Le Conseil de Presse blâme le Journal de Montréal

Le Conseil de Presse blâme le Journal de Montréal

Dossier Graffiti Journal de Montreal

Le Journal de Montréal avait fait un titre exagéré et sensationnaliste en août dernier. Suite à une étude de la chercheure Patricia Erickson à Toronto, la personne qui a fait la une du Journal de Montréal du 15 août avait exagéré et mal interprété l’information en titrant que  »Un élève sur 5 a un couteau ou une arme à feu ».

En reprenant le reportage de leur journaliste, je fais une plainte au Conseil de presse. J’aurais aimé que la défense soit faite par des journalistes pour débattre de cette pratique. La réponse est cependant venue des avocats de Québécor. Avec des termes déconnecté de la réalité journalistique et très généraux, ils ont tenté de dire que le travail avait été fait selon les règles de l’art.

Pour répondre à ces arguments nébuleux, j’ai même appelé la chercheure cité par le Journal de Montréal et reçue une lettre de sa part mentionnant que le titre de la une ne correspondait en rien à la recherche qu’elle avait réalisée.

Le Conseil de presse a tranché et donné un blâme au Journal de Montréal pour son titrage exagéré et sensationnaliste.

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Le Conseil de presse blâme le 24 heures  

24 Heures, Radio-Canada et le conseil de presse

Textes sur les médias.

Le Journal de Montréal, les armes et l’exagération éhontée

Le Journal de Montréal, les armes et l’exagération éhontée

Dossier Journal de Montréal

La une du Journal de Montréal de mardi le 15 août, titrait:  »Un élève sur 5 a un couteau ou une arme à feu ».

Ces chiffres, interprétés par le pupitreur ou le journaliste, proviennent d’une recherche crédible de Mme Patricia Érickson professeure de criminologie et de sociologie à l’Université de Toronto. En page 3 de ce même Journal de Montréal, on peut voir la réalité des vrais chiffres à 2 endroits.

D’une part, on y mentionne que  »18,7% des élèves de Montréal affirment avoir déjà apporté une arme à l’école ». Ces jeunes de 14 à 17 ans ne disent pas qu’ils amènent présentement une arme. Ils disent qu’ils ont déjà apporté une arme. Donc, si un jeune de 17 ans a amené une seule journée une arme lorsqu’il avait 14 ans, cela compte dans cette statistique. Il n’en a pas nécessairement aujourd’hui. Il faut comprendre que cette statistique doit se ventiler sur les 4 années que représente le groupe d’âge des jeunes.

D’autre part, le plus intéressant, la définition d’une arme:  »couteau, gaz irritant et bâtons utilisés dans les arts martiaux ». Un peu plus loin, finalement, on inclut aussi les carabines. Contrairement au titre de la une où l’on n’y parle que de couteaux et d’armes à feu, maintenant on inclut ce qu’on appelle le poivre de Cayenne, connu aussi sous le nom de  »pepper spray »!

Dans ce 20%, combien y avait-il de filles qui ont répondu oui parce qu’elles avaient un  »pepper spray »? Ça change la couleur du titre. Un couteau peut être une arme d’attaque et je peux tuer quelqu’un. Le  »pepper spray » est une arme défensive et je ne pense pas qu’on puisse blesser gravement quelqu’un avec.

Soit qu’au Journal de Montréal, certains journalistes ont besoin d’un petit cours de mathématiques pour interpréter les recherches des universitaires, soit qu’ils nous ont volontairement mis un titre pour induire en erreur le public pour vendre leur une. Dans un cas comme dans l’autre, je considère qu’il y a faute grave.

Faute grave parce que ce titre vient augmenter l’insécurité du public. Pire, cette faute risque d’augmenter la violence. Que se passe-t-il dans la tête d’un adolescent qui voit un pareil titre. Si dans sa classe de 30 élèves, 20% des jeunes sont armés, je dois donc me protéger contre 6 élèves de ma classe. Dans mon école de 2000 jeunes, je dois me protéger contre 400 agresseurs potentiels. Je vais m’armer moi aussi. Et seul je n’y arriverais pas. Je vais me trouver un gang de rue pour me protéger.

Cette histoire me rappelle celle de l’école Henri-Bourassa il y a une quinzaine d’années. Les étudiants s’étaient armés à cause de ce sentiment d’insécurité. Le père André Durand avait participé à désarmer les jeunes qui fréquentaient cette école en faisant la démonstration que leur peur était basée sur les titres du Journal de Montréal!

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