Les handicapés mentaux qui se retrouvent incarcérés

Il faut se rappeler qu’il n’y a pas si longtemps, le gouvernement provincial, par souci d’optimisation de ses ressources, à relâché une bonne partie des personnes souffrant de problèmes de santé mentale. Ces hommes et ces femmes qui furent longtemps institutionnalisés se retrouvèrent libres du jour au lendemain, sous une supervision réduite.

Un texte de Jean-Pierre Bellemare publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Chronique d’un prisonnier

Si plusieurs d’entre eux ont réussi à se trouver une place dans ce nouveau monde, ça n’a pas été le cas pour tous. Leurs problèmes de santé mentale ne se sont pas volatilisés comme par enchantement.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Milieu carcéral, des prisons ouvertes à la réhabilitation

Prisons sans barreaux, détenus sans menottes, gardes souriants se liant d’amitié. Les prisons ouvertes et «humanisées» pourraient quasiment passer pour des lieux de villégiature. Mais pourquoi avoir adopté ce modèle? Favorise-t-il la réhabilitation et un risque moindre de récidive chez les criminels? Plusieurs exemples semblent le prouver.

Un texte de Justine Aubry – Dossier Justice


Construite en 2010, la prison norvégienne de Halden, surnommée «la plus humaine du monde», fonctionne selon le principe d’une incarcération ouverte appuyée par une «humanisation des pratiques carcérales». Ce système est aujourd’hui utilisé dans d’autres centres de détention à travers la Scandinavie. En Finlande, ce type de prisons existe depuis le milieu des années 1930. Plusieurs principes ont semé le doute dans l’esprit des défenseurs d’un système rigide: absence de cellules et de barbelés, prisonniers sans menottes et gardes sans armes.

Dans la prison à sécurité minimale de Bastoy, située sur une île norvégienne de 2,6 km², les 115 criminels (du trafiquant au meurtrier) vivent dans de jolies petites maisonnettes en bois. Ils évoluent dans un environnement similaire à celui d’une vie normale en société, la surveillance étant uniquement électronique.

Les détenus sont libres de circuler à pied ou à vélo, s’ils le souhaitent. Ski de fond, baignade et randonnée sont également au menu à la fin d’une journée de travail dans les champs ou à la serre. Ils ont la belle vie, ces criminels, diront certains. Pourtant, depuis les années 1960, des chercheurs scandinaves étudient l’efficacité de la sanction punitive sur la propension à reproduire des actes criminels. Et selon eux, aucune réelle corrélation ne peut être établie. La réhabilitation constituerait une solution beaucoup plus favorable autant pour le détenu que pour la société.

Selon plusieurs spécialistes, il y aurait effectivement moins de récidives de la part de prisonniers ayant fréquenté une prison ouverte aux valeurs humanistes. Le docteur John Pratt, enseignant en criminologie à l’Université de Wellington en Nouvelle-Zélande, est aussi de cet avis. Les statistiques rapportées par le chercheur sont révélatrices: le taux de récidive avoisinerait les 20% pour les résidents de ce type de prisons alors qu’il frôlerait les 65% pour un prisonnier purgeant une peine aux États-Unis. Au Canada, les récidivistes représenteraient plus de 50%.

Mais si ce fonctionnement est réellement aussi efficace, à quand un modèle similaire pour les prisons canadiennes? Depuis plusieurs années, elles sont en constante surpopulation. Alors que le taux de criminalité diminue, les milieux carcéraux débordent toujours.

Pourquoi? Principalement parce que les libérations conditionnelles sont souvent limitées et que beaucoup de criminels récidivent. Les politiques punitives ont pourtant été de maintes fois démontrées comme non concluantes.

Selon le Service correctionnel du Canada (SCC), «des efforts pour mieux préparer les détenus à réintégrer la société dans le but ultime de réduire le recours à l’incarcération comme principale mesure correctionnelle» seraient déployés en plus de la mise en place d’un programme favorisant «les aptitudes et le comportement compatibles avec la réinsertion sociale». Mais la situation ne s’améliore pas. Le Protecteur du citoyen constate la détérioration des conditions de détention des établissements carcéraux québécois alors que le ministère de la Sécurité publique (MSP) du Québec ne sait plus où donner de la tête pour trouver des places supplémentaires.

La solution résiderait peut-être dans une réforme pénale qui cesserait progressivement de voir l’emprisonnement comme une fin en soi. Mais plutôt de considérer cette phase comme un passage obligé vers la réhabilitation et la réinsertion. L’amélioration de la transition vers les centres résidentiels communautaires (CRC) à la suite d’une libération pourrait également être la clé contre la récidive.

En complément à Reflet de Société +

Retrouvez ce reportage de France 24 sur les prisons ouvertes en Finlande.

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Aumônier en milieu carcéral

En prison

Seigneur, où es-tu?

On nous a demandé, l’an dernier, d’enlever tous les symboles religieux de la chapelle au pénitencier de Cowansville, une prison fédérale comptant près de 700 détenus.

Tim Smart, aumônier de prison | Dossiers CriminalitéReligion et spiritualité

prison spiritualitéUne chapelle jusqu’alors ornée de symboles chrétiens devenait maintenant un espace neutre en un lieu entouré de barbelés. La théorie étant qu’une chapelle subventionnée par les fonds publics se doit d’être accessible à tous, sans offenser ceux qui proviennent d’une autre religion.

Nous avons donc fait le ménage et enlevé les croix, les icônes et les affiches religieuses, que nous avons rangées dans les anciens confessionnaux, transformés en remises. L’autel et une grande croix (peinte par un détenu) sont demeurés sur la scène, mais de manière à ce qu’on puisse les cacher par des rideaux, afin de ne blesser aucune sensibilité.

Nous avons aussi rebaptisé cette salle (quoique le terme ne soit sûrement pas approprié, étant donné les changements actuels) en Centre multiconfessionnel.

C’est ainsi que cela doit être dans notre monde multiconfessionnel, dans une institution subventionnée par les fonds publics. Toutes les croyances doivent être accueillies et respectées.

S’adapter

Quoi qu’il en soit, cela nous a pris quelque temps, nous les quatre aumôniers permanents, pour nous adapter mentalement et émotionnellement aux nouvelles conditions. Pour passer d’un lieu où, croyait-on, presque tout le monde était catholique romain et parlait français, à un Centre multiconfessionnel.

Même si deux des aumôniers sont catholiques romains, un troisième moine bouddhiste et moi-même anglican, tous les détenus peuvent nous consulter sans égard à leur profil religieux, pour obtenir des conseils ou seulement converser. Nous avons aussi un plus grand nombre d’aumôniers visiteurs qui viennent répondre aux besoins d’hommes de traditions diverses.

Un imam agréé vient rencontrer les détenus musulmans. Un rabbin vient à l’occasion. Et les témoins de Jéhovah ont maintenant des réunions régulières le lundi matin, après qu’une plainte déposée par un détenu ait forcé le service correctionnel canadien à leur accorder l’accès au lieu de recueillement.

Malgré notre approche multiconfessionnelle, nous savons que les détenus de cette prison sont nominalement catholiques romains à environ 73 %. Les autres 27 % regroupent des protestants, des musulmans, des adeptes de spiritualité autochtone, etc.

La spiritualité autochtone et les programmes pour les Autochtones sont gérés à partir d’un autre édifice par d’autres personnes et avec un financement différent.

Cette séparation n’est pas surprenante, si l’on considère le passé trouble qu’ont connu les Autochtones avec les négociants, les missionnaires et le personnel des pensionnats indiens.

Cependant, certains Autochtones participent tout de même à diverses activités religieuses ou éducationnelles au Centre.

Première fois

Ça ne vous surprendra probablement pas d’apprendre que la plupart des détenus n’étaient pas de grands pratiquants avant leur incarcération. Comme beaucoup de personnes dans notre société actuelle, ils ignorent presque tout des traditions religieuses.

La prison offre à certains d’entre eux l’occasion de retrouver leur foi natale, et aussi d’explorer les traditions d’autres croyances.

Certains vont régulièrement à la messe pour la première fois. Ou participent pour la première fois à une étude de la Bible avec des prières et des chants. Ou prient pour la première fois avec des confrères musulmans et tentent de respecter le jeûne du ramadan.

Et comme la prison est un lieu passablement ennuyant, certains goûtent à tout ce qui est offert. Ils peuvent rencontrer le moine bouddhiste, participer aux réunions des témoins de Jéhovah et à l’étude de la Bible au cours d’une même semaine.

Il est fascinant de voir des personnes explorer la religion pour la première fois dans des conditions où la foi, l’espoir et l’amour sont si rares; sans parler du pardon.

En tant qu’aumônier institutionnel œuvrant dans un environnement multiconfessionnel, mon travail ne consiste pas à recruter des fidèles pour l’Église anglicane ou pour la religion chrétienne. Mon travail consiste à écouter les gens et à cheminer avec eux dans l’exploration de la foi, puis de les aider à retrouver les traditions de leur croyance.

La religion, à l’intérieur et à l’extérieur de la prison, peut être une aide ou un obstacle à notre réhabilitation et à notre libération. Les aumôniers se méfient de ceux chez qui l’expression religieuse peut cacher des anxiétés et des besoins profondément ancrés. Ou ceux qui utilisent la religion pour améliorer leur pitance à la cafétéria ou pour avoir congé de travail. Nos raisons d’être religieux sont souvent confuses et parfois purement égoïstes.

Bien que je ne sois pas là pour juger des motivations de chacun, je pense que le rôle des aumôniers est d’encourager les gens à chercher la foi de manière authentique et à exprimer un désir sincère d’approfondir leur spiritualité et leur pratique.

Combattre le crime

Avant de devenir un aumônier de prison, comme beaucoup de personnes, je lisais les reportages sur les crimes et les peines imposées à ceux qui avaient commis des actes plutôt horribles. J’étais heureux qu’ils se retrouvent en prison et je ne pensais pas beaucoup à eux. J’ai peut-être même déjà dit : «Enfermez-les et jetez la clé!»

Quand vous vous rendez en prison en tant que bénévole et ensuite comme aumônier, vous commencez à voir les visages et les personnes derrière les titres des journaux et il devient plus difficile de les condamner pour toujours. Vous écoutez l’histoire de leurs vies et de ce qui a mené à leurs crimes, et vous commencez à comprendre. Vous commencez à comprendre à quel point l’on peut devenir confus intérieurement, et aussi corrompu par des influences extérieures.

Historiquement, les aumôniers font partie depuis longtemps du système pénitencier. Les aumôniers et les directions des prisons croyaient que l’isolation, le temps de réflexion et l’enseignement chrétien avaient plus de chance de réformer les détenus que les coups, le fouet et les exécutions. On espérait que cette période d’isolation de la société permettrait aux détenus de devenir pénitents et de regretter leurs péchés, d’où le terme «pénitencier».

À l’époque actuelle, le service correctionnel canadien espère toujours que les détenus vont regretter ce qu’ils ont fait, et qu’ils vont profiter des programmes et des cours offerts pour leur réadaptation. Néanmoins, l’aspect religieux est devenu purement optionnel.

Pour une minorité de détenus, les aumôniers et les activités de la chapelle représentent un ajout intéressant. Alors que la Charte des droits et libertés accorde à tous les prisonniers le droit de pratiquer leur croyance, comme c’est le cas dans la société en général, peu de personnes choisissent de le faire.

Nous vivons dans un pays où le gouvernement actuel a choisi de combattre durement le crime, en nous disant que ce que les Canadiens veulent avant tout, c’est de vivre en sécurité. Cependant, la plupart des aumôniers croient que cette rhétorique n’est qu’une manœuvre électorale, dont le but est d’aller chercher des votes sur un thème où il semble facile de faire l’unanimité.

Temps difficiles

Longtemps avant que le gouvernement conservateur décide de combattre plus durement le crime, les taux de criminalité étaient à la baisse depuis des années.

Et pourtant, dès qu’il fut au pouvoir, ce gouvernement s’est empressé de passer des lois et d’instaurer des règles afin que les personnes condamnées subissent de plus longues sentences, qu’il leur soit plus difficile d’accéder à une prison à sécurité minimale et plus difficile aussi de bénéficier d’une libération conditionnelle.

En même temps, beaucoup de petits privilèges qui aidaient à rendre la vie en prison plus supportable furent coupés – tels que l’accès aux livres, à l’éducation, aux psychologues, aux événements communautaires et aux activités bénévoles.

Le but de toutes ces lois et de toutes ces coupes effectuées par le gouvernement est d’être dur avec les détenus et de montrer à la population qu’on ne les dorlote pas. Les aumôniers ne comprennent pas pourquoi le gouvernement coupe ainsi dans les programmes destinés à la réhabilitation et la réinsertion sociale des détenus.

C’est comme si le système souhaitait que ces hommes faillissent en leur offrant le moins de formation, le moins d’espoir possible, tout en augmentant leur niveau de frustration et de désespoir.

En tant qu’aumôniers œcuméniques représentant toutes les croyances à l’intérieur des enceintes barbelées des prisons canadiennes, beaucoup d’entre nous se trouvent en désaccord avec un gouvernement plus intéressé par le châtiment que par le renouveau de la vie.

Comment les aumôniers pourront-ils offrir de l’espoir à des hommes vivant dans des prisons de plus en plus surpeuplées, où de moins en moins de ressources sont offertes, dans un système qui semble décider arbitrairement de leur sort, au jour le jour?

Nous travaillons chaque jour dans des prisons canadiennes en tant que personnes croyantes, sans pouvoir réel de changer le système. Nous accueillons les hommes dans nos bureaux pour écouter leurs confidences, nous leur rendons visite au «trou» (lieu de détention solitaire) et dans leurs blocs cellulaires, puis nous organisons des services religieux pour eux avec l’aide de bénévoles venus de l’extérieur.

Par notre présence, nous souhaitons leur montrer qu’ils comptent encore et qu’ils n’ont pas été rejetés par nous et par leurs communautés.

Bien que nous ne puissions pas facilement changer le système, nous souhaitons témoigner du fait qu’ils demeurent des enfants de Dieu dont la libération peut commencer même au cours des années qu’ils doivent vivre derrière les barreaux.

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Le révérend Tim Smart est aumônier à la prison de Cowansville et pasteur à l’église anglicane Grace de Sutton.

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Liberté religieuse en milieu carcéral

Je dois le reconnaître: avant de travailler à Reflet de Société, je ne m’étais jamais posé de Je dois le reconnaître: avant de travailler à Reflet de Société, je ne m’étais jamais posée de questions sur le milieu carcéral. La vie ne m’avait pas mis en contact avec ce monde et je ne l’avais pas cherché. En discutant avec nos chroniqueurs, j’ai découvert qu’en tant que citoyenne j’étais bien ignorante sur ce sujet. Pour pallier ces manques, je me suis mise en quête de réponses. Celle d’aujourd’hui: à quoi ressemble la liberté religieuse en prison?

Delphine Caubet | Dossiers Religion et spiritualitéCriminalité.

milieu carcéral accommodements raisonnables

Illustration: JuanCa.

C’est la chronique de Jean-Pierre Bellemare en 2013 qui m’a mis la puce à l’oreille, il y parlait des accommodements raisonnables en milieu carcéral. Mais très honnêtement, j’avais du mal à saisir en quoi une assiette casher ou halal pouvait générer des tensions. Après tout, saupoudrer des aliments d’une prière n’a jamais rien enlevé ou ajouté au goût.

Contrôle de qualité

Pour tenter de comprendre «ces frictions quotidiennes» dont il fait référence, je suis allée à la rencontre de Jean-Pierre. Et ses explications m’ont laissée pantoise.

«Ces régimes alimentaires entraînent un genre de contrôle de qualité», m’explique-t-il. Les détenus cuisinent eux-mêmes les repas et le cœur n’est pas toujours à l’ouvrage. Pour les diètes suivies et validées par un chef religieux, il y a une vérification des aliments et de leur qualité. Alors de suite, une différence peut se faire sentir.

Autre point que je n’avais pas envisagé: la propagation des maladies. Pour chaque diète, il y a des ustensiles de cuisine différents, avec des aliments dans des frigos différents… «Alors si une cuillère est mal lavée et qu’elle est réutilisée dans un chaudron, ça peut être toute la prison qui attrape la gastro. Sauf ceux avec une diète spéciale puisque leur repas est préparé séparément.»

Jean-Pierre n’est pas avare d’exemples de tensions résultant des accommodements raisonnables en prison. Il parle du marchandage des tapis de prière des musulmans ou du tabac réservé aux autochtones pour leurs cérémonies. Autant de matériel propice aux tractations diverses.

Mais pour en apprendre davantage sur la religion en milieu carcéral, je suis allée voir l’un des hommes en 1ère ligne: l’aumônier.

Lentement mais sûrement

Si la pratique de la religion peut entraîner des tensions, elle n’en reste pas moins utile et nécessaire pour bien des détenus.

Tim officie en milieu carcéral depuis plusieurs années et comme il le dit: «Travailler dans un pénitencier est un défi personnel. Les concepts d’amour et de pardon y sont plus vrais. Il y a un cœur sous cette peau de macho.» À quoi il ajoute sur le ton de la plaisanterie que ce n’est pas sa «gang» habituelle. Je veux bien croire.
Durant ses visites, la religion n’est pas toujours impliquée. «Les détenus se font presser par les gardiens… par tout le monde… Moi je ne suis pas psy, j’attends l’autre. Ils doivent respirer. Cela peut être prendre une marche ou autre chose.» Lui a l’avantage de pouvoir se déplacer à sa guise dans le pénitencier, et va à la rencontre de ses ouailles là où elles se trouvent.

Mais Tim, les détenus viennent-ils vraiment parler versets et chapitres bibliques avec vous? «Mon rôle est surtout d’écouter. Des détenus peuvent être frustrés; ils sont de bons gars et pourtant ils sont toujours là. Je vois le désespoir et la frustration; je suis là pour faire diminuer la pression.»

Soupape de sécurité

Après ces entrevues, force est de constater que la religion en milieu carcéral n’implique pas nécessairement la religion. Mais son utilité n’en est pas moins importante. Les chefs spirituels même s’ils ne sont pas toujours bien accueillis (à part les bouddhistes, précise Jean-Pierre, qui sont encore les seuls à avoir bonne presse) ont un rôle important: diminuer la pression.

Pour Jean-Pierre (libéré depuis 2 ans), la religion et la spiritualité en général ont une place importante dans sa vie. Et si vous aviez vu comme moi les retrouvailles entre l’aumônier et l’homme libre, vous auriez aussi envie de dire au Premier ministre Harper que finalement ces hommes et ces femmes font la différence.

En tout cas, Jean-Pierre tient à ce que ce soit son aumônier qui célèbre son mariage l’été prochain.

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    Les livres de Colin McGregor

    Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

    Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

    love-in-3dLove in 3D

    Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

    This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

    Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

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    Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

    Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

    Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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    Premières nations en prison

    Autochtones en milieu carcéral

    Sanctions substitutives

    Les chiffres sont effarants. Au Canada, les autochtones représentent 4% de la population. Une minorité que l’on ne remarque pas au quotidien. Mais en prison, la tendance est tout autre: les Amérindiens représentent 23% des hommes et un tiers des femmes. Une surreprésentation qui ne cesse d’inquiéter et d’augmenter. Preuve étant, en 10 ans, la présence de femmes autochtones en prison à augmenter de 90%.

    Delphine Caubet | Dossiers AutochtoneCriminalité

    sanction substitutives prisonPour lutter contre ce phénomène, le Canada et plus lentement le Québec se dotent d’une politique de discrimination positive envers les peuples autochtones. Cette discrimination est le principe Gladue: elle demande aux juges de modifier leurs sentences et de trouver des sanctions substitutives pour lutter contre cette surreprésentation carcérale.

    Explication

    Lyne St-Louis est consultante auprès des Premières nations, et des autochtones ayant des démêlés avec la justice, elle en a vu. Son travail est d’accompagner le contrevenant et le système judiciaire pour comprendre le comportement de la personne. Et si possible, de trouver des sentences substitutives pour éviter la prison au contrevenant.

    Dans ce plan de réhabilitation, le contrevenant y prend part intégrante en proposant des alternatives. Il y a peu, Lyne suivait une personne ayant des problèmes de drogue: elle avait des démêlés avec la justice et elle risquait la prison. Pendant ses visites, Lyne discute avec elle, et d’elle-même, la contrevenante proposa un plan pour faire des ateliers de sensibilisation dans les écoles. L’objectif était d’éveiller les jeunes à l’impact de la drogue sur l’individu et leur culture. Lyne prend les choses en main, s’adresse à l’école de la communauté, et le directeur est enchanté.

    Dans ce type de réhabilitation, le contrevenant n’est pas laissé à l’abandon, il est suivi et aidé. Dans le cas présent, la personne a fait des ateliers en partenariat avec la police et les aînés.

    Succès

    Lyne St-Louis a constaté que ces sanctions sont plus efficaces que les travaux communautaires. Ces derniers, souvent non effectués, ne prennent pas en considération le contrevenant, ses intérêts et son passé. Les sanctions substitutives sont plus efficaces, car elles prennent en compte le contrevenant en tant que personne. Il est consulté et il propose une sanction adaptée pour lui permettre d’évoluer. Lyne donne l’exemple d’un bon chasseur autochtone condamné à être guide en forêt. L’homme, enjoué par la sentence, va jusqu’à proposer son véhicule personnel et son carburant pour effectuer sa sanction.

    D’après l’expérience de la consultante, dans de nombreux cas de sanctions substitutives, il n’y a pas de récidive. La sanction n’est pas le principal moteur de cette réussite, c’est essentiellement l’aide qui se trouve autour. Car certains ne connaissent pas la cause de leur mal-être, et la famille n’est pas toujours présente pour expliquer la situation.

    Mylène Jaccoud, professeure au département de criminologie de l’Université de Montréal, explique que bien souvent derrière chaque contrevenant, il y a une victime. Il est donc important de regarder le passé, et de comprendre comment la personne en est arrivée là. Les rapports Gladue, que peuvent demander les juges, contiennent ces informations sur le passé de la personne, ainsi que l’impact qu’ont eu sur elle les pensionnats, les politiques d’assimilation… Les jeunes générations n’ont pas vécu ces traumatismes, en revanche, elles peuvent avoir été élevées par des victimes de ce passé toujours présent.

    Juges

    Selon le lieu où se trouve l’autochtone, les juges n’ont pas toujours la même réceptivité envers le principe Gladue et les traumatismes du passé.

    Maurice Bowen, animateur au Centre d’amitié autochtone de Montréal, constate que non seulement les contrevenants ne connaissent pas les services à leur disposition, mais surtout, si le contrevenant est jeune, les juges ne tiennent pas vraiment compte des traumatismes du passé.

    «Le Québec est à la traîne, explique-t-il, on ne parle que de défense, mais il faut regarder le crime, pourquoi et faire de la médiation.» Alors, lorsqu’il accompagne un autochtone devant la justice, il travaille pour que la cour tienne compte de sa spécificité.

    Quant à Lyne St-Louis, elle sillonne la province au gré des besoins des communautés. Et elle constate que les juges immergés dans les communautés sont plus réceptifs à ces sanctions substitutives. En Abitibi, elle a constaté une certaine réticence au commencement, mais face à l’inefficacité de la détention, les hommes de loi se sont ouverts à ces possibilités. Mais comme elle dit, «le Québec est grand», et ce n’est pas vrai que le traitement est le même pour tous. Preuve étant, avec le ressenti de Maurice Bowen en milieu urbain.

    Prison

    Dans son rapport destiné à Sécurité publique Canada, Mandy Wesley est pessimiste quant à l’avenir des autochtones en milieu carcéral, et plus particulièrement celui des femmes. Elle dit: «Le plan actuel du gouvernement fédéral ne fera qu’augmenter le nombre de détenus et aggraver les injustices criantes que subissent déjà les peuples autochtones en général.»

    Si les sanctions substitutives sont un bon départ pour sortir les autochtones de prison, les femmes autochtones se trouvent dans une situation inquiétante. En 10 ans, leur présence en prison a augmenté de 90%!

    Dans son article, la professeure Jaccoud explique que les femmes autochtones représentent 45% des femmes purgeant une sentence à sécurité maximale. Ce qui d’emblée les écarte des sanctions substitutives pour éviter l’incarcération.

    En théorie, le principe Gladue demande au système carcéral de tenir compte de la spécificité des autochtones. Des programmes tels que le Sentier de la guérison ont été mis en place pour aider les détenus autochtones grâce à des thérapies spirituelles et leur culture. Quelques programmes ont été trouvés au Québec pour les hommes, en revanche, on constate un manque flagrant d’aide pour les femmes détenues.

    Les statistiques montrent que 75% des détenus autochtones restent incarcérés jusqu’à la fin de leur sentence, soit 10% de plus que le reste de la population.

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    Prison; information sur la détention

    La réalité du milieu carcéral

    Démystifier la détention

    Raymond Viger | Dossiers PrisonFamille

    peace_dove-paix-journc3a9e-internationale prison détention système carcéralCette soirée sera un moment privilégié pour vous informer, poser vos questions et/ou livrer vos témoignages en regard du milieu carcéral au Québec et au Canada.

    Intervenants, étudiants, détenus et anciens détenus, proches de personnes incarcérés ou toute autre personne intéressée par le sujet sont les bienvenus!

    Collations et café chaud servis sur place

    Animateurs invités: Geneviève Ricard, Dominique Dulac et Jean-François Cusson
    (Service correctionnel du Canada)

    Quand: 13 mars 2014 à 18h30     Où: 660 rue Villeray, Montréal.
    Situé près des métros Jarry et Jean-Talon (Autobus 99-Est ou 30-Nord).
    (514) 419-6632,      1 (855) 419-6632      info@relaisfamille.org

    Autres textes sur Prison

      Les livres de Colin McGregor

      Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

      Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

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      Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

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      Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

      teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

      Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

      This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

      Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

      quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

      Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

      Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

      Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
      4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

      Témoignage: condamné à garder ses distances

      Jean-Pierre Bellemare | Dossiers Prison, Criminalité

      En prison, nos façons de faire et notre comportement répondent à un code propre au milieu carcéral. Traiter un codétenu de «cochon» ou de «rat» est considéré comme une provocation pouvant entraîner la mort. S’adresser à un gardien comme un ami est une erreur grave. Il existe plein de petites choses qui, sous des apparences anodines, cachent des problèmes potentiels.

      prisonnier systeme carceral prisons penitencier bagne toleUne catégorie de détenus s’adapte plutôt mal à la culture en place: les auteurs de drames passionnels. Par exemple, des pères de famille qui ont sauté les plombs à cause d’un événement dramatique ou d’une accumulation de frustrations. Dans un délire momentané, ils commettent l’irréparable. Ces condamnés sont dénommés citoyens en prison. Ils ne connaissent pas la barrière qui existe entre les gardiens et les autres détenus. Ces citoyens croient à tort que les gardiens sont là pour les aider. Ceux-ci profitent de leur naïveté pour soutirer des informations. Ce faisant, ils ne réalisent pas les risques auxquels ils s’exposent.

      prisons penitencier prisonnier tole bagne systeme carceralLe mandat des gardiens est d’empêcher les détenus de s’échapper pour protéger le public. Le bien-être du détenu n’est pas inclus dans ce mandat. Quand un gardien adoucit la détention d’un prisonnier, c’est pour améliorer sa propre qualité de vie au travail. Un détenu satisfait est moins provoquant ou injurieux envers les gardiensjurieux.

      Les histoires reliées à la dangerosité de leur travail sont surfaites. C’est un préjugé que les syndicats utilisent pour revendiquer des salaires plus élevés. Les armes artisanales qu’ils affichent devant les caméras ne sont que de la poudre aux yeux. Au pénitencier, lorsqu’un incident violent survient, c’est généralement entre les détenus. Il y a tellement de caméras de surveillance au pénitencier que ceux qui passent à l’acte sont pratiquement toujours pris.

      Le pénitencier Leclerc est connu pour ses récidivistes et ses motards criminalisés. Pourtant, de jeunes secrétaires traversent souvent la cour intérieure alors que des centaines de détenus s’y trouvent.

      Trop souvent, les gardiens qui désirent des augmentations de salaire poussent les détenus à bout, en utilisant différents stratagèmes. Retarder les repas, faire attendre les familles qui visitent leurs proches, déclencher des fouilles en brisant des choses personnelles, etc. Puis, lorsqu’un détenu crache sur un gardien, ce qui est extrêmement rare, on le transfère dans une prison à sécurité «super maximum». L’événement est considéré comme un assaut. Cela donne du poids à leurs revendications. Les gardiens ont beau jeu: qui nous accorderait de la crédibilité? Ils se permettent des libertés et utilisent les détenus comme boucs émissaires.

      Si on comparait leur travail aux dangers qu’affrontent les chauffeurs d’autobus, de taxis ou même les facteurs, on constaterait rapidement que le travail d’un gardien est une vraie sinécure. Beaucoup d’universitaires traînent leurs travaux et complètent leurs devoirs pendant leur quart de travail. J’ai personnellement émis des plaintes pour que les membres du personnel ne lisent pas de magazines, de journaux ou écoutent la télévision pendant leur quart de travail.

      Le jour où les détenus seront récompensés pour l’amélioration de leurs comportements plutôt que pour les informations qu’ils donnent, le travail de gardien pourra retrouver un peu plus de dignité. La victime de ce marchandage restera toujours la sécurité du public.

      Si la majorité des détenus provient de milieux dysfonctionnels et pauvres où leur voix n’a jamais été entendue, cela ne change pas lorsqu’ils arrivent au pénitencier.

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