Des aînés dans la rue

Vivre dans la rue

L’itinérance chez les aînés

Lorsque nous observons notre société, c’est à se questionner qui peut vraiment être fier de la direction qu’elle prend. Je regrette de voir notre communauté dépérir en apercevant des personnes aînées déambuler dans nos rues, sans vraiment comprendre ce qu’il leur arrive.

Caroline Leblanc  Dossier Itinérance

itinérance-ainésL’hiver dernier, j’ai rencontré un homme au dos courbé qui avançait à pas de tortue avec de lourds sacs. Après discussion avec lui, il m’a raconté qu’il s’était fait expulser de son logement où il habitait depuis plus de 15 ans et qu’il n’avait pas réussi à en trouver un autre. Ce qui m’a marqué est lorsqu’il raconta: «Parfois, je n’arrive pas à me lever le matin, car j’ai mal et mon corps ne répond plus pendant des heures. Ce sont mes chats qui habitent dans la ruelle avec moi qui me tiennent compagnie.»

Cet homme de 84 ans n’est pas la seule personne dans cette situation. J’en croise chaque fois que je marche dans les rues de la métropole.

Vraisemblablement, notre système de santé laisse transparaître des failles lorsque l’on réalise que des personnes peuvent vivre dans un contexte d’itinérance contre leur gré, et ce à l’année, été comme hiver. Sachant que notre population fait face à un vieillissement, de nombreux scientifiques constatent, et la réalité du terrain le confirme, que notre société est loin d’être en mesure de relever les défis qui en découlent. Aujourd’hui, grâce au combat qu’a mené Québec Solidaire, la loi 492 a été votée pour protéger, en autres, les locataires aînés d’une éviction entre le 1er décembre et le 31 mars. Une modification législative qui apportera probablement des conditions de vie plus décentes à notre population vieillissante.

Par contre, c’est à se demander avec notre gouvernement actuel, comment la population vieillissante arrive-t-elle à survivre lorsqu’elle a basculé dans l’errance? Après avoir lu un article du Devoir de 2014 sur la réalité des femmes poussées à vivre dans l’itinérance après une hospitalisation, j’ai souhaité vérifier si la Maison Marguerite (refuge pour femmes itinérantes) arrivait maintenant à répondre à la demande. En dépit d’une réponse positive, on m’a précisé que 10 à 15 demandes d’admission par jour sont toujours refusées! Oui, par jour! Et uniquement dans ce refuge! Où s’en va-t-on? Cette réalité m’inquiète et les mesures mises en place ne sont pas pour me rassurer.

Sans que la population ait le temps de dire un mot, les instances sociales se fusionnent, se déshumanisent et se déconnectent de la population qu’elles servent. Les longues procédures institutionnelles, les démarches protocolaires et le nombre de paliers que les intervenants doivent passer pour prendre une décision d’urgence sont une réalité qui vient non seulement, complexifier l’accessibilité aux services, mais vient aussi brimer les droits des personnes vulnérables tels que des individus vieillissants.

C’est à croire que l’itinérance chez les personnes aînées ne reçoit pas l’attention nécessaire pour répondre à leurs besoins. Dans une communauté riche de connaissances et de possibilités, il est aberrant de voir dépérir les conditions de vie et de santé de ceux qui ont contribué toute leur vie à cette société. Il est important de comprendre qu’après avoir roulé leur bosse toute leur vie, les personnes aînées ne perdent pas seulement leur autonomie, mais aussi leurs repères en étant déracinées du peu qu’elles avaient. Autrefois, la communauté n’aurait jamais laissé vivre personne dans de telles conditions.

Alors, pendant que les services institutionnels sont complexifiés par le remaniement de leur structure et que les organismes communautaires sont pris dans un carcan de survie pour sortir la tête de l’eau, ne serait-il pas temps de promouvoir les valeurs d’entraide et de dénoncer les structures organisationnelles qui sont en carences humanistes. Actuellement, un déséquilibre social est palpable et c’est inconcevable de voir qu’avec toutes les initiatives qui sont disponibles, nous n’arrivons pas ensemble à mettre un frein à l’effritement social. Le manquement de notre gouvernement québécois actuel est inacceptable et nous devons être plus solidaires que lui, si nous ne voulons pas laisser ce reflet de notre société aux prochaines générations.

Autre texte de Caroline Leblanc :

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L’amour pour sortir de la rue

Pour l’amour d’un chien

Les gens de la rue et leurs animaux

De nombreuses années me séparent de la rue, mais je peux encore la sentir en moi.

Caroline Leblanc dossier Itinérance

amour chien itinéranceMon voyage dans la rue a commencé dès mes 14 ans dans les rues de Sherbrooke, Granby, Montréal puis Toronto. Assoiffée de liberté ou plutôt hantée par le désir de m’enfuir d’un monde dans lequel j’étais incomprise, la rue est devenue mon milieu de vie.

Durant ce parcours, il y a eu beaucoup d’aventures et de mésaventures, mais comme on dit, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise route. Chacune d’elles nous apprend quelque chose et nous grandissons riche d’expériences acquises au fil du voyage. Peu importe la destination, c’est le voyage qui compte!

Je pourrais vous parler de certaines destinations telles que mon enfance tumultueuse, mon adolescence incomprise et incompréhensible, mes relations d’amitié et d’amour malsaines ou l’univers de la rue. Mais je préfère vous partager ce qui a changé le cours de ma vie.

Parfois, on a l’impression de courir après le bonheur chaque jour de notre vie, mais dans la rue c’est souvent à chaque instant.

Mais à un moment donné, un bonheur est arrivé dans ma vie. Un être magnifique que j’ai nommé Draft, une chienne extraordinaire qui a été là à traverser les ouragans, les petites tempêtes et les beaux et les mauvais moments de ma vie. Elle était là sans me juger, à m’aimer, à m’accepter comme nul autre a su le faire. Gravé dans ma mémoire cet être merveilleux m’a aidé à surmonter mon chagrin, mes difficultés et m’a donné la confiance et la force de m’aimer.

Vous vous demandez sûrement pourquoi je raconte cela, comprenez que la rue fut un moment que j’ai partagé avec ma chienne Draft. À travers mes souffrances, mes déboires et les nombreux pays que j’ai traversé, elle a été là pour veiller sur moi sans jamais me laisser tomber dans cette aventure. Riche de cœur, son amour inconditionnel m’a donné la force et la motivation d’affronter cette société et les jugements qu’elle a eus envers moi et les autres qui vivions dans la rue. Pour certains, elle restera juste un chien, mais pour moi elle est la force qui m’a permis de me sortir la tête de l’eau et de trouver ma place.

Par respect pour elle, une fois fatigué d’errer, j’ai pris un appartement et j’ai décidé d’aller à l’université. Avec seulement un secondaire 3 en poche et mon expérience de la rue, j’ai quêté mon inscription universitaire. Quelle idée folle m’est venue en tête vous me direz. Mais pour moi, c’était la seule façon d’arriver à me faire entendre et de rendre à la rue ce qu’elle m’avait permis de devenir. C’est-à-dire une femme forte et déterminée, une femme se battant contre les injustices sociales.

Le père Pops (prêtre montréalais reconnu pour son intervention auprès des itinérants) a toujours cru en moi et m’a aidé à obtenir une bourse d’études. Mais après un an de belle réussite, j’ai abandonné, car à cette époque je jugeais que l’université n’était pas nécessaire. Ce n’est que lorsque j’ai eu ma fille que je suis retournée sur les bancs de l’école pour m’y donner à 100%.

Aujourd’hui, Draft n’est plus de ce monde, mais elle reste gravée dans mon cœur. Pour elle, je continue à gravir des montagnes pour arriver à mon but: améliorer les conditions de vie des personnes itinérantes et leurs animaux de compagnie. Je termine bientôt ma maîtrise en travail social qui porte sur l’influence des animaux sur le parcours de vie des personnes itinérantes. Qui aurait cru !

En l’honneur de mon parcours, j’ai fondé un organisme à but non lucratif (Solidarité dans la rue) pour sensibiliser les différentes instances publiques, sociales et communautaires sur l’importance des animaux auprès des personnes vivant en situation de précarité. Depuis 3 ans, je passe Noël dans la rue pour apporter mon soutien aux personnes itinérantes et leurs animaux. À Montréal d’abord et depuis 2015 en Estrie (Sherbrooke) en l’honneur de mes racines.

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Parcours d’un itinérant

Comment devenir un itinérant

On ne naît pas itinérant, on le devient. Chaque itinérant a son histoire, ses raisons qui l’ont mené à la rue. Certains, comme Bernard Martin, doivent remonter à l’enfance pour comprendre pourquoi ils ont vécu en marge de la société. .

Dominic Desmarais, dossier Itinérance

Bernard Martin est dans la mi-cinquantaine. Il est petit, mais tout de nerfs. Dans son appartement rempli d’objets hétéroclites, il se repose de sa longue course. Il en a fait du chemin, pour simplement apprécier la stabilité d’un toit au-dessus de sa tête. Pour s’extasier devant un garde-manger garni. Pour se sentir en paix. Le bonheur, pour lui, repose entre ces quatre murs étroits. Sur son divan, il scrute sa demeure des yeux comme s’il n’en revenait toujours pas

Parents alcooliques

Bernard n’est pas né dans la rue. Dès son jeune âge, il a appris à rester longtemps dehors, à traîner. Il y était mieux qu’à la maison, où l’orage menaçait tous les jours. Issu d’une famille de parents alcooliques, avec 11 enfants à s’occuper, Bernard n’a pas connu la ouate. Ses besoins essentiels, comme se nourrir et se vêtir, n’étaient pas comblés.

Ses besoins émotifs encore moins. «Mon père se défoulait souvent sur nous», raconte Bernard. «Il nous battait avec tout ce qui lui passait par la main. Mais le pire, c’était mentalement. Toujours l’engueulade, avec la claque derrière la tête et le coup de pied au cul.»

Ce que Bernard vit chez lui, ses cousins et cousines le subissent également. La vie de misère gangrène la famille élargie. C’est un ghetto. Il ne connaît rien d’autre que l’instabilité. Rien pour apaiser son besoin d’être aimé, encouragé et reconnu.

Chez la famille Martin, les études ne sont pas importantes. Bien que dégourdi et curieux, le petit Bernard ne reçoit aucun éloge pour ses résultats scolaires. Que l’école lui fasse sauter des années parce qu’il est trop fort pour les jeunes de son âge ne paie pas le whisky. Bernard doit se motiver par lui-même. Mais aller à l’école lui rappelle cruellement sa pauvreté. «Je n’aimais pas y aller parce que je n’avais pas de vêtements. J’y allais le ventre vide. J’avais honte.»

Voler pour vivre

Bernard réalise que le luxe ne viendra pas de ses parents. S’il veut des gâteries, il ne peut compter sur personne. Avec ses cousins, il chaparde de la nourriture dans les dépanneurs. Ils traînent dans les rues, avec de petits méfaits ils apprennent à s’endurcir, se battent entre eux… Ce qu’ils vivent à la maison, ils le reproduisent. L’alcool et le pot deviennent un moyen pour oublier.

«J’ai appris jeune à mentir. Quand mon père allait s’acheter du vin ou de la bière, il me payait pour que j’aille cacher les bouteilles. Ma mère le surveillait. Elle ne voulait pas qu’il boive sans elle. Alors elle me payait pour savoir où j’avais caché l’alcool. J’avais 7 ans et je savais jouer avec les deux côtés.»

Bernard est placé à trois reprises en foyer d’accueil. Mais aucun adulte ne réussit à l’apprivoiser. «J’ai foutu le bordel, dans les familles!» Bernard revient chez lui au sein d’une famille qui ne s’occupe pas de lui. À 12 ans, la maison est incendiée. Les 11 enfants sont disséminés au sein de la parenté. Bernard va vivre avec ses grands-parents. «Mon grand-père, gardien de prison, avait un grand cœur. Pour se faire un peu d’argent, il hébergeait d’anciens détenus, tout juste sortis de prison. Moi, je les côtoyais. J’ai appris d’eux.» Le jeune adolescent recherche l’admiration de ces hommes qui ont commencé, comme lui, par de petits larcins. Il a enfin des modèles. Il ressent pour la première fois de sa vie des encouragements. Mais surtout, il développe des contacts. Son horizon s’élargit.

Un criminel endurci

Bernard se met au trafic de stupéfiants. Lui-même consommateur de drogues douces, il commence à vendre dès l’adolescence. Il est approché par des motards de Montréal. Les Popeyes, les ancêtres des Hells Angels. «Je faisais de l’argent! Mais ça allait trop mal dans ma vie.»

Il abandonne l’école à 15 ans et se met en colocation avec deux amis à Québec. Ils font l’aller-retour à Rivière-du-Loup tous les jours. «La violence venait de commencer. Ceux qui dérangeaient notre petit commerce, on les mettait à leur place. On s’est fait une très bonne réputation. On marchait dans la rue et les gens changeaient de trottoir. Quand il se passait quelque chose, la police ne se posait pas de question. Elle venait nous voir directement.»

Menaces, intimidation, passages à tabac. La décennie 1970 débute dans la violence. L’enfant impossible à discipliner qu’il était hier encore n’est plus qu’un vague souvenir. Bernard, à 15 ans, est un criminel endurci. Il règne sur Rivière-du-Loup. Il détient l’argent et le pouvoir. Mais le bonheur, lui, se fait toujours attendre.

Meurtres

C’est à 16 ans que la vie de Bernard a pris un tournant décisif. Il est arrêté pour un meurtre qu’il n’a pas commis. Un chauffeur de taxi de Rivière-du-Loup, impliqué lui aussi dans le trafic des stupéfiants, est retrouvé assassiné. Les soupçons convergent vers le jeune dur du Bas St-Laurent qui contrôle le territoire pour les Popeyes.

La nouvelle de l’arrestation de Bernard crée un émoi. «Rivière-du-Loup, c’est une petite ville. Pendant un mois et demi, soit le temps que la police trouve le vrai coupable, les médias et les gens m’ont associé au meurtre. Quand j’ai été libéré, ça n’a pas changé. Leur idée était faite. Les gens s’enfuyaient quand ils me voyaient. Alors que les criminels, eux, venaient me féliciter. C’est ce qui a tout déclenché. J’étais enfin reconnu! Les citoyens avaient peur de moi. Les criminels me demandaient conseil. Ça nourrissait mon ego. Là, j’ai commencé à faire du gros trafic.»

Bernard, qui n’avait jamais de sa vie reçu l’estime de ses pairs, voguait sur un nuage. Enfin, il existait aux yeux de gens importants. Peu lui importait que ce soit des gens d’un milieu malsain. Après tout, ces personnes qui le regardaient avec admiration étaient redoutées et respectées par bon nombre de gens. Ce nouveau sentiment lui faisant voir la vie en grand.

De la rue à la prison

Bernard passe plusieurs années entre deux eaux. Entre des combines lucratives qui le font vivre comme un pacha, la rue ou une cellule qui le tient à l’écart du monde.

Après des années de ce manège, Bernard sent qu’il tourne en rond. Il veut se recycler. La jeune vingtaine, il aspire à une vie normale. «J’avais entendu dire que dans les prisons fédérales, ils t’aidaient. Ils offraient des thérapies et des cours pour apprendre un métier. J’étais tanné. Je voyais les autres et ça me donnait envie de changer de vie. Je voulais être normal. Je savais que j’étais travaillant. Que j’avais beaucoup de potentiel. Je voulais le développer.»

Bernard est envoyé au pénitencier Leclerc. La prison des Hells Angels. Il se sent en sécurité, avec eux. Et cette vieille histoire de meurtre, alors qu’il n’avait que 16 ans, lui ouvre des portes. «La confiance régnait. J’avais fait mes preuves. Moi, j’amplifiais l’histoire. Je ne disais jamais que le coupable, ce n’était pas moi!»

Drogue et prison

Bernard profite des thérapies et des cours offerts à l’établissement. On lui demande d’exercer le rôle d’exterminateur de bestioles. Pour ce faire, il a accès à toutes les ailes de la prison. Il est le rare privilégié à pouvoir se promener librement à l’intérieur de l’établissement. «C’est moi qui faisais la livraison, les commissions. J’allais partout! J’avais un entrepôt pour mes produits qui sentaient fort. Ça cachait l’odeur de la drogue. Les chiens ne pouvaient pas sentir la marchandise.»

Bernard est incapable de mener une vie stable. Si, enfant, il passait son temps à traîner dans les rues pour fuir la maison familiale, il partage sa vie adulte entre des projets éphémères et la prison. Il erre dans la vie sans savoir où se poser.

«Je couchais dans des refuges, au centre-ville. Tu sors de prison, t’as rien. Ils te donnent un chèque de 50$, quand ils te donnent quelque chose, puis ils te foutent dehors. Tu te gèles pour oublier les deux ans que tu viens de passer en dedans.» Quand Bernard sort de prison, il se dirige vers la rue. Il y vit un certain temps, jusqu’à ce qu’il se tanne et qu’il trouve une combine qui le fait vivre comme un prince. Et il se défonce.

«Malgré les thérapies suivies en prison, je n’étais pas encore assez tanné de ma vie pour m’en sortir. J’étais tranquille pendant un an ou deux, puis je faisais une petite arnaque et je retournais en dedans.» Il a fait cela pendant 40 ans.

Changer, mais comment?

Quand Bernard sortait de prison, sa priorité, c’était de trouver de l’argent pour consommer des drogues. Par la fraude, le recel ou toute autre combine. «J’avais de l’argent pour payer un loyer, mais je préférais geler mes émotions. L’itinérance, c’est un cercle vicieux. Les refuges offrent un toit et à manger. Mais ils deviennent un port d’attache. J’ai mon chèque du bien-être, je peux aller me geler la face et j’aurai quand même un toit, des vêtements, de la nourriture. C’est maintenant que je le réalise. À l’époque, c’est un mode de vie que j’avais appris sans me poser de questions. J’avais des problèmes émotionnels comme tout le monde. Mais j’ai juste appris à les geler. Si j’avais à choisir entre consommer ou payer mon appart, le choix était facile.»

Dans la rue, Bernard se lie à d’autres itinérants. C’est son monde. «Quand j’étais dans la rue, ce que je voulais entendre, c’est où est le pusher, combien ça coûte. Dans la rue, on cherche l’argent facile. J’avais de l’argent tous les soirs. Puis, comme je n’avais plus d’argent, je retournais dans un refuge.»

Aider de la bonne façon

Bernard passe de refuge en refuge. Les possibilités diminuent à mesure que ses prises de bec avec les employés s’intensifient. Il se trouve une niche au refuge Welcome All. Un premier pas vers la sédentarité.

«On a le droit d’y rester 3 mois si on y fait du bénévolat. On a une sécurité. Notre dortoir et notre cafétéria sont à part. Ça veut dire qu’on n’a pas à partir dès 6 ou 7 h du matin. Parce que dans les refuges, ils te lèvent à 6 h, te donnent le déjeuner à 7 h, un café et 2 toasts, et ensuite ils te foutent dehors. Tu tournes en rond jusqu’au souper à 17 h.»

Il demeure un mois et demi au Welcome All à faire du bénévolat. Puis, le refuge lui présente des intervenants affiliés avec l’hôpital Douglas qui a reçu du gouvernement fédéral le mandat du projet Chez Soi pour sortir 500 itinérants de la rue en 5 ans. «Après m’avoir questionné au sujet de mon itinérance, on m’a choisi pour le programme de logement subventionné.» Ce qui signifie que les intervenants du projet l’aident à se trouver un appartement et à le payer. «Ça a pris huit jours pour qu’ils me dénichent un endroit. J’ai reçu des meubles flambants neufs», dit-il tout fier de son trésor bien à lui.

Bernard ne tarit pas d’éloges pour les gens de l’hôpital Douglas. Une différence tranchante avec son mépris pour les refuges qui lui ont procuré un toit et des repas. «Je me suis tout de suite senti reconnu, dès notre première rencontre. Toutes les semaines, ils viennent chez moi pour voir comment je vais. Ils s’occupent de moi de A à Z.»

La vie d’itinérance semble avoir eu raison de la nature rebelle de Bernard. Il fait tous les efforts pour conserver son nouveau statut de locataire. «Je vais au centre Dollar-Cormier toutes les semaines pour m’aider à comprendre pourquoi je consommais autant. C’est la même chose pour le YMCA. Dès que ça ne va pas, je sais où aller grâce au projet Chez Soi. C’est ce qui est dommage pour les itinérants. Ils ne connaissent pas les ressources qui pourraient les aider à sortir de la rue.»

Se poser, enfin

Bernard habite un petit appartement en plein centre-ville de Montréal. Son chez-soi ressemble à la caverne d’Ali Baba. Il croule sous l’amas d’objets hétéroclites qui meublent les deux pièces et demie de son logis. De la vaisselle, de l’encens, des objets décoratifs, des œuvres d’art. Comme un itinérant qui amasse les objets qu’il trouve. Pour Bernard, tous ces biens ont une valeur inestimable et donnent à son loyer une atmosphère sereine. Il prend un soin jaloux du peu qu’il possède. Il a tourné le dos pour de bon à l’itinérance.

«Depuis un an, j’ai changé mon monde. Je ne vais plus dans le centre-ville avec les sans-abris. Je ne vois plus ceux avec qui je consommais. Personne ne vient me visiter. Je ne veux pas. C’est chez moi. Je suis bien, je n’attends plus après personne. Je me sens bien dans mes petites affaires. Dans la rue, j’ai appris à mentir, aux autres et à moi-même, à consommer. Je ne me respectais pas.»

Après une vie de vagabondage, de crimes et de consommation, Bernard Martin recherche le repos. Une vie calme qui commence chez lui. Il lui a fallu toutes ces expériences pour comprendre qu’aujourd’hui, à 55 ans, il est prêt. La stabilité a longtemps été une inconnue. Maintenant qu’il l’a, il ne veut plus s’en départir. Un rêve si simple qui lui a pris 40 ans à réaliser.

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Le C.A.P. St-barnabé: intervenir auprès des itinérants

Pauvreté, itinérance et isolement

Le C.A.P. St-Barnabé: au cœur d’Hochelaga-Maisonneuve

Le Carrefour Alimentation et Partage (C.A.P.) St-Barnabé vient en aide aux résidants d’Hochelaga-Maisonneuve depuis 1991. Ces gens doivent constamment se battre contre les problèmes qu’engendrent la pauvreté, l’isolement ou l’itinérance.

Anders Turgeon Dossiers Communautaire,

Outre les familles pauvres, le C.A.P. St-Barnabé vient en aide auprès de diverses clientèles marginalisées. «Nous sommes en première ligne pour aider les exclus: les itinérants, les toxicomanes et les prostituées», explique Jeannelle Bouffard, fondatrice, directrice et coordonnatrice de l’organisme.

Une église pour la communauté

Depuis sa fondation, le C.A.P. St-Barnabé a ses bureaux au sein de l’ancienne église St-Barnabé. Mais il a fallu attendre 2000, lors du décès d’Yves Poulin, dernier curé de la paroisse, pour que l’organisme songe à occuper l’ensemble de l’église. Après avoir reçu les fonds nécessaires pour acquérir et transformer la bâtisse, l’organisme l’occupe en entier dès 2005. «L’église reste fidèle à sa vocation: elle offre un milieu de vie pour l’accueil et le partage», affirme Mme Bouffard.

Les services de l’organisme se sont multipliés au cours des années. «Au magasin alimentaire se sont ajoutés d’autres volets d’aide. Ils se comptent aujourd’hui au nombre de cinq: un lieu d’accueil pour socialiser et briser l’isolement, un service de contrôle des aliments, un service de dépannage alimentaire d’urgence, un service de magasin d’alimentation et un lieu d’information et d’action citoyennes», ajoute Mme Bouffard.

Cette multiplicité des services fait en sorte que le C.A.P. St-Barnabé reçoit beaucoup de demandes d’aide annuellement. L’organisme fournit divers services, allant de l’accueil au dépannage alimentaire, à quelques milliers de personnes dans Hochelaga. Il procure aussi le nécessaire à de nombreuses familles du quartier à l’occasion de Noël et de la rentrée scolaire.

Pour assurer la vitalité et le dynamisme de ses activités, le C.A.P. St-Barnabé compte sur une équipe d’une centaine de bénévoles à chaque année. L’organisme s’appuie également sur une action concertée avec d’autres organismes comme le Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ). «Cette action concertée entre organismes a pour but d’améliorer la santé des habitants du quartier en plus de lutter contre la pauvreté par le biais de l’alimentation», expose Mme Bouffard.

Lutter contre les pauvres ou contre la pauvreté?

Afin de financer ses services, le C.A.P. St-Barnabé reçoit des fonds de Centraide et des subventions du gouvernement provincial. Il reçoit aussi de l’argent grâce aux revenus locatifs de ses coopératives d’habitation.

Malgré ces sources de financement, Mme Bouffard croit qu’il n’y a pas de vision à long terme pour lutter contre la pauvreté. «Il y a davantage une lutte contre les pauvres que contre la pauvreté. Notre système économique capitaliste ne prêche que des valeurs de charité afin que ceux qui donnent aient bonne conscience», s’insurge-t-elle.

Mme Bouffard juge qu’il est difficile de s’attaquer à la pauvreté dans le contexte social et politique actuel. «Dans notre société, on sacrifie les plus pauvres. Ce qui leur fait perdre l’espoir de s’en sortir. Nous devons travailler plus fort pour les aider à croire à leur dignité», constate-t-elle.

Néanmoins, Mme Bouffard a foi dans le C.A.P. St-Barnabé. En tant que gestionnaire principale, elle s’assure que son personnel garde le cap sur la mission de l’organisme et reste fidèle aux valeurs de don de soi et d’altruisme qui le caractérisent. Par ailleurs, deux projets majeurs attendent la directrice: l’ouverture de lits d’urgence pour les itinérants et la mise en place d’un lieu de répit pour les prostituées. Le C.A.P. St-Barnabé demeure un lieu de partage et d’ouverture pour tous, comme l’église qui abrite l’organisme.

Des aquarelles pour le Cap St-Barnabé avec Albec.

Autres textes sur Communautaire

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Itinérance, photographies et exposition

Des photos pour être solidaire des itinérants à Montréal

Les itinérants à Montréal

Corrid’Art, galerie créée pour les artistes féminines par Compagnie F, organise une exposition de photographies intitulée « Un regard solidaire sur l’Itinérance ». Cette exposition lève le voile sur le quotidien des itinérants et veut nous sensibiliser sur leur présence et leur vécu.

Anders Turgeon  Dossier Itinérance

itinérance montréal itinérants photo exposition photographiesLorsque nous nous déplaçons à travers Montréal, nous croisons des itinérants sur le coin d’une rue, devant un magasin ou dans le métro à l’occasion. La plupart du temps, nous ne faisons que peu ou pas attention à leur présence. Pourtant, ils font partie de notre société et vivent à proximité de nous.

«Ils pourraient bien être nos proches, nos amis, nos frères et sœurs, ils sont sans-abris… Ils n’ont pas choisi de dormir dans la rue. Nous voulons leur dire que nous pensons à eux, d’où vient l’idée de les photographier et de les faire parler à propos de leur vie», expose Erika Arrieta, l’instigatrice du projet sur l’itinérance.

Afin de nous sensibiliser à la réalité et au quotidien des itinérants, Erika a rassemblé ses amis, une équipe de six jeunes professionnels de tous les milieux, pour l’aider à aller rencontrer ces personnes vivant dans la rue. Durant ces rencontres, la professionnelle et son équipe ont photographié et recueilli les témoignages émouvants de plusieurs itinérants montréalais.

L’itinérance en photo

itinerant-itinerance-montreal-exposition-photosVous pouvez observer le résultat de ces rencontres à travers les différents clichés captant l’itinérance sur le vif, textes à l’appui de chacun d’entre eux. Les photos présentent un message clair : les itinérants vivent à côté de nous! Cette exposition offre une opportunité de comprendre davantage le phénomène de l’itinérance et de respecter ceux qui en sont victimes. Et, qui sait, vous pourriez contribuer à changer leur sort…

Du 12 au 26 septembre, aux bureaux de Compagnie F, 6323, rue Saint-Hubert, (métro Beaubien).

Informations Tamara Kvintradzé: 514-381-7333, poste 203.

Autres textes sur Itinérance

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Des bouteilles d’eau, la Fondation One Drop et l’itinérance

Canicule, eau et itinérants

Cirque du Soleil et Old Mission Brewery

Le Cirque du Soleil s’implique auprès des itinérants de la Old Mission Brewery en fournissant une grande quantité de bouteilles d’eau. Sous prétexte que les itinérants ne recyclent pas, cette eau ne leur a pas été donné!

Raymond Viger Dossiers Fondation One Drop  , Cirque du Soleil  , Itinérance  , Environnement

fondation-one-drop-bouteilles-d-eau-guy-laliberte-cirque-du-soleilGuy Laliberté avec le Cirque du Soleil ont créé la Fondation One Drop dont l’eau est au coeur de sa mission. Le Cirque du Soleil a fait embouteiller de l’eau. Un don d’une grosse quantité de bouteilles d’eau a été fait à la Old Mission Brewery pour donner aux itinérants. Avec la canicule, il est important d’avoir accès à de l’eau.

Une seule condition accompagnait ce généreux don. Les bouteilles de plastique devaient être recyclées. Pour éviter une mauvaise presse, le Cirque du Soleil et la Fondation One Drop ne voulaient pas avoir cette impressionnante quantité de bouteille traîner dans les rues de Montréal.

Itinérance et recyclage

bouteilles-d-eau-fondation-one-drop-cirque-du-soleil-guy-laliberte-environnementPuisque les itinérants n’ont pas d’habitude de recycler les bouteilles qui ne sont pas consignées, la direction de la Old Mission Brewery a donc décidé de ne pas remettre les bouteilles d’eau aux itinérants! Ce sont donc les employés qui les utilisent tranquillement.

On veut aider les itinérants pour éviter que la canicule les affectent mais puisqu’ils ne recyclent pas, cette aide leur est refusée. Peut-on faire des omelettes sans casser des oeufs? Aurait-on pu trouver des alternatives à ce problème de conscience?

Intervention et recyclage

Aurions-nous pu identifier les bouteilles données par le Cirque du Soleil et la Fondation One Drop et remettre un dépôt à chaque itinérant qui ramène sa bouteille d’eau? Pour 10 000 bouteilles avec un dépôt de 5 sous, cela aurait nécessité un commanditaire de 500$ pour cette opération. Cela aurait pu être une façon de rendre accessible l’eau aux itinérants, leur donner un peu d’argent, s’assurer que les bouteilles sont recyclées. Cela aurait même pu être une occasion de sensibiliser les itinérants à l’importance du recyclage. Après tout, les itinérants qui vivent dans la rue, si c’est plein de bouteilles vides, cela les affectent autant que nous.

D’autres solutions auraient pu être trouvé. Mais celle d’empêcher les itinérants d’avoir accès à ces bouteilles d’eau était possiblement la moins acceptable de toutes!

Autres textes sur la Fondation One Drop 

Guy Laliberté, Fondation One Drop et Gaia

Le Cirque du Soleil réinvente le communautaire avec One drop

Guy Laliberté et le Cirque du Soleil; Prix Nobel de la Paix

Des bouteilles d’eau, la Fondation One Drop et l’itinérance

Guy Laliberté, touriste de l’espace et la fondation One drop

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Quand un homme accouche

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Le Frapru et le logement social

Front d’action populaire en réaménagement urbain

Le Frapru et le gouvernement

Le FRAPRU est sans doute un des organismes ayant monté le plus souvent aux barricades pour les personnes à faible revenu. Après un quart de siècle de revendications, ce groupe communautaire est devenu un incontournable pour toutes les questions touchant le logement social au Québec.

Anne Lamothe  Dossier Communautaire, Itinérance

Le FRAPRU a été créé en 1978 par un comité de citoyens du Centre-Sud de Montréal pour établir un rapport de force avec le gouvernement en matière de logement. D’abord, des besoins ont été ciblés du côté de la rénovation urbaine, principalement pour défendre les programmes fédéraux, provinciaux et municipaux ayant pour but de permettre aux gens de demeurer le plus longtemps possible dans leur quartier.

Dès le début des années 80, le FRAPRU amorce un premier virage, et devient l’ardent défenseur du logement social que l’on connaît. François Saillant qui a pris la coordination quelques mois seulement après la fondation de l’organisme explique ainsi ce virage: «Déjà, sous le gouvernement péquiste, on avait des signes inquiétants pour l’avenir des HLM (habitation à loyer modique), car l’État voulait se tourner vers l’aide à la personne au lieu d’apporter une allocation au logement. Nous avons décidé de surveiller de plus près les visées de l’État pour ne pas que les personnes à faible revenu soient brimées dans leurs droits.»

Le Frapru et le logement social

Il y a 20 ans, l’appellation logement social était méconnue. Non seulement le FRAPRU en a fait son fer de lance, mais il a veillé à l’inculquer aux paliers de gouvernement fédéral et provincial. Aujourd’hui certaines municipalités ont également ajouté le logement social parmi leurs priorités.

Depuis sa fondation, l’organisme a intensifié sa force de frappe. À ses débuts, six groupes membres provenant de Montréal, Québec, Sherbrooke et Verdun se penchaient sur les orientations. Aujourd’hui, le FRAPRU compte près de 90 membres associés dont une trentaine de membres participants. «En 1986, nous avons voulu élargir nos appuis. Même si les groupes associés n’ont pas le droit de vote, ils nous font partager leur expertise dans leur domaine respectif. C’est un moyen pour nous de nous développer.»

Au fil des années, le conseil d’administration a constaté que pour que la concertation soit judicieuse, il fallait laisser aux groupes leur autonomie dans l’action. Selon le coordonnateur, des organismes ayant des missions différentes ou complémentaires peuvent cohabiter sous un même regroupement. «Une coopérative et un HLM n’ont pas toujours les mêmes intérêts au sein du regroupement. Nous ne pouvons pas leur demander de poser les mêmes actions que nous, mais la présence de chacun a sa raison d’être.»

Le Frapru et les coupures du gouvernement

Durant toutes ces années, le FRAPRU s’est rendu sur la place publique pour dire non aux coupures d’allocations au logement annoncées par le gouvernement provincial et il a été entendu. Plus récemment, il s’est battu pour faire retirer dans la loi la possibilité que les assistés sociaux soient saisis à la source pour le paiement de leur loyer.

Les actions revendicatrices de l’organisme ont porté fruits: «Le Québec est le seul endroit en Amérique du Nord et au Canada où le pourcentage des revenus consacré au loyer est évalué à 25%. Ailleurs, il atteint 30%,» indique M. Saillant.

Le Frapru, présent dans les quartiers

Selon M. Saillant, le FRAPRU joue un rôle dynamisant en épaulant les associations des quartiers dans leurs revendications, notamment auprès de la métropole. Comme le nombre de personnes touchées par la problématique de logement social augmente chaque année, les gouvernements ne peuvent plus ignorer les comités de logement. «Il y a quand même des hauts et des bas dans nos rapports. Le gouvernement fédéral s’était durci, mais il semble avoir une ouverture, nous allons en profiter pour poursuivre les pourparlers.»

Après 25 ans d’existence, la mobilisation des troupes demeure un défi permanent au FRAPRU: «Les mal-logés et les sans-logis sont les premiers porteurs de nos revendications, mais ce sont aussi les personnes les plus difficiles à joindre et à mobiliser. Ces gens ont tellement d’autres problèmes à régler en plus de celui de se loger qu’il est difficile de les impliquer. Nous travaillons actuellement sur la façon de les amener à se mobiliser», nous dit M. Saillant.

À l’approche de la commission parlementaire sur la politique d’habitation du gouvernement Charest prévue en novembre, le FRAPRU est d’attaque: «Nous attendons depuis 30 ans cette politique et le fait que les mots logement social n’apparaissent nulle part jusqu’à présent dans les textes est inquiétant. Nous craignons que le plan de modernisation du gouvernement crée des iniquités et nous fasse perdre les acquis gagnés au fil des ans», conclut M. Saillant.

Le Frapru a été un leader en ce qui touche la concertation pour faire adopter la Loi contre la pauvreté. Ils ont fait une campagne et présenté une pétition avec plus de 100 000 noms de personnes appauvries. Malgré tout, tel que nous le rappelait Michel Venne dans une chronique du Devoir traitant de l’actuel gouvernement: «La philosophie innovatrice visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale est littéralement balayée sous la langue de bois et les préjugés.»

Autres textes sur Itinérance

France Labelle et Dan Bigras du Refuge des jeunes et une recherche de Christian Levac sur les jeunes de la rue

Santé mentale, l’itinérance et les ressources

Ville de Montréal et ses itinérants

Itinérance et toxicomanie

Val d’Or; itinérance, jeu compulsif, alcool et drogue

Recours collectif des sans-abri contre le gouvernement du Québec?

Faux itinérants et détournement de fonds

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