Hannah Arendt et le nazi Adolf Eichmann

Critique film et cinéma

Hannah Arendt et le mal « ordinaire »

Si vous êtes fatigués des films d’action et des histoires d’amour trop légères, si vous cherchez un film qui a une profondeur historique et qui pose des questions autant sociales que morales… vous aimerez le film Hannah Arendt actuellement à l’affiche du cinéma Excentris.

Normand Charest – chronique Valeurs de société | Dossiers CinémaCulture

débats société réflexions socialesUn avantage secondaire non négligeable : vous n’y souffrirez pas de longues annonces bruyantes, avant le film. Pas de maïs soufflé, non plus : on passe directement à l’essentiel. Mais le film est en allemand avec des sous-titres français, ce qui ne m’a pas dérangé, dans mon cas.

Le procès d’Eichmann à Jérusalem

cinéma film vidéo cd dvd critique films télévisionL’histoire se passe en 1963. On se prépare à juger l’officier nazi Adolf Eichmann à Jérusalem. La philosophe et professeure réputée, Hannah Arendt propose au magazine New Yorker de couvrir le procès.

Mais plutôt que de faire un simple reportage, elle écrit l’équivalent d’un livre qui sera d’abord publié en cinq parties successives dans le magazine.

Or, la première partie fait déjà scandale, et la communauté juive se tourne contre elle, une juive allemande vivant aux États-Unis, et elle reçoit de nombreuses menaces de mort.

On lui reproche surtout d’avoir mis en cause des chefs juifs, et on refuse de faire porter une partie de la responsabilité par le camp des victimes.

La banalisation du mal

Dans sa série d’articles, rassemblés ensuite en un livre, elle apporte la notion, mal comprise par ceux qui ne la lisent pas (ou alors superficiellement), de la « banalité du mal », bien représentée par le cas d’Eichmann qui refuse toute responsabilité : il ne fait qu’obéir aux ordres, il n’était responsable que du convoi par wagons des prisonniers, et il n’avait pas à se soucier de ce qu’il leur arriverait par la suite, rendus à destination, c’est-à-dire aux camps d’extermination.

cinéma film vidéo cd dvd critique films télévisionC’est cette banalisation du mal qui lui semble le plus terrible. De grandes foules peuvent ainsi participer au mal par petites gouttes, apparemment innocentes, et permettent ainsi aux pires dictatures de régner.

Un film à voir pour réfléchir sur notre responsabilité personnelle et sur le danger de céder au mal si « ordinaire »… Parce que ça ne nous regarde pas, ou parce que tout le monde le fait ou que ça nous avantage.

___________________

— Le film : Hannah Arendt (2013). Réalisatrice : Margarethe von Trotta. En allemand avec sous-titres français. Pays d’origine : Allemagne, Luxembourg, France. — Cinéma Excentris, rue Saint-Laurent, Montréal.

— Le livre : Hannah Arendt, Eichmann in Jerusalem : A Report on the Banality of Evil (1963), Penguin Classics, New York, 2006. Traduction française : Eichmann à Jérusalem : Rapport sur la banalité du mal (1966), Folio histoire n° 32, 1991.

— Les cinq articles : on peut retrouver dans les archives Web du magazine The New Yorker (www.newyorker.com) la série d’articles (de I à V) publiés sous la rubrique « A Reporter at large » en 1963.

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Alors que le régime nazi tirait sa légitimité d’une idéologie mensongère, fondée entre autres sur la suprématie de la race blanche, deux noirs américains, Jesse Owens et Matthew Robinson, ont remporté les deux premières médailles lors de la course de 200 mètres, une épreuve jugée parmi les plus méritoires des Jeux Olympiques.

Enfant pauvre, famille monoparentale

Jackie Robinson, le cadet d’une famille de travailleurs agricoles de cinq enfants, naît le 31 janvier 1919 en Géorgie, dans le sud-est des États-Unis. Il grandit en Californie au sein d’une famille monoparentale et est exposé durant toute sa jeunesse à la pauvreté et à la violence induites par le racisme virulent qui sévit à l’époque aux États-Unis.

Baseball, football, basketball

Malgré la pauvreté de sa famille, Jackie Robinson poursuit des études universitaires. Dès l’école secondaire, il se découvre un grand talent pour les sports. Il pratiquera jusqu’à l’âge adulte, en plus du baseball, le football, le basketball et l’athlétisme. Jackie Robinson amorcera d’ailleurs sa carrière sportive comme footballeur dans une université de Los Angeles.

Débuts au baseball

Jackie Robinson passe la deuxième guerre mondiale dans l’armée. Malgré son éducation universitaire, il doit se battre pour être admis à l’école des officiers de l’armée américaine. Finalement nommé deuxième lieutenant, il passera la durée de la guerre aux États-Unis. Démobilisé en 1945, il entreprend une carrière de joueur de baseball au sein des Monarchs de Kansas City, dans la Negro League. Il faut savoir qu’à l’époque, la ségrégation raciale étend ses griffes jusqu’au sein du sport professionnel.

Royals de Montréal

Le directeur des Dodgers de Brooklyn, dans la « ligue blanche », Branch Rickey, souhaite à l’époque recruter des joueurs noirs pour son équipe, persuadé que ces derniers ont beaucoup à offrir au baseball professionnel. Branch Rickey croit de plus que la présence d’athlètes Noirs dans la American Major League Baseball contribuerait à briser l’hostilité des Blancs à l’égard des afro-américains.

Jackie Robinson est donc recruté et envoyé au club école des Dodgers, les Royals de Montréal, afin d’y jouer sa première saison en 1946. Le public montréalais se montre enthousiaste devant les exploits de Robinson sur le terrain, mais l’équipe est confrontée à toutes sortes de difficultés, dont l’annulation de matchs dans le sud des États-Unis.

Succès au baseball

En avril 1947, il débute sa carrière avec les Dodgers et remporte le prix de la recrue de l’année. C’est sous leur uniforme qu’il passera le reste d’une carrière qui sera couronnée de succès. Jackie Robinson gagnera de nombreux prix, participera six fois à la Série Mondiale, la gagnera une fois, sera intronisé au Temple de la renommée et, comble de la consécration, l’ensemble des équipes de la American Major League Baseball retireront son numéro, le 42, en 1997, pour marquer le cinquantième anniversaire de sa première saison.

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Tout au long de sa carrière, Jackie Robinson a été confronté au racisme des spectateurs et des joueurs des autres équipes, parfois de la sienne. À force de persévérance, il a été accepté au sein de la ligue et d’autres joueurs noirs ont été recrutés au cours des années suivantes. La présence de ces joueurs afro-américains a permis des ouvertures raciales à l’extérieur des stades de baseball. Les équipes sur la route ont en effet transformé les habitudes de nombreux restaurateurs, hôteliers et entreprises de transport qui, par peur de perdre de lucratifs contrats avec les équipes de sport professionnel, ont dû se résoudre à servir les clients Noirs de la même façons que les autres.

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Suite à sa retraite du baseball professionnel en 1956, Jackie Robinson a accompli un autre exploit en devenant le premier vice-président noir d’une grande entreprise américaine, Chock full o’ Nuts, qui se spécialise dans la distribution de café. Dans les années 1960, il fondera la Freedom National Bank,à Harlem, quartier à majorité noire de la ville de New York. Cette institution financière dirigée par des Noirs visaient à assurer l’accès au capital aux afro-américains.

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