entendu?

https://raymondviger.wordpress.com/2007/05/01/sarkozy-des-graffitis-et-vandalisme-a-montreal/

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